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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 11:13
Rendez-vous ce dimanche 6 décembre à 14h devant le commissariat central de Rennes, en solidarité avec les victimes du lynchage policier de la manif chômeurs-chômeuses-précaires à Rennes

Photos de la manif : http://www.flickr.com/photos/37083181@N04/sets/72157622943116584/

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Nous reproduisons ci-dessous :

1. le communiqué de l'Assemblée générale des chômeurs, chômeuses et précaires de Rennes, suite à l'intervention brutale des forces policières lors de la manifestation de samedi 5 décembre "contre le chômage, les précarités et les licenciements".

2. le tract diffusé pour cette manifestation par les groupes la Sociale et la Digne rage de la fédération anarchiste Rennes.

Les textes, reproduits tels quels, ne sont pas "féminisés", mais il va sans dire que les termes chômeurs, travailleurs, précaires, patrons, élus... concernent aussi bien des femmes que des hommes.


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Communiqué après la manif régionale des chômeurs et précaires le 5 décembre à Rennes


L'assemblée régionale des chômeurs et précaires en lutte, réunie ce soir après la manifestation du 5 décembre dans le cadre des marches régionales, dénonce l'attitude de la préfecture qui a décidé d'interdire une manifestation nationale annoncée depuis plusieurs semaines et dont elle était parfaitement au courant.

Interdites de manifester, les quelques 500 personnes présentes ont alors cherché à rejoindre le centre ville pour se faire entendre ; mais les forces de police, en nombre impressionnant, n'ont pas cessé de nous intimider, de nous provoquer, de chercher la confrontation pour justifier des arrestations.

Alors que nous cherchions à nous réunir dans une salle qui nous avait été promise dans la maison des associations, nous avons été pris dans un guet apens entre la responsable des lieux qui, sous l'ordre de la mairie de Rennes, nous en a interdit l'accès, et plusieurs dizaines de policiers de la brigade anti criminalité. Ceux ci nous ont alors chargé avec violence, tabassé à la tête (traumatismes crâniens), aspergé de gaz lacrymogène, alors que nous n'avions manifesté aucune agressivité. Ils ont arrêté quatre personnes sous le prétexte aberrant de « jet d'essence » (ce qu'aucun observateur un tant soit peu honnête ne pourra confirmer), et un autre pour une soit disant « violence sur agent », arrêtée en réalité dans le tumulte du lynchage.

Ces arrestations ne sont pas hasardeuses, elles s'inscrivent dans une démarche qui vise à inspirer un sentiment de terreur et d'impuissance à tous ceux qui entendent résister aux politiques réactionnaires, sécuritaires et libérales actuelles.

Cette manifestation fait suite à l'interdiction de la manifestation de soutien aux luttes de l'ouest du 17 octobre à Rennes et à la répression du mouvement lycéen du 1er décembre à Nantes (nombreuses arrestations et blessés). Le gouvernement, pour tuer dans l'oeuf les mouvements de résistance actuels, et notamment les luttes de chômeurs et précaires en extension aujourd'hui, est prêt à tout, y compris à suspendre les plus élémentaires libertés publiques: celles de manifester et de se réunir. On retiendra également le blocus policier de la ville de Brest lors de la récente venue de Fillon, ou encore la fermeture de tous les Pôle Emploi d'une ville, comme à Quimper récemment, à la moindre annonce de rassemblement.

Nous tenons également à ne pas passer sous silence l'attitude particulièrement honteuse de la mairie « socialiste » de Rennes qui prétend soutenir d'une main les chômeurs et de l'autre recourt aux mêmes méthodes policières que le gouvernement (expulsion de la mairie le 27 novembre, salle retirée à la dernière minute à la maison des associations permettant les arrestations par la BAC).
L'assemblée régionale des chômeurs et précaires lance un appel à amplifier les mouvements de résistance actuels :

Elle appelle à un rassemblement dimanche à 14 h devant le commissariat central de Rennes (boulevard de la Tour d'Auvergne) pour obtenir la libération des personnes interpellées et l'abandon de toutes les charges retenues contre elles.


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Tract de l'union locale fédération anarchiste Rennes

Le chômage, c'est la misère.
Le salariat, c'est l'exploitation !


Depuis l’éclatement de la bulle spéculative boursière de 2008, et ses conséquences sur
l’économie, ce sont des centaines de millions de travailleurs jetés à la rue à travers le monde. En France, dans le secteur privé, ce sont plusieurs milliers de licenciements quotidiens. Dans la fonction publique, l’Etat applique sa politique de non remplacement du départ d’un fonctionnaire sur deux. La conséquence est évidente : selon les derniers chiffres du gouvernement, 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 910 euros mensuels.

Les patrons, eux, se portent bien. En réponse à la crise que les banques ont elles-mêmes générée, l’Etat a passé un plan d’aide au secteur bancaire de 360 milliards d’euros. Cette somme correspond à peu de choses près à la somme des revenus salariaux et indemnités chômage perçus par les 27 millions de salariés et chômeurs qui composent la population active de ce pays…

Quel rôle jouent l’Etat et ses corps intermédiaires ?

Dans bien des cas, les entreprises reçoivent des subventions des collectivités locales (régions, départements, communes). Mitsubishi à Etrelles à côté de Vitré, comme Alcatel à Rennes, s’étaient fait payer leurs usines. A STMicroelectronics, c’est aussi l’argent public qui avait payé les machines délocalisées ensuite à Singapour…

De nos jours, la plupart des entreprises ne payent que les indemnités légales de licenciement lors de plans sociaux, le reste restant à la charge de la collectivité. De plus, les collectivités locales financent leurs investissements avec des prêts contractés auprès des banques. Elles leur sont donc liées. La confiance que les exploités peuvent avoir envers leurs élus politiques ne peut donc être que très limitée…

L’objectif financier des licencieurs, c’est de faire porter le coût du travail à la collectivité, tout en orientant les bénéfices directement dans les poches des actionnaires.

Mais le chômage est aussi une arme idéologique : la peur de perdre son emploi fait accepter des conditions sociales dégradées à de nombreux travailleurs. Comme pour l’emploi des travailleurs sans-papiers, les patrons, en mettant en concurrence les salariés entre eux, compriment les salaires vers le bas.

Lorsque les travailleurs victimes de licenciements se battent pour obtenir plus que des miettes, l’Etat les traine au tribunal, à l’image des salariés de Continental… Partout dans les conflits sociaux où les travailleurs veulent défendre leur outil de production et leur niveau de vie, ils se trouvent nez à nez avec la flicaille, les gardes-chiourme de l’Etat.

La situation des chômeurs s’est encore dégradée avec la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC dans le « Pôle emploi ». Au-delà des radiations d’office massives, les chômeurs sont aussi traités comme des fraudeurs en puissance. L’Etat est donc pour les exploités un ennemi à abattre.

Partout des luttes !

En réponse à l’atonie généralisée du mouvement social depuis la rentrée, des collectifs de chômeurs s’organisent et luttent depuis plusieurs semaines : occupation de lieux publics, mairie, pôle-emploi, EDF…

Soyons clairs : l’objectif de tout salarié normalement constitué est de gagner plus en travaillant moins, celui du patron est de faire travailler ses salariés au maximum en les payant au minimum. Le seul moyen dont disposent les travailleurs et les chômeurs pour améliorer leurs conditions de vie, c’est d’user de leur pouvoir de nuisance : s’arrêter de travailler, bloquer la machine économique, par les occupations, les blocages des flux…

Que l’on soit travailleur avec ou sans-papiers, que l’on soit avec ou sans travail, c’est tous
ensemble qu’on pourra faire plier l’Etat, qui donne le cadre légal à l’exploitation, et le patronat, qui concentre les richesses créées par le travail entre les mains d’une poignée de milliardaires.

Ceux-là n’en finiront jamais de se goinfrer sur notre dos, à moins que nous décidions tous ensemble de nous organiser pour faire la révolution libertaire : prendre nos affaires en main sans Etat ni patron, socialiser et autogérer les usines, le secteur des services, les terres agricoles pour le bien commun. Nous, les exploités, pourrions alors décider des productions que nous souhaitons garder et développer, et abandonner celles que nous trouvons inutiles voire nuisibles.

Il nous appartient de construire ensemble un monde respectueux de l’environnement et des individus, loin de la barbarie capitaliste et de l’oppression étatique que nous subissons quotidiennement.

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Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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