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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:28

Salut,

enfin, un nouvel agenda ! Pas mal de Rdv en cours, de luttes et réflexions à mener...
Pas mal de copinages ce coup-ci, notamment au niveau des concerts. Dont un RDV auquel nous sommes un peu mêlés : lundi 27 octobre, au Galion sur "la fabuleuse histoire du punk... politisé (sauce libertaire DIY)" avec Clive. Détails ci-dessous.
Une mention spéciale aussi à la journée "1914 - Maudite soit la guerre !" sur l'anarchisme, l'antimilitarisme et le pacifisme à Guéméné sur Scorff ! Ca se passe samedi 8 novembre à l'initiative de l'asso amie Liber Terre. Affiche sur le blog.

Les îliens et îliennes du Morbihan sont en ébullition et en lutte contre la révision tarifaire (à la hausse !) des liaisons maritimes avec le continent et contre la baisse du nombre de rotations, décidées par le Conseil général du Morbihan, qui négocie en ce moment le contrat de délégation de service public. Plusieurs actions ont déjà été menées, d'autres sont en cours. Infos sur le site du Collectif citoyen de Groix. http://www.cocig.org/

On ne s'étalera pas plus que ça sur l'actualité révoltante sur tellement de sujets : sociaux, écologiques... Si vous avez envie de donner corps à votre révolte, n'hésitez pas à nous rejoindre ou à créer votre propre groupe d'agitation et de remue-méninges là où vous êtes ! Ca ne peut que faire du mal... aux pouvoirs en place.

Autres sources d'infos et de Rdv : Indymedia Nantes http://nantes.indymedia.org/, Rennes infos http://www.rennes-info.org/, le site de la Zad Nddl http://zad.nadir.org/

Le groupe libertaire Lochu et la Fédération anarchiste Vannes ne se reconnaissent pas obligatoirement dans tout ce qui est présenté ci-dessous.
D'autres RDV paraissent dans l'agenda du blog au fur et à mesure que d'autres initiatives que nous jugeons intéressantes sont prises et/ou auxquelles nous participons :-)

@narchas salutations.

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Vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 octobre - Augan (56), café coopératif Le champ commun - Colloque sur les écolieux http://www.lechampcommun.fr/images/stories/Programmation/2014-10/programme-ecolieux-17_19oct-verso.jpeg

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Samedi 18 octobre - Lorient - Réunion publique "Quelle lutte contre l'extrême droite, hier et aujourd'hui ?", avec Mathias Bouchenot auteur du livre "Tenir la rue, l'autodéfense socialiste, 1929-1938." - De 14h à 18h - Cité Allende - Organisée par Alternative libertaire

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Mercredi 22 octobre - Saint-Nazaire (44) - Procès de la famille Herbin, habitante de la ZAD NDDL : Appel à rassemblement en soutien contre leur expulsion demandée par Vinci. 9h devant le Tribunal.
https://nantes.indymedia.org/events/30257

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Jeudi 23 Octobre - Augan (56), café Le champ commun - 20h30 - Retour des Chorales éphémères avec La Galoupe. Chants Communs #4 : interprétation collective de chansons anarchistes et libertaires. Entrée libre. Petite restauration sur place. http://www.lechampcommun.fr/la-prog/794-2014-09-22-13-38-29

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Du vendredi 24 au dimanche 26 octobre - Solidarité avec les résistant-e-s du Testet ! (contre un barrage en faveur de lagro industrie dans le Tarn). Grand rassemblement de réoccupation de cette ZAD. Convoi de voitures depuis la ZAD NDDL/Nantes (départ vendredi 24 oct. à 18h de la Vacherie et retour dimanche soir). Envoyez un mail à tousautestet@riseup.net avant dimanche 19 oct. 20h.

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Samedi 25 octobre - Augan (56) - Projection et débat autour du film "Les sentiers de l'utopie", en présence de la réalisatrice et du réalisateur - 20h30 - Salle municipale multifonction - Participation aux frais http://fsl56.org/agenda/debut?id=agenda:z-nos-amis:les_sentiers_de_l_utpopie

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Lundi 27 octobre - Lorient, bar le Galion - L'Histoire fabuleuse du punk... politisé, du DIY (Do it yourself) dans le punk, tendance libertaire, avec Clive ex-squatteur grenoblois, auteur de la brochure + CD "Ramasser ses miettes ; le punk pour les nuls", suivie d'une boum punk - 20h00 - Entrée libre.
Interview de Clive sur Radio Laser (Guichen 35) dans Keep the rage : http://www.radiolaser.fr/Keep-the-rage-du-vendredi-10-octobre-Interview-de-Clive-l-auteur-de-la-brochure-ramasser-ses-miettes-le-punk-pour-les_a12731.html

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Lundi 27 et mardi 28 octobre - La Confédération Paysanne Bretagne organise 2 bus pour aller au Procès de l’industrialisation de l’Agriculture à Amiens (ferme des 1000 vaches) le 28 octobre 2014. Contribution 10 €. Pensez à prendre pique-nique et boissons pour le trajet. Inscriptions pour le Morbihan : 02.97.67.22.74 / 56@confederationpaysanne.fr. Départs lundi soir de Lorient, Vannes et Ploërmel.

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Vendredi 31 octobre - Rennes - Concert rap engagé avec Le couperet (freestyle open mic) et NRBC. Au bar 1675. Prix libre. 20h

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Tout novembre, c'est le mois du film documentaire. Programme en Bretagne : http://www.moisdudoc.com/?rubrique87&IDZone=244&IDZoneSpip=9

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Samedi 1er novembre - Rochefort en Terre (56), café de la Pente - Concert organisé par Keep the rage & General strike : Hors Contrôle (Oi antifasciste) + Cartouche (punk-rock) + The Flue Sniffers (anarcho punk) + NRBC (hip hop). Stands et distros. 19h. 7 euros. Infos : http://keeptherage.blogspot.fr/

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Lundi 3 novembre - Vannes - Réunion du groupe Lochu (analyse de l'actualité, projets...) - de 18h15 à 20h30. Maison des associations, 6 rue Tannerie.

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Samedi 8 novembre - Guéméné Sur Scorff (56) - Journée "1914 - Maudite soit la guerre !" de 15h à 23h : Conférences "Emile Masson (1869 - 1923), un breton résistant à la guerre" par Didier Giraud, "Nicolas Faucier (1900 - 1992), un pacifiste dans la mêlée sociale" par Jean-Jacques Cellier, "Pacifisme et anarchisme" par Gaetano Manfredonia, théâtre pour Louis Lecoin, repas, soirée "Happy birthday to you Mister Bakounine !" par Michel Perraud. Stands de livres. Expos sur les femmes pacifistes en 1914 - 1918 et sur Louis Lecoin. 20 euros (spectacle et repas compris), à l'auberge des 3 marchands. Réservation : 06 80 10 68 66. Organisée par l'association Liber Terre

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Samedi 8 novembre - Gurunhuel (22), Pen Kalet - Soirée de soutien aux Rroms (Bénef reversés à une asso d'Aide à la scolarisation des enfants tsiganes en 93). 17h Projection. 19h concert avec des groupes de Rap, punk et variantes : Charogne stone, Zéro gain, Ostavka, Makkach, Pizzza et Sinnaccion. Prix libre.

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 19:14

Annick, une sympathisante, nous a adressé le témoignage suivant sur son passage récent à la ZAD du Testet, dans le Tarn, à l'occasion de la lutte contre un barrage destiné à l'agriculture intensive, l'agriculture capitaliste. Plus d'infos sur ce combat, son histoire et ses enjeux : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/
 

 

Grand rassemblement le samedi 25 octobre (cf affiche ci-dessous). 


"Je me sens meurtrie depuis mon séjour dans le Tarn.

Il faut dire que je suis arrivée le samedi soir dans un petit paradis, le genre d’endroit préservé comme je les aime.

Un ruisseau, le Tescou coulait sous une voûte d’arbres au creux de deux collines boisées. Il s’étirait entre des fouillis d’arbres, des bosquets à bestioles et des champs à vaches et le matin, plein d’éclats d’oiseaux dans la lumière.

J’ai tout de suite décidé de planter ma tente tout près de l’eau pour entendre le clapotis du ruisseau.

Le dimanche nous avons fait une grande balade dans la zone condamnée par le conseil général.

Dès le lundi, le cauchemar a commencé : une tribu de 10 à 12 bûcherons sous haute surveillance policière a commencé à attaquer les collines de chênes, charmes, ormes….Tirs de grenades, coups de matraque, flash ball pour les militants qui osaient s’opposer sans violence. Mardi, même destruction mais les gendarmes se sont montrés encore plus agressifs. Ils tiraient des grenades lacrymogènes en visant la tête des militants. Moi-même j’ai été jetée par terre et traînée sur plusieurs mètres.

Le mercredi, les machines de destruction sont entrées en scène ; elles ont arraché et broyé les taillis et ont coupé les arbres. En une minute, la machine les saisit, les coupe, les débite et les sort du chaos. Le bruit des moteurs est incessant et la destruction est efficace, rapide, nette.

Le jeudi soir je ne reconnais déjà plus l’endroit. Je me suis approchée doucement du Tescou car je pensais que les gendarmes étaient partis et j’ai pleuré en constatant les dégâts.

Deux gendarmes ont surgi et m’ont demandé de m’éloigner, j’ai reconnu alors le plus âgé car il était déjà sur le site lundi. En pleurant je lui ai dit « vous étiez là lundi, comme moi, vous avez vu ce qu’ils ont fait ? Vous avez vu ? »

Il a pris son air bourru de gendarme et m’a dit « éloignez vous maintenant, éloignez vous ». Mais je suis sûre que je lui ai sapé le moral : que peut on faire contre les larmes ? Que peut-on faire contre une femme qui pleure ?

Tous les matins, les militants organisaient des actions pacifiques pour retenir les machines et tous les matins elles ont réussi à pénétrer sur le site et se sont activées pour tout détruire. Un ballet se jouait devant nous toute la journée : les machines avançaient, reculaient, broyaient les arbres, les tiraient vers une autre machine, des bras articulés les saisissaient, les coupaient, pivotaient, en pinçaient un autre.

J’ai vu les militants grimper aux arbres et attendre toute la journée là haut.

J’ai vu les clowns et les militants tenter de s’opposer en faisant une chaîne humaine,

J’ai vu les jeunes monter des barricades toutes les nuits pour retenir les machines quelques instants.

J’ai vu les grévistes de la faim,

J’ai vu un agriculteur barrer l’accès du chantier avec ses tracteurs.

J’ai vu des militants à vélo, pédalant comme des fous autour d’un rond-point pour bloquer le passage des machines.

J’ai rencontré aussi beaucoup de solidarité : des Tarnais déposaient des cagettes de légumes, des gâteaux, des confitures, du café et du chocolat pour les zadistes.

Le samedi et le dimanche, le silence est revenu, silence de mort car les oiseaux ont disparu.

Je suis partie le dimanche.

18 ha de la vallée du Testet ont été rasés et depuis le 29 septembre les machines décapent le sol en enlevant l’humus pour que la destruction soit irréversible.

MAIS IL RESTE 9 MOIS DE TRAVAUX DONC 9 MOIS DE LUTTE !

RAPPEL : La zone humide du Testet doit être rasée pour installer une retenue d’eau qui doit servir l’intérêt de 22 producteurs de maïs, agriculture intensive non respectueuse de l’environnement et très gourmande en eau. Coût : 8 millions d’euros."

 

Annick

 

affiche testet25oct a4

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 10:01

Nous relayons volontiers cette mise au point de l'Observatoire du nucléaire sur une prise de position de Michel Onfray * quant au nucléaire, lequel reprend à son compte des poncifs de cette industrie, en dépit (en déni même) de la réalité.
Depuis lors, Michel Onfray a présenté l'oeuvre de Gunther Anders. Espérons qu'il commence à y réfléchir, avec les qualités qui sont les siennes dans ses conférences de l'Université Populaire de Caen.
Le travail de clarification de l'Observatoire nous semble important pour ne pas se laisser enfermer dans les pseudos arguments des pro-nucléaires.


* Nous reconnaissons un travail de qualité indéniable, riche et stimulant, de la part de Michel Onfray dans sa contre-histoire de la philosophie. En revanche, il est beaucoup plus difficile à suivre sur d'autres sujets, voire nous nous en démarquons totalement.

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Michel Onfray explose sur le nucléaire

 

 

Par Stéphane Lhomme, Observatoire du nucléaire
Jeudi 28 août 2014

 

 

Mieux vaut tard que jamais, c'est avec 3 ans et demi de retard que nous tombons sur un texte de Michel Onfray par lequel il démontre son ignorance totale de la question du nucléaire, ce qui ne l'empêche pas de prendre ardemment position en faveur de cette énergie. C'est d'ailleurs probablement parce qu'il n'y connaît rien qu'il prend cette position.


Il ne s'agit pas pour nous de contester le libre-arbitre de M. Onfray qui peut bien être favorable à l'atome (tout le monde a le droit de se tromper), mais de rectifier les erreurs les plus importantes qu'il commet en s'exprimant sur cette question. Nous pointons en particulier le texte "Catastrophe de la pensée catastrophiste", publié par Le Point le 22/03/2011 (*), c'est à dire 10 jours après le début de la catastrophe de Fukushima. Voyons cela à travers quelques extraits :

 

Michel Onfray : "A défaut de pétrole, et dans la perspective de l'épuisement des énergies fossiles comme le charbon, le nucléaire offrait en pleine guerre froide une possibilité d'indépendance nationale en matière d'énergie civile."

 

SL : Michel Onfray ignore donc que, s'il a produit jusqu'à 80% de l'électricité française, le nucléaire n'a jamais couvert plus de 17% de la consommation nationale d'énergie : même poussé à son maximum (jusqu'à devoir brader les surplus à l'exportation), l'atome ne représente qu'une petite part de l'énergie française, loin derrière le pétrole et le gaz et il est donc bien incapable d'assurer une quelconque "indépendance énergétique". Ce n'est d'ailleurs même pas le cas de ces 17% puisque la totalité  de l'uranium (le combustible des centrales) est importé… ce que M. Onfray reconnaît pas ailleurs :

 

Michel Onfray : "Revers de la médaille : l'indépendance de la France se payait tout de même d'une politique africaine cynique et machiavélienne."

 

SL : On s'étonnera de la curieuse indulgence que Onfray accorde à la "politique africaine cynique et machiavélienne" : pour le philosophe hédoniste, tout serait donc bon pour nourrir nos belles centrales nucléaires ? Le pillage et la contamination du Niger, l'assèchement des nappes phréatiques locales, le déplacement de populations ancestrales, la militarisation de la région : simple "revers de la médaille" ?


On s'étonnera encore plus de voir le philosophe mêler allègrement cette prétendue "indépendance" et la dite politique africaine : s'il y a "indépendance" de la France, comment peut-elle passer par l'Afrique ? A ce compte, la France est "indépendante" pour sa consommation de pétrole puisqu'elle entretient de bonnes relations avec la dictature d'Arabie Saoudite. Mais le festival continue : 

 

Michel Onfray : " on ne trouve pas d'uranium dans le Cantal ou la Corrèze..."

 

SL : Mais si, bien sûr, il y a de l'uranium en France, y compris dans le Cantal et en Corrèze ! Areva (à l'époque la Cogema) a exploité dans le pays des centaines de mines d'uranium, ce qui fait d'ailleurs que le territoire est encore largement contaminé (**). Et si 100% de l'uranium est désormais importé (pillé), c'est que la population française ne tolèrerait plus aujourd'hui cette activité et ses nuisances dramatiques.


Essayez donc de rouvrir une mine d'uranium quelque part en France et vous verrez immédiatement les riverains se mobiliser avec la dernière énergie, à commencer par les pronucléaires (qui connaissent mieux que personne, eux, les ravages qu'ils nient le reste du temps). Alors, on continue tranquillement de piller le Niger, où les manifestations anti-Areva sont réprimées sans état d'âme (***), sans jamais faire la Une des médias en France, et sans émouvoir le philosophe pronucléaire qui continue à s'enfoncer :

 

Michel Onfray : "Le photovoltaïque, la biomasse, l'éolien, l'hydraulique fonctionnent en appoint mais ne suffisent pas à répondre à la totalité du considérable besoin d'énergie de nos civilisations."

 

SL : Les énergies renouvelables seraient donc bien sympathiques, mais tellement faibles comparées à ce cher atome. Il suffit pourtant de se reporter aux données les plus officielles, par exemple l'édition 2013 (la dernière en date) de Key World Energy Statistics (publié par l'Agence internationale de l'énergie), en consultation libre (****) : on constate alors que, en 2011 (il faut deux ans pour recueillir les données exactes), les énergies renouvelables produisaient 20,3% de l'électricité mondiale, le nucléaire n'étant qu'à 11,7%, une part en déclin continu depuis 2001 - c'est à dire bien avant Fukushima - quand l'atome avait atteint son maximum : 17%.


Or c'est précisément en 2011 qu'a commencé la catastrophe nucléaire au Japon, avec la fermeture des 54 réacteurs du pays, suivie de la fermeture définitive de 8 réacteurs en Allemagne, mais aussi dernièrement de 5 réacteurs aux USA (du fait du coût trop élevé de l'électricité nucléaire) : aujourd'hui, la part du nucléaire dans l'électricité mondiale est passée sous les 10%
. Les énergies renouvelables font donc plus du double.

La réalité est encore plus édifiante lorsqu'on regarde l'ensemble des énergies et non plus la seule électricité : le nucléaire couvre moins de 2% de la consommation mondiale d'énergie quand les renouvelables (principalement hydroélectricité et biomasse) sont à plus de 13%. On pourra certes se désoler de ce que le trio pétrole-gaz-charbon représente 85% du total mais, s'il existe une alternative, elle vient bien des renouvelables, dont la part augmente continuellement, et certainement pas du nucléaire dont la part est infime et en déclin.


S'il est une énergie "d'appoint", comme dit Michel Onfray, c'est donc bien le nucléaire, qui réussit cependant l'exploit de causer des problèmes gigantesques (catastrophe, déchets radioactifs, prolifération à des fins militaires, etc.) en échange d'une contribution négligeable à l'énergie mondiale.


N.B.
: il ne s'agit pas de discuter ici des tares respectives des différentes énergies (si tant est que celles des renouvelables puissent être comparées à celles, effroyables, de l'atome), il s'agit de montrer que le raisonnement du philosophe s'appuie sur des données totalement fausses, et même inverses à la réalité (comme si "le réel n'avait pas lieu"...), ce qui ne lui permet évidemment pas d'aboutir à des conclusions lumineuses.

 

Michel Onfray : "Qui oserait aujourd'hui inviter à vivre sans électricité ?"

 

SL : Il est triste de voir le philosophe se laisser aller à des arguments si éculés que même les communicants d'EDF ou d'Areva n'y ont plus recours. Ainsi, sans nucléaire, point d'électricité ? Il suffit de se reporter au point précédent pour constater l'absurdité de cette remarque. Mais il y a pire encore :

 

Michel Onfray : "Avec la catastrophe japonaise, la tentation est grande de renoncer à la raison. Les images télévisées montrent le cataclysme en boucle…". Le philosophe stigmatise les irresponsables selon lesquels "Il suffit dès lors d'arrêter tout de suite les centrales et de se mettre aux énergies renouvelables demain matin".

 

SL : Ainsi, face à l'explosion d'une centrale nucléaire censée résister à tout, les Japonais étant présentés jusqu'alors comme les maîtres de la construction antisismique, la "raison" serait de rejeter toute mise en cause de cette façon de produire de l'électricité ! Notons cependant que les Japonais ont "cédé à l'émotion" de façon parfaitement "irrationnelle" en fermant leurs 54 réacteurs nucléaires (non pas en un jour mais en un an : un bon exemple pour la France et ses 58 réacteurs).


Il est vrai que, comme Onfray, le premier ministre ultranationaliste Shinzo Abe choisit la prétendue "raison" en exigeant la remise en service de certaines centrales. Mais la population (la raison populaire ?) s'y oppose frontalement : peut-être ne tient-elle pas, de façon tout à fait "irrationnelle", à être à nouveau irradiée ?

 

Michel Onfray : "Or il nous faut penser en dehors des émotions. La catastrophe fait partie du monde (…) Ce qui a lieu au Japon relève d'abord de la catastrophe naturelle" RAPPEL : " Tchernobyl procède (…) de l’impéritie industrielle et bureaucratique soviétique, en aucun cas du nucléaire civil en tant que tel." (Fééries anatomiques, 2003)

 

SL : Cet argumentaire est vieux comme le nucléaire, usé jusqu'à la corde, et pour tout dire profondément ridicule : "Tchernobyl c'est la faute aux Soviétiques, Fukushima, c'est la faute au tsunami". Le nucléaire et ses promoteurs n'y sont jamais pour rien ! Toutefois, probablement conscient de la faiblesse du raisonnement, Onfray invente le concept de catastrophe "naturelle"… mais quand même un peu à cause des hommes :

 

Michel Onfray : "Les Japonais ont fait prendre des risques considérables à l'humanité et à la planète. (…) Si l'on bâtit 17 centrales nucléaires, pour un total de 55 réacteurs, dans un pays quotidiennement sujet aux secousses sismiques, il faut bien que cette catastrophe naturelle inévitable soit amplifiée par la catastrophe culturelle évitable qu'est la multiplication de ces bombes atomiques japonaises potentielles..."

 

SL : Voilà qui fait penser à Sarkozy assurant qu'une catastrophe nucléaire ne pouvait se produire à la centrale de Fessenheim, l'Alsace étant à l'abri des tsunamis. Or il existe de multiples causes possibles pour aboutir à une catastrophe nucléaire, qu'il s'agisse de facteurs naturels (séismes, tsunamis, inondations, etc) ou humains (erreur de conception, de maintenance, d'exploitation, etc).


Il est en réalité parfaitement injustifié d'attribuer tous les torts aux seuls Japonais, l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) ayant régulièrement validé les mesures de sûreté face à tous les risques, y compris celui du tsunami. Ce fut d'ailleurs le cas après un violent séisme qui, en juillet 2007, avait préfiguré Fukushima en mettant à mal la plus grande centrale nucléaire du monde, celle de Kashiwasaki : c'est hélas un haut dirigeant de l'Autorité de sûreté française qui avait alors dirigé une mission de l'AIEA et décrété que les centrales japonaises pouvaient continuer à fonctionner sans risque (*****).


Il tout aussi vain d'attribuer Fukushima à la Nature : ce sont bien des humains qui ont fait tous les calculs et sont arrivés à la conclusion que les centrales résisteraient à un séisme et/ou un tsunami. Les humains sont faillibles par essence, ils se mettent toujours en danger quoi qu'ils fassent. Ce n'est certes pas une raison pour ne rien faire, mais c'est assurément une bonne raison pour se passer des centrales nucléaires (et des bombes atomiques) qui représentent un danger ultime. Or Onfray entonne le doux refrain susurré depuis 40 ans par la CGT-énergie :

 

Michel Onfray : "Ici, comme ailleurs, il est temps que, comme avec la diplomatie et la politique étrangère qui échappent au pouvoir du peuple, les élites rendent des comptes aux citoyens. Le nucléaire ne doit pas être remis en question dans son être mais dans son fonctionnement : il doit cesser d'être un reliquat monarchique pour devenir une affaire républicaine."

 

SL : il suffirait donc que les citoyens et les salariés de l'atome s'emparent de l'industrie nucléaire, et celle-ci deviendrait miraculeusement "sûre". C'est à nouveau oublier que l'être humain est par nature faillible, mais c'est aussi oublier que la population n'a en grande majorité aucune intention de se transformer en exploitant nucléaire ! Les malheureux qui n'ont pas accès à l'électricité sont souvent instrumentalisés par les atomistes, lesquels accusent les antinucléaires de vouloir maintenir des milliards de gens dans la misère. Mais les pauvres aussi savent se renseigner et s'organiser et, s'ils veulent bien l'électricité, ils rejettent celle issue de l'atome : il n'y a qu'à voir les manifestations antinucléaires ultra-massives en Inde, tant contre un projet de centrale russe que contre celui du français Areva (******).

 

Conclusion :


Michel Onfray : "L’énergie nucléaire n’a jamais causé aucun mort : Hiroshima et Nagasaki, puis Tchernobyl procèdent du délire militaire américain, puis de l’impéritie industrielle et bureaucratique soviétique, en aucun cas du nucléaire civil en tant que tel." (Féeries anatomiques, 2003)

 

SL : On retrouve ici exactement le même genre d'arguments que ceux de la tristement célèbre National Rifle Association (le puissant lobby des armes à feu aux USA) qui assure que pistolets et fusils ne tuent personne, la faute étant exclusivement celle des gens qui appuient sur les gâchettes. C'est d'ailleurs formellement exact, formellement mais stupidement car c'est de ainsi que se multiplient les crimes de masse jusque dans les écoles américaines. Pour revenir à nos moutons, on pourra accorder à Michel Onfray, s'il y tient vraiment, que le nucléaire n'a tué personne : ce sont donc les gens qui exploitent le nucléaire qui tuent. Nous voilà bien avancés.

Mais notre propos n'est pas de rivaliser avec Michel Onfray : si jamais il lit cette modeste mise au point, peut-être acceptera-t-il de se renseigner un peu sur l'atome et sa part dans l'électricité mondiale, l'uranium et ses mines en France et au Niger, les centrales et leur prétendue "acceptation" par la population qui n'a pas forcément la chance de fréquenter l'Université populaire de Caen mais qui parvient néanmoins à s'informer et à penser collectivement.

 


(*) http://www.lepoint.fr/chroniques/catastrophe-de-la-pensee-catastrophiste-22-03-2011-1316274_2.php
(**) Le scandale de la France contaminée :
http://television.telerama.fr/television/ces-docs-qui-ont-change-le-monde-5-5-uranium-le-scandale-de-la-france-contaminee,63452.php
(***) http://actuniger.com/societe/7927-plusieurs-arrestations-lors-d-une-manifestation-a-agadez.html
(****) http://www.iea.org/publications/freepublications/publication/KeyWorld2013.pdf, cf en particulier page 24
(*****) http://observ.nucleaire.free.fr/ne-jamais-dire-jamet.htm
(******) http://www.20minutes.fr/ledirect/1000451/inde-police-disperse-vaste-manifestation-anti-nucleaire
et http://www.monde-diplomatique.fr/2011/04/BIDWAI/20396
 

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 21:43

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(L’article suivant était initialement prévu pour un canard québécois)

De quoi sont faites nos consommations quotidiennes ? Par exemple, combien d'encre et de solvant permettent de produire ce canard mensuel ? Qui lave les rotatives ? À quelle heure ? Contre quel salaire ? Et combien ça leur coûte physiquement et moralement ? Voilà des questions auxquelles on a rarement les réponses. Et on évite même parfois de les entendre : c'est tellement bon de consommer confortablement son canard ... hmmm,... succulent !

 

Bêtes de somme

Seulement voilà, des documentaristes nous proposent parfois de regarder les choses en face. Et on découvre alors ceux et celles qui travaillent à l'intérieur des usines tous les jours, pour répondre à nos besoins.

Le documentaire Entrée du personnel (1), de Manuela Frésil, est un exemple de cette force des documentaires. Avec une grande sobriété, ce film nous plonge dans le vécu d'une frange méconnue de la classe ouvrière, le personnel des usines-abattoirs du Grand-ouest de la France, où des canards bien en chair passent à la moulinette tous les jours, aux côtés d'autres animaux. Pour finir en barquette sous cellophane aseptisé, avec l'espoir que le client n'associe pas le bout de chair vendue avec l'animal bien vivant – avant – et que parfois on admire – ailleurs.

Sur la jaquette du DVD, on lit que « les scènes [ont été] tournées (...) sous la surveillance des patrons ». Là, on se dit : « hmmm, biaisé ». Mais malgré tout, on se laisse prendre au jeu et on consomme ce documentaire avec un sentiment mêlé à la fois d'effroi et d'urgence à agir. On découvre, terrifié, ce qui se cache derrière la délicieuse chair fraiche dont on se gave quotidiennement : la précarité, le sang, la souffrance animale qu'on tente d'ignorer, les corps devenus machines, les atteintes physiques, les cadences de travail et les accélérations de la chaîne, et aussi, aussi, ces satanés cauchemars sur les animaux.

Il y a dans ce film des témoignages riches et touchants comme celui de cet ouvrier qui, proche de la retraite, sortira de l'usine bientôt et se demande s'il sera en état d'en « profiter au moins 2 ans ». Ou encore celui de cette femme qui explique son vécu et les contraintes qui l'ont fait retourner à l'usine : « (...) mais quand même, on n'est pas des robots ; parce que quand on est robot, on n’est pas que robot, on est des humains ».


Les secrets de l'abattoir

Je ne vous cache pas que c'est avec mon regard anti-spéciste * que j'ai visionné ce film, avec l'espoir qu'il permette une remise en cause de notre consommation de viande. Mais après visionnement, je doute sérieusement de l'utiliser en ce sens car, comme toujours, l'exploitation et les souffrances animales sont dissimulées. D'ailleurs Manuela Frésil ne dit-elle pas : « À un moment donné, je disais que les animaux étaient mes pires ennemis dans cette histoire. Parce qu'à partir du moment où je commençais à m'appesantir et à filmer les animaux – d'ailleurs c'est pour ça qu'il n'y a pas de scènes de tuerie dans le film – (...) mais à partir du moment où on montrait les animaux, j'avais l'impression que ça annihilait toute l'humanité du lieu. » (2) Le film refuse donc de présenter les abattoirs pour ce qu'ils sont : des lieux qui dégoulinent de souffrances et qui constituent un massacre d'animaux dont on pourrait très facilement se passer – dont on pourrait et dont on devrait se passer si l'on prenait enfin en considération les intérêts propres des animaux non-humains.

Néanmoins, même si le focus du film ne défend pas explicitement une extension de notre empathie à l'égard des animaux, il mérite d'être largement diffusé pour illustrer les désastres du spécisme et du capitalisme combinés.

Et avant de discourir sur cette question intersectionnelle, vous reprendrez bien un peu de canard ?

 

 

Yly

(1) https://www.shellac-altern.org/films/52. Un entretien avec la réalisatrice est dispo ici : http://www.annebrunswic.fr/Entretien-avec-Manuela-Fresil,215

(2) En plus d'un entretien avec la réalisatrice, le DVD contient un autre court métrage, Les nuits de la préfecture, sur les sans-papiers.

 

* La fédération anarchiste de son côté, au niveau fédéral, ne se reconnaît pas dans le combat antispéciste.

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 21:31

L'édition du mercredi 20 août 2014 du Canard enchaîné nous en apprend de bonnes dans son article :

 

Ces élus qui veulent jeter la loi Littoral à la mer
 

 

Au menu : accommodements législatifs, constructions illégales et petite tambouille locale.

Extraits :

"Rapport, amendement, proposition de loi... Au Sénat, des élus - de gauche comme de droite - dégainent, ces derniers mois, toute l'artillerie parlementaire pour pilonner la loi Littoral (1986), ce texte qui protège du bétonnage les bords de la mer et des grands lacs.
(...)
Certes, personne ne réclame l'abrogation pure et simple de cette loi. (...) Les sénateurs se contentent de demander, au nom du "développement économique" et de la "décentralisation", l'"assouplissement", la "modernisation" et le "toilettage" d'un texte qui empêche les maires et les promoteurs d'urbaniser à leur guise.
(...) Une dizaine de sénateurs UMP ont ainsi déposé une proposition de loi qui donnerait aux élus locaux le pouvoir d'accommoder à leur goût les modalités d'application de la loi Littoral.

(...) Les signataires proposent que ces "adaptations locales" soient soumises, au préalable, à l'approbation du Conseil national de la mer et des littoraux. (...) Comme ledit conseil est majoritairement composé d'élus locaux et compte également dans ses rangs des représentants des professionnels du tourisme et des bétonneurs, la contestation ne devrait pas être trop vigoureuse...

Cette proposition de loi est directement pompée sur un rapport rédigé, en janvier, par la sénatrice socialiste du Morbihan Odette Herviaux (1) et par son collègue UMP de la Manche, Jean Bizet. Les deux élus y dénonçaient les recours en justice déposés par les associations de défense du littoral et critiquaient les décisions des juges administratifs, accusés d'être trop "orientés vers la protection de l'environnement".


En avril, Odette Herviaux repassait à l'offensive, à l'occasion de la discussion du projet de loi sur l'agriculture du ministre Stéphane Le Foll. A sa demande, le Sénat a enrichi le texte d'un amendement qui adoucit certaines interdictions de construire dans les communes du littoral. Cette modification a finalement été rejetée par l'Assemblée.


Ce n'était que partie remise. Désormais, Odette Herviaux et ses collègues font le siège du ministère de l'Ecologie, où Ségolène Royal doit signer prochainement une nouvelle circulaire d'application de la loi Littoral. "La ministre devrait donner du mou", croit déjà savoir la sénatrice socialiste. "Il n'en est pas question ! Nous en sommes plutôt à durcir le texte ! " rétorque au "Canard" une collaboratrice de Ségolène, qui ajoute : "Nous allons seulement intégrer les dernières décisions des juges." Pas de quoi rassurer tout à fait les associations, qui attendent de juger sur pièces...

Depuis près de trente ans, les adversaires de la loi Littoral ne désarment pas. Dès la promulgation du texte, de nombreux maires ont décidé de passer outre. Ils ont ainsi classé comme constructibles des terrains qui tombaient sous le coup de la loi, pensant que personne n'oserait contester leurs décisions.
(...)"

 


(1) Dans son article du 31 janvier 2014, le Télégramme prend fait et cause pour l'initiative de la sénatrice PS morbihannaise et de son collègue UMP.

Déjà le titre est éloquent : "Loi Littoral. Un toilettage s'impose".
Il nous est aussi affirmé que la sénatrice et le sénateur "mettent en avant leur mesure phare : la création de chartes régionales d'aménagement du littoral (Cral), ce qui permettrait de confier l'interprétation de la loi aux élus locaux. (...) Attention, pas question de faire n'importe quoi. La charte, basée sur le volontariat, ne serait adoptée qu'après avoir reçu la bénédiction du Conservatoire national de la mer et du littoral, « un garde-fou impartial ».
On remarquera que, contrairement au texte du "Canard enchaîné" rien n'est dit sur la composition dudit Conservatoire (appelé ainsi improprement par le Télégramme qui s'est mélangé les pinceaux avec le Conservatoire du littoral qui a d'autres missions, car il s'agit bien du "Conseil national de la mer et des littoraux" comme spécifié dans l'article du Canard)... et pour cause !
Le Télégramme : journal militant (dépendant des annonceurs immobiliers) qui ne dit pas son nom ?


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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:05

Nddl 5 6 juillet 2014

 

Un nouvel espace anticapitaliste et libertaire au Forum anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les 5 et 6 juillet 2014

 

En août dernier a été organisé selon nous de façon positive à Notre-Dame-des-Landes – dans le cadre du Forum annuel de la Coordination anti-aéroport – un village anticapitaliste et anti-autoritaire. En effet, durant tout un week-end ont été proposés dans cet espace, par des organisations libertaires et des collectifs de la ZAD et de Nantes, huit débats (sur l’histoire de la lutte, la répression, les mobilisations contre les grands projets inutiles imposés, le nucléaire…), et plusieurs centaines de personnes ont participé à chacun d’eux. De plus, les tables de presse, la cantine, et la visite guidée faite par des zadistes sur la ZAD pour échanger avec les habitant-e-s ont visiblement été des initiatives appréciées.

A l’occasion du nouveau rassemblement annuel de la Coordination contre l’aéroport – qui aura cette fois lieu les samedi 5 et dimanche 6 juillet – et alors que l’abandon du projet d’aéroport semble se dessiner de plus en plus nettement à l’horizon, il nous paraît nécessaire de réaffirmer avec force et visibilité cette expression anticapitaliste et libertaire dans la lutte, mais aussi et surtout la volonté que la mobilisation ne s’arrête pas à la victoire que serait l’abandon du projet d’aéroport… car c’est bien évidemment de « son monde » également que nous ne voulons pas. Après le succès de la manifestation qui a été organisée à Nantes le 22 février dernier – elle a rassemblé quelque 50 000 personnes dans une ambiance joyeusement festive et offensive qui a mêlé de nombreuses composantes, dont un cortège anticapitaliste –, il s’agit de maintenir la pression pour arracher au gouvernement l’abandon de ce projet d’aéroport ; et il s’agit de penser à demain, c’est-à-dire dès que cette première victoire aura été obtenue, car se posera alors la question de ce que deviennent non seulement les terres mais aussi les habitant-e-s de la ZAD, qui risquent de se trouver soudain bien isolé-e-s.

Pour débattre sur ces sujets, et plus largement sur la stratégie des révolutionnaires dans les luttes telles que celle de Notre-Dame-des-Landes, nous comptions organiser cette année encore des débats ; mais comme, d’une part, de telles questions (en particulier celles du foncier et de la répression) agitent plus largement le mouvement anti-aéroport et que, d’autre part, nous ne bénéficions pas des mêmes moyens matériels qu’en 2013, nous estimons préférable de participer aux discussions qui se dérouleront tant dans le cadre général du Forum que dans le chapiteau Convergences des comités locaux.

Nous proposerons pour notre part dans l’espace anticapitaliste et libertaire des tables de presse tout au long de ce week-end, sans pour autant refuser les occasions de débattre qui pourront se présenter ni celles de faire la fête ensemble, bien sûr…

 

A ce week-end !

 

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A la ferme de Bellevue, il y a également l'initiative suivante. Ce qui promet de nombreux allers-retours !

 

 

Programme "off" à la ferme de Bellevue

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 17:07

Contre la "réforme" du système ferroviaire qui prévoit son éclatement en trois entreprises distinctes, forme de privatisation, et contre la dégradation des conditions de travail, la grève à la Sncf est très suivie. Elle touche tous les services (roulants, administratifs, ateliers...) et toutes les régions, et ce, depuis 8 jours déjà !

Nous, militantes et militants du groupe libertaire Lochu, usagères et usagers des chemins de fer, nous nous déclarons solidaires de la lutte des travailleuses et travailleurs du rail. Nous ne nous trompons pas dans la chaîne des responsabilités sur la situation actuelle : nous dénonçons la prise en otage des usagères et usagers par la Direction de la Sncf, par le gouvernement et par celles et ceux qui soutiennent cette transformation-privatisation pour faire des chemins de fer des centres de profit... au détriment d'une bonne partie des usagères et usagers.

Ci-dessous l'expression des cheminots de la fédération anarchiste actifs dans la lutte.

 

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    Hardi les cheminots, ne foirez pas ! 1

    (...) Cette grève marque une nouvelle étape dans la longue bataille des travailleurs du rail contre le démantèlement du service public ferroviaire et pour la défense de notre statut et de nos conditions de travail.

    La réforme ferroviaire décidée par le gouvernement a fait l’objet d’un intense lobbying du patronat : ce qu’ils veulent, c’est briser les lieux de résistance ouvrière, démanteler les derniers services publics, accentuer les privatisations et la sous-traitance, renforcer le dumping social pour faire éclater les réglementations du travail, augmenter la productivité et les profits en transformant la SNCF en une machine de guerre économique à la conquête du marché ferroviaire européen et mondial.

    Les cheminots et leurs organisations syndicales combatives luttent depuis plus d’un an pour s’opposer à l’appétit féroce et sans limites de la sauvagerie capitaliste : en 2013, deux grèves ont eu lieu les 13 juin et 12 décembre pour dénoncer le projet de loi sur l’organisation du système ferroviaire. Le 22 mai 2014, 22000 cheminots ont défilé dans les rues parisiennes en guise de dernier avertissement au gouvernement. Depuis, le 10 juin, une grève reconductible a été appelée par la CGT et SUD Rail rejoints depuis par la CGT-FO et First (petit syndicat né en 2011 de l’éclatement de la CFTC-Cheminot).

    La plate-forme revendicative commune adoptée par la CGT et SUD-Rail et reprise par toutes les assemblées générales des cheminots en grève est claire et solide :
    – annulation ou retrait du projet de loi du gouvernement sur la réforme ferroviaire ;
    – réintégration du système ferroviaire dans une seule entreprise publique (1 seul établissement public industriel et commercial (Epic), pas 2 comme depuis 1997 (RFF et SNCF), pas 3 comme dans le projet de loi) ;
    – non-remise en cause du RH 0077 et du statut, leur amélioration et leur extension à tous les salariés du secteur ferroviaire ;
    – arrêt de l’éclatement de l’entreprise SNCF, des démantèlements, filialisations et privatisations (le groupe SNCF comprend près de 650 filiales et sociétés diverses) ;
    – annulation de la dette imposée par l’État depuis des années aux entreprises publiques ferroviaires.

    Le patronat et le gouvernement intensifient leur propagande et multiplient les mensonges aux usagers et aux cheminots :
    – la réforme ferroviaire est inéluctable et sauverait le système ferroviaire français: le projet de loi prévoit trois entreprises séparées avec trois conseils d’administration différents.
    La dette de près de 40 milliards d’euros que l’État a imposée au service public ferroviaire serait intégralement supportée par les cheminots, dont les gains de productivité serviront à rembourser les intérêts aux banques. La non reprise par l’État de sa dette étouffera le chemin de fer et empêchera tout développement et toute modernisation ;
    – nos conditions de travail et notre statut ne seraient pas menacés : l’article 13 du projet de loi prévoit l’abrogation pure et simple du texte régissant les conditions de travail des cheminots, le RH 0077.
Ayant fait tabula rasa de nos conditions de travail, des «négociations» s’engageraient ensuite pour adopter un «cadre social harmonisé» commun aux 150000 travailleurs du rail du secteur public et 5000 travailleurs du rail du secteur privé, cadre social défini par une convention collective alignée sur les conditions les plus basses, ce qui signifierait que les 150000 cheminots de la SNCF s’aligneraient sur les 5000 cheminots du privé et non l’inverse. En 2013, 25 % des embauches ne se sont pas faites au statut et se sont tenues sur des bases contractuelles. La séparation du système ferroviaire et la filialisation vont développer les embauches de contractuels qui, à terme, deviendront majoritaires, le statut s’effondrera alors de lui-même.

    La CFDT soutient, quant à elle, totalement la réforme du gouvernement et appelle celui ci à « résister aux organisations syndicales » et aux cheminots en grève. La CFDT s’engage massivement dans la collaboration de classe espérant devenir le partenaire soumis et privilégié de la direction : depuis le début de la grève, la SNCF rediffuse ainsi massivement en interne les tracts et communiqués des jaunes de la CFDT. Pour autant, les jaunes, le patronat et le gouvernement sont loin d’être sereins, il savent que la mobilisation à la base et dans les assemblées générales est forte et déterminée.

    Guillaume Pepy, patron de la SNCF nommé par Sarkozy et dont le mandat a été maintenu et confirmé par le gouvernement de gauche, l’avouait ainsi lors de son tchat aux agents SNCF du 5 juin 2014: « Mon second argument tient au fait que cette grève me paraît potentiellement dangereuse. Si elle était reconduite et entraînait des perturbations excessives dans le pays, je crois que le gouvernement, qui se trouve dans une position affaiblie, pourrait être tenté d’annuler la réforme. »

    Cette grève est décisive pour l’avenir des cheminots et du service public ferroviaire. Mais mettre en échec le gouvernement et le patronat sur son projet de réforme ferroviaire n’est pas suffisant, il faut construire notre propre service public ferroviaire libertaire, géré directement et organisé sur une base fédéraliste par les collectifs d’usagers et de travailleurs du rail après avoir exproprié les capitalistes et les patrons. Il n’y a pas de capitalisme acceptable, négociable ou à visage humain, la grève générale expropriatrice est bien le préalable nécessaire à la révolution sociale et libertaire qui réglera le problème social.

    Voie libre - Liaison des cheminots de la FA
    voie-libre@federation-anarchiste.org

    1. Ce titre barre la une du numéro du 3 juillet 1898 du journal anarchiste Le Père Peinard fondé et publié par Emile Pouget. C’est la première utilisation du terme «cheminot» avec la terminaison en -ot et non en -eau, «cheminots» désignant les employés et ouvriers du chemin de fer et «chemineaux» les terrassiers et journaliers qui traçaient les lignes de chemins de fer.

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 12:08

ATTENTION !


La tournée Tout pour tous ! L’expérience zapatiste, une alternative concrète au capitalisme est annulée, l’intervenant étant bloqué à Paris, par suite du mouvement de grève des cheminots.

Le rendez-vous de Brest est maintenu sans Guillaume G. 19h à la Poudrière. Repas de soutien puis projection et débat.
Il est prévu un report de cette tournée en septembre ou octobre prochain.

Il n'empêche que nous soutenons toujours aussi fortement le combat des cheminottes et cheminots !

 

LE rendez-vous dans le Morbihan, à Rochefort en Terre, co-organisé par de la Terre aux Pavés, le Café de la pente et le groupe libertaire Lochu (et la fédération anarchiste Vannes) :

affiche-la-Pente-200614-zapatisme-1.jpg

Tout pour tous ! L'expérience zapatiste, une alternative concrète au capitalisme

1994-2014: LES ZAPATISTES FÊTENT LEUR VINGTIEME ANNÉE DE RÉVOLUTION
Depuis plus de vingt ans au Chiapas (sud du Mexique) une partie de la population vit en s'auto-organisant et en repoussant les nuisances de l'État et du capital.


Pour mieux comprendre les zapatistes : rencontre avec Guillaume GOUTTE, participant de la petite école zapatiste en 2013, militant de la Fédération Anarchiste et auteur du livre « Tout pour tous ! L'expérience zapatiste, une alternative concrète au capitalisme » (Libertalia, 2014).

 

Occasion d'aborder de multiples thèmes : l'organisation zapatiste, la place des femmes, la résistance zapatiste au sein d'un environnement hostile (puisque les zapatistes vivent et sont organisé-e-s dans les mêmes lieux que le pouvoir local), la justice, l'éducation, l'autonomie dans l'agriculture...


Exposition de photos dans le café de la Pente

19h00 : Projection du film "La véridique légende du sous-commandant Marcos"

Puis : débat avec Guillaume Goutte

Table de presse

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La même chose toute cette semaine (du lundi 16 au dimanche 22 juin), avec parfois des intervenant-e-s supplémentaires (membres du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL) de Paris)

 

tourneezapa.indd---TourneezapaDosML.jpg

Lundi 16 juin : Caen (14), CAMPUS 1 de la FAC à l'amphi Tocqueville 20h, par Groupe Sanguin (fédération anarchiste Caen)

Mardi 17 juin : Nantes (44), B17, 17 rue Paul Bellamy, 20h30, Groupe Déjacques (FA Nantes)

Mercredi 18 juin : Rennes (35), Local La commune, 17 rue Chateaudun, 20h, Groupe La sociale (FA Rennes)

Jeudi 19 juin : Brest (29), La poudrière, 25 rue La Touche Tréville, 19h00

Vendredi 20 juin : Rochefort en Terre (56), 19h00, Café de la pente (le vieux bourg). Co-organisé par de la Terre aux Pavés, le Café de la Pente et le Groupe Lochu (+ FA Vannes)

Samedi 21 juin : Bannalec (29), Le mouton enneigé, 18 rue de la Gare. 15h00 avec Groupe Le Ferment (FA 29)

Dimanche 22 juin : Berrien (29), Café librairie L'autre Rive, 19h30 avec Groupe Le Ferment (FA 29)

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 19:24

confrence éducation

Education et pédagogie libertaire. Conférence-débat.


Vendredi 13 juin, à 20h30, Palais des arts et des congrès, Place de Bretagne, Vannes. Entrée libre.

 

Interviendront Hugues Lenoir (formateur pour adultes, syndicaliste (CNT) et militant libertaire), un enseignant et un élève du lycée expérimental de St-Nazaire. Expériences éducatives, des jeunes aux adultes, et éducation populaire pour l'émancipation individuelle et sociale seront discutées. Venez nombreuses et nombreux apporter vos témoignages, votre point de vue et en débattre.


Nous avons choisi l'éducation et la pédagogie libertaire car c'est un sujet qui tient à cœur les anarchistes qui oeuvrent à la transformation de la société vers l'émancipation intégrale des individus la composant.
Education non soumise au clergé, à l'État, au patronat ou à une doctrine quelconque mais toute entière tournée vers l'apprentissage de l'autonomie des individus, de tout âge... et ce n'est pas simple, mais stimulant !

 

Site de Hugues Lenoir : http://www.hugueslenoir.fr/

Hugues Lenoir peut aussi présenter des expériences éducatives libertaires réalisées dans d'autres pays, notamment en Amérique du Sud.

Site du lycée expérimental de Saint-Nazaire : http://lycee.experimental.pagesperso-orange.fr/

 

Pétition de soutien au lycée :
http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/nous-demandons-la-r%C3%A9vision-de-la-circulaire-r%C3%A9gissant-les-sorties-scolaires?utm_campaign=petition_created&utm_medium=email&utm_source=guides


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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 16:27

URANIUM : la Bretagne contaminée !

 

Banderole14Juin.jpg


Quand AREVA sera-t-elle contrainte de réparer ses négligences scandaleuses, de mettre en sécurité les anciennes mines ?


Lundi 16 juin à 14h, la commission de suivi des anciennes mines de la concession de Lignol dans le Morbihan se réunira à la Préfecture de Vannes. Sera-t-elle une fois de plus une réunion où le pollueur AREVA se contentera d’exposer la situation sans qu’aucune décision ne soit prise quant à la décontamination de certains sites ou, au minimum, à leur mise en sécurité vis-à-vis du public ?

 

Est-il tolérable que, suite aux écoulements des eaux des mines, des abords de route, des chemins de randonnée, présentant des niveaux de radioactivité 20 fois plus élevé que le niveau naturel, soient laissés libres d’accès au public ? Des riverains et des randonneurs prennent ainsi des doses non négligeables de radioactivité à leur insu, alors que la situation a été révélée par les associations depuis 2008.

 

Est-il tolérable que suite à des écoulements ou des apports de rebuts miniers radioactifs, des jardins, des prés, des cours de ferme, des terrains de jeux ne soient toujours pas décontaminés alors que le ministère de l’Ecologie en a été informé dès octobre 2010 ?

 

Est-il tolérable qu’AREVA engloutisse 10 millions d’euros dans le musée UREKA à Bessines, vantant l’exploitation du minerai d’uranium, et inauguré fastueusement en 2013 alors que pas un centime n’a été engagé dans la décontamination des sites en Bretagne à ce jour ?

 

Est-il tolérable que la préfecture ait laissé se rassembler ce week-end de l’Ascension 10 000 jeunes sur le site de résidus radioactifs de l’Ecarpière à Gétigné en Loire-Atlantique, en totale ignorance du risque sanitaire encouru ?


Rappelons qu’en 2018, c’est-à-dire dans moins de 4 ans, la responsabilité d’AREVA sera dégagée et que ce sera aux communes de supporter la lourde et coûteuse responsabilité des territoires radioactifs dont la liste n’est certainement pas exhaustive. En janvier 2014, Sortir du nucléaire Trégor a révélé au public des anomalies de radioactivité dues à des exploitations « artisanales » d’uranium autour de Lannion dans les Côtes d’Armor. Elles n’étaient officiellement pas répertoriées.

 

Samedi 14 juin à 11h devant la préfecture de Vannes, la Fédération anti-nucléaire Bretagne * dénoncera l’inertie des pouvoirs publics et l’impunité dont bénéficie le pollueur AREVA depuis trop d’années.


L’extraction de l’uranium laisse un héritage empoisonné que ce soit ici en Bretagne, en France, au Niger ou ailleurs. Elle doit cesser. Et réparation doit être exigée au pollueur AREVA pour juguler l’impact sanitaire.

 

* dont le groupe Lochu est membre.

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  • : Le blog de anars 56
  • : Le blog du groupe libertaire René Lochu (Vannes)
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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Mardi 10 novembre - Vannes, Lorient et Pontivy - Appel unitaire à la grève. Rassemblements (autorisés) des personnels de l’Éducation Nationale (écoles, collèges, lycées) pour l'amélioration des conditions sanitaires, pour l'allègement des effectifs et le recrutement de personnels (ceux des listes complémentaires etc...) . 10h30 Vannes, devant la DSDEN (3, Allée du Général Le Troadec), 10h30 Lorient devant la sous-préfecture, 10h30 à Pontivy à La Plaine. A l'appel des syndicats de l’Éducation Cgt, Fo, Fsu et Sud

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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