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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 22:18

Nous avons projeté à Vannes, Lorient et au Café de la Pente le film "The take" qui retrace les expériences autogestionnaires en Argentine en 2002-2003.


Après ce film plein d’espoir en ces périodes de crise et avant de lancer la discussion proprement dite, il nous a semblé important de présenter brièvement l’autogestion d’un point de vue anarchiste.


Même si le terme est apparu dans les années 50 de l’anglais « self government » (auto gouvernement), on peut remonter son origine au milieu du XIXè siècle au texte du penseur socialiste Proudhon « sur la capacité politique de la classe ouvrière » qu’il a rédigé à partir de ses observations sur le fonctionnement des associations ouvrières qui préfiguraient les coopératives ouvrières de production. Ce n'est donc pas une construction abstraite d'un auteur de science-fiction mais bien une projection à partir du réel.


Il ne sera pas ici fait un historique précis de l’histoire de l’autogestion, citons néanmoins les grandes expériences autogestionnaires (jamais complètement abouties) : la Commune de Paris 1871, les 1ers Soviets de 1917 avant la mainmise des Bolchéviks, l’Ukraine paysanne insurgée et collectiviste de 1919-21, l’Espagne libertaire de 1936-39, la Hongrie de 1956, les Kibboutz en Israël, et même une partie de l’économie algérienne au moment de l’indépendance avant sa mise au pas par le gouvernement marxiste et musulman… Et on peut en ajouter une qui dure toujours : le mouvement Zapatiste au Chiapas (Mexique)…


Avant de définir l’autogestion de notre point de vue, précisons ce qu’elle n’est pas pour éviter toute confusion.

L’autogestion n’est pas la cogestion qui permet seulement un droit de regard dans l’entreprise ou la consultation pour avis des salariés ; on peut comparer le modèle « yougoslave » de l’autogestion sous Tito à la cogestion dans la mesure où le PDG était nommé par l’Etat (et non élu par les salariés) et avait voix prépondérante.

L’autogestion, pour nous, n’est pas non plus « à la Cfdt » (selon la formule consacrée) qui offre une autonomie et un pouvoir de décision mineur aux salariés dans la marche de l’entreprise. Ex caricatural : le droit de choisir la couleur des murs de l’atelier ou du bureau ou plus sérieusement, comme avec le PSU, le fait d’intégrer les entreprises autogérées dans l’économie capitaliste.

L’autogestion n’est pas non plus la « démocratie participative » qui permet de consulter (pour avis) les habitantes et habitants citoyens autour des projets municipaux, jusqu’à (au mieux !) les influencer à la marge ou pour des éléments accessoires. Par ex, la démocratie participative souvent citée en exemple ou en modèle est Porto Alegre (au Brésil) : en réalité les habitants et habitantes n’interviennent, avec un vrai pouvoir de décision, que sur une partie du budget municipal (1/4 à peu près). Mais il faut en plus relativiser ce pouvoir car les choix sont largement orientés par les ingénieurs et techniciens (les fameux experts !) qui ont conçu les propositions en amont en lien avec les élus….

 

Alors, qu’est-ce que l’autogestion d’un point de vue anarchiste ? C’est la possibilité pour tous les intéressé-e-s à un groupement ou à un projet de prendre part activement aux décisions de manière égalitaire, sans hiérarchie.

Dans l’entreprise de biens ou services, l’autogestion anarchiste ou gestion directe c’est : la prise de décision concernant la marche de l’entreprise dans toutes ses dimensions par le collectif des travailleurs et travailleuses, sans patron, selon le principe 1 individu = 1 voix ou, éventuellement, selon la taille de l’entreprise, par le conseil élu des travailleurs qui a un mandat révocable pour accomplir sa mission et dont il doit rendre régulièrement compte lors d’AG qui valide ou recadre les orientations.

Pour être anarchiste mais en raisonnant toujours dans le cadre d’un maintien de la monnaie, l’autogestion ne doit accorder aucune différence de rémunération quelque soit la fonction ou le métier : de l’apprenti à l’ingénieur, de l’ouvrier au cadre technique ou administratif ou faisant partie du conseil gestionnaire, selon l’idée que chaque élément assure la cohérence du tout.

Ce principe, l’égalité économique, qui est l’égalité dans les faits, au-delà de celle des droits qui est pour nous tronquée dans le régime capitaliste, permet de supprimer les classes sociales et les privilèges qui sont liés à celles qui dominent. Et c’est à ce titre que la participation à la gestion d’une entreprise pour un ouvrier ou une ouvrière a une raison d’être car elle change ses conditions d’existence. Le travailleur pourra ainsi décider dans le cadre du collectif de ses horaires, de l’aménagement de son poste de travail, des investissements à réaliser…

En supprimant ces privilèges et ces rapports de pouvoir, le salariat qui prévoit un lien de subordination entre un travailleur et son employeur disparaît.

Il n’y a donc pas de hiérarchie dans la prise de décision ni dans les rémunérations, en logique autogestionnaire. Pour être intégrale, cette autogestion doit tendre à fonctionner sur le principe du consensus plutôt que sur la règle de la démocratie majorité / minorité.

Mais ceci n’est qu’une étape pour que l’autogestion soit pleinement anarchiste. L’autogestion est à la fois un moyen (une façon de décider à égalité) et un but : l’autogestion généralisée de toute la société dans tous les domaines : économiques, lieux de vie, sociaux y compris dans les loisirs…

 

Pour rester autogestionnaire et anarchiste, la coordination entre les différentes unités ou structures de base (entreprises, communes, associations diverses…) doit se faire de manière fédéraliste : c-à-d préserver l’autonomie de cette structure de base dans son fonctionnement interne qui peut s’associer librement au moyen d’un contrat avec une autre structure pour réaliser des échanges. Ainsi s’organise la coordination des activités humaines, sociales, sans l’Etat, par l’initiative des structures de base. S’il faut des délégué-es pour négocier puis assurer cette coordination, ils/elles le sont sur la base d’un mandat défini en assemblée générale et avec la possibilité de révocation en cas de non respect. C’est un garde fou que nous proposons contre les dérives de Pouvoirs. Cette activité de coordination ne doit accorder aucun privilège.

En se resituant du point de vue strictement économique anarchiste : l’entreprise est socialisée, c-à-d qu’elle n’appartient ni aux actionnaires, ni au patron, ni à l’Etat, ni même au collectif des travailleurs : c’est une propriété sociale dont les travailleurs ont l’usufruit.

Mais l’égalité économique qui est la suppression des classes, seul moyen de garantir l’émancipation des travailleurs selon nous, va au-delà de l’égalité des revenus. Elle est la possibilité de consommer selon ses besoins, chacun fournissant du travail selon ses moyens.

 

Cette notion de besoins doit prendre en compte les conséquences écologiques d’une production en terme de ressources et matières utilisées, et en terme de pollutions générées mais aussi en terme de quantité de travail qu’il faut fournir. Le but étant de réduire au maximum les 2 !

Ainsi, l’activité d’une entreprise se définit d’abord par rapport au lieu où l’on vit. La production de biens et services doit être orientée au maximum par les usagers dans le cadre d’une commune autogérée et en relation avec les communes fédérées… Un but étant de tendre au maximum à la relocalisation de l’économie. De fait, l’Etat-nation est remisé au placard ainsi que tout organisme de pouvoir centralisé et concentré.

Ceci dit, comme les échanges sont inéluctables, ne serait-ce que parce que chaque territoire ne possède pas l’ensemble des ressources dont il a besoin, il est important de mettre en place au niveau régional ou géographique idoine un organe statistique des capacités de production et des besoins de consommation, des banques de données, pour organiser la planification de l’économie, toujours selon le même principe du mandatement révocable, sans privilège économique accordé à ces mandaté-e-s.

L’autogestion anarchiste, dans le cadre du fédéralisme, doit prévoir des « caisses » d’entraide pour les communes / lieux de vie « naturellement » défavorisées pour X raisons (pénuries d’eau, terre peu fertile…).

 

Pour y parvenir, les anarchistes soutiennent l’idée de grève générale, expropriatrice et autogestionnaire… attendu que les collectifs de grève devraient eux-mêmes fonctionner selon ce principe autogéré.


On voit donc que ce que le film relate des expériences qui effleurent plus qu’elles ne réalisent notre idéal.

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Published by anars56 - dans anticapitalisme
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Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
 

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Samedi 10 juin - Vannes - 10h30 Rassemblement en mémoire de Clément Méric, antifasciste, tué par des néo-nazis. Clément, Brestois d’origine, militant anti-fasciste, anti-capitaliste et de la cause animale, a été assassiné le 5 juin 2013 par des néo-nazis à Paris. L’actualité nous confirme que ses combats sont toujours nécessaires. Programme : lecture publique de textes et chants de lutte, puis pique-nique. Le Kiosque, esplanade du port, la Rabine. Proposé par le groupe libertaire René Lochu

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Dimanche 11 juin - Augan (56), café Le champ commun - 17h : 150 années de luttes à travers les chants italiens avec "Le chant des grenouilles", "Senti le rane che cantano…" Dans ce spectacle mêlant récits, chants et musique, nous vous ferons entendre d’autres voix : celles, orgueilleuses et enragées, des brigands méridionaux et de leur guerre désespérée contre le nouvel État ; celles des paysans et des ouvriers agricoles, dont les luttes pour une existence meilleures seront sans relâche ; celles des travailleurs des carrières de marbre de Toscane, des mineurs de soufre de Sicile ; les voix fières et impertinentes des mondines ; celles des émigrés qui, après des décennies de défaites, allaient poursuivre leur rêve de justice dans d’autres terres. Entrée libre. Petite restauration sur place

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Mardi 13 juin - Inzinzac-Lochrist (56), cinéma le Vulcain - 20h30 Projection de "Bienvenus", comédie sur un centre d'accueil pour réfugié-e-s en Norvège. Débat avec Amnesty international

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Samedi 8 juillet - Hennebont (56) - 12h Pique-nique végétarien et végétalien. Chacun-e apporte un plat et on partage. Table de presse : droit des animaux, impacts sanitaires, sociaux, éthiques, écologiques de l'alimentation, de la production / consommation carnée et ovo lactée. Rdv à la bergerie, le long du Blavet sur le halage. Organisé par le collectif veg@net-c.fr

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Samedi 8 et dimanche 9 juillet - Notre-dame-des-landes (44) - De nos terres à la Terre : Résister, agir, vivre... Rassemblement annuel organisé par la Coordination des opposant-e-s. Plus d'infos : http://notredamedeslandes2017.org

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