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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 19:49

«La vie prime l’économie. La liberté du vivant révoque les libertés du commerce. C’est sur ce terrain-là que, désormais, le combat est engagé.»
  Raoul Vaneigem

 

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ML-1691-recto.jpgML-1691-verso.jpgActualité
Réquisition chez les riches prélats, par E. Vanhecke, p 3

Un ouvrier de PSA témoigne, par S. Larios, page 4

L’État veut en finir avec NDDL, par J.-P. Anselme, page 5

Calme plat dans les centrales syndicales, par J.-P. Germain, page 6

Communiqué sur les luttes à NDDL, page 7

La Chronique néphrétique, de Rodkol, page 8

Mauvaises nouvelles des fronts, par H. Lenoir, page 9

Classe «public » contre classe « privé », par N. Potkine, p 10

La police en souffrance, par R. Pino, page 11

Arguments
Les moralistes devraient avoir honte, par O. Tarda, page 12

Sport et soins aux malades du VIH, par P. Schindler, page 14

International
Palestine, Israël, c’est bloqué, par P. Sommermeyer, page 15

Nouvelles félonies anti-pauvres en Grèce, page 16

Expressions
Vérité une et indivisible, par M. Silberstein, page 17

Une expo de révoltés, par G. Bounoure, page 19

La dernière chronique de Heike Hurst, page 21

Mouvement
Solidarité avec les Cubains, page 22
La radio sans dieu ni maître, page 22
Ce soir, on sort, page 23

Illustrations
Aurelio, Jhano, Kalem, Krokaga, Nemo, Valère

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 17:37
AFF ZAD 02
Avec le subtil dosage de narcissisme et de paranoïa qui caractérise l’ensemble de la classe politique, vous déclarez, dans la presse de caniveau, en l’occurrence Paris-Match : « Nous avons choisi de relever le défi du développement économique et de l’attractivité. » Quand on sait que, dans les années 1960, il s’agissait d’édifier au même endroit un « Rotterdam aérien », ces propos indiquent avec clarté – mais on s’en doutait – que vous avez parfaitement intégré la complicité criminelle entre le capitalisme industriel et l’État technocratique qui, au nom de l’aménagement du territoire, a transformé la planète en chantier perpétuel, perfidement enjolivé par une phraséologie imbécile : exigence de compétitivité, pôles d’excellence, haute qualité environnementale, développement durable… Que vous assumez l’héritage – en le faisant fructifier – d’une perversion des politiques publiques impulsées par les grands corps de l’État (mines, ponts et chaussées, génie rural, eaux et forêts), détenteurs du monopole de l’expertise. Que vous inscrivez votre action dans un projet d’essence totalitaire qui, se nourrissant d’une confiance aveugle dans le progrès scientifique, l’innovation technologique, l’idéologie de la concentration… et la vertu autorégulatrice du marché, multiplie les grands projets inutiles et coûteux, assure la privatisation de l’espace public, la dépossession et le déracinement des populations, la captation et le contrôle du vivant, c’est-à-dire entraîne la société dans une dramatique fuite en avant. Ce massacre ayant pour seuls objectifs la volonté de puissance, le rayonnement international, la loi du profit, et surtout la survie d’un système à qui la croissance est indispensable.

C’est sans états d’âme que vous édifiez votre carrière politique au service des entreprises du BTP (Vinci, Bouygues ou Eiffage) qui construisent leur business sur la résignation des « citoyens ». C’est sans aucun complexe que vous confortez un urbanisme délirant dont la finalité, derrière l’alibi-langue de bois de l’« optimisation de la gestion de l’espace urbain », n’est autre que la normalisation-sécurisation des quartiers (c’est-à-dire le contrôle et l’expulsion des populations précaires ou immigrées), leur quadrillage par des dispositifs de surveillance de haute technologie, la transformation d’espaces libres en lieux d’enfermement payants, avec les moyens que l’on sait (semblants de concertation, simulacres de démocratie, spéculation immobilière, opacité des tractations financières, etc.) et les conséquences désormais connues au niveau humain, social, écologique (solitude, dépression, mal-être, destruction du patrimoine paysager, perturbation des écosystèmes, épuisement des ressources, etc.).

Galvanisé par un mépris sans bornes, vous assénez : « Nous sommes dans un État de droit. Quand les décisions sont prises, la loi doit être respectée. » Il semble que votre conception de l’« ordre républicain » soit à géométrie variable. Vous justifiez le futur aéroport par le fait qu’il ait été reconnu d’utilité publique, et pourtant vous combattiez en 1997 le projet de centrale nucléaire du Carnet alors que l’État l’avait déjà déclarée d’utilité publique ! Il semble aussi que vous omettiez votre régulière propension à vous asseoir sur la dite loi. Cette interprétation tous azimuts vous permet de cumuler de multiples mandats : Premier ministre, maire de Nantes (depuis vingt ans, ce qui vous a laissé le temps de mettre en place un verrouillage efficace), président de Nantes Métropole, député, président d’un groupe à l’Assemblée nationale. Vous paraissez aussi oublier votre condamnation à six mois de prison avec sursis en 1997 pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public (même si une réhabilitation est intervenue depuis). Un moment d’égarement, sans doute, dans un contexte de grande probité. Et, lorsqu’en 2008 vous demandiez à vos sbires de lister quartier par quartier les « opposants notoires », il s’agissait probablement de leur venir en aide. Il n’échappe en effet à personne qu’en matière de cuisine électorale c’est à leurs casseroles qu’on reconnaît les grands chefs.

Avec l’aplomb qui sied aux hommes providentiels, vous déclarez, pour justifier le nouveau, que « l’actuel aéroport posera des problèmes de sécurité et d’environnement ». Comme si vous manifestiez le moindre soupçon d’intérêt pour la question écologique, malgré la mise en place d’un prétendu grand débat sur la transition énergétique. Rassurez-nous, ce n’est pas pour se protéger du réchauffement climatique que la tête de l’État s’est munie d’un sombre Ayrault, et le fait que Nantes vienne d’être élue « capitale verte de l’Europe » pour 2013 est bien un gag ! Alors que, tous les dix ans, en France, c’est l’équivalent d’un département qui disparaît en terres agricoles, la construction de l’aéroport et des dessertes routières sur 1 650 hectares doit être perçue pour ce qu’elle est, une aberration supplémentaire. Faut-il aussi vous rappeler que les réglementations française et européenne interdisent de porter atteinte aux zones humides, éléments caractéristiques du bocage concerné, et indispensables à la régulation des rivières, à la reconstitution des nappes phréatiques et à la dépollution ? Mais l’essentiel est ailleurs : non seulement cet aéroport, qui déplacerait un problème sans le résoudre, serait incompatible avec le projet de réduction des gaz à effet de serre, mais il deviendrait « opérationnel » en 2017, c’est-à-dire à une période où le renchérissement du prix du pétrole aura déjà mis à mal l’aviation civile. Par ailleurs, les capacités d’optimisation de l’aéroport actuel ont été nettement sous-évaluées et la crise a sérieusement affecté le rythme de croissance du transport aérien. C’est pourquoi afficher un objectif de neuf millions de passagers en 2050 est non seulement irresponsable, mais absurde. En outre, il serait temps de reconnaître que l’avion ne contribue en rien à l’émancipation de l’Homme. Si l’aviation dans son ensemble est un scandale social par son accès inégalitaire, le tourisme de masse n’en est pas moins un instrument de destruction des cultures. Enfin, les échecs des travaux pharaoniques ne manquent pas : Angers dispose d’un aéroport neuf, qui a coûté beaucoup d’argent… et qui est fermé la moitié de l’année !

En dépit d’une détermination de plus en plus forte des résidents de la ZAD qui « ne lâcheront rien » et d’une remarquable mobilisation solidaire (manifestation du 17 novembre et soutien quotidien), en dépit aussi de mises en garde y compris provenant de votre propre camp, vous vous acharnez à multiplier les assauts policiers et le saccage des lieux, à raison de 500 000 euros par semaine (à ajouter aux 650 millions du projet lui-même). L’austérité, c’est pour la plèbe ! Découvrant le vrai visage de la « gauche », vous persévérez à maintenir une logique répressive qui n’a effectivement rien à envier à celle de vos prédécesseurs. Et le risque est réel que les affrontements débouchent sur des incidents graves. Vous devriez vous méfier des dommages « collatayrault » ! De concert avec le spécialiste de la contredanse, M. Valls… à trois temps (identifier-harceler-expulser), vous vous vautrez dans l’illégalité – que vous dénoncez par ailleurs –, ne serait-ce que par la destruction de cabanes érigées sur des terrains non expulsables avant mars 2013. Mais le capital n’attend pas !

Cette tentative de passage en force, cette politique de la terre brûlée ne constituent pas seulement une erreur sur le plan stratégique, une ineptie au plan intellectuel, mais une faute morale. En contribuant à entretenir la spirale infernale du bétonnage et des expulsions préalables, vous arrachez à la terre des histoires de vie, vous imposez la souffrance à des gens ordinaires qui ne demandent qu’à prendre en main leur avenir, à tisser des liens, à construire des jardins partagés, des chantiers collectifs… Bref, à exister. Mais en promoteur zélé de la modernité, la ruralité ne vous intéresse sans doute que figée dans un musée.

Je vous invite à méditer ces propos d’une habitante de la ZAD : « Quand tu plonges tes mains dans une terre, tu ne les retires pas comme ça. » Mais je ne suis pas sûr que le peu d’humanité qu’il vous reste vous permette d’en mesurer la portée parce que, s’il faut détruire l’homme pour en faire un militaire, il faut déjà sévèrement l’avilir pour en faire un politicien. Obstiné à défendre les intérêts financiers des groupes privés au détriment de celui des plus vulnérables, occupé à stigmatiser les « activistes ultra-minoritaires », vous ne percevez pas que ce combat participe d’une lutte plus globale – certains l’ont comparé à Plogoff ou au Larzac, d’autres ont évoqué une guerre de tranchées – que le mode de production et de consommation que vous soutenez est déjà obsolète, que le système que vous voulez sauvegarder est sous perfusion pour avoir nié à la fois les valeurs humaines essentielles et les contraintes écologiques incontournables.

Incapable de tirer les leçons de l’histoire, vous vous êtes engagé dans une impasse : de nouveaux collectifs de soutien se constituent ; les assauts violents et répétés des abrutis en uniforme ne peuvent que renforcer la solidarité et l’émergence de diverses formes de désobéissance civile au sein d’une population qui perçoit de plus en plus clairement les véritables enjeux ; des recours juridiques ont été déposés auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Monsieur Ayrault, quels que soient le niveau d’indifférence d’une partie de la population et le degré de lâcheté des élus écologistes, vous avez d’ores et déjà perdu. Que votre volonté soit inébranlable ou qu’elle faiblisse, jamais l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne verra le jour !

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 17:48

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Co-voiturages depuis le Morbihan (par le collectif anti aéroport de NDDL Pays de Vannes) :

 

13H00 AURAY Rond point du Ballon
13h15 VANNES la gare, Leroy-Merlin,
13h45 MUZILLAC, aire de co-voiturage Terre-Océan,
14h00 Marzan, aire de co-voiturage (ensuite 45 mn jusqu'au TRAM d'ORVAULT + 20 mn en tram jusqu'à Commerce)

 

Et d'autres initiatives :

Redon : 13h45 cours Bertrand (le long de la voix de chemin de fer en face du tribunal)
Augan : 13h parking du Café Champ Commun
Pontivy : co-voiturage après la manifestation de 10h30 sur la Plaine (du collectif centre-Bretagne anti aéroport NDDL)

 

Des membres du groupe Lochu - Ferrer seront à cette manifestation...

 

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(Texte d'appel)

 

Suite à l'AG du jeudi 29 novembre à B17 autour de la métropole Nantes/St Nazaire et de ses conséquences sur notre territoire (https://nantes.indymedia.org/article/26661), il a été fixé une date de manif le 8 décembre à Nantes – 15h, place Bretagne. Contre l'aéroport, la métropole et son monde, bref contre les projets nuisibles (c'est une journée d'action européenne).

ILS PROMETTENT DE NÉGOCIER, EXIGEONS L'ARRÊT IMMÉDIAT !

Impossible ces derniers temps de vivre dans l'agglomération nantaise sans savoir que le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes est de plus en plus contesté.

Les arguments ne manquent pas ; de l'écologie au prix, de l'agriculture au développement insensé des villes, etc.

Cet aéroport devrait engloutir 500 millions d'euros à lui seul (dont moitié de l'état et des collectivités territoriales) auxquelles il faut rajouter le prix de toutes les infrastructures directes et indirectes (desserte routière, 2X3 voies Nantes/St Nazaire, nouveau périf, tram-train etc).

On veut nous faire croire que les investissements seraient raisonnables et maîtrisés. Tout cela alors que l'état est à la recherche d'argent, que les collectivités territoriales et surtout ses habitantEs se serrent la ceinture, que l'industrie subit plan social sur plan social. Un partenariat public-privé de 55 ans est signé avec Vinci. Celui-ci exige 12% de rentabilité qui seront payés par les collectivités locales si l'aéroport ne les génère pas. Il faut nourrir le actionnaires de Vinci coûte que coûte.

Plus que l'aéroport en lui même, c'est aujourd'hui tout un projet de société qui est remis en question. Loin des délires de développement de barons locaux vieillissants, qui se disputent l'attractivité financière de leur mégalopole respective, c'est toute la question de l'organisation de nos vies qui est remise sur la table.

D'autant plus que ces choix sont le plus souvent confisqués de nos mains, dans des débats ou enquêtes publiques décidés à l'avance. D'autant plus que les enjeux contemporains (environnement, production, nourriture, bétonnage, cadre de vie, …) semblent complètement ignorés par une gauche au pouvoir qui a vite fait de tomber les masques sur ses penchants libéraux.

METTONS LA PRESSION POUR PORTER UN COUP D'ARRÊT DÉCISIF !

Habitant le Pays Nantais, la ville ou ses banlieues, nous sommes concerné-e-s en premier lieu par ce projet d'aéroport qui par son coût, par son développement en surfaces occupées, et par les choix associés, conditionnera un mode de vie toujours plus encadré et contraint, tourné vers le seul profit, et décidé hors de tout cadre démocratique par les élus.

A quel moment l'impact émotionnel de ces grands projets sur les habitants a-t-il été pris en compte ?
Nous ne voulons pas d'une ville programmée, hygiéniste, de la mort des petits quartiers, d'un centre-ville en carton-pâte et d'une ville marketing.

Nous ne voulons pas d'une échelle urbanistique toujours plus grande, consommatrice d'espaces et non propice aux rencontres.

Nous ne voulons pas d'une ville qui ne nous appartiendrait plus, où le constructeur a priorité sur l'habitant alors qu'il est censé répondre à son besoin de se loger.

Utilisons la rue comme lieu des possibles, faisons jouer notre droit (et plus si nécessaire) et opposons nous à l'architecture fonctionnaliste et réductrice de libertés que tentent de nous imposer les décideurs !

Rendez-vous, samedi 08 Décembre. 15h, place Bretagne. Contre l'aéroport, la métropole et son monde, bref contre les projets nuisibles (journée d'action européenne).

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 11:43

«L’Église accepte le progrès partout où elle ne peut plus l’empêcher.»
  Helge Krog

Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici (ou passez à notre permanence le 1er lundi de chaque mois de 18h15 à 20h15 à la maison des associations, 6 rue Tannerie, Vannes).

ML-1690-recto.jpgML-1690-verso.jpgActualité

Lettre ouverte au Premier ministre, par J.-P. Tertrais, page 3

Où il est question d’Arcelor-Mittal, par G. Goutte, page 5

Météo syndicale, par J.-P. Germain, page 6

La représentativité syndicale, de Fabrice, page 7

La Chronique néphrétique, de Rodkol, page 8

Restauration et Nouvelle Droite, par A. Etta, page 9

Chasse aux homos en Ouganda, par Pat, page 10

Arguments

Des politiciens à la façon d’Héliogabale, par N. Potkine, page 11

D’invisibles petites mains vertes, par P. Pelletier, page 12

International
Libres femmes espagnoles, par R. Pélagie, page 15

Expressions

Cipriano Mera, un militant exemplaire, par J. Roman, p 18

La Commune libre de Saint-Martin, par F. Grandebru, p 20

Un nouvel éditeur libertaire, par Rafael, page 21

La créature de Manolo Prolo, par Nicolas, page 22

Mouvement

Radio libertaire, page 22

Carnet de bal, page 23

Illustrations
Aurelio, Jhano, Kalem, Krokaga, Manolo-Prolo, Nemo, Valère

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 19:34
guirlande de lacrymosPlusieurs centaines de grenades lacrymogènes usagées ont été récupérées dans la forêt de Rohanne (en pleine nature donc !), à Notre-Dame-Des-Landes, la semaine dernière, après les violentes attaques policières contre la ZAD, faisant des dizaines de blessé-e-s, dont certain-e-s gravement. Le collectif vannetais anti aéroport de NDDL en a récolté quelques dizaines. Et, comme décembre a démarré, une longue guirlande a été confectionnée à l'aide de ces armes certes vidées mais dégageant toujours une forte odeur (de répression) !
Pour dénoncer ces violences commandées par l'Etat, le collectif a décidé d'honorer ce mercredi midi le local vannetais du Parti Socialiste en le décorant de cette guirlande et en demandant aux élu-e-s PS locaux de se positionner par rapport à cette sauvage répression... Une quinzaine de militants et militantes, mixtes (femmes / hommes, vieux / jeunes)  ont ainsi déployé la banderole "Elus socialistes : réagissez. Notre-dame-des-Landes : Non aux violences policières".
La permanente en poste au local a effectivement réagi... Vous l'avez deviné, non pas pour condamner les violences policières dont son Parti est directement responsable mais pour rouspéter contre ce type d'actions... La vérité blesse aussi, semble-t-il.

Deux membres du groupe Lochu ont participé avec joie et détermination à cette petite action également de solidarité avec la Zad et contre l'aéroport !

 

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Selon Ouest-France du 5 décembre 2012

 

Une quinzaine de militants anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont organisé ce mercredi midi un « happening » en bas de la rue de la Tannerie à Vannes. Cible visée : le local du Parti socialiste.

 

« Contre les violences policières »

 

« On veut dénoncer par cette action les violences policières cautionnées par le PS sur le site de Notre-Dames-des-Landes à l’encontre des opposants », explique Jean Bonnet, du collectif du pays de Vannes contre projet d’aéroport. Les militants ont apposé ce qu’ils appellent une « guirlande de Noël » au-dessus de l’entrée du local des socialistes. « Elle est composée d’une petite partie de grenades lacrymogènes retrouvées sur le site du futur aéroport et notamment sur le jardin potager qui y a été créé », déplore Maurice, l’un des membres du collectif venu dénoncer « la gestion désastreuse du dossier par les socialistes pour lesquels on a pourtant voté au second tour de l’élection présidentielle et qui aujourd’hui nous déçoivent énormément ! »


Colère au local PS

 

Du côté des socialistes, la permanente du local ne cachait pas sa colère face à cette action. L’un des riverains, membre de la copropriété de l’immeuble du local PS, a également haussé le ton pour faire enlever la banderole et la guirlande. « On vient de faire le ravalement, ça serait quand même dommage de tout salir », a-t-il martelé. En vain. Les militants ont décidé de laisser la guirlande… le temps qu’elle soit vue par les automobilistes nombreux à cette heure-là à passer dans la rue.

 

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Selon le Mensuel du Golfe du Morbihan du 5 décembre 2012 :

 

Une banderole appelant les élus socialistes "à réagir" (voir photo) et une guirlande de Noël constituée de douilles de grenades lacrymogènes. Telles étaient les deux "armes" de la quinzaine d'opposants à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, réunis ce mercredi matin à Vannes. Pour cible, les "anti" ont choisi le local PS. But du jeu : dénoncer "les violences policières", selon le collectif anti-aéroport du pays de Vannes. Une action pas forcément au goût de la permanente du local du Parti socialiste... mais peut-être appelée à se renouveler selon le collectif.

 

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Selon Le Télégramme du 5 décembre 2012 :

Vannes. Une guirlande lacrymogène devant le local du PS

 

Une quinzaine d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont rassemblés ce mercredi midi devant le local du Parti socialiste (PS), en bas de la rue de La Tannerie, à Vannes.
Ils ont symboliquement installé une guirlande de grenades lacrymogènes tirées sur la ZAD, pour demander aux élus du parti "de prendre officiellement position contre les violences policières sur le site".

(Vidéo)

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 11:20
Communiqué fédéral du 3 décembre 2012

Á Notre-Dame-Des-landes, la lutte continue

 

Dans le bocage de Notre-Dame-Des-Landes, les occupants et occupantes de la ZAD (Zone à défendre), depuis presque 5 ans pour certains, avaient déjà donné un visage particulier à la lutte contre le projet d’aéroport et contre le monde qu’il représente. Au-delà des analyses sur les répercussions écologiques et les dommages sociaux du projet, au delà de la contestation d’une forme d’aménagement du territoire et d’une manière de décider (l’autoritarisme déguisé en une pseudo démocratie), c’est une leçon du vivre ensemble qui se construit sur ces terres.

 

Là, a été adoptée une forme de vie autogestionnaire. Elle est basée sur des assemblées générales souveraines, et donc, la prise de décision est collective pour tous les aspects de la lutte comme pour la gestion du quotidien (production et partage de nourriture, habitat, moyens de transport, culture...). Cet îlot de résistances et de vie autrement a été considéré par le Pouvoir (politique et économique) comme une alternative potentiellement subversive à plus large échelle, un « kyste », pour le Ministre de l’Intérieur. C’est ce qui explique le déploiement hallucinant de forces de l’ordre pour qui tout doit disparaître et le plus vite possible. Elles n’ont pas rechigné à la violence et n’ont pas hésité à détruire des lieux de vie ainsi que des biens (vélos, lits...) des habitants et habitantes.


Les Zadistes (terme générique recouvrant de multiples individualités aux visions diverses) ont su tisser des liens avec leurs voisin-e-s et construire un réseau de personnes concernées alentour. Aussi, dès que la répression a commencé, la résistance s’est organisée et a bénéficié de soutiens de plus en plus larges. La détermination des Zadistes face aux forces de l’ordre et le modèle alternatif qu’ils et elles montrent ont séduit, bien au-delà des clivages politiques actuels.


Malgré certaines manœuvres, les partis politiques n’ont pas de prise sur ces personnes et ils n’apparaissent qu’en renfort. Le gouvernement tente toujours - en vain - de séparer les bons opposant-e-s des méchant-e-s « anarcho autonomes », « spécialistes de la guérilla urbaine »... Alors que, de fait, l’ensemble des contestataires fait front commun.


Le succès de la manifestation du 17 octobre en témoigne. Au-delà du nombre (plus de 30 000 manifestant-e-s), c’est la créativité de l’événement qui a marqué : nombreux panneaux de personnages aux messages poético-politiques, innombrables chansons et slogans conçus pour l’occasion. Surtout, il y a eu la construction collective, en autogestion, des maisons et abris en bois et pailles.


Le fonctionnement autogestionnaire mis en place par les Zadistes bouleverse la donne politique. Nous rencontrons de plus en plus de personnes, initialement méfiantes quant aux capacités autogestionnaires des humains, qui reconsidèrent leur point de vue. Elles s’enthousiasment même pour cette forme de vie collective, respectueuse de l’individualité, dans laquelle chacun participe selon ses moyens et envies.


De fait, les collectifs de soutien se sont multipliés dans toute la France, et même au-delà, chacun prenant des initiatives autonomes, sans attendre les consignes d’un centre quelconque. La ZAD, par son mode d’existence et sa résistance, a transfiguré les conditions de la lutte. Ceux et celles qui se battaient isolés dans leur coin voient affluer, de partout, de nombreux soutiens.


Même au-delà des soutiens actifs, une bonne partie de la population qui ne suit que de loin ce qui se passe, sympathise avec cette lutte. En effet, la destruction de terres agricoles, de bocages, et surtout les partenariats public-privé qui illustrent parfaitement l’entourloupe capitaliste permettant au privé d’obtenir des profits alors que la prise en charge des pertes est assurée par les collectivités publiques, ont de plus en plus de mal à passer dans l’opinion publique.


Le combat autogestionnaire à la ZAD avec l’entraide qui y est développée montre que l’on peut coordonner des activités, assurer une certaine justice sans avoir recours à l’État.


La répression policière et gendarmesque menée par l’Etat, pour défendre les intérêts du groupe privé Vinci, constructeur et concessionnaire de l’aéroport, confirme, s’il était besoin, le slogan « gendarmerie et police nationales = milices du Capital ».


Le premier Ministre de l’État français, J-M Ayrault a pu déclarer « Nous ne nous laisserons donc pas dicter une vision du monde qui n’est pas la nôtre »… moyen de dire qu’il voudrait nous dicter la sienne ! De fait, nous ne partageons pas la même vision du monde. Nous ne voulons pas du monde de l’exploitation et du profit, de la destruction de la nature et des animaux. Nous voulons construire un monde sans hiérarchies, basé sur l’entraide où il fait bon vivre.


La Fédération anarchiste dénonce, évidemment, la violence étatique et soutient l’opposition à l’aéroport, telle qu’elle est engagée par la ZAD et ses soutiens. Utilisant tous ses réseaux (ses groupes de militants et militantes, sa radio, sa presse), la Fédération anarchiste appuie pleinement la lutte en cours et se fera toujours l’écho des alternatives autogestionnaires mises en place ici, à la ZAD, et partout ailleurs, en France et dans le monde.


La Fédération anarchiste appelle à rejoindre la lutte sur le terrain, à participer partout aux initiatives de soutien ou à en créer là où il n’y en a pas encore.


Secrétariat aux Relations extérieures de la Fédération anarchiste.

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 23:43

 

«La misère, c’est pas que pour les riches. »   Jacky, au Métro


Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici !

ML-1689-recto.jpgML-1689-verso.jpgActualité

Palestine, Israël, jusqu’à quand ? par W. Chester, page 3

Les fachos sans complexe, par E. Vanhecke, page 5

Violences de calottins, par Louise, page 5

Météo syndicale de J.-P. Germain, page 6

Hôpitaux en concurrence, par Moriel, page 7

La chronique néphrétique de Rodkol, page 8

Debout, les femmes ! par Hélène, page 9

Arguments

Mariage homosexuel et après ? par R. Constant, page 10

Innocenter, mode d’emploi, par R. Dadoun, page 12

International
Courageux libertaires moldaves, page 14

Histoire
L’affaire Pinelli, par Daniel, p 15

Expressions
Un peintre et deux livres, par C. Margat, page 18

Un rêveur captif, par S. Mundo, page 18

Si vous aimez Kiarostami, par H. Hurst, page 19

Mouvement

Vie du mouvement, page 21

Programme de la radio, page 22

Qu’est-ce-qu’on fait ce soir, p 23

Dessinateurs
Aurelio, Jhano, Kalem, Krokaga, La salamandre, Manolo Prolo, Nemo, Riri, Valère

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 16:55
Notre-Dame-des-Landes : la répression s’intensifie, le mouvement s’amplifie !

 

La manif du 17/11 contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44) a rassemblé 40.000 personnes. Depuis sur la ZAD (zone à défendre), ce sont (re)constructions de cabanes dans les arbres, nouveaux bâtiments à la Châtaigneraie et tout plein d’ateliers qui vont bon train. L’auto-organisation se renforce !


Le 23 novembre, 500 forces de « l’ordre » et machines de destruction lancent un nouvel assaut. Démolition du Rosier (1er lieu occupé) et de cabanes sylvestres. Résistance immédiate sur place, avec manifestants et barricades. Mais la répression frappe à coups de matraques et de tirs (souvent tendus) de flashballs, lacrymos et grenades assourdissantes. On compte depuis ce jour une centaine de blessés, parfois graves, avec éclats de grenades dans le corps, lésions externes et internes, surdité brutale, fractures, hémorragies… des barrages de police ont retardé des évacuations pour hospitalisation.


La « justice » condamne les résistants à tour de bras, suite aux arrestations diverses. Le 26 novembre, 5 personnes sont arrêtées par des flics déguisés et infiltrés sur une barricade. Deux jours après, comparution immédiate et lourdes peines : une personne prend 10 mois dont 5 fermes avec mandat de dépôt et interdiction de séjour en Loire-Atlantique. Arrestations aussi chez des soutiens ailleurs en France, dont 80 à Paris lors d’une manif. Alors même que « droit » et recours juridiques sont  bafoués par l’Etat sur la ZAD, ce qui montre une fois de plus que la « justice » est un instrument à sens unique au profit de l’Etat et de la bourgeoisie.


Sur place, c’est l’unité qui prévaut dans la diversité tactique, la résistance continue et s’enracine. Malgré les entourloupes du gouvernement Ayrault, qui annonce une  « commission de dialogue » le soir du 24 novembre… en même temps qu’un nouvel assaut policier est lancé ! Les « écolos » d’EELV se « félicitent » de cette annonce, tentant ainsi de justifier leur présence au gouvernement… alors que de toute façon « l’aéroport se fera », dixit Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement. Valls parle de « kyste », Ayrault d’ « anarcho-autonomes casseurs ». Ces tentatives de dissocier « bons » et « mauvais » manifestants rappellent d’ailleurs les propos « d’écolos » d’EELV (De Rugy, Magnen, Pompili) dénonçant les « squatteurs », les « ultras » à « virer », les « extrémistes ».


Dans de nombreuses villes, dès le 23 novembre on compte une cinquantaine de rassemblements de soutien, à Rennes la préfecture est encerclée, à Saint-Affrique (Aveyron) la mairie PS occupée. A Nantes le 24, des milliers de manifestants (que les flics ciblent par jets d’eau et lacrymos) et le lendemain, 70 élus s’enchaînent devant la préfecture. Les actions solidaires se multiplient partout : tags de soutien, dégradations de nombreux locaux PS… La lutte de NDDL rejoint celle contre d’autres grands chantiers inutiles, ruineux et destructeurs (pylônes THT dans la Manche, LGV Lyon-Turin…) : le soutien actif sur place se double d’une contestation plus large contre ces partenariats public-privé, imposés par les Etats dont le but est de maintenir par la force le modèle capitaliste productiviste.


Contre la répression ! Soutien solidaire, on ne lâchera pas l’affaire ! Voir le site zad.nadir.org pour infos continues. Rdv les 15-16 décembre sur la ZAD pour une rencontre inter-comités locaux/nationaux.


Camomille, Pavillon Noir (FA 86), 29 novembre 2012

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 16:32

Stop-nucléaire 56 / Trawalc'h s'oppose au nucléaire civil et militaire, et en particulier au chantier EPR-THT.

Le chantier de l'EPR a déjà connu des déboires (malfaçons, retards). Son prix à plus que doublé (plus de 6 milliards d'euros). Sa dangerosité est impressionnante (non résistance à la chute d'un avion gros porteur, défaut du système de contrôle commande...). Les Etats-Unis ont récemment décidé d'ailleurs de refuser sa construction sur leur territoire.

La ligne THT de 163 Km qui servirait à transporter le surplus d'énergie produite par l'EPR – alors qu'il faudrait mettre en œuvre des économies d'énergie – est une ligne Très Haute Tension de 400 000 volts traversant 4 départements, soit 64 communes et tirée sur 420 pylônes. Imposée aux populations locales, et dangereuse sur un plan sanitaire, elle  correspond à des intérêts privés liés à l'industrie nucléaire.

La lutte contre sa construction s'est surtout concentrée autour du Chefresne, petite commune de la Manche. L'ex-maire * et la population dans son ensemble – qui sont pour un arrêt immédiat du nucléaire – sont hostiles à la THT. De nombreuses actions publiques ont été organisées pour contrer le chantier de la THT. L'Etat a répondu systématiquement par la répression et la violence contre les résistants du nucléaire (blessés et procès).

Cette lutte n'aura du succès que si elle s'étend et se développe partout.

Le nucléaire, dont la menace ne connaît aucune frontière, n'est pas plus acceptable ailleurs que chez soi. Cette lutte est légitime et nécessaire et mérite autant d'attention que celle de Notre-Dames-des-Landes.

Notre action vise à montrer que le mouvement anti-THT est présent au-delà des territoires concernés directement. Elle est un geste de solidarité envers les résistants et résistantes du Chefresne.

Une première action symbolique et médiatique aura lieu le samedi 1er décembre à Saint-Avé pour dénoncer la complicité d'une entreprise. D'autres suivront pour diriger les projecteurs sur d'autres entreprises.

Lieu et heure de rendez-vous : aire de co-voiturage se trouvant au niveau du "giratoire des 3 rois", entre le boulevard de Pontivy et la quatre voies D767 en direction de Pontivy (de l'autre côté du giratoire : garage citroën et Super U), à 11 h.

* ex-maire aujourd'hui puisqu'il a choisi de démissionner suite à une garde à vue et une réquisition pour organiser le scrutin législatif, que lui et ses conseillers voulaient boycotter.

Stop Nucléaire 56 / Trawalc’h

6 rue de la Tannerie - 56000 VANNES, Tél. 06 65 72 31 66 - stop-nucleaire56@laposte.net

 

Note : Le groupe Lochu est adhérent et actif au sein de Stop nucléaire 56 Trawac'h.

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 23:37

Vinci, pilier du nucléaire

vinci nuitLe nucléaire ne se développe pas pour répondre à nos besoins. Il ne progresse pas non plus à cause de quelques « irresponsables » qui oublient d’éteindre la veilleuse de la télé. Au contraire, il provient d’un véritable système organisé où les plus grands acteurs sont aussi les principaux, voire uniques, bénéficiaires. Parmi ceux-ci, Areva et EDF sont les plus médiatisés, mais on oublie trop souvent que d’autres ont des responsabilités tout aussi importantes. Vinci est le partenaire incontournable d’Areva. Depuis le début du nucléaire français, dans les années 40, Vinci a permis sa réalisation (83 % du parc nucléaire français) et n’a pas cessé d’en faire la promotion et d’en empocher les bénéfices.


Le groupe Vinci s’est imposé dans toute la chaîne du nucléaire. A travers sa filiale Sogea Satom, il exploite avec Areva des mines d’uranium au Gabon et au Niger. Malgré de nombreuses intimidations et une forte répression, les conditions d’exploitation de ces mines ont pu être dénoncées par des travailleurs et des associations. Dès la sortie des mines, les minerais sont acheminés vers l’Europe grâce à des infrastructures de transport réalisées par lui même. Par exemple, la « Route de l’uranium » qui relie Arlit à Tahoua a été réalisée uniquement à cette fin.


Après avoir construit quatre centrales nucléaires sur cinq en France et 60 % des centrales du Royaume Uni, Vinci Construction Grands Projets se lance sur les nouveaux marchés qu’offrent les EPR : Centrale de Flamanville, nouveau programme nucléaire britannique, développement du nucléaire en Inde et en Chine. Leurs contrats ne s’arrêtent pas à la construction, Vinci (Nuvia, Vinci Energie) assure également la maintenance et la prolongation de la durée de vie des centrales.


Omexom se charge pour le compte d’EDF de la transformation haute tension à la sortie des centrales ainsi que de la distribution de l’électricité pour les structures industrielles, ferroviaires et les réseaux de transports.


Le groupe est présent jusqu’à la fin du cycle : Nuvia s’occupe du démantèlement des centrales ainsi que de la gestion des déchets. Il pousse même le cynisme jusqu’à décrocher des contrats après les catastrophes nucléaires : Vinci Construction Grands Projets avec Bouygues Travaux Publics prend en charge le confinement du sarcophage de Tchernobyl, et serait en cours de signer des contrats de reconstruction à Fukushima. En tant qu’expert en catastrophes nucléaires, Vinci sait tirer profit de toutes les situations.


D’ailleurs, comme si tout cela ne suffisait pas, Vinci se vante d’être à la pointe des dernières expérimentations les plus délirantes : la première centrale sur une faille sismique, le projet de fusion nucléaire ITER (Cadarache), le stockage en milieu argileux des déchets radioactifs (Bure), le réacteur d’essai à terre des moteurs des sous-marins nucléaires,…


Le nucléaire, pilier du capital

En dehors des catastrophes et de la problématique des déchets, le nucléaire crée une nuisance bien plus insidieuse. C’est une technologie de pointe qui nécessite un très grand degré de spécialisation. Elle est donc concentrée entre les mains de quelques experts à qui nous sommes condamné-e-s à donner notre confiance. Nous n’avons plus aucun contrôle sur eux et nous nous retrouvons totalement dépossédé-e-s. En cas de renversement de cette société serions-nous en capacité d’arrêter les centrales ?


Le nucléaire civil est étroitement lié au nucléaire militaire, ce n’est pas pour rien que les états occidentaux refusent à l’Iran l’accès à cette technologie. En raison de son potentiel de destruction massive, le développement du nucléaire est accompagné de la militarisation de toute sa filière. Le secret technologique devient alors secret défense et chaque site nucléaire devient une zone militaire. Cadarache en est un bon exemple. Au même titre que le pétrole, l’uranium représente un intérêt économique majeur qui entraîne l’augmentation de la présence militaire française dans les pays producteurs comme le Niger et la Côte d’Ivoire.


Le nucléaire favorise et maintient la grosse industrie. Tout le système de production capitaliste repose sur les capacités énergétiques du nucléaire. Et pour que la machine puisse s’étendre partout sans limite, il faut que des lignes THT tissent leurs toiles à travers le monde. On peut alors aménager chaque portion du territoire, faire des lignes ferroviaires à grande vitesse, des aéroports et autres zones commerciales. Le nucléaire est donc un des principaux piliers du capitalisme.


Dans la concurrence acharnée à laquelle se livrent les États, la France n’avait pas de pétrole, mais des idées. Le nucléaire est donc devenu LE choix stratégique qu’elle porte depuis des années favorisant l’implantation de Vinci et d’Areva aux quatre coins du monde. Lors de ses visites à l’étranger, Sarkozy se fait le premier représentant commercial de Vinci pour vendre des EPR.

Vinci capitale du pilier (en béton armé !)

L’activité de Vinci ne se limite pas au nucléaire. Il est le leader mondial de « construction-concession ». Par le biais de milliers de filiales, le groupe Vinci – tout comme Bouygues et Eiffage – agit dans des domaines très variés. Il construit et exploite des autoroutes (Cofiroute, ASF, Escota), des parkings (Vinci park), des terminaux pétroliers, des stades de foot, des aéroports (Vinci Airport), des projets immobiliers (Vinci immobilier) et de nombreux autres aménagements urbains (Eurovia, GTM…). La moitié de son chiffre d’affaires provient de la maintenance des industries. Il est implanté dans une centaine de pays et continue son expansion grâce au rachat continu d’entreprises plus petites.


Certains projets de Vinci rencontrent une opposition plus marquée. C’est le cas de la Ligne Grande Vitesse Sud Europe Atlantique, projet très contesté dans les régions concernées. Plusieurs collectifs et associations organisent des manifestations pour dire stop aux grands projets destructeurs et coordonner des actions en Europe.


L’autoroute que construit Vinci entre Moscou et Saint-Pétersbourg saccage entre autres, à Khimki, la dernière forêt moscovite. Noyé dans la corruption, ce projet d’expansion urbanistique s’impose aux habitants et n’avance qu’à coups de violences policières contre les opposants. Le campement de résistance installé dans la forêt a également été la cible d’attaques par des milices fascistes. Le tabassage, les tortures, les menaces, les inculpations pénales et les assassinats sont certains des moyens de répression mis en œuvre par le capital afin de défendre ses propres intérêts sous prétexte de travaux publics.


A Notre-Dame des Landes (44), depuis 40 ans, un projet d’aéroport international s’inscrit dans une expansion de la métropole Nantes/Saint-Nazaire. Aujourd’hui, Vinci s’est emparé de ce chantier d’aéroport éco-labellisé. Le groupe et ses alliés publics entendent mener les travaux à terme, tout en prétendant respecter une démarche démocratique : par exemple, une enquête publique encadrée par une multitude de gendarmes et de gardes mobiles. Face à cette hypocrisie, les terrains concernés par le projet sont occupés et le combat s’intensifie.


Vinci pose lui-même ses propres alternatives. Ainsi, il s’empare petit à petit du marché de l’éolien et du solaire. Même si ces énergies paraissent plus séduisantes pour beaucoup de personnes, il ne s’agit pas là de remettre en cause le système de production et de distribution de l’électricité. Il s’agit au contraire d’intégrer ces sources d’énergie au système pour pouvoir produire toujours plus. Cela ne va pas nous rendre moins dépendant des grosses entreprises et ne nous aide en rien à gagner en autonomie.


L’État, Vinci et tous les profiteurs n’ont aucun scrupule à répandre la propagande culpabilisante des « gestes eco-responsables ». Quand ils s’enrichissent sur le désastre, si nous sommes responsables de quelque chose, c’est surtout de les laisser nous dicter leurs solutions pour colmater les fissures de l’édifice.
 

 

Pour ébranler l’édifice, attaquons ses piliers !

Un blog existe sur Vinci et les luttes qui lui font face. N’hésitez pas à le consulter et à l’enrichir sur http://www.stopvinci.noblogs.org. Ce texte a été distribué à la manifestation antinucléaire de Rennes le 15 octobre 2011 et garde toute sa pertinence.

 

banderole societe totalitaire 240312

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Mardi 10 novembre - Vannes, Lorient et Pontivy - Appel unitaire à la grève. Rassemblements (autorisés) des personnels de l’Éducation Nationale (écoles, collèges, lycées) pour l'amélioration des conditions sanitaires, pour l'allègement des effectifs et le recrutement de personnels (ceux des listes complémentaires etc...) . 10h30 Vannes, devant la DSDEN (3, Allée du Général Le Troadec), 10h30 Lorient devant la sous-préfecture, 10h30 à Pontivy à La Plaine. A l'appel des syndicats de l’Éducation Cgt, Fo, Fsu et Sud

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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