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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 21:00

Intervention du 10 octobre 2012

On reproche souvent aux anarchistes d’être anticapitalistes, anti-étatistes, anti-religieux, antimilitaristes… ; bref, anti-tout. En fait, c’est normal, vu qu’il n’y a rien de bien. Ce que l’on sait moins, c’est qu’ils et elles sont capables de construire, l’Histoire le montre : des Bourses du Travail, des athénées (c’est-à-dire des universités populaires), des bibliothèques, des cours du soir, des formations, des structures autogérées…). Une « obscure besogne » que les médias ne relaieront pas… sauf s’il y a de la violence.

L’expérience la plus significative reste la révolution espagnole, commencée en juillet 36, et au cours de laquelle 20 000 entreprises industrielles ou commerciales ont été expropriées et gérées directement par les travailleurs, dans tous les secteurs (transports, métallurgie, textile, eau, gaz, électricité…). C’est dans le domaine agraire que la collectivisation a été la plus achevée : abolition de la monnaie, remaniement des limites communales, entraide entre collectivités riches et pauvres, égalisation des rémunérations, mise en commun des outils et des récoltes. Le peuple espagnol résistera jusqu’en mars 39 à la coalition de la réaction et du fascisme européen.

Parce qu’effectivement, les anarchistes ont un projet de société, non pas une société clés en main, non pas une doctrine rigide, ce qui serait vite taxé de totalitarisme, mais au moins dans les grandes lignes. Or cette société n’aurait rien à voir avec celle que l’on connaît – ou plutôt que l’on subit – aujourd’hui. Un autre monde est possible, mais pas celui véhiculé par le réformisme. Si l’anarchisme est une utopie, c’est seulement parce que l’Homme n’a pas encore su jusqu’à présent mettre en œuvre cette société. Comme disait Théodore Monod, l’utopie n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé.

Le capitalisme se caractérisant principalement par deux aspects, il y aura deux points.

1 – La première caractéristique est la propriété privée des moyens de production et de distribution qui permet l’exploitation de la force de travail des salariés. Par le biais du syndicalisme, les anarchistes s’inscrivent dans les luttes pour préserver ou améliorer les salaires et les conditions de travail. Mais par définition, la justice sociale et l’égalité économique sont rigoureusement impossibles dans un système où la minorité possédante impose sa loi par la force. Et tant qu’il n’y a pas d’égalité économique, l’égalité politique n’est qu’un leurre.

C’est pourquoi nous proposons la gestion directe de l’économie, la prise en mains par la population de ses propres affaires. A partir d’expérimentations sociales en rupture avec les structures autoritaires et hiérarchiques : coopératives, mutuelles, communautés, milieux libres… C’est-à-dire une organisation sociale qui s’appuie sur l’entraide au lieu de la charité, la solidarité à la place de l’exclusion, l’autogestion contre l’exploitation, le fédéralisme contre le centralisme étatique.

Mais si on devait se contenter de socialiser les moyens de production sans remettre en cause la finalité de cette production, sa nature, son volume, l’avenir ne serait guère plus enthousiasmant. Fabriquer des produits de luxe, des gadgets, du jetable ou gérer des usines d’armements ne devrait pas fasciner grand-monde. Ce qui pose le problème de la défense de l’emploi dans une autre perspective, sortant du cadre strictement économique, ce qu’on peut appeler globalement « qualité de vie ». Or moins d’un Français sur quatre serait heureux dans son travail.

Peut-on en effet défendre l’emploi, ou même sauvegarder un groupe industriel, sans une réflexion autour des conséquences de la production sur l’environnement (pollution, gaspillage des ressources) et sur la santé des populations (accidents du travail, maladies professionnelles) ? Par exemple dans l’agroalimentaire, les industries chimique et automobile, le nucléaire.

Peut-on être hostile aux quotas de pêche quand on sait que 75% des zones de pêche sur la planète sont soit exploitées à leur maximum soit surexploitées, c’est-à-dire quand les pêcheurs détruisent leur outil de travail ?

Peut-on ignorer que si des emplois sont créés dans les pays industrialisés, c’est parce que d’autres sont détruits dans les pays pauvres à cause des exportations qui ruinent leurs économies vivrières ? Peut-on continuer à fermer les yeux sur les conditions d’extraction du pétrole et autres matières premières au prétexte que nous avons des réservoirs à remplir ? Peut-on sans cesse remettre à demain un débat de fond qui aurait dû avoir lieu il y a déjà un demi-siècle ? Et si, au contraire, on s’attachait à mener une lutte pour un travail socialement utile, c’est-à-dire s’interroger sur le sens de la production, dans la solidarité internationale, dans la convergence des luttes écologiques et sociales. Ce qui aboutira nécessairement à de nombreuses reconversions. Parce qu’on ne peut plus continuer à produire n’importe quoi n’importe où n’importe comment. Et avec un ministère du redressement productif, c’est mal barré.

2 – On arrive ainsi à la deuxième caractéristique du capitalisme : le type de société qu’il a construit, c’est-à-dire une production et une consommation de masse, fondées sur une fuite en avant technologique, avec les conséquences humaines, sociales, écologiques que l’on connaît : les atteintes à la santé physique et mentale des populations, le mal-être généralisé, le désastre écologique dû à la croissance économique dont le capitalisme a besoin pour survivre, croissance qu’il n’est pourtant plus possible de soutenir puisque nous prélevons déjà les ressources naturelles plus rapidement qu’elles ne se reconstituent. Nous sommes la première génération dans l’Histoire à transmettre à ses descendants un héritage moins favorable que celui qu’elle a reçu (ce n’est pas sombrer dans le jeunisme que de l’affirmer). Nous vivons au-dessus de nos moyens ; ça ne saurait durer très longtemps.

En Mai 68, sur les murs de Paris, on pouvait lire de nombreuses inscriptions (slogans, pensées, poèmes…). Et parmi celles-ci, deux phrases : ° « Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui » ; ° « L’ensemble des travailleurs doit choisir ce qu’il veut consommer pour savoir ce qu’il doit produire ».

Or Mai 68 préfigure la société telle que la conçoivent les anarchistes. Intervenant dans une économie en expansion, mais où se fait cruellement sentir l’absence de projet, d’idéal, Mai 68 n’est pas seulement la défense de l’emploi ou du bulletin de paie, mais aussi une critique de la vie quotidienne, une invitation à reconquérir l’espace et le temps, à ne plus vivre par procuration. Ce n’est pas une répétition de 1789, 1848 ou même 1936. C’est une gigantesque aspiration à la liberté qui va mettre, en vrac, sur la scène publique des thèmes, des revendications chères aux libertaires : le sentiment d’impuissance à maîtriser les conditions de sa propre vie, la bureaucratie qui réclame contrôle de soi, discipline, obéissance et soumission, le mal de vivre d’une génération à qui l’hyperconsommation matérielle n’apporte pas le bonheur, l’atomisation et la mécanisation de la vie urbaine, l’absurdité d’une vie consacrée au travail (métro-boulot-télé-dodo), les multiples méfaits du capitalisme, la corruption de la classe politique, l’illégitimité d’un pouvoir confisqué par un ensemble de spécialistes auto-proclamés, la division dirigeants-exécutants…

Ce qui est vivement ressenti, c’est que le développement économique produit du sous-développement humain, affectif, intellectuel, éthique, et que le progrès scientifique porte en lui des possibilités d’asservissement et de mort. Après des années de pseudo-certitudes, le doute s’est installé. Si le portable se généralise aussi rapidement, c’est parce qu’il permet en partie d’atténuer un sentiment de solitude (ne vaudrait-il pas mieux faciliter de vraies relations sociales ?). Et si la société place le bonheur sous le signe de l’évasion (notamment par l’omniprésence de la voiture), c’est bien parce qu’elle est devenue invivable. L’Homme pourra-t-il ne vivre qu’avec des prothèses ?

Avec tous ses excès inévitables, Mai 68 aura permis des questionnements salutaires et des remises en cause du système et de ses valeurs dominantes, désacralisé l’autorité, mis l’imagination au pouvoir contre un avenir sans surprise, la créativité contre la société du spectacle. Soumettant tous les thèmes à la critique (épanouissement de l’individu, loisirs, sexualité, consommation, cadre de vie…), ce séisme va faire naître, ou réapparaître, ce qu’on appelle les « nouveaux mouvements sociaux » (féminisme, antimilitarisme, écologisme, luttes urbaines, contre-culture, pédagogie antiautoritaire, antipsychiatrie, immigrés, mouvements des « sans » : logis, emploi, papiers…).

Cette période féconde aura aussi permis d’expérimenter de nombreuses pratiques libertaires : la démocratie directe, les débats, les assemblées générales, les rapports, les rédactions et distributions de tracts, les actions illégales, et surtout peut-être d’entrevoir que l’on peut inverser un rapport de forces : dix millions de grévistes ont fait vaciller le pouvoir. Il a fallu des élections pour que tout rentre dans l’ordre.

Alors quand on observe la réalité du plus grand nombre aujourd’hui, dans un contexte économique désastreux, avec une rigueur, une austérité qualifiées d’historiques, on ne peut que s’interroger : comment a-t-on pu passer de l’enthousiasme au désenchantement, de la passion de vivre à la résignation, de la parole libérée au silence des pantoufles, de la contestation au conformisme, du combat social au « réalisme économique », de l’engagement à la démission ?

De nombreux facteurs interviennent dans ce changement : les désillusions de beaucoup après la terreur stalinienne ou le règne de Mao, le brusque retournement du climat intellectuel de la fin des années 70 et des années 80 avec l’idéologie libérale, la brutalité de la mondialisation qui transforme la planète en un immense marché livré à la concurrence, l’abrutissement médiatique et consumériste qui anéantit tout désir d’autonomie, la trahison des gouvernements « socialistes » ou encore l’accompagnement des bureaucraties syndicales.

Mais ces facteurs n’expliquent pas tout. Les dirigeants tirent leur pouvoir de l’adhésion des populations à la société capitaliste moderne, à la course à la consommation, par peur de la liberté, de la responsabilité, de l’initiative.

Le premier remède est donc l’énergie, la détermination. Tempérer le pessimisme de la lucidité par l’optimisme de la volonté. Si Mai 68 a été une révolution seulement ébauchée, il nous appartient aujourd’hui de la terminer. Or la seule façon de détruire radicalement un type d’organisation, c’est de la remplacer immédiatement par des structures différentes. D’où l’intérêt de développer ce qu’on appelle des « alternatives en actes », du type AMAP, groupements d’achats, coopératives, structures autogérées…

Le deuxième remède, c’est l’organisation : si le capitalisme est triomphant (au moins jusqu’à présent), c’est parce qu’il est hyper-organisé. La transformation radicale de la société exige qu’on définisse d’abord des objectifs, et ensuite des moyens :

  ° l’élection et la révocabilité de tout délégué à toute responsabilité particulière ;

  ° le mandat impératif ;

  ° la coordination des activités ;

  ° la circulation permanente de l’information et des idées ;

  ° la pluralité et la diversité des opinions et des tendances.

Ce sont les conditions indispensables à l’émancipation de l’Homme. Si on n’y parvient pas, l’alternative s’appellera barbarie.

Intervention de Jean-Pierre Tertrais au meeting de rue proposé par le groupe La Sociale (Fédération Anarchiste – Rennes), le 10 octobre 2012

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 09:20
fly servitude moderne
Soirée cinémanar, vendredi 19 octobre, à 20 h 30, Palais des arts et des congrès, Place de Bretagne, Vannes.


Projection débat du groupe libertaire Lochu : le documentaire "De la servitude moderne" (52 min ; 2009) analyse les (dys)fonctionnements de la société actuelle, les rapports de domination et d'exploitation à l'encontre des humains, des animaux et de l'environnement, qui la traversent. Il questionne le pourquoi et comment de la soumission de la majorité de la population, pour réfléchir à un projet d'émancipation sociale et individuelle sans argent.

Entrée libre.
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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 16:12

«La police est sur les dents, celles des autres, évidemment.»
  Boris Vian

Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici !


ML-1685-recto.jpgActualité

Valls n’a pas mis l’temps, par G. Goutte, page 3

Encore des ouvriers chinois en colère, Par P. Sommermayer, page 4

Salariés sud-européens en colère, par R. Pino, page 5

La navrante météo syndicale, de J.-P. Germain, page 6

Valse des perdreaux de la bac de Marseille, par M. Rajsfus, page 7

La prison qui tue, page 9

La chronique néphrétique de Rodkol, page 10

Mort d’un gros épicier, par Stef@, page 11

Comment devenir riche, par J. Langlois, page 12

ML-1685-verso.jpg
Arguments

Économie anarchiste II, par E. Vilain, page 14

Les ravages du pouvoir sur le cerveau, par J.-M. Traimond, page 15

Les antispécistes sur la sellette, par Le furet, page 18


Expressions
Un anarchiste à en mourir, par P. Schindler, page 19


Mouvement

La radio sans muselière, page 22

Programme des réjouissances, page 23


Illustrations
Aurelio, Jhano, Kalem, Krokaga, Lardon, Manolo Prolo, Riri, Valère

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 20:51

16102012037.jpgToutes les nouvelles de la résistance face à l'expulsion de la ZAD à Notre-Dame-Des-Landes (44) sont consultables en ligne sur ce lien (infos mises à jour tous les quarts d'heure !). Beaucoup de photos aussi peuvent y être consultées (celles qui illustrent cet article sont reprises à Breizhistance.)


Une initiative est déjà annoncée pour le 4ème samedi suivant l'expulsion (en principe le 10 novembre), cf. affiche ci-dessous.

 

16102012030.jpgDevant la préfecture de Vannes, hier, mardi 16 octobre, à 10h30, selon le copain du groupe Lochu qui y était, à l'appel de la Confédération paysanne, une trentaine de personnes ont protesté contre cette lamentable répression de l'Etat PS-EELV (P comme pourris, S comme salauds), au service du capital (en l'occurrence le groupe Vinci).

 

A Vannes, c'est lundi prochain (22 octobre), au café l'Eloge de la lenteur, que se réunit le collectif 56 opposé à l'aéroport de NDDL pour échanger les dernières infos et élaborer une riposte.

retour-nddl.PNG

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 12:14


«S’il existait un enfer pour les amoureux et les buveurs, le paradis serait désert.»
  Omar Khayyâm

Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici !

ML-1684-recto.jpgML-1684-verso.jpgActualité

Sur un rail libertaire, par Max, page 3

Universitaires mexicains en grève, page 4

Un gaz à tout péter, par Muriel, page 5

Dépression météo, de J.-P. Germain, page 6

Nucléaire, basta ! par Stef, page 7

La chronique néphrétique de Rodkol, page 8

Sommet de Rio, par J.-P. Tertrais, page 9

Arguments
Y a-t-il un être humain ? par C. Cetti, page 11

International

Suer de l’or, par N. Potkine, page 12

Sur le grand Bolivar, par El libertario, page 14

Mayotte attitude, par T. L., page 17

Expressions

Bonnes toiles, par H. Hurst et Jean-Sébastien, page 19

Un spectacle libertaire, par A. Pawlovsky, page 20

La paix des Basques, par J.-M. Raynaud, page 20

Mouvement

La vie du mouvement en scène, page 21

Radio libertaire, page 22

Agenda, page 23

Illustrations
Aurelio, Kalem, Krokaga, Nemo, Riri, Valère


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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 15:10

Selon le site des occupant-e-s et habitant-e-s de la ZAD (Zone à défendre face au projet d'aéroport d Notre-Dame-des-Landes) :

 

Plusieurs sources laissent penser que des expulsions sont imminentes. Nous avons eu vent d’une première vague d’expulsion pour le mardi 16 octobre à l’aube. Nous avons eu des informations précises telles que le lieu d’hébergement des troupes mobilisées, l’itinéraire prévu pour rejoindre la zone, l’effectif engagé, soit 500 gendarmes. Cette première vague devrait concerner les maisons déjà expulsables ainsi que les cabanes. Une seconde vague devrait suivre une dizaine de jours plus tard., visant cette fois les cabanes dans les arbres et 3 maisons, la Sécherie, les Rosiers et la Saulce, dont l’huissier a choisi en août d’avancer la date d’expulsabilité, la passant du 15 novembre au 27 octobre.

 

Depuis plusieurs semaines des équipes de police se sont déplacées sur la ZAD pour faire des repérages préparatifs, comme mesurer la hauteur des cabanes dans les forêts par exemple. Des équipes en civils se déplacent actuellement, certaines dans des véhicules immatriculés dans la région parisienne. Mardi dernier (9 octobre) le dernier squat de Grands Champs a été expulsé à l’aide d’un impressionnant dispositif policier. Cette semaine encore les dispositifs de sécurité ont été renforcés devant le Conseil Général, le Tribunal de Nantes et d’autres lieux stratégiques, les contrôles routiers se sont quant à eux multipliés sur et autour de la ZAD. La presse reconnaît d’ailleurs que le dispositif pourrait en réalité cacher une opération en préparation contre la ZAD.

 

Nous nous tenons prêts.

 

Un appel a été publié appelant les groupes et individus souhaitant s’inscrire en solidarité avec la lutte ici à effectuer des actions décentralisées (voir zad.nadir.org). Toutes les initiatives sont et seront les bienvenues.

(Note Anars 56 : il y a également un appel à la résistance "des opposant-e-s à l'aéroport extérieurs à la ZAD")

 

Les personnes souhaitant venir sur la ZAD sont invitées à s’organiser en conséquence : être conscientes de l’urgence dans laquelle nous allons être, prévoir au maximum de quoi être autonome.

Nous nous préparons logistiquement contre les expulsions, nous appelons les amiEs d’ici et d’ailleurs, voisinEs, à venir nous soutenir.

 

Dans tous les cas vous pouvez suivre les évolutions sur le site de la ZAD.

 

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Pour soutenir :

 

Venez habiter et lutter avec nous ! Nous sommes ici, nous refusons de perdre.

 

Cet appel a été rédigé par des occupantEs / habitantEs de la ZAD

 

En post scriptum nous voudrions rappeler qu’il y a d’autres formes de soutien possible :

- il est possible de cibler Vinci là où il est (à peu près partout !), de mener des actions décentralisées et de nous en tenir informé.
- une manifestation de réoccupation est prévue en réponse aux probables expulsions à venir : tenez vous prêtEs à nous rejoindre !
- Restez informé-e en suivant les sites : https://zad.nadir.org, http://nddlagirdesobeir.noblogs.org et http://acipa.free.fr Vous pouvez nous écrire à zad@riseup.net et vous inscrire à notre lettre de diffusion sur le site ZAD (rubrique accès et contact)

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 20:19

 

Le mouvement japonais, dit « révolution des hortensias », qui s’oppose au nucléaire et se mobilise chaque semaine, organise un temps fort ce week-end des 13-14 octobre, ne se satisfaisant pas de la position de leur gouvernement lié aux opérateurs atomiques privés, de relancer le « mix énergétique », incluant le nucléaire jusqu’en 2040… En écho, les antinucléaires d'ici se donnent rendez-vous samedi 13 octobre lors de huit manifestations décentralisées sur le sol du pays le plus nucléarisé du monde et grand promoteur de la chose atomique… et de ses gros sous... dont nombre d'entreprises privées profitent. Si Lille, Metz, Strasbourg, Lyon, Narbonne et Bordeaux sont de la partie, regardons de plus près celles de Paris et surtout celle de Laval.

 

A Paris, il y a deux rendez-vous… signe d’une certaine désunion dans le mouvement antinucléaire. Pour les uns, les partisans de l’arrêt immédiat et définitif du nucléaire civil et militaire, il s’agit de se retrouver devant l’ambassade du Japon sur une base sans ambiguïté et cohérente : « Non au redémarrage du nucléaire au Japon, arrêt partout ailleurs »… et donc pas seulement en France et au Japon, tant nous sommes tous concernés si un accident majeur se produit sur un des sites de la planète. Les autres, regroupés autour du réseau Sortir du nucléaire, se retrouvent Place de la Bastille avec pour mot d’ordre « la révolution énergétique, c’est maintenant »… Ce qui peut signifier se positionner pour un arrêt seulement progressif des réacteurs, étalé sur quelques décennies... ce qui laisse une fenêtre de tir (si l'on ose dire !) pour que se produise une catastrophe. Apprécions tout de même l’expression « révolution énergétique » plus radicale que la position du gouvernement PS-EELV d’une simple « transition énergétique », comprendre qui ménage les intérêts du Capital, le temps que les capitalistes aient suffisamment développé d’alternatives lucratives de toutes sortes (renouvelables ou non).

 

Mais le gros morceau sera indubitablement Laval qui entend mobiliser tout le « grand ouest ». La Mayenne n’a pas été choisie au hasard par le réseau Sortir du nucléaire, car c’est là que doit s’achever la ligne THT (très haute tension) Cotentin-Maine qui part du réacteur EPR en construction à Flamanville. La ligne THT est le maillon faible de l’industrie nucléaire. De fait, un document confidentiel d’EDF paru en avril 1983 précise « Lorsque les écologistes militants, qui sont aujourd'hui axés sur le nucléaire, prendront dans leur collimateur les lignes HT, la situation risque d'être grave, car si l'on peut protéger les centrales nucléaires par des barbelés et éventuellement des pelotons de CRS, ce n'est pas le cas des pylônes. » La voie à suivre nous est indiquée ! Les déboulonneurs de pylônes s’inscrivent dans cette perspective. Les pouvoirs publics se focalisent d’ailleurs contre ces militants et militantes, n’hésitant pas à les présenter comme des casseurs auprès de l’opinion publique et à les réprimer violemment (Chefresne en juin dernier), trouvant une oreille complaisante dans nombre de médias…


Il y a une dizaine d'années, alors qu'une opposition vive se faisait jour en Mayenne contre la ligne THT, y compris parmi de nombreux conseils municipaux, l'usure, les pressions et la manne financière proposée par RTE (c'est-à-dire l'achat des élus) ont eu raison presque à 100 % de cette résistance. Aussi n'est-il pas impertinent de concentrer des forces à Laval. Les revendications sont multiples : arrêt immédiat des chantiers EPR et THT, fermeture des réacteurs vieillissants (ceux qui dépassent les 30 ans de vie, durée pour laquelle ils avaient été conçus...), arrêt du projet ITER, arrêt de la fabrication du combustible MOX, du « retraitement » des déchets à La Hague, des projets d’enfouissement de déchets radioactifs.

 

laval.jpgBien que non associés (volontairement ?) à la préparation assez tardive de cette mobilisation, les anticapitalistes et libertaires s'invitent à ce rassemblement pour rappeler la nécessité de l'arrêt immédiat. Ce mot d'ordre clair nous épargne d'établir une liste alambiquée et hiérarchisée de priorités, comme peut l'être le « catalogue » de Sortir du nucléaire... avec le risque qu'une exigence soit au mieux satisfaite, sauvant la face d'un certain parti de gouvernement mais permettant aux autres problèmes de continuer. D'autant que d’un point de vue technique, un réacteur « récent » peut être plus dangereux qu’un réacteur de 30 ans (par exemple Civaux mis en service en 1997).

 

Or, outre ses coûts démesurés et constamment sous-estimés (notamment le démantèlement et le traitement des déchets toujours insolubles), « même en fonctionnement ''régulier'', toutes les installations nucléaires sont autorisées à rejeter des particules radioactives qui portent gravement atteinte à la santé des travailleurs et des populations, même très lointaines » (…) « Depuis l’extraction de l’uranium jusqu’aux déchets radioactifs, la pollution de l’air, des sols et des eaux est omniprésente. » (extrait du tract de Sortir du nucléaire). Comment peut-on faire un tel constat et s'arc-bouter sur un arrêt progressif des réacteurs ?

 

Les victimes de Tchernobyl, de Fukushima, d'Hiroshima, de Nagasaki, des essais nucléaires sont déjà de trop.


L'arrêt immédiat est possible techniquement. Sa rapidité de mise en œuvre est proportionnelle au niveau de conscience et de volonté de la population... et au rapport de force qu'elle créera face à l'Ėtat. En Bretagne, se constitue d'ailleurs une fédération antinucléaire sur cette base. Nous y reviendrons.


Si contre les grands projets d'aménagement capitaliste du territoire (aéroport de Notre-Dame-des-Landes, nucléaire, lignes à grande vitesse, infrastructures portuaires...), une convergence logique des luttes se constate, la jonction avec les luttes sociales reste à construire.

Il ne faudra malheureusement pas compter sur les grandes confédérations syndicales pour être un appui...

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 14:34

Ce week-end du 13-14 octobre 2012 se profilent de grandes mobilisations antinucléaires en France et au Japon (mouvement "révolution des hostensias"). Pour "l'Ouest", le rendez-vous est à Laval, samedi après-midi.

Pour échauffer nos méninges auparavant, voici une contribution qui retrace l'Histoire mondiale et surtout française du nucléaire militaire et civil et qui plaide pour un "arrêt immédiat". C'est une intervention publique que Roger Belbéoch a donnée à l'île de Groix au café "le bateau ivre"... et que nous reprenons à nos ami-e-s de Groix revolublog (merci à elles et eux !)... et merci à Roger Belbéoch !

 

 

 

 

Deux entretiens d'une durée totale de 147 minutes, réalisés sur l'île de Groix en 2006.

Vous pouvez télécharger et diffuser gratuitement cette vidéo copyleft sans autorisation.

" Mettre fin au danger nucléaire n'est pas un problème technique mais politique qui dépend de l'exigence de la population vis-à-vis de ses élus. "

Roger BELBÉOCH, né en 1928, était physicien, ingénieur ESPCI (Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielles), retraité du CNRS, a travaillé au laboratoire d'Orsay Paris-Sud, spécialiste dans les accélérateurs de particules et la physique des faisceaux de hautes énergies... 40 ans durant, il s'est intéressé aux effets biologiques des rayonnements ionisant à l'origine de ses questions sur les dangers de l'énergie nucléaire. En fin de carrière, sa remise en question du nucléaire et son opposition lui ont valu d'être mis « au placard » durant plus de 2 ans : « J'arrivais tous les matins dans un bureau vide, tiroirs vides, placards vides... C'est là où j'ai le plus lu de romans policiers et autres livres sur le cinéma, etc. … » répondit-il à un interlocuteur nucléocrate, membre du PCF, après la projection de « Sidatomic » sur l'île de Groix, en 1998.

Roger Belbéoch est décédé le 27 décembre 2011, à l'âge de 83 ans.

Il collabora à « La Gazette Nucléaire » du Groupement de Scientifiques pour l'Information sur l'Énergie Nucléaire (GSIEN) dont il a fait partie, ainsi qu'à la Lettre d'Information du Comité Stop Nogent-sur-Seine dont il était membre « radi-actif » !...

Auteur de « TCHERNOBLUES » (2002), et avec sa femme Bella, de « SORTIR DU NUCLÉAIRE c'est possible, AVANT LA CATASTROPHE ! » (1998) – publiés aux éd. L'Esprit Frappeur, toujours édités.

Un texte de Roger intitulé "Miroir aux alouettes ELECTIONS : le piège !" http://www.dissident-media.org/stop_nogent/89_90_election.html

Une brochure Infokiosque de Roger : http://infokiosques.net/spip.php?article922

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 10:58
 

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Aperçu :
La société humaine peut enrichir mais aussi détruire le monde naturel. Le social et le naturel s’interpénètrent constamment, les problèmes écologiques ne peuvent être dissociés des problèmes sociaux. La question fondamentale est : comment reconstruire la société pour rendre harmonieux les rapports entre l’être humain et la nature ?

 
Les négociations sur le climat qui se sont tenues à Durban (Afrique du Sud) en novembre-décembre 2011 ont accouché d’une « feuille de route », une « avancée significative » en langue de bois, un « nouvel échec » en termes réels, puisque même la question cruciale de la déforestation a été quasiment éclipsée. Après l’abandon de la Russie, du Canada et du Japon, les signataires ne représentent plus que le dixième des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). L’avenir est des moins contraignants : 2015 pour aboutir à un accord global en 2020 ! Autant dire, utiliser une brouette pour transporter un hémiplégique à l’hôpital le plus proche !

Alors que le changement climatique semble être plus rapide que prévu, l’œil rivé sur les Bourses mondiales, chacun défend ses intérêts et refuse toute phase de restrictions sur les émissions de GES. Les pays industrialisés reconnaissent du bout des lèvres leur responsabilité historique dans le désastre écologique à l’œuvre depuis plus d’un demi-siècle. Les pays émergents ne veulent pas prendre le risque de réduire leur dynamisme économique. C’est en parfaite connaissance de cause que les élites dirigeantes, toutes tendances confondues, ont créé cette situation. Le dilemme est terrible : aujourd’hui, ou bien on s’acharne à préserver la planète et on torpille l’économie, ou bien on s’active à doper l’économie et on saccage ladite planète ! Ce que résume bien la vice-présidente en charge du développement durable à la Banque mondiale : « Les forêts ne peuvent pas être préservées si les gens ont faim. » Sept milliards d’individus, dont une bonne partie fascinée par la technoscience, était-ce une fatalité ?

Logique de profit, logique de mort

Pendant des millénaires, l’activité productive des humain-e-s, reposant essentiellement sur la cueillette, la chasse, la pêche, puis l’agriculture et l’élevage, s’est discrètement intégrée aux mécanismes de l’écosystème naturel. Tout s’accélère avec la révolution industrielle. Devenant de plus en plus abstraite, la science économique, inséparable de l’histoire du rationalisme occidental, intègre pleinement le dogme mécaniste. Dangereuse illusion d’un savoir qui, tout absorbé à contempler ses équilibres internes, se croit autonome par rapport à la réalité écologique. L’environnement a été subordonné aux besoins de l’activité économique et considéré comme un ensemble de ressources illimitées, les nuisances environnementales se traduisant par des coûts qui ne devaient pas être intégrés dans les calculs, c’est-à-dire « externalisés », donc reportés sur l’ensemble de la société et surtout les générations futures.

Le capitalisme n’a pas seulement réussi à dresser les salariés, les individus les uns contre les autres, il a réduit l’humain à ses deux seules fonctions de travailleur et de consommateur, il a opposé l’humain * à la nature, l’écologie à l’économie. Une économie – et surtout une sphère financière – totalement déconnectée du réel, et qui s’impose comme finalité des conduites individuelles et des décisions collectives. Alors que la gestion des écosystèmes, élaborée depuis des millénaires, ne peut se concevoir que sur le très long terme, la recherche de l’accumulation du profit maximum opère sur le court terme. Alors que la logique du vivant consiste à maximiser des stocks (la biomasse) à partir du rayonnement solaire, l’économie capitaliste maximise des flux marchands en épuisant des stocks naturels. La nature transforme des déchets en ressources (économie cyclique), le capitalisme industriel fait l’inverse (économie linéaire). Alors que les écosystèmes non perturbés se diversifient, accroissant par là-même leur stabilité dans le temps, la gestion humaine, en privilégiant les variétés économiquement performantes, introduit l’uniformisation et l’instabilité. La reproduction du capital n’assure pas celle de la biosphère. C’est-à-dire en définitive une logique du vivant (photosynthèse) contre une logique de mort (marchandise, profit). Il est révélateur qu’un sol « mort » ait plus de « valeur » qu’un sol « vivant » (un espace vaut 10 à 100 fois plus comme terrain à bâtir que comme ensemble naturel !). Par ailleurs, le mode de calcul du PIB ne tient aucun compte de la dépréciation du capital naturel (eau, air, minerais, énergies fossiles, forêts…). Avant l’invention du feu, l’humain primitif ne dépensait que 2 000 à 3 000 kilocalories par jour (pour sa nourriture) ; aujourd’hui l’Européen dépasse 150 000 kilocalories ! Parallèlement, la période de doublement de la population mondiale est d’environ 1 500 ans du néolithique au milieu du XVIIe siècle, contre trente-cinq ans pour la fin du XXe siècle. Une situation explosive !

Nous avons profité, sans les entretenir, des services rendus par les écosystèmes : nourriture, fibres, matériaux, ressources génétiques, épuration des eaux, fixation des sols, pollinisation, beauté des paysages… Nous avons oublié, ou ignoré, que les êtres vivants les plus « ordinaires » – que nous avons souvent qualifiés de « nuisibles » – (animaux, végétaux, mais aussi bactéries, virus, champignons…) assurent ce travail indispensable à notre survie. Nous avons considéré les sols comme des substrats inertes dans lesquels il fallait injecter de l’azote, du phosphate, du potassium. Nous avons bousculé les haies, les talus, refuges des oiseaux et des insectes, parce qu’ils constituaient des obstacles à la rentabilité de la mécanisation. Nous n’avons augmenté la production agricole qu’en utilisant dix à vingt fois plus d’énergie que nos ancêtres, avec par conséquent un rendement énergétique plus faible. Nous avons voulu façonner le monde à un rythme fou, avant de pouvoir comprendre l’ensemble des processus naturels qui régissent les interactions entre les organismes vivants de la biosphère (effets de synergie, de seuil, d’amplification, d’irréversibilité). Bref, nous avons considéré la « civilisation » comme la lutte permanente contre la nature.

Et c’est avec effarement que nous découvrons aujourd’hui qu’aucune disparition d’espèce n’est réellement compensable ; que chaque écosystème est unique, que sa destruction est souvent irréversible, malgré une grande capacité de résilience ; que les mécanismes de la nature sont des systèmes complexes et dynamiques, qui ne se soumettent pas à la modélisation comme des systèmes linéaires. Nous prenons conscience avec stupéfaction que les molécules chimiques empoisonnent les différents milieux de vie, que les stocks d’énergie fossile s’épuisent, que le climat menace de s’emballer, et que les solutions techniques censées résoudre les problèmes que nous avons créés pourraient bien n’être que des mirages. Est-ce si surprenant pour une civilisation qui semble avoir cessé de respecter la vie ?

Coopérer ou périr

Il est plus que temps de repousser les assauts des scientistes arrogants : on peut utiliser le passé sans être passéiste ; on peut s’opposer au progrès aveugle sans s’opposer aveuglément au progrès. Comme l’exprime Dwight Macdonald dans Le socialisme sans le progrès : « La culture d’aujourd’hui est imprégnée par la pensée scientifique, à un degré tel que des individus modérés et rationnels réagissent à la moindre mise en doute du progrès comme un fondamentaliste du Tennessee à qui l’on exposerait les théories de Darwin. » Constatant que les créations humaines tendent de plus en plus à s’affranchir de leurs créateurs, il est plus que temps de se livrer à une « interprétation écologique de l’histoire », de penser la complexité (analyse des relations, approche globale, mise en évidence des niveaux d’organisation, éclairage multidisciplinaire), de réinventer notre rapport à la nature, c’est-à-dire de (re)devenir des observateurs attentifs du monde naturel ; de travailler avec, et non pas contre, cette nature ; de respecter le rythme et les propriétés du vivant ; de rendre compatibles nos modes de production avec les limites de la biosphère ; de retrouver des savoir-faire aujourd’hui disparus ou abandonnés. La « bio-économie » prétend réconcilier deux logiques qui n’auraient jamais dû s’opposer. « La grande mission des individus n’est pas de conquérir la nature par la force mais de coopérer intelligemment et amoureusement avec elle », écrivait Lewis Mumford, philosophe de l’environnement influencé par la pensée politique anarchiste, et en particulier par Élisée Reclus.

La société humaine peut enrichir mais aussi détruire le monde naturel (et il sera plus difficile et plus coûteux de reconstruire la nature que d’élaborer un autre système économique) ; le social et le naturel s’interpénètrent constamment, ainsi les problèmes écologiques ne peuvent être dissociés des problèmes sociaux. La question fondamentale devient donc : comment reconstruire la société pour rendre harmonieux les rapports entre l’être humain et la nature ? Il apparaît évident, comme l’exprime Murray Bookchin, qu’il faille remettre en cause la notion même de domination. Les différentes formes de domination économique et culturelle (entre générations, entre sexes, entre groupes ethniques), l’émergence des hiérarchies, des classes, de l’État ont en effet accéléré la domination de la nature par l’humain.

Accéléré et non créé, car la réalité est probablement plus complexe. D’une part, des sociétés non hiérarchiques ont pu dégrader leur environnement. Contrairement au mythe du bon sauvage vivant en harmonie avec la nature, nos ancêtres cueilleurs-chasseurs ont parfois surexploité jusqu’à l’extinction les populations animales qu’ils traquaient, en l’occurrence la mégafaune, l’ensemble des espèces animales de grande taille. D’autre part, des sociétés hiérarchisées (monde islamique, Extrême-Orient) n’ont pas engagé, comme l’Europe, un processus dynamique de transformation du monde, de croissance économique, c’est-à-dire de détérioration du monde naturel (même si ce n’est plus vrai aujourd’hui, notamment pour la Chine). L’erreur funeste serait de croire, comme la plupart des trotskystes notamment, qu’il suffirait de résoudre la question sociale pour traiter le problème écologique.

Quoi qu’il en soit, si l’humanité veut assurer son avenir, elle devra réinstaurer la primauté du politique sur l’économique, cesser la course à la productivité et la compétition pour le contrôle des ressources, remettre en cause une complexité de l’organisation sociale qui la fragilise, s’attacher à percevoir un intérêt général, à maintenir la diversité mais dans l’unité, à prioriser la couverture des besoins vitaux (alimentation, santé, éducation, culture), les technologies « écologiques », les structures à échelle humaine, à promouvoir la participation, l’engagement, la responsabilité individuelle, la solidarité, la recherche d’un développement qualitatif. Il faut tout autant se méfier d’une idéologie qui exige le sacrifice du présent au profit de l’avenir que d’une société qui condamne ses descendants par des choix irréversibles. Il n’y aura d’avenir que dans l’élévation de l’humain *.
* Par "humain", nous entendons les individus des deux sexes, cela va de soi (note anars 56)
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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 19:07


 «Pour sortir du tunnel, il faut d’abord le construire.»
   Notre Président

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ML-1683-recto.jpgML-1683-verso.jpgActualité
Une austérité historique par R. Pino, page 3

Nouvelle des fronts par H. Lenoir, page 5

Une météo syndicale affligée de J.-P. Germain, page 6

Ça barde au Chiapas par G. Goutte, page 7

La chronique néphrétique de Rodkol, page 8

Arguments
Pas seuls dans l’univers, par M. Silberstein, page 9

De l’économie et de la révolution, par E. Vilain, page 11

International
Les grévistes assassinés de Marikana, par S. Hatting, page 12

Être jeunes à Cuba, par D. Pinos, page 15

Ouvriers chinois en colère, page 22

Expressions
Un film égyptien, par H. Hurst, page 17

Dossier: Un maître du polar au noir, par M. Noir, p 18

Mouvement
   Des anarchistes à Porto, page 21
   Radio libertaire, page 22
   Agenda, page 23

Illustrations
Aurelio, Jhano, Krokaga, Riri, Valère

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Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Mardi 10 novembre - Vannes, Lorient et Pontivy - Appel unitaire à la grève. Rassemblements (autorisés) des personnels de l’Éducation Nationale (écoles, collèges, lycées) pour l'amélioration des conditions sanitaires, pour l'allègement des effectifs et le recrutement de personnels (ceux des listes complémentaires etc...) . 10h30 Vannes, devant la DSDEN (3, Allée du Général Le Troadec), 10h30 Lorient devant la sous-préfecture, 10h30 à Pontivy à La Plaine. A l'appel des syndicats de l’Éducation Cgt, Fo, Fsu et Sud

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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