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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 21:44

Les 12 et 16 octobre 2010, les organisations syndicales battent des records de mobilisation pour contrer la réforme des retraites. Dans les manifs, on retrouve des visages familiers, on commente les dernières nouvelles, on s’informe sur les secteurs en lutte reconductible. De partout, des banderoles émergent, des autocollants décorent poitrines et casquettes. Puis les calicots contre Sarko se multiplient, les slogans demandant le départ de Sarkozy et sa clique se font entendre… Il faut dire que la gauche politique n’est pas inactive.

Oui, mais quelle gauche ? Celle qui prêta un Premier ministre pour signer la libéralisation des services publics de l’énergie et des mesures pour reculer de cinq ans l’âge de la retraite, au sommet de Barcelone, en 2002 ? Celle qui fut incapable d’empêcher le second tour des présidentielles Chirac-Le Pen, toujours en 2002 ? Ou celle qui permit à Nicolas Sarkozy d’être élu à l’Élysée ? À moins que l’on parle de celle qui ne remit pas en cause les privilèges de ses députés en matière de retraite ? Eh bien, c’est la même gauche qu’aujourd’hui.

En mai 2010, Ségolène Royal lance l’idée d’un référendum contre la réforme gouvernementale des retraites. Lors de ses journées d’été 2010, l’association Attac propose une votation citoyenne sur le même sujet ; il faudra quelques semaines pour que des organisations politiques demandent à leurs personnalités de lancer un autre texte du même contenu, L’Appel pour un référendum. L’objectif de cet appel, c’est évidemment de provoquer une sorte d’élection avant les présidentielles de 2012. Pour Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel, il s’agit là d’un outil à caractère populiste 2. Pour ce constitutionnaliste, ouvrir la boite de Pandore du référendum, c’est le risque de le voir utilisé ensuite pour des sujets bien plus épineux. Toujours selon lui, « la gauche, d’une certaine manière, est responsable de l’hyperprésidence actuelle. Elle a fait voter le quinquennat et inversé le calendrier en instituant les élections législatives un mois après l’élection présidentielle. […] Les députés sont élus pour permettre au président de la République d’appliquer son programme ».
En plus de cette demande référendaire, les leaders de gauche et d’extrême gauche s’engagent en parlant de la retraite à 60 ans. Tous sont déjà dans les starting-blocks de la présidentielle de 2012. Et tous promettent. Tous ? À voir. Plus prudent, le Parti socialiste dissone. Le député Jean-Marie Le Guen, proche de Dominique Strauss-Kahn, a déclaré le 10 octobre que « […] nous devons rentrer dans une culture du mouvement social qui ne soit pas celle de la grève. C’est une culture française qui n’est pas positive ». Et de pourfendre les déclarations un peu faciles de ses collègues de parti, plus enclins à demander le référendum.

Il y a donc bien de la supercherie dans l’air. La première supercherie consiste à demander un référendum qui ne sera pas accordé par le pouvoir politique. Facile. La seconde, c’est de penser que les écuries politiques s’appuyant sur la mobilisation syndicale en cours sont la roue de secours du peuple engagé dans ce combat. Ces différents partis défendirent et défendront encore des candidatures différentes et ne s’entendent pas entre elles. Aucune de ces formations, du NPA à Europe écologie, n’a de chance d’accéder au pouvoir sauf si elle s’associe au Parti socialiste. C’est un fait. Et ce même parti dominant de gouvernement n’aurait qu’une seule personnalité susceptible d’avoir des chances de gagner le présidentielle, et c’est DSK, l’actuel président du FMI. On imagine mal comment il pourrait revenir sur une mesure sociale conditionnée par des critères strictement libéraux-économiques !

Pourtant, la promesse, cette cerise sur le gâteau de la délégation, peut avoir une incidence sur l’évolution du mouvement. Combien de gens, découragés ou peu courageux, ou simplement dans l’incapacité de rentrer en lutte, pensent-ils que les partis nous sauveront ? Comment ne pas penser que des syndicats pourraient être tentés de concéder aux organisations politiques le soin de réussir là où elles pourraient échouer ? Et que sur les décombres d’un échec possible, on reconstruirait les espoirs de l’urne ?

Notre posture est à défendre. Elle repose sur une conception libertaigreve-expro.jpgre et autogestionnaire de la lutte sociale. Cette conception affirme que les luttes collectives sont la meilleure école politique qui soient. Qu’elles peuvent être le lieu de l’action désobéissante, révolutionnaire, directe et autogérée. Que la lutte syndicale doit se défier des partis politiques. Qu’elle peut amener les gens à s’émanciper de la tentation bureaucratique et à décider eux-mêmes, sans rien attendre des élections et de leurs lendemains qui déchantent toujours. On ne veut plus de l’Assemblée ou du Sénat, mais des assemblées générales partout !


1. Départ à 55 ans puis 60 ans depuis peu, revenus mensuels de 5 500 euros au bout de vingt-deux ans de mandature, cumul des rémunérations…
2. Politis du 16 septembre 2010.

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Jeudi 17 septembre - Partout en France - Mobilisation sociale et intersyndicale (grève et manifestations...) pour les salaires, la réduction du temps de travail, pour une autre production de biens et services, etc...Appel de syndicats et d'organisations étudiantes et lycéennes. Vannes (10h30 Rond-point Le Poulfanc), Pontivy (10h30, la Plaine), Lorient (10h30 Place Glottin), Belle-Ile (11h port Le Palais)

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Jeudi 17 septembre - Rochefort en Terre, Café de la Pente - 19h30 Théâtre clownesque, poésie dénonciatrice "Punctum Diaboli" par la Compagnie des Oubliettes. Pot pourri historique sur la persécution des femmes. Prix libre, durée : 1h30

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Samedi 19 septembre - Port-Louis - 20h : rencontre avec Isabelle Attard autour de son essai "Comment je suis devenue anarchiste", animée par Roger Le Vilain. Entrée libre mais réservation indispensable. "La Dame Blanche" Librairie, Café, Salon de thé

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Dimanche 20 septembre - Concarneau - 15h Appel de la CNT Quimper à un cordon libertaire "REFUSONS CE MONDE, PRENONS NOS VIES EN MAIN". Sur les quais entre la ville close et le port de plaisance

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Dimanche 20 septembre - Etel, cinéma la Rivière - 17h Projection-débat "Plogoff, des pierres contre des fusils". Plogoff, février 1980. Toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à deux pas de la Pointe du Raz, en Bretagne. Six semaines de luttes quotidiennes menées par les femmes, les enfants, les pêcheurs, les paysans de cette terre finistérienne, désireux de conserver leur âme. Six semaines de drames et de joies, de violences et de tendresse:  le témoignage d’une lutte devenue historique. Projection suivie d’un débat avec la réalisatrice Nicole Le Garrec ainsi que l’association Les Lucioles - Ria en  transition. Sur Erdeven a eu lieu en 1975 une bataille moins violente contre un projet de centrale nucléaire. Et maintenant quelle est notre capacité à être autonome énergétiquement ?

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Mercredi 23 septembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h45 Projection de "Plogoff. Des pierres contre des fusils" en présence d'Erwan Moalic, président des "ami.e.s de Nicole et Félix Le Garrec"

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Vendredi 25 septembre - Concarneau - Rassemblement festif et populaire ouvert à tous pour dénoncer le modèle des chalutiers géants, scandaleux sur le plan social et environnemental, à l'occasion du baptême d'un nouveau chalutier de pêche industrielle (le SCOMBRUS). A l'appel de l'association Pleine Mer (pêcheurs-artisans...). 11h, face au bureau de France Pélagique, dans la zone du Moros

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Samedi 3 octobre - Auray, cinéma Ti Hanok - 19h Ciné-débat "Numéro 387" de Madeleine Royer suivi d'un échange avec SOS Méditerranée

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Lundi 12 octobre - Angers - 9h Rassemblement de soutien à Vincenzo devant la Cour d'appel. Pour sa totale liberté

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Concerts

Autres événements

Ciné concert "Rock against racism" au Ti Hanok à Auray

 

 

 

Ciné débat "Plogoff. Des pierres contre les fusils"