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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 19:58
Accaparement de terres nourricières et alimentation

De quelques données...

 

Les animaux sont de piètres convertisseurs d’énergie en alimentation humaine : si on les nourrit avec des céréales, ils ingèrent en moyenne 7 kcal pour en restituer une seule sous forme de viande (3 kcal pour les poulets, 16 kcal pour les bovins). Il faut ainsi 7 à 10 kg de végétaux pour faire 1 kg de viande de boeuf, 4 à 5,5 kg pour 1 kg de viande de porc.

 

Il s'ensuit qu'il faut beaucoup plus de terres agricoles pour produire de la viande que pour produire directement des céréales destinées à l'alimentation humaine.

 

33 % des terres cultivables de la planète sont utilisées à produire l’alimentation des animaux d’élevage ; 26 % de la surface des terres émergées non couvertes par les glaces est employée pour le pâturage.

 

Au total, ce sont 70 % des terres à usage agricole qui, directement ou indirectement, sont consacrées à l’élevage. Cela représente environ 30 % des terres émergées non couvertes par les glaces.

 

Près de 85 % de la production mondiale de soja est destinée à l’alimentation animale. Tant les céréales que le soja sont des denrées hautement nutritives, directement consommables par les humainEs. Les affecter à l’alimentation animale constitue un détour de production particulièrement inefficace.

 

En France

 

Les terres agricoles françaises sont aussi accaparées par les animaux d’élevage : 2/3 des terres agricoles sont destinées à l’alimentation animale, que ce soit en pâturages ou en cultures de plantes pour l’alimentation des animaux. L’alimentation animale est par exemple aujourd’hui le principal débouché industriel des céréales françaises : elle en consomme 10,2 millions de tonnes, ce qui représente la moitié des utilisations en France. Par ailleurs, la France importe des tourteaux de soja (en grande majorité Ogm), principalement du Brésil et d’Argentine, contribuant ainsi à la déforestation en Amérique latine et aux problèmes sociaux liés au développement des grandes cultures intensives au détriment des petitEs paysan/ne/s.

 

Une baisse de la production de viande entraînerait une baisse du cours mondial des denrées végétales.

 

L’Europe utilise 7 fois sa superficie agricole en terres des pays du Sud pour nourrir son bétail.

 

Les ravages de la pêche européenne

 

L’accroissement de la consommation d’animaux marins est également très préjudiciable aux pays du Sud. Alors que les populations de poissons sont pratiquement épuisées au large de l’Europe, les chalutiers européens ratissent les fonds marins d’Afrique occidentale pour répondre à la demande européenne en poisson. Leurs moyens sont sans commune mesure avec les bateaux de pêche africains : plus de cent fois plus puissants !

 

 

... à leurs conséquences militantes :

 

Dans les milieux progressistes, écologistes, révolutionnaires, tiers-mondistes, anti impérialistes, anarchistes, ces données sont connues. Une partie des militant-e-s en tirent la conséquence et boycottent les produits de l'élevage industriel. CertainEs optent pour le végétarisme, d'autres pour l'alimentation carnée et ovo lactée en bio parfois en local. Or la production bio est minoritaire voire marginale en France. En 2014, selon l'agence bio, seules 3,1 % des vaches, 4,5 % des brebis, 5,3 % des chèvres, 0,8 % des truies et 1 % des poulets de chair sont ainsi labellisés. Et pourtant en France, pour l'alimentation animale, le déficit global en protéines végétales bio est estimé à 13 000 tonnes fin 2012... qu'il faut alors importer ! Autre conséquence, les animaux dits monogastriques (poulets et porcs) élevés en agriculture biologique peuvent recevoir jusque 5% de matières premières conventionnelles (non bios) dans leur alimentation.


La réalité d'aujourd'hui est ainsi. Pour permettre au maximum de personnes de pouvoir consommer de la chair bio, ou du lait et des oeufs bios, sans avoir à importer de nourriture pour les animaux avec la déperdition citée plus haut, il faudrait réduire considérablement la part que chacunE s'octroie... sous peine de prendre soi-même la part des autres.

 

Etre altermondialiste, anti-impérialiste, anti-capitaliste, écologiste ou anarchiste, c'est défendre des idées, les appliquer pour les tester et promouvoir par l'exemple des pratiques qui soient applicables par tous et toutes et pour toutes et tous. C'est la condition nécessaire pour prétendre vouloir l'humanité libérée des maux générés par le capitalisme.

 

Est ainsi bannie toute hiérarchie, selon le principe hiérarchique même qui veut que tout le monde ne peut pas être chef. Du coup, on ne peut se conduire en riches vivant sur le dos des pauvres, tels de vulgaires exploiteurs.

 

     Etre altermondialiste, anti-impérialiste, anti-capitaliste, écologiste ou anarchiste, c'est donc être contre toute exploitation et spoliation du tiers-monde. Il s'ensuit que l'élevage d'animaux par des plantes prises dans les pays pauvres est contraire à ces philosophies politiques. Quant on se réclame d'un de ces courants de pensée, on ne devrait tuer et faire tuer les animaux ainsi élevés, pour ne pas prendre les terres des paysans pauvres et les envoyer dans des bidonvilles.

 

     Ces courants politiques veulent une autre société, faisable, et non une fable de science-fiction. Or, le territoire soumis à l'Etat français ne peut pas produire assez de végétaux pour nourrir des animaux à manger à la fréquence actuelle par les 66 millions d'humainEs y habitant. Même les animaux nourris selon la filière biologique profitent d'une niche spatiale grâce aux importations végétales et animales (poissons compris) des autres pays. Cette solution n'est donc pas applicable non plus pour toutEs les humainEs. D'autant plus que cette filière prend la place de la production biologique de végétaux pour nourrir les 66 millions d'humainEs occupant la France.

 

Le questionnement que nous en déduisons est le suivant et constitue une contribution au débat, hors toute autre considération liée à la production de viande (pollutions, gaspillage d'eau, impact sanitaire, éthique...).

 

     Réduire fortement sa consommation de produits carnés et ovo lactés, ou plus simplement et plus efficacement devenir végétarien/ne/s ne devrait-il pas être la conséquence logique dès lors qu'on se revendique altermondialistes, anti-impérialistes, anti-capitalistes, écologistes ou anarchistes (quand bien même nous ne voudrions pas remettre en cause le système hiérarchique où les humainEs dominent et exploitent les autres animaux) ?

 

     Nous pouvons admettre qu'il n'y a qu'une seule terre pour nous, qu'elle est ronde, que nous en avons fait le tour, et que ce ne sont pas les quelques rares coins occupés par quelques ours et quelques éléphants qui représentent une réserve de territoires pour continuer à manger comme nous le faisons... Bien sûr, le capitalisme nous fait croire que les algues et la viande synthétique sont la solution pour continuer à manger comme nous le faisons... Ces rêves ne nourriront pas 7 milliards d'humainEs.

 

    Il ne devrait alors être possible de tuer et faire tuer les animaux pour nous en nourrir régulièrement que lorsque les conditions auront changé, c'est-à-dire quand les humainEs seront peu nombreux ; ce n'est pas demain la veille !

 

     Le faire quand même aujourd'hui au nom de notre liberté, cette liberté n'est-elle pas celle de l'esclavage et de la misère des pauvres ?

 

 

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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