Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 16:37

La CNT 56 (Confédération Nationale du travail du Morbihan) diffuse mercredi 21 décembre ce tract, pour informer la population de Pontivy sur les dangers de la politique sécuritaire s'exprimant localement à travers l'installation d'un système de vidéo-surveillance.

 

NON aux politiques sécuritaires ici et ailleurs !!!

 

Nous souhaitons ici, une fois de plus, alerter la population sur les dérives sécuritaires d'un dispositif de vidéo-surveillance.

 

Cnt pontivy videosurveillace rectoL’émotionnel contre le rationnel.
Les premières installations de ce genre étaient mises en place pour prévenir des actes de terrorisme ou de grande délinquance. Petit à petit le spectre s’est élargi et nous en sommes aujourd’hui à les justifier pour la lutte contre les incivilités de jeunes alcoolisés et, puisque c’est tout de même un peu léger, on utilise l’événement tragique du meurtre d’une jeune femme, comme si un cas aussi exceptionnel pouvait caractériser la délinquance sur tout un territoire. Il y a encore une fois utilisation des émotions contre une approche rationnelle.

Que veux dire "sécuritaire" ?
L'idéologie sécuritaire ne doit pas être confondue avec la « sécurité ». C'est en fait, sous l’étendard de la sécurité, une conception de l'ensemble de la population comme étant potentiellement délinquante. Ainsi, par « principe de précaution », on surveille la population, on la fiche, la contrôle... bref on flique tout un chacun.
Le but avoué est de lutter contre la délinquance. Or, pour sa grande majorité, la délinquance a des origines sociologiques complexes : la misère sociale et culturelle, ainsi que l’idéologie dominante basée sur la compétition et la violence en sont pour beaucoup. Les caméras sont alors comme un pansement cache-misère qu’on appliquerait sur une tumeur.
C'est donc autant d'énergie, de « blabla », et d'argent public qui sont investis pour ne rien faire contre les vraies insécurités : travail précaire et/ou sous-payé, temps et conditions de travail toujours plus catastrophiques, licenciements, difficultés à se loger et à finir le mois, santé privatisée et donc bradée, fossé entre riches et pauvres toujours plus béant, politique xénophobe et/ou raciste...

Face à cela, nous disons :


La première des sécurités,
c'est la liberté la justice et l'égalité sociale !!!

 

A quand la lutte contre la délinquance à col blanc ?

Et qu'en est-il de cette délinquance qu'on veut combattre ? C'est presque toujours la délinquance du pauvre.
A quand la lutte contre la délinquance à col blanc ? Contre l'illégitimité de ceux qui gouvernent contre nous pour se remplir la panse, contre une bourgeoisie qui s'engraisse grassement sur le dos des travailleurs... « Ah oui, mais ça c'est légal », nous disent-ils.
Comment pourtant ne pas faire une différence d'échelle entre un patron qui gagne 1000 fois le salaire d'un ouvrier et un voleur d'autoradio ?
Que ceux qui veulent nous voir comme des délinquants en puissance balaient d'abord devant leurs portes, après nous verrons.
 
Nous souhaiterions voir l’argent dépensé dans ce genre de dispositif aller vers les acteurs du monde social et culturel, pour des actions à long terme.
Les résultats de ce genre d’actions ne seront pas visibles tout de suite, peut-être même après les prochaines élections municipales. Mais nous constatons qu’il ne reste plus assez d’honnêteté chez les élu(e)s pour ne pas céder à des projets électoralement rentables. Pontivy devrait, comme beaucoup d’autres villes à dominante soi-disant de « gauche », être le lieu de résistance face au « tout-sécuritaire » et proposer des projets alternatifs.
Cela permettrait alors, à la fois, d’affirmer le refus de la politique gouvernementale, de soutenir les autres municipalités qui n’y cèdent pas et de clarifier aux yeux de la population les intentions d'une réelle opposition de gauche.

 

Efficacité ?
Notre opposition se fait d'abord sur le fond du problème, mais la forme le projet apparaît tout aussi absurde.
Pour commencer, l’efficacité de la vidéo-surveillance pour diminuer les actes de délinquance est largement controversée. Les rapports britanniques dans ce domaine sont éloquents : l’un des effets est le déplacement de la délinquance. Cela a d’ailleurs été avoué par la gendarmerie de Pontivy lors de leur diagnostic au conseil municipal, pour citer une phrase assez illustrative : « Oui, il y a un déplacement. Mais il faut savoir, ce que vous voulez, c’est bien un centre ville sûr, non ? » (sic). Cela fera sûrement plaisir à la population des quartiers périphériques.
Pour avoir une baisse de la délinquance, il faudrait multiplier par cent le nombre de caméras. L’engrenage est vicieux.
Dans le cas contraire, comment une municipalité justifierait-elle le retrait de caméras qui ont coûté une somme non négligeable et qui mettrait en évidence une erreur de stratégie plutôt embarrassante ? Ainsi nous nous opposons à l'alibi mis en avant par la municipalité : elle prétend faire un test et, "si elle constate l’inefficacité elle retirera les caméras". Pure hypocrisie pour la seule bonne conscience des élus.
 
Cnt pontivy videosurveillace versoNous refusons le matraquage médiatique de ceux qui ont un intérêt particulier à orienter tous nos malheurs contre nous même (gouvernants, patrons, flics,...). Il ne s'agit que d'une vulgaire logique d’épouvantail. Nous ne pouvons moralement faire le procès d'actes d'incivilité et/ou de petites délinquances sans faire le procès du système qui les engendre pour leur grande partie : un système injuste, inégalitaire et toujours plus liberticide.
Nous sommes conscients que cela implique une lutte beaucoup plus globale pour construire enfin un projet sociétal réellement émancipateur. Nous constatons que ce n'est pas à travers ceux qui nous gouvernent que nous pourrons changer les choses.
Nous ne pouvons compter que sur nous même, nous devons nous organiser à la base. Ne nous laissons plus infantiliser ou déresponsabiliser à travers des politiques sécuritaires.

Ces remparts, nous les abattrons en reprenant notre vie en main, et ceci par la lutte !

 

CNT56 (syndicat des travailleuses et travailleurs du Morbihan).

contact : cnt-pontivy@mailoo.org

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de anars 56
  • Le blog de anars 56
  • : Le blog du groupe libertaire René Lochu (Vannes)
  • Contact

Pour nous contacter, ne pas passer par la page "contact" du blog. Ecrire à : groupe.lochu(a)riseup.net

Vous pouvez aussi vous abonner à la feuille d'infos "Anars 56" (par mail, en texte brut, deux ou trois fois par mois).
Il suffit de nous le demander par mail à l'adresse ci-dessus.

Pour nous rencontrer : le 1er lundi de chaque mois, nous tenons une permanence de 19h15 à 21h00 à la maison des associations, 31 rue Guillaume Le Bartz, à Vannes. Tables de presse, tracts... Attention : pas de permanence durant l'été. Pas de permanence lundi 2 octobre 2017.

 

Depuis quelques temps, des publicités intempestives (et insupportables par définition) apparaissent sur le blog, sans qu'on ait moyen de les empêcher. Nous vous recommandons de télécharger un bloqueur de publicités qui les neutralisera.

Recherche

Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochain rendez-vous public :
 
Jeudi 16 novembre - Vannes - Manifestation contre les Ordonnances Macron (cf. appel de l'intersyndicale du Morbihan) et contre l'état d'urgence devenu droit commun. 10h30 la Rabine (esplanade du Port)
 
 
 
 
 

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jeudi 16 novembre - 10h30 Grève et manifestations contre la casse sociale orchestrée par le gouvernement à la solde du patronat - Lorient (Bld Cosmao-Dumanoir), Vannes (esplanade du port), Belle-Ile (port Le Palais).

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Concerts

Autres événements