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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 20:37

La réalité est d'une clarté aveuglante... pour qui veut bien ouvrir les yeux ! Depuis le néolithique, toute évolution des sociétés s'accompagne d'une transformation du milieu, mais jusqu'au 18e siècle, les blessures infligées aux écosystèmes demeurent dérisoires. Après la révolution industrielle, les dégâts vont s'accélérer de manière vertigineuse, au point qu'aujourd'hui l'empreinte écologique de l'humanité, dans son ensemble, dépasse de plus de 20 % les capacités de régénération de la planète. C'est bien l'oeuvre du capitalisme auquel le gaspillage est inhérent : pour que les profits se maximalisent, il fallait une surproduction qui maintienne les prix le plus bas possible pour consommer à outrance. A 100 dollars le baril de pétrole, combien vaudra la vie humaine ?


Car la mondialisation du capitalisme anéantit dans un même mouvement l'Homme et le milieu naturel : d'un côté, perturbations climatiques, perte de biodiversité, épuisement des ressources, déforestation... ; de l'autre, plus de un milliard d'habitants vivant avec moins de un dollar par jour, 840 millions en sous-nutrition chronique, l'Afrique, continent sinistré, des inégalités qui explosent (la fameuse « fracture sociale »).


Alors que chaque année, plus de dix millions d'enfants meurent de maladies qui auraient pu être évitées, la communauté internationale s'est engagée à faire reculer la pauvreté d'ici à 2015. Donc, près de cent millions d'enfants vont mourir d'ici cette échéance ! Peut-on accepter ce défi cynique, oubliant qu'une révolution sociale assurerait rapidement une redistribution des richesses, dont se préoccupe, paraît-il, la Banque mondiale ?


Parce qu'il est fondé sur la concentration, sur l'accumulation du capital, le capitalisme ne peut assurer le partage des richesses produites. Il est par conséquent acculé à une croissance sans fin, dans le seul but d'empêcher le niveau de l'emploi de se détériorer trop rapidement et les pauvres de se révolter. Or cette croissance n'est plus possible sans compromettre les conditions de vie des générations futures. Jusqu'à quand une redistribution des miettes suffira-t-elle à maintenir un semblant de cohésion, de paix sociale ?


Aujourd'hui, la fonction idéologique du concept pervers de développement durable (et des mystifications qui lui sont associées : commerce équitable, entreprise citoyenne, placement éthique, économie sociale et solidaire...) est de faire croire que l'on peut résoudre les problèmes environnementaux dans le cadre du système qui les a créés. Le marché comme remède aux maux du marché.


Il faudrait croire que, dans le cadre du capitalisme, la société civile peut constituer un contrepoids aux tendances totalitaires des Etats et des marchés (alors que les 10.000 lobbyistes pour 626 députés à Bruxelles prouvent chaque jour le contraire). Il faudrait croire que le consommateur dispose d'un pouvoir considérable. Mais pourquoi attendre que des produits toxiques soient en rayons pour les boycotter ? Pourquoi ne pas s'organiser pour ne pas fabriquer ces produits nocifs ? Et si c'était seulement par lâcheté, par crainte de remettre en cause les rapports sociaux de production ? Sicco Mansholt lui-même, qui a dirigé la Commission européenne dans les années 70, affirmait : « Pour que l'humanité survive, il faut que le capitalisme meure ». Et s'il s'agissait d'un avertissement d'une grande lucidité ?

 

Faire croire à un capitalisme à visage humain constitue une imposture criminelle à l'égard des générations futures à qui nous sommes en train de construire des cimetières. Et même pour certains, la décroissance doit être soutenable... pour le capitalisme, bien sûr, ce qui est aberrant puisque ce système ne peut survivre sans croissance. Suivre les gourous de service dans leurs hypothèses fallacieuses, dans leurs discours lénifiants, dans leurs injonctions infantilisantes condamnerait nos propres enfants à des conditions de vie de plus en plus terribles : c'est chaque jour que le capitalisme accentue ses ravages ; trop de temps a déjà été perdu par les partisans du réformisme, du parlementarisme.


On ne saurait prétendre résoudre une crise de civilisation ni par des textes législatifs, ni par des mesures fiscales, ni par des remaniements ministériels, mais bien par une rupture avec le système actuel. Il s'agit, non pas d'aménager, mais de rompre avec un mode de production, de transformation, de distribution qui conduit à la fois à une impasse énergétique et à une impasse sociale. La présence, par exemple, de produits biologiques dans les rayons des grandes surfaces constitue, non pas une victoire sur la nourriture frelatée, mais une défaite face à la grande distribution capitaliste. Nous ne ferons pas l'économie d'une révolution sociale.


Article de Jean-Pierre Tertrais (membre du groupe La Sociale - FA Rennes) paru dans le Monde Libertaire, en 2005 mais toujours d'actualité (malheureusement...)

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Jeudi 17 septembre - Partout en France - Mobilisation sociale et intersyndicale (grève et manifestations...) pour les salaires, la réduction du temps de travail, pour une autre production de biens et services, etc...Appel de syndicats et d'organisations étudiantes et lycéennes. Vannes (10h30 Rond-point Le Poulfanc), Pontivy (10h30, la Plaine), Lorient (10h30 Place Glottin), Belle-Ile (11h port Le Palais)

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Jeudi 17 septembre - Rochefort en Terre, Café de la Pente - 19h30 Théâtre clownesque, poésie dénonciatrice "Punctum Diaboli" par la Compagnie des Oubliettes. Pot pourri historique sur la persécution des femmes. Prix libre, durée : 1h30

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Samedi 19 septembre - Port-Louis - 20h : rencontre avec Isabelle Attard autour de son essai "Comment je suis devenue anarchiste", animée par Roger Le Vilain. Entrée libre mais réservation indispensable. "La Dame Blanche" Librairie, Café, Salon de thé

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Dimanche 20 septembre - Concarneau - 15h Appel de la CNT Quimper à un cordon libertaire "REFUSONS CE MONDE, PRENONS NOS VIES EN MAIN". Sur les quais entre la ville close et le port de plaisance

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Dimanche 20 septembre - Etel, cinéma la Rivière - 17h Projection-débat "Plogoff, des pierres contre des fusils". Plogoff, février 1980. Toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à deux pas de la Pointe du Raz, en Bretagne. Six semaines de luttes quotidiennes menées par les femmes, les enfants, les pêcheurs, les paysans de cette terre finistérienne, désireux de conserver leur âme. Six semaines de drames et de joies, de violences et de tendresse:  le témoignage d’une lutte devenue historique. Projection suivie d’un débat avec la réalisatrice Nicole Le Garrec ainsi que l’association Les Lucioles - Ria en  transition. Sur Erdeven a eu lieu en 1975 une bataille moins violente contre un projet de centrale nucléaire. Et maintenant quelle est notre capacité à être autonome énergétiquement ?

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Mercredi 23 septembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h45 Projection de "Plogoff. Des pierres contre des fusils" en présence d'Erwan Moalic, président des "ami.e.s de Nicole et Félix Le Garrec"

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Vendredi 25 septembre - Concarneau - Rassemblement festif et populaire ouvert à tous pour dénoncer le modèle des chalutiers géants, scandaleux sur le plan social et environnemental, à l'occasion du baptême d'un nouveau chalutier de pêche industrielle (le SCOMBRUS). A l'appel de l'association Pleine Mer (pêcheurs-artisans...). 11h, face au bureau de France Pélagique, dans la zone du Moros

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Samedi 3 octobre - Auray, cinéma Ti Hanok - 19h Ciné-débat "Numéro 387" de Madeleine Royer suivi d'un échange avec SOS Méditerranée

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Lundi 12 octobre - Angers - 9h Rassemblement de soutien à Vincenzo devant la Cour d'appel. Pour sa totale liberté

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Concerts

Autres événements

Ciné concert "Rock against racism" au Ti Hanok à Auray

 

 

 

Ciné débat "Plogoff. Des pierres contre les fusils"