Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 14:05

Cet article est paru dans la revue Anarchosyndicalisme n° 127 de la section Toulouse de la CNT-AIT, sous le titre "Algérie". Il synthétise, à nos yeux, les causes et conséquences humaines, sociales et économiques de la colonisation de l'Algérie par l'Etat français... Il peut là aussi être constaté une forme d'accaparement des terres.

 

--------------------------------------------------------------------------------

 

ALGERIE

Pendant plus de trois siècles, l’État français s’est employé, sous des prétextes divers, à conquérir de nouveaux territoires sur tous les continents. Au début du XXe siècle, la France régnait sur un véritable empire. Aujourd’hui, il ne reste de cet empire colonial que des souvenirs que certains, nostalgiques d’une prétendue grandeur, voudraient faire revivre. A les entendre évoquer le dévouement des colons, la noblesse des militaires, l’humanité des religieux, tous au service de « l’œuvre civilisatrice de la France, pays des droits de l’Homme », on pourrait croire que l’entreprise colonisatrice française fut une entreprise désintéressée, exclusivement à but humanitaire.

 

Soucieux de s’attirer les bonnes grâces de ce public, le gouvernement a, le 23 février 2005, publié une loi qui exprime la reconnaissance de la nation « aux hommes et aux femmes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements d’Algérie...  ». Pourtant, malgré ce que cette loi unilatérale voudrait nous faire croire, la colonisation ne s’est pas faite dans un but philanthropique. Cécil Rhodes, véritable prophète anglais du colonialisme, affirmait crûment : « Nous devons trouver de nouvelles terres où nous procurer facilement des matières premières et exploiter en même temps la main-d’œuvre servile à bon marché fournie par les indigènes ». En résumé, l’entreprise coloniale n’a eu pour objectifs que la conquête de nouveaux territoires afin d’exploiter leurs richesses naturelles, dominer les populations au besoin par la force, créer de nouveaux débouchés pour les industries du pays colonisateur et résoudre partiellement la question sociale (les territoires conquis devenant des lieux de bannissement pour les exclus, révoltés...). En niant ces faits historiques, en affirmant uniquement les aspects positifs de la colonisation, les promoteurs de cette loi se comportent comme les défenseurs du colonialisme au XIXe siècle. Ainsi, lors des débats à la Chambre des députés les 28 et 30 juillet 1885, le ministre Jules Ferry déclara : « Il y a un second point, un second ordre d’idée que je dois aborder, c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question (…) Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (murmures). Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles ; elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ». Remarquons que, en prétendant donner à la colonisation de nobles objectifs, le père de l’instruction publique française, défenseur acharné du colonialisme, par ailleurs auteur de la formule « Les droits de l’Homme n’ont pas été écrits pour les nègres d’Afrique Equatoriale  », affichait ouvertement son racisme.

 

Parmi toutes les colonies françaises, l’Algérie fut certainement la plus importante, celle où vinrent s’installer le plus grand nombre de colons, celle qui bénéficia de la plus grande attention de la part du pouvoir. La conquête (de juillet 1830 à 1857) fut d’une sauvagerie extrême : exécutions sommaires, destructions de villages, tortures, enfumages. Le lieutenant-colonel de Montagnac écrit ainsi le 15 mars 1843  : « Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied... ». Selon les historiens, presque 30 % de la population périt dans cette période des conséquences directes ou indirectes de la guerre. Par la suite, de nombreuses révoltes, aussi sauvagement réprimées, émaillèrent l’histoire de l’Algérie coloniale.

 

Les défenseurs du colonialisme mettent au compte de la colonisation, le développement des infrastructures : routes, ponts, ports, villes. Mais ils ne posent pas la question : au profit de qui  ?

 

Car en fait, deux populations vivaient en Algérie, d’un côté la population algérienne (90 % du total) dont le statut était strictement défini par le code raciste de l’indigène (un indigène n’était pas citoyen français et il lui était quasiment impossible de le devenir), de l’autre la population des colons, d’origine européenne (après 1881, n’importe quel européen émigrant en Algérie acquérait automatiquement la citoyenneté française). La quasi totalité des richesses, l’industrie, les mines, les banques, les commerces appartenaient aux colons qui constituaient moins de 10 % de la population. Dans l’agriculture, 3 % de la population possédait plus de 30 % des terres ; les meilleures.

 

Autre point mis en avant par les défenseurs du colonialisme : l’œuvre éducatrice de la France. Laissons parler les chiffres. En 1956, cent ans après la fin de la guerre de colonisation ; 85 % de la population algérienne était analphabète. Au total, à peine 500 instituteurs d’origine algérienne furent formés en 130 ans de colonisation ! Dans son ouvrage « La nuit coloniale », Ferhat Abbas, ancien président du GPRA écrit : « Nous étions en 1956, une vingtaine de pharmaciens, 75 médecins, 400 instituteurs, 3 ingénieurs  ». Sur les 5 500 étudiants inscrits à l’université algérienne, on comptait environ 500 étudiants algériens (pour 8 millions d’habitants) et 5 000 étudiants européens (pour un peu plus d’un million d’habitants). En 1954, il y avait un étudiant pour 15 842 « indigènes » et un étudiant pour 227 européens. Soit plus qu’en métropole où le ratio était d’un étudiant pour 300 habitants. Ces chiffres parlent mieux que de longs discours et disent la vraie nature de la société coloniale.

 

Aujourd’hui, dans une véritable entreprise révisionniste, des politiciens habiles n’hésitent pas à falsifier la vérité historique pour flatter leurs électeurs, créer des haines parmi les exploités, les opposer les uns aux autres. Il est donc essentiel de dire ce que fut « l’œuvre civilisatrice de la France dans les colonies ».

 

 

 

Repost 0
Published by anars56 - dans Anti nationalisme
commenter cet article
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:48
Repost 0
Published by anars56 - dans écologie
commenter cet article
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 23:45

Salut,
c'est reparti pour les agendas !
N'oubliez notre prochaine conférence-débat : vendredi 13 janvier, au Palais des Arts de Vannes, avec Jean-Pierre Tertrais (écologiste depuis les années 70, anarchiste depuis les années 90 et auteur de nombreux écrits sur la décroissance libertaire), sur le sujet de "l'accaparement des terres par l'agriculture industrielle". Entrez libres ! Faites tourner. Nos prévisions d'affichages sont contrariées par la météo, alors on ne refuse pas le coup de main pour le transfert des messages via le net !!!
Ce sera la conférence d'ouverture du Forum social 2012 de Séné-Vannes dont le programme détaillé est là : http://fsl56.org/2012/programme_detaille Y'a de chouettes trucs. Il se dit même qu'un ancien administrateur du Monde libertaire (l'hebdo de la FA) interviendra dans la table ronde sur les médias de samedi après-midi ;-)

Le hors-série d'hiver du Monde libertaire est présent en kiosque jusqu'au 22 février 2012. Mais profitez qu'il vous reste peut-être quelques étrennes pour l'acquérir dès à présent. Pas sûr qu'il y en ait pour tout le monde ! Vous pouvez toujours vous rabattre sur le site du journal : http://www.monde-libertaire.fr/

Le site de la fédération anarchiste a subi (probablement) une attaque informatique hier. Il a du être désactivé... Tout n'est pas encore régularisé mais ne soyez pas surpris-es du non fonctionnement temporaire. Radio libertaire n'est écoutable qu'en podcast pour le moment : http://media.radio-libertaire.org/php/grille.php

Du côté de Nantes, vous pouvez faire le plein d'infos avec Indymédia : http://nantes.indymedia.org/colonne_centrale et sur Rennes avec Rennes infos : http://www.rennes-info.org/

Sur Nantes, il existe un nouveau groupe de la fédération anarchiste, voici son blog : http://fa-nantes.over-blog.com/

Face au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44), les habitants et habitantes de la ZAD (zone à défendre), bien qu'ils/elles soient menacé-e-s d'expulsion, proposent plein d'initiatives : http://zad.nadir.org/

@narchas salutations,
le groupe libertaire Lochu - Ferrer & la FA Vannes - Lorient

- Les nouveautés par rapport aux précédents envois débutent par *
- Précision toujours utile : nous ne nous reconnaissons pas obligatoirement dans l'intégralité de ces rendez-vous...

-------------------------------------------------------------------

* Mercredi 4 janvier - Vannes - Cercle de silence de soutien aux sans-papiers et contre les expulsions - Esplanade du port - De 18h30 à 19h30

---------------------------------------------------

* Samedi 7 janvier - Lorient - Théâtre avec la Chimère "Démocratie en pièces ?" - 7 histoires qui nous rappellent combien il est nécessaire de connaître l’Histoire pour déceler les risques de différentes formes de totalitarismes aujourd’hui ; avec les armes du rire, de la dérision, de l’émotion et le poids des mots - 20h30 - Cité Allende, salle audiovisuelle - De 6€ à 11€

---------------------------------------------------

* Dimanche 8 janvier - Lorient - Théâtre avec la Chimère "Démocratie en pièces ?" - 7 histoires qui nous rappellent combien il est nécessaire de connaître l’Histoire pour déceler les risques de différentes formes de totalitarismes aujourd’hui ; avec les armes du rire, de la dérision, de l’émotion et le poids des mots - 16h - Cité Allende, salle audiovisuelle - De 6€ à 11€

---------------------------------------------------

* Jeudi 12 janvier - Questembert - Cinéma Iris "Tous au Larzac", Documentaire de Christian Rouaud : une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Dix ans de résistance, d'intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. 20h15 - Avec les témoignages de Léon Maille et de René Bodiguel. Organisé par la Confédération paysanne 56

---------------------------------------------------

Vendredi 13 janvier 2012 - Vannes - Conférence débat  "L'accaparement des terres par l'agriculture industrielle" (en préambule du forum social de Séné des 27-28-29 janvier), avec Jean-Pierre Tertrais, militant écologiste depuis les années 70, anarchiste depuis les années 90 et auteur de nombreux écrits sur la décroissance libertaire - 20h30 - Palais des Arts - Entrez libres !

---------------------------------------------------

* Du vendredi 13 au dimanche 15 janvier Vannes - L'association végétarienne de France http://www.vegetarisme.fr/agir.php?content=agir_actions_detail&action=1482 sera au salon Respire la Vie. Nombreuse documentation sur le stand, conférence le dimanche sur les bienfaits du végétarisme pour votre santé et 2 ateliers de cuisine végétarienne par jour ! N'hésitez plus !

---------------------------------------------------

* Mardi 17 janvier - Quimperlé - Ciné-débat dans le cadre du Festival Taol Kurun, dont le thème est Vivre et travailler au pays. 2 films-documentaires au programme : N'o doa eost ebet, sur les Bretons de st Denis 26 mn, et Années 70 (52 mn). 20h30

---------------------------------------------------

* Jeudi 19 janvier - Lanester - Projection du documentaire de 2009 "Cheminots" (dépeçage de ce service public SNCF par les volontés gouvernementales), suivie d'un débat animé par Jean-Luc Peltier secrétaire du CE des cheminots de Rennes. - Soirée organisée par l'ALID - 20h30 - Salle “TAM-TAM” de la médiathèque

---------------------------------------------------

* Jeudi 19 janvier - Morlaix (29) -  Conférence gesticulée "Rurals ou la convergence des rustres" de et par Hervé Chaplais - 20H30 - JP’Restobar (Coat congar)

---------------------------------------------------

* Vendredi 20 janvier - Vannes - Conférence débat "Accaparement des terres dans les pays du sud" par Gustave Massiah (altermondialiste, ingénieur et économiste.  Ex président du Centre de recherche et d’information pour le développement. Auteur de plusieurs ouvrages sur l'altermondialisme) - 20h30 - IUT - 2ème conférence du FSL 56

---------------------------------------------------

Du samedi 21, 10h, au dimanche 22 janvier, 18h - Week-end de formation à l’action non-violente à Clohars-Carnoët (29) avec des militants des Désobéissants ! Un aperçu des stages des Désobéissants (2mn 50s) :
http://www.dailymotion.com/video/x3dbs1_desobeir_news
Exemple d’une des techniques qui sera enseignée dans ce stage :
http://www.dailymotion.com/video/x8wp15_un-stage-de-resistance-par-les-deso_news#from=embed

---------------------------------------------------

* Du vendredi 27 au dimanche 29 janvier - Séné & Vannes - Forum social centré sur 3 thèmes : les médias, le lobbying, l'accaparement des terres - Programme complet : http://fsl56.org/2012/programme_detaille  - Restauration bio et végétarienne à prix libre - garderie

---------------------------------------------------

* Samedi 28 janvier - Lorient - Manifestation du Collectif un toit pour tous pour le « Droit à un logement décent pour tous »

---------------------------------------------------

* Mardi 31 janvier - Inzinzac-Lochrist - Cinéma le Vulcain, projection du film "Y'a pire ailleurs", 3ème volet de la trologie sur le village de Najac (12) où "on vit la vie, on la sent, on crée un peu et on transforme tout" - 20h30 - en présence de Jean-Henri Meunier, réalisateur

---------------------------------------------------

* Mercredi 1er février - Vannes - Cercle de silence de soutien aux sans-papiers et contres les expulsions - Esplanade du port - De 18h30 à 19h30

---------------------------------------------------

*  Samedi 18 février - Guidel - Concert punk & @narko-punk de soutien pour que le PRIX LIBRE dure avec des groupes de Bretagne : Chas Gourlen, AC/Déçus, The Flue Sniffers, Urban Attack, Kabal... la révolte - ZA Pen Mané - Orga : Total des accords - Prix libre bien sûr !

---------------------------------------------------

* Mardi 28 février - Quimperlé - Cinéma la Bobine "Tous au Larzac", Documentaire : une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Dix ans de résistance, d'intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. 20h30 en présence du réalisateur Christian Rouaud .

---------------------------------------------------

Jeudi 5 avril - Auray - Théâtre, spectacle Sacco et Vanzetti, de Dau et Catella - Centre Culturel Athéna - 20h30 - de 8,90 à 15,6 euros

---------------------------------------------------

* Samedi 7 avril - Lorient - Journée libertaire "Unissons nos cultures" au Galion avec en concert des groupes anarko-punks de Bretagne : Mauvaise Graine, Chas Gourlen, Bakounine + Sound System tekno + hip-hop + percussions africaines + guest... - Orga : ZAW

---------------------------------------------------

* Du vendredi 11 au dimanche 13 mai - Paris 4ème - Salon du livre libertaire aux Blancs-Manteaux : http://salonlivrelibertaire.radio-libertaire.org/spip.php?rubrique15

---------------------------------------------------

Repost 0
Published by anars56 - dans Actus
commenter cet article
26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 20:49

En préambule du Forum social local de Vannes-Séné des 27-28-29 janvier 2012, le groupe libertaire Lochu accueille Jean-Pierre Tertrais (militant écologiste depuis les années 70, anarchiste depuis les années 90 et auteur de nombreux textes sur la décroissance libertaire) pour une conférence-débat "L'accaparement des terres par l'agriculture industrielle", vendredi 13 janvier, au Palais des Arts de Vannes.

Nous reproduisons ci-dessous un article (et tout un tas de liens !) de http://philipperevelli.com qui pose une partie de la problématique, à partir de la situation en Afrique.

 

Mali – Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger

Cliquez sur l’image pour lancer le documentaire de 11 minutes.

JPEG - 75.6 ko

Devenu notable dès l’année 2005, le mouvement mondial d’accaparement des terres arables se poursuit inexorablement. Publié le 14 décembre par la Coalition internationale pour l’accès à la terre, un rapport explore le mode opératoire et les conséquences d’une série d’accords commerciaux conclus entre 2000 et 2010, pour un total de 203 millions d’hectares — une superficie équivalente à huit fois la taille du Royaume-Uni. Ses conclusions sont particulièrement inquiétantes, alors que la hausse des prix alimentaires de base provoque déjà, dans de nombreux pays, des émeutes de la faim :


— parmi les 78% de transactions qui concernent l’agriculture, trois quarts sont liées à des projets de production de biocarburants ;

— les acquisitions visent souvent les meilleures terres, fréquemment irrigables et à proximité des infrastructures, provoquant de nombreux conflits ;

— les élites nationales, souvent impliquées dans ces projets, en tirent des bénéfices personnels tandis que l’Etat, qui accorde des exemptions fiscales, se prive de recettes ; quant aux promesses de création d’emplois ou d’infrastructures, elles sont rarement tenues ;

— dépossédés des terres et des ressources en eau gérées par les régimes coutumiers, les pauvres des zones rurales en sont les premières victimes, au premier rang d’entre eux les femmes ;

— les écosystèmes subissent des transformations à large échelle.


Pour faire face à ce néocolonialisme agricole, qui vise majoritairement l’Afrique, les paysans commencent à s’organiser. Mais rien ne semble pouvoir arrêter la voracité des investisseurs. Le 5 décembre, à Stockholm, l’association GRAIN s’est vu décerner le Right Livelihood Award — le « prix Nobel alternatif » — pour son travail sur le sujet ; pour son coordinateur Henk Hobbelink, « nous assistons à quelque chose qui n’est rien moins qu’une attaque frontale contre la paysannerie mondiale. Ceci ne se produit pas uniquement dans les pays du Sud. Ici, dans l’Union européenne, nous avons perdu trois millions d’exploitations agricoles depuis 2003. Cela équivaut à la perte d’un cinquième de l’ensemble de nos fermes en huit ans seulement. Il devient plus difficile de vivre de la terre et, dans de nombreuses parties du monde, plus dangereux de jour en jour. Les paysans, qui ont nourri le monde pendant des milliers d’années – et le font encore – sont maintenant de plus en plus souvent qualifiés de rétrogrades et d’inefficaces et considérés comme des obstacles au développement. Le message brut est : ils devraient cesser d’exister ».


Au Mali, des accords portant sur plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres agricoles de l’Office du Niger ont été signés entre le gouvernement et des investisseurs privés ou publics. Mal informée et rarement consultée, la population subit aujourd’hui les premières conséquences de ces grandes manœuvres foncières…organisées par de grands groupes tels que : Total, AED, Anglogold, Coca Cola, Eskom, Barclays, Hôtels Legacy... et bien d’autres encore !

Réalisé par Philippe Revelli, et produit par le CCFD-Terre Solidaire avec le soutien du Monde diplomatique, le reportage — « Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger » — ouvre un cycle de webdocumentaires consacrés à la question des terres.

 

Plus d’infos ici : http://www.oaklandinstitute.org/sit... et aussi : http://www.landcoalition.org/sites/...

 

Par http://philipperevelli.com

Repost 0
Published by anars56 - dans écologie
commenter cet article
23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:18

Le numéro hors série d'hiver est maintenant chez votre marchand de journaux.
Il comporte un long dossier sur le mouvement des Indigné-e-s, au sens large, ici et ailleurs.
Lisez-le, faites-le lire, et soutenez la presse libre et anarchiste en vous abonnant au Monde libertaire !
Notre hebdomadaire, comme tous les ans à la même époque, observe une petite pause. Vous nous retrouverez le 12 janvier prochain.
Bonne lecture, à bientôt, et vive l'anarchie ! 

 

Pour trouver le Monde libertaire, près de chez vous, cliquez ici !

Les articles en blanc sont lisibles en cliquant dessus



ML------Hors-serie-n-43-recto.jpgML------Hors-serie-n-43-verso.jpgActualité

Les marchands de mensonges, par M. Silberstein, page 3

L’assistance sexuelle en question, par H. Hernandez, p7

Entretien avec le sociologue Laurent Muchielli, par V. Rasplus, page 10

Histoire
L’AIT et la rupture Marx Bakounine, par R. Berthier, p13

Dossier : Printemps arabes et indignation mondiale

Où en est la Tunisie ?, par Mohamed, page 17

Retour sur l’indignation espagnole, par R. Pino, page 19

Israël indigné, par P. Sommermeyer, page 22
 
Indignés d’outre-Atlantique, par Stéphane, page 24

Considérations sur "Occupy X", par A. Rowe, page 25

Indignés de Hong-Kong et autres, par Julien, page 27

International
Que devient le Sup Marcos ?, par G. Goutte, page 31

Culture
L’Athénée populaire de Barcelone, par M. Aisa, p 34

Entretien avec l’éditeur Marc Tomsin, par G. Goutte, page 38

Mouvement
Salon du livre libertaire 2012, par Wally, page 42

Rencontre de l’anarchisme 2012, page 43

Vive l’anarchie et mort aux flics, page 44

La Fédération anarchiste
Liste des groupes, page 45
Grille des émissions de Radio libertaire, page 48

Repost 0
21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 16:37

La CNT 56 (Confédération Nationale du travail du Morbihan) diffuse mercredi 21 décembre ce tract, pour informer la population de Pontivy sur les dangers de la politique sécuritaire s'exprimant localement à travers l'installation d'un système de vidéo-surveillance.

 

NON aux politiques sécuritaires ici et ailleurs !!!

 

Nous souhaitons ici, une fois de plus, alerter la population sur les dérives sécuritaires d'un dispositif de vidéo-surveillance.

 

Cnt pontivy videosurveillace rectoL’émotionnel contre le rationnel.
Les premières installations de ce genre étaient mises en place pour prévenir des actes de terrorisme ou de grande délinquance. Petit à petit le spectre s’est élargi et nous en sommes aujourd’hui à les justifier pour la lutte contre les incivilités de jeunes alcoolisés et, puisque c’est tout de même un peu léger, on utilise l’événement tragique du meurtre d’une jeune femme, comme si un cas aussi exceptionnel pouvait caractériser la délinquance sur tout un territoire. Il y a encore une fois utilisation des émotions contre une approche rationnelle.

Que veux dire "sécuritaire" ?
L'idéologie sécuritaire ne doit pas être confondue avec la « sécurité ». C'est en fait, sous l’étendard de la sécurité, une conception de l'ensemble de la population comme étant potentiellement délinquante. Ainsi, par « principe de précaution », on surveille la population, on la fiche, la contrôle... bref on flique tout un chacun.
Le but avoué est de lutter contre la délinquance. Or, pour sa grande majorité, la délinquance a des origines sociologiques complexes : la misère sociale et culturelle, ainsi que l’idéologie dominante basée sur la compétition et la violence en sont pour beaucoup. Les caméras sont alors comme un pansement cache-misère qu’on appliquerait sur une tumeur.
C'est donc autant d'énergie, de « blabla », et d'argent public qui sont investis pour ne rien faire contre les vraies insécurités : travail précaire et/ou sous-payé, temps et conditions de travail toujours plus catastrophiques, licenciements, difficultés à se loger et à finir le mois, santé privatisée et donc bradée, fossé entre riches et pauvres toujours plus béant, politique xénophobe et/ou raciste...

Face à cela, nous disons :


La première des sécurités,
c'est la liberté la justice et l'égalité sociale !!!

 

A quand la lutte contre la délinquance à col blanc ?

Et qu'en est-il de cette délinquance qu'on veut combattre ? C'est presque toujours la délinquance du pauvre.
A quand la lutte contre la délinquance à col blanc ? Contre l'illégitimité de ceux qui gouvernent contre nous pour se remplir la panse, contre une bourgeoisie qui s'engraisse grassement sur le dos des travailleurs... « Ah oui, mais ça c'est légal », nous disent-ils.
Comment pourtant ne pas faire une différence d'échelle entre un patron qui gagne 1000 fois le salaire d'un ouvrier et un voleur d'autoradio ?
Que ceux qui veulent nous voir comme des délinquants en puissance balaient d'abord devant leurs portes, après nous verrons.
 
Nous souhaiterions voir l’argent dépensé dans ce genre de dispositif aller vers les acteurs du monde social et culturel, pour des actions à long terme.
Les résultats de ce genre d’actions ne seront pas visibles tout de suite, peut-être même après les prochaines élections municipales. Mais nous constatons qu’il ne reste plus assez d’honnêteté chez les élu(e)s pour ne pas céder à des projets électoralement rentables. Pontivy devrait, comme beaucoup d’autres villes à dominante soi-disant de « gauche », être le lieu de résistance face au « tout-sécuritaire » et proposer des projets alternatifs.
Cela permettrait alors, à la fois, d’affirmer le refus de la politique gouvernementale, de soutenir les autres municipalités qui n’y cèdent pas et de clarifier aux yeux de la population les intentions d'une réelle opposition de gauche.

 

Efficacité ?
Notre opposition se fait d'abord sur le fond du problème, mais la forme le projet apparaît tout aussi absurde.
Pour commencer, l’efficacité de la vidéo-surveillance pour diminuer les actes de délinquance est largement controversée. Les rapports britanniques dans ce domaine sont éloquents : l’un des effets est le déplacement de la délinquance. Cela a d’ailleurs été avoué par la gendarmerie de Pontivy lors de leur diagnostic au conseil municipal, pour citer une phrase assez illustrative : « Oui, il y a un déplacement. Mais il faut savoir, ce que vous voulez, c’est bien un centre ville sûr, non ? » (sic). Cela fera sûrement plaisir à la population des quartiers périphériques.
Pour avoir une baisse de la délinquance, il faudrait multiplier par cent le nombre de caméras. L’engrenage est vicieux.
Dans le cas contraire, comment une municipalité justifierait-elle le retrait de caméras qui ont coûté une somme non négligeable et qui mettrait en évidence une erreur de stratégie plutôt embarrassante ? Ainsi nous nous opposons à l'alibi mis en avant par la municipalité : elle prétend faire un test et, "si elle constate l’inefficacité elle retirera les caméras". Pure hypocrisie pour la seule bonne conscience des élus.
 
Cnt pontivy videosurveillace versoNous refusons le matraquage médiatique de ceux qui ont un intérêt particulier à orienter tous nos malheurs contre nous même (gouvernants, patrons, flics,...). Il ne s'agit que d'une vulgaire logique d’épouvantail. Nous ne pouvons moralement faire le procès d'actes d'incivilité et/ou de petites délinquances sans faire le procès du système qui les engendre pour leur grande partie : un système injuste, inégalitaire et toujours plus liberticide.
Nous sommes conscients que cela implique une lutte beaucoup plus globale pour construire enfin un projet sociétal réellement émancipateur. Nous constatons que ce n'est pas à travers ceux qui nous gouvernent que nous pourrons changer les choses.
Nous ne pouvons compter que sur nous même, nous devons nous organiser à la base. Ne nous laissons plus infantiliser ou déresponsabiliser à travers des politiques sécuritaires.

Ces remparts, nous les abattrons en reprenant notre vie en main, et ceci par la lutte !

 

CNT56 (syndicat des travailleuses et travailleurs du Morbihan).

contact : cnt-pontivy@mailoo.org

Repost 0
18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 15:33

* Slogan peint la nuit de vendredi à samedi par un ou une anonyme sur la coque du cargo échoué

 noel-mazout.jpg

Récit de la manifestation

 

Samedi après-midi, route vers Etel pour dénoncer les aberrations du transport maritime, pilier de la circulation des marchandises dans le cadre du capitalisme, et pour manifester notre colère face à l'échouement du cargo battant pavillon maltais. Un pavillon de complaisance parmi d'autres. La France a le sien, pas de quoi faire la leçon !


Les affiches de la fédération anarchiste de 2000 éditées au moment du naufrage de l'Erika, "logique de profit : logique de mort", sont ressorties. Rien n'a donc changé ?
A l'époque, nous criions révolution, face aux incuries du capitalisme et de l'Etat, nous mettions en avant l'autogestion... L'idée n'a pas pris. Alors les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Pas encore arrivé sur le lieu du rassemblement, qu'au bord de la route, des hommes vêtus de kaki et gilets jaunes sont en armes... Des chasseurs en battue ! A quelques kilomètres de là, un immense navire laisse échapper son fioul dans la mer et sur la plage. Ne pouvant être remis en mer, il faudra plusieurs mois pour démanteler les dizaines de milliers de tonnes de métal... Et des humains en sont encore à traquer les quelques mammifères sauvages qui restent dans les petits bois d'à côté... Pffff !

Il fait beau. Dans le bourg d'Etel, parmi les dizaines de personnes déjà présentes, quelques têtes connues... Des militantes et militants écolos, de gauche. Les copains du groupe libertaire qui ont pu se rendre disponibles arrivent. Les drapeaux noirs sont de sortie, les poussettes pour les enfants aussi. Nous partageons ce sentiment de Léo Ferré, "je préférerai toujours le drapeau noir à la marée en robe noire."

Nous sommes maintenant près de 400 à partir en cortège, vers la barre d'Etel, où se trouve le bateau. On sort le mégaphone, on scande de temps à autre, "le capitalisme : ça tue, ça pue et ça pollue", "Fukushima irradié, Erdeven mazouté, c'est le capitalisme qu'il faut éliminer", "ce n'est pas les immigrés qu'il faut expulser, mais le capitalisme et les autorités"... Grâce aux mobilisations populaires, Erdeven a déjà échappé à une centrale nucléaire en 1975, à l'extraction de granulats marins par le cimentier Lafarge en 2009... Le Peuple des dunes sait réagir. Pourtant, en 1999-2000, les plages avaient été souillées par le pétrole de l'Erika. En 2011, du fioul à nouveau, certes en moins grande quantité, se répand mais le bateau (poubelle ?) restera immobilisé sur la plage durant un paquet de temps...

Alors que l'on marche, tel dans un décor de cinéma d'anticipation, ou dans une BD de fiction, le haut du cargo échoué surgit par dessus les dunes... Etrange, on dirait que c'est faux, qu'il a été ajouté. Mais non, on s'approche, il est bien réel : horreur ! Un hélicoptère de gendarmerie survole la marche, sans doute en nous filmant copieusement...

gendarmes et manifestantsOn retrouve d'autres manifestant-e-s sur la plage et c'est un demi millier de personnes qui convergent vers la masse métallique où s'agitent quelques hommes en blanc, personnels de nettoyage.

Alors qu'elle avait en principe été négociée par le Préfet, l'autorisation d'inscrire "Joyeux Noël, les arma-tueurs" sur la coque nous est refusée. Une première haie de gendarmes (pas agressifs, ni casqués... mais quand même !) nous barre la route. Des négociations / tergiversations sont entamées avec le chef des gendarmes. Le Préfet a renié sa parole... (de la part de "l'autorité déconcentrée de l'Etat" (comme cela s'appelle !), sont surpris ceux et celles qui veulent bien l'être...).
On se masse devant cette haie. Les flics discutent aussi avec nous. Ils savent que la démarche est pacifique... Ca traine un peu. Des slogans fusent par intermittence. Une 2ème haie de gendarmes se met en place, puis une troisième. Ca fait une heure que l'on poireaute, on sait que l'on ne nous laissera face-a-face.jpggendarmespas passer. Il fait froid au bord de mer. Des familles ont déjà décampé. On décide de forcer tranquillement la première haie. Une sorte de mêlée de rugby se forme, sans coups portés, la 2ème ligne de gendarmes vient renforcer la première. Ils nous contiennent. Tel un ailier, un copain, drapeau noir en main, tente une sortie en rasant les vagues. Il se fait prendre, tombant même à l'eau ! Pour ce qu'on en a vu, il semble que les flics un peu plus anciens aient pris notre tentative de forcer le barrage, sans trop s'énerver ; d'autres, plus jeunes, nous ont poussés sans ménagement, les gazeuses à portée de main. Il n'en sera pas fait usage, ni de matraques... heureusement !


Le copain arrêté est relâché au bout de 10 minutes par un autre chemin. Les gendarmes lui ont même dit "vous avez raison de faire ce que vous faites"... !! Ce n'est pas sans rappeler un sketch de Coluche :
Dans une dictature, "un flic interroge un passant :
- Qu'est-ce t'en penses, toi ?
- Eh bien, comme vous !
- Je t'arrête alors !"

Il est quand même remarquable qu'il n'y ait aucune autorité étatique pour empêcher un immense et vieux bateau de prendre la mer depuis le port de Lorient, alors qu'une puissante tempête se déchaîne... En revanche, l'Etat retrouve l'usage de sa force légale pour retenir des manifestant-e-s qui voulaient juste faire un tag sur la coque...
Et on s'étonne qu'on soit anarchiste !
On aimerait aussi que la facture de cette mobilisation des forces gendarmesques soit adressée aux groupes privés affrêteurs du bateau et/ou à l'armateur... Mais, ne nous racontons pas d'histoires, c'est bien la collectivité qui assumera ces dépenses

Une enquête va être menée pour définir la chaîne des responsabilités. Le commandant de bord est apparemment seul maître à bord, selon la Loi. L'autorité maritime n'est pas en mesure de l'empêcher de partir... Il restera à voir s'il n'a pas eu d'ordre de l'armateur (basé en Turquie) ou de l'affrêteur qui voulait que sa cargaison soit rapidement récupérée. C'est que la rotation du capital est en mode accéléré en ce début du XXIème siècle.

Les politiciens parlent de légiférer plus drastiquement. N'est-ce pas le simple bon sens qui aurait du faire en sorte que le navire reste à quai ? Mais la logique de profit s'asseoit sur ce simple bon sens.

En société autogérée, sans classes ni Etat, parce qu'il n'y aurait pas de capital à accumuler, une bonne partie de la production / consommation serait relocalisée et des marchandises-gadgets même pas fabriqués ! Le transport de fret maritime serait ainsi réduit.

D'ailleurs, il en serait fini de la propriété privée des navires et cargaisons : bien commun de l'Humanité.
Les navires seraient uniquement commandés par le collectif des marins, en autogestion, qui y travaillent et qui s'assureraient de leur fiabilité ...


En attendant la rupture révolutionnaire, nous plaidons pour le contrôle syndical des navires, pour des normes internationales définies par les organisations de travailleurs-marins et la réappropriation du transport maritime par la population (sécurité, écologie, conditions de travail...).

 

Merci à J et à RJ pour les photos

M---gendarme.jpgflic-et-cargo.jpg

Repost 0
Published by anars56 - dans écologie
commenter cet article
17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 12:10

plage-souillee.JPG

 

 

Entendu sur France Info : http://www.franceinfo.fr/societe-cargo/cargo-echoue-la-plage-elle-est-jaune-normalement-la-elle-est-noire-475829-2011-12-18

 

G8env affNous étions une bonne soixantaine d'habitant-e-s locaux à nous être réunis hier soir, place de la Mairie à Etel. Beaucoup de questions restent en suspend. Pourquoi le bateau a-t-il été autorisé à partir en mer alors que l'avis de tempête était annoncé depuis plusieurs jours ? Ce navire de 109 mètres de long, battant pavillon maltais, en mer depuis 1982, était-il aux normes ? Combien de temps va prendre la dépollution ? Qui paiera ? etc...

 

Comme en 1978, avec le tanker Amoco Cadiz, en 1999 avec le pétrolier Erika, en 2000 avec le chimiquier Ievoli Sun : logique de profit = logique de mort !

Et, déjà, comme à chaque fois, les politiciens évoquent l'idée de définir de nouvelles normes de navigation, de légiférer... Simples moulinets de leurs petits bras le temps de l'émotion populaire... car rien, ou si peu, n'est fait : c'est qu'en milieu capitaliste, les Etats n'ont pas vocation à entraver les flux de marchandises, à freiner l'accumulation du capital...

 

Halte aux catastrophes capitalistes !

Pour la décroissance libertaire !

 

A l'appel d'habitantes et d'habitants locaux : depuis la Place de la mairie d'Etel, ce samedi 17 décembre 15h, MARCHE pacifique jusqu'à l'épave sur la plage de Kerminihy à Erdeven.

 

Reproduction ci-dessous d'un article qui relate la situation de

http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=118160

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

  

 cargo-echoue.JPGC'est un spectacle impressionnant qu'offre depuis ce vendredi matin le vraquier maltais TK Bremen, jeté à la côte dans la nuit par la tempête qui a balayé la façade atlantique. Le navire, long de 109 mètres, est planté sur la plage d'Erdeven, près de la ria d'Etel, dans le Morbihan. Si la cargaison ne pose pas de problème puisque le bateau naviguait à vide, le carburant contenu dans ses soutes (180 tonnes de fuel et 40 tonnes) a provoqué une pollution. L'échouement a, en effet, entrainé des déchirures sur la coque, qui laisse s'échapper des hydrocarbures. La pollution est certes limitée, se cantonnant principalement autour du bateau, mais elle n'en demeure pas moins grave. Le fuel de propulsion est, en effet, très nocif pour les oiseaux marins et le TK Bremen s'est échoué dans une zone naturelle protégée. Des plaques d'hydrocarbures ont, par ailleurs, atteint ce matin la ria d'Etel, où se trouvent de nombreuses fermes ostréicoles. Pour les professionnels, le danger économique est majeur en cette période de fêtes de fin d'année, qui représentent le gros des ventes d'huîtres. Venue sur place ce midi, la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Moriset, leur a apporté son soutien et indiqué que tous les moyens seraient mis en oeuvre pour lutter contre la catastrophe.

Il faudra peut-être découper la coque sur place

Sur zone, tous les moyens de secours disponibles sont mobilisés. Pompiers, gendarmes, marins, équipes de la sécurité civile... Le plan POLMAR de lutte contre les pollutions maritime a été déclenché par la préfecture du Morbihan et la préfecture maritime de l'Atlantique. Alors que des barrages flottants sont en cours de déploiement, des équipes ont été constituées pour commencer à nettoyer la côte. Aux premiers moyens mis en oeuvre dès l'accident survenu, des renforts sont attendus. La sécurité civile a, ainsi, mobilisé deux sections, soit 60 hommes, et débloqué des moyens pour équiper 150 personnes afin de lutter contre la pollution. Mais les opérations sont rendues difficiles en raison de la météo, qui demeure mauvaise, même si le gros de la tempête Joachim est passé. C'est pourquoi le pompage des soutes du TK Bremen depuis la mer a été écarté, au profit d'un pompage depuis la terre. De plus, le mauvais temps laisse craindre des difficultés pour maintenir les barrages flottants, sans compter la dispersion de la pollution, qui pourrait être aggravée dans les prochains jours par les marées (les coefficients vont augmenter). Au-delà de la nécessité d'empêcher la propagation des hydrocarbures, il convient également de traiter le navire, solidement planté sur la plage. Des investigations vont devoir déterminer quelle est l'étendue des dégâts et s'il est possible de dégager la coque. Dans le cas contraire, à l'image du Rokia Delmas échoué sur l'île de Ré en 2006, il faudra procéder au démantèlement sur place du navire, ce qui prendra de nombreux mois. Compte tenu des premières constations faites sur la coque, c'est malheureusement une piste qui a été évoquée par la ministre de l'Ecologie.

 Le navire avait tenté de se mettre à l'abri à Groix

plae-souillee-2.JPGLe TK Bremen s'est échoué vers 2 heures du matin. Il avait quitté le port de Lorient, dans l'après-midi d'hier, pour mouiller au nord de l'île de Groix. Il comptait y attendre l'amélioration des conditions météorologiques avant de reprendre sa route vers l'Angleterre. Mais le vieux cargo, construit en 1982, n'a pas été capable, face aux violentes rafales de vent, de tenir son mouillage. Il a donc commencé à dériver vers la côte. A 00H40, le TK Bremen a demandé assistance au Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) d'Etel. Idéalement, le navire aurait pu être assisté par les remorqueurs portuaires de Lorient. Mais la tempête empêchait ceux-ci de tenter une sortie. Le CROSS a donc donné l'ordre au grand Remorqueur d'Intervention, d'Assistance et de Sauvetage (RIAS) Abeille Bourbon d'appareiller. Conçu pour assurer des sauvetages dans les pires conditions, le bâtiment, basé à Brest, avait pris comme d' habitude en cas de tempête son poste à Ouessant, de manière à pouvoir intervenir, en cas de problème, au plus près du dispositif de séparation du trafic maritime. Malheureusement, ce n'est pas dans le DST qu'on avait cette fois besoin de lui, mais au large de Lorient. Trop éloignée, l'Abeille Bourbon n'a pu arriver à temps. Le RIAS a toutefois rejoint la zone afin de pouvoir intervenir si la situation du TK Bremen, une fois échoué, venait à se dégrader. Si les conditions sont réunies, il pourra aussi, à la faveur d'une marée haute, tenter de le dégager. Quant à l'équipage, constitué de 19 marins, il a été évacué par la Marine nationale. Cette dernière a fait intervenir l'un de ses nouveaux hélicoptères Caïman Marine (version française du NH90 NFH), qui a réalisé à cette occasion sa première opération de sauvetage (la mise en service opérationnelle du Caïman Marine est intervenue le 8 décembre). Hélitreuillés, les marins du TK Bremen, sains et saufs, ont été évacués vers la base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué, près de Lorient.
Une enquête a été ouverte. Les investigations ont été confiées par le parquet de Brest à la Gendarmerie maritime.

Repost 0
Published by anars56 - dans écologie
commenter cet article
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 18:41

Selon le Télégramme du 16 décembre 2011 :

"Ria d'Etel. Les chantiers ostréicoles touchés par le fuel du cargo échoué

Dès l'aube, vendredi matin, les première traces de pétrole échapées du Cargo TK Bremen étaient visibles dans la ria d'Etel, qui compte 36 chantiers ostréicoles. Les professionnels ne peuvent que constater la pollution et commencer à nettoyer. Avec le vent et la marée, du goémon souillé et des boulettes de pétrole remontent sur les cales et menacent les bassins submersibles. Ifremer doit faire des analyses dans la journée, pour évaluer l'état sanitaire des huîtres. Un nouveau coup dur pour la filière ostréicole, à quelques jours des fêtes."

 

Sur la vidéo d'I télé, on voit bien ce cargo, battant pavillon maltais, dégueuler son pétrole. Les autorités l'ont étrangement autorisé à prendre la mer, malgré les avis de tempête... http://www.itele.fr/video/la-tempete-joachim-balaie-la-france-1


Une page facebook créée pour protester contre cette nouvelle pollution (Nous relayons cet appel en forme de "coup de gueule")

 

"Révoltons-nous contre les pollueurs en costard !

 

Non, nous n'irons pas ramasser le mazout, pas une miette. Ces enfoirés n'attendent que ca pour ne pas avoir à payer trop cher de pollution... Si l'on en ramasse, c'est pour mieux leur tartiner le derche et leur pognon ! Je vous propose autre chose : allons dénoncer les réels fautifs :  le destinataire ou l’expéditeur qui n'a pas voulu de frais de mouillage portuaire et l'a fait mouiller en pleine mer, l'armateur, tous les responsables administratifa de ce massacre. Bref, mobilisons-nous !

 

Vous en avez marre de tout ça ? Je vous propose déjà ce soir un acte symbolique : les pouvoirs publics ne veulent pas que l'on s'approche du rafiot, histoire de cacher les dégâts ?? Montrons leur que pour une fois, c'est le peuple qui fait la loi.

 

Rdv ce soir, à 20h place de la mairie, à Etel : il y a déjà un PC securité pompiers, avec des élus. Rdv ici, le max de monde, en tenue adéquate pour la pluie avec lampe torche, botte, banderole et moyen de com' si vous le souhaitez. Invitez le plus de monde possible et rendons-nous sur la plage du naufrage, il y en a pour 15min à travers dune. C'est pacifique : ni violence ni chambrage, juste l'indignation. Gardez votre calme et montrez votre détermination . Indignez-vous !"

 

On y croisera des membres du groupe Lochu...

Repost 0
Published by anars56 - dans écologie
commenter cet article
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 15:50

Les intouchables ?

Spéculateurs, agents notateurs de Standard & Poor’s, Moody’s ou Fitch, gangsters de tous poils des marchés financiers semblent plus que jamais intouchables. Ils font et défont, sans même s’en cacher désormais, les gouvernements en Grèce, en Italie et ailleurs. Ils exigent toujours plus de rigueur, d’austérité pour les salariés, les chômeurs, les retraités, etc. Ils mentent à longueur de télévision, ils volent, ils pillent, ils tuent ! Et ce n’est qu’un début.

C’est la grande revanche du capital qui considère que, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, trop d’acquis sociaux ont dû être concédés : retraite,1655Anticapitalismesécurité sociale, allocations chômage, services publics, statuts et conventions collectives, salaire minimum, etc. Rien de révolutionnaire mais déjà beaucoup trop pour ces cannibales.

Leur terreau naturel, c’est la misère et l’exploitation ; leur politique, c’est la démocratie d’opérette lorsque c’est suffisant pour maintenir le calme et la dictature quand leurs intérêts l’exigent. Même l’annonce d’un malheureux référendum en Grèce les rend très nerveux. En pleine « révolution » tunisienne, l’agence de notation Moody’s baissait la note du pays arguant de « l’instabilité politique et sociale qui règne ». Un bon dictateur y’a pas mieux parfois pour maintenir ou augmenter le taux de profit, quitte à verser des larmes de crocodile quand les morts jonchent les rues lors des manifestations.

En France, les plans et mesures d’austérité s’enchaînent. Les salariés sont tous présumés fraudeurs, et de mettre en avant les prétendus 4 milliards de fraude sociale imputables aux travailleurs. Et les 16 milliards (chiffres officiels) imputables aux entreprises ? Et les 63 % des sociétés non en règle avec l’Ursaff, qui en parle au journal télévisé ? Et les 232 milliard d’euros pillés depuis 1982 dans les caisses de la Sécurité sociale (donc aux salariés) par le biais d’exonérations sociales, qui s’en émeut ?

Il faut dire que tous ces vautours (pardon aux vautours !) auraient tort de se gêner. Au-delà des gesticulations électorales de circonstance tous les politicards sont d’accord pour préserver le système. Ils ont juste un léger différend quant à ceux qui sont les mieux placés pour le faire !

Quant aux directions syndicales, rien à en attendre non plus sinon une anesthésie générale pour mieux faire passer les coups. Ainsi le triste et pitoyable Chérèque, chefaillon suprême de la CFDT, déclarait le 22 novembre dernier : « Les salariés attendent des syndicats des explications sur la crise et non l’organisation de la grève que réclame FO. Depuis 6 ans, réduire la dette, c’est une priorité de la CFDT. C’était notre démarche déjà en 2003. » Cela a au moins le mérite de la clarté. Mais qui va enfin le faire taire, l’empêcher de nuire et le renvoyer dans les poubelles de l’Histoire ?

Combien de temps les militants CGT vont-ils accepter que Thibaut lui fasse la courte échelle et ridiculise la « vieille maison » ? Combien de mascarades, type journées d’action du 13 décembre, sans contenu revendicatif clair et sans le début de l’ombre d’un soupçon de volonté de résister va-t-on laisser passer ? L’austérité intersyndicale en quelque sorte.

Le choc, l’affrontement de classe est inévitable. En Grèce la grève générale du 1er décembre a réuni des centaines de milliers de salariés. En Grande-Bretagne une grande majorité de fonctionnaires a fait grève le 30 novembre. Rien de comparable depuis 30 ans. En Belgique, la grève du 2 décembre a été bien suivie… La grève du 15 décembre dans l’Éducation nationale est aussi un signe positif car l’unité (hors CFDT) imposée en partie par la « base » s’est faite sur une base claire : retrait pur et simple du projet de décret sur l’évaluation des enseignants.

Et les luttes vont se multiplier quels que soient les obstacles politico-syndicaux qui vont s’y opposer. De ce point de vue les événements internationaux de ces dernières semaines prouvent s’il en était besoin que les urnes sont les cercueils des espoirs de changement véritable. Élire ou agir, il faut choisir.

Dans un tel contexte, chacun-e doit prendre ses responsabilités, sans se la jouer, modestement, mais réellement. Les militants et militantes anarchistes, notamment celles et ceux de la Fédération anarchiste, sont face aux leurs : être un point d’appui sur le fond et sur la forme des luttes sociales ou de simples commentateurs. La lutte se construit sur le terrain, pas sur internet. Elle nécessite rigueur, organisation et détermination. Rien, absolument rien ne doit nous rendre impuissants quand il s’agit de combattre (avec d’autres) ceux qui se croient intouchables.
Repost 0
Published by anars56
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de anars 56
  • Le blog de anars 56
  • : Le blog du groupe libertaire René Lochu (Vannes)
  • Contact

Pour nous contacter, ne pas passer par la page "contact" du blog. Ecrire à : groupe.lochu(a)riseup.net

Vous pouvez aussi vous abonner à la feuille d'infos "Anars 56" (par mail, en texte brut, deux ou trois fois par mois).
Il suffit de nous le demander par mail à l'adresse ci-dessus.

Pour nous rencontrer : le 1er lundi de chaque mois, nous tenons une permanence de 19h15 à 21h00 à la maison des associations, 31 rue Guillaume Le Bartz, à Vannes. Tables de presse, tracts... Attention : pas de permanence durant l'été. Pas de permanence lundi 2 octobre 2017.

 

Depuis quelques temps, des publicités intempestives (et insupportables par définition) apparaissent sur le blog, sans qu'on ait moyen de les empêcher. Nous vous recommandons de télécharger un bloqueur de publicités qui les neutralisera.

Recherche

Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Concerts

Autres événements