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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 19:39

Salut,


avec les défilés au pas et en uniformes du 14 juillet, la sentence d'Albert Einstein s'est une nouvelle fois vérifiée : "Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement.


Et hop, voici un petit agenda local pour s'aérer de toute cette engeance militariste... Car la révolution, au lieu de la fêter, ne ferait-on pas mieux de la faire ?


Déjà, l'ambiance était bien plus stimulante et sympathique le week-end dernier à Vigneux-de-Bretagne (44) pour le grand rassemblement estival contre l'aéroport de Notre-Dame Des Landes.

 

2 grands événements (à nos yeux) à venir :

 

1. du 1er au 10 août, à Bure, dans la Meuse, le camp antiautoritaire et anticapitaliste contre le projet de poubelle nucléaire. Infos : https://campvmc.noblogs.org/

 

2. le 25 octobre, à Pont de Buis (29), 1 an pile après la mort de Rémi Fraisse, tué par un gendarme lors de la mobilisation contre le barrage de Sivens dans le Tarn, grande mobilisation "désarmons la police" pour bloquer l'usine  Nobelsport, fabricante d'armes de répression. Infos : https://desarmonslapolice.noblogs.org/ Le groupe Lochu sera de la partie !

 

Attention, le pique-nique du groupe Lochu, auquel vous êtes chaleureusement  (c'est de saison !) convié-e-s est décalé du 16 au 23 août à Auray. Lieu pas encore complètement déterminé. Réservez votre après-midi :-)

 

C'est l'été, profitons aussi des soirées au Café de la Pente à Rochefort en Terre http://www.lepotcommun.com/ ou au Champ commun à Augan http://lechampcommun.fr/

 

Les émissions de Radio libertaire peuvent être réécoutées là : http://media.radio-libertaire.org/

 

Pour d’autres rendez-vous plus ou moins locaux et/ou réflexions se référer à Indymedia Nantes https://nantes.indymedia.org/, Rennes infos http://rennes-info.org/, Zad Nadir https://zad.nadir.org/?lang=fr et Luttes à Brest http://brestluttes.noblogs.org/.

 

Rappelons que le groupe Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement dans tout ce qui est rapporté dans cet agenda.

 

@narchas salutations.

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Vendredi 17 et samedi 18 juillet - Lorient - Représentation au Théâtre de la Chimère "Paroles de plateau". Critique sociale. 21h00. Cité Allende.

 

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Du lundi 20 au mardi 21 juillet - Sarzeau (56) - Journées de rencontres et d'échanges HALEM autour des modes d'habitat légers et "non ordinaires". http://www.halemfrance.org/ Ateliers et conférences de 9h à 18h. Lundi : prévoir sa nourriture en autonomie. Inscription : halembreizh56@gmail.com. Mardi : appel à rassemblement. Repas sur réservation : infranomade@gmail.com. Infos et programme spectacle : http://aumarchedebellevue.blogspot.fr/p/programmation-ete-2013.html

 

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Mercredi 22 Juillet - Augan (56) au café le Champ commun. 20h : Projections sur des initiatives sociales originales. 8 reportages de 5 min proposés par Side ways http://side-ways.net/. Petite restauration sur place. Entrée libre.

 

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Samedi 25 juillet - Vannes -  Pique-nique 100% végétal. A partir de 12h. Chacun-e apporte et partage un plat végétalien. Organisé par la délégation vannetaise de l'Association Végétarienne de France. Table de presse : droits des animaux, impacts écologiques, sociaux et sanitaires de la production de chair animale, livrets de recettes...  Derrière la Cathédrale, au Jardin éphémère, Place brûlée près de la Porte prison.

 

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Samedi 25 juillet - Vannes - Zone de gratuité, gratiféria de 10h à 17h au jardin éphémère « nourriture à partager », place général de Gaulle. Chacun-e donne ou pas, prend ou pas des objets présents. Aucune obligation. Organisé par les Incroyables comestibles de Vannes https://incroyablescomestiblesvannes.wordpress.com/2015/07/11/1ere-gratiferia-dete/

 

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Du 19 au 23 août - Ile de Groix (56) - Festival international du film insulaire. Thème "les Philippines. Nusantao". Documentaires, fictions, expositions, débats, concerts. Infos et programme : http://www.filminsulaire.com/

 

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Du 21 au 29 août - Douarnenez (29) - Festival de cinéma. Thèmes "peuples des Andes" + dissidence intersexe. Infos et programme : http://www.festival-douarnenez.com/fr/

 

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Du 29 au 30 août - Hennebont (56) - Festival d'arts à prix libre "The show must go art". Infos : https://www.facebook.com/pages/The-Show-Must-Go-Art/1406730182985009?fref=ts

 

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 23:00

Salut,
chouette : un actus anars 56 !

 

L'exposition (portraits), la conférence et le débat sur les femmes pacifistes de 1914 - 1918 (en France), avec Didier Giraud, c'est ce jeudi 18 juin à Vannes, au Palais des Arts, à partir de 20h00. Entrée libre !

 

Parmi d'autres, voici deux citations de ces femmes engagées :
Séverine, journaliste : « Pacifiste, oui. On l’a été avant la guerre, on l’est pendant, on le sera après. »

 

Madeleine Pelletier, médecin, féministe, antimilitariste, socialiste libertaire : « Les soldats qui croient se battre pour leur pays se battent et meurent pour du charbon, du pétrole du fer et quelques millions d’hommes tombent pour le profit de quelques industriels qui sortent de l’aventure couverts d’argent et d’honneurs. »

 

On écoutera avec intérêt en préambule cette intervention de Guillaume Davranche qui présente son bouquin "Trop jeunes pour mourir – Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914)", sorti fin 2014. http://soundcloud.com/guillaume-davranche-1/sets/trop-jeunes-pour-mourir-presentation Voir aussi le blog de l'auteur : http://tropjeunespourmourir.com/

 

Compte-rendu du rassemblement pour Clément Méric à Vannes, samedi 6 juin : http://anars56.over-blog.org/2015/06/a-vannes-pour-clement-meric.html

 

Au cinéma actuellement, si vous en avez l'occasion, ne loupez pas "Howard Zinn - Une histoire populaire américaine", le film documentaire des Mutins de Pangée, 1ère partie intitulée "du pain et des roses", nom d'une chanson revendicative d'ouvrières grévistes aux USA dans les années 1910. C'est une vraie petite pépite ! Le mouvement anarchiste y est d'ailleurs correctement présenté. Bande-annonce et présentation : http://www.lesmutins.org/howard-zinn-une-histoire-populaire-50

 

Tout un tas de textes anars (récents ou plus anciens) parus en langues étrangères font l'objet de traduction par le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannerisation (CATS) de Caen (et d'ailleurs...), librement téléchargeables et diffusables. http://ablogm.com/cats/

 

Autre ressource riche en textes : https://infokiosques.net/

 

Voici une toute nouvelle revue "Micrurus. Contre la médecine et son monde" rédigée par le collectif Médecine libertaire : http://www.sous-la-cendre.info/wp-content/files/Micrurus_0_bd.pdf

 

Compte-rendu du procès d'un copain, militant anti aéroport de NDDL et son monde, pour refus de prélèvement Adn, qui s'est déroulé au tribunal de Nantes, mercredi 10 juin : https://nantes.indymedia.org/articles/31660

 

Des articles du Monde libertaire peuvent être lus ici : http://www.monde-libertaire.fr/ Les émissions de Radio libertaire peuvent être réécoutées là : http://media.radio-libertaire.org/

 

Allez, comme d’hab’, précisons que le groupe Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement dans tout ce qui est rapporté dans cet agenda.

 

Pour d’autres rendez-vous plus ou moins locaux et/ou réflexions se référer à Indymedia Nantes https://nantes.indymedia.org/, Rennes infos http://rennes-info.org/, Zad Nadir https://zad.nadir.org/?lang=fr et Luttes à Brest http://brestluttes.noblogs.org/

 

@narchas salutations.

 

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Mercredi 17 juin - Quimper (29) - Le documentaire de Hazem "Acta Non Verba - Du renouveau de l'antifascisme à travers les luttes" sera projeté à 20h, il sera suivi d'un débat. La projo sera précédée, à partir de 18h30, d'une exposition en pop-up (livres animés) sur le thème "*Les termes racistes du quotidien*". Soirée à l'initiative du CRABES, elle sera aussi l'occaz d'une réunion pour le tout nouveau Collectif Antifasciste du Pays de Quimper. MJC de Kerfeunteun, 4 Rue Teilhard de Chardin.


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Mercredi 17 juin - Rennes (35) - 20h - Réunion pour échanger et s'organiser contre la suppression des milliers de postes d'EVS dans l’Éducation nationale. Au local la Commune, 17 rue Chateaudun. Par le groupe la Sociale (fédération anarchiste). http://lasocialefederationanarchiste.blogspot.fr/


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Jeudi 18 juin - Vannes - Les femmes pacifistes en 1914 - 1918, avec Didier Giraud. Expo, conférence et débat. 20h00. Palais des arts. Orga : groupe libertaire Lochu. http://anars56.over-blog.org/2015/06/les-femmes-opposees-a-la-guerre-en-1914-1918-conference-debat-et-exposition-par-didier-giraud-jeudi-18-juin-palais-des-arts-20h00-va


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Vendredi 19 juin - Auray (56) - Réunion du collectif Stop nucléaire 56 trawalc'h (projets en cours...) - 20h30 salle Louis Massé, 14 rue du Penher. Ouverte aux personnes voulant s'impliquer dans la lutte antinucléaire. http://www.stop-nucleaire56.org/


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Samedi 20 juin - Larmor Baden (56) - 13h - Pique-nique végétarien à l'île de Berder. Suivra une balade guidée historique sur l'île de Berder avec Line Cheutin. Participation libre. Chacun apporte son pique-nique, ses lunettes et son chapeau. Organisé par Association Végétarienne de France. Table de presse (informations sur le végétarisme, sur la cause animale, sur l'impact de la production de chair animale...).


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Du 9 au 17 juillet - Locquémeau (22) - Semaine de l'Émancipation (revue et tendance intersyndicale révolutionnaire et pédagogique dans le milieu enseignant) : comme chaque année une semaine de débats sur la situation politique et syndicale, les questions nationales et internationales, les luttes syndicales, féministes, antiracistes… Ouvert à tout le monde, sauf l'AG du 16 juillet. Programme, infos et inscription : er@emancipation.fr Ou demander le programme au groupe Lochu qui vous le fera suivre.


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Du samedi 11 au dimanche 12 juillet - La Pâquelais, Vigneux-de-Bretagne (44) - "Chauffe la lutte, pas le climat !" : grand rassemblement estival contre le projet d'aéroport à NDDL. Débats, concerts, stands... A l'initiative de la Coordination des opposant-e-s à l'aéroport. https://zad.nadir.org/spip.php?article2993


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Dimanche 16 août - Auray (56) - Pique-nique du groupe Lochu, ouvert aux sympathisant-e-s. Parc du mausolée de Cadoudal (personnage qui n'était assurément pas un camarade !). A partir de midi.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 22:53
Trop jeunes pour mourir – Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914)

Toujours pour vous donner un avant goût de la soirée "femmes pacifistes en 1914 - 1918", animée par Didier Giraud, ce jeudi 18 juin à Vannes, voici deux chroniques (merci à leurs auteur-e-s !) du livre de Guillaume Davranche "Trop jeunes pour mourir – Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914)", éditions L'Insomniaque / Libertalia (2015).

 

Blog de l'auteur : http://tropjeunespourmourir.com/

 

Chronique rédigée par Patsy


Certains livres d'histoire se lisent comme des romans, vous happent, littéralement. C'est le cas avec « Trop jeunes pour mourir - Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre » de Guillaume Davranche. Dans ce livre imposant et dense de plus de 500 pages, ce militant libertaire passionné d'histoire nous entraîne avec un beau talent d'écriture dans la France de la Belle Epoque agonisante, de l'année 1909 à l'éclatement du premier conflit mondial, à l'été 1914 ; période courte mais fondamentale pour comprendre comment des militants et des organisations ont pu jeter par dessus bord l'internationalisme prolétarien qu'ils professaient depuis des années et se rallier, queue basse ou verbe haut, à l'Union sacrée.

 

Courte, fondamentale et somme toute assez peu travaillée par les historiens qui ont préféré porter leur regard sur la période allant de la création de la CGT en 1895 à l'adoption de la célèbre Charte d'Amiens de 1906, bref sur les « temps héroïques » du syndicat1, plutôt que sur ces quelques années marquées du stigmate du reflux de la contestation sociale radicale de masse.

(Lire la suite...)

 

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Chronique de Agnès Pavlowsky et Hugues Lenoir, parue dans le Monde libertaire n°1760 (8-14 janvier 2015)

 

L’ouvrage de Guillaume Davranche, bouquin volumineux de plus de 500 pages, relate l’histoire du mouvement ouvrier de 1909 à 1914 et celle du mouvement libertaire de l’époque.


Le lecteur est invité à déambuler dans les espaces militants de l’époque, en y rencontrant des personnages connus ou ignorés aujourd’hui, à travers leur parcours, leurs combats, leurs qualités et leurs travers : nous découvrons certaines figures sous des aspects nouveaux.
Guillaume Davranche, au cours d’un long récit chronologique, nous imprègne des ambiances des réunions, des congrès, des grèves, des échanges entre militants ; nous approchons ainsi des enjeux politiques de ce temps-là.


L’auteur nous propose deux manières d’aborder son ouvrage : « On peut le suivre de façon linéaire, chapitre par chapitre, année après année […]. On peut aussi le lire dans le désordre, le pénétrer à un endroit ou un autre, au gré de ses centres d’intérêts : le syndicalisme, le féminisme, l’anticolonialisme, l’anarchisme, les travailleurs migrants… » (p. 8).


Grâce à un long travail de recherche dans des archives et les journaux, une foule de détails nous est livrée sur les débats, les divergences, les conflits, les passions, les questions qui se posent à tous ces militants. De petites luttes en grandes luttes est croqué un tableau riche en couleurs des personnalités syndicalistes et anarchistes d’alors. De même, sont dessinées les différentes sensibilités des anarchistes impliqués ou non dans le mouvement syndicaliste ; on rapproche les passerelles entre les unes et les autres.

 

(Lire la suite...)

 

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 12:48

En prélude à notre soirée de jeudi 18 juin, à Vannes, sur  "les femmes opposées à la guerre en 1914 - 1918", animée par Didier Giraud, voici un texte intéressant repris au blog Entre les lignes, entre les mots.

 

Affinité socialement construite entre masculinité et militarisme

9782843032523Dans sa préface Arielle Denis revient sur les racines des guerres et du militarisme. Elle indique « A ces causes, Cynthia Cockburn propose d’ajouter la dimension de genre. Sa démonstration est particulièrement limpide et a enthousiasmé la militante pacifiste que je suis. J’ai pris un immense plaisir à découvrir ses analyses, à reconnaître mes propres questions et les débats que nous avons eus entre femmes ou avec nos camarades masculins », et parle de la logique violente enraciné dans le patriarcat, de la place des femmes dans les organisations pacifistes, de la syndicaliste Hélène Brion, d’Andrée Michel, de mille visages « Femmes en noir palestiniennes et israéliennes, amies de Belgrade et de Sarajevo, courageuses militantes d’Irak, sœurs d’Algérie, combattantes de la non-violence de Colombie, ou enfants-soldates rescapées des guerre d’Afrique ». Elle ajoute, entre autres, « Dans les guerres d’aujourd’hui, les civils représentent 80% des victimes, et le viol est une arme de guerre généralisée. On viole pour anéantir un peuple au travers du corps des femmes, doublement dépossédées d’elles-mêmes et souvent condamnées ensuite à la répudiation » (Lire sur ce sujet : Sandrine Ricci : Avant de tuer les femmes, vous devez les violer ! Rwanda : rapports de sexe et génocide des Tutsi : lennemi-femme-apparait-toujours-different-de-lennemi-tout-court/)

 

Dans son introduction, Cynthia Cockburn parle des activités des femmes qui ne sont « en rien spécifique à chacune de nous », de point de vue situé (standpoint), du collectif « Femmes contre la guerre du Golfe » devenu « Femmes contre les crimes de guerre » puis « Femmes en Noir contre la guerre », des expériences d’un « patriarcat militarisé », d’analyse féministe singulière et précieuse, d’affinité entre la masculinité et la violence.

 

L’auteure indique à propos des articles composant ce livre : « J’en ai choisi un qui revient sur l’histoire de l’antimilitarisme féministe en Grande-Bretagne, un qui étudie de près un groupe féministe antimilitariste – en particulier en Serbie -, et un qui propose une théorie féministe de la guerre »

 

Dans le premier chapitre « Trouver une voix : les femmes dans l’histoire du militantisme pacifiste en Grande-Bretagne », Cynthia Cockburn parle du réaménagement de la domination des hommes sur les femmes, (voir le livre de Carole Pateman, cité par l’auteure : Le contrat sexuel, le-contrat-sexuel-est-une-dimension-refoulee-de-la-theorie-du-contrat/), de la restructuration de la famille, du recul des droits des femmes au XVIIIème siècle, de l’interdiction des clubs féminins, de conscription et d’engagement de force, des « hommes-citoyens-soldats », de la réduction drastique « des marges de manœuvres » des femmes et des filles (voir le livre de Leonore Davidoff et Catherine Hall, cité par l’auteure : Family Fortunes. Hommes et femmes de la bourgeoisie anglaise 1780-1850, sur-la-grande-scene-de-la-classe-et-du-genre/)…

 

L’auteure souligne les impacts du nationalisme militant et de l’impérialisme économique, des guerres d’autodétermination nationale au sein des empires, de la guerre de Sécession aux Etats-Unis, des incursions de l’Empire Britannique au Proche et Moyen Orient et la faiblesse du mouvement pacifiste…

 

J’ai notamment été intéressé par les analyses de « La Grande Guerre », la centralité de la masculinité dans la définition de la nation, « la masculinité normative dans la propagande nationaliste », les débats dans le mouvement suffragiste, les mobilisations de femmes, le Congrès international des femmes à La Haye, l’engagement des femmes pour la paix…

 

Cynthia Cockburn souligne la volonté des Etats de rétablir la normalité en matière de genre « Seules des femmes redomestiquées seraient effectivement en mesure de repeupler des sociétés que les tueries avaient rendues exsangues ». L’après guerre fut bien un ordre nouveau « dans la mesure où les idées de masculinité d’une part, de nation et de citoyenneté d’autre part, étaient et sont inextricables »

 

Seconde guerre mondiale, armes nucléaires, « le massacre instantané et arbitraire de plus de cent mille civils japonais par les Alliés ». L’auteure parle d’internationalisme, de combats antinucléaires, de combats pour la paix, d’actions directes et de non-mixité, du Campement des femmes pour la paix de Greenham Commun et de ses particularités, « pour saper les rapports de domination liés au genre, le meilleur moyen est que les femmes s’organisent seules et de façon autonome ».

 

L’article se termine sur « Vers une analyse holistique de la guerre ». L’auteure y note, entre autres, la rareté des hommes « à reconnaître l’oppression subie par les femmes, à changer leurs propres pratiques en fonction de cela, à laisser une place aux féministes dans les instances dirigeantes, à soutenir la libération des femmes et à poursuivre cet objectif au même titre que les autres but de l’organisation », constat restant valable pour toutes les organisations mixtes… Elle parle de double militantisme « à la fois avec les hommes et contre eux », des liens entre féminisme et socialisme, de l’importance de la non-mixité, du féminisme, « Car oui, les femmes qui s’organisent dans des groupes anti-guerre non mixtes mettent assurément en avant l’idée, issue de la théorisation féministe du pouvoir patriarcal, qu’il y a une affinité socialement construite entre la masculinité et le militarisme ».

 

Agir contre le militarisme, les violences, la guerre. Les analyses et les exemples donnés dans le second chapitre « Les Femmes en Noir traîtres à la nation et à l’Etat serbes » souligne l’action, entre autres, de Zene u Crnom, après l’écroulement de la Yougoslavie, les projets nationalistes en concurrence des Serbes et des Croates, l’expansionnisme vers la Bosnie-Herzegovine, le projet insensé d’états-nations « ethniquement purs », les viols comme arme au service des nettoyages ethniques…

 

Femmes en Noir contre la guerre ou Zene u Crnom protiv Rata, critique du nationalisme patriarcal et du militarisme, opposition première « aux meurtriers de son propre pays », désobéissance civile et révolte à l’encontre de l’Etat nationaliste… L’auteure parle des « ethnicités réinventées », et pour les groupes ayant subi le nettoyage ethnique, des identités choisies comme source de fierté, « chaque femme entretient une relation singulière avec les marqueurs identitaires que sont la race, la nation, l’ethnicité et la religion », des identités complexes et imprévisibles, des liens entre violences domestiques et viols, « le viol des femmes en temps de guerre n’est qu’un moyen pour un groupe d’hommes de s’adresser à un autre groupe d’hommes pour l’insulter et l’humilier ».

 

Au « le personnel est politique », des femmes soulignent que « le personnel est international » et l’auteure montre l’importance des contacts et des coopérations internationales, des actions transfrontalières, des processus d’enracinement et de déplacement…

 

Cynthia Cockburn parle aussi de culpabilité et de responsabilité, de non hiérarchisation des victimes, de rétablissement de liens et de recherche « des fondements politiques à partir desquels il était possible de concevoir une solidarité renouvelée », ce qui n’est pas la même chose qu’un « se réconcilier », de reconnaissance des crimes commis « en notre nom »…

 

Dans le dernier chapitre « Le genre fait la guerre : un point de vue féministe sur le militarisme », l’auteure résume des analyses féministes de la guerre, « analyses sans pareil en ce qu’elles émanent directement de l’expérience des conflits armés et d’un positionnement social tout à fait spécifique : celui des femmes dont l’engagement militant a été provoqué par la guerre ».

 

Rapports sociaux de sexe à prendre en compte dans l’analyse, savoirs situés, enquête réflexive, vision du pouvoir qui va au-delà de la seule question du travail et des modes de production, lien entre résurgence du militarisme et du nationalisme et résurgence du patriarcat, historicité de la domination masculine, guerre comme culture, complexe militaro-industriel, système et continuum, institutionnalisation de la violence, fabrique de l’autre, masculinité et régime patriarcal…

 

Parler de la guerre sans parler des rapports sociaux de sexe, du système de genre, c’est volontairement se taire sur des réalités qui concernent plus de la moitié de l’humanité, c’est masquer une part de la construction même de violence… Les analyses du militarisme et des guerres doivent être soumises au prisme du genre, c’est ce que fait ici Cynthia Cockburn.

 

En complément possible :

« Aux féministes, aux femmes », appel d’Hélène Brion contre la guerre en juillet 1914, paru dans la Bataille syndicaliste (Cgt) : aux-feministes-aux-femmes-appel-dhelene-brion-contre-la-guerre-en-juillet-1914/

 

Andrée Michel : Féminisme et antimilitarisme : le-systeme-militaro-industriel-pratique-une-politique-de-genre-dynamique/

 

Jules Falquet : Préface au livre de Pinar SELEK, Devenir homme en rampant : jules-falquet-2013-preface-au-livre-de-pinar-selek-devenir-homme-en-rampant-paris-lharmattan/

 

Marieme Helie Lucas : Le Tribunal des Femmes en ex-Yougoslavie : le-tribunal-des-femmes-en-ex-yougoslavie/

 

et des textes de Joelle Palmieri.

Cynthia Cockburn : Des femmes contre le militarisme et la guerre

Traduit de l’anglais par Séverine Denis

La Dispute Legenredumonde, Paris 2015, 170 pages, 14 euros

 

Didier Epsztajn

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 20:24
Vannes "Les femmes opposées à la guerre en 1914-1918"

Les femmes opposées à la guerre en 1914-1918.
Conférence débat et exposition par Didier Giraud.
Jeudi 18 juin, Palais des Arts, 20h00. Vannes.

 

Si la grande boucherie de 1914-1918 a fait des millions de morts et de mutilés, dans chaque camp, peu se sont opposés à cette guerre industrielle. Contaminée par le virus nationaliste, ne voyant plus qu'il s'agissait d'un affrontement entre blocs capitalistes pour redynamiser et redistribuer les marchés, même une trop grande partie des forces révolutionnaires de l'époque (socialistes, syndicalistes, anarchistes...) a rejoint l'Union sacrée. Ce qui a fait dire à Anatole France "On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels".


Pourtant, dans chaque pays, il y a eu des résistants et des résistantes à ce grand massacre, à la folie militaire des États. Si aujourd'hui l'Histoire officielle accepte de reconnaître les fusillés pour l'exemple, on ne parle du rôle des femmes que comme travailleuses participant à l'effort de guerre. Or, il y a eu des femmes qui se sont opposées dès le début et qui l'ont payé cher, notamment en perdant leur travail et en se faisant emprisonnées.

 

Cette soirée se propose de présenter ces femmes pacifistes, internationalistes, souvent oubliées de l'Histoire. Quelles ont été leurs actions ? Comment se sont-elles organisées ? Didier Giraud, historien, vient nous présenter leurs combats.

 

Et peut-être leurs luttes peuvent-elles nous éclairer pour relancer aujourd'hui l'opposition à la guerre et au commerce des armes effectués au nom de la lutte contre le terrorisme ? Pour que vive l'idée de paix et de fraternité universelles.

 

Entrée libre.

Organisation : Groupe libertaire Lochu (Vannes)
 

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 22:10

Mercredi 10 juin à 13h00

Devant le tribunal de grande instance de Nantes

 

"Je passe pour la troisième fois en procès pour refus de prélèvement ADN. Face au harcèlement de la justice je refuse de faire don de mon A D N. Mon ADN m'appartient il n'est la propriété ni de la science, ni de la police,ni de la justice.

 

Contre le fichage généralisé de la population, je vous invite à venir le mercredi 10 juin à 13h au tribunal de grande instance lors du procès et par là même dire votre refus de fichage ADN.

 

Contre l'aéroport et son monde faisons des pas de côtés." RB, un opposant à l'aéroport de NDDL  et son monde (Pour connaître l'historique, lire Il n'y a pas de bon fichage, il n'y a que de belles résistances... et [Vannes] Lundi 2 décembre 2013. Rassemblement contre le fichage ADN et anti aéroport NDDL)

 

 

La veille, ce sera le procès au Tribunal correctionnel de Nancy de 3 (H)Activist-e-s de anonymous pour leurs actions contre les GPII (grands projets inutiles imposés). Plus d'infos ici

 

Lire aussi le texte suivant d'Isabelle Rimbert, paru sur Reporterre :

Une cyberaction pour protester contre le meurtre de Rémi Fraisse pourrait mener des Anonymous en prison

 

Trois militants du collectif Anonymous sont appelés le 9 juin devant le tribunal correctionnel de Nancy. En cause : des attaques informatiques contre des sites institutionnels qui entendaient dénoncer la politique d’enfouissement de déchets nucléaires et le meurtre de Rémi Fraisse à Sivens. Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison et/ou 150 000 euros d’amende.

 

(Lire la suite)

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 16:53

A Vannes, face le port, sur la même place qu'il y a 2 ans (cf. notre article), nous nous sommes retrouvé-e-s à une bonne quinzaine en mémoire de Clément Méric. Pas de drapeaux cette fois-ci, mais trois prises de parole publiques. Pour notre part, nous avons relu le texte "Noire est notre peine, rouge est notre colère", à quelques aménagements près, rédigé à l'époque, et distribué ce samedi sous forme de tracts. Gardant le cap de la lutte contre le fascisme, nous avions élargi l'appel contre l'autoritarisme et le racisme croissant dans la société, entre autres de la part de la police, en constatant le nombre de blessés et de tués dans les quartiers et les manifestations (Cf. ce site intitulé Urgence notre police assassine qui les recense). A aussi été lue la "Lettre ouverte à la mère de Rémi" (Fraisse) adressée en novembre 2014 par Farid El Yamni, frère de Wissam - assassiné par la police le 1er janvier 2012

 

Des membres de la famille de Clément étaient présentes, ce qui nous a beaucoup touché et nous a confirmé qu'il fallait faire ce rassemblement. Dans le portrait que nous avions rédigé de Clément, il nous a été dit d'ajouter qu'il était aussi très attaché à l'anticolonialisme, que ce sujet l'intéressait fortement, notamment parce qu'un ami proche de la famille était algérien et avec qui il échangeait régulièrement. Sa tante a pris la parole pour rappeler qui était Clément, les idées généreuses pour lesquelles il se battait, mais aussi la violence des groupes fascistes qu'il ne fallait pas laisser se banaliser, et la différence, selon elle, entre l'extrême gauche qui se situe sur le terrain des idées alors que l'extrême droite n'hésite pas à s'en prendre aux personnes.

 

Un site breton de propagande d'extrême-droite, tenu par un militant d'Adsav, nous a fait l'honneur de (tenter de) railler notre initiative... Vaine tentative car nous continuerons à nous opposer aux thèses et aux méthodes de tous les autoritaires et xénophobes !

 

Les compte-rendus de la presse locale :

 

Selon Ouest-France : lire "Vannes. Clément Méric est mort, ils clament la tolérance"

 

Selon le Télégramme : lire "Clément Méric. Sa famille témoigne"

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 20:29
Samedi 6 juin, Vannes, en mémoire de Clément Méric

 

En mémoire de Clément Méric, antifasciste, syndicaliste, libertaire et militant de la cause animale, mort sous les coups de membres de l'extrême-droite, mercredi 5 juin 2013, le groupe libertaire Lochu organise un rassemblement samedi 6 juin, à partir de 14h00, porte Saint Vincent, Place Gambetta, au port de Vannes.

 

Si nous dénonçons les agressions et discours fascistes, racistes, sexistes et homophobes, nous n'oublions pas que ceux-ci trouvent leur source dans l'actuelle réorganisation du capitalisme (dite "crise") qui jette un nombre considérable de personnes dans la misère et la précarité... et dans des réponses sans issue (replis nationalistes ou religieux). En ce sens, tant en France qu'en Europe, les gouvernements successifs (dont l'actuel) portent une lourde responsabilité en soutenant les logiques capitalistes et en tenant des discours sécuritaires avec leur mise en pratique, notamment par l'accroissement des violences policières, dans les quartiers et dans les manifestations, et par la surveillance généralisée de la population, renforcée encore par la récente loi sur le Renseignement.

 

Ce rassemblement consistera en des prises de parole publiques. Ainsi, nous, groupe libertaire Lochu de Vannes, clamerons haut et fort que nous poursuivrons nos combats contre l'autoritarisme d'où qu'il vienne ; lesquels combats qui, de fait, étaient ceux de Clément, nous paraissent être le meilleur hommage que nous puissions lui rendre. Les personnes qui se reconnaissent dans ces luttes pour une autre société pourront s'exprimer également à la sono.

 

Plus d'infos sur les mobilisations pour Clément Méric : http://lahorde.samizdat.net/category/pour-clement/medias-pour-clement/

 

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 17:01
Pour se débarrasser des OGM, débarrassons-nous du capitalisme

Samedi 23 mai, des manifestations contre la multinationale Monsanto (pesticides, Ogm...) et son monde (ce qui inclut ses consœurs de l'agro-alimentaire) avaient lieu simultanément dans 50 pays, dont 30 dans des villes françaises, sur la base de la plateforme Combat Monsanto. Des membres du groupe Lochu ont défilé parmi les 2 000 manifestant-e-s de Lorient, port de transit pour 660 000 tonnes (annuelles) de soja fourrager à 90 % Ogm, destiné à l'alimentation animale.

 

Voici le texte de notre tract !

 

 

 

Pour se débarrasser des OGM, débarrassons-nous du capitalisme

    

Non, les OGM ne sont pas en mesure de "relever les défis alimentaires et environnementaux". Ils n'ont pas permis de réduire les quantités de pesticides. Mais aurait-il fallu croire Monsanto sensible à l'écologie quand on sait que c'est cette firme qui, dans les années 70, a fourni à l'armée américaine l'Agent Orange qui a permis aux États-Unis de concrétiser leur tactique de la terre brûlée au Vietnam ? Quant au problème de la faim, il faut savoir que l'agriculture mondiale qui fournit aujourd'hui au moins 150 % des besoins de l'humanité, en détourne une grande partie :


   - pour l’alimentation animale puisqu’il faut 7 g de protéines végétales pour produire 1 g de protéine animale ;
  - pour les agro-carburants ;
  - pour la spéculation (constitution de stocks pour faire monter les prix).

 

Il ne s'agit donc pas d'augmenter la production, mais d'en assurer la distribution, c'est-à-dire de sortir du capitalisme fondé sur la concentration !

 

    Les OGM sont à la fois une réponse que l'agriculture capitaliste tente de trouver aux problèmes qu'elle a elle-même créés (pesticides, fragilité des animaux d'élevages industriels...) et qui lui permettra de poursuivre ses pratiques aberrantes, sa fuite en avant, et un nouvel instrument destiné à augmenter la dépendance des agriculteurs et des consommateurs, permettant le contrôle total de la chaîne alimentaire, du laboratoire à notre assiette.

 

    Les firmes biotechnologiques visent en effet le monopole de la production de semences en lançant sur le marché des espèces dont elles détiennent les brevets. C'est la détention de ces brevets qui permet notamment au complexe génético-industriel d'empêcher la souveraineté alimentaire des peuples, d'imposer une technologie dont, visiblement, les populations ne veulent pas. Les OGM ne se justifient que par l'existence des droits de propriété intellectuelle.

 

    Cette course au brevet est l'aboutissement d'un processus qui a débuté il y a cinq siècles, lors de l'appropriation et de la privatisation des grands écosystèmes. De la propriété privée des moyens de production à celle des moyens de reproduction, la boucle est bouclée !

 

    Outre le fait qu'il comporte des risques pour la santé, ce "commerce illégal du colonialisme moderne", cette "biopiraterie", ce "hold-up sur le vivant" a déjà des conséquences dramatiques pour les agriculteurs. En Inde, ce sont 40 000 paysans pauvres qui, ne pouvant payer les royalties réclamés par Monsanto, se sont suicidés. Des économies risquent d'être ruinées du fait du remplacement des produits naturels par des produits fabriqués par des transgéniques. Ces conséquences légitiment totalement les actions de désobéissance civile comme le fauchage de parcelles ensemencées en OGM. Mais ces opérations resteront sans effet (comme d'ailleurs la demande d'un moratoire ou l'étiquetage des produits) si elles ne s'inscrivent pas clairement dans une lutte anticapitaliste.

 

    En éliminant 30 000 exploitations agricoles par an depuis près d'un demi-siècle, le capitalisme reconstitue le même schéma que celui du féodalisme. La seule réponse adaptée est la mise en commun des terres, et leur gestion collective ; c'est ce qu'une partie du peuple espagnol avait osé pendant la Révolution de 1936-39. C'est ainsi que de nombreuses tribus indiennes d'Amérique s'organisent aujourd'hui, notamment les Zapatistes du Chiapas (Mexique), les compagnons et compagnes de la Red Puna (Argentine), etc... En Europe, durant de nombreux siècles il a existé des terres et forêts communales sans titre de propriété et exploitées librement par les paysannes et paysans.

 

Partout dans le monde, cette question de l'accès à la terre et de sa mise en commun est la pierre angulaire d'un changement social profond pour construire l'autonomie et vivre libres entre égaux.

 

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 12:18

Rendez-vous pour nous à Hennebont, 10h30, place de la Mairie. En lien avec le Collectif pour une Alternative libertaire de Lorient.

 

Les autres RDV (syndicaux) dans le Morbihan à 10h30 sont : Pontivy (la plaine), Ploërmel (rue du 8 mai 1945), Vannes (centre hospitalier) et à 11h00 au Port de Belle-Ile.

 

L'Histoire locale des luttes ouvrières dans la première moitié du XXème siècle a été marquée par une présence anarcho-syndicaliste indéniable, notamment aux Forges d'Hennebont. Investi dans la Cgt lorientaise avant la Première guerre mondiale, occupant même des postes à responsabilité, l'anarchiste François Le Levé, par exemple, a ensuite été secrétaire général de l'Union départementale de la Cgt entre 1929 et 1939.

Il n'est jamais inutile de le rappeler !

 

Extrait du Monde libertaire du 23 avril 2015

 

Origines anarchistes du 1er mai : une journée internationale de luttes des travailleurs

 
17731erMaiLes années 1880 sont marquées outre-Atlantique par l'essor des luttes ouvrières. Pas étonnant puisque les États-Unis sont mis en coupe réglée par les « robbers barons », les barons voleurs, ces hommes d'affaires comme Vanderbilt, Carnegie, Rockefeller ou J.P. Morgan, qui sont en train de se bâtir des fortunes colossales dans l'industrie, les affaires et les finances. Des barons voleurs qui se fichent comme d'une guigne du droit du travail... et de la vie des travailleurs tout court.

Dans une période de crise économique sévère, les grèves se succèdent, impulsées notamment par des organisations ouvrières de plus en plus puissantes, comme les Chevaliers du travail ou la Fédération américaine du travail. Les migrants européens, allemands notamment, sont légion parmi eux.

Les organisations ouvrières décident de faire du 1er mai 1886 la date à partir de laquelle la revendication des huit heures de travail quotidiennes doit entrer en application. Pour se faire, ils en appellent à la grève générale. À Chicago, ils sont donc 80 000 à se croiser les bras. Chicago est la ville phare du mouvement ouvrier américain : les journaux socialistes et révolutionnaires y sont nombreux, les syndicats y sont puissants et actifs. Le 3 mai, à l'issue d'un rassemblement ouvrier devant l'entreprise MacCormick qui vient de licencier tout son personnel et de le remplacer par des non-grévistes (les jaunes ou « scabs »), la police et son auxiliaire, la célèbre agence Pinkerton qui fournit provocateurs et tueurs à gage au patronat, font feu sur les manifestants, tuant deux d'entre eux. Le lendemain, il est décidé d'organiser en riposte un grand meeting à Haymarket Square. Devant 3 000 personnes, les intervenants se succèdent pour défendre les revendications ouvrières et dénoncer les violences policières. À la fin d'un discours, les forces de police interviennent pour mettre fin au meeting. C'est alors qu'une bombe est lancée dans les rangs policiers. Aussitôt, c'est la panique et l'affrontement. Quand le calme revient sur Haymarket Square, on relève treize cadavres : six ouvriers et sept policiers. Dès le lendemain, la presse, qui est aux mains des industriels, se déchaîne contre les syndicalistes et les anarchistes qu'elle rend responsables de l'attentat. La police effectue une rafle dans les milieux révolutionnaires et emprisonne huit hommes : Oscar Neebe, Louis Lingg, Michael Schwab, Samuel Fielden, August Spies, George Engel, Albert Parsons et Adolf Fischer. Leur particularité : tous sont des militants anarchistes et aucun n'était sur les lieux au moment de l'explosion, hormis Fielden et Parsons, présents à la tribune.

Leur procès se tient en juin de la même année. C'est un procès politique, évidemment truqué, le genre de procès dont sont friandes nos démocraties quand leurs intérêts vitaux sont en jeu : tous les jurés, comme le juge, ont été choisis dans les milieux bourgeois et réactionnaires de la ville. Le procureur, Julius Grinnel, déclare ainsi lors de ses instructions au jury : « Il n'y a qu'un pas de la République à l'anarchie. C'est la loi qui subit ici son procès en même temps que l'anarchisme. Ces huit hommes ont été choisis parce qu'ils sont des meneurs. Ils ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivent. Messieurs du jury : condamnez ces hommes, faites d'eux un exemple, faites-les pendre et vous sauverez nos institutions et notre société. C'est vous qui déciderez si nous allons faire ce pas vers l'anarchie, ou non. »

L'issue du procès ne fait donc aucun doute : seul Neebe échappe à la peine de mort. Durant l'année qui suit, les campagnes internationales de solidarité se succèdent pour essayer d'arracher à la potence les sept anarchistes. Le 10 novembre 1887, l'un d'eux, Louis Lingg, charpentier de son état, âgé de 21 ans, meurt en prison. À l'exécution, il a préféré le suicide. Le même jour, le gouverneur Oglesby confirme les peines de mort pour quatre des prisonniers : Adolf Fischer, George Engel et August Spies et Albert Parsons. Justice de classe, justice expéditive... Vingt-quatre heures plus tard, les quatre anarchistes condamnés sont pendus. Pas moins de 250 000 personnes accompagneront le cortège funéraire de ceux que l'on appelle dès lors les « martyrs de Chicago ».

En 1893, la révision du procès reconnut l'innocence des huit inculpés ainsi que la machination policière et judiciaire mise en place pour criminaliser et casser le mouvement anarchiste et, plus largement, le mouvement ouvrier naissant.

Les suppliciés furent alors réhabilités et les trois emprisonnés purent quitter le bagne. Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, August Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui. » En 1889, à Paris le congrès de l'Internationale socialiste décide de consacrer chaque 1er mai journée internationale de lutte des travailleurs.

Depuis, les politiciens de tout bord, conscients du caractère subversif du 1er mai, se sont échinés à détourner de sa signification ouvrière et révolutionnaire la journée du 1er mai. Des bolcheviks aux pétainistes, le 1er mai ne doit plus être un symbole de lutte et d'émancipation, mais la fête des travailleurs et la glorification du travail, de la productivité et de la paix sociale ! En 1920, la Russie bolchevique décide que le 1er mai sera chômé et deviendra la fête du travail (la propagande stalinienne glorifiera ensuite la productivité en inventant le stakhanovisme, du nom du mineur de choc Alekseï Stakhanov qui aurait extrait 102 tonnes de charbon en six heures, soit environ quatorze fois le quota demandé à chaque mineur).

En 1933, en Allemagne, Hitler, parvenu par les urnes au pouvoir aux élections législatives de mars, institue le 1er mai comme jour chômé célébrant la fête du travail. Les manifestations du 1er mai sont interdites, les syndicats sont dissous et déclarés illégaux le lendemain. En 1941, en France, pendant l'occupation allemande, le 1er mai est officiellement désigné par René Belin, ministre du Travail de Pétain, principal rédacteur de la Charte du travail et ancien secrétaire de la CGT, comme la fête du travail et de la concorde sociale et devient chômé.

Depuis, cette fête du travail a été relayée servilement par la majorité du « peuple de gauche » sans plus de protestation chaque année en France. Même les « communistes » du PCF et autres socio-démocrates y distribuent depuis des décennies leur muguet. Et, pourtant, c'est encore sous Pétain que le muguet (blanc comme le lys, symbole de sainteté et de la monarchie) vient remplacer les églantines rouges (symbole révolutionnaire depuis la première commune de 1793 et repris comme symbole des luttes ouvrières) ou l'aubépine (en hommage à la jeune ouvrière Maria Blondeau tuée un bouquet d'aubépine à la main lorsque l'armée tira sur le cortège du 1er mai 1891 à Fourmies faisant 9 morts et 30 blessés) qui étaient alors portées et distribuées le jour du 1er mai avant le régime de Vichy. C'est bien de la responsabilité de certains syndicats, qui n'ont cessé de revendiquer cette « fête du travail », si cette journée est aujourd'hui célébrée selon des rites travaillistes et autoritaires hérités du pétainisme.

En 1947, le 1er mai est inscrit dans le Code du travail comme journée fériée, chômée et payée, le gouvernement reprend et officialise l'année suivante la dénomination vichyste de « fête du travail ».

Plus récemment, la récupération et le détournement du 1er mai ne s'embarrassent d'aucune limite : le Front national organise chaque année une manifestation pour fêter le travail et Jeanne d'Arc. « Travail, famille, patrie », voilà le message que ces politiciens veulent nous imposer ce 1er mai !

Les élections et les partis politiques sont les ennemis de l'émancipation ouvrière. Les revendications des travailleurs, les luttes sociales ne doivent pas céder devant la lutte des politiciens pour la conquête du pouvoir et la lutte des places. Tout ce que nous avons obtenu, nous l'avons obtenu par la lutte, par l'action directe des travailleurs contre le patronat, contre tous les gouvernements et contre les bureaucraties syndicales.

Le 1er mai est donc bien une journée inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier avec le sang de militants anarchistes. Elle appartient à ceux et celles qui se battent pour leur émancipation, pas pour célébrer le salariat, l'exploitation et la souffrance au travail !

Nous devons continuer à nous battre, contre les patrons, contre les bureaucrates politiciens ou syndicaux pour que cette journée demeure une journée de luttes sans jamais perdre à l'esprit qu'« il n'est pas de sauveurs suprêmes : ni dieu, ni césar, ni tribun. Travailleurs, sauvons-nous nous-mêmes » !

Groupe Emma-Goldman de la Fédération anarchiste
 

 

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Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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