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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 17:22

photos ratsLa conclusion de l'étude du professeur Séralini, sur les rats soumis aux OGM, est révélatrice du mépris des multinationales comme Monsanto et des Etats pour la santé des populations et plus largement pour la faune et la flore. En effet, pour protéger les industries agroalimentaires et pharmaceutiques d'éventuelles poursuites, les lois promulguées par les Etats leur permettent de se couvrir en organisant des tests sur les animaux pour leurs inventions hasardeuses. Séralini a pris au jeu Monsanto en reproduisant les mêmes tests que la multinationale mais sur une durée plus longue, laquelle a révélé des tumeurs et un taux de mortalité anormalement élevé chez les rats. Il est appréciable que la médiatisation très habile d'une étude parmi tant d'autres sur les OGM, alors que le presque totalité de la planète est déjà contaminée par ces mêmes OGM (alimentation animale et humaine, et surtout contamination par diffusion dans l'environnement), bouleverse l'Europe et la puissante multinationale Monsanto. Elle témoigne aussi qu'il ne faut parfois pas grand chose pour déstabiliser ces mastodontes bien peu démocratiques...

 

Toutefois, le cadre juridique taillé sur mesure par les Etats, aux multinationales comme Monsanto, qui oblige à l'expérimentation animale doit être interrogé. Il faut savoir que 10 000 professionnels du lobbying encadrent à Bruxelles 754 députés européens, et que ce sont les dirigeants des firmes multinationales qui rédigent quasiment les textes qui deviendront la loi… Les turpitudes de la société capitaliste et le mensonge de sa pseudo-démocratie et de son Etat sont la cause de l'expérimentation animale... pour gruger une opinion publique bien peu curieuse... sur ce qui est fait en son nom et censé la protéger... Séralini, dans son bouquin "Tous cobayes !" déclare même : "le ministère de la Recherche incite les directeurs de laboratoire à collaborer avec les industriels de façon à financer leurs activités". De fait, Etat et industriels marchent main dans la main.

 

Or, on ne peut guère transposer les résultats d'une expérimentation sur une espèce animale vers d'autres espèces.

Ainsi l'aspirine tue le rat, or elle peut être un anti douleur pour un humain. Le lapin déguste l'amanite phalloïde alors qu'elle est mortelle pour les humains. Le chocolat est toxique pour les chiens et les chats... alors que (on n'en dira pas plus ! ). Les cochons raffolent des glands, alors qu'ils sont déconseillés pour les humains. Le chimpanzé est immunisé contre le virus du SIDA (HIV)... etc...

Effectivement, les résultats de cette étude doivent nous alerter, nous mettre en garde... mais que prouvent-ils pour les êtres humains et pour les autres espèces animales ?

Finalement, que les experts soient affiliés de près ou de loin aux multinationales ou totalement indépendants (ce qui est de plus en plus rare), on ne peut tirer aucune conclusion fiable des expérimentations qu'ils pratiqueront sur les animaux (métabolisme différent selon chaque espèce et donc différent des humains) pour qualifier la dangerosité ou non d'un produit mis sur le marché... En revanche, cette pratique est très lucrative pour les éleveurs d'animaux de laboratoire, pour les dits laboratoires et pour les équarrisseurs...

En soi, l'expérimentation animale (et donc les souffrances infligées aux animaux) n'est-elle pas éthiquement condamnable ?

Et, par ailleurs, rien que le brevetage du vivant (le titre de propriété cher aux capitalistes !) n'est-il pas un argument suffisant pour s'opposer aux OGM ?

 

Resituons justement le contexte dans lequel se sont développés les OGM

 

Les OGM apparaissent dans un contexte particulier. Ils sont à la fois une réponse que l’agriculture capitaliste tente de trouver aux problèmes qu’elle a elle-même créés (pollution des différents milieux aquatiques par les nitrates et les pesticides, épuisement des nappes phréatiques, dégradation des sols, fragilité des animaux d’élevage industriels, obésité...) et qui lui permettra de poursuivre ses pratiques aberrantes, sa fuite en avant, et un nouvel instrument destiné à augmenter la dépendance à la fois des agriculteurs et des consommateurs, permettant le contrôle total de la chaîne alimentaire, du laboratoire à notre assiette. L’enjeu financier est estimé à près de 1000 milliards d’euros.

 

Dans ce texte, tous les aspects du problème ne seront pas abordés (risques pour la santé, dissémination des OGM…), pour nous concentrer sur celui qui nous semble le plus significatif, c’est-à-dire la notion de propriété, qui correspond à l’enjeu économique fondamental. C’est bien le système de production fondé sur la propriété privée qui régit les rapports entre les humains, qui permet des relations de domination et d’exploitation, et qui creuse les inégalités sociales. Qu’il s’agisse de la propriété foncière, des usines, des entreprises, du capital commercial ou financier, des matières premières ou de l’énergie, la concentration du capital (fusions acquisitions) n’est jamais allée aussi loin qu'aujourd'hui.

 

Les firmes biotechnologiques visent le monopole de la production de semences en lançant sur le marché des espèces dont elles détiennent le brevets. C’est la détention de ces brevets qui permet notamment au complexe génético-industriel d’empêcher la souveraineté alimentaire des peuples, d’imposer une technologie dont, visiblement, les populations ne veulent pas. L’objectif plus vaste étant d’imposer le « tout-génétique » comme on aimposé le « tout-nucléaire », à des fins évidentes de contrôle social.

 

Les OGM ne se justifient que par l’existence des droits de propriété intellectuelle qui, à travers le GATT et la Convention sur la biodiversité, favorisent outrageusement les multinationales au détriment des citoyens en général, des paysans du tiers monde en particulier. Ce sont les multinationales qui ont imposé cet accord sur les Droits de Propriété Intellectuelle à l’ensemble des habitants de la planète par la manipulation des gouvernements des pays industriels : il n’y a eu aucune négociation. La possibilité de breveter le vivant le réduit au simple statut de marchandise et accélère la privatisation de ce qui est considéré comme le « patrimoine de l’humanité ». Ce qui permet aux entreprises de biotechnologie de transformer la biodiversité, richesse collective, en propriété privée d’un cercle restreint, de faire main basse sur des millénaires de connaissances indigènes pour commercialiser ensuite ces richesses au prix fort, de se prétendre propriétaires d’une plante comme d’une invention, par le fait d’une seule modification génétique.

 

Ce « commerce illégal du colonialisme moderne », ou cette « biopiraterie », comme certains l’appellent, aurait, et a déjà, des conséquences dramatiques pour les agriculteurs, surtout les plus vulnérables, placés dans une situation de soumission par rapport à leurs fournisseurs, et plus particulièrement pour les pays « en développement », où la plupart des paysans utilisent les semences issues de leurs propres récoltes.

 

Des économies risquent d’être ruinées du fait du remplacement des produits naturels par des produits fabriqués par des transgéniques.

 

 

La disparition des OGM résoudrait-elle le problème de l'agriculture ?

 

Jérémy Rifkin, auteur d’un livre intitulé « le siècle biotech » considère cette course au brevet comme l’aboutissement d’un processus qui a débuté depuis cinq siècles, celui de l’appropriation et de la privatisation des grands écosystèmes (sols, forêts, océans, espace aérien).

 

Le capitalisme s’établit aujourd’hui, grâce au brevetage du vivant, sur la propriété privée des moyens de reproduction. Mais il ne faut pas oublier que ce même capitalisme se fonde d’abord, et toujours, sur la propriété privée des moyens de production, en particulier des terres agricoles. Qu’elle soit le fait de gros propriétaires, des spéculateurs, des banques ou des firmes agroalimentaires.

 

Mais imaginons que le maintien d’une forte pression des consommateurs et des agriculteurs, non pas supprime totalement les OGM, ce qui paraît impossible, mais fasse reculer sensiblement la filière OGM, aura-t-on pour autant résolu le problème de l’agriculture ?

 

Non. La même dynamique d’élimination programmée des petites exploitations continuerait après les OGM, comme elle jouait avant les OGM, et comme elle joue actuellement. En France, chaque année, des centaines d’exploitations continuent à disparaître parce que la concentration des terres et du capital est inhérente à ce système.

 

ogm2009.jpgLe plus important n’est vraisemblablement pas les OGM, mais l’accélération provoquée par la dynamique capitaliste, dynamique qui poussera ceux qui l’entretiennent aux pires atrocités.

 

Les anarchistes ne peuvent qu’être d’accord, notamment avec les actions de désobéissance civile comme le fauchage des parcelles ensemencées d’OGM, l’interception d’un cargo transportant du soja transgénique, le refus d’agriculteurs d’utiliser leurs terres pour des essais ou les actions d’information et de sensibilisation dont le but est de favoriser l’organisation des populations, en contrant les campagnes de propagande menées à coups de millions de dollars.

 

Pour autant, il est important de signaler les limites de ces actions si elles ne s’inscrivent pas clairement dans une lutte anticapitaliste, et non pas seulement antilibérale...

 

(à suivre)

Sauf la 1ère partie, ce texte est largement inspiré par une communication de Jean-Pierre Tertrais

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Published by anars56 - dans écologie
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Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
 

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Samedi 10 juin - Vannes - 10h30 Rassemblement en mémoire de Clément Méric, antifasciste, tué par des néo-nazis. Clément, Brestois d’origine, militant anti-fasciste, anti-capitaliste et de la cause animale, a été assassiné le 5 juin 2013 par des néo-nazis à Paris. L’actualité nous confirme que ses combats sont toujours nécessaires. Programme : lecture publique de textes et chants de lutte, puis pique-nique. Le Kiosque, esplanade du port, la Rabine. Proposé par le groupe libertaire René Lochu

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Dimanche 11 juin - Augan (56), café Le champ commun - 17h : 150 années de luttes à travers les chants italiens avec "Le chant des grenouilles", "Senti le rane che cantano…" Dans ce spectacle mêlant récits, chants et musique, nous vous ferons entendre d’autres voix : celles, orgueilleuses et enragées, des brigands méridionaux et de leur guerre désespérée contre le nouvel État ; celles des paysans et des ouvriers agricoles, dont les luttes pour une existence meilleures seront sans relâche ; celles des travailleurs des carrières de marbre de Toscane, des mineurs de soufre de Sicile ; les voix fières et impertinentes des mondines ; celles des émigrés qui, après des décennies de défaites, allaient poursuivre leur rêve de justice dans d’autres terres. Entrée libre. Petite restauration sur place

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Mardi 13 juin - Inzinzac-Lochrist (56), cinéma le Vulcain - 20h30 Projection de "Bienvenus", comédie sur un centre d'accueil pour réfugié-e-s en Norvège. Débat avec Amnesty international

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Samedi 8 juillet - Hennebont (56) - 12h Pique-nique végétarien et végétalien. Chacun-e apporte un plat et on partage. Table de presse : droit des animaux, impacts sanitaires, sociaux, éthiques, écologiques de l'alimentation, de la production / consommation carnée et ovo lactée. Rdv à la bergerie, le long du Blavet sur le halage. Organisé par le collectif veg@net-c.fr

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Samedi 8 et dimanche 9 juillet - Notre-dame-des-landes (44) - De nos terres à la Terre : Résister, agir, vivre... Rassemblement annuel organisé par la Coordination des opposant-e-s. Plus d'infos : http://notredamedeslandes2017.org

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