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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 10:15

Du 7 au 11 juillet 2012 à Notre-Dame-des-Landes (44)

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Pour une rencontre des résistances aux grands projets

(à l'appel des structures et individus ayant organisé le cortège anticapitaliste du 24 mars à Nantes contre l'aéroport de NDDL)


Les 7 et 8 juillet sur le site du 2e forum européen contre les grands projets inutiles imposés.

Pourquoi nous y participons et pourquoi nous vous y invitons :

Contrairement à certaines composantes de la lutte anti-aéroport locale ou d’autres ailleurs, qui privilégieraient l’option institutionnelle, nous n’espérons rien d’une « transition sociale, écologique et démocratique »[1] ou d’une écologie de façade, avec la promotion du développement durable, qui n’est rien d’autre qu’un capitalisme vert.

En effet, nous estimons que la lutte contre l’aéroport de NDDL, et plus globalement contre tous les grands projets inutiles imposés, s’inscrit dans le cadre plus global de lutte contre le système capitaliste. Avec la participation active des États, les multinationales et les grandes entreprises cherchent à dégager de nouvelles marges de bénéfice, en réorganisant les territoires pour faciliter le développement de leurs activités.

En clair, on détruit les espaces ruraux et agricoles et on agrandit les villes pour construire en force de nouvelles infrastructures gigantesques et nuisibles dont les bénéficiaires ne seront que les possédants. Fausse concertation publique, mensonges, bourrage de crâne médiatique, répression des opposant-es … : les techniques pour imposer ces projets sont toujours les mêmes. Mettre clairement ces projets en rapport avec le capitalisme ne signifie pas qu’on ne peut rien gagner tant que ce système est en place, tant qu’il n’y a pas de révolution. Cette mise en rapport est aussi une arme essentielle pour remporter des victoires (même partielles comme au Carnet) que les seules stratégies institutionnelles ou réformistes n’ont jamais pu obtenir. Et c’est aussi un moyen d’élargir les luttes anticapitalistes qui se mènent un peu partout. Pour contrer cette logique mortifère, nous sommes convaincu-e-s de la nécessité de créer, au moment du forum comme au-delà, des espaces de rencontre, de discussion et de résistance. Ainsi, nous voulons permettre aux individu-es et aux groupes qui viendront lors de ces journées de partager et de confronter leurs différentes expériences, leurs différentes pratiques de luttes. Pour nous, l’objectif n’est pas de s’auto-congratuler mais bien d’échanger autour d’autres formes de résistance.

Nous savons qu’il existe dans l’hexagone, en Europe et dans le monde, une multitude de collectifs autonomes qui se mobilisent physiquement (blocages, occupations, sabotages) contre les infrastructures capitalistes et les nuisances qu’elles génèrent. Ici contre le projet d’aéroport, là-bas contre des LGV[2], ailleurs contre un projet de ligne THT[3], de centrale à gaz, de stade de foot, de parc éolien, de centre d’enfouissement des déchets nucléaires. Partout contre les projets de rénovation urbaine, d’écoquartiers, de centres commerciaux, de pôles industriels et de zones d’activités.

Nous pensons que ce forum peut être l’occasion de diffuser des pratiques et une critique radicale, pour sortir d’une approche politicienne ou bureaucratique de ces luttes.

Notes :
[1] Voir l’appel du Comité de pilotage (Coordination des Opposant-es au projet d’aéroport de NDDL, Mouvement No TAV, Stuttgart est partout, Collectif d’Associations de Défense de l’Environnement contre la ligne LGV au Pays Basque)
[2] Ligne à Grande Vitesse
[3] Ligne à Très Haute Tension

Pour une rencontre des résistances aux grands projets

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SAMEDI 7 JUILLET

11H-13H : Quel rapport des luttes aux institutions ?

Pour combattre les grands projets inutiles, que peut-on espérer d’un recours aux institutions (cours de justice diverses, dispositifs constitutionnels, hexagonaux ou européens, représentants politiques, syndicaux) ? Inversement, l’utilisation de moyens extra institutionnels dont certains considérés comme illégaux mais légitimes, peut-elle suffire pour créer un rapport de forces suffisant pour emporter à elle seule la décision ? Les deux moyens peuvent-ils cohabiter ? la présence de camarades ayant participé aux luttes de Plogoff, de Golfech, du Pellerin et du Pays Basque, permettra d’échanger sur ces questions.

14H-16H : Quelle stratégie face à la justice ?
Est-ce nécessaire/inutile de s’investir dans la défense face aux juges, comme par exemple lors du dernier procès VINCI-barbouilleurs de Couëron ? Tribune de mobilisation et d’expression pour questionner la légitimité de l’institution judiciaire, ou bien contribution au déploiement spectaculaire de la justice de classe par une mise en scène jouée d’avance ?

16H-18H : Comment durer dans le temps ?
Face à l’Etat, une multinationale ou une mairie, le combat contre un grand projet traverse des phases d’activité intense ou de démobilisation par absence d’échéances immédiates. Contre l’aéroport, une centrale nucléaire, une ligne TGV ou THT, quelles pratiques pour élargir l’audience de la lutte au-delà des moments forts et des recours légaux, très lents, souvent affaire de spécialistes ? Réunions publiques, info-tours, coordination de préparation, occupation-squatt de terrains, activités de vie sur les zones.... Mais aussi confronter les réflexions, stratégies de différents sites, et inventer des structures-carrefours de luttes (bulletin, site, forum) pour "oxygéner" les collectifs ? Considérer aussi que les luttes peuvent être aussi élargies par des initiatives dans d’autres lieux que ceux qui constituent le cœur du projet car ces derniers ont toujours besoin de complicités politiques, économiques et culturelles partout sur le territoire.

DIMANCHE 8 JUILLET

11H-13H : Quelle stratégie anti nucléaire ?

Parmi les grands projets inutiles imposés aux populations, l’industrie électro-nucléaire occupe une place centrale et emblématique dans l’Hexagone, par les moyens mobilisés, la dangerosité et les conséquences sur tous les plans. A travers l’histoire des luttes passées (Pellerin, Golfech, Plogoff, Carnet) ou actuelles (EPR Flamanville, THT, Bures), après les dernières mobilisations au Chefresne ou face au désastre de Fukushima, quelles perspectives pour la lutte anti nucléaire face à l’Etat PS ? Quelle structuration face à la bureaucratie EELV-Réseau qui cantonne l’expression anti nucléaire au jeu institutionnel-parlementaire et à une pratique de lobbying ?

15H-17H : Contre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, quelles perspectives ?
Après la manifestation du 24 mars à Nantes, la grève de la faim et l’accord partiel de maintien de l’exploitation des terres du 9 mai, une première famille qui habite depuis quinze ans sur le site du projet, passera en procès d’expulsion le 11 juillet à 9.00H au tribunal de Saint-Nazaire. Au-delà du rassemblement appelé à cette occasion, que faire et comment continuer la lutte ?

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INFOS DIVERSES :

Projection de divers documentaires de luttes : "the pipe", sur la résistance de pêcheurs écossais à la pose d’un pipeline de Shell en Mer du Nord ;
Documentaire sur Narita et la résistance populaire japonaise à un projet d’aéroport près de Tokyo dans les 60’s ; etc.

Restaurations diverses (cantine prix libre ou stands) et rafraîchissements disponibles sur le site du forum au cours des cinq jours.

Possibilité de camping ; prévisions météo variables, prévoir vêtements et chaussures.

 

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Image AccueilProgramme officiel du 2ème Forum Thématique Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés
Les identifier, les recenser, les combattre, par l'action et la convergence de nos luttes

Le 2ème forum européen contre les grands projets inutiles imposés aura lieu à Notre Dame des Landes, en Loire Atlantique près de Nantes, du 7 au 11 juillet 2012. (Lire la suite)

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 21:44


«Le travail, c’est bien une maladie puisqu’il y a une médecine du travail. »
  Coluche

Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici !

ML 1679 rectoML 1679 versoActualité

Entrer en résistance, par Fabrice, page 3

Subversion militante, par G. Goutte, page 4

Nouvelles des fronts sociaux, par Hugues, page 5

Météo syndicale, par J.-P. Germain, page 6

Abstention et résignation, par Juanito, page 7

La civilisation du voyeurisme, par E. Vanhecke, page 8

Quand le Foot Business exproprie, par S. Chapelle, page 9

International

Anarchy in Tunis, par H., page 11

Les Asturies plongées dans la grève, par R. Pino, page 12

Arguments

Anarchisme, sport et compétition, par Bali, page 14

Histoire

Les camps de la honte, par A. Pavlowsky, page 16

Mouvement

Faire craquer le capitalisme, Libertalia, page 21

Le dernier rejeton de N’Autre école, page 21

Radio libertaire, page 22

Agenda, page 23



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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 17:57

Un festival autogéré, à prix libre. 2 jours de fête, de concerts, d’ateliers : Sérigraphie "chezelle" - teinture végétale - fabrication d’arc et lance pierres - combat médiéval - Jeux de palets, Molky,... - fabrication de masques - Danses et encore plein d’autres ateliers !

 

Ramenez vos fesses, votre énergie, votre atelier, vos boissons... Ca se passera à La Pointe, sur la D15 à la sortie du Temple de Bretagne en direction de Fay.

 

Programme complet en cliquant sur l'affiche !

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 17:57

Invité par un enseignant du Bono, pour faire une leçon d'instruction civique [1] aux élèves du CM1, le nouveau député de la circonscription Auray - Quiberon, Philippe Le Ray, s'est présenté comme un "citoyen normal" qui "représente (...) environ 120 000 personnes". (Ouest-France du 26 juin 2012). 


Prenons ces paroles au mot et soumettons les à notre examen pour déterminer si cet homme dit vrai ou s’il tente de nous intriguer en donnant une certaine image de sa personne.

 

Rappelons qu'au premier tour des législatives, notre élu a récolté 15 144 voix, soit un peu plus de 12,5 % des 120 000 humains qu'il prétend représenter. Au second tour, il a recueilli 31 942 suffrages (26,6 % de 120 000 êtres doués de raison… mais dépossédés de leur souveraineté sur les affaires qui les concernent : souveraineté qui est accaparée par le détenteur du chèque en blanc que constitue la délégation sans contrôle à un député, a contrario du mandat impératif préconisé par les anarchistes). On se demande si auprès des jeunes cerveaux du CM1, il a parlé en chiffres bruts du nombre réel de gens qui ont voté pour lui et leur a soumis cet étrange problème mathématique, où dans une prétendue démocratie, dont la règle est le principe dit majoritaire, celui qui parle pour 120 000 personnes ne le fait qu'avec l'accord (et encore, combien ont voté pour cette personne à défaut de quelqu'un d'autre ?) d'un quart des représentés... ? Sans compter qu’un député légifère (décide de ce qui est autorisé ou interdit, de ce qui est bien ou mal au regard d’un certain « ordre ») pour l’ensemble des citoyennes et citoyens : soit plus de 65 millions d’individus en France !

 

Notre député s'affiche à l'instar de notre bon Président de la République française (que nous préférons appeler "Chef de l'Etat français"), comme un "citoyen normal". Mais il est instructif de lire la presse locale, car dans un article consacré à l'élection du nouveau député, nous apprenons que celui-ci "percevra une indemnité mensuelle de (...) 5189,27 euros net. Il touchera aussi une indemnité de frais de mandat de 6 412 euros par mois et un crédit ouvert mensuellement de 9 138 euros pour la rémunération de ses collaborateurs. Les députés disposent aussi d'un accès gratuit à l'ensemble du réseau SNCF, en première classe". (Ouest-France du 19 juin 2012)

L’article a négligé de préciser qu’au bout de 5 ans de ce mandat, il pourra toucher une retraite de 1 549 euros mensuels

 

Ainsi, le concept de "normalité" se mesure à l'aune de cet autre article de la presse locale qu'il nous paraît pertinent de mettre en parallèle : en 2010 le salaire moyen en France s'élevait à 2 082 euros net par mois ; le salaire médian, quant à lui, est à 1 657 euros net (c'est-à-dire que 50 % des salariés gagnent plus, et 50 % des salariés gagnent moins que cette somme). Les 10 % les mieux payés touchaient 3 317 euros (3 663 euros pour les hommes et  2 812 euros pour les femmes), et les 1 % les mieux payés palpaient 7 654 euros nets par mois...


Ajoutons que notre député local, apparenté UMP (mais non adhérent), est également conseiller général du canton d'Auray et conseiller municipal de la commune de Plumergat. Au titre de ces deux tâches [2], il bénéficie de quelques indemnités. Le cumul des "mandats" est un sport national en France puisque les 3/4 des députés les cumulent (Cf le Monde du 27 juin 2012). Il faut croire qu'être chargé d'un mandat occupe peu de temps. En effet, de deux choses l'une : ou cette activité laisse beaucoup de temps libre et il n'est alors pas faux de déclarer que nos élu-e-s n'en font pas une rame quand ils sont porteurs d'un seul mandat, ou alors un "mandat" est une tâche à plein temps… le cumul signifie dans ce cas, s'occuper des affaires par dessus la jambe !

 

Ainsi, notre citoyen député se revendiquant « normal » fait partie des 1% les plus riches, et ses frais sont pris en charge. Il est des normalités qu'on aimerait partager ! Qu'est-ce que cet individu rompu aux "serrages de louches et oeillades marquées" (Télégramme du 19 juin 2012) peut comprendre au quotidien des gens (la moitié des salariés français vivent avec moins de 1 657 euros par mois, et beaucoup d'entre eux et elles avec beaucoup moins... et leurs frais ne sont pas pris en charge !) ? Voilà un autre problème d’instruction civique qui n’a probablement pas été discuté avec les écoliers…

 

Dans un monde de riches et de pauvres (maintenus pauvres pour que les riches puissent exister), il n'y a pas d'intérêt général ! Le député est celui de la classe dominante, c’est-à-dire des riches, qu'il porte l'étiquette gauche ou droite. Il n'est d'ailleurs pas rare que des textes législatifs soient conçus en amont par des lobbies efficaces et rompus à la négociation (et aux petits cadeaux qui les accompagnent, lesquels agrémentent le quotidien des élu-e-s éprouvé-e-s par tant de responsabilités...).

 

Au vu de l'ensemble de ces éléments, chacune et chacun estimera si ce député est bien un "citoyen "normal"...

 

Si nous avons allumé un député de droite, le feu de notre rage et de notre rejet de cette clique vaut pour toutes et tous les autres, quelles que soient leur tendance. Nous ne leur accordons aucune légitimité. Nous gardons notre entière liberté de parole car nous ne leur avons pas donné notre voix...

 



[1] C'est-à-dire d'endoctrinement à l'idéologie de l'Etat capitaliste et à sa pseudo démocratie. Le professeur de ce service public a donc bien fait son travail d'endoctrinement pour l'Etat. Il aura certainement une bonne note...


[2] Nous n'osons dire "mandat" car dans la démocratie bourgeoise les mandants (le peuple) n'ont aucun pouvoir sur le "mandaté"... C'est une donc une usurpation du langage que de laisser penser qu'un ou une élu-e serait porteur d'un mandat !

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 22:41

Cyclo anti THT en prélude au week-end de la résistance du Chefresne (Cotentin)

Une ligne THT (Très Haute Tension) est prévue pour évacuer l'électricité du futur EPR, afin de noyer l'Europe du Sud et la Méditerranée par l'énergie nucléaire, et chasser les autres sources d'énergie, en maintenant les populations sous ce joug centralisé. Une lutte passée, en Catalogne, concernait un autre tronçon de cette autoroute d'énergie nucléaire... Cet équipement s'accompagne d'expulsion et de répression par une administration dictatoriale directement aux ordres de RTE (Réseau transport d'électricité, filiale d'EDF).
Le cyclo anti-THT est initié par un groupe informel de jeunes anarchistes rennais et mayennais ; il veut soutenir les opposants à la ligne THT, sensibiliser les gens à cette lutte par des inscriptions (tags), des débats, des projections, des distributions de tracts et des échanges le long du parcours ; le vélo en fût le moyen (très) pratique, convivial et symbolique. Nous étions en autonomie ( tentes, nourriture, etc, etc...).
L'appel au rassemblement du Chefresne fut le but principal de notre manifestation.
Le samedi 17 Juin, rendez-vous à Beaulieu-sur-Oudon, en Mayenne, pour le départ du cyclo anti-THT. Nous sommes 7, accueillis chez des opposants à la ligne THT.
Le lendemain, de nombreux cyclistes nous accompagnent, en plus des voitures de gendarmerie et de son hélicoptère : comme quoi le nucléaire n'est pas neutre en CO2 !
Les jours suivants, nous roulions à environ une quinzaine de cyclistes, toujours escortés par la gendarmerie ! Je passe sur les péripéties qui furent notre vie quotidienne passionnante. Je note le peu d'engagement pratique actuel des gens, en-dehors des opposants déclarés ; mais, l'encouragement et l'approbation que nous reçûmes tout au long du parcours devrait inquiéter les nucléocrates.
Nous arrivâmes au camp le jeudi 21 en fin d'après-midi. Le camp était déjà installé. La gendarmerie aussi.
Le lendemain, le cyclo anti-THT se dissout dans les différentes activités du camp.

En voiture jusqu'au Chefresne, samedi 22 juin

Arrivés sur le coup de midi au "bourg" de Chefresne samedi 22 juin, à chercher où se trouve le camp, nous croisons une camionnette avec des militants et militante anti aéroport de Notre-dame-des-landes. On se suit jusqu'au bois occupé par les opposants, avec les cabanes dans les arbres... par où doit passer la ligne à Très haute tension... ce qui signifie que le bois sera rasé. Les 400 000 volts prévus d'être transportés par la ligne venant du réacteur nucléaire EPR (si ce projet ruineux et dangereux aboutit...) dégageront un rayonnement électrique néfaste aux espèces animales (y compris aux humains donc) à proximité.
On reprend la route jusqu'au camp. Premier contrôle policier : identité et papiers du véhicule. A l'intersection suivante : second contrôle (des fois que leurs collègues auraient mal fait leur travail peut-être ?)... Le récipissé, remis par la police pour limiter les contrôles systématiques, annoncé par le gouvernement, n'est pas encore en place vraisemblablement... Il semble qu'un policier nous filme durant toute l'opération...

 

La vie dans le camp de la résistance


L'arrivée au camp de la résistance est beaucoup plus sympatique. Nous sommes accueillis avec le sourire, on nous indique où nous garer, l'organisation spatiale du camp, on nous remet un petit document informatif avec des conseils pratiques pour bien réussir une manifestation.
Coup de bol, il reste à manger auprès de la cantine schmrutz : repas bio vegan succulent (comme à chaque fois !) à prix libre. A chacun sa vaisselle ensuite, dans l'esprit d'autogestion. Tout le week-end, nos cuisinières, cuisiniers et boulangers assureront de quoi nous sustenter du petit déjeuner au dîner, à la mode 100 % végétale !
Outre l'espace cuisine, sur ce camp de grandes tentes ou chapiteaux permettent aux gens de se rassembler : sont installés un espace lecture avec de nombreuses brochures (à prix libre toujours), une buvette à petits prix (pas mauvais le cidre et le jus de pommes normands !), la tente de l'équipe médicale (medical team), un lieu où se ressourcer en cas de coup de blues... et les toilettes sèches habilement placées.
Un tableau donne la chronologie des rendez-vous du week-end, les heures des discussions débats. (Voir le programme sur ce site http://valognesstopcastor.noblogs.org/1087).
Près d'un demi millier de personnes vivent sur ce camp. Les discussions et rencontres spontanées ou organisées s'enchaînent.
L'après-midi du samedi a pour thème "la convergence des luttes" (anti nucléaire, anti aéroport, anti lignes à grande vitesse... etc.). Comment défendre un territoire, lieu de vie, face aux projets délirants de l'Etat et du capitalisme qui n'ont en pensée que le développement (de leur puissance) faisant fi des conséquences sociales et écologiques ? Quels liens les militant-e-s peuvent construire avec les populations locales ? Comment poser les problèmes en termes de société à reconstruire sur de nouvelles bases ? Quels moyens donnés à la lutte ? etc... Beaucoup de questions qui cherchent encore des réponses. Pour certains, une catastrophe nucléaire étant sans commune mesure par son pouvoir de dévastation et d'implications sanitaires, sociales et écologiques, par rapport à tous les autres risques industriels, la priorité est d'arrêter au plus vite ("immédiatement") cette horreur. D'autres estiment que pour s'en sortir, il faut remettre en cause la société (société capitaliste de croissance) qui a permis l'élaboration de telles industries...
D'autres réunions permettent de préparer les manifs du lendemain, jour des actions contre les pylônes de la future ligne THT...
Régulièrement, à proximité du camp, passent une fourgonnette de la police ou de la gendarmerie. Un hélicoptère survole le camp, filmant et photographiant tout ce qu'il peut. Les fichiers vont pouvoir être mis à jour... Même la nuit, ce moustique géant tournera au-dessus du camp à trois reprises... Les réserves de fioul de l'Etat doivent être bien remplies...

 

Banderole-antinuke.jpg

 

Le dimanche, les manifestations... et la répression

 

Dimanche, réveil sous la pluie. Elle ne cessera pas de la journée ! Grrrmmmlll... Une grande assemblée générale accorde les objectifs et fonctionnements de chaque groupe de manifestant-e-s.
Nous étions dans le groupe 1, avec en banderole de tête "nucléaire : arrêt immédiat". Les cirés et les bottes sont de sortie... Des flics filment le défilé... Au bout d'1 km, notre liberté de circuler et de manifester est entravée par un barrage de police. Nous progressons lentement, certain-e-s particulièrement dangereux (!) chantent des chansons antinucléaires (souvent des détournements de morceaux existants)... et, sans sommation, une première salve de lacrymogènes nous arrête ! Après la dispersion des fumées, nous reprenons la marche, nouveaux tirs de lacrymos. Nous nous interrogeons sur la marche à suivre. Au loin, résonnent des détonations où nous savons que les copines et les copains doivent se rendre. On pense à eux et elles avec un certain effroi... Un appel du camp nous informe que ça sent le roussi et qu'il est préférable de rentrer. Nous laissons une voiture de pompiers passer récupérer des blessés. On se demande ce qu'il se passe. De retour au camp, on nous raconte la violence des flics lors de l'affrontement, blessant une personne grièvement à l'oeil. Au mépris de toute considération pour le blessé, la maréchaussée ne voulait même pas laisser passer le véhicule de secours des pompiers ! Il a fallu l'intervention d'une journaliste allemande pour que cela se résolve.
On voit donc déjà le changement : après la Sarkozie, place à la Hollandie ! Le donneur d'ordre, c'est bien l'Etat, Manuel Valls encore une fois a mis ses bottes de Guéant !

Témoignage sur le cortège pylônes :

Le cortège composé de jeunes et de quelques moins jeunes a aussi quitté le camp à 10 h en prenant la direction opposée à la manif vers le pylône 220 sur le haut de la butte. Après avoir fait 200 mètres, illes étaient visibles du camp à 100 mètres. Face à eux une douzaine de flics les ont immédiatement arrosés de grenades lacrymogènes. Le vent était à ce moment favorable mais malgré la pluie fine les gaz s'élevaient. Le cortège s'est regroupé et a de nouveau essuyé des tirs de lacrymos avec un vent qui était défavorable.
Plusieurs grenades assourdissantes ont été envoyées par les "chiens policiers".
Ca commençait à ressembler à un champ de bataille...
Après un deuxième regroupement, le cortège est reparti en courant sur le groupe de tireurs. L'affrontement fut bref et d'une violence extrême. Le cortège voulant absolument passer pour aller au pylône. C'est là que furent blessés 6 activistes dont deux aux yeux... Le repli vers le camp se déroula de façon très ordonnée. Les blessés furent pris immédiatement en charge par l'équipe médicale... "Les chiens policiers" vinrent aux abords immédiats du camp. Le face à face était très tendu. Il est clair que si les flics étaient entrés dans le camp la situation aurait basculé. La mission des flics était d'empêcher toute jonction entre les différents groupes situés plus loin au bois du Chefresne et plus loin au village (les habitants et habitantes et des soutiens).
A noter que les pompiers furent bloqués par les flics qui voulaient les accompagner dans le camp...
Des instants précieux furent ainsi perdus...
Ce mardi un activiste blessé aux yeux était toujours à l'hôpital.
La conclusion, c'est que ce cortège a fait preuve d'une bravoure face à la violence policière. Les maîtres ont changé, Hollande a remplacé Sarkozy, et Valls a remplacé Guéant. Les chiens policiers sont les mêmes, le pli sarkoziste est pris. Les méthodes ne changeront pas mais la répression ne nous fera pas céder.

 

La Préfecture de la Manche s'est exprimée brillament à propos de ce week-end :
"Quand on regarde les plaques d'immatriculation on voit que beaucoup de voitures ne viennent pas de la région, ce qui laisse penser que les gens viennent "dans le but de déstabiliser les forces de l'ordre et de lutter peut-être pas contre la THT mais contre l'ordre établi" :

Sans doute ignore-t-elle que le nucléaire est un danger planétaire dont les effets sanitaires traversent frontières et océans. Ainsi, par définition, tout le monde étant concerné, tout opposant est donc à part entière un "local" face au péril nucléaire, fondé à s'exprimer et manifester...

    
Nous, groupe libertaire Lochu - Ferrer et fédération anarchiste 56, tenons à dénoncer fermement la violence de l'Etat et à exprimer toute notre solidarité avec les victimes des violences policières (certains, "légèrement blessés", ont reçu des éclats de grenades dans les jambes !) et avec toutes et tous les résistant-e-s à la ligne THT.
 

 

Hormis cette répression, le camp peut être vu comme une étape de la lutte antinucléaire. Il a permis des rencontres, renforcé des liens.
Au retour : deux contrôles de police à nouveau avec (mini) fouille du véhicule pour savoir si nous ne transportions pas d'explosifs ! Les flics ont de l'imagination... Il faut bien qu'ils se justifient leur fonction pour sauver leur conscience de défenseurs de l'ordre inique établi, que l'on peut qualifier, du point de vue de la justice sociale et écologique, comme un grand désordre !

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 12:15

Lu sur le site du CIRFA (Centre d'Information et de Recrutement des Forces Armées) :

 

l-armee-recrute-affiche.jpg"Le Centre d'Information et de Recrutement des Forces Armées de Vannes sera présent au "Raid du Golf - édition 2012" sur l'esplanade du port de Vannes, du vendredi 22 au dimanche 24 juin 2012 de 10h00 à 20h00" dans le cadre de sa campagne Devenez vous-mêmes.com.

Constatons d'emblée que la patrie est bien en danger, car "notre" service des armées massacre déjà l'orthographe nationale ! Eh oui, c'est le raid du GolfE (et non du golf... !) du Morbihan dont il s'agit : 4 courses à pied sur les chemins côtiers...

Peut-être est-ce cela l'esprit d'équipe militaire car, comme le constatait Coluche : "Pour toute une équipe, il y a un seul esprit, alors, on partage !"... la langue de la patrie dût-elle en souffrir !


Ah, Vannes et l'armée, une sacrée histoire d'amour : celle du sabre et du goupillon ! Bizarrement, nous préférons Jacques Prévert : "La guerre serait un bienfait des dieux si elle ne tuait que les professionnels." (Fatras)

 

Pour une réponse à la campagne de recrutement de l’armée de terre, nous nous référons sans hésitation à celle intitulée "devenezvousmême.clown" (reprise au site Rebellyon) :

En réponse à la propagande scandaleuse de l’armée de terre française, l’armée des Clowns lance une contre campagne de recrutement intitulée devenezvousmême.clown

Pour pos­tu­ler, c’est ici : http://deve­nez­vous­meme.clown.zici.fr/

Toute par­ti­ci­pa­tion est bien­ve­nue, y com­pris pour animer le web-site !

La ques­tion peut avoir de mul­ti­ples répon­ses… mais la prin­ci­pale est qu‘il est pour nous impos­si­ble de lais­ser passer sans rien dire, sans rien faire, sans rien tenter, le site inter­net « deve­nez­vous­même.com » de l’armée de terre fran­çaise, et sa grande cam­pa­gne de recru­te­ment…

Ce site est donc aussi une invi­ta­tion à visi­ter le site offi­ciel de recru­te­ment de l’armée de terre, car chacun doit se faire son avis sur la ques­tion : http://www.recru­te­ment.terre.defense.gouv.fr/ deve­nez-vous-meme

La ques­tion étant : deve­nir soi même dans l’armée de terre, au ser­vice de la France, est-ce pos­si­ble ?

Est-ce pos­si­ble de « deve­nir soi-même » avec des armes de guer­res, des ordres, une hié­rar­chie toute puis­sante, encore des ordres, de la sou­mis­sion, de la dis­ci­pline, et tout ceci au ser­vice de la glo­rieuse France ? Patrie des droits de l’homme (blanc et riche et homme) ? Patrie de la fran­ça­fri­que ? Patrie du nucléaire ? Patrie pseudo démo­cra­ti­que…

Cette France, qui ose encore affi­cher comme devise « liberté égalité fra­ter­nité » avec pour­tant des poli­ti­ques de plus en plus orien­tées vers la répres­sion, le racisme, les dis­cri­mi­na­tions, le natio­na­lisme, le clien­té­lisme, la cor­rup­tion, le copi­nage…

Est-ce pos­si­ble de deve­nir soi-même au ser­vice et aux ordres de cette France là ?

Ces ques­tions s’adres­sent à nous toutes et tous, citoyens de France et d’ailleurs, citoyens du monde et du Clownistan …

Ainsi que celles-ci : pour vivre un jour un monde de paix, d’amour, de bien­veillance et de par­tage entre tous les êtres humains… doit-on rejoin­dre une armée natio­na­liste, quelle qu’elle soit, avec ses armes, ses fron­tiè­res à défen­dre et ses chefs ?

Ou rejoin­dre la joyeuse « art nez des clowns », avec ses nez rouges, ses armes de déri­sion mas­si­ve, sa bien­veillance, ses câlins, ses bisous, ses cou­leurs, son absence de hié­rar­chie, sa créa­ti­vité, sa liberté…… ?

A vous, à nous de voir… et dans tous les cas, ENGAGEZ-VOUS !

Contact pro­vi­soire : clow­nis­tan69@gmail.com

Les docu­ments joints sont tota­le­ment libres de droits.

 

Recrut-11

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 16:38

 

«Les idées sont à l’épreuve des balles. »
  Allan Moore


Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, c'est en cliquant par ici !

ML-1678-recto.jpgML-1678-verso.jpgActualité

Bilan social mitigé, par J.-P. Levaray, page 3

PSA : les oubliés de Hollande ?, par J. Caramelo, page 4

Météo syndicale, par L. Schwitzguebel, page 4

Chronique néphrétique, par Rodkol, page 5

Solidarité avec Fouad, par CNT-FTE, page 7

Colères noires du moment, par M. Silberstein, page 7

Les bidasses à l’école, par Juanito, page 9

International

Solidarité avec les anarchistes biélorusses, par FA, page 10

Espagne : exploitation sans frontières, par R. Pino, page 11

Arguments

Obsolescence de la prison, par FA33, page 12

Magouille et torture en prison, par Ringolevio, page 14

Néostalinisme et luttes sociales, par L. Janover, p 15

Culture

Pouvoir politique et mouvement associatif, par Guy, page 18

Le choix des libraires, par Publico, page 19

Mouvement

Les 30 ans du groupe Pierre-Besnard, page 20

Radio libertaire, page 22

Agenda, page 23

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 19:45

Vendredi soir, pour notre projection du film « Even Cowgirls get the blues », à Vannes, nous étions une douzaine. La parole en a été d’autant plus libre et a pu circuler facilement. C’est que ce film comique et déjanté, mais pas seulement, ouvre de nombreuses pistes de réflexion. Il a instauré une ambiance chaleureuse qui a donné à chacune et à chacun l’envie d’en discuter, de confronter ses ressentis. De fait, après avoir dû rendre la salle municipale (23 h), avec une partie du public nous nous sommes retrouvé-e-s au bar l’éloge de la lenteur pour poursuivre la discussion.

Voici l’introduction de cette soirée et des éléments des discussions qui ont suivi (non exhaustifs et probablement pas retranscrits dans les termes exacts qui ont été dits)…

Introduction Projection-Débat « Even Cowgirls get the blues »
 

Le groupe :

 Cette projection-débat est à l'initiative du groupe libertaire René Lochu – Francisco Ferrer de Vannes et Lorient. Ce groupe s'engage notamment à diffuser les idées libertaires :
l'élaboration d'une société dépourvue de hiérarchie, d'autorité, de relation de domination, de pouvoir ; l'élaboration d'une société fondée sur le fédéralisme, l'autonomie, l'auto-gestion ; l'élaboration d'une société juste où l'individu est émancipé, épanoui, conscient et libre. Dans ce cadre de diffusion d'idées libertaires, cette projection-débat, autrement appelée cinémanar, propose en particulier une réflexion sur les questions féministes.

Le groupe fonctionne avec la fédération anarchiste, une partie des membres du groupe y est fédérée, affiliée. Nous proposons l'hebdo qu'elle édite à prix libre - le Monde libertaire -, la radio de la FA -  radio libertaire - peut être écoutée sur Internet par ici, l’organisation s’est dotée d’une structure d'éditions de brochures et livres : les éditions du Monde libertaire, ses  groupes ou liaisons sont présents sur presque tout le territoire français et certains disposent de locaux-bibliothèques-librairies dont Rennes ; elle a aussi un secrétariat aux relations internationales...

Nous avons un blog "anars 56". Il est possible de s'inscrire à la lettre d'infos (2 ou 3 envois par mois).

Le film :

even cow girlsEven Cowgirls get the blues est un film de 1993 du réalisateur Gus Van Sant, tiré du roman du même nom, de Tom Robbins, publié en 1976. Une jeune fille est atteinte d'une malformation des pouces. Ils sont extraordinairement longs. Elle va, une fois adulte, se consacrer à sa passion : l'auto-stop. Elle tient en ces pouces le pouvoir magique d'arrêter tout véhicule apparaissant devant elle. Elle circule ainsi dans toute l'Amérique en ne s'arrêtant que très rarement, éprouvant ainsi un grand sentiment de puissance et de liberté. Nous n'allons pas vous raconter toute l'histoire de cette jeune femme et vous gâcher ainsi le plaisir de cette séance de cinémanar. Ce film, vous allez le voir, développe plusieurs thèmes qui rejoignent certaines idées libertaires et notamment le féminisme *, comme la question du genre, du travestissement, de la sexualité féminine et de l'émancipation des femmes.

Nous vous souhaitons une bonne projection.

* Rappelons que le féminisme est cette réflexion et ce combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le débat :


Premier thème : L'image de la femme véhiculée par la société américaine : « Ce sont les difformités imposées aux gens par la société que je trouve navrante. » (Sissi)

C'est d'abord la famille qui transmet l'image de la femme, son devoir-être, son rôle dans la société et dans la famille, ses rapports avec les hommes et les femmes. Ainsi, la mère de Sissi reflète l'exact devoir-être d'une femme dans les années 60 : bien habillée, à la mode, femme au foyer, rejetant l'homosexualité et dont l'angoisse première pour l'avenir de sa fille est son devenir amoureux : va-t-elle trouver un mari ? Le mariage est présenté par ce personnage comme l'objectif premier de toute femme, l'apothéose d'une vie. Le père, quant à lui, véhicule aussi une image particulière de la femme, notamment dans ce qu'elle ne doit pas être, c'est-à-dire un homme : « Elle pourrait faire un sacré auto-stoppeur » lui dit un ami « ça oui, si elle était un garçon » répond le père.

C'est ensuite la société entière qui prend en charge le façonnage du devoir-être féminin : les images publicitaires, le parfum, l'accentuation des stéréotypes du comportement féminin par le personnage du travestis homme en femme appelé « la Comtesse », le corps en perpétuel effort de transformation avec le centre de « beauté » qu'est le ranch. Le corps doit être au plus proche du canon de beauté et de comportement que l'on impose à la femme : elle doit être mince, maquillée, parfumée, jeune, belle.


Deuxième thème : La question du genre. Parallèlement au devoir-être féminin imposé par la société, co-existe dans le film le renversement de ce devoir-être. Les genres se mélangent, se troublent. A la femme au foyer qu'était sa mère, Sissi oppose une vie nomade. Au rêve de mariage et de prince charmant de sa mère, Sissi oppose une masturbation, une homosexualité et des relation sexuelles avec un vieux ahuri légèrement obsédé appelé « le chinetoque ». Le prince charmant, image du héros brandissant tous les obstacles, devient dans le film un émotif asthmatique aquarelliste.

A son boulot de top-model, Sissi oppose une tenue sale, une combinaison à frange, un chapeau mou. Le féminin et le masculin se mêlent dans les personnages de La comtesse et des Cowgirls. Chacun endosse les caractéristiques de l'autre.

La discussion a porté sur la difficulté toujours actuelle par exemple, pour un homme, de se déplacer dans la rue en étant maquillé. Le regard réprobateur des autres et peut-être leurs réactions pèsent encore d’un poids considérable. Cette appréhension est-elle si justifiée ou est-elle partiellement fantasmée ? Car ne nous appartient-il pas si l’on veut se sentir libre de franchir le pas et de réaliser les actes que l’on voudrait ?

Dans le film, nous avons aussi constaté que l’homme qui était particulièrement apprécié des cowgirls, le « Chinetoque », était un individu particulièrement décalé, hors normes, anti-conformiste, de plus assez âgé.

 
Troisième thème : Le parallèle entre les femmes et les grues d'Amérique (oiseaux migrateurs) pouvait aussi faire l’objet d’une réflexion mais nous n’avons guère emprunté cette piste. Il nous a semblé néanmoins qu’il n’était pas légitime de la part des cowgirls de faire ingurgiter une drogue aux grues, entraînant des comportements anormaux, modifiant leur style de vie. L'intégrité des oiseaux n’était pas respectée…
 

Quatrième thème : l'émancipation féminine. Les femmes agissent par elles-mêmes. Leur propre libération, par la réappropriation du ranch et son autogestion, ne vise pas qu’elles-mêmes. Le fait qu’elles ont su garder au sein de la propriété les grues, par un subterfuge, leur donne accès aux médias et elles se livrent alors à une dénonciation de la société patriarcale. Elles soulignent toutes les tares que les hommes (détenteurs de fait des pouvoirs) portent en eux et les dégâts considérables qui en découlent. Elles expliquent qu’elles veulent l’émancipation de toutes les femmes.

Si les femmes se sont armées pour tenir à distance les forces gouvernementales, elles considèrent que pour une véritable libération, il ne leur faut pas utiliser les mêmes moyens que les hommes, à savoir la force armée. Les moyens de l’émancipation sont encore à inventer…


• Cinquième thème : L'autogestion. Au motif (légitime à nos yeux !) que ce sont elles qui font vivre le lieu, les cowgirls s’emparent du ranch où elles travaillent et en chassent le propriétaire légal. Elles se réapproprient donc leur outil de travail et de vie et l’organisent ensuite à leur guise, le défendent contre la police et l’armée (composées uniquement d’hommes dans ce film ! sûrement pas un hasard !) qui veulent les en dénicher. L’autogestion ne nous a pas paru complète car une forme de hiérarchie est maintenue entre les cowgirls, avec un phénomène de leader informelle… Peut-être est-il (temporairement ?) justifié par le fait que cette personne était l’inspiratrice et la théoricienne du rôle des cowgirls ? Ceci dit, les cowgirls semblent tout mettre en commun : travail et répartition de la nourriture.

Auparavant, avant l’expropriation, nous avons aussi pu assister à une discussion collective sur ce qui tourne rond ou pas au sein du ranch, où chaque femme s’exprimait sur ce qui les concerne directement.

 
• Sixième thème : La difformité. Nous nous sommes aussi interrogé-e-s sur son opération qui lui a permis d’avoir un pouce de taille normale. Pourquoi un seul ? Pourquoi en avoir sectionné un : sans doute est-ce celui qui a porté la terrible baffe qui a failli occire la Comtesse ? Rejet de la violence… On a aussi constaté que le pouce avait sa propre autonomie, une fois sectionnée il était toujours en mouvement !

Mais n’est-ce pas cette difformité, cette différence que non seulement elle assume, mais se l’approprie complètement pour en tirer une fierté et le moyen de sa liberté : voyager (ou plutôt « bouger » comme elle le dit elle-même) en auto stop ? Un besoin de circuler et de ne rien payer pour cela, quelque part à la manière des hobos de la 1ère moitié du XXème siècle.

Le film interroge aussi sur comment on arrive à s’affranchir des voies toutes tracées que la famille et la société voudraient nous voir suivre. Jusqu’où ou combien son anormalité physique a-t-elle compté pour lui faire chercher autre chose ?

Voilà donc quelques fragments de l’échange de notre soirée et qui a semblé plaire aux présentes et aux présents. Nous les remercions d’avoir fait le déplacement !

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 09:28

Le groupe libertaire Lochu - Ferrer (fédération anarchiste Vannes - Lorient) appelle volontiers à cette mobilisation antinucléaire ! Empêcher la construction de cette ligne à très Haute tension, c'est un des principaux leviers pour stopper la relance du programme nucléaire français, via le coûteux réacteur EPR  de Flamanville (Manche).

Pour un co-voiturage depuis le Morbihan, nous contacter ou envoyez un message à Stop nucléaire 56 trawalc'h (stop-nucleaire56(a)laposte.net -  Tél : 06 67 67 27 74) avec qui nous fonctionnons en coopération.

 

Vidéo de présentation des enjeux (en 10 minutes !), cliquez ici !

 

epr2

 

 

 

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 18:28


« Les seuls à avoir toujours fait des révolutions, ce sont les astres. »
   Albator

Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici !

ML-1677-recto.jpgML-1677-verso.jpgActualité
Derrière les fumées électoralistes, par G. Goutte, page 3

Les mairies PCF et les Roms, par Nicolas, page 4

Chronique néphrétique, par Rodkol, page 5

L’État mafieux du pape, par Le Furet, page 6

Action directe à Brioche dorée, par Nathan, page 7

Pas de fumée sans pétards, par P. Schindler, page 8

La police déjoue un complot anarchiste, par Tanneries, p 9

International
Grève de la faim en Algérie, par R. Pino, page 10

Conflit social au Maroc, par R. Pino, page 11

Événement
Programme de la Foire à l’autogestion, page 12

International
La guerre ne connaît pas la crise, par P. Sommermeyer, page 14

Saint-Imier et les espérantophones, par D. Kessous, page 15

Soutien aux anarchistes turcs, par FA, page 16

Histoire
Proudhon et Darimon, la rupture, par C. Fréjaville, p 17

Culture
Théo Van Rysselberghe, par Daniel, page 19

Mouvement
Souscription pour Laura Gómez, page 21

Radio libertaire, page 22

Agenda, page 23

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Présentation

  • : Le blog de anars 56
  • : Le blog du groupe libertaire René Lochu (Vannes)
  • Contact

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Mardi 10 novembre - Vannes, Lorient et Pontivy - Appel unitaire à la grève. Rassemblements (autorisés) des personnels de l’Éducation Nationale (écoles, collèges, lycées) pour l'amélioration des conditions sanitaires, pour l'allègement des effectifs et le recrutement de personnels (ceux des listes complémentaires etc...) . 10h30 Vannes, devant la DSDEN (3, Allée du Général Le Troadec), 10h30 Lorient devant la sous-préfecture, 10h30 à Pontivy à La Plaine. A l'appel des syndicats de l’Éducation Cgt, Fo, Fsu et Sud

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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Concerts

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