Un peu plus de quarante personnes se sont réunies ce mercredi 11 novembre, à 11h30, rue Jean Jaurès à Vannes, pour exiger la "réhabilitation des fusillés pour l'exemple" de la guerre 14-18. Des membres du groupe libertaire Lochu étaient là.
Une plaque de rue "réhabilitation des fusillés pour l'exemple" a été apposée symboliquement.
En aparté, précisons que, pour nous, tout conflit doit être abordé selon des principes d'autogestion, et sur des critères exclusifs de lutte des classes. Le refus de faire la guerre comme la hiérarchie militaire la faisait, était le premier pas vers l'autogestion de cette guerre, et aurait inéluctablement amené très vite la paix sur le front : fraternisation des combattants des deux camps, paralysie et démantèlement des armées. C'est pour cela que nous, des anarchistes, soutenons le droit à la désobéissance et la réhabilitation des fusillés, mutins qui ont mis la crosse en l'air, dont nous saluons le courage.
"De tous temps, en tous lieux, amées : bourreaux du peuple."
"On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels".
Le texte ci-dessous a été lu publiquement.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Vannes, 11 novembre 2009
Hommage aux « Fusillés pour l’exemple » de 14-18
Discours de Pierrik Le Guennec (LP 56)
Amis, Citoyens, Compagnons, Camarades,
Trois valeurs d’une grande force nous réunissent aujourd’hui :
- La justice, parce qu’il
s’agit en effet de rendre justice aux 650 « fusillés pour l’exemple » de la « Grande guerre » 14-18, exécutés après des jugements sommaires quand ce ne fut pas sans jugement
aucun,
- La mémoire, parce que si 90 années ont passé, il ne faut pas oublier le sacrifice des
victimes militaires et civiles de la boucherie que fut cette « première guerre mondiale », et cela pour tous les camps car le drame fut identique du côté allemand,
- La paix, parce que le fondement de notre action est l’éradication de la guerre, qui a été justifiée comme moyen de résoudre les conflits, mais qui à travers les temps n'a été qu'un désastre pour l'humanité.
Je remercie toutes les organisations ici représentées et qui se sont associées à notre initiative commune : en particulier l'Association Républicaine des Anciens Combattants, la Ligue des Droits de l'Homme, la Libre Pensée, le Mouvement de la Paix, le Parti de Gauche, le Parti Ouvrier Indépendant, le groupe libertaire Lochu et CAP21 Bretagne. Nous remercions de même madame Odette Herviaux, sénatrice du Parti socialiste dans le Morbihan et Vice-Présidente de la Région Bretagne, pour le soutien qu'elle nous a fait parvenir.
Nous avons choisi de nous rassembler devant le nom de Jean Jaurès, dont on fête le 150e anniversaire de la naissance cette année, parce qu’il a avait eu une claire vision des problèmes posés, pour laquelle il fut assassiné le 31 juillet 1914, quand il déclarait « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ».
Des rassemblements comme celui-ci, il y en a aujourd’hui dans toute la France, avec une exigence commune : il faut obtenir la réhabilitation complète des Fusillés pour l’exemple de la Guerre de 1914-1918.
Dans son discours du 11 novembre 2008 à Douaumont, le Président de la République à reconnu la pleine justesse de notre combat. Il n’a manqué qu’un mot : réhabilitation !
D’ores et déjà, cinq Conseils généraux ont adopté des résolutions en direction de la Présidence de la République pour demander cette réhabilitation. Il s’agit de l’Aisne, de l’Allier, de la Corrèze, de l’Oise et de la Haute-Saône. C’est pourquoi nous allons nous adresser à l’ensemble des Conseils généraux pour qu’ils adoptent des motions allant dans ce sens.
Il faut penser aux familles de ceux qu’on a appelés des « traîtres » : pour leurs veuves et leurs orphelins, s’ajoutèrent au deuil le déshonneur public, l’humiliation face aux monuments aux morts où ne figuraient pas les noms des « lâches », le refus des pensions de guerre…
La réhabilitation doit devenir réalité ! Tous les fusillés pour l’exemple de 1914-1918 doivent réintégrer sans réserve la mémoire collective, à égalité avec les autres victimes d’une guerre qui ne fut grande que par sa dimension et l’étendue de ses effets . Combattre pour la réhabilitation des « fusillés pour l’exemple », ce n’est pas un simple devoir de justice pour le passé, c’est un formidable message pour le présent et pour l’avenir.
Je vous invite à regarder ce soir sur France 2 le téléfilm d'Alain Moreau "Blanche Maupas" qui illustre pleinement notre propos, de même que le documentaire du même auteur que vous avons projeté récemment à la Maison des associations.
Je passe maintenant la parole à Monsieur Jean Salaud, qui représente l'Association Républicaine des Anciens Combattants.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander