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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 22:40

Salut,
voici quelques rendez-vous avant l'été pour faire avancer - on l'espère ! - l'idée de révolution sociale et libertaire, dans ses 2 dimensions : destructive (de l'exploitation et de la domination) et constructive (de l'émancipation et de l'autogestion)... de fait, bien en dehors du cirque électoral de la pseudo-démocratie ;-)

Commençons pas nous-mêmes, hé hé hé ! La prochaine soirée Lochu sera consacrée à : "Education et pédagogie libertaires", des enfants aux adultes avec présentation et témoignage de Hugues Lenoir (formateur pour adultes, militant de la CNT et de la FA) et un enseignant du lycée expérimental de St-Nazaire. Vendredi 13 juin. Palais des Arts. Vannes. Entrée libre. "Instruire pour révolter" comme disait Fernand Pelloutier (secrétaire des Bourses du Travail de 1895 à 1901, figure du syndicalisme révolutionnaire). Plus de détails dans un prochain envoi. Merci de faire circuler d'ores et déjà.

Projet sous réserve : la fédération anarchiste envisage de participer courant juin à l'organisation d'une série de rencontres en Bretagne sur le mouvement zapatiste au Chiapas (Mexique), à l'occasion des 20 ans du soulèvement des tribus indiennes, avec deux intervenants : Jérôme Baschet, "Adieux au capitalisme" et Guillaume Goutte, "Tout pour tous, l'expérience zapatiste une alternative concrète au capitalisme".
Occasion d'aborder de multiples thèmes : l'organisation zapatiste, la place des femmes, la résistance zapatiste au sein d'un environnement hostile (puisque les zapatistes vivent et sont organisés dans les mêmes lieux que le pouvoir local), l'autonomie dans l'agriculture, la justice, l'éducation etc... Il y a une date calée pour le moment : le 15 juin à Huelgoat (29). Il y en aura aussi à Bannalec (29), Rennes et Redon (35)... et sans doute Caen.
Pour notre part (Lochu, Vannes), ce sera à la rentrée de septembre-octobre que nous ferons quelque chose sur le sujet.

Avant l'agenda proprement dit, rappelons que vous pouvez écouter Radio libertaire en direct depuis ce lien : http://radiolibertaire.radio.fr/

 

Bien d'autres rendez-vous sur Rennes Infos et sur Indymedia Nantes.


On ne le dira jamais assez : le groupe libertaire Lochu (dont la FA Vannes) ne se reconnaît pas obligatoirement dans chaque RDV annoncé dans cet agenda. Ici ou là, vous croiserez certain-e-s d'entre nous.
Et si vous avez l'envie de nous rejoindre : un p'tit mail sympa ou une p'tite visite courtoise le 1er lundi du mois, à la maison des associations de Vannes (rue Tannerie), entre 18h15 et 20h30, vous serez reçu-e-s chaleureusement !

Pour la route, vu qu'on est en plein dans la période (du 18 mars au 28 mai), voici une petite heure de chansons sur la Commune de Paris (1871). Ca se déguste !

"L’Etat, votre pire ennemi", est un texte intéressant de la CNT-AIT Toulouse qui cite notamment Pierre Clastres s'interrogeant sur la division en classes des sociétés humaines et sur l'apparition de l'Etat, et partant sur quel phénomène aurait engendré l'autre.

@narchas salutations.

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Samedi 19 avril - Vannes - L'association France Palestine solidarité organise une action de soutien aux prisonniers palestiniens (+ de 5000 dans les prisons israéliennes), par du parrainage, à 15h sur l'esplanade du port rive droite.

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Samedi 19 avril - Etel (56) - Animal Destiny organise la projection du film "La santé dans l'assiette", suivie d'un débat animé par Isabelle Dudouet-Bercegeay (ex-présidente de l'Association Végétarienne de France), sur les bienfaits de l'alimentation végétarienne pour la santé, l'environnement et le tiers-monde - Cinéma La Rivière - 20h30. Tarifs habituels. Info : http://www.animaldestiny.com/la-sante-dans-l-assiette.php

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Samedi 19 avril - Rochefort en Terre (56), café de la Pente - Les 10 ans de la Pente ! avec Babel (Chanson française/Electro/Slam) les Cinq oreilles (Musique Festive) Mezzcaleros (Blues Rock) et les Monty Picon (Rock Désalternatif) - 18h – PAF 6 euros - Restauration sur place

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Dimanche 20 avril - Lorient (56) - de 14h à 2h - Festival culturel et libertaire "Unies sont nos cultures" (expos, film, tables de presse, graf, sound system, roller derby, percussions, concert...), organisé par l'asso Mala Semilla - Rue Florian Laporte

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Dimanche 20 avril -Le Faou (29) - Journée Nucléaire Stop ! "Fukushima, Tchernobyl, nucléaire dehors !", (débat, chaîne humaine, conférence, fest-deiz) de 11h à 19h - Covoiturages depuis le Morbihan : stop-nucleaire56@laposte.net

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Dimanche 20 avril - Pont-Aven (29) - Vernissage de l’exposition Transe-Mutations de Dikann à partir de 15h00. Galerie Perspectives (11 rue du Général de Gaulle).

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Mercredi 23 avril - St-Gildas de Rhuys (56) - Journée bio de 9h à 17h. Stands d'associations et de collectifs militants (NDDL, stop nucléaire...).

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Mercredi 23 avril - St-Caradec (22) - Projection du documentaire sur le géographe anarchiste "Elisée Reclus ou la passion du monde", 50 min. Rencontre et discussion avec le réalisateur Nicolas Ependre. Entrée libre. Locaux du Cac Sud 22 (28 rue Nationale)

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Jeudi 24 avril - Vannes -  C'est quoi ce jardin ? Animations, rencontres, échanges, débats avec les Incroyables comestibles et les Petits débrouillards, dans le cadre du festival international de la biodiversité du 24 au 25 avril à Rabat au Maroc. 14h - UBS Tohannic

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Mercredi 30 avril - Arradon (56) - Accueil du convoi "hangar destiné à la ZAD (Notre-Dame des Landes)" qui vient de Rosporden (29). Accompagnement du convoi à vélo et en voiture. Organisé par le collectif Vannes NDDL et le COPAIN 56 à la cidrerie. Soirée "auberge espagnole" et animation musicale par la fanfare du Bono. Départ du convoi le 1er mai, accompagné de vélos.

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Jeudi 1er mai - Hennebont (56) - 10h30 Place de la Mairie. Manifestation sociale et syndicale et de solidarité internationale contre l'exploitation et l'aliénation au travail . Buvette et repas en chansons après la manif.

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Samedi 3 mai - Auray (56) - Pique-nique végétalien et végétarien du collectif veg 56. Table de presse : droits des animaux, aspects sociaux, environnementaux et sanitaires des différents modes de production/consommation alimentaires.Chacun-e apporte un plat végétal et il est mis en commun. 12h. St-Goustan (rampes du Loch).

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Samedi 17 mai - Vannes - Repas palestinien, végétarien cette année : buffet de Mezzés. 19h30, espace Henri Matisse, Ménimur. En soutien à l'Association France Palestine solidarité 56. Réservation jusqu'au 9 mai (15€ / personne). Chèque à l'ordre du comité 56 AFPS, Maison des associations, 6, rue de la Tannerie, 56000 Vannes.  Tél : 0611028374 - Mail: afps56@hotmail.fr

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Samedi 24 mai - Rochefort en Terre (Café de la Pente) 56 - Soirée et concert antifasciste avec 3 ou 4 groupes. A l'initiative de collectifs antifascistes actifs en Bretagne.

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Samedi 31 mai - Etel-Erdeven (56) - Fête participative des transitions en ria d'Etel, avec débats, stands...

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Samedi 7 juin - Quimper (29) - Foire à l'autogestion (collectifs, lieux de vie, cafés associatifs, groupes militants... etc.). A l'initiative de la CNT Quimper. A suivre. Plus d'infos bientôt.

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Vendredi 13 juin - Vannes (56) - "Education et pédagogie libertaire", débat avec 2 intervenants. Une soirée organisée par le groupe libertaire Lochu. Palais des Arts. 20h30. Entrée libre.

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Du vendredi 27 juin au dimanche 29 juin inclus - St-Nolff (56) - Festival écolo et militant Mamm Douar

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 10:45

Fukushima, Tchernobyl, nucléaire dehors ! Nukleel er maez - 3ème édition

 

200414-nucleaire.jpg

 

Rassemblement au Faou (29), Quai Quélen - Dimanche 20 avril 2014 : 11h à 19h

 

Programme :

    11h00 : Table-ronde « Vers un désarmement nucléaire… » animée par l’Université Européenne de la paix.

 

    12h30 : Concert de Donas.

 

    13h30 : Conférence « conséquences sanitaires de l’activité des salariés sous-traitants du nucléaire » avec Annie Thébaud-Mony

    15h30 : Conférence gesticulée sur le nucléaire « Atomes fourchus » avec Johann Charvel écrivain et comédien. Mise en scène par Antoine Clee (Cie Cirque inachevé) : durée 1h15.

    17h00 : Chaîne humaine : moment symbolique pour exprimer notre solidarité avec toutes les victimes du nucléaire
   

     Fest-Deiz jusqu’à 19h

Restauration (crêpes, soupes, boissons) sur place
contact : nukleelermaez2012@gmail.com
covoiturage depuis le Morbihan : stop-nucléaire56@laposte.net

Covoiturages depuis le Morbihan : Vannes (9h), Auray (9h 15), Lorient (9h 45).

stop-nucleaire56@laposte.net ou tel 06 65 72 31 66

 

Communiqué :

 

Fukushima-Tchernobyl-Hiroshima : le nucléaire civil et le nucléaire militaire tuent l’avenir.

 

–    Tous deux lèguent leurs déchets aux générations futures.

–    Tous deux sont entre les mains des mêmes puissances d’argent et de pouvoir.

–    Tous deux coûtent très cher aux contribuables.

–    Tous deux échappent à l’exercice de la démocratie.

–    Tous deux ont montré qu’ils pouvaient tuer aveuglément, massivement, même à distance – dans l’espace et dans le temps.

–    Tous deux ont montré qu’ils représentent pour les populations des menaces insupportables.

 

Il y a urgence ! En France, 33 réacteurs sur 58 ont atteint ou dépassé leur durée de vie de 30 ans en 2014… En 2025, la quasi-totalité des réacteurs (55) auront atteint leur limite d’’âge. C’est dès aujourd’hui que le gouvernement doit prendre une décision d’arrêt immédiat du nucléaire avant la catastrophe. C’est possible, tous les réacteurs japonais ont été arrêtés en 14 mois après Fukushima.

 

Après les éditions de 2012 et de 2013, le collectif Nukleel er Maez (Nucléaire dehors !) invite à un nouveau rassemblement au Faou, Quai Quélen

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 09:07

L'association Mala Semilla nous présente le festival "Unies sont nos cultures" qui a lieu à Lorient le dimanche 20 avril.
Le Festival Unies Sont Nos Cultures se déroule tous les ans depuis 2009 au port de commerce de Lorient, dans la même rue que le bar" Le Galion", rue Florian Laporte, le dimanche de Pâques.
"Le festival "Unies sont nos cultures" est une journée dédiée au métissage artistique de cultures évoluant en marge des réseaux institutionnels. Fort logiquement, nous assumons les valeurs qui nous poussent à organiser ce type d'événement. Nous sommes strictement antifascistes, anticapitalistes, antisexistes et pro environnementalistes."
C'est un festoche artistique Libertaire avec du Graf, des Sound-System, du Roller derby, démo de skate, Percu, table de presse militante, exposition, projection et discussion et Concert.

Interview radiophonique des organisatrices et organisateurs dans l'émission Keep the rage du 11 avril 2014, sur Radio laser (Guichen).

 

 

Programme de la 5ème édition d’Unies Sont Nos Cultures :

- Exposition à partir de 13 h « La retirada, les chemins de l’exil », sur l'exil des antifascistes, républicains et libertaires espagnols en 1938-39 (voir le document exceptionnel récemment confié par l’institut Jean Vigo édité en DVD)
- Jam Graffiti avec près de 50 Graffeurs !!!
- Sound System Hardcore, Punk, Acid, Breakcore + d’info a venir (14h-01h).
- Tables de presse avec Collectif libertaire de Lorient, Sea Shepherd Lorient, Incroyable Comestible, CNT 66, Keep the Rage, FFC, ABRACADABOUM, Réveillez les Crêtes, …
- Roller Derby et Skate avec Les Morues et Skate in Lorient à partir de 16h
- Percu et initiation à la percu avec le mala semilla percu crew. (16h)
- Projection du film « Squatt, la ville est à nous » de Christophe Coello suivie d’une discussion/débats autour du film.(17h-19h)
- Chorale de Chants Révolutionnaires (19h)
- Couscous Veget’ et Carnivore à partir de 18h

- Concert au Galion a partir de 20h30 (6€) avec : Mauvaise Graine (punk libertaire), Death or Glory (punk-rock), Stylnox (ska), Trouz An Noz (electro punk)
Affiche USNC 2014

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 20:39

Nous avons été sollicité-e-s par la gauche morbihannaise pour participer (et/ou signer l'appel, faire un don...) à la manif parisienne "Marche contre l'austérité, l'extrême droite, le pacte de responsabilité, et pour l'égalité et le partage des richesses" du samedi 12 avril. Voici notre réponse au "collectif unitaire du Morbihan pour la marche du 12 avril".


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L'appel à la révolte et à la riposte sociales nous intéresse toujours.


Mais nous regardons aussi d'où part cet appel. Vous dites "Ce n’est décidément pas cela que nous voulions, nous qui, par millions, avons contribué à chasser Sarkozy." Or, ne vous sachant pas naïfs, en connaissance de cause, vous avez participé à installer au pouvoir d'Etat le libéral François Hollande qui est un copié-collé (hormis la personnalité) de celui que vous dites avoir chassé. Comment faire les étonnés aujourd'hui ?
Quoique non dit clairement, cette manifestation s'inscrit dans un cadre électoral qui est le débouché "naturel" des partis qui y participent. Pour nous, les élections participent du jeu qui canalise la révolte, la détourne et finalement l'anesthésie. Elles laissent aussi entendre qu'il n'y a pas d'alternatives sociales en dehors d'elles, de possibilité d'auto-organisation, d'autogestion à une vaste échelle (sur une base fédéraliste et non centraliste)...

Dans cette même veine, en écrivant "Alors que des choix politiques résolument à gauche devraient s’imposer", vous laissez penser que l'appareil d'Etat français pourrait mener une autre politique... Hormis sur des détails mineurs, nous ne pensons pas cela possible. L'Etat s'est lié à la classe dominante et autant les élus que les hauts fonctionnaires qui y siègent font partie de cette classe. Ils ont su verrouiller le cadre juridique (via l'UE notamment) qui l'empêcherait d'agir.
C'est un point de clivage fondamental entre vous et nous : entre étatistes et autogestionnaires.

On laisse la parole à un camarade nazairien qui savait écrire en cette fin du XIXème siècle... :

"Actuellement, notre situation dans le monde socialiste est celle-ci : Proscrits du «Parti» parce que, non moins révolutionnaires que Vaillant et que Guesde, aussi résolument partisans de la suppression de la propriété individuelle, nous sommes en outre ce qu'ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures, des hommes et des femmes vraiment sans dieu, sans maître et sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même." Fernand Pelloutier

Nous ne serons donc pas des vôtres.

Salutations libertaires.

Groupe libertaire Lochu (Vannes)

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Published by anars56 - dans Anarchisme
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 19:11


« L’anarchisme qui change, c’est un anarchisme qui lutte et qui innove et ne se contente pas de répéter un acquis plus ou moins figé. » André Bernard


Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici.



ML-1735-recto.jpgML-1735-verso.jpgActualité

Social : le temps des cerises ? par Fabrice, p 3

Vers des jours meilleurs, par Daniel, page 4

Contre les bouches sans bras, par N. Potkine, page 5

Météo syndicale, par J.-P. Germain, page 6

International

Le 8 mars 2014 en Tunisie… par le CRML, page 7

Maroc : tir aux pigeons sur les migrants, par R. Pino, p 8

Les dictatures passent, l’exploitation reste, par G. Ernest, page 9

Arguments

L’accorderie, un autre système D, par C. Lartiguet, R. Pino, page 10

Le problème Michéa, par Alexis, page 12

Décroissants et anarchistes, par Gpe. René Lochu, p 15

Histoire
24 août 1944 : Paris libéré par la Nueve, page 17

À lire

La révolution défaite, par J.-L. Debry, page 19

Femmes zapatistes, par M. Joffrin, page 20

Le mouvement
De la thune, ou l’on crève, par Gpe. Proudhon, page 21

Illustrations
Aurelio, Kalem, Krokaga, Valère

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 00:41

Droit de réponse à l’article de Philippe Pelletier (PP) « Décroissance : le syndrome de la litanie », paru dans le Monde Libertaire n°1727.

 

 

L’auteur affirme que la quasi-totalité des décroissants n’adoptent pas l’anarchisme. Il déclare que les seuls décroissants existants, objecteurs de croissance et autres, sont disséminés chez les Verts ou dans d’autres partis, ou seraient religieux.

De fait, il définit le religieux mais pas la décroissance versus la croissance, ni ce qu'est l'écologie. Dans tout son texte, il brandit l’étiquette de la religiosité pour dénigrer les écologistes et les décroissants, pour mieux leur poser l'idée de totalitarisme..

En déclarant d'emblée, "Ne serait-ce justement pas parce que leur diagnostic est faux que ces décroissants prônent, dans une même cohérence, des mesures qui sont tout aussi fausses puisqu'elles restent dans le cadre du capital (la propriété privée, le salariat, l'argent, notamment) et de l'État (qu'ils considèrent comme neutre et régulateur) ?", Philippe Pelletier feint d’ignorer le vaste courant libertaire décroissant, les combats d'anarchistes qui, pour réaliser la société sans classes ni État, œuvrent en faveur d'une réduction de l'empreinte écologique des sociétés humaines (là où elle est excessive). Comment peut-il faire l'impasse sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les oppositions aux « grands projets inutiles imposés » (lignes à grande vitesse, autoroutes, EPR...), où sont actifs et actives des anarchistes ? Il nie ces lieux d'expérimentations sociales de la prise de décision horizontale, de mandats, d'autogestion et du respect écologique. Et même, notre camarade semble avoir oublié que la Fédération anarchiste a adopté deux motions en faveur de la décroissance, lors de ses congrès souverains, à l'unanimité... en 2004 et 2008. Nous serions bien curieux et curieuses d'ailleurs qu'il réussisse à nous prouver que ces prises de position s'inscrivaient « dans le cadre du Capital et de l'État »... Il ne semble pas connaître non plus Jean-Pierre Tertrais, membre de la Fédération Anarchiste, et auteur régulier du Monde Libertaire, qu'on ne peut soupçonner de négliger la question sociale !

Que la parole ne soit donnée qu’aux décroissants religieux et étatistes par la classe dominante dans les médias semble ne pas avoir alerté PP.

Ainsi amputée, il peut reprocher à la décroissance de vouloir de mauvais remèdes, preuves de l’erreur de son diagnostique. Étrange logique ! En effet, les léninistes ont fait un long catalogue des misères du peuple ; mais ils voulaient réaliser son bonheur par l’État. Les anarchistes et l’Histoire ont montré que c’était une erreur. Aurait-il fallu en déduire que les misères du peuple n’étaient pas réelles ?

Il lui reste à prouver que le constat des décroissants est faux. Pour cela, il a un mot magique qui remplace la démonstration : la litanie. Pour notre géographe la vie semble ne pas exister en dehors de l’usage qu’en font certaines idéologies « Il faudrait même sauver le « vivant » : la vie, concept que tous les religieux adorent. » (…) « Orientation idéologique (…) de scientifiques partisans du naturalisme intégriste et révulsés par » (…) le « socialisme ».. Or, la vie existe à la surface de la planète, dans un espace très restreint.

Il nie ainsi le fait que le capitalisme par sa production de masse, et même sa surproduction (stocks invendus et détruits, obsolescence programmée...), est en train de détruire la biosphère, nos conditions de vie.

Sa démonstration, par amalgame, se réduit à dire que les écologistes et décroissants ne sont que des religieux, escrocs et pétainistes, sans apporter une seule preuve de l’erreur de leur constat. Si on suit cette logique, les anarchistes devraient renoncer à l’autogestion sous prétexte que Tito, le PSU, et la CFDT l’ont récupérée dans un projet non libertaire…

PP prétend utiliser le doute de manière scientifique « Sur tous les dossiers – que ce soit les évolutions climatiques, le nombre ou l'extinction des espèces, la surpêche, la déforestation, etc. - les scientifiques ne sont pas d'accord entre eux ». (…) « Le doute est à la base même de la science ».

 

Voyons cela de près :
Il n'utilise le doute que contre le constat des écolos-décroissants autoritaires (étatistes et religieux). Il s'en sert pour invalider leur démonstration, mais sans argument réel autre que les dénégations de leurs opposants productivistes. En fait, il se contente de leur faire un procès d'intention, et cette intention supposée par lui, se substitue à un examen lucide de leur constat.
A l'inverse, il semble ne pas exercer nullement son doute sur le discours des productivistes, et reprend leurs arguments. De la même manière, il ne leur fait aucun procès d'intention, alors que l'on sait qu'ils sont payés et portés par les grands groupes capitalistes et leurs médias.
Si le doute est un principe de base de la méthode scientifique, les savants l'ont toujours aussi contrôlé. Ils ont ainsi pu admettre que notre planète était ronde, sans doute possible. C'était aussi l'usage qu'en faisaient les philosophes sceptiques. Or, les « négationnistes », eux, se servent du doute pour empêcher toute pensée autre que la leur, se gardant bien d'utiliser leur stratagème contre leurs idées. N'est-ce pas exactement la rhétorique qu'utilise PP ?
Il semble nier que la surface de la Terre soit ravagée par la société capitaliste. Ce qui est gênant, c'est qu'il supprime ainsi tout un argumentaire qui contribue à la critique du capitalisme...

PP suggère que Fukushima pourrait être justifié car il réduirait l’effet de serre. Or, cet effet de serre, il semble le… nier ! N'est-ce pas paradoxal ?

Le fait qu'une grande majorité de climato-sceptiques soient aux USA les républicains, le Tea-Party et autres intégristes religieux ne semble pas gêner Philippe Pelletier lorsqu'il émet des doutes sur les conséquences climatiques de la production industrielle et agricole capitaliste.

Il apparaît donc que pour ce géographe, s’occuper du rapport des sociétés humaines à leur environnement revient à vider de sa substance l’humanité et à nier les luttes sociales (« la Terre », « la planète », (…) « éléments de langage qui naturalisent les problématiques sociales en vidant l'humain de toute substance »). Pourtant, toutes les classes dominantes ont politisé leur rapport à l’environnement, non seulement par des choix pratiques, mais aussi par leurs idéologies, et en particulier les religions. La vision de PP ne devient-elle pas un anthropocentrisme qui confine à l’idéalisme ? En effet, qu’est-ce que la substance d’une humanité ne vivant que pour elle, sans effet sur son environnement ? Rappelons que les religions monothéistes ordonnent aux humains de croître et de se multiplier, et que cet ordre satisfait pleinement le capitalisme, tout en introduisant le désordre dans la biosphère.

Quand il déclare « ce qui revient à masquer la sous-consommation de millions d'individus », il avance l’argument selon lequel les discours décroissants cherchent à cacher le fait qu’il y a de nombreux pauvres qui n’ont pas le nécessaire pour vivre. C'est une invention de sa part : même les décroissants non anarchistes prônent la redistribution, pour éradiquer la misère sans qu'il ne soit nécessaire de courir après une croissance qui elle, justement, a créé cette misère. Et sur sa lancée, il oublie de dire que les pauvres souffrent plus de la pollution que les riches. Cela lui permet de ne pas admettre qu’il y a pollution. Les pauvres ne sont-ils pas dans ce cas un alibi à la société productiviste capitaliste ?

De même, faudrait-il consommer tout ce que produit la société capitaliste ? Gadgets, malbouffe...

Plus étonnant : il critique « l’obsession décentralisatrice de Kropotkine » et affirme que l’anarchisme ne conteste pas l’organisation en centre et en périphéries. Or, le fédéralisme anarchiste n’a pas de centre, il n’a que des coordinations transitoires, soumises à mandat impératif, sous le contrôle permanent des assemblées de base. Cette forme d'anarchisme n'a-t-elle pas l'odeur du « centralisme démocratique » des étatistes ?

En conclusion, PP prône le productivisme (la croissance), pour éradiquer la misère humaine. Et dans tout son article, transparaît l’inégalité de traitement qu’il fait entre la croissance et la décroissance. L’autogestion ne serait-elle pour lui que la gestion d’une société où l’on devrait toujours travailler trop (à l’usine ?), pour lutter contre la misère ?

En fin de compte, il semble que cette charge contre les écologistes et les décroissants ne vise que les décroissants libertaires, sans les nommer.

Faudra-t-il que les anarchistes renoncent à combattre le nucléaire et à défendre un projet de société respectueux de l’environnement, parce qu’ils et elles ne sont pas les seuls engagés dans ce combat ?

"La religion n'est pas seulement l'affirmation de l'existence d'un dieu. C'est une conception qui consiste à renvoyer l'individu à ses responsabilités devant un élément extérieur qui n'existe pas, qui se situe dans le futur."

Cette définition met le concept d'utopie anarchiste dans le même sac de la religiosité. Ainsi, selon PP, vouloir un monde meilleur et agir pour le construire... relèverait du domaine du sectaire, du religieux... Ce qui coupe tout espoir de gagner dans nos luttes et effectivement de construire cette société autogérée, sans dieu ni maître.

Certes la fin du monde n'est pas pour demain, la révolution non plus. Là encore faut-il renoncer à préparer cette dernière tout en faisant en sorte qu'elle arrive bien avant la fin du monde ?

 

 

Groupe libertaire Lochu, Vannes.

Article paru dans le ML n°1735 du 20 au 26 mars 2014

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 21:59

Quartiers communs affiche pour internet

 

Co-organisé par la CNT Brest et le collectif Cass'Papiers

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 09:13

Projection du documentaire de Marie-Monique Robin "Terre souillée" (Japon, terre souillée. La vie des paysans après Fukushima - 26 min), suivie d'un débat sur le nucléaire là-bas et ici. Organisée par Stop nucléaire 56 trawalc'h.

 

Affiche 12 mars

 

Le groupe Lochu est membre actif de Stop nucléaire 56 trawalc'h (Ça suffit !)

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 10:50

La pièce de théâtre "Les Guerrières de la Paix", sur proposition de l'Association Liber Terre, est programmée pour une représentation unique en Bretagne au théâtre des Halles de Pontivy, samedi 8 mars, à 20h30, à l'occasion de la Journée des Femmes.

L'avant-première de la la pièce vient d'avoir lieu à guichets fermés au Forum Léo Ferré de Paris, où elle a remporté un grand succès.

Elle présente plusieurs belles figures de femmes du mouvement anarchiste, et leur action pacifiste pendant la Grande Guerre.

 

Guerrieres-paix-CP-scan-RV.jpg

 

Ce spectacle met en scène un aspect peu connu de la guerre de 1914 : le combat des femmes pacifistes pour tenter de mettre fin à la grande tuerie, combat qui mènera certaines devant les conseils de guerre.

Composé à partir des paroles et des écrits de ces femmes trop ignorées par l'Histoire, et rythmé par des chansons d'époque, il nous transmet, par delà le drame de cette guerre, un message de fraternité et d'espoir.

 

guerrieres-paix.jpg

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 21:16

Près de 30 personnes ont participé au débat que nous organisions vendredi 28 février à Vannes. Les discussions ont filé bon train, sans temps mort jusque 23h00.

Merci encore à Jean-Pierrre Tertrais d'avoir fait le déplacement et animé cette soirée. Merci aussi aux personnes qui sont venues. Voici donc le texte introductif.

 

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Intervention Vannes : mobilité

Pour beaucoup, l'immobilité caractérise la mort ; la fixité, c'est la stagnation, le refus du progrès. Le mouvement, au contraire, symbolise la vie, le dynamisme - celui des jeunes cadres aux dents longues - (on voit régulièrement les affiches politiques : "Ensemble pour aller plus loin"). Aujourd'hui on navigue, on surfe. Mais en quoi le "bougisme ambiant" procure-t-il plus de bien-être, de bonheur ? L'agitation actuelle n'est-elle pas synonyme de pathologie, d'hystérie, de désordre ? La mobilité physique (règne de la voiture, généralisation du GPS) se complète aujourd'hui d'autres prothèses (85% des Français-es sont équipé-e-s d'un téléphone mobile) : plus les moyens de communication sont nombreux, plus l'atomisation de la société semble se confirmer.

Pour traiter un sujet aussi vaste que la mobilité, j'ai choisi trois axes qui m'ont paru plus significatifs :
1 - Montrer que l'accès à la mobilité s'est, très vite dans l'Histoire, accompagné d'une domination politique, d'une exploitation économique, et donc d'une aggravation des inégalités sociales ;
2 - Mettre en évidence que les systèmes actuels de transports engendrent, non seulement des conséquences négatives directement sur l'humain, mais surtout génèrent des coûts écologiques exorbitants, qui les rendent insoutenables sur le long terme ;
3 - Illustrer que le règne de la vitesse modifie de façon dommageable notre rapport au temps, à l'espace et aux autres.

La mobilité : liberté ou servitude ?

 
La première forme de mobilité imposée est sans doute celle des grandes migrations qui, dans l'Histoire, se confondent à peu près avec les grandes invasions, les croisades ; c'est-à-dire des déplacements périlleux dans lesquels d'importantes fractions de la population sont impliquées par le désir de puissance, l'exaltation religieuse, l'esprit de conquête, de colonisation de quelques tyrans et barbares.

A partir de la naissance du capitalisme industriel, cette mobilité va engendrer, avec une accélération constante, le phénomène des transports, principalement autour de deux modes : la mobilité professionnelle et le tourisme de masse, même si, bien entendu, le phénomène de migration se poursuit avec notamment les déportations de populations, l'exode rural, les réfugiés environnementaux. Dans la continuité de l'Histoire, ce sont toujours les classes dirigeantes, possédantes qui imposent aux populations cette mobilité (ou d'ailleurs, son contraire, l'immobilité, l'assignation à résidence).

Il faut noter, par ailleurs, que ces déplacements de populations engendreront une structuration de l'espace, c'est-à-dire une large privatisation de cet espace, une ségrégation résidentielle pour la tranquillité des riches : d'un côté, des lieux surprotégés, des quartiers d'affaires ; de l'autre, des banlieues, des quartiers "difficiles", des bidonvilles, voire des ghettos, des camps de travail. C'est-à-dire une condamnation à la marginalité, à l'exclusion. Il faut rappeler que le capitalisme industriel s'est attaché, très tôt, à fixer les ouvriers et ouvrières autour des usines et des centres urbains pour les contrôler, les rendre complètement dépendants en sapant leur base rurale et les métiers structurés. Aujourd'hui, la moitié des personnes payant l'impôt sur la grande fortune est localisée dans le centre-ville de Paris, les plus pauvres étant relégués en lointaine couronne. Dans plusieurs villes, comme Londres, les péages urbains limitent l'accès des plus pauvres au centre.

L'aggravation des inégalités sociales par la sophistication des transports est flagrante. Si, en effet, la marche maintient une égalité relative entre individus, toute accélération, s'appuyant sur des infrastructures souvent gigantesques, payées avec l'argent public, s'effectue au détriment des plus faibles. Comme l'a montré I. Illich, les riches sont ceux qui peuvent bouger le plus, aller où bon leur semble, s'arrêter s'ils le veulent. C'est dans les aires géographiques considérées comme non rentables, là où résident les plus défavorisés, que les services de transports sont réduits ou même supprimés. La vitesse est bien trop chère pour être réellement partagée ; sa limitation est donc un garde-fou égalitaire.

Il faut donc bien voir que la mobilité, qui est présentée comme un droit fondamental, un symbole de liberté, est un luxe pour les uns, une contrainte et une fatalité pour les autres. Quand ce qu'on appelle les "élites cinétiques" (c'est-à-dire les dirigeants, les cadres) prennent le TGV ou l'avion, les plus pauvres doivent effectuer de longs trajets pour se rendre au travail tout en étant souvent financièrement incapables de partir en vacances. Plus de 10% des Parisien-ne-s consacrent deux heures de transport par jour pour aller au travail. En outre, cet accès à la mobilité qui constitue un puissant facteur de discrimination, permet un contrôle accru des classes dirigeantes sur la population, en intégrant des informations personnelles dans le titre individuel de transport et en renforçant la vidéosurveillance.

Des transports énergivores

 
Aujourd'hui, le développement des moyens de circulation (les humains, mais aussi les marchandises, les capitaux) et de communication confine à l'absurde. La chaîne du transport est devenue de plus en plus vitale pour l'ensemble du système de production. Accélérer la rotation du capital exige d'accroître la rapidité des transports et les volumes déplacés. Liée à l'automatisation complète des activités de manutention et de conditionnement, l'irruption du conteneur notamment (qui peut être emporté par camion, train, avion ou bateau) a permis d'abaisser considérablement le coût du transport.

On est entrés dans l'ère de l'hypermobilité. Parce que chaque déplacement est susceptible de générer du profit, le capitalisme a créé le besoin, voire l'obsession, de mouvement permanent, les loisirs, les vacances, le tourisme de masse, l'aménagement du territoire avec le réseau délirant de routes et d'autoroutes, l'urbanisme qui éloigne les lieux de résidence et de travail, les délocalisations qui permettent de profiter à la fois d'un pétrole bon marché et d'une main-d'oeuvre corvéable, et bien entendu, l'idéologie consumériste qui justifie tout le reste. On compte 123 millions de déplacements quotidiens motorisés en France. En un siècle, le trafic mondial de voyageurs a été multiplié par trois, celui des marchandises par mille.

Dès 1985, l'ERT (Table ronde des industriels européens), lobby rassemblant une trentaine de grandes entreprises, imposait un "programme ambitieux" à une classe politique enchantée à l'image d'un J. Delors : douze mille km d'autoroutes. Avec le marché unique, l'Europe avait fait (ou allait faire) tomber les barrières commerciales, fiscales, monétaires. Restait à éliminer les barrières physiques. A quoi servirait un "grand marché intérieur" si déplacer des individus, et surtout des marchandises, demeurait coûteux en temps et en essence ? Dans cet espace désormais ouvert, fluide, les multinationales pouvaient réaliser des économies d'échelle : ne plus conserver si possible qu'un seul site par produit sur le continent, exiger des sous-traitants une délocalisation dans les pays à bas coût de main-d'oeuvre.

En 1960, les individus parcouraient 1820 km par an, tous modes de transport motorisés confondus. Aujourd'hui, ils en parcourent en moyenne 5500. Des trois modes de déplacement des personnes : routier, ferroviaire et aérien, le premier représente la part la plus importante dans le monde (environ 80%). Le rôle dominant de l'automobile dans le système de déplacements se concrétise dans la démesure du parc automobile mondial qui atteint aujourd'hui un milliard de véhicules. Et la moitié des ressources mondiales sont consacrées à la voiture.

On connaît les conséquences dramatiques de l'essor inconsidéré des transports au niveau humain, social (mortalité, blessures graves, maladies respiratoires, cancers, nuisances sonores, temps perdu...). Mais ces incidences sont sans doute plus redoutables encore au niveau écologique, et donc indirectement au niveau humain : des surfaces considérables de bonnes terres agricoles disparaissent définitivement sous l'asphalte (plus de 90 000 ha de ces terres sont artificialisés chaque année en France ; les différents milieux subissent une dégradation et une fragmentation qui portent atteinte à la stabilité des écosystèmes et à la biodiversité (300 000 L d'eau sont nécessaires pour produire un seul véhicule, et chaque véhicule requiert plus de vingt fois son poids en matières premières). Par ailleurs, la circulation automobile est un des facteurs principaux des émissions de gaz à effet de serre, c'est-à-dire des perturbations climatiques dont les conséquences sont incalculables.

Le règne de l'automobile accélère la raréfaction du pétrole et des matières premières (depuis l'exploitation du premier puits de pétrole, plus de mille milliards de barils ont été extraits des sous-sols, et on consomme quatre fois plus de pétrole que l'on ne découvre de nouveaux gisements). Et c'est sans doute l'aspect le plus grave. Au cours de l'Histoire, l'accroissement de la population humaine a été soutenu artificiellement par une augmentation continuelle de la consommation d'énergie. Compte tenu du déclin prochain des énergies fossiles, d'ici à la fin du siècle, la quantité totale d'énergie à la disposition de l'humanité pourrait être d'un cinquième de l'énergie dont nous disposons actuellement. L'usage massif des combustibles fossiles nous a donc permis de masquer l'atteinte à la capacité de charge de la planète et de maintenir, très probablement, l'humanité en surnombre. Il va être difficile de sortir de ce piège.

Le culte de la vitesse

 
La critique du capitalisme porte le plus souvent sur le salariat, c'est-à-dire l'exploitation de la force de travail. Or une critique de la modernité, par le biais de la vie quotidienne, permet de mettre en lumière les effets psychologiques et sociaux, les processus de déshumanisation de ce système générateur d'uniformisation, d'ennui, d'aliénations. Or la vie quotidienne se caractérise aujourd'hui essentiellement par l'emprise de la vitesse.

Depuis les dernières décennies, la vitesse des transactions économiques, des découvertes scientifiques et des innovations technologiques est étourdissante. La révolution des transports et de la communication a augmenté la vitesse de la communication de 107%, celle des transports personnels de 102% et celle du traitemnt des données de 1010% (cité par H Rosa dans Aliénation et accélération - La Découverte). Chaque jour voit défiler plus de cinq milliards d'e-mails. Dans le "turbo-capitalisme",  l'unité de mesure des nouvelles technologies devient la nanoseconde. Même en musique, les partitions se jouent de plus en plus rapidement !

Nous éprouvons le besoin de faire plus de choses en moins de temps ou de réaliser plus de tâches simultanément.  Avec des emplois du temps surchargés, plus question de s'attarder, de se concentrer, de creuser; on fonce, on survole, on effleure. C'est l'ère du zapping généralisé. Cette réalité conduit d'ailleurs à un paradoxe : puisque l'accélération technique permet de consacrer moins de temps à l'accomplissement d'une tâche donnée, le temps devrait devenir abondant; or il nous paraît de plus en plus rare : la voiture roulant plus vite, nous parcourons plus de kilomètres... C'est reconnaître que l'accélération technique engendre une accélération du changement social, du rythme de vie, les trois s'alimentant mutuellement. Dans un monde en perte de sens, il faut courir de plus en plus vite pour simplement rester en place, gesticuler pour ne pas cesser d'exister.

Les "forces motrices" de l'accélération sociale se trouvent évidemment en grande partie dans la logique du système de marché capitaliste concurrentiel (loi du profit, économie de temps, réduction des coûts, innovation, retour sur investissement, circulation du capital). Mais aussi dans le problème de la finitude et de la mort, et dans celui d'une vie insipide. Tout conduit à goûter la vie dans toutes ses dimensions, une course sans fin dont on devient prisonnier et qui aboutit à la frustration.

Si cette augmentation de la vitesse de la vie sociale, cette transformation rapide du monde matériel assurait l'épanouissement de chacun, on s'en réjouirait, mais tel n'est pas le cas. La dictature de l'immédiateté cause de lourds dégâts. L'accélération de la modernité transforme notre relation au temps, à l'espace, mais aussi à la nature et aux autres à tel point qu'en découlent de nombreuses pathologies sociales, évolutions perturbantes, souffrances. Dans un monde où le mot d'ordre est "disponible 24h/24 et 7 jours sur 7", elle affecte à la fois le corps et le psychisme humains : insomnies, migraines, hypertension, asthme, troubles gastro-intestinaux (et aussi 3000 victimes quotidiennes de la circulation sur la planète).

Dans le monde du travail, depuis les pointeuses et le taylorisme pour qui le système passait avant l'humain, ces contraintes d'horaires, de délais, de rythmes engendrent une lutte pour la reconnaissance à travers la performance : les rapides sont des gagnants, les lents des perdants - le temps c'est de l'argent. Cette lutte se solde par des formes d'épuisement et de dépression en augmentation significative, mais aussi par l'exclusion structurelle de nombreux travailleurs des sphères de production par l'incapacité à s'adapter aux rythmes imposés. Il ne semble pas y avoir d'autre issue que le sacrifice des énergies individuelles : le nombre annuel de victimes du surmenage au Japon se compte par milliers, la consommation de drogues sur le lieu de travail aux Etats-Unis a augmenté de 70% depuis 1988, l'Américain moyen dort quatre-vingt-dix minutes de moins qu'il y a un siècle.

Si l'on ne parvient pas à suivre la cadence, on devient vite dépassé, démodé, archaïque. La plupart des objets, équipements, outils deviennent techniquement si compliqués que nous ne pouvons les réparer, voire les utiliser, nous-mêmes. Non seulement ces conditions sociales sapent nos capacités d'autonomie individuelle et collective, notre aptitude à élaborer un "projet de vie", mais elles nous privent de repères temporels, elles favorisent la dissolution des identités, un sentiment d'impuissance et de culpabilité. Cette accélération, en modifiant constamment notre environnement (au sens large : tout ce qui nous entoure), empêche la familiarité, l'intimité, le souvenir, l'attachement. Cet environnement nous devient étranger. Le nombre de personnes que nous côtoyons est devenu si élevé grâce à la "mobilité" qu'il nous devient impossible d'être émotionnellement liés à la plupart d'entre elles, d'où un désengagement, une superficialité, une indifférence. Par ailleurs, la complexité et l'accélération de la société impliquent que de plus en plus de décisions doivent être prises dans des laps de temps de plus en plus courts, justifiant l'adoption de "réformes" comme autant d'"adaptations nécessaires". La vie politique se construit sur des images, plus rapides que les mots, sur des sondages électroniques instantanés, sur des réactions viscérales, et non sur des argumentations approfondies.

Et nous entraînons nos enfants dans cette folle spirale de l'"excellence" : formations abrégées et intenses, écoles de bachotage, spécialisation précoce, méthodes de gavage. Autant d'instruments qui assujettissent l'enfant, l'adolescent à la compétition scolaire, qui empêchent l'imagination de vagabonder, qui font grandir trop vite au risque de la santé physique et mentale. Quand des parents passent deux fois plus de temps à gérer leur courrier électronique qu'à jouer avec leurs enfants, il est grand temps de réfléchir.

En guise de conclusion.

 

Qu'il s'agisse de déplacements physiques, de vie professionnelle, d'action politique ou de tout autre domaine, cette hypermobilité ressemble plus à un culte du mouvement pour le mouvement, à une exaltation de la fuite en avant, à une errance plutôt qu'à un parcours d'émancipation.
Remédier à cette hypermobilité, ce n'est donc pas trouver une alternative technique à la voiture (agrocarburants ou moteur hybride), mais engager une approche culturelle, philosophique, politique, civilisationnelle. Se désintoxiquer de cette société du pétrole bon marché. Résister à l'accélération de l'Histoire et à l'étourdissement de la vitesse vécus comme un arrachement pour aller vers une maîtrise du temps. Questionner la notion de tourisme quand il ne s'agit que de consommer de l'exotisme, du folklore, et quand en outre, parcourir des milliers de km n'est même plus une assurance de dépaysement compte tenu de l'uniformisation des architectures et des modes de vie. Faire l'éloge de la lenteur, c'est inventer de nouvelles formes d'urbanisation, de transport, de production et de consommation.

 

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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