Décidémment, il faut tout faire soi-même, grmmlll...
Comme le programme détaillé n'est disponible ni sur le site des CEMEA, ni sur celui de la CGT, voici donc la programmation de cette prometteuse journée-débat. Un peu de réflexion va changer des
manifs-promenades interprofessionnelles... Au groupe libertaire Lochu-Ferrer, on a décidé de relayer des initiatives qui nous paraissent intéressantes, sans s'arrêter aux étiquettes des groupes
initiateurs, ni sans que ce soit un blanc seing par ailleurs pour ces dits groupes.
Cette journée-débat fait suite au délire sécuritaire et à l'impressionnant et surdimensionné écho médiatique (merdiatique plutôt) lié à la fugue d'un patient de l'hôptal psychiatrique de Saint-Avé,
près de Vannes. Un peu de recul s'imposait...
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Décompensation sécuritaire chez les psy
Les CEMÉA et les CGT des établissements psychiatriques de Bretagne proposent une journée débat le Vendredi 20 novembre
2009, Espace Cosmao Dumanoir, 84 bd Cosmao Dumanoir, à LORIENT.
Charge mentale, burn out, stress : un
vocabulaire spécifique sur la souffrance au travail apparaît. Reprise et instrumentalisée par les politiques de prévention et de sécurisation du travail, cette souffrance est une réalité dans le
quotidien des salariés.
Au XIXème siècle, l'insécurité sur le lieu de travail tuait, développant
une forme collective de lutte : le syndicalisme.
Au XXIème siècle, l'hyper-individualisation est une nouvelle violence
qui mène jusqu'au suicide sur le lieu de travail.
La souffrance au travail prend une dimension particulière pour le
personnel des hôpitaux psychiatriques. Dans cet espace, notre travail est d'accueillir la souffrance de l’autre dans toutes ses manifestations. C’est une confrontation quotidienne avec
l’inquiétante étrangeté décrite par Freud. Confrontation violente, fascinante, énigmatique, dérangeante, elle vient toucher l'intimité de notre être. L'envie de fuir est grande et nous
avons besoin d'un environnement sécurisant pour élaborer des dispositifs de soins capables d'étayer une « vraie rencontre fondamentale » avec le patient. Les conditions de travail
déterminent cet environnement.
Dans les « hôpitaux-entreprises », nous sommes transformés en vulgaires ressources humaines à optimiser. L'assignation à des
tâches administratives, comptables et financières, à l'application de protocoles de soin, à repérer et à gérer des symptômes ne favorise pas la rencontre et devient même une possibilité
d'évitement.
Le bling-bling sécuritaire représente bien la perversité du système. Imposé, il attaque l'indispensable sécurité nécessaire au soin.
Pourtant nous l'alimentons avec avidité car il nous offre des solutions pouvant paraître rassurantes dans un environnement de travail très insécurisant.
Pris entre notre désir d'accueillir, de soigner, d'accompagner, et entre
nos processus de défenses psychiques face aux pathologies psychiatriques, nous devons assumer de nouvelles conditions de travail axées sur la rentabilité. Travailler de plus en plus seuls même
dans une équipe, faire plus et mieux (comme si nous faisions mal) avec de moins en moins de temps, de personnel, d'échanges, de rémunération....
La décompensation sécuritaire ne serait-elle pas liée à notre souffrance silencieuse à nous personnel en psychiatrie
?
Comment dans ces conditions intenables pouvons-nous construire le dispositif thérapeutique nécessaire à la rencontre
?
PROGRAMME
8H30 : Accueil
9H00 : Ouverture de la journée
9H15 : « Vol au-dessus d'un nid de coucou : le préfet qui a peur, l'hélicoptère et les fous » par
Jean-Jacques LOTTIN (L’Isle-sur-la-Sorgue. 84) directeur d'études de santé publique, membre du Réseau de la psychothérapie institutionnelle.
DISCUSSION
10H15 : Patrick COUPECHOUX, journaliste indépendant, collaborateur au Monde Diplomatique, auteur de
« La détresse des opprimés : enquête sur la souffrance psychique en France». « Au cœur de la souffrance il y a le travail, et ses nouvelles organisations, la
disparition des collectifs... »
DISCUSSION
11H15 : « Évaluation, capitalisme et pulsion de mort » par
Joseph MORNET, psychologue au Centre de psychothérapie de Saint-Martin de Vignogoul (34) administrateur de la Fédération Croix Marine auteur du « Petit guide de l'accréditation
illustré ».
DISCUSSION
12H30 : Rencontres, échanges en déjeunant autour d'un buffet sur place (pour les inscrits).
14H00 : « L'augmentation du nombre des suicides parmi le personnel soignant en psychiatrie »
Isabelle AUBERTLe carrefour des impasses » (Poitou). infirmière de secteur psychiatrique, psychothérapeute, traductrice, écrivain, auteur de «
DISCUSSION
15H00 : « Le fichage en psychiatrie » par Claire GEKIERE psychiatre de secteur (38)
DELIS Santé Mentale Rhône-Alpes (Droit Et Liberté face à l'Informatisation de la Société) association de professionnels qui informe, réfléchit et initie des actions face à l'informatisation en
santé mentale.
DISCUSSION
16H00 : UTOPSY, association créée par des internes, afin d'offrir un espace d’échange autour de la clinique, du
transfert, de la place de la folie dans la société.
DISCUSSION
17H00 : Clôture
Les CEMÉA (Centre d'entraînement aux méthodes d'Éducation Actives)
sont un mouvement de personnes engagées dans des pratiques autour des valeurs et des principes de l'Éducation Nouvelle et des méthodes d'éducation active, pour transformer les milieux et les
institutions par la mise en action des individus.
Pour faire partager et vivre ses idées par le plus grand nombre,
les CEMÉA ont choisi un outil privilégié : la formation.
« Tout être humain peut se développer et même se transformer au cours de sa vie. Il en a le désir et les
possibilités »
« Le milieu de vie joue un rôle capital dans le développement de l'individu. »
L'expérience personnelle est un facteur indispensable du développement de la personnalité. » Gisèle de
FAILLY
INSCRIPTION à envoyer à
CGT EPSM, 22 rue de l'hôpital BP 10
56896 SAINT-AVÉ CEDEX
02 97 54 49 49 poste 41 36
Frais de participation
□ inscription à la journée : 10 euros
□ inscription à la journée et au repas débat : 23 euros
□ inscription formation continue (journée et repas) : 70 euros
numéro formation continue des CEMÉA : 53 29 00116 29