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Histoire

Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 23:40

D'après le mémoire de Patrick G. (merci à lui !), étudiant en histoire à l'Université Bretagne Ouest en 1980... à partir des archives de... la police (!), donc bien peu complaisantes, c'est le moins qu'on puisse dire ! A lire avec le recul nécessaire par conséquent... Décidément, l'engeance policière reste égale à elle-même à toute époque... mais nous aussi, contre leur monde, restons égaux à nous-mêmes et portant haut le drapeau de l'émancipation !

 

Pour lire l'étude (34 pages au formaf Pdf), cliquez ici !

 

Voici le sommaire :

 

 

L’apparition de l’anarchisme à Brest


(1889-1903)

 

 

Sommaire

Avertissement  page 1

 

1°) Les frémissements page 1

 

2°) Le premier essor de l’anarchisme à Brest (1892) page 2

 

3°) La Maison Carrée de Lambézellec page 5

 

4°) L’organisation des anarchistes de la région brestoise page 8

 

5°) La campagne abstentionniste de 1893 page 10

 

6°) Le recensement des anarchistes à la fin de 1893 page 13

 

7°) La répression de l’anarchisme à Brest page 14

 

8°) Le second recensement des anarchistes (fin 1894) page 17

 

9°) La reprise de la propagande anarchiste page 18

 

10°) Le troisième recensement des anarchistes (fin 1896) page 20

 

11°) L’enracinement de l’anarchisme à Brest page 21

 

12°) Epilogue page 25

 

 

        Notes page 27

 

 

Par anars56 - Publié dans : Histoire - Communauté : Libertaires
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Mardi 19 juillet 2011 2 19 /07 /Juil /2011 00:07

 

 

 

VIVRE L'UTOPIE ! (témoignages et images d'archives sur 1936-39 en Espagne) - Ci-dessous documentaire d'1h34 diffusé sur Arte en 2000


A las barricadas

Negras tormentas agitan los aires
Nubes oscuras nos impiden ver.
Aunque nos espere el dolor y la muerte
Contra el enemigo nos llama el deber.
El bien más preciado es la libertad
Hay que defenderla con fe y valor.
Alza la bandera revolucionaria
que del triunfo sin cesar nos lleva en pos
Alza la bandera revolucionaria
que del triunfo sin cesar nos lleva en pos
En pie el pueblo obrero, a la batalla
Hay que derrocar a la reacción.
¡ A las barricadas ! ¡ A las barricadas !
Por el triunfo de la Confederación.
¡ A las barricadas ! ¡ A las barricadas !
Por el triunfo de la Confederación.

            

Par anars56 - Publié dans : Histoire - Communauté : Libertaires
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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 11:05

"Victor Serge, l'homme double", écrit par Jean-Luc SAHAGIAN, préfacé par Yves PAGES, est paru aux éditions Libertalia en mai 2011. 235 pages, 13 euros. Disponible à la librairie Publico.

 


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Pour le Monde libertaire, nous avons interviewé l'auteur. Une petite présentation de Victor  Kibaltchitch, dit "le rétif", dit Victor Serge, permettra de situer le lascar. Né en 1890 en Belgique d'émigrés russes révolutionnaires, un peu avant sa majorité, il fréquente les communautés libertaires belges et françaises, avant de s'installer en région parisienne pour devenir rédacteur au journal "l'anarchie" de tendance anarchiste individualiste. Il se retrouvera em prisonné après l'affaire de la Bande à Bonnot. Il est expulsé ensuite en Espagne où, ouvrier typographe, il se syndiquera à la CNT en 1917 et participera à la revue Tierra y Libertad. Quand la révolution russe éclate, il fait route vers la Russie où il s'engage au Parti bolchévik. Il rentre peu en peu en dissidence en devenant opposant à la ligne stalinienne au profit de celle élaborée par Trotsky. Proscrit, il est de nouveau expulsé en Belgique puis en France. Au cours de ces années il devient aussi un grand écrivain de renommée internationale. Réfugié à Marseille durant la guerre, il doit  s'exiler vers le Mexique où il meurt en 1947. Aussi, ce livre permet-il d'envisager sous un angle original, les périodes de l'illégalisme anarchiste français des années 1910, les révolutions russe (1917) et espagnole (1936) à travers un acteur important de ces moments historiques, tout en gardant un regard à la fois émouvant et distant. Ces questionnements nous interpellent toujours aujourd'hui.

 

De quand date ta rencontre avec Victor Serge ?


Je l'ai rencontré il y a quelques années en lisant les "Mémoires d'un révolutionnaire". Je ne suis pas un spécialiste de Victor Serge ni de quoi que ce soit. Si j'ai commencé à m'intéresser à lui et à écrire sur lui, c'est parce qu'il m'interrogeait. C'était aussi une sorte de jeu. Sans plan préétabli, j'ai commencé à écrire sur cet homme et sur certains aspects de sa vie et de sa pensée. Au fur et à mesure de l'écriture, d'autres livres, d'autres itinéraires et d'autres aspects de l'œuvre de Serge venaient compléter ou parfois infirmer ce dont j'avais déjà parlé et me donnaient envie d'écrire davantage. Je suis aussi allé rechercher des documents, lettres ou journaux, aux archives à Paris, à la BDIC de Nanterre ou à l'Institut d'histoire sociale d'Amsterdam.

J'ai choisi de ne parler dans cet essai que des choses qui m'intéressaient, ce n'est pas une biographie. Ce sont donc certains aspects de Serge qui font écho aujourd'hui chez moi et peut-être chez d'autres personnes : par exemple, son rapport au pouvoir, à l'écriture, à l'amour...

 

Comment as-tu construit ton livre ?


Ce livre ne suit pas un ordre chronologique, c'est plutôt une errance dans une vie et à travers cette vie, dans le XXème siècle. Par exemple, dans le premier chapitre intitulé "l'homme lisse", je pars d'une photo de Serge datant de 1919 lorsqu'il vient d'arriver en Russie. J'ai mis ce portait en regard avec d'autres descriptions cette fois littéraires. De cet ensemble est ressortie l'image d'un homme dissimulant souvent ses sentiments. J'essaie de montrer en quoi cet homme est emblématique du siècle, emblématique du milieu bolchévik fondé sur une certaine duplicité, un refus de montrer ses sentiments. Comme s'il était sans faille, failles qui se révèleront plus tard.

Mon livre est un genre de puzzle aux pièces qui ne s'ajustent pas obligatoirement de manière parfaite, ce n'est pas une image définitive de Serge. C'était quelqu'un agité de courants contradictoires. Il s'est engagé pleinement dans son époque et a porté ainsi un certain nombre de saloperies. Il n'était pas d'un seul bloc : certains le présentent comme un résistant anti totalitaire, d'autres comme un révolutionnaire, d'autres encore comme un renégat à la cause libertaire... comme s'ils voulaient en faire une statue.

Mon livre développe donc un point de vue subjectif sur cet homme, sur ce que ça renvoie en moi aujourd'hui.

 

Tu as choisi de parler assez longuement de la jeunesse de Serge dans le milieu anarchiste individualiste... pourquoi ?


Parce qu'à mon sens c'est un moment de sa vie qui est important, qui va le travailler jusqu'à la fin même s'il choisit de mettre cette période en sourdine, un peu comme si c'était des erreurs de jeunesse.

Sa formation intellectuelle n'en fait pas un bolchévik comme les autres. D'ailleurs, lors de l'enterrement de Kropotkine, c'est le seul bolchévik à être accepté par les anarchistes, il était encore vu comme un camarade, peut-être à tort.

J'essaie de montrer une évolution beaucoup plus heurtée que ce que Serge a voulu raconter. Son passage de l'anarchisme au bolchévisme ne s'est peut-être pas fait aussi simplement que ce qu'il écrit, en tout cas pas de manière continue, harmonieuse. Peut-être que sa manière de parler de l'anarchisme individualiste et de sa fréquentation des membres de "la bande à Bonnot" révèlent un échec d'une certaine manière dérisoire au regard de son engagement dans la révolution russe. Alors que l'échec de celle-ci est grandiose ! Pour lui, son engagement bolchevik, c'est l'Histoire, alors que sa fréquentation des "hommes perdus" de la bande à Bonnot, c'est juste un fait divers.

 

Tu parles beaucoup du rapport de Serge à l'écriture, cela te semble essentiel ?


Ce qu'il y a d'étonnant chez Serge, c'est le fait qu'il mette constamment sa vie en scène dans des livres : ses romans ou ses mémoires. Il vit plein d'événements cruciaux du siècle, en n'hésitant pas à se mettre dedans, à se mettre en danger, que ce soient avec les anars, avec les bolchéviks, avec Trotsky plus tard. Il n'est pas un simple témoin, un simple spectateur. Il est aussi, presque parallèlement, un écrivain de cette vie. Il met en scène les événements qu'il traverse, il les réécrit, les réorganise et les réagence. Il en occulte une partie aussi. C'est d'abord un propagandiste et un idéologue, qui se transforme en écrivain. Il y a toujours chez lui cette hésitation entre la vérité et le mensonge.

 

Dans cet homme double, il y a aussi ce rapport au Pouvoir et à sa critique...


Je voulais tenter de comprendre les moments de sa vie où il est traversé par ces deux ressorts contradictoires : par exemple le moment où il vient en Russie et où il va directement participer au pouvoir en prenant sa carte au parti et en se mettant au service de la propagande. A ce moment, il est happé par le pouvoir, mais il faut dire aussi qu'il se laisse happer, on pourrait ajouter qu'il le sait et même qu'il vient dans cette disposition d'esprit.

Au moment de Cronstadt, la question se pose de nouveau : car on voit ce que le pouvoir d'État signifie concrètement (la répression féroce des marins et révolutionnaires du port de Cronstadt par l'État Bolchevik). C'est alors qu'il va s'éloigner quelques temps du pouvoir et aller vivre en communauté à la campagne : dans ce moment de doute, il préconise même un communisme des associations, revenant ainsi vers les idées libertaires. Sans doute songe-t-il à abandonner un temps le pouvoir. Mais tout de suite après l'échec de cette tentative communautaire et parce qu'il lui est impossible d'être en-dehors des événements, il renoue avec le pouvoir et va en Allemagne au service du Komintern.

De même pendant la guerre d'Espagne, alors qu'il est exilé en Belgique, il regrette que les anarchistes, qui sont puissants au début de la révolution et de la guerre civile, n'aient pas pris la totalité du pouvoir. Il pense que les anars sont inconséquents et regrette aussi que le POUM, le seul parti qui soit, selon lui, héritier des bolcheviks de 1917, ne soit pas plus puissant. Il n'a pas tiré vraiment les leçons de la transformation si rapide des bolcheviks en maitres absolus et impitoyables.

 

On peut dire aujourd'hui que le XXème siècle a été complètement pourri par cette question du pouvoir et de l'État : totalitaires (staliniens et nazis) ou démocratiques, qui deviennent super puissants, qui s'immiscent dans toute la société. Cela entraîne la quasi-impossibilité de poser la question de l'État, de sa critique, comme s'il n'y avait qu'une seule voie possible. Les premiers à avoir réussi une révolution ont finalement choisi le même type d'organisation que leurs ennemis. La face du monde aurait pu être différente si d'autres choix avaient été faits par les bolchéviks ou s'ils n'avaient pas éliminé tous les autres. Cela a ensuite produit la même logique dans les bouleversements sociaux suivants du XXème siècle et Serge a aussi, malheureusement, participé à la construction de ce sinistre modèle.

 

 

En quatrième de couverture, tu es présenté comme participant à une bibliothèque libertaire dans les Cévennes. Depuis quand existe-t-elle, comment fonctionne-t-elle, c'est quoi une bibliothèque libertaire tout simplement ?


Cette bibliothèque existe depuis 3 ans, elle se trouve à St Jean du Gard au 152 grand'rue. Elle fonctionne sur le principe de la gratuité (sans droit d'inscription) et sans subvention. Les événements qui y sont organisés (discussions, débats, projections, lectures, repas) sont aussi gratuits et collectifs. Ce lieu est ouvert à tous et on peut venir y partager des textes, des questionnements, des émotions, une tisane, un verre de vodka... Je crois même que des histoires d'amour ont pu commencer dans cette bibliothèque ! On peut y trouver aussi bien de la BD, de la poésie et de la littérature que des livres et des brochures portant sur la question sociale. Ce fonds est alimenté par les dons de nombreux éditeurs, libertaires et autres (ainsi que par nos bibliothèques personnelles). Il y a 3 permanences par semaine et des événements publics hebdomadaires. Enfin, de temps à autre, paraît « le bulletin des compagnons de nulle-part », recueil de textes et d'impressions sur un thème particulier. Le numéro douze, paru en avril, évoque le voyage. Ce bulletin peut être trouvé gratuitement à la bibliothèque.

Par anars56 - Publié dans : Histoire
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Samedi 26 février 2011 6 26 /02 /Fév /2011 10:41

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  Après Gilles Servat, voici un autre gars du coin, un gars de la côte, qui gagne à être connu... ou plutôt qu'on gagne à connaître !

 

  L'homme, la terre, la mer et l'anarchie...


Version audio de l'entretien donné par Eugène Riguidel à Tébéo TV (Télé Bretagne Ouest), à la mi octobre 2010, pendant le mouvement contre la "réforme" des retraites. 

Ecoute en mp3, là : http://bit.ly/g2zANz ou http://www.mediafire.com/?a22ucbdqw17

 

 

 

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ENTRETIEN du 22 mai 2006 avec Eugène RIGUIDEL, le marin rebelle qui a eu la sympathie de répondre à nos questions pour le Monde libertaire.

 

Eugène, ça fait quoi d’être célèbre ?

Dans mon existence, né à Arradon (Morbihan), j’ai croisé le bateau.

J’ai adhéré et développé un système de contrat avec des sponsors qui m’ont permis de naviguer.

La célébrité, si on peut appeler cela ainsi, est un outil qui permet de développer ce système.

Il est évident que si je n’avais jamais gagné de courses, je n’aurais jamais intéressé personne à mon projet de construction d’un trimaran de 27 mètres.

J’ai usé de cette notoriété comme d’un outil.

Maintenant, je suis content que toutes les manifestations de cette soi-disant notoriété se soient amenuisées, car c’était devenu difficile.

 

Renaud t’immortalisait en 1980 avec sa chanson « dès que le vent soufflera », quel effet ça fait d’être ainsi au hit parade ?

 

L’histoire de cette chanson, je l’ai vécue bizarrement. J’avais eu la chance de rencontrer Renaud autour de la voile, à la base de vitesse de Brest que j’avais eu le plaisir de lancer. On a fait une ou deux fêtes.

Quelques temps après, à la Rochelle, j’étais sur le William-Saurin, Renaud est venu me voir à bord et m’a dit : « Je t’ai mis dans une chanson, est-ce que ça te fait chier ? » Je lui ai répondu : « Non. Si tu as envie de me mettre dans une chanson, c’est ton histoire ».

Quand il a fait la présentation de cette chanson au Zénit, il avait invité toute une bande de marins, c’était sympa.

C’est incroyable l’impact qu’a cette chanson. Je continue à utiliser sa « notoriété » pour faire avancer les choses dans lesquelles je m’engage, auprès des jeunes.

 

Sur quelle période as-tu effectué des courses en mer ? Ta carrière sportive en somme ?

Au début, dans les années 60, j’ai connu les régates dans le Golfe du Morbihan. Puis, comme ça a marché, j’ai fait des courses en Angleterre et des convoyages de bateaux.

En 1970, c’était la création de la course de l’Aurore, la première en solitaire en France. J’ai gagné cette course en 1974. Ce qui m’a donné des appuis pour la suite et m’a permis d’établir un système qui est monté en puissance. J’ai navigué sur le Capitaine Cook, VSD…

En 1979, avec Gahinet, on a gagné la transat en double, les deuxièmes étant Tabarly et Pajot ! Ce fut un gros coup médiatique.

Je conseille de faire de la course car on apprend plein de choses qui permettent d’être peinards pour des balades, des croisières et acquérir la facilité nécessaire pour arriver au monde de la sensation.

 

La course en mer a-t-elle évolué ?

La course a évolué sur les plans industriels, intellectuels et même psychologiques car les limites ont été repoussées de manière inimaginable. C’est une réussite de ce côté-là. 

Maintenant, avec les sommes en jeu, il y a exagération, mais à l’échelle de ce qui se passe dans le football, la Formule 1 et même le vélo, ce n’est presque rien. Les jeux du cirque, quoi !

Le dopage touche-t-il aussi le monde de la coque ?

A mon époque, il n’y avait pas de dopage, si ce n’était à la vitamine C, au tabac, au café fort, au chocolat, aux tablettes de glucose. Maintenant, certains prennent-ils des amphétamines ? Je ne le crois pas, en plus il y a des contrôles… Même le haschich est interdit, alors qu’à part décontracter certains marins nerveux, je ne vois pas l’avantage…

 

Déjà en 1976, le Canard Enchaîné titrait « la coque à Colas dans une mer de pub » à propos du sponsoring. Ca fait quoi de voir son bateau servir d’enseignes publicitaires ?

A l’époque, j’avais fonctionné de manière novatrice. On créait des événements, des régates. On faisait un système. Mais même VSD m’a donné des moyens inférieurs au total de la somme. J’ai été très aidé par les fournisseurs et des coups de main périphériques par des industriels, des ventes de t-shirts même aidaient à boucler les budgets.

Quand j’ai arrêté, j’étais dans le rouge à la banque. Je n’avais pas l’impression d’être une enseigne publicitaire. Je m’en foutais de porter un t-shirt « Jules » si les parfums Jules m’avaient aidé… Je voulais un trimaran de 27 mètres, je me suis donné les moyens.

Je pense qu’il serait intéressant de réfléchir à l’utilisation de la voile dans le monde actuel, à cette époque de pétrole de plus en plus cher, ne serait-ce qu’au niveau du tourisme.

Pendant vingt siècles, les humains ont transporté des marchandises à la voile, maintenant ils font le tour du monde en 60 jours. Il y a là quelque chose à exploiter.

 

Pour l’America’s cup, le bateau « Défi français » avait pour nom Areva, sponsor exclusif… Aurais-tu refusé certaines entreprises ?

Je ne rougis d’aucun de mes sponsors. Ma démarche, mon système, pour obtenir un nouveau bateau consistaient en un programme de courses, en termes de budget, durée (ex : engagement pour six courses sur trois ans), qui aboutissait à un contrat avec la marque.

Ensuite, je renouvelai mes démarches, en proposant un nouveau contrat.

Aujourd’hui, les bateaux coûtent de plus en plus chers. Je déplore les sponsors du style Areva. Ce n’est pas normal. Areva fait dans le nucléaire, promène du plutonium, est inscrit dans une logique militaro-industrielle, la course aux armements, qui vise à la suprématie militaire. C’est comme l’EPR à Flammanville, c’est un danger supplémentaire.

Les actions de protestation que nous avons menées leur font au moins de la contre-publicité. Malheureusement, le nucléaire ne tue pas que ceux qui sont pour. Transparence et démocratie, voilà ce qu’il faut.

 

Que penses-tu de la notion de compétition ?

La régate est la meilleure méthode pédagogique d’apprentissage de la navigation à la voile. Quand tu fais de telles courses, tu acquiers des techniques qui te servent pour la navigation de tous les jours. Elle est issue d’une tradition maritime. Les marins préfèrent être devant que derrière ! Les marins ont toujours mesuré le temps : aller le plus vite possible vers un nouvel abri. Pour chaque trajet, le nombre de jours était compté.

Il est vrai aussi que les régates d’aujourd’hui sont nées de défis entre têtes couronnées (roi d’Espagne contre roi d’Angleterre…), ainsi que l’America’s cup où ce sont des milliardaires qui se font compétition sur des bateaux magnifiques.

En France, cela a entraîné un engouement de la population vers la navigation à la voile.

Un rêve offert ?

Mieux :  « Arrête d’en rêver : va naviguer ! »

 

Comment vois-tu les autres sports, spécialement le football, parfois classé comme une religion ?

Le football est un moyen de communication puissant. Par exemple, Alain Gerbaut a organisé des matches entre les populations îliennes (Tahiti…) pour que chaque village ait son terrain de foot, car les activités coloniales avaient détruit leurs lieux de rassemblements traditionnels.

Le foot, c’est aussi le goût du sport, de la fête, de la tradition. Pour des milliers de gens, le foot est un lieu de dépassement, de déplacement.

C’est aussi devenu un orgueil régional et national, avec ce paradoxe qu’il est servi par des « mercenaires », ce qui au final rétablit peut-être l’esprit mondialiste.

Après, quand on voit qu’il y a autant de flics que de spectateurs à certains endroits…

Mais dans la compétition, il y a aussi cette notion « d’écraser les autres », non ?

Pour moi, faire de la course était le seul moyen d’être marin. Quand t’es dans la compétition, t’y es, tu fonces. Mais les autres étaient des copains, on n’a pas envie de les écraser.

La mer, ça calme ! (rires) Quand on se prend un vent force 9 en pleine gueule, on pense aux copains qui dérouillent aussi.

C’est donc un peu différent des autres sports.

 

Des anecdotes sur le monde de la voile ?

Avec le William-Saurin, pour la course Québec/Saint-Malo, l’ACIMO (Association des Coureurs Internationaux Multicoques… je ne me rappelle plus le O !) dont j’ai été le président, avait imposé une grille de départ aux organisateurs par un parcours chronométré sur le St-Laurent. C’était épique. Le William-Saurin avait fait le meilleur temps. En rentrant le bateau a heurté un gros caillou qui a provoqué une terrible avarie. Il aurait fallu une grue pour soulever le safran et on n’avait pas le temps. J’ai alors loué un marteau piqueur et creusé une tranchée dans le revêtement du port ! Les autorités canadiennes ont hurlé…

 

Ton engagement politique : le(s)quel(s) ? Depuis quand ?

Je me considère citoyen du monde depuis 1968 et citoyen du monde régionaliste depuis 1974.

A partir de cette base, mon engagement, toujours ponctuel, dépend des situations.

Dans ce cadre, je m’applique à :

-         ne faire que ce qui me plaît,

-         essayer de mener à bien les chantiers dans lesquels je m’engage,

-         naviguer et faire naviguer le plus de monde possible,

-         essayer d’aider les amis confrontés à des situations difficiles au niveau écologique.

 

En 1975, à Erdeven (Morbihan), un projet de centrale atomique était repoussé par la mobilisation populaire (cf. ici) . Etais-tu de la partie ?

J’ai juste participé à quelques réunions. J’étais absent à l’époque, de même pour Plogoff.

En revanche, j’ai participé aux commémorations, notamment devant la statue de la main qui  dit « halte au nucléaire », à Erdeven.

 

En 2004, les militaires ont mis ton bateau «  la Rieuse » de côté ! Peux-tu nous raconter cette histoire ?

Greenpeace nous avait alerté que du plutonium américain était transporté à Cherbourg.

Comme je fais partie de la « flotille de la paix », on est monté en amenant « la Rieuse » avec nous. En manoeuvrant dans la rade de Cherbourg, on a franchi les bornes. On a été arraisonné par les Commandos de Marine, accompagnés d’un officier de police judiciaire ! On a eu 24 heures de garde à vue à décliner nos identités et expliquer pourquoi on était là, ce riguidel-87f09.jpg qui prenait pourtant juste 10 minutes… Deux jugements ont eu lieu au cours desquels les tribunaux se sont déclarés à chaque fois « incompétents ». Résultat, le procureur, sinistre personnage, détient depuis deux ans  « la Rieuse » par abus de pouvoir…

Mais, en fait, ça c’est rien, le plus grave, c’est qu’ils continuent le nucléaire, le plutonium et qu’ils fonctionnent comme des dictateurs.

(Pour plus d'infos, voir sa très intéressante interview pour le site Brest ouvert)

 

En 2000, c’était la catastrophe de l’Erika. Avec des membres de la Confédération Maritime, vous vous êtes invités au château de Thierry Desmarrets, PDG de Total(ement dégueulasse). Raconte-nous un peu.

En fait, c’est le château SECONDAIRE de Thierry Desmarrets ! On savait qu’ils n’étaient pas là. On ne les a pas agressés physiquement. Nous étions 9 et portions un t-shirt « nous ne sommes pas venus chez vous par hasard. AZF & Erika » Nous avons occupé les lieux, éclusé 15 bouteilles de vin… qui n’était pas si terrible que ça. On a aussi restitué une dizaine de kilos de fioul, récolté des plages, qu’on a badigeonné sur les façades. On a aussi démonté les fenêtres qu’on a mises au garde-à-vous dans la pelouse pour qu’elles servent à boucher les trous d’AZF…

Cela nous a valu trois convocations au TGI d’Auxerre (soit des centaines de kilomètres de routes à faire) pour être condamnés au final d’un euro pour les dommages et intérêts et être amnistiés pour fait syndical…

Fais-tu partie de la Confédération Maritime ?

J’ai été membre d’honneur. Mais je ne le suis plus. Parce que je veux le contrôle de mes engagements, de mes apparitions.

Je fais aussi partie de SOS incinérateurs, sortir du nucléaire, menhirs libres

Je souhaite préserver ces autres engagements, être entièrement libre de mes mouvements…

Aussi bien pour l’écriture, le jardinage, la lecture, la navigation…

Faire de la voile ce n’est pas le « tout tourisme » et sa vocation commerciale, avec les ports « parkings à bateaux », les corps morts qui défigurent le paysage, qui grignotent les plages familiales…

Pour le golfe du Morbihan, je voudrais que soit étudiée cette formule : suppression de tous les moteurs à hydrocarbure au profit de la voile, de la perche, des avirons et même du moteur électrique, rechargeable par des batteries fonctionnant aux éoliennes. Ce territoire fragile et merveilleux mérite d’être un tel laboratoire. Il faudrait aussi revoir le nombre de bateaux à circuler.

 

L’école Diwan, c’est quoi pour toi ? L’immersion (procédé pédagogique qui consiste à étudier chaque matière en breton et à échanger dans la cour et la cantine en breton, le français étant étudié en tant que langue vivante), fait débat : quelle vision en as-tu ?

J’ai le souhait  de développer la réalité péninsulaire armoricaine. Dans cela, il y a trois points :

l’aménagement du littoral, la préservation de la science mégalithique, la culture et la langue bretonnes. Ce qui me sensibilise, c’est la préservation de la vie bretonne.

De la lutte à Carnac autour des menhirs pour éviter la destruction d’une ferme et pour le maintien des personnes en activités, nous avons été amenés à faire des recherches sur l’histoire des menhirs pour contrer les inepties des « Versaillais ». Cela a entraîné des rencontres avec des musiciens, des artistes bretons (conteurs, chanteurs…) déjà sensibles à la question. Cette fréquentation se complète et s’entrecroise.

Pour ce qui est de l’aménagement du littoral du Golfe, je fais partie de l’association « Golfe clair » qui tire des constats et fait des propositions.

La palette de l’enseignement de la langue bretonne se compose de :

- Div yez : étude bilingue dans le cadre de l’Education nationale,

- Dihun : école bilingue confessionnelle

- Diwan : laïcité, gratuité et immersion.

Ces trois piliers de Diwan sont sa réalité. Pour moi, Diwan est la meilleure solution. Et je n’ai qu’à me féliciter de l’enseignement qu’a reçu l’un de mes enfants à Diwan.

Pour mieux la faire connaître, j’organise chaque année la « Diwan Kup », un rassemblement maritime qui se déroule dans le Golfe. La prochaine a d’ailleurs lieu le samedi 10 juin.


Un projet d’intégration de Diwan dans l’Education Nationale a suscité une vive polémique, y compris au sein de Diwan. Quelle est ta position ?

Je suis pour l’intégration à part entière de Diwan dans l’Education nationale, comme élément du service public d’éducation à la condition que son fonctionnement actuel soit maintenu. Du genre « donnez les mêmes sous qu’aux autres écoles, nous saurons les dépenser. »

 

L’indépendance de la Bretagne, ça fait toujours tilt chez toi ? Qu’est-ce que ça t’évoque ? Quel sens lui donnes-tu ?

La Bretagne est une entité géographique extrêmement intéressante, depuis toujours.

Le détachement de la Loire-Atlantique par Pétain est un affaiblissement de cette région. Je suis donc pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

Dans le cadre du système républicain actuel, je suis pour que soient renforcés les pouvoirs régionaux. Comme citoyen du monde régionaliste, je préférerais une Europe des Régions à une Europe des Nations, c’est-à-dire chaque région indépendante dans un ensemble européen.

Mais, ne retrouve-t-on pas, à l’échelle régionale, tout le spectre politique de l’extrême gauche à l’extrême droite autour d’un projet voisin ? Même le patronat breton, regroupé par exemple à l’Institut de Locarn, soutient une Europe des Régions avec l’idée de Code du Travail régional, Education régionale, formation professionnelle régionale selon ses besoins… Que réponds-tu ?

Oui, c’est très dangereux. Je réponds « service public universel » : accès à l’eau, à l’énergie, à l’autosuffisance alimentaire, etc… à gérer à l’échelle planétaire. Je suis pour une gestion solidaire universelle par-dessus les Etats. C’est-à-dire que chaque région préserve son autonomie mais apporte aide et appui à celles qui en ont besoin.

 

Te considères-tu comme militant ?

Oui, dans le sens où l’on se définit et s’engage autour d’actions.

 

Tes souvenirs militants les plus rigolos ? les pires ?

Le pire souvenir fut sans doute notre voyage au Mexique, au Chiapas. La police mexicaine de l’immigration ne nous a pas lâchés. Nous étions surveillés. On nous a consignés à bord. Un copain était même interdit de débarquer.

Il y a eu aussi la charge des gardes-mobiles à Carnac qui nous ont tapé violemment après que le drapeau français suspendu à la mairie eut brûlé. Il y a eu cinq blessés.

Et rigolos ?

Lors de la journée du patrimoine, nous avions porté les revendications de « Menhirs libres », au château de Josselin de Rohan qui était alors président du conseil régional de Bretagne. Il n’était pas content le duc de Rohan !

En fait, ce n’est jamais très drôle d’être obligé pour faire entendre une cause juste, en tout cas qui mérite examen, de dépasser son comportement habituel, car c’est le seul moyen dont la population dispose.

Si la majorité des gens s’intéressaient aux problèmes qui les concernent directement, les choses pourraient vraiment changer. Les plus nombreux sont les déshérités.

 

Et l’anarchie, alors ?

C’est comme la sainteté, c’est rare !

J’ai eu la chance de lire certains bouquins, je pense en particulier à « la vie de Max Jacob ». J’ai aussi rencontré Coluche. Je ne sais pas si on peut dire qu’il était vraiment anarchiste, mais il m’a marqué.

Tu as défini quelque part l’anarchie comme « la responsabilité sans le pouvoir »…

C’est la seule solution, car elle ne retire rien à l’individu.

 

Entretien réalisé le 22 mai 2006 pour le Monde libertaire et paru dans le numéro 1447 (des 21-27 septembre 2006)

NB : A propos des luttes culturelles en Bretagne, voici une position qu ele groupe avait adoptée en 2002 avec les autres groupes de la fédération anarchiste de Bretagne : ici.

Par anars56 - Publié dans : Histoire - Communauté : Libertaires
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Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 00:04

Le cinéaste René Vautier est originaire de Camaret (Finistère). Il est certes proche ou membre du Parti communiste français mais son témoignage est intéressant et touchant. Total respect ! Anticapitaliste, anticolonialiste, antiraciste, soutien au combat des femmes, il explique aussi son refus de l'usage des armes.

Vous pouvez également visionner l'excellent premier et efficace film anticolonial français, réalisé par René Vautier : Afrique 50 (16 minutes).

 

Documentaire (51 min) repris à Ty Télé : http://www.tytele.fr/?titre=destinations-bretagne-rene-vautier&mode=numEmission&id=3095

 

 

Afrique 50 :
Par anars56 - Publié dans : Histoire - Communauté : les anti-capitalistes
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Vous pouvez aussi vous abonner à la feuille d'infos "Anars 56" (par mail, en texte brut, deux ou trois fois par mois).
Il suffit de nous le demander par mail à l'adresse ci-dessus.

Pour nous rencontrer : le 1er lundi de chaque mois, nous tenons une permanence de 18h15 à 20h15 à la maison des associations, 6 rue de la Tannerie, à Vannes. Tables de presse, tracts... Attention : pas de permanence durant l'été.

Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire Lochu - Ferrer ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

Toutes les infos et tous les rendez-vous liés à la lutte contre l'aéroport de NDDLandes (44) et au soutien de la ZAD sont sur https://zad.nadir.org/?lang=fr
 

Prochain RDV organisé par le groupe Lochu : Vendredi 7 juin - Vannes - Face à l'austérité : les résistances sociales et alternatives autogérées en Grèce peuvent-elles nous inspirer en France ? Rencontre débat avec Yannis Youlountas, réalisateur de documentaires, chroniqueur à Siné Mensuel et écrivain sur la situation sociale en Grèce.



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Mardi 21 mai - Saint-Nazaire (44) - Mobilisation au Tribunal  : Relaxe totale pour Christian, non à la criminalisation des opposants à Notre Dame des Landes - 14h00 devant le Tribunal de grande instance


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Mardi 21 mai - Augan (56) - 19h30 Soirée d'information sur un projet de lieu agri-culturel (production de plantes aromatiques et médicinales bio et café-librairie à la ferme) à Sixt-sur-Aff (35) par l'association Micamot - Café coopératif le Champ commun


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Jeudi 23 mai - Rochefort-en-Terre (56) - 20h30 Soirée d'information sur un projet de lieu agri-culturel (production de plantes aromatiques et médicinales bio et café-librairie à la ferme) à Sixt-sur-Aff (35) par l'association Micamot - Café associatif de la Pente


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Jeudi 23 mai - Inzinzac-Lochrist (56), cinéma le Vulcain - Sababou (documentaire avec Tiken Jah Fakoly… porteur du message qu’une Afrique plus humaine est possible) - Soirée  avec le comité de Jumelage, branche Mali - 20h30 - 5 € dont 1€ pour le comité de jumelage


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Samedi 25 mai - Lorient - Festival Les Artdineries (Créez, achetez solidaire au profit de Un Toit pour tous - Droits au logement 56) - 18h30 - Organisé par l’association Les Voisins de jardin - Au bar Des Flots (20, avenue Perrière) - Restauration sur place (7€)


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