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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 22:16

En décembre 2009, nous présentions ici le label "Produit en Bretagne" sous un regard différent des médias classiques qui en sont les chantres (idéologie commune et recettes publicitaires obligent !). Pour mieux appâter le consommateur et la consommatrice, Produit en Bretagne mène sa communication sur la défense de l'emploi en Bretagne et le développement durable, dans une tentative de blanchiment du capitalisme local. (Cf. leur pub  dans un article de Ouest France du 9 février 2011 : « Je relocalise ». Dit autrement : « En consommant Produit en Bretagne, je soutiens l’emploi et l’environnement. »). Qu'en est-il ? L'exemple d'Armor Lux, membre actif de Produit en Bretagne, est éloquent. On vous laisse juges...

 

Article de Ouest France du 21 janvier 2011

 

 

Tunisie : la production Armor-lux perturbée
jeudi 20 janvier 2011

La crise tunisienne touche directement l'entreprise quimpéroise. Elle fait fabriquer là-bas une part importante de sa production. Et en ce moment, ça patine...

« Rien n'est bloqué. Mais la production comme le transport ont subi les effets de la crise... » Michel Guéguen, directeur général d'Armor-lux, résume la situation à laquelle l'entreprise doit faire face depuis le début de la révolution tunisienne. L'entreprise quimpéroise fait fabriquer là-bas une bonne partie de la production sous-traitée à l'étranger. « En fin de semaine dernière, la priorité était naturellement la sécurité du personnel. Il y a eu des affrontements. Les usines n'ont pas été visées. Mais tout le monde craignait une balle perdue... »

 

Collections d'été

La Tunisie occupe une place importante dans l'organisation Armor-lux. Un tiers des vêtements vendus par la marque est fabriqué en France. La Tunisie représente environ 35 % de la production délocalisée. « Nous travaillons avec une dizaine d'usines situées dans la région à l'ouest de Monastir. Ces usines sont la propriété de Français qui ont souvent quitté notre pays dans les années 90, au plus fort de la crise du textile. »

Localement, le salaire minimum est de 250-300 € pour une semaine de travail de 48 heures. Propriétaires français, encadrement partiellement français aussi. « Chacune de ces usines est spécialisée dans un produit : jeans pour l'une, chemises pour l'autre... » Les usines sont modernes, aux normes européennes, employant chacune entre 300 et 400 personnes. A 85 % des femmes. « Nous faisons en sorte que nos commandes ne représentent jamais plus de 30-40 % du plan de charge d'une usine. »

Les très fortes tensions que connaît actuellement le pays ont un double impact sur le fonctionnement de cette industrie. « En fin de semaine dernière, le personnel n'est pas venu. Ensuite, ceux qui habitent près des usines ont pu rejoindre le travail. Mais comme le système de ramassage par bus fonctionne mal, les ouvriers les plus éloignés rencontrent souvent des difficultés à rejoindre l'usine. »

La situation s'est progressivement améliorée. Mercredi, la production avait repris un rythme quasi normal. Second problème, le transport. « Deux fois par semaine, des camionneurs français viennent chercher la production. Les camions convergent ensuite vers le port de Tunis. Après un passage aux douanes, les remorques partent pour Marseille. »

Avant de remonter vers le centre de logistique de Quimper. Le système s'est ralenti. Surtout aux douanes car les sociétés d'import-export sont suspectées d'être sous la coupe du clan Ben Ali. Mais là encore, la situation se débloque progressivement depuis mercredi.

Désormais, la préoccupation des donneurs d'ordres est de respecter le calendrier. « Pour les produits que nous vendons aux différentes administrations, nous disposons d'un petit stock. » Mais les mois de novembre, décembre et janvier constituent la période de pointe pour la fabrication des collections d'été qui seront placées sur les cintres à la fin des soldes d'hiver, en février. On le comprend, actuellement l'évolution de la situation est suivie au jour le jour depuis Quimper.

 

Jean-Pierre LE CARROU

 

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(Note de Anars 56 : Il semble que l’article de Ouest France soit erroné pour les salaires : 250-300 € seraient la rémunération mensuelle (!) et non hebdomadaire. Ainsi, dans un article qui date du 05/10/2005, le Journal du Net cite le PDG d’Armor-Lux, Jean-Guy Le Floc’h : « Sachant qu’en France, le revenu minimum est de 1.500 euros brut, 300 au Maghreb, 200 dans les pays de l’Est et 50 en Chine. Nous privilégions les relations avec le Maroc, la Tunisie et la Bulgarie pour leur fiabilité. » Dans ce même article, il est dit que « 60 % de la fabrication reste en France » (2 usines à Quimper, 1 à Troyes). Qui croire ? OF qui déclare que seulement « Un tiers des vêtements vendus par la marque est fabriqué en France » ?)

De son côté, le Télégramme du 24 janvier 2011 http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimper/ville/armor-lux-production-interrompue-en-tunisie-19-01-2011-1179617.php nous apprend que « L’entreprise quimpéroise Armor-Lux travaille avec une dizaine d’entreprises de textile françaises installées dans la région de Monastir (Tunisie). Elles emploient 2.500 salariés.
(…)
Ces entreprises fournissent Armor-Lux en jeans, sahariennes, blouses et parkas. Alimentées en matières premières par l’Italie, la France et l’Allemagne, elles assurent la transformation. La moitié de la production est ensuite expédiée en France à Armor-Lux. «Ce sont des produits destinés à des marchés d’habillement administratif, comme les uniformes de la police nationale, ou La Poste, mais aussi pour des entreprises privées».

 

Le service public s'achète une bonne conscience pour le moins fragile...

 

A noter que le groupe Leclerc, un "modèle" en matières sociales et écologistes , vient de lancer aussi son site la " Bretagne au coeur " … mais nous y reviendrons !

 


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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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