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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 19:00

maison ker bethanie

 

Nous, occupant-e-s et défenseurs-euses de Ker-Béthanie, lieu de vie autogéré, d'échanges, de rencontres, de création, d'information alternative, de ventes à prix libres et, depuis peu, lieu de désintoxication et de convalescence alternatif (pour les personnes toxicomanes), faisons appel à votre soutien contre notre expulsion des lieux et contre la démolition des bâtiments et de la végétation de Ker-Béthanie (et donc la destruction de ce lieu de vie).

Nous savons que le conservatoire du littoral, propriétaire légal des lieux, a décidé unilatéralement de cette démolition pour le 30 avril 2012, au plus tard. Par contre, nous ne savons ni le jour prévu par les autorités pour notre expulsion, ni le jour prévu pour le début de la démolition.

Si elles ne respectent pas le délai légal d'expulsion de 2 mois (dont nous n'avons pas encore reçu l'avis), ce qui arrive souvent, ces jours pourraient venir très rapidement.

C'est pourquoi nous avons un BESOIN URGENT DE SOUTIEN SUR LES LIEUX : pour nous organiser contre l'expulsion des lieux et contre la démolition. Vous êtes donc les bienvenu-e-s à Ker-Béthanie (au lieu-dit Trou de l'enfer), pour le temps que vous souhaitez (pour être sûr-e-s de nous y trouver, vous pouvez passer un coup de téléphone au 06 26 08 52 64).

Il est possible aussi que les autorités respectent le délai légal d'expulsion de 2 mois. Le jour de début de démolition ne serait donc qu'en début avril.

Dans un cas comme dans l'autre, nous vous proposons de vous opposer pacifiquement avec nous, ce jour-là, aux  machines de destruction et aux "forces de l'ordre" en faisant une chaîne humaine devant celles-ci.

Ceux et celles qui le souhaitent peuvent nous le faire savoir :

- en venant sur place (à Ker-Béthanie)
- sur le marché des halles de Groix, samedi 11 février, où nous tiendrons un stand
- en appelant au numéro de téléphone cité plus haut ou en envoyant un mail à cette adresse : ammagroix(arobase)yahoo.fr, pour nous laisser vos coordonnées (nom, prénom et numéro de téléphone, si vous avez un numéro - ou toutes autres coordonnées) pour pouvoir vous joindre le moment venu.

Sinon, si vous ne savez pas quoi faire d'un poêle à bois ou d'un alternateur à aimants permanents (pour construire une petite éolienne), nous sommes aussi preneurs-euses et pouvons venir les chercher (dans l'idéal à Groix et éventuellement à Lorient et ses environs).

Surtout n'hésitez pas à diffuser cet appel !

Salutations libertaires à tou-te-s ! La lutte continue !


Collectif de sauvegarde de Ker-Béthanie / Association Amoureux de la Maison Marie-Antoinette Gavet

Mardi 7 février
 
Liens de nos sites internet :

Groupe de Recherches Ouvertes & d'Initiatives Multiples (G.R.O.I.X) : http://groix.revolublog.com/

Association Amoureux de la Maison Marie-Antoinette Gavet (AMMAG) : http://ammag.revolublog.com/

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 23:09

Extrait du Monde libertaire gratuit n°3

 

Voici qu'aujourd'hui le quinquennat se mesure en deux cents jours. Il y a les cent premiers, au cours desquels un ex-avocat d'affaires, que la naïveté populaire a mis sur le trône, gesticule qui mieux mieux, s’agite et court çà et là, les manches retroussées, le menton haut, le geste large.

Et puis les cent derniers, temps du come back qui voit l’agitation reprendre un Président pas encore détrôné, lequel multiplie les annonces fracassantes, les décisions « nouvelles » bientôt caduques et les voeux de bonne année.

Entre ces deux périodes censées nous éblouir, la clique gouvernementale s’est donnée les moyens que lui permettait le chèque en blanc laissé par quelques millions de naïfs. Des milliards distribués aux banques. Des cadeaux mirifiques aux patrons. Le silence autour des entreprises qui jettent les salariés sur le carreau après les avoir pressés comme des oranges. Une philosophie de la compétition assise sur le dieu Fric, qui envoie les pauvres diables se faire pendre ailleurs quand ils ne végètent pas de dépression et dépression.

Un fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres, et une distance qui se réduit entre toi, moi, nous, et les huissiers.

Car nous n’avons pas eu de répit ! Que l’on sue au travail ou que l’on s’épuise au chômage, combien sommes-nous, ici, au XXIe siècle, à envisager la fin du mois avec angoisse, à nous résoudre à cette malbouffe à prix discount qui nous tue à petit feu, à tenir des comptes toujours sur la corde raide ? Combien sommes-nous, devant notre portefeuille, à hésiter pour un livre, une place de cinéma, un spectacle vivant ? Combien à renoncer aux sorties, aux vacances, aux extras qui, autrefois, rendaient notre condition un peu plus supportable ?

La politique menée depuis cinq ans par celui qui a consacré une droite décomplexée, stupide et vulgaire, rendrait hautement progressiste la moindre proposition émise sans conviction par un candidat rosâtre. Ne nous y trompons pas ! L’absence remarquée des forces dites « socialistes » de tous les conflits sociaux de ces dernières années – et ils ne furent pas rares ! –, leur mollesse sur tous les terrains, leurs éternelles luttes intestines et leur absence totale de propositions émancipatrices, doivent nous les faire tenir pour ce qu’ils n'ont jamais cessé d'être : des opportunistes que les sinécures ne satisfont plus, qui furent tenus trop longtemps à l'écart du trône et qui voudraient bien se rapprocher de la caisse !

Il se pourrait bien qu'un « socialiste» attrape le pompon si le pouvoir capitaliste estime qu'il sera plus avantageux de laisser à la gauche le soin d'accomplir le sale boulot, pendant que la droite récupère, à l'ombre d'une opposition bien commode.

Il se pourrait aussi que l'ex-avocat d'affaires rempile, pour peu que ses adversaires soient vraiment trop nuls, ou qu'on nous refasse le coup du fascisme entre les deux tours.

Quelle différence ?

On continuera de te faire les poches, citoyen ! Tu continueras à suer sous le burnous pour des clopinettes, avant de te faire mettre à la porte parce que d'autres, encore plus aux abois, auront accepté de travailler à meilleur marché, plus longtemps, plus docilement.

Méfie-toi : tu travailleras bientôt à crédit. La peine maintenant, la paye à la Saint Glinglin !

L'esclavage va revenir à la mode ! Eh, pourquoi pas ? quand la misère devient une habitude…

On va bientôt nous demander de « faire notre devoir civique ». D'aller voter. D'aller choisir notre futur maître. Celui qui… N'y allons pas ! Faisons passer le mot ! Cette grève du vote est simple, elle est à la portée de n'importe qui et ne réclame aucun effort particulier.

Et, selon le résultat, poussons un peu plus loin. La grève du travail. Faisons passer le mot ! L'arrêt de la machine à produire du désespoir, puisque nos mains fabriquent ce que le cerveau des nantis conçoit pour nous asservir.

Et, selon le résultat, poussons un peu plus loin. Reprenons l'outil de travail pour le faire fonctionner avec la seule chose dont un cerveau de nantis est dénué : l'intelligence. Autogérons les services, les usines, les ateliers et produisons ce qui sera utile et bénéfique à tous, sans nous tuer à la tâche !

Faisons passer les mots !

Et, comme d'autres de nos frères qui étaient privés de tout et qui se sont révoltés, hier et aujourd'hui, partons à l'assaut de ce vieux monde pourri qui ne tient debout que grâce à notre résignation !

 

 

S (Groupe Claaaaaash de la Fédération anarchiste)

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:20

mines duranium

Cliquez sur l'image pour l'agrandir et accéder à la source (IRSN)

Morbihan

Selon le Télégramme du 3 février 2012

Mines d'uranium bretonnes. Un comité de suivi mis en place

Pendant une vingtaine d'années, des mines d'uranium ont été exploitées entre Pontivy et Arzano (29). Un comité de suivi va être mis en place pour étudier d'éventuelles mesures de décontamination.


Du début des années 1960 aux années 1980, plus de 1.120 tonnes d'uranium ont été extraites du sous-sol breton par l'ex-Cogema (Le Télégramme du 4 avril 2010). La mine la plus importante était située au Bonot, à Berné. Elle a produit plus de 400 tonnes de minerai radioactif. Suivait le site de Rosglas, à Meslan, où ont été extraites 144 tonnes d'uranium. La plupart de ces sites ont été fermés sans dispositions particulières, les stériles (les roches extraites qui étaient en contact avec l'uranium) étant le plus souvent à l'air libre. Des taux de radioactivité anormalement élevés - parfois supérieurs à 50 fois la radioactivité naturelle - y ont été relevés, notamment par la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad). En juillet 2009, les préfectures du Morbihan et du Finistère sommaient Areva, qui a succédé à la Cogema, de réaliser un bilan environnemental des sites en question. Areva devait rendre son rapport avant avril 2011.

Réunion le 1er mars

Ce document a bel et bien été transmis aux services de l'État. Et, hier, la préfecture du Morbihan nous annonçait qu'un comité de suivi pour les sites concernés dans le Morbihan et le Finistère serait organisé en préfecture le1er mars. «L'objet de ce comité de suivi est de faire un point complet de ce bilan avec les maires des communes concernées et avec les associations. Toutes les interrogations soulevées lors de ce comité seront transmises à Areva pour compléments d'information ou des études supplémentaires». La préfecture a promis qu'une information à destination du public, via les médias, serait programmée ultérieurement.

Pas d'information sur place

Les associations qui ont largement contribué à faire avancer ce dossier, comme Sortir du Nucléaire Cornouaille et Roz Glas, doivent être satisfaites. Il y a quelques jours, Chantal Cuisnier, de Sortir du Nucléaire, que nous avions contactée, s'étonnait qu'aucune mesure visant à informer le public n'avait été mise en place. «On ne demande pas d'isoler la zone. Simplement d'avertir les promeneurs des dangers qu'ils pourraient encourir en y stationnant trop longtemps. Une des anciennes mines est traversée par un chemin de randonnée. Cela fait trois ans qu'on demande que ces mesures soient prises et rien n'est fait. Je tiens à rappeler que certains sites ont été découverts par nos adhérents. On a découvert des choses aberrantes. À Quistinic, par exemple, une famille vivait à quelques mètres de l'ancienne mine. Elle était exposée à un niveau de radiation supérieur à 25 fois le niveau naturel». À Bubry, ce sont des milliers et des milliers de m³ d'eau radioactive pompés dans la mine qui ont été déversés sur les terres d'une propriété.

 

Pour aller plus loin, voir le site de Sortir du nucléaire Cornouaille (les liens ci-dessous sont extraits de ce site)

 

Consultez :

- les rapports de la CRIIRAD

- Ex-mines d’uranium : y a-t-il un réel danger ? (Ouest France - 9 octobre 2010)

- [Vidéo France 3 du 23 juillet 2008] Anciennes mines d’uranium en Bretagne

- Anciennes mines d’uranium. Quid de la décontamination ? (Article Le Télégramme 23 juillet 2008)

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 13:54

CE QUE NOUS VIVONS-affiche-V2

Débat public sur l'actualité politique et économique et les perspectives de changement social dans un cadre libertaire, par le groupe la Sociale.

 

A noter : le groupe la Sociale autogère la bibliothèque et librairie associative " la Commune ", 17 rue Châteaudun (Rennes), ouverte les mercredi & samedi de 14 h à 18 h. N'hésitez pas à passer leur rendre visite !

 

 

 

Logo la digne rageProjection débat sur les luttes du peuple Mapuche

Samedi 11 février à 18h00, projection du documentaire "Seguir luchando para seguir existiendo" (Lutter pour continuer à vivre) Joffrey Rossi, Christophe Harrison, 2009, 1h20

FILMOChili1.pngSeguir luchando para seguir existiendo” nous plonge dans le quotidien des membres de la communauté Mapuche de Temucuicui au sud du Chili, qui lutte pour la restitution de ses terres ancestrales aujourd’hui entre les mains d’un grand propriétaire terrien d’origine suisse. Le coût à payer est terrible pour ceux qui osent défier l’Etat chilien et le pouvoir économique : violences policières, procès politiques, peines de prison à répétition, vie en clandestinité et stigmatisation médiatique. Mais les Mapuches restent plus déterminés que jamais car derrière la lutte pour la terre, c’est la survie de tout un peuple qui est en jeu.

En présence de Sergio Zamora, historien spécialiste des luttes mapuches.

Organisé par le groupe La Digne Rage (FA Rennes).

Au bar Le Papier Timbré 39, rue de Dinan (métro Sainte Anne)

 

Cette projection débat sera précédée d’un débat sur la « libération sexuelle ? » organisé par l’OLS (Offensive libertaire et sociale).

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 22:17

Article extrait du Monde libertaire n°1656 (19-25 janvier 2012) | France | Autogestion 

 

À l’annonce de la liquidation concernant la société de ferrys transmanche SeaFrance, et d’un plan alternatif avancé par le syndicat majoritaire CFDT, on reparla beaucoup des sociétés coopératives ouvrières participatives, les Scop. Éclairage.

Issues des racines du mouvement ouvrier européen, les associations ouvrières qui virent alors le jour étaient à la jonction des pensées émancipatrices du XIXe siècle 1, d'un monde ouvrier naissant, d’un monde d’artisans et de paysans (travailleurs individuels), et d’une volonté d’affirmer la dignité des ouvriers à qui on déniait une vie décente et une capacité à s’auto administrer. Les associations ouvrières de production, interdites et réprimées par Napoléon III ou encore Thiers, furent donc les pionnières des Scop. Les Scop vont connaitre des relations complexes avec le mouvement ouvrier qui va tantôt les rejeter, tantôt les encenser. Pour le syndicalisme naissant ou les partis révolutionnaires de la fin du xixe siècle, la coopération, qui se bâtit sur une perspective d’abolition du salariat sans avoir recours à la lutte des classes, à la grève et au syndicat, s’oppose à un syndicalisme porteur d’agitation sociale révolutionnaire. C’est la démocratie sociale contre la révolution sociale. C’est pourtant au peuple ouvrier que la coopération doit sa longévité et son développement.

Tout au long de son histoire, des débats fournis auront lieu sur la subordination des coopératives de consommation (école de Nimes) sur celles de production ; sur la dimension révolutionnaire du mouvement coopératiste ; d’autres sur la place des actionnaires-salariés dans les scop ou le reversement ou non des dividendes en fin d’exercice… Des actions importantes permettront la création de représentations régionales, nationales et internationales d’un mouvement qui essaime partout dans un monde industriel qui se transforme. Le mouvement coopératiste donne naissance à des coopératives de consommateurs, des maisons du peuple, une banque coopérative, des orphelinats. Mais rapidement, la question qui va hanter ce mouvement de production sera celle de sa place et de son adaptation dans l’environnement économique.

De quoi la Scop est-elle le nom ?

Les structures antérieures à l’actuelle Confédération générale des Scop (CG-Scop), vont évoluer jusqu’à se présenter comme une alternative à l’entreprise commerciale, et, aujourd’hui, aux sociétés anonymes transnationales.

L’État et ses serviteurs sont souvent sollicités pour appuyer le développement des coopératives qui s’adaptent au contexte économique en ayant recours à lui à chaque fois que nécessaire. Bien des hommes politiques seront présents aux côtés des instances nationales de la coopération, sous tous les régimes du Front populaire à Vichy, des gaullistes à la gauche de gouvernement des années 1980. De l’accessibilité aux marchés publics il y a un siècle, à la loi cadre sur le statut des coopératives en 1947, jusqu’à la création des SCIC (sociétés coopératives d’intérêt collectif) en 2001, ou au changement du sigle « Scop » en « société coopérative ouvrière de participation » (et non plus « production ») en 2010… Ce secteur de l’économie n’aura de cesse de s’intégrer au capitalisme avec ses propres spécificités. La Scop reprendra des couleurs avec la montée en puissance de l’économie dite « sociale et solidaire », à l’aune du XXIe siècle.

Si les relations avec les syndicats de salariés furent difficiles, il n’en reste pas moins qu’ils font parfois appel à la Scop : l’affaire Sea France est l’exemple le plus récent. Quant au patronat français, il reprocha longtemps aux Scop de bénéficier de mesures fiscales particulières faussant ainsi la concurrence lors des appels d’offres, mais les Scop n’en sont pas moins intégrées aujourd’hui dans le paysage économique sans que cela ne suscite de débats houleux de ce côté-ci 2.

On le sait, la Scop doit son originalité forte à sa forme juridique. C’est d’abord une entreprise, sous forme de société anonyme ou de société anonyme à responsabilité limitée, avec ses exigences de rentabilité. Les co-associés (« co-entrepreneurs »), salariés, sont cooptés et détiennent au moins 51 % des actions et 65 % des droits de vote à l’assemblée générale où le principe « un homme ou une femme égale une voix » est de mise, quel que soit le montant du capital investi par la personne. Le gérant, salarié, est nommé par les travailleurs pour une durée de cinq ans. Les profits sont répartis entre les réserves de l’entreprise, l’intéressement et la participation pour tous les salariés, en plus des dividendes pour les associés-salariés. Les réserves de l’entreprise ne sont pas propriétés des associés, elles restent acquises à la Scop.

Pour ce qui est de l’organisation interne, elle reste l’affaire de ceux qui font vivre la structure : beaucoup de choses peuvent se négocier, dès lors que des choses formelles sont maintenues vis-à-vis des banques, de l’administration, du fisc, etc. Maintien ou pas de la hiérarchie, modalités des prises de décision, égalité ou non des salaires, peuvent être pratiqués différemment ici ou là. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de créer une Scop pour introduire des fonctionnements égalitaires, le secteur associatif ou les formes de SARL peuvent aussi faire l’affaire si les associés en ont la volonté.

Une Scop pour SeaFrance ?

Les difficultés de cette entreprise sont anciennes : en juin 1999, le gouvernement recapitalise SeaFrance pour assurer sa viabilité. Depuis, sur un secteur très concurrentiel, et avec l’exploitation du tunnel sous la Manche depuis 1994, SeaFrance a connu bien des déboires, des pertes financières et a procédé à bien des licenciements. La SNCF, maison mère de la société maritime, cherche un repreneur puis jette l’éponge en février 2011. La CFDT, syndicat majoritaire de SeaFrance, avance alors un projet de Scop en décembre 2011 qui sera appuyé par Sarkozy en personne. Comment ne pas comprendre ce soutien présidentiel comme une manoeuvre dans le contexte des élections de 2012 ? Comme le faisait remarquer un syndicaliste de la CGT, Maurad Rabhi, pourquoi l’État appuierait-il le financement de ce dossier de Scop et pas les autres entreprises en difficulté ? Et de toute façon, l’Europe, sollicitée par les concurrents de SeaFrance, ne laisserait pas passer une aide d’État au nom de la liberté de la concurrence.

Au-delà de l’effet d’annonce du chef de l’État, SeaFrance, même en Scop, devra d’abord jouer des coudes sur son propre marché ; un statut en Scop, ce n’est pas une solution miracle. Les politiciens du gouvernement le savent bien. Mais on peut comprendre ces 500 salariés qui veulent sauver leur emploi.

C’est d’ailleurs là toute l’ambiguïté des Scops. D’une part, formellement, elles représentent une autre façon d’organiser la macro-économie avec des règles qui laissent entrer la démocratie directe dans l’entreprise 3 en permettant de se débarrasser des parasites que sont les actionnaires. De l’autre, elles n’apportent pas de solution idéale car elles composent avec les règles du marché.

En France, elles sont une survivance de ce mouvement ouvrier qui rêvait d’abolir le salariat par la démocratie sociale. Ailleurs, à d’autres époques, elles ont aussi participé à des processus révolutionnaires marquants (Espagne révolutionnaire, décolonisation de l’Algérie), où elles furent des recours précieux de réorganisation de l’économie avec des finalités parfois libertaires, égalitaires et utopiques.

Les Scops sont donc des outils qui prennent du sens selon l’objectif à atteindre. Elles peuvent être conformistes malgré leur différence, ou être un recours des peuples en révolte. La prégnance de ce modèle nous démontre que notre imaginaire collectif, malgré l’ancienneté du modèle Scop, n’a pas été capable de créer un autre concept répondant à nos exigences. Si la Scop a tant de prises encore aujourd’hui, c’est parce que l’horizon de l’abolition de la propriété privée a été perdu, et que c’est l’exercice de « la citoyenneté » dans l’entreprise qui est retenu. La citoyenneté a pris la place de la révolution sociale. On ne veut plus abolir le salariat, on veut la démocratie dans l’entreprise… Que des travailleurs décident de s’organiser sans intermédiaires et en s’affranchissant de certaines injustices dans l’entreprise est évidemment réjouissant. N’en attendons rien de plus si nous ne sommes pas capables de faire la liaison entre ces formes de travail et la généralisation de l’autogestion versus libertaire. Peut-être que les partisans de la révolution sociale devraient aborder cette économie-là comme ils abordent d’autres outils comme le syndicalisme, avec ses limites et ses potentiels.

Rêvons un peu…

Dans une économie autogestionnaire, les Scop de production auraient-elles leur place ? Tout dépend évidemment de la question centrale qui est la propriété sociale. Laisser des employés d’une coopérative s’approprier ce qui devrait être socialisé pose un problème de fond. Le mouvement coopératiste s’est souvent plaint, au fil de son histoire, de l’individualisme des coopérateurs ; et il est fréquent d’entendre des salariés-coopérateurs, aujourd’hui, affirmer que ce statut les a transformés en « leur propre patron ». C’est toute l’ambiguïté des coopératives, compatibles avec l’économie capitaliste, qui reposent sur la propriété privée des moyens de production et de distribution, mais qui seraient beaucoup moins compatibles dans une économie où « tout est à tous », c’est à dire à la communauté entendue dans son sens le plus large.

Parmi ceux qui abordèrent – sans trancher sur le fond – le sujet des coopératives et de leur compatibilité avec l’économie libertaire d’abolition de la propriété privée des moyens de production et de distribution, Augustin Souchy écrivait en 1950 4 que la différence entre les coopératives de production et les collectivités espagnoles de l’époque révolutionnaire était que les collectivités avaient exproprié les précédents propriétaires. Il précisait : « Il est vrai, que, objectivement, le coopérativisme ne révolutionne pas le monde en un jour. De façon subjective, le coopérateur doit avoir une conscience révolutionnaire et une foi socialiste plus profonde que le membre d’une collectivité. […] La coopérative de production n’est pas antagonique, dans son essence, avec la collectivité libre, elle est son précurseur. […] Le régime de la liberté doit permettre autant de coopératives et de collectivités que les hommes veulent en créer. Le socialisme libertaire n’est pas unitaire, mais pluraliste ; il favorise et appuie toutes les initiatives populaires, tant dans l’ordre économique, que dans le politique ou le culturel. Le coopérativisme est une des routes principales de l’humanité vers la justice économique. » Toute la question serait donc de savoir si, aujourd’hui, le mouvement des coopératives de production peut être partie prenante, dans une perspective révolutionnaire, d’un processus économique vers l’abolition du capitalisme.



1. La devise du mouvement coopératiste « Travail, Capital, Talent » est de Fourier.
2. La Confédération générale des Scop revendique aujourd’hui 2 000 entreprises adhérentes employant 40 000 personnes en France.
3. Dans le quotidien économique Les échos du 4 janvier 2012, on trouve un article élogieux (« Au pays de l’entreprise sans chef ») qui défend l’autogestion au prétexte qu’une hiérarchie représente des coûts importants et qu’il faut encourager la liberté de créer et de s’autodiscipliner des salariés.
4. El socialismo libertario, Editorial Estudias, La Habana, Cuba, 1950.

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 18:47


«J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre. »     Albert Camus

 

Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici.



ML-1657-recto.jpgML-1657-verso.jpgSommaire (les articles en "blanc" sont lisibles en cliquant dessus)

Actualité

Quel syndicalisme face au patronat ?, par Fabrice, page 3

Le social se construit à la base, par G. Goutte, page 4

Chronique néphrétique, page 5

Les brèves, le strip, page 6

Météo syndicale, par T. Impétueux, page 7

Politiques contre travailleurs, par Justhom, page 8


International

Retour sur la grève à Mayotte, par Lionel et Tibo, page 10

Barcelone, entre grève et occupations, par R. Pino, page 12

 

Des news des USA occupés, par C. Reeve, page 14


  
Expression

Une gifle magistrale, par G. Amaté, page 16

Pierre Bourdieu, dix ans déjà, par A. Zurvan, page 17


Culture

De la pédagogie sociale, H. Lenoir, page 19


Mouvement

Souscription pour Saint-Imier 2012, page 21

Radio libertaire, page 22

Agenda, page 23

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 14:51

Salut,

une piqûre de rappel pour le Forum social local du Morbihan, version 2012, où il sera possible de nous croiser, d'échanger auprès de notre stand (ou ailleurs) et quelques nouveautés - copinages !
Pour les autres rendez-vous, reportez vous à l'agenda précédent. C'est une version (presque) abrégée ce coup-ci !

Si vous avez loupé la conférence débat à Vannes de Jean-Pierre Tertrais sur l'accaparement des terres par l'agriculture industrielle, ou si vous voulez la revivre derrière votre écran, elle est en vidéo ici : http://anars56.over-blog.org/article-texte-introductif-a-l-accaparement-des-terres-par-l-agriculture-industrie-97522222.html
et là pour la partie débat avec le public : http://www.dailymotion.com/video/xnxdm2_l-accaparement-des-terres-par-l-agriculture-industrielle-2-2-debat-jean-pierre-tertrais-fsl56_news?start=0#from=embediframe

La maison commune de Ker Béthanie (squat) à Groix est plus que jamais menacée de démolition ! C'est pourtant un chouette endroit à l'accueil chaleureux, jadis propriété d'une estimée résistante au nazisme...
Comme leurs amies Bella Belbéoch (scientifique antinucléaire) et Simone de Bollardière (écologiste pacifiste), vous pouvez adresser un mot de soutien à ses occupant-e-s actuel-le-s, laisser un commentaire sur leur blog, et même leur rendre visite : http://groix.revolublog.com/

Depuis ce lien http://www.mediafire.com/?a38y0tb3yvqw4sq, vous trouverez le tract du collectif lorientais contre la dette, auquel nous sommes signataires.

Le monde libertaire a repris sa parution hebdomadaire. Des articles sont lisibles en ligne : http://www.monde-libertaire.fr/. Le site de la fédération anarchiste est de nouveau accessible : http://www.federation-anarchiste.org/ et Radio libertaire continue à émettre en direct sur la FM (Paris) et en podcast via le net : http://media.radio-libertaire.org/php/grille.php
La FA a choisi de publier gratuitement un hebdo de 8 pages en plus du Monde libertaire "classique". Les 2 premiers numéros gratuits sont disponibles en pdf à partir des liens suivants :
http://www.mediafire.com/file/1xgv4abuep9gglb/ML GRATUIT 1.pdf
http://www.mediafire.com/file/obd4gaznsos4rp1/ML GRATUIT 2.pdf

Ouf ! Rien que ça !!

Et toujours plein d'infos alternatives (volontairement tues ou caricaturées par les médias bourgeois, locaux ou nationaux) sur Indymedia Nantes https://nantes.indymedia.org/colonne_centrale et sur Rennes Infos http://www.rennes-info.org/

@narchas salutations !
Le groupe libertaire Lochu - Ferrer et la fédération anarchiste Vannes - Lorient

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Vendredi 27 janvier - Vannes - Forum social local 2012 : conférence débat "Petit traité de la décroissance sereine" avec Serge Latouche - 20h30 I.U.T. de Vannes, Amphithéâtre A (Alfred Sauvy), 8 rue Montaigne - Entrée libre

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Samedi 28 janvier - Séné - Forum social local du Morbihan 2012 de 10h à 23h (conférences, débats, films...), stands militants, ateliers :  espéranto, fabrication de pain bio, logiciels et système d'exploitation libres, restauration bio et végétale à prix libre, garderie gratuite, toilettes sèches, buvette du Café de la Pente.

L'esprit du forum social, c'est l'autogestion dans son fonctionnement, aussi n'hésitez pas à filer un coup de main pour certaines tâches. Un cahier sera disponible au stand du Fsl. Ce n'est pas obligatoire non plus ;-)

Intitulé des conférences-débats et projections :

- 11h Michel Desmurget : TV Lobotomie - La vérité scientifique sur les effets de la télévision (Salle Belém)
- 11h Michel Tarin : Accaparement des terres ou confiscation de la nature (Salle Mumbai)
- 11h ACIPA : Une étude économique indépendante sur l'aéroport de Notre Dame des Landes (Salle Bamako)

- 14h Denis Sieffert et Gilles Balbastre : Qu'est-ce qu'une presse indépendante ? (Salle Belém)
- 14h Mamy Rakotondrainibe : Contre l'accaparement des terres Malgaches (Salle Mumbai)
- 14h Documentaire de Jean Druon : Quelques choses de notre histoire (Salle Bamako)
- 14h Atelier Espéranto (Salle Dakar)

- 16h30 Table ronde : Les conditions de l'indépendance des média, avec Camille Baran (S!lence), Stéphane T. * (Monde libertaire), Denis Bayon (La Décroissance), Anthony Sérazin (Plum' FM radio associative) (Salle Belém)
- 16h30 Jacques Fontaine : La question de l’eau dans le conflit israélo-palestinien (Salle Mumbai)
- 16h30 Table ronde : Le lobby nucléaire avec Enercoop, Éoliennes en Pays de Vilaine et Didier Anger (Salle Bamako)

- 20h30 Thierry Rouquet pour une conférence gesticulée : Un dernier tango pour les services publics (Salle Belèm)

Programme détaillé : http://fsl56.org/2012/programme_detaille

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Samedi 28 janvier - Rennes - 16h Projection du film “La conspiration de Chicago”, documentaire sur les luttes anti-capitalistes au Chili depuis la dictature de Pinochet jusqu’à aujourd’hui, puis rencontre/débat avec des activistes anarchistes internationaux organisé par le groupe La Digne Rage (FA Rennes). Au bar Le Papier Timbré, 39 rue de Dinan
Et retrouvez une bonne partie de ce beau monde en concert, à 20h, Bar Le Gazoline, 24, rue Nantaise à Rennes - Prix libre, organisé par Happy Culture :
H.C.C.E. Orwell (Black Metal/Death Metal/HxC ; Barcelona)
Karysun (Stoner/Metal ; Caen)
Infos : http://anartoka.com/la-digne-rage/portal.php

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Mardi 7 février - Rennes (quartier Cleunay) - Le groupe la Sociale de la fédération anarchiste de Rennes organise à 20h, à la Maison des Familles (2, allée Joseph Gémain (derrière la Poste) Bus 9 arrêt De Lesseps), une discussion - débat ouverte sur l'analyse de l'actualité politique et économique et les perspectives de changement social dans un cadre libertaire. Entrée libre.

Problématiques de la soirée :
Ce que nous vivons : oppression étatique, désastre écologique, barbarie capitaliste.

Ce que nous voulons : liberté individuelle, expropriation des patrons, égalité sociale, fédéralisme libertaire.

 

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Vendredi 10 février - Rennes - Concert de soutien au collectif antifasciste rennais avec Slim Wild Board & Mohawk - 20h - Bar le Papier timbré - prix libre

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Samedi 11 février - Rennes - Discussion-Débat "Libération sexuelle ?" - 16h au papier timbré (39 rue de Dinan)
organisée par Offensive libertaire et sociale Rennes avec la Bibliothèque Féministe : "Avoir des relations sexuelles n’est pas un acte naturel mais fait l’objet d’un apprentissage. Nos sexualités s’enrichissent au fil du temps et des expériences. Parler librement de ma ou de mes sexualités, entamer le dialogue avec l’autre, me permet aussi de m’assurer que je ne lui impose pas mon désir. L’éducation, en matière de sexualité, est loin d’être égalitaire. Quand on aborde la sexualité avec les garçons, on leur parle de leur pénis et du plaisir qu’ils vont éprouver grâce à lui (ce qui est déjà réducteur !). Pour les petites filles, la sexualité se résume aux maladies et infections sexuellement transmissibles, à la peur de tomber enceinte. Quid du plaisir féminin ? De la connaissance de son corps ? Peut-être faudrait-il commencer par là pour parvenir à vivre des sexualités épanouissantes."

Ce débat sera suivi d'une projection réalisée par le groupe anarchiste la Digne Rage à 18h (toujours au Papier timbré), sur les luttes du peuple Mapuche, à partir du documentaire "Seguir luchando para seguir existiendo" (Lutter pour continuer à vivre), de 2009, 1h20. En présence de Sergio Zamora, historien spécialiste des luttes mapuches. Infos : http://anartoka.com/la-digne-rage/portal.php?article=235&pid=1&sid=afb434e7b1ddd00f553fd0e668747d38

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Mardi 14 février - Quimper - Projection du film "RFID : la police totale" par le collectif FAUT PAS PUCER (dont le groupe libertaire Crabes), en présence de l'association Pièce & Main d'oeuvre de Grenoble  - 20h30 à l'Espace Associatif : Impasse de l'Odet (derrière la gare)
RFID : SOURIEZ-VOUS ETES PUCE !
"Les puces numériques se généralisent dans nos vies.
Certains éleveurs sont déjà sommés d’installer des boucles d’identification électronique à l’oreille de leurs bêtes. C'est maintenant le tour des usagers des transports en commun en Bretagne : la carte KORRIGO débarque ! Lire la suite : http://crabes.webnode.com/products/projection-du-film-rfid-la-police-totale-quimper-14-fevrier/)"

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 22:37

Projection de “La conspiration de Chicago”

Samedi 28 janvier à 16h00 : projection du film “La conspiration de Chicago” documentaire sur les luttes anti-capitalistes au Chili depuis la dictature de Pinochet jusqu’à aujourd’hui, puis rencontre/débat avec des activistes anarchistes internationaux organisé par le groupe La Digne Rage (FA Rennes). Au bar Le Papier Timbré, 39 rue de Dinan
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Et retrouvez une bonne partie de ce beau monde en concert :

Concert : H.C.C.E. Orwell + Karysun

Samedi 28 janvier à 20h, Happy Culture présente :

H.C.C.E. Orwell (Black Metal/Death Metal/HxC ; Barcelona)

 

Karysun (Stoner/Metal ; Caen)

 

Bar Le Gazoline, 24, rue Nantaise à Rennes - Prix libre

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 19:39

LespoirAssassine488Tous les copains de la Commune
Ne sont pas morts sans rien laisser
Ils doivent nous garder rancune
De laisser crever leur passé

   Serge Utgé-Royo

 

écoute en mp3, par là :

http://bit.ly/xMmLug
ou
http://www.mediafire.com/?a488t8jk2k3cn9e

 


 


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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 18:25

SOS de Ker Béthanie, île de Groix

Depuis quelques jours, une flopée d’événements incongrus secoue la Maison Commune Autogérée de Ker Béthanie.
 
Le mardi 17 janvier au matin, une chargée de mission du conservatoire du littoral et des employés des services municipaux, armés de quelques gendarmes viennent photographier les lieux sous tous les angles en vue de la démolition.
Le 24 décembre dernier, l’huissier était passé constater l’occupation entamée en octobre 2010. Voir ici.

Vendredi 20 janvier à 6h15 du matin, cinq gendarmes déboulent avec les torches, les tasers et les flingues. Ils tombent sur Cochise qui avait dormi dans la grande salle, proche de la cheminée. Non loin de lui, les militaires trouvent un sac contenant le butin d’un cambriolage de pharmacie effectué environ 2h plus tôt.

Cochise est ancien mais jeune toxicomane. Il est arrivé il y a deux semaines après avoir rencontré deux handicapés qui rentraient à la Maison Commune. Il est venu pour sortir de son addiction, se mettre au vert, et ça marche : deux jours après son arrivée jeudi 12, le manque se fait sentir au point de devenir insupportable. On file chez le médecin qui nous explique qu’il faut se faire évacuer sur le continent, à l'hôpital, pour obtenir une ordonnance de subutex, seul substitut efficace. Le médecin, qui est le maire de l’île, lui accorde une ordonnance de seresta, qui permet aux alcooliques de dormir tranquilles quand ils décrochent. On passe à la pharmacie chercher le médoc. L’occupant qui se présente au comptoir demande s’il serait possible d’avoir du subutex, au cas où... requête rejetée par le pharmacien. La nuit passe et Cochise dort bien, ça va mieux. Celui-ci se passe même du seresta dans les jours qui suivent.

Retour sur l’arrestation : Les militaires mettent les menottes à Cochise qui s’en défait en deux temps trois mouvements pour les narguer. Ils l’embarquent avec un deuxième occupant qui dormait au-dessus. Les rebelles passeront la journée au poste avec quelques baffes en prime pour le comique prestidigitateur, accompagnées de pressions verbales pour qu’il dise avoir volé la morphine. Le procureur décide finalement de le relâcher faute de preuves. Il sera néanmoins poursuivi pour recel de médicaments en avril prochain.

Le Samedi 21, les faits divers (ces faits divers destinés, comme toujours, comme dit P. Bourdieu, « à faire diversion » : dans notre cas, pour ne plus parler des raisons de sauver Ker Béthanie, et donc de la faire couler), paraissent dans la presse. Un article conséquent laisse entendre dans un des canards, que les occupants de Ker Béthanie sont coupables du cambriolage, qu’il n’y a aucun doute là-dessus. Dans l’après-midi, le chef de la brigade accompagné de deux gendarmes passent «dire bonjour», et ordonnent aux nouveaux arrivants de «ne pas mettre le feu à l’île» à plusieurs reprises. «Vous restez là, mais vous ne faîtes pas les cons !»

Le dimanche 22 janvier, à 7h l’explosion (probablement d’un pneu) dans le local attenant au Dr House Shop (Magasin Prix Libres) réveille un des occupants qui dort au-dessus du magasin. Celui-ci pense alors que les chats du lieu sont responsables du vacarme, puis se rendort. Dix minutes plus tard, c’est la seconde occupante qui détecte une odeur de brûlé.
Ils regardent par la fenêtre et voient les flammes jaillir de la porte du local.
Les trois autres, qui dorment dans la maison principale, sont vite alertés. On se dépêche de puiser de l’eau au puits en attendant que les pompiers arrivent. Par chance, le feu n’a pas le temps d’atteindre la première maison.

Le soir, un des habitants de la Maison Commune croise par hasard les pharmaciens en sortant de la gendarmerie.
Un d’eux lui concède qu’après réflexion, il fallait probablement connaître les lieux pour faire aussi vite et aussi ciblé. Dommage que cela ne figure pas dans sa déposition, car le Cochise soupçonné, n’y est jamais rentré !

 

On a porté plainte pour tentative d'homicide volontaire.

Aujourd'hui lundi, dans la presse locale, le maire menace de "faire appel aux autorités pour faire évacuer le site". Il déclare aussi :"depuis le cambriolage de la pharmacie, il y a un sentiment d'insécurité terrible. Je suis choqué par cet incendie, parce que la violence n'est pas une solution, mais pas si surpris" !!!

SOS de Ker Béthanie, île de Groix

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Réunion publique ANNULÉE pour cause de couvre-feu étatique : Mardi 27 Octobre - Rennes - 20h. Réunion publique : « Les résistances paysannes : une autre conception du progrès » avec Silvia Pérez-Vitoria (universitaire, auteure de « La riposte des paysans » et « Manifeste pour un XXIème siècle paysan », elle collabore aux revues « L’Ecologiste » et « Nature et Progrès »…). - Salle 12 Maison des associations 6 Cours des Alliés. Par le groupe la Sociale de la Fédération anarchiste

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Soirée ANNULÉE : Vendredi 30 octobre - Lorient, cité Allende (12 rue Colbert) - 20h Conférence-débat par Pinar SELEK, à propos de l'article de Voltairine de Cleyre « Le mariage est une mauvaise action ». Organisée par les Ami.e.s de Voltairine

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Lundi 2 novembre - Rennes - 19h Causerie Populaire : Croissance économique & décroissance globale : de quoi parle-t-on ? Avec François Graner, biophysicien directeur de recherche au CNRS de l’Université de Paris – Diderot. Débat animé par Jean-Pierre Tertrais, auteur d’une centaine d’articles dans le Monde Libertaire, des brochures et livres sur la décroissance. au local la commune, 17 rue de Châteaudun, Rennes. Par le groupe la Sociale de la Fédération anarchiste

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Jeudi 5 novembre - Vannes - 14h30 Mobilisation des salarié.e.s du social et du médico-social public et privé "en solde et en grève" contre l'imposture du "Segur" (- 183 euros), à l'appel de la CGT 56 "Santé et action sociale". Rdv Place de la mairie

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Lundi 9 novembre - Questembert, cinéma Iris - 20h30 Ciné-débat "Un pays qui se tient sage" de David Dufresnes (sur les violences policières), en présence du réalisateur. Tarifs habituels

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Jeudi 12 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h45 Ciné-débat "La cravate" (sur le parcours d'un militant d'extrême-droite), en présence du co-réalisateur Etienne Chaillou. Tarifs habituels

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Samedi 14 novembre - Belle-Ile, Le Palais, salle Arletty - 20h30 Ciné-débat "Delphine et Carole, insoumuses" (Ce voyage au cœur du « féminisme enchanté » des années 1970 relate la rencontre entre la comédienne Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos. Derrière leurs combats menés caméra au poing, surgit un ton empreint d’humour et d’insolence. Réalisé par la petite-fille de Carole). Rencontre avec Josiane Zardoya, monteuse du film.  

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Jeudi 19 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Mon pays fabrique des armes" (sidérante enquête sur les ventes d'armes françaises), d'Anne POIRET. En partenariat avec Amnesty International, avec Jean Froidefond de la commission "armes" d'Amnesty et Armand Paquereau de la campagne "Silence ! On arme". Tarifs habituels

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Vendredi 27 novembre - Lorient, cité Allende (12 rue Colbert) - 20h Conférence-débat « La contraception masculine » par l’association Thomas Bouaoù – avec lectures de textes du livre d’André MOREL « Le Zoïde ». Organisée par les Ami.e.s de Voltairine

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Dimanche 29 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 18h Ciné-débat "LIP. L'imagination au pouvoir" (sur une entreprise reprise en autogestion par ses employé.e.s au cours d'une grève). Suivi d'une rencontre avec l'équipe de l'Usine Invisible, structure solidaire développée dans le Morbihan dans un souci de juste reconnaissance et rémunération des couturièr.e.s mobilisé.e.s par la crise sanitaire

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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Concerts

Autres événements

Au cinéma Ti Hanok à Auray Dim 29 nov