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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 16:18

HECATOMBE SUR LA LIBERTE D’EXPRESSION !

ML 1641 rectoLe 30 août à 9h00 au palais de justice de Paris, la Fédération anarchiste appelle à un rassemblement pour soutenir notre compagnon Michel du  groupe Kropotkine et son camarade Jean-Paul, coupables tous deux d’avoir chanté "Hécatombe" de Brassens avec une soixantaine de personnes devant la préfecture de police de Paris le 18 juin dernier *. Pour les aider à payer les frais d’avocat une souscription est ouverte (chèque à l’ordre de ANARS à faire parvenir à : Groupe Kropotkine, 8 rue de Fouquerolles, 02 000 Merlieux).

 

Ici l’affaire Hécatombe en sons et en images

 

* Samedi 18 juin 2011, face à la préfecture de Police de Paris, une soixantaine de personnes s’est retrouvée pour entonner "Hécatombe", en hommage à Brassens et en solidarité avec les personnes de Cherbourg et de Toulouse qui ont fait l’objet de répression policière pour avoir eux-mêmes honoré ce monument de la chanson française. Après deux tours de chants dans une ambiance bon enfant et pacifiste, les gendarmes mals inspirés venus en nombre, ont procédé, après les sommations d’usage, à l’évacuation de la chorale vers la bouche du métro Cité-Palais-de-Justice. Cette évacuation n’étant manifestement pas assez rapide au goût des pandores, ces derniers ont bousculé les personnes présentes dans l’escalier du métro, entraînant des chutes et de nombreuses protestations. Michel du Groupe Kropotkine, déséquilibré, s’est raccroché à ce qu’il pouvait : l’oreillette du gendarme mobile derrière lui. Menotté et amené au commissariat du 4ème, il a passé 21 h en garde à vue en compagnie d’un deuxième chanteur, Jean-Paul, à qui il est arrivé à peu près la même chose. Ils sont convoqués devant la "justice" le 30 août prochain pour y répondre de violences envers un agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions.

 

Nous soutenons nos deux camarades !

Groupe libertaire Lochu - Ferrer (Vannes - Lorient)

 

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 15:45

 

De avril à juillet 1994, l'horreur atteint des sommets dans les collines rwandaises. En une centaine de jours, plus d'un million de Tutsis sont massacrés dans une violence inouïe. L'entreprise génocidaire, préparée idéologiquement et matériellement depuis de nombreux mois par le pouvoir Hutu, s'est déchaînée dans l'indifférence internationale quasi-générale. On se souvient de la lenteur de l'ONU et des interminables débats sur l'existence ou non d'un génocide - le caractère obscène de ces tergiversations augmente à mesure qu'on connaît les faits. On se souvient aussi des phrases assassines professées par des politiciens, comme par exemple Mitterrand déclarant : « Dans ces pays-là, un génocide c'est pas trop important. »

17 ans après, les responsabilités françaises ne sont toujours pas établies et encore moins traitées à leur juste mesure.

Et pourtant, des enquêtes citoyennes, des journalistes et plusieurs rapports gouvernementaux viennent attester d'une connivence française avec l'Etat Hutu dans le dernier génocide du XXème siècle. L'ampleur de la connivence dépasse même les premières dénonciations émises à son encontre. La complicité française n'a pas simplement consisté en une implication indirecte (comme par exemple l'entraînement des milices). Les témoignages et les recoupements expriment clairement une participation active (collaboration, livraison de Tutsis, approvisionnement en armes pendant les tueries...). Et cette participation a été validée par des militaires et des politiciens, de droite comme de gauche, dont entre autres : F. Mitterrand, E. Balladur, N. Sarkozy (alors ministre du budget et qualifié à ce titre de « banquier du génocide »).

 

Du génocide au gynocide

Le déchaînement des machettes1 aura eu pour cadre un gynocide dont l'ampleur est difficilement pensable : entre 250 000 et 500 000 femmes ont été violées - certaines contractant par la même le sida, d'autres des grossesses. Selon le rapport des nations-unies de 1996 : « Le viol était une règle et son absence une exception ». Le pénis était l'arme d'humiliation et de destruction massive. Le pénis était la machette. Et la France sur ce chapitre a aussi sa part de responsabilité. A propos de soldats français, le rapport Mucyo2 (de la « Commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 » ) parle d'« agressions sexuelles et viols » avant le génocide, et de « viols et d'esclavage sexuel » pendant l'opération turquoise.

 

C'est pourquoi, suite à tous ces événements, il est urgent de soutenir l'initiative de 3 Rwandaises qui portent plainte auprès du Tribunal aux Armées de Paris 3. Elles ont été violées et torturées par des militaires lors de la supposée « opération humanitaire ». L'une d'elles témoignait encore dernièrement : « Pas un seul militaire français n'est parti de ces camps sans avoir violé au moins une femme.(...) On était violées parfois par plus de dix militaires, avec une telle violence. Comme des animaux. Chaque soir, ils venaient chercher des filles, c'était comme un repas. »

La longue tradition coloniale française, dénoncée sous le terme de « françafrique », est aussi une longue tradition patriarcale.

Peu médiatisé, ce procès est néanmoins d'une importance cruciale et historique : pour que les responsables prennent leur responsabilité, pour que le négationnisme recule et pour qu'un début de réparation s'enclenche.

Bien que le parquet ait fait appel, l'accusation a été reçue et l'armée française reste poursuivie pour « crime contre l'humanité ». Ce procès nécessite d'importants moyens financiers - déjà plus de 8 000 euros ont été engagés par une médecin humanitaire, membre de la Commissiond'Enquête Citoyenne sur le Rwanda - alors tous vos dons seront les bienvenus.

Plus d'infos à l'adresse suivante : http://www.lanuitrwandaise.net/la-revue/no4-o-2010/trois-plaintes-contre-l-armee,281.html

 

yly

 

1 Lire par exemple de Esther Mujawayo: SurVivantes (édition de l'Aube, 2004) (avec Souâd Belhaddad)

2 Rapport récemment publié en tant que n°5 de la revue La nuit Rwandaise (édition L'esprit frappeur, Izuba, 2011, 15euros, 500 pages). (La nuit rwandaise est une revue annuelle incontournable, sérieuse et radicale. Elle mérite également votre soutien car elle est attaquée en justice par 9 officiers français qui lui reproche d'avoir publié -comme Le nouvel observateur ou l'asso des plaignants « France turquoise »- la liste du rapport Mucyo où figure les noms de politiciens et militaires français impliqués dans le génocide)

3 Des informations complémentaires sont disponibles ici: http://cec.rwanda.free.fr/pilotage/plaintes-viol-turquoise.html

 

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 12:10

Charlie Bauer, militant anarcho-communiste, est décédé d'une crise cardiaque dimanche 7 août. Son verbe, sa verve révolutionnaires nous manqueront. Charlie Bauer qualifiait la prison comme "l'espace fasciste que s'autorise la démocratie" pour "écraser les individus" qui la dérangent, la remettent en cause ou la combattent. Nous l'avons justement invité à deux reprises pour des discussions sur l'enfermement et gardons le souvenir de sa venue au Forum Social Local de Vannes le 30 janvier 2010 puis le 11 mars 2010 à Lorient : l'homme comme le militant forçaient le respect et réveillaient les révoltes assoupies.
Charlie était également végétarien : la similitude de la prison et des élevages-abattoirs alimentaient aussi sa révolte et ses pratiques en conséquence.
Salut à toi !

 

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Communiqué des Relations extérieures de la FA :

Décès de Charlie Bauer, mort à la prison !

Charlie Bauer vient de s’éteindre. Pour tous les militants et toutes les militantes de la Fédération anarchiste, c’est une figure majeure du combat anticarcéral qui disparaît. Charlie a toujours répondu présent à toutes les demandes de participation à des réunions publiques que lui adressaient les groupes de notre organisation, jamais il ne comptait son temps, tant son rêve de connaître enfin une société d’ou seraient bannis tous les lieux d’enfermement lui tenait à coeur ; la Fédération anarchiste assure ses proches de sa profonde sympathie.

Fédération anarchiste, le 9 août 2011.

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 21:16
La Justice au service du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Depuis quarante ans dans la région, des gens s’opposent à un projet mégalomane de construction d’aéroport à Notre dame des Landes. Nous avons rejoint la lutte en occupant illégalement des terres et des maisons que le conseil général et l’état avaient rachetées petit à petit pour en faire cadeau au groupe Vinci, en janvier dernier. Aujourd’hui, pour mener à bien son projet, Vinci doit faire place nette en expulsant les habitant.e.s de la zone, d’abord les squats, ensuite les locations, les propriétés et les fermes.

Nous sommes convoqué.e.s au tribunal de Saint-Nazaire le 17 août pour des procédures d’expulsion.

Nous refusons de comparaître au tribunal.

affiche_1708.jpg

Nous refusons de comparaître au tribunal parce que nous ne reconnaissons pas la justice. La justice est un instrument de l’état. Cet état qui nous impose par la force le projet d’aéroport (et bien d’autres) malgré une opposition massive. Pour exemple, les nombreux recours portés par les associations qui ont été rejetés, les différentes condamnations d’opposant.e.s, la militarisation de la zone, les pressions policières, le fichage systématique de tout.e opposant.e…

Nous refusons de comparaître au tribunal parce que nos vies n’y valent pas grand-chose face au groupe Vinci, leader mondial du BTP, aux bénéfices annuels de 1,7 milliard d’euros qui exploite dans 90 pays et dont le PDG percevait en 2005 un salaire de 350 000 euros par mois. Dans cette lutte, ce sont nos vies que nous défendons et nous n’attendons pas que la justice lutte à notre place car elle est un outil au service du capital.

Nous refusons de comparaître au tribunal parce que nous refusons de jouer le rôle que la justice attend de chacun.e. Quotidiennement des tas de gens sont convoqué.e.s devant un tribunal. Face à la justice, nous sommes seulement tenu.e.s d’obéir, de jouer le jeu, de bien nous habiller, de répondre poliment aux marques de mépris et aux vexations, d’accepter de nous faire couper la parole, d’attendre notre tour. En un mot : de nous montrer dociles et de faire semblant de croire que la justice est juste. Parce que celui ou celle qui ne le fait pas risque simplement une décision plus sévère. Avoir affaire à la justice, c’est voir des magistrat.e.s décider du cours de sa propre vie.

Nous refusons de comparaître au tribunal parce qu’il s’agit d’un procès d’expulsion et que nous ne voulons pas être expulsé.e.s. Peu importe notre défense, l’expulsion sera prononcée. Seuls quelques jours ou semaines de délai pourraient être accordées, ce qui ne changerait ni nos vies, ni la lutte, ni l’état de ce monde.

Nous refusons de comparaître au tribunal parce que nous ne voulons pas parler au/à la juge. Nous trouvons plus intéressant de discuter entre nous. Nous avons plus à gagner en nous rencontrant et en nous organisant.

Nous refusons de comparaître au tribunal parce qu’il fait toujours plus beau à l’extérieur.

NOUS VOUS INVITONS À TOU.TE.S NOUS RASSEMBLER DEVANT LE TRIBUNAL DE SAINT NAZAIRE LE 17 AOUT A 8H00. Ainsi qu’aux Planchettes du 16 au 19 août pour préparer la résistance face aux expulsions

Nous ne lâcherons rien. Nous ne partirons pas. Vinci dégage.

- Des occupant.e.s de la Zad -

Liens : http://zad.nadir.org/spip.php?article48

affiche_manuscrite_17_aout.jpg

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 11:49

Dans l'état actuel de confusion idéologique, il nous a semblé pertinent de publier cet article de Jean-Marc Raynaud, paru dans le Monde libertaire n°1092 (18-24 sept. 1997).

 

Révolution sociale et terrorisme

C'est une évidence, l'emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique (c'est ainsi que le petit Robert définit le terrorisme) remonte à la nuit des temps et tous les tenants du pouvoir comme ceux aspirant à l'exercer y ont toujours eu recours.

Dans ces conditions, il est permis de se demander, vu que les terroristes de tous bords ne sont ni plus nombreux ni plus lamentables qu'hier, pourquoi le terrorisme, depuis maintenant plusieurs décennies, s'est mis, tel un spectre, à hanter le paysage politique occidental.


Le terrorisme, combien de divisions ?

Si on additionne les violences faites aux lieux et aux personnes par les forcenés de la Fraction armée rouge, des C.C.C., des commandos palestiniens, basques, corses, irlandais, intégristes islamistes... depuis vingt ans, force est de reconnaître, par delà le dégoût que provoquent les assassinats aveugles voire gratuits, qu'elles sont peu nombreuses et confinent au grotesque d'un point de vue militaire.

De cela les médias sont parfaitement au courant et l'empressement qu'ils mettent à conjuguer la moindre manifestation terroriste à tous les temps de l'ennemi public n° 1 pue largement de la gueule. Pourquoi en effet rendre compte des piqûres du moustique terroriste sur un monde aussi obsessionnel ? Pourquoi dans le même ordre d'idée faire preuve de tant de discrétion dès lors qu'il s'agit d'évoquer les motifs qui conduisent à l'impasse terroriste ? Pourquoi faire preuve de tant de complaisance à l'encontre des petits (Rainbow Warrior, bavures policières...) et des grands (Îles Malouines, la Grenade, l'ex-Yougoslavie, la guerre du Golfe...) terrorismes d'État ?

Ne s'agirait-il pas là, par delà l'appât du gain (le sang et l'abomination se vendent bien), de la participation des médias à la défense d'un système social tentant de masquer ses antagonismes de classe et l'intolérable d'aliénations en tout genre, sous les oripeaux d'un consensus mythique ?


Contrôle social et terrorisme

S'il est aisé de se persuader de l'insignifiance du terrorisme au plan militaire (quelques bombes et quelques plasticages n'ont jamais menacé sérieusement l'existence des États français, espagnols...), il est tout aussi aisé de se persuader du profit que le pouvoir ne cesse de tirer du terrorisme.

Sous couvert de lutte contre ce qui est présenté comme une menace majeure, l'État en profite en effet pour montrer ses muscles répressifs, ficher et contrôler tout ce qui n'est pas tout à fait dans la norme.

C'est bien évidemment de bonne guerre et il est permis de se demander pourquoi les terroristes participent avec tant de persévérance au renforcement de l'État. Mais peut-être que cet aspect des choses ne heurte pas fondamentalement leur être profond ?


Dérive d'une logique

De ce qui précède il ne faudrait bien sûr pas en conclure que ce sont les médias et l'État qui ont inventé le terrorisme. Le terrorisme, en effet, même s'il est instrumentalisé par les médias et par l'État, existe bel et bien. Il a toujours existé et s'est toujours vautré dans l'horreur.

Pour ce qu'il en est des terroristes religieux d'aujourd'hui, il n'est que de se rappeler la Saint Barthélémy, les croisades, les guerres de religion, la sainte inquisition... pour s'en persuader.

Pour ce qu'il en est des terroristes nationalistes, c'est du pareil au même. Israël, la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne... et tous les États-nations se sont construits sur des monceaux de cadavres et des tombereaux d'abominations.

Pour ce qu'il en est des terroristes que l'on pourrait qualifier de politiques ou d'extrême gauche, c'est moins flagrant. Pour la plupart, ils ont en effet commencé par la lutte armée et ont rencontré ici et là un certain nombre de sympathies. D'où questions en rafales. La lutte armée conduit-elle inexorablement au terrorisme ? Ou bien peut-elle l'éviter, et de quelle manière ?


Lutte armée et révolution

À leurs débuts, l'option choisie par les Brigades rouges, la R.A.F., les autonomes à la mode P 38 ou A.D. s'intégrait relativement bien dans le schéma gauchiste de la révolution et de la lutte armée. Les groupes en effet s'inscrivaient clairement dans une stratégie de radicalisation de la lutte des classes au niveau national ou international. La décision qu'ils avaient prise d'affronter la bourgeoisie les armes à la main se voulait un prolongement de la guerre de classes se déroulant quotidiennement sur le terrain économique et social. Un moyen supplémentaire permettant, en dopant la répression, de mettre à nu «l'âme noire» des démocraties occidentales, de placer les masses en situation de percevoir la vraie nature du système, de dynamiser leur «instinct de classe», et de précipiter le choc frontal final entre exploités et exploiteurs. Un coup de pouce en forme d'accélération du processus historique, donc.

Dans cette optique, leurs choix stratégiques avaient une dimension politico-militaire évidente avec prééminence du politique sur le militaire. La R.A.F. en visant les centres militaires de l'O.T.A.N. en Allemagne cherchait à apporter un soutien concret à un Vietnam écrasé sous les bombes américaines. Les Brigades rouges, fortes des vagues déferlantes de l'après 68 avaient pour ambition de déborder le P.C.I. et de se substituer à lui et elles avaient, de ce fait, choisi d'évoluer principalement dans l'espace de la production, au cœur même des usines. Les autonomes italiens et français avaient opté pour l'immersion tous azimuts dans un mouvement social traversé par l'émergence des travailleurs précaires et la montée en puissance de pratiques d'action directe du genre squats et auto-réductions...

Bref, à l'origine les uns et les autres ne différaient pas fondamentalement de leurs petits camarades du gauchisme ordinaire. Simplement, ils se voulaient plus radicaux parce qu'ils estimaient que le moment historique était favorable à une radicalisation de la lutte des classes.


Recherche boussole désespérément

Quand au cours des années 70, un certain nombre de militants choisirent d'appuyer sur l'accélérateur de la lutte armée, c'était l'époque de la guerre du Vietnam, des luttes de libération nationale fixées à l'héroïne guévariste, du nouveau mouvement social à la mode des grandes luttes de l'après 68... et donc en apparence, d'une montée des luttes et d'une offensive des exploités et des opprimés.

Hélas ! trois fois hélas ! si période offensive il y avait, il ne s'agissait que d'une fin de période et très vite le reflux allait succéder au flux. Après avoir suscité l'enthousiasme, les «modèles» vietnamiens, castristes ou maoïstes descendirent très vite les marches au hit parade de l'espoir. La rage de changer la vie qui caractérisait l'après 68 fit place à l'obscure obsession de la survie... Et chaque jour qui passait rendait un peu plus irréaliste la possibilité de pousser plus avant une vague qui avait irrésistiblement commencé à refluer.

Dès lors, la lutte armée comme aiguillon d'un processus révolutionnaire s'avérait chaque jour un peu plus «anachronique» et ceux qui allaient s'entêter dans cette voie étaient condamnés à s'isoler toujours davantage du mouvement social, à s'enfermer toujours un peu plus dans la logique d'une surenchère suicidaire, et à disjoncter purement et simplement dans les corridors glacés d'une clandestinité sanguinaire.

Tel est le sens profond de l'histoire de la lutte armée «révolutionnaire» de ces vingt dernières années et de la dérive terroriste militariste et sanguinaire de ceux qui s'y sont adonnés. Mais ne s'agissait-il vraiment que d'une dérive ?


Violence et morale

Qu'il s'agisse de Marx, Lénine, Mao ou de nos guérilleros urbains de cette fin du XXe siècle, tous ou presque analysent la violence en des termes identiques.

D'une part ils la considèrent comme un élément nécessaire à la rupture avec un système social basé sur la violence. D'autre part, ils refusent de se positionner par rapport à elle d'une manière abstraite, générale, éthique ou morale.

C'est ainsi que Trotsky, droit dans ses bottes comme à son habitude, en arrivait à justifier les prises d'otages, leur exécution... et bien sûr la militarisation du travail. Sur de telles bases, la frontière séparant la lutte armée du terrorisme aveugle se franchit sans problème.


Avant garde, révolution, prise du pouvoir

Le gauchisme dont étaient issus les B.R., la R.A.F., A.D... a toujours, en théorie, subordonné le militaire au politique. Mais en pratique cela s'avère difficilement réalisable et conduit, comme l'avait déjà compris un certain Régis Debray, à des erreurs militaires mortelles. Aussi, c'est très vite à la notion de parti combattant (c'est-à-dire de prééminence du militaire) que l'on est arrivé. Et là encore, sur de telles bases, le franchissement de la frontière est aisé.

L'avant-gardisme, d'un point de vue général, repose sur deux postulats. Celui de l'impuissance des masses à dépasser spontanément une prise de conscience syndicaliste réformiste. Et celui de l'aptitude d'une minorité (capable d'analyser «scientifiquement» l'histoire) à «guider» les masses vers une prise de conscience plus élevée. On sait bien sûr ce qu'il en advient toujours de l'avant-gardisme.

L'objectif de toute avant-garde est de prendre le pouvoir. Heureusement, elles y réussissent rarement et quand elles se trompent sur l'analyse d'une situation, vu qu'une avant-garde «scientifique» ne peut pas se tromper, elles ont beaucoup de mal à changer de cap. Les B.R., comme l'E.T.A., sont des caricatures dans le genre.


L'enfer, c'est les autres

Au sein du mouvement libertaire, il n'est pas rare de mettre dans le même sac le terrorisme d'État des assoiffés de pouvoir qui ont gagné et le terrorisme, pitoyablement de faits divers, d'un gauchisme qui perd. Et de mettre en avant leur même rapport amoral à la violence, leur même appréhension des rapports entre politique et militaire et leur même logique avant-gardiste.

Pour s'être maintes fois confronté à la lutte armée et pour ne s'être jamais fourvoyé dans le terrorisme aveugle (à l'évidence grâce à son éthique et à son refus de l'avant-gardisme), l'anarchisme social est tout à fait fondé à dire cela.

Reste que cela n'explique en rien le pourquoi de l'amoralisme et de l'avant-gardisme.

Tous les avant-gardistes mettent en avant de la scène historique un sujet central. Pour Marx, Lénine... c'est le prolétariat. Pour Mao, c'est le prolétariat mais comme grand frère de la paysannerie pauvre. Pour l'Autonomie ouvrière, c'est la jeunesse ouvrière de la précarité, des squats...

Tous ces sujets historiques centraux sont caractérisés par leur positionnement dans l'espace de la production et relèvent d'une vision «économiste» de la lutte des classes.


L'autonomie du politique

Si on prend pour établi que l'aliénation générée par le système capitaliste est d'essence sociale et donc globale, toute conception de la révolution centrée sur l'économique ou sur tel ou tel autre aspect de l'aliénation débouche immanquablement sur une hiérarchisation de l'espace-temps du changement avec des fronts de lutte principaux et secondaires, et des projets historiques centraux et périphériques.

Sur de telles bases, qui sont celles du parcellaire et des hiérarchies, le politique s'impose très vite comme substitut de la globalité sociale.

Là, dans cette autonomie du politique, par rapport au social, se situe clairement l'une des explications essentielles de toutes les logiques avant-gardistes, et pour éviter la dérive terroriste comme pour rendre à la révolution sociale ses habits d'espoir, c'est peu dire qu'il convient de s'en préserver. On en reparle ?

 

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On lira en complement avec intérêt la position de l'Internationale des fédérations anarchistes (IFA) sur le terrorisme, adoptée lors de son congrès de... 1978 : http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article116

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Published by anars56 - dans Anarchisme
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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 19:35

... c’est celle des exploiteurs !


 

(...) Deuxième partie d'un article d’Anarchosyndicalisme ! n°124 - été 2011

 

Mais qui sont les véritables assistés ?

(...) Ce ne sont pas ceux que le Figaro tente de clouer au pilori.

Les vrais assistés sont faciles à trouver : ils forment une petite caste qui truste le pouvoir   et l’argent, qui perçoit des sommes faramineuses sans avoir d’utilité sociale, qui décide (catastrophiquement) pour tout le monde. Quelques exemples.

Les assistés des impôts

Sans être vraiment très nombreux, il faut reconnaître que les assistés des impôts y vont fort, pour sucer ! Un seul chiffre suffit à le prouver : les 500 000 grands bourgeois de ce pays (soit moins de 1 % de la population) nous coûtent 15 milliards d’euros en moyenne par an rien qu’en cadeaux fiscaux [Chiffres donnés par Marianne, n°740, 1er juillet 2011. A titre de comparaison, le RSA tant décrié par la « droite sociale », ne coûte qu’à peine plus de la moitié (8 milliards par an).], sans compter, comme l’écrirait le Figaro, la liste interminable des autres avantages...


Ces 15 milliards sont volés sur les impôts de tout le monde. En effet, contrairement au mensonge savamment distillé par les « élites » et sans cesse inclus dans le non-dit médiatique, des impôts, tout le monde en paye : la TVA frappe sans pitié les plus petits budgets. Le gosse de banlieue qui grâce au RSA de sa mère s’achète un carambar paye dessus des impôts !


Alors, c’est qui, les assistés ?

Pour en rester aux impôts, quand on fait le calcul, il ressort que globalement, moins on gagne, plus c’est lourd. Ainsi, une fois cumulées les différentes catégories d’impôts (TVA, taxes diverses, impôts locaux, nationaux...) lorsqu’on a un salaire entre une et deux fois le Smic, on paye de 40 à 50 % d’impôts. La mère Bettencourt n’en paye pas plus de … 6 % par an. Sans compter que verser 50 % sur un petit revenu n’a pas le même impact au quotidien que de 6 % sur une immense fortune. Dans le premier cas, c’est une contrainte, dans le second, un fétu de paille.

Les assistés familiaux...

Et là ne s’arrête pas l’assistanat dont bénéficie la caste des privilégiés. Voyons ce qui se passe dans la recherche d’un emploi, par exemple.


Quand la jeune Durand ou Dupont cherche du travail, c’est à elle de courir les agences d’intérim, de répondre aux annonces, de passer les concours, de frapper aux portes… bien chanceuse si elle décroche un CDI de « technicienne de surface » après son BTS de secrétariat trilingue ou avec sa licence de lettres…


Mais, quand c’est le fils de Nicolas S, de François F., d’un banquier, d’un industriel, d’un people, tout change ! Vous en avez croisé souvent au Pôle emploi, des comme ça ? Non, le fils à papa, c’est l’assisté par excellence. Il n’a pas de souci à se faire. S’il est irrémédiablement nul, on le gardera dans l’entreprise familiale (dans un poste de DRH par exemple), on le placera dans la haute fonction publique (un copain ministre vous arrange ça en un coup de cuillère à pot) ou on lui trouvera un fauteuil pour le faire élire. Et s’il peut tout de même travailler un petit peu, c’est encore plus facile : le « poulain » sera accueilli par une entreprise « amie », à charge de revanche.

... et ceux du gouvernement

Luc Ferry n’a même pas eu le temps, au bout d’un an, de se rendre compte que son « assistance » lui versait un salaire d’universitaire (tout de même un peu plus confortable que le RSA, autour de 4 500 euros pas mois) alors qu’il avait tout simplement « oublié » de donner le moindre cours… Quand un « profiteur » des revenus sociaux à 600 euros par mois reçoit quelques euros de trop, on en exige le remboursement, et fissa.


Quand un fonctionnaire est payé pour une tâche qu’il n’a pas remplie parce qu’il faisait autre chose sans accord préalable (Ferry est fonctionnaire et se trouve dans ce cas), l’administration exige un remboursement immédiat au titre du « Service non fait » (c’est comme ça que cela s’appelle). Mais, pour les « assistés supérieurs », foin de tout cela. L’Etat   remboursera l’employeur (ici l’université) avec nos impôts et passez muscade.


Une autre qui a été bien assistée, c’est Mme Lagarde. En principe, elle était ministre de l’économie. En principe car, à partir du 15 mai jusqu’à sa désignation en tant que grande cheftaine du FMI, Mme Lagarde s’est largement consacrée à faire « Une campagne éclair intense digne d’un chef d’Etat » comme l’écrit avec emphase « Les Echos » qui précise « De l’Inde à la Chine en passant par le Brésil et l’Arabie saoudite, Christine Lagarde a mené tambour battant sa campagne pour défendre ses chances au FMI. ». Ainsi, au lieu de faire son travail à Bercy, Mme Lagarde courrait de Calcutta à Bejing en passant par Djeddah, pour faire SA campagne électorale. Nous n’avons pas eu connaissance que son salaire – puisqu’elle faisait autre chose - ait été suspendu pour autant… quant à ses menus frais de déplacement résultant de son zig-zag dans le monde entier, nous craignons fort de savoir qui les a payés : nous.


Celui que Rama Yade avait décoré du titre de « Ceinture noire du ridicule » vient d’entrer au gouvernement. David Douillet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a donné la pleine mesure de ses capacités dès sa première conférence de presse. On vous livre son propos tel quel : « On peut surtout avoir des acquis que l’on peut mettre dans tous les domaines possibles et inimaginaux. ». La seule chose qui soit inimaginable, quand on lit une telle déclaration, c’est l’importance de l’assistance dont un tel individu doit disposer pour devenir ministre !


Quant aux actionnaires et autres patrons de quoi vivent-ils, si ce n’est de l’assistance de ceux qui travaillent ? Leurs salaires mirobolants, leurs stockoptions, leurs parachutes dorés, leurs retraites de platine... tout cela, les exploiteurs, les profiteurs le tirent d’une seule source : nos efforts. Il sont les véritables assistés, des assistés de luxe, ce qui ne fait qu’aggraver leur insupportable poids.

 

Complément anars 56 :

 

Ce sont les patrons, les actionnaires et les propriétaires qui sont des charges pour les travailleurs et les locataires !

 

Les aides au logement de la CAF sont reversées par les locataires aux propriétaires... Le bénéficiaire final est le propriétaire... C'est lui qui est aidé, "assisté", qui jouit de la redistribution de cet argent public !

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Published by anars56 - dans anticapitalisme
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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 10:26

A l’appel de : des occupant-e-s de la ZAD, Coordination des associations et mouvement opposés au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Union syndicale Solidaires, DAL 44, CODELIB, Front libertaire de St Nazaire, CNT de St Nazaire.

Vinci continue le sale boulot !

La lutte qui dure depuis plus de 40 ans contre la construction d’un nouvel aéroport et de dessertes routières à Notre-Dame-des-Landes se renforce actuellement de toutes parts. Pourtant, Vinci (concessionnaire du projet au sein de la société Aéroports du Grand Ouest) ainsi que les pouvoirs publics tentent de faire avancer le projet de force, à grands coups de renforts policiers. Récemment, des habitant-e-s de la zone réservée à la construction de l’aéroport ont reçu des convocations à des procès d’expulsion le 17 août à Saint-Nazaire. Premier-e-s visé-e-s : les occupant-e-s "sans droit ni titre", qui squattent des terrains et des maisons pour s’organiser et s’opposer au projet. Ce sera ensuite le tour des locataires et des propriétaires de devoir partir. Nous refusons ces expulsions ! Cette zone vit et doit continuer à vivre ! Nous refusons qu’elle soit vidée de ses habitant-e-s pour laisser place au ecology_by_vinci.jpgdésert morbide que serait cet aéroport.

Nous appelons tou-te-s celles et ceux qui voient la nécessité de s’opposer à de tels projets à se retrouver le 27 juillet à 15 h sur les parkings de l’aéroport de Nantes Atlantique (au niveau du dépose minute) pour leur montrer notre détermination à résister ensemble contre leur béton, contre les expulsions et pour continuer à faire parler de cette lutte.

Allons voir ceux qui veulent nous expulser ! Avec banderoles, tracts, café et encas, tentes et transats, colère et détermination...

27 juillet à 15h : tou-te-s à l’aéroport de Nantes Atlantique pour une occupation festive ! Rendez-vous collectif à 15h au niveau du dépose minute ; ou entrez discrètement de votre côté dans l’aéroport.

Rendez-vous covoiturage à 14h30, terminus de la ligne de Tram 3, arrêt Neustrie.

Possibilité de vous garer en bord de route près du rond point d’accès de l’aéroport.

Dates à venir :


 - 30 juillet, à 16h : Assemblée Générale pour s’organiser contre les expulsions aux Planchettes (à 2 km de La Paquelais sur la route de Fay-de-Bretagne, sur la D281)
 - 17 août, à partir de 8h : à l’occasion des procès, rassemblement devant le Tribunal d’Instance de St-Nazaire (54, rue de la Paix).

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 23:07

 

 

 

VIVRE L'UTOPIE ! (témoignages et images d'archives sur 1936-39 en Espagne) - Ci-dessous documentaire d'1h34 diffusé sur Arte en 2000


A las barricadas

Negras tormentas agitan los aires
Nubes oscuras nos impiden ver.
Aunque nos espere el dolor y la muerte
Contra el enemigo nos llama el deber.
El bien más preciado es la libertad
Hay que defenderla con fe y valor.
Alza la bandera revolucionaria
que del triunfo sin cesar nos lleva en pos
Alza la bandera revolucionaria
que del triunfo sin cesar nos lleva en pos
En pie el pueblo obrero, a la batalla
Hay que derrocar a la reacción.
¡ A las barricadas ! ¡ A las barricadas !
Por el triunfo de la Confederación.
¡ A las barricadas ! ¡ A las barricadas !
Por el triunfo de la Confederación.

            

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Published by anars56 - dans Histoire
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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 19:54

Ils font la fête au mois de juillet,

en souv'nir d'une révolution,

qui n'a jamais éliminé

la misère et l'exploitation,

ils s'abreuvent de bals populaires,

d'feux d'artifice et de flonflons,

ils pensent oublier dans la bière

qu'ils sont gouvernés comme des pions.

 

Renaud : Hexagone

 

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Published by anars56 - dans Anarchisme
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 10:40

Longue vie à nos amiEs du groupe anarchiste CRABES de Quimper !

Pour +d'infos, sur l'arrestation effectuée à Paris... pour la même chanson, cliquez ici !

 

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Selon Ouest-France du 15 juillet 2011 :

 

On chante Brassens sous le commissariat

vendredi 15 juillet 2011
Jeudi, à l'initiative du Crabes (Cormorans révolutionnaires et anarcho-bigorneaux pour l'émancipation sociale), 40 personnes ont chanté Hécatombe de Brassens face au commissariat de Quimper. Ils voulaient protester contre la condamnation d'un jeune Rennais, le 27 mai dernier, à 40 heures de travail d'intérêt général et 200 € d'amende pour avoir entonné ladite chanson depuis sa fenêtre.

Une jeune femme, représentante du Crabes, explique la manifestation : « Nous sommes là par solidarité et pour défendre la liberté d'expression. Je remercie les gens d'être venus ce soir. Nous sommes 40 alors qu'ils étaient seulement 60 à Paris. »

Thérèse a 58 ans. Elle ne fait pas partie du Crabes mais elle souhaitait apporter son soutien à la manifestation. « J'aime Brassens. Je trouve ça courageux de venir juste devant le commissariat pour le chanter. Ces condamnations sont disproportionnées. » Un avis que partage Armand qui est venu spécialement de Douarnenez : « Je ne connais pas Brassens mais je trouve que c'est une bonne façon d'exprimer notre ras-le-bol face à la situation actuelle. »

 

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Selon  le Télégramme du 14 juillet 2011 :

 

Attention : il y a une saloperie de publicité qui dure 15 secondes avant la vidéo, qu'on ne peut enlever... Aaaarrggghh !

On fermera yeux et oreilles durant ce temps... et on essaiera d'éviter de balancer l'écran.

La marchandise ne passera pas par nous !

Quimper. "Hecatombe" devant le commissariat : 40 personnes chantent Brassens

60 personnes à Paris, 30 à Toulouse. Ce soir à Quimper, à 18 h 30, ils étaient une quarantaine à chanter " Hécatombe " de Georges Brassens.Cette chorale, improvisée à l'occasion du 14 juillet par le groupe anarchiste Crabes (Cormorans révolutionnaires et anarcho bigorneaux pour l'émancipation sociale), a repris à plusieurs reprises la célèbre chanson contestataire. Les policiers, imperturbables, ne sont pas intervenus.
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Brassens. «Par bonheur» les flics n'étaient pas là...

Répondant à l'appel des Crabes (*), quelques dizaines de personnes ont entonné, hier, en soirée, devant le commissariat de Quimper, la célèbre chanson de Brassens «Hécatombe». Il n'y a eu aucune interpellation.

Soixante personnes à Paris, trente à Toulouse. Hier soir, à Quimper, à 18h30, une quarantaine de personnes a entonné la célèbre chanson de Georges Brassens «Hécatombe». Elles ont répondu à l'invitation du groupe anarchiste Crabes qui voulait célébrer à sa manière le 14-Juillet.

Interpellé pour avoir chanté Brassens

En juin dernier, un Rennais avait été condamné à 40heures de travail d'intérêt général et 200€ d'amende pour avoir chanté l'irrévérencieuse chanson depuis son balcon. Deux policiers n'avaient guère goûté la plaisanterie. Un habitant de Kergloff, délaissant les Vieilles charrues, a préféré hier rejoindre les Crabes. «C'est une démarche très sérieuse, à l'heure où on nous serre à la gorge. Comment se permet-on d'arrêter des gens qui interprètent un titre qui a fait la gloire de la chanson française ?». Venue avec son fils de 15 ans et son conjoint, une mère de famille se dit «fière d'avoir élevé son fils au biberon avec Brassens. C'est un minimum», affirme-t-elle.

Défense de la liberté d'expression

La voix de Brassens se fait alors entendre sous le porche du commissariat: «Au marché de Brive-la-Gaillarde...». Les choristes, de tous âges, enchaînent alors les couplets jusqu'à la dernière strophe «Par bonheur, ils n'en avaient pas». L'ambiance est joyeuse, décontractée. Des choristes heureux d'avoir «pu revendiquer la liberté de chanter Brassens, la liberté d'expression», soutient une militante du Crabes. Les policiers quimpérois, imperturbables, ne sont pas intervenus. Contrairement à d'autres villes où la chansonnette a été poussée, il n'y a eu aucune interpellation à Quimper.

Et aucune «Hécatombe» parmi les «pandores».


(*) Cormorans révolutionnaires et anarcho bigorneaux pour l'émancipation sociale.

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Selon Le Télégramme du 12 juillet 2011 :


Quimper. Brassens entonné jeudi, devant le commissariat

12 juillet 2011 

 

Une chorale de jeunes anarchistes fêtera jeudi, un peu en avance, le 90e anniversaire de la naissance de Brassens. Elle entonnera, devant le commissariat de Quimper, "Hécatombe", une chanson qui égratigne l'ordre.


"On va faire mentir Brassens. Pour le 14 juillet, on ne va pas rester dans nos lits douillets !", sourit la jeune membre des Crabes, "Cormorans révolutionnaires et Anarcho Bigorneaux pour l'Emancipation Sociale". Ce petit groupe anarchiste, qui compte une dizaine d'adhérents sur Quimper, prépare un happening pas piqué des hannetons, jeudi, devant le commissariat central, rue Théodore-Le Hars.
Vers 18 h 30, les jeunes gens entonneront l'hymne de Brassens, "Hécatombe". Cette chanson, écrite en 1955, rapporte, faut-il le rappeler, les exploits de quelques douzaines de "mégères gendarmicides" qui, lasses de se crêper le chignon, s'entendent finalement pour rosser les cognes. "Selon les avis compétents, il paraît que cette hécatombe fut la plus belle de tous les temps", fredonnait l'immense poète libertaire.

Condamné par le tribunal de Cherbourg
Il se trouve que le 24 juillet 2009, à Cherbourg, un jeune en goguette s'est mis à son balcon pour chanter "Hécatombe". Deux policiers n'ont guère goûté l'aubade et sont montés le lui faire savoir. L'irrévérencieux a même été jugé pour outrage, en juin dernier, par le tribunal correctionnel de Cherbourg et a écopé de 40 heures de TIG et à 200 euros d'amende, soit 100 EUR par policiers outragés. Dura lex sed lex !


"Nous venons chanter, pas agresser les policiers"
Sauf que ce jugement n'a pas vraiment fait jurisprudence. Par solidarité avec le jeune condamné, la chorale "La Canaille du midi" a poussé à son tour la chansonnette devant le commissariat de Toulouse. L'hommage à Brassens s'est terminé au violon.... Mais à Paris, Marseille, Poitiers... c'est comme si un radio crochet hexagonal redonnait depuis une seconde jeunesse à "Hécatombe". Les "Crabes", eux, ont donc choisi le 14 juillet. Ils veulent "défendre la liberté d'expression et protester contre la condamnation du jeune d'Ille et Vilaine", ajoutant aussitôt : "Nous venons chanter, pas agresser les policiers".


Ils arriveront avec un poste radio "pour être accompagnés par Georges lui-même, le seul à vraiment chanter sa chanson juste". Ils appellent tous les mélomanes motivés à les rejoindre pour former une chorale spontanée. "La définition de spontané, c'est : qui se fait hors de la contrainte. Nous avons regardé dans le Petit Larousse", s'amusent-ils.

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Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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