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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:26

A l'appel du Collectif Bretagne Terre d'Asile

Manifestation pour sauver Jean-Marc Ayrault
(et la France avec)

SAMEDI 3 NOVEMBRE, à partir de 9h
à SARZEAU (rond-point de Super U)

Nous, collectif de citoyens morbihannais, exprimons notre plus vive inquiétude pour le devenir de notre premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Nous avons conscience que, après son opération de sauvetage des pigeons du CAC40, après sa sortie sur le bienfondé d'un débat sur le retour au 39h de travail hebdomadaire et surtout après le marasme de son opération « César » face aux irréductibles de Notre Dame des Landes pour imposer son « ayraultport » au Nord de Nantes, il serait difficile de justifier son maintien à Matignon. Et nous sommes des gens de bon sens : nous n'en demanderons pas tant !

Cependant, que serait le sens de l'hospitalité sans faille des Bretons si nous n'étions pas capable de nous émouvoir à la vue d'un pauvre homme, rejeté de sa terre d'origine (quand on provoque une guerre civile dans sa région, il faut s'attendre à ne plus y être le bienvenu...), abandonné de ses meilleurs amis, raillé de tous ?

Dans notre infinie bonté d'âme, nous souhaitons donc demander à François Hollande de bien vouloir lui accorder l'exil politique vers la presqu'île de Rhuys, à Sarzeau, là où il possède une résidence secondaire. Nous sommes bien convaincus qu'en faisant ce geste historique, la Bretagne sauverait à la fois un homme, mais aussi et surtout le pays tout entier de la ruine à laquelle ce gouvernement le mène si sûrement.

Notre bonté a cependant des limites, et, pour la sécurité publique de notre région, nous exigerons qu'en contrepartie de cet asile paisible où il finira ses jours en paix, Jean-Marc Ayrault ne puisse plus jamais, mais alors jamais, faire de politique.

TOUS ET TOUTES A SARZEAU POUR DEMANDER L'EXIL POLITIQUE DE JEAN-MARC AYRAULT !

Pour contacter le Collectif Bretagne terre d'asile :
milochat@ymail.com
0688906831


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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 22:22

Même si ce n'est pas inédit, il n'est pas courant que la fédération anarchiste signe un texte commun avec des organisations réformistes, mais quand le texte (donc l'analyse) est pas mal et que les circonstances sont particulières, la mutualisation des moyens est à privilégier.

 

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Expulsions des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes : Halte à la répression, stop à l'aéroport ! (communiqué unitaire)
samedi 27 octobre 2012
 
Depuis le 16 octobre, l'agression subie par les habitants de la zone concernée par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44), a franchi un nouveau cran.

Parce qu'ils défendaient la préservation des terres agricoles, des écosystèmes, et ont mis en place des modes de vie alternatifs, les habitants de la ZAD (Zone d'aménagement différé renommée Zone A Défendre) et leurs familles ont été chassés de leurs maisons, 15 jours avant le début de la trêve hivernale, et ces maisons détruites, parfois illégalement, par les forces de l'ordre. Nous condamnons la violence déployée depuis la semaine dernière lors des expulsions par les gendarmes mobiles et CRS envoyés par le gouvernement, qui illustre ainsi une nouvelle fois son soutien à la multinationale Vinci, maîtresse d’œuvre du projet d'aéroport.

Depuis plusieurs années, les habitants, et les paysans de Notre-Dame-des-Landes se battent contre un projet inutile, coûteux, destructeur de la nature et des terres agricoles (1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l'aéroport, et des milliers d'autres pour les zones commerciales et industrielles sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes). Ces terres sont indispensables pour développer une agriculture saine et de proximité, leur destruction est une signe supplémentaire que le capitalisme est un modèle de développement économique irrationnel. Quand toutes les terres agricoles seront construites comment ferons-nous pour nous nourrir, et où ira se nicher la vie végétale et animale ?

Alors que le gouvernement n'a que la réduction des déficits à la bouche, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d'euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n'arrive même pas à démontrer l'utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement exorbitant à Vinci ?

Depuis l'expulsion, les manifestations de soutiens et les actions entreprises un peu partout en France sont de plus en plus nombreuses et témoignent d'une résistance qui est en marche.

Nous dénonçons les expulsions et destructions, l'occupation de la zone par les forces de l'ordre, la répression, ainsi que l’acharnement du 1er ministre J.M Ayrault, ancien maire de Nantes, à poursuivre le projet d'aéroport. Nous soutenons les initiatives de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes et appelons à rejoindre les comités de solidarité et de résistance pour stopper ce projet.

L'heure est à la convergence de toutes les initiatives pour faire reculer le gouvernement.

Alter Ekolo, Alternative Libertaire, ATTAC, Fédération Anarchiste, Fédération pour une Alternative Sociale et Écologiste, Gauche Anticapitaliste, Ile-de-France Décroissance, Initiative Pour un Autre Monde (IPAM), Les Alternatifs, Les Amis de la Confédération Paysanne, Mouvement des objecteurs de Croissance, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Pour La Décroissance, Relocalisons, Union Syndicale Solidaires
 
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affiche-manif reoccup-diff-WEB-ed8b1
et sur la toile :
- un autre de Bastamag
- "Notre-Dame-des-Landes, au coeur de la lutte" le film réalisé par Christophe Kergosien et Pierrick Morin - durée 1h10
- action du 22 octobre à Metz : http://www.cnt-f.org/spip.php?article2040
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 21:29

Pour connaître les kiosques qui les distribuent près de chez vous, cliquez ici !

 

MLHS46promo.jpg

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 21:10

SolidariteNDDLweb-3-4c7ce.jpgLa ZAD débarque sur la place publique à Vannes !

 

Pour les opposant-e-s morbihannais-es à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44), le RDV était organisé à 9h30, à Vannes, devant le parking Vinci de la place de la République, près de la poste. Nous avons pu constater qu'un premier affichage anti-aéroport et de soutien aux expulsé-e-s avait eu lieu la veille.

Par l'action d'une quarantaine de personnes, vers 10h, le parking de Vinci (groupe privé chargé de construire puis gérer l'aéroport) est soudainement devenu gratuit, à l'une des entrées : la barrière est étonnament restée bloquée en l'air et les machines de paiement ne fonctionnaient bizarrement plus (comme si quelqu'un y avait glissé quelque chose empêchant qu'on y indroduise une carte bancaire ou même de la monnaie...). L'aubaine était belle pour les automobilistes... y compris pour certain-e-s favorables à cet aéroport ! Une banderole fut déployée, des centaines de tracts distribués, des pétitions signées : à Vannes, il y a tout de même une majorité de personnes qui refusent ce foutu aéroport qui artificialiserait près de 2000 ha de bocages et zones humides ! Au bout d'un certain temps, c'est tout le parking qui fut rendu totalement gratuit. Pas de flics en unifomes en vue, juste les RG... Les journalistes présents ont signalé que les consignes de leur direction étaient de traiter a minima ce sujet. Pas croyable, on ne s'en était pas rendu compte...

 

Les Indigné-e-s ont mené de leur côté leur déambulation en zombies contre la finance et contre le plan d'austérité. Ils nous ont rejoint-e-s en criant "Vinci dégage : résistance et sabotage" ou "P comme pourris et S comme salauds, à bas le Parti Socialo" et d'autres slogans du même tonneau, agréables à nos oreilles. Dans certaines banques de la place vannetaise où ils ont pénétré, ils et elles ont réalisé une chorégraphie dénonçant l'emprise des banques, tout en distribuant force tracts...

Une matinée militante à Vannes !

 

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Selon Ouest-France du samedi 27 octobre 2012

Vannes. Les opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes manifestent devant le parking Vinci

 

Ce matin, une trentaine d’opposants au futur aéroport Notre-Dame-des-Landes ont manifesté à Vannes.

Ce matin, une trentaine d’opposants au futur aéroport Notre-Dame-des-Landes ont manifesté à Vannes. Postés devant le parking République géré par Vinci, concessionnaire également du futur aéroport, ils ont dénoncé les expulsions par les forces de l’ordre qui ont eu lieu la semaine dernière. Le Collectif 56 en a aussi profité pour distribuer des tracts informant les contribuables morbihannais sur ce que l’aéroport coûtera aux Morbihannais via les investissements réalisés par le conseil général et le conseil régional.

 

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Selon Le Télégramme du 27 octobre 2012

Vannes. Manifestation ce matin contre l'aéroport Notre-Dame des Landes 

Une trentaine d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes (44) manifestent ce samedi matin, place de la République, à Vannes. Ils dénoncent notamment les expulsions en cours sur le site. Des tracts sont distribués aux passants.
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Selon le Télégramme du 28 octobre 2012 : 

Aéroport Notre-Dame des Landes. «Vinci nous envahit»

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Une trentaine d'opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des- Landes (44) se sont retrouvés hier matin, place de la République, devant le parking exploité par Vinci, concessionnaire du futur aéroport. «Vinci nous envahit», ont clamé les manifestants, qui estiment qu'il n'y a «pas besoin d'un nouvel aéroport en Bretagne» et qui dénoncent «la destruction de 2.000 hectares de terres agricoles et de zones humides, sur l'un des principaux bassins laitiers de la région». Ils ont distribué des tracts aux passants et aux automobilistes, pour soutenir les 150 opposants qui occupent depuis trois ans les maisons expropriées sur le site, et qui sont menacés d'expulsion.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 22:37

Repris à nos ami-e-s de GROIX (merci à eux et elles !)

 

 

 

 

 

 

Version Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=w0MN2nb9ofc

 

Mardi 16 Octobre 2012, un tsunami d'expulsions sur la Zone à Défendre (ZAD) au nord de Nantes, sur la commune de Notre Dame des Landes, est  "orchestré" et mis en spectacle par le gouvernement éco-socialiste pour le compte de Vinci et ses filières.

Le lendemain et les jours qui suivent, dans la presse unanime, moutonnière, les 150 squatteurs se sont fait délogés pacifiquement et ont été évacués de la Zone.

La réalité est toute autre, la résistance s'organise, la vie sera défendue jusqu'à la mort…

Ce nouvel aéroport est devenu le symbole des Grands Projets Inutiles Imposés (GPII).

Jean-Marc Ayrault, soi-disant "socialiste", mais avant tout "capitaliste", et Cécile Duflot soi-disant  "écologiste" et "ministre du logement", mais avant tout "écoclown" et  "ministre du déménagement", sont les premiers soumis à Vinci, et responsables de ce carnage annoncé, inutile et aberrant.

Partout en France, en Europe et dans le Monde, le constat est le même. Partout, des populations civiles se lèvent contre ces Grands Projets Inutiles Imposés.

C'est le moment ou jamais, de rejeter la demande du marché pour écouter la demande de l'humain...



Dernières infos sur la situation:

http://zad.nadir.org/

http://lutteaeroportnddl.wordpress.com/

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 16:25

ecology by vinciLes opposant-e-s morbihannais-es à l'aéroport de Notre-dame-des-Landes (44) dénoncent les expulsions des occupant-e-s de la ZAD où est censé se construire le futur aéroport, au bénéfice de la multinationale Vinci. Pour affirmer notre solidarité avec les résistant-e-s anti-aéroport, et pour redire combien nous nous opposons aux conséquences environnementales et sociales que cet aéroport engendrerait, rendez-vous à Vannes, devant la Poste, samedi 27 octobre dès 9h30.


La lutte rejoindra ensuite celle des Indigné-e-s à 10h30, à l'esplanade du port, pour une action directe non violente et festive "la finance m'a tuer" contre le plan d'austérité européen et pour dénoncer les établissements financiers qui ont plongé les populations dans une grave crise sociale.

 

la finance ma tuerla finance ma tuer 2

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 18:54
A la foire bio de Muzillac (Morbihan), les 29 et 30 septembre 2012, était invitée la courageuse pourfendeuse de la multinationale Monsanto, Marie-Monique Robin, pour son excellent documentaire "Notre poison quotidien". Dans ce film, elle questionne et dénonce l'industrie des pesticides et du plastique pour la dangerosité de ces produits sur notre santé. Elle ne manque pas non plus de mettre en lumière les institutions internationales, européennes et françaises pour leur connivence avec les industriels de la chimie. A la tribune, elle était accompagnée par Joël Labbé, sénateur du Morbihan affilié à Europe Ecologie Les Verts (EELV), ancien Conseiller général du Canton d'Elven, et toujours maire de Saint-Nolff.

Connu pour certains engagements écologistes (anti OGM, Parc naturel régional...), notre sénateur EELV a fait part des difficultés qu'il rencontrait à convaincre les sénateurs adhérents d'autres partis politiques de l'intérêt de combattre les pesticides. C'est que les lobbies (les capitalistes) sont actifs et tous les politicards qui pioncent au Sénat n'oublient pas pour autant, lors de leur période d'éveil, de défendre les intérêts du Capital. Au cours de ce débat, Marie-Monique Robin et lui-même nous ont fait part d'un autre dossier à l'étude au Sénat : celui de l'interdiction (ou non) du bisphénol A... substance particulièrement dangereuse pour les humains, mais plus spécialement pour les nourrissons et enfants. Notre sénateur EELV était bien sûr déterminé sur ce dossier.

Or le Canard Enchaîné du 17 octobre 2012 nous apprend dans son article "Bons baisers des écolos" :

"Onze des douze sénateurs écologistes sont-ils encore... écologistes ? Le 4 octobre, lors de la discussion du projet de loi sur l'interdiction de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A, certains sénateurs présents en commission des affaires sociales ont eu la surprise de voir leurs collègues écologistes soutenir un drôle d'amendement.
Cet amendement défendu par le gouvernement spécifie que l'interdiction du bisphénol A n'entrera en vigueur que le 1er janvier 2015. Rappelons que l'Assemblée de droite avait voté, en 2011, un retrait total du bisphénol A pour le... 1er janvier 2014. Le Sénat a donc décidé d'accorder un sursis supplémentaire d'un an aux entreprises françaises. Et ce avec la bénédiction des écolos...
Explication : soucieux de faire oublier leur défection sur le vote du traité budgétaire, les bouillants Verts se sont montrés bien dociles avec leur grand allié PS sur un sujet qu'ils défendent pourtant bec et ongles dans d'autres occasions (...)."

Naïvement, après l'avoir entendu à Muzillac, nous nous attendions à ce que le sénateur morbihannais Joël Labbé serait celui qui n'a pas voté ce sursis au bisphénol A et donc aux industriels de la chimie qui nous bousillent la santé. Or, le Canard enchaîné finit de nous enlever toutes nos illusions (ironie) :

"Seule la sénatrice verte Leila Aïchi, saisie par les ONG, s'est insurgée contre ce vote en défendant en séance, le 9 octobre, un amendement rétablissant la date de 2014. Son texte a été repoussé."

Mais, ce n'est pas fini, les sénateurs EELV se roulent littéralement dans une boue chargée de perturbateurs endocriniens : "Vilipendée pas ses collègues sénateurs, Leila Aïchi a été accusée par le président du groupe, Jean-Vincent Placé, d'avoir provoqué des "cafouillages qui n'ont pas grandi (notre) image.""
 
La discipline de Parti, c'est-à-dire le renoncement à ses propres convictions, est une caractéristique fort commune à tous les partis politiques, organisations hiérarchiques. Les institutions mises en place par la société de classes et son Etat, c'est-à-dire la pseudo démocratie, ne sont pas les lieux où vont s'épanouir les idées neuves et émancipatrices mais au contraire où vont s'échouer les plus sincères (à de très rares exceptions qui ne changent pas la face de l'oppression de classe). Ainsi sont-elles faites !
 
"Le Pouvoir est maudit, c'est pour cela que je suis anarchiste", constatait déjà Louise Michel après la dérive autoritaire et l'échec du Comité de salut public de la Commune de Paris (1871).
 
Remarquons aussi que lorsqu’ils sont « marqués à la culotte » par les associations militantes, les élu-e-s ont moins tendance à déraper… A méditer peut-être ?!
 
Concernant EELV, nous citerons pour conclure un connaisseur à la fois de ce parti et du fourvoiement... qu'il a pratiqué lui-même en quittant l'anarchisme de ses jeunes années pour s'avachir rapidement et de plus en plus profondément dans le libéralisme bourgeois.

Ainsi, Daniel Cohn-Bendit, dans un entretien paru vendredi 22 juin 2012 dans Libération et cité par Le Monde, constate : "On existe à l'Assemblée, au Sénat et au gouvernement, mais plus dans la société. Nos succès institutionnels ne sont pas accompagnés, bien au contraire, d'une dynamique citoyenne. Notre image est devenue détestable. Nous avons échoué là où on voulait redonner espoir en faisant de la politique autrement. Aujourd'hui, nous incarnons souvent l'insoutenable légèreté de l'arrivisme."
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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 10:36

 

L'information circulait depuis quelques jours : le gouvernement socialo-écologiste mobilisait des troupes de gardes mobiles et de CRS (plusieurs centaines), des tractopelles pour déloger les occupants et occupantes installé-e-s, un peu partout, sur la zone d'aménagement différé, faite de bocages, de terres agricoles, destinée à construire le futur aéroport international de Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.

 

Si, pour le moment, ne sont visés que les occupants considérés comme illégaux par les tribunaux, les procédures sont en cours pour expulser les propriétaires, les locataires et paysans concernés de la zone.

 

Cet endroit avait été rebaptisé Zone à défendre (ZAD) par les résistants et résistantes opposé-e-s à l'aménagement capitaliste du territoire, à un projet ruineux qui ne répond pas aux besoins de la population, mais à des ambitions politico-financières, et qui saccagerait l’environnement. Il y a 40 ans que ce projet existe et que les premières expropriations ont débuté.

 

Cette zone à défendre appartient, légalement, à la multinationale Vinci, chargée de construire et gérer ensuite cet aéroport, dans le cadre d'un partenariat public-privé, très avantageux pour le groupe financier. En effet, les collectivités locales s'engagent à compenser les éventuelles pertes qui pourraient survenir... durant 55 ans !

 

Mais cette ZAD est aussi devenue, depuis plus de 3 ans, le lieu d'expériences alternatives et autogérées très intéressantes pour plus d'une centaine de personnes y résidant et pour les milliers qui y sont passées, appréciant la créativité : terres maraîchères défrichées collectivement, construction de cabanes, de fours à pains, cuisines collectives, rencontres, échanges de savoir (de la sérigraphie à la découverte des plantes sauvages comestibles), concerts à prix libre, une radio locale (Radio Klaxon), une revue (Lèse béton)…

 

Ce projet d’aéroport est porté, en particulier, par l'actuel Premier ministre Jean-Marc Ayrault (ex maire de Nantes et ex député, conseiller municipal de Nantes et conseiller communautaire de Nantes métropole depuis le 21 juin 2012), qui en fait une affaire personnelle, sans doute afin de laisser son nom glorieux dans l'Histoire des "grands chantiers". Nul-le ne peut donc être surpris-e du déploiement massif de forces de l'ordre pour satisfaire les intérêts d'un potentat local, des partis politiques alliés officiellement dans cette affaire (PS et UMP) et de ceux qui le sont, de fait, comme EELV, en tant que co-gestionnaires au Gouvernement et au Parlement. Les soit-disant écologistes de EELV, une fois de plus, retournent leur veste – malgré leurs rodomontades pré-électorales contre l'aéroport – pour le confort de quelques ministères.

 

Ainsi, mardi 16 octobre, les forces de l'État ont commencé, tôt le matin, à déloger des habitant-e-s de la ZAD, détruisant des habitations, en murant d’autres. Bien prétentieux et décalé de la réalité, le préfet annonçait, dès 10 h 30, que la mission était accomplie. Or, si certains lieux d'habitation ont été démolis, fermés, la résistance continue de plus belle et reçoit de plus en plus de soutiens !

 

La Fédération anarchiste se déclare entièrement solidaire de la lutte des résistant-e-s à l'aéroport et à son monde glacé du Capital et de l'État ; en un mot : du Pouvoir. La Fédération anarchiste apportera toute l'aide qu'elle peut, à la mesure de ses moyens, pour que ceux et celles qui y habitent puissent continuer à faire vivre cette Zone à défendre.

 

Fédération anarchiste, secrétariat aux relations extérieures.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 21:00

Intervention du 10 octobre 2012

On reproche souvent aux anarchistes d’être anticapitalistes, anti-étatistes, anti-religieux, antimilitaristes… ; bref, anti-tout. En fait, c’est normal, vu qu’il n’y a rien de bien. Ce que l’on sait moins, c’est qu’ils et elles sont capables de construire, l’Histoire le montre : des Bourses du Travail, des athénées (c’est-à-dire des universités populaires), des bibliothèques, des cours du soir, des formations, des structures autogérées…). Une « obscure besogne » que les médias ne relaieront pas… sauf s’il y a de la violence.

L’expérience la plus significative reste la révolution espagnole, commencée en juillet 36, et au cours de laquelle 20 000 entreprises industrielles ou commerciales ont été expropriées et gérées directement par les travailleurs, dans tous les secteurs (transports, métallurgie, textile, eau, gaz, électricité…). C’est dans le domaine agraire que la collectivisation a été la plus achevée : abolition de la monnaie, remaniement des limites communales, entraide entre collectivités riches et pauvres, égalisation des rémunérations, mise en commun des outils et des récoltes. Le peuple espagnol résistera jusqu’en mars 39 à la coalition de la réaction et du fascisme européen.

Parce qu’effectivement, les anarchistes ont un projet de société, non pas une société clés en main, non pas une doctrine rigide, ce qui serait vite taxé de totalitarisme, mais au moins dans les grandes lignes. Or cette société n’aurait rien à voir avec celle que l’on connaît – ou plutôt que l’on subit – aujourd’hui. Un autre monde est possible, mais pas celui véhiculé par le réformisme. Si l’anarchisme est une utopie, c’est seulement parce que l’Homme n’a pas encore su jusqu’à présent mettre en œuvre cette société. Comme disait Théodore Monod, l’utopie n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé.

Le capitalisme se caractérisant principalement par deux aspects, il y aura deux points.

1 – La première caractéristique est la propriété privée des moyens de production et de distribution qui permet l’exploitation de la force de travail des salariés. Par le biais du syndicalisme, les anarchistes s’inscrivent dans les luttes pour préserver ou améliorer les salaires et les conditions de travail. Mais par définition, la justice sociale et l’égalité économique sont rigoureusement impossibles dans un système où la minorité possédante impose sa loi par la force. Et tant qu’il n’y a pas d’égalité économique, l’égalité politique n’est qu’un leurre.

C’est pourquoi nous proposons la gestion directe de l’économie, la prise en mains par la population de ses propres affaires. A partir d’expérimentations sociales en rupture avec les structures autoritaires et hiérarchiques : coopératives, mutuelles, communautés, milieux libres… C’est-à-dire une organisation sociale qui s’appuie sur l’entraide au lieu de la charité, la solidarité à la place de l’exclusion, l’autogestion contre l’exploitation, le fédéralisme contre le centralisme étatique.

Mais si on devait se contenter de socialiser les moyens de production sans remettre en cause la finalité de cette production, sa nature, son volume, l’avenir ne serait guère plus enthousiasmant. Fabriquer des produits de luxe, des gadgets, du jetable ou gérer des usines d’armements ne devrait pas fasciner grand-monde. Ce qui pose le problème de la défense de l’emploi dans une autre perspective, sortant du cadre strictement économique, ce qu’on peut appeler globalement « qualité de vie ». Or moins d’un Français sur quatre serait heureux dans son travail.

Peut-on en effet défendre l’emploi, ou même sauvegarder un groupe industriel, sans une réflexion autour des conséquences de la production sur l’environnement (pollution, gaspillage des ressources) et sur la santé des populations (accidents du travail, maladies professionnelles) ? Par exemple dans l’agroalimentaire, les industries chimique et automobile, le nucléaire.

Peut-on être hostile aux quotas de pêche quand on sait que 75% des zones de pêche sur la planète sont soit exploitées à leur maximum soit surexploitées, c’est-à-dire quand les pêcheurs détruisent leur outil de travail ?

Peut-on ignorer que si des emplois sont créés dans les pays industrialisés, c’est parce que d’autres sont détruits dans les pays pauvres à cause des exportations qui ruinent leurs économies vivrières ? Peut-on continuer à fermer les yeux sur les conditions d’extraction du pétrole et autres matières premières au prétexte que nous avons des réservoirs à remplir ? Peut-on sans cesse remettre à demain un débat de fond qui aurait dû avoir lieu il y a déjà un demi-siècle ? Et si, au contraire, on s’attachait à mener une lutte pour un travail socialement utile, c’est-à-dire s’interroger sur le sens de la production, dans la solidarité internationale, dans la convergence des luttes écologiques et sociales. Ce qui aboutira nécessairement à de nombreuses reconversions. Parce qu’on ne peut plus continuer à produire n’importe quoi n’importe où n’importe comment. Et avec un ministère du redressement productif, c’est mal barré.

2 – On arrive ainsi à la deuxième caractéristique du capitalisme : le type de société qu’il a construit, c’est-à-dire une production et une consommation de masse, fondées sur une fuite en avant technologique, avec les conséquences humaines, sociales, écologiques que l’on connaît : les atteintes à la santé physique et mentale des populations, le mal-être généralisé, le désastre écologique dû à la croissance économique dont le capitalisme a besoin pour survivre, croissance qu’il n’est pourtant plus possible de soutenir puisque nous prélevons déjà les ressources naturelles plus rapidement qu’elles ne se reconstituent. Nous sommes la première génération dans l’Histoire à transmettre à ses descendants un héritage moins favorable que celui qu’elle a reçu (ce n’est pas sombrer dans le jeunisme que de l’affirmer). Nous vivons au-dessus de nos moyens ; ça ne saurait durer très longtemps.

En Mai 68, sur les murs de Paris, on pouvait lire de nombreuses inscriptions (slogans, pensées, poèmes…). Et parmi celles-ci, deux phrases : ° « Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui » ; ° « L’ensemble des travailleurs doit choisir ce qu’il veut consommer pour savoir ce qu’il doit produire ».

Or Mai 68 préfigure la société telle que la conçoivent les anarchistes. Intervenant dans une économie en expansion, mais où se fait cruellement sentir l’absence de projet, d’idéal, Mai 68 n’est pas seulement la défense de l’emploi ou du bulletin de paie, mais aussi une critique de la vie quotidienne, une invitation à reconquérir l’espace et le temps, à ne plus vivre par procuration. Ce n’est pas une répétition de 1789, 1848 ou même 1936. C’est une gigantesque aspiration à la liberté qui va mettre, en vrac, sur la scène publique des thèmes, des revendications chères aux libertaires : le sentiment d’impuissance à maîtriser les conditions de sa propre vie, la bureaucratie qui réclame contrôle de soi, discipline, obéissance et soumission, le mal de vivre d’une génération à qui l’hyperconsommation matérielle n’apporte pas le bonheur, l’atomisation et la mécanisation de la vie urbaine, l’absurdité d’une vie consacrée au travail (métro-boulot-télé-dodo), les multiples méfaits du capitalisme, la corruption de la classe politique, l’illégitimité d’un pouvoir confisqué par un ensemble de spécialistes auto-proclamés, la division dirigeants-exécutants…

Ce qui est vivement ressenti, c’est que le développement économique produit du sous-développement humain, affectif, intellectuel, éthique, et que le progrès scientifique porte en lui des possibilités d’asservissement et de mort. Après des années de pseudo-certitudes, le doute s’est installé. Si le portable se généralise aussi rapidement, c’est parce qu’il permet en partie d’atténuer un sentiment de solitude (ne vaudrait-il pas mieux faciliter de vraies relations sociales ?). Et si la société place le bonheur sous le signe de l’évasion (notamment par l’omniprésence de la voiture), c’est bien parce qu’elle est devenue invivable. L’Homme pourra-t-il ne vivre qu’avec des prothèses ?

Avec tous ses excès inévitables, Mai 68 aura permis des questionnements salutaires et des remises en cause du système et de ses valeurs dominantes, désacralisé l’autorité, mis l’imagination au pouvoir contre un avenir sans surprise, la créativité contre la société du spectacle. Soumettant tous les thèmes à la critique (épanouissement de l’individu, loisirs, sexualité, consommation, cadre de vie…), ce séisme va faire naître, ou réapparaître, ce qu’on appelle les « nouveaux mouvements sociaux » (féminisme, antimilitarisme, écologisme, luttes urbaines, contre-culture, pédagogie antiautoritaire, antipsychiatrie, immigrés, mouvements des « sans » : logis, emploi, papiers…).

Cette période féconde aura aussi permis d’expérimenter de nombreuses pratiques libertaires : la démocratie directe, les débats, les assemblées générales, les rapports, les rédactions et distributions de tracts, les actions illégales, et surtout peut-être d’entrevoir que l’on peut inverser un rapport de forces : dix millions de grévistes ont fait vaciller le pouvoir. Il a fallu des élections pour que tout rentre dans l’ordre.

Alors quand on observe la réalité du plus grand nombre aujourd’hui, dans un contexte économique désastreux, avec une rigueur, une austérité qualifiées d’historiques, on ne peut que s’interroger : comment a-t-on pu passer de l’enthousiasme au désenchantement, de la passion de vivre à la résignation, de la parole libérée au silence des pantoufles, de la contestation au conformisme, du combat social au « réalisme économique », de l’engagement à la démission ?

De nombreux facteurs interviennent dans ce changement : les désillusions de beaucoup après la terreur stalinienne ou le règne de Mao, le brusque retournement du climat intellectuel de la fin des années 70 et des années 80 avec l’idéologie libérale, la brutalité de la mondialisation qui transforme la planète en un immense marché livré à la concurrence, l’abrutissement médiatique et consumériste qui anéantit tout désir d’autonomie, la trahison des gouvernements « socialistes » ou encore l’accompagnement des bureaucraties syndicales.

Mais ces facteurs n’expliquent pas tout. Les dirigeants tirent leur pouvoir de l’adhésion des populations à la société capitaliste moderne, à la course à la consommation, par peur de la liberté, de la responsabilité, de l’initiative.

Le premier remède est donc l’énergie, la détermination. Tempérer le pessimisme de la lucidité par l’optimisme de la volonté. Si Mai 68 a été une révolution seulement ébauchée, il nous appartient aujourd’hui de la terminer. Or la seule façon de détruire radicalement un type d’organisation, c’est de la remplacer immédiatement par des structures différentes. D’où l’intérêt de développer ce qu’on appelle des « alternatives en actes », du type AMAP, groupements d’achats, coopératives, structures autogérées…

Le deuxième remède, c’est l’organisation : si le capitalisme est triomphant (au moins jusqu’à présent), c’est parce qu’il est hyper-organisé. La transformation radicale de la société exige qu’on définisse d’abord des objectifs, et ensuite des moyens :

  ° l’élection et la révocabilité de tout délégué à toute responsabilité particulière ;

  ° le mandat impératif ;

  ° la coordination des activités ;

  ° la circulation permanente de l’information et des idées ;

  ° la pluralité et la diversité des opinions et des tendances.

Ce sont les conditions indispensables à l’émancipation de l’Homme. Si on n’y parvient pas, l’alternative s’appellera barbarie.

Intervention de Jean-Pierre Tertrais au meeting de rue proposé par le groupe La Sociale (Fédération Anarchiste – Rennes), le 10 octobre 2012

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 09:20
fly servitude moderne
Soirée cinémanar, vendredi 19 octobre, à 20 h 30, Palais des arts et des congrès, Place de Bretagne, Vannes.


Projection débat du groupe libertaire Lochu : le documentaire "De la servitude moderne" (52 min ; 2009) analyse les (dys)fonctionnements de la société actuelle, les rapports de domination et d'exploitation à l'encontre des humains, des animaux et de l'environnement, qui la traversent. Il questionne le pourquoi et comment de la soumission de la majorité de la population, pour réfléchir à un projet d'émancipation sociale et individuelle sans argent.

Entrée libre.
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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Mardi 10 novembre - Vannes, Lorient et Pontivy - Appel unitaire à la grève. Rassemblements (autorisés) des personnels de l’Éducation Nationale (écoles, collèges, lycées) pour l'amélioration des conditions sanitaires, pour l'allègement des effectifs et le recrutement de personnels (ceux des listes complémentaires etc...) . 10h30 Vannes, devant la DSDEN (3, Allée du Général Le Troadec), 10h30 Lorient devant la sous-préfecture, 10h30 à Pontivy à La Plaine. A l'appel des syndicats de l’Éducation Cgt, Fo, Fsu et Sud

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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