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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 20:48

FSL 2012

 

Forum social 2012 axé sur 3 thèmes : les médias, le lobbying, l'accaparement des terres - Programme complet : http://fsl56.org/2012/programme_detaille - Stands militants dont celui du groupe libertaire Lochu - Ferrer (FA Vannes - Lorient) - Restauration bio et végétale à prix libre par la cuisine Schrmutz - Buvette par le café de la Pente - Garderie - Initiation à l'espéranto - Toilettes sèches - Install party (linux, logiciels libres...)

 

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 12:56

 

 

 

 

Une cinquantaine de personnes étaient présentes au débat de vendredi 13 janvier, sur l'accaparement des terres par l'agriculture industrielle. Nous remercions une nouvelle fois Jean-Pierre Tertrais d'être intervenu sur le sujet.
Les échanges ont tourné autour de la responsabilité individuelle sur l'état de la situation... mais aussi sur quelques moyens d'y remédier : engagement associatif (Amap, bio...), politique (au sein ou contre les institutions), le squat (à la manière des habitant-e-s de la ZAD où pourrait se construire l'aéroport international de Notre-dame-des-Landes (44)), les cyclo-paysans et la recherche de terres par des jeunes des villes qui veulent s'installer comme petits paysans en poly-activités, sans être propriétaires... mais aussi sur les résistances actuelles de populations paysannes partout dans le monde, notamment en Afrique et en Amérique du Sud... etc.
Nous remercions chaque personne qui a fait le déplacement. La salle était pleine. Les @narEs ont le sens de la jauge !
Le débat a été filmé et devrait être visionnable bientôt. Voici le texte de Jean-Pierre qui a lancé la problématique de la soirée.

 

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Conférence Vannes janvier 2012 : accaparement des terres

Selon le dictionnaire, «accaparer», c'est acquérir ou conserver en grande quantité pour faire monter le prix, détenir le monopole, conserver pour son usage exclusif. Ce qui est au cœur du phénomène d'accaparement, c'est donc bien la propriété privée. Cette propriété privée n'est pas une loi naturelle comme tentent de nous le faire croire les libéraux, mais le produit d'une longue évolution culturelle, et notamment de la division du travail. Elle permet l'accumulation de biens et définit des relations sociales en divisant la société en riches et en pauvres.

S'agissant de la terre, le communalisme tribal a fonctionné des millions d'années. Pendant longtemps la propriété revient aux communes, et les champs sont exploités par les paysans locaux qui profitent ensemble des récoltes. Le capitalisme va favoriser l'appropriation des terres en trois étapes essentielles.

Première étape : les enclosures

On appelle mouvement des enclosures les changements qui, dès le 12e siècle mais surtout à partir de la fin du 16e et au 17e siècle, ont transformé, dans certaines régions de l'Angleterre, une agriculture traditionnelle dans le cadre d'un système de coopération et communauté d'administration des terres en système de propriété privée des terres (chaque champ étant séparé du champ voisin par une barrière, voire un bocage). Les enclosures marquent la fin des droits d'usage, en particulier des communaux, dont bon nombre de paysans dépendaient.

Plusieurs raisons sont invoquées pour justifier ce qu'on peut appeler un vol :
° l'absence de cadastre nécessitait, pour les accapareurs, de matérialiser les limites foncières ;
° les haies permettaient de parquer les animaux et de se protéger des bêtes errantes ;
° ces haies, les fossés, les talus sur lesquels elles sont plantées, assurent plusieurs fonctions écologiques, et même économiques : régulation et drainage de l'eau, protection contre le vent, production d'arbres fruitiers, de bois de chauffage.
Mais la raison principale est la suppression des droits d'usage (vaine pâture, communaux).

Ce mouvement s'accompagne le plus souvent de l'utilisation de nouvelles techniques (rotations), de nouvelles cultures. Il est souvent présenté comme le moyen permettant de passer d'une agriculture jugée peu productive à une agriculture plus intensive. C'est pourquoi il peut être considéré comme une première étape dans la construction du capitalisme, du développement économique. Les champs ouverts et les pâturages communs ont en effet été convertis par les riches propriétaires fonciers en pâturages pour des troupeaux de moutons, pour le commerce de la laine alors en pleine expansion.

Il n'est donc pas surprenant que la naissance du capitalisme engendre aussitôt des conséquences sociales négatives : la richesse des uns s'établit sur la misère des autres. Dans l'immédiat, cette appropriation d'espaces préalablement dévolus à l'usage collectif a supprimé les possibilités de pacage et de glane à l'ensemble des habitants. Beaucoup de paysans seront, par la suite, progressivement privés de leurs terres de toutes sortes de manières : non-renouvellement des baux à durée limitée, reprise des terres au moment des décès et des mutations, évictions abusives... Ainsi la majorité de la petite paysannerie se trouvera réduite au salariat agricole ou industriel, à la mendicité, à l'exode vers les villes. Très vite, une grande partie de la terre se trouve aux mains d'un nombre réduit de grands propriétaires.

Le même phénomène se déroulera un peu partout, avec des modalités et des rythmes différents. La noblesse française, contrairement à l'aristocratie d'Outre-Manche, ne s'est pas tournée vers l'agriculture commerciale, fondée sur de grandes fermes employant des salariés agricoles. Pour l'essentiel, les grands gagnants de la redistribution  effectuée à la suite de la confiscation des biens de l'église et d'une partie de la noblesse, sont la couche « moyenne » de deux à trois millions de personnes : paysans aisés, bourgeois agraires.

En favorisant l'accès à la propriété individuelle au détriment des solidarités communales antérieures et de la gestion collective des espaces villageois, la réforme agraire réduit les bases de survie de ceux qu'on appellerait aujourd'hui les « paysans sans terre » : la grande masse des manœuvres, domestiques, saisonniers qui représentent environ dix millions de personnes, auxquelles il faut ajouter le million de vagabonds et de mendiants parcourant villes et campagnes. Il faudra attendre 1881 pour que soient votés les premiers textes du code rural, et 1946 pour avoir un statut du fermage.

Dans le même registre, on peut aussi évoquer la déportation des Indiens d'Amérique qui résulta d'une loi datant du 26 mai 1830, et qui répondait à la soif toujours plus grande d'espaces de la part des Blancs. Cette loi ordonnait le déplacement des Indiens vivant dans les territoires compris entre les treize Etats fondateurs et le Mississipi, vers une région située à l'ouest du fleuve. Au moins 60 000 Amérindiens ont été concernés, plusieurs milliers sont morts de faim (hécatombes de gibier : plus de dix millions de bisons abattus entre 1872 et 1874), de maladie (choléra, variole...), d'épuisement, de froid, ou par les armes à feu. Comme disait un chanteur canadien, des Amérindiens, de plus en plus amers, de moins en moins indiens.

C'est cette présence insupportable des Indiens pour les nouveaux arrivants qui engendrera le plus souvent un engrenage infernal pour les Indiens : proposition de traités, non-respect de ces traités par les Blancs, colère des Indiens, écrasement militaire et confinement dans des réserves.

Deuxième étape : la course à l'agrandissement

Vers le milieu des années 1950, un ministre américain de l'agriculture lançait cet avertissement aux membres de la profession : « Agrandissez-vous ou déguerpissez ». Par sa nature même, le système capitaliste ne peut fonctionner qu'à grande échelle. Il fallait donc de grandes, si possible de très grandes exploitations pour vendre des machines toujours plus puissantes et sophistiquées, et des quantités toujours plus importantes d'engrais et de pesticides.

Favorisée par un potentiel exceptionnel en matière de relief, de climat, de ressources, de sols et par des exploitations de taille moyenne déjà plus élevée qu'en Europe, l'agriculture américaine passe très rapidement la vitesse supérieure : grandes monocultures, nouvelle génération de chefs d'entreprises disposant des technologies les plus récentes. Dans plusieurs régions, une seule personne peut gérer efficacement une exploitation dépassant 400 ha. Le résultat, c'est que le nombre des exploitations agricoles américaines, qui s'élevait à 5 830 000 en 1950 passe à 3 900 000 en 1960, à 2 900 000 en 1970, à 2 400 000 en 1980, à 2 200 000 en 1990. La superficie moyenne des exploitations est passée de 85 ha en 1950 à 190 ha en 1990 (en sachant que les plus importantes, supérieures à 400 ha, occupaient 63,4 % de la superficie agricole utile en 1990).

Il faut, bien entendu, rappeler que le terrain avait été largement défriché par les conséquences de la Grande dépression. La terre appartenait alors essentiellement à quelques gros propriétaires et surtout à des sociétés anonymes ou des banques. La sécheresse et les tempêtes de poussière qui, pendant une dizaine d'années, avaient détruit les récoltes et érodé les terres, obligèrent près de trois millions de personnes à quitter leurs terres et ne feront qu'accélérer l'éviction programmée des fermiers. Le regroupement des terres permettra la mécanisation et la division du nombre d'exploitants par douze à quinze.

Cette course à l'agrandissement n'a évidemment pas lieu seulement aux Etats-Unis. Au Canada, en Australie, en Argentine, on observe un doublement de la superficie moyenne des exploitations agricoles en un tiers de siècle. En France, la taille moyenne passe de 16ha en 1950 à 34ha en 1990. Mais surtout, la part des très grandes (plus de 50ha) s'accroît rapidement. La surface totale des terres agricoles étant plutôt en régression (à cause de l'urbanisation notamment, c'est l'équivalent d'un département, en France, qui disparaît tous les dix ans), si certaines exploitations s'agrandissent, c'est que d'autres diminuent...ou disparaissent. Ainsi, la France comptait 2 300 000 exploitations en 1950, 1 600 000 en 1970, 1 200 000 en 1980,  960 000 en 1990, 700 000 en 2000, environ 450 000 aujourd'hui.

Il fallait mettre en place des moyens fiables pour éliminer régulièrement une partie des agriculteurs. Lorsque De Gaulle revient au pouvoir en 1958, deux experts, Louis Armand et Jacques Ruef, remettent au chef de l'Etat leur rapport pour jeter les bases d'une nouvelle expansion économique, et faire de la France une grande puissance industrielle. Heureuse coïncidence : l'industrie aura besoin de plus en plus de main-d'oeuvre, l'agriculture... de moins en moins.

Le rapport en question exprimait précisément : « Le mécanisme des prix ne remplira son office dans le secteur agricole qu'en infligeant aux agriculteurs, presque en permanence, un niveau de vie sensiblement inférieur à celui des autres catégories de travailleurs ». L'objectif était clair : favoriser ceux dont le système avait besoin, les exploitations performantes, capables financièrement de s'équiper en matériels et produits vecteurs de modernisation ; rendre les conditions de travail des autres, les futures victimes, de plus en plus difficiles.

Ainsi, divers instruments vont être façonnés pour opérer cette monstrueuse discrimination :
° Les prêts accordés par le système bancaire, notamment le Crédit Agricole, ne sont pas identiques pour tous. Ceux qui disposent au départ d'une situation plus confortable, ceux qui se trouvent bien en cour dans le monde des notables, ceux qui disposent d'appuis politiques sûrs, ceux qui acceptent de s'engouffrer dans la voie de la modernisation, de l'intensification, de la spécialisation, c'est-à-dire de se plier aux impératifs des sociétés multinationales... ceux-là obtiennent des prêts avantageux.
° L'attribution des multiples aides, primes, subventions ouvre la porte à toutes les discriminations. Parce que les aides sont liées à la surface, on conforte ainsi des situations acquises. C'est le développement inégal cumulatif. Les exploitations de grandes cultures, céréales et oléo-protéagineux, se taillent la part du lion. Ainsi, près de 80% des aides iront aux 20% des agriculteurs déjà les plus favorisés.
° Le remembrement, ou réaménagement foncier, renforcera cette « épuration » : pratiques de passe-droits qui lèsent les propriétaires les moins bien armés, système de copinage, intimidation, partialité de la commission des litiges... C'est souvent au détriment des mêmes personnes que les injustices se cumulent : terres plus éloignées ou de qualité inférieure, perte de points d'eau, de surfaces boisées...
° Le laxisme et même la complicité des pouvoirs publics permettent aux moins scrupuleux de conquérir des parts de marché, pénalisant ceux qui respectent la réglementation. Ainsi, 40% de la production porcine en Bretagne s'est faite au-delà des autorisations légales.

Quand on établit son bilan, la face cachée de la modernisation de l'agriculture ressemble à un cauchemar. En moins d'un demi-siècle, l'agriculture productiviste a hypothéqué les ressources en eau, mis en péril la santé des agriculteurs et des consommateurs, provoqué la disparition de nombreuses petites exploitations, et donc aggravé le chômage, accentué les déséquilibres entre régions et la désertification rurale, entraîné la perte de fertilité des sols, détruit des paysages bocagers, causé la diminution de la qualité des produits alimentaires, augmenté le coût du stockage de certains produits, favorisé la mainmise de quelques grandes firmes sur les réserves génétiques, compromis l'autosuffisance alimentaire du Sud, le tout en absorbant la moitié du budget européen.
Autrefois, le paysan était asservi au notable, il l'est désormais à l'argent.
Hier, la fonction de l'agriculture était de nourrir les hommes ; elle est aujourd'hui de réaliser des profits.

Tiers_monde.jpgOn peut, là aussi, développer une des conséquences annoncées : la mise à mal de l'autosuffisance alimentaire du Sud, en ce qu'elle concerne un vol de terres qui peut se résumer par la formule  « quand la vache du riche affame le monde ».
40% des céréales cultivées dans le monde sont destinées à l'alimentation du bétail.
Plus des trois-quarts des terres agricoles sont consacrées aux animaux d'élevage.
Pour récupérer une calorie d'origine animale, il faut en moyenne sept calories d'origine végétale.
Il y a bien concurrence entre l'alimentation animale et l'alimentation humaine. Il a été calculé que l'Europe utilise sept fois sa superficie agricole en terres du « tiers monde » pour la production d'aliments destinés au bétail. On peut considérer que (presque) chaque habitant des pays industrialisés est « possesseur » d'un morceau de terre dans les pays pauvres. Il s'agit bien d'un vol.

Troisième étape : la terre, matière première capitale, objet de spéculation

La crise alimentaire est sans doute la principale cause d'un phénomène qui s'accélère depuis plusieurs années, l'accaparement des terres – achats ou locations – notamment agricoles, en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en Ukraine, par des gouvernements ou des entreprises privées (agroalimentaire ou secteur financier), soit pour assurer leur sécurité alimentaire, soit en tant qu'investissement. Dans de nombreux cas, ces terres sont présentées, bien entendu, comme « inutilisées », « dégradées » ou « sous-exploitées », alors qu'elles sont, au moment de leur acquisition, utilisées par des familles pauvres qui y cultivent les produits dont elles se nourrissent. La réalité, c'est que ces accapareurs cherchent plutôt des terres fertiles avec une certaine disponibilité en eau, la proximité des infrastructures, un potentiel de croissance de la production agricole, une politique foncière favorable, et si possible une main-d'oeuvre bon marché et peu au fait de ses droits. La « réalisation d'infrastructures », la « création d'emplois et de richesses », le « transfert de technologie », la « préservation de zones d'intérêt écologique » ne sont que des prétextes. Le résultat, c'est que les Etats les plus pauvres finissent par brader leurs ressources foncières. La terre devient donc une valeur refuge sans risques excessifs. Les principaux acheteurs actuels sont les Etats du Golfe (qui importent de 69 à 90% de leur nourriture), la Chine (qui doit nourrir 1,4 milliard de bouches, soit près du quart de la population mondiale, avec seulement 7% des terres arables), l'Inde, la Corée du Sud, l'Afrique du Sud...

Bien que, par manque de transparence, la quantité disponible de données fiables et détaillées dans ce domaine soit faible, on estime qu'au cours des dix dernières années, plus de 200 millions d'hectares de terres agricoles dans les pays dits en développement ont fait l'objet de négociations avec les investisseurs internationaux (une superficie équivalente à huit fois la taille du Royaume-Uni), les deux tiers se situant en Afrique subsaharienne. Le manque de devises et d'infrastructures agricoles modernes favorise ces transactions, lesquelles sont généralement arrangées par des intermédiaires locaux qui empochent évidemment de substantielles commissions. Alors que dans ces pays, près d'un milliard de personnes manquent de nourriture et un autre milliard souffre de formes diverses de malnutrition ; la hausse des prix alimentaires, depuis 2008 puis à nouveau fin 2010, venant aggraver la crise, notamment dans la Corne de l'Afrique. Et rappelant combien l'accès à la terre est essentiel pour des centaines de millions de ménages vivant en situation d'insécurité alimentaire. Non seulement l'accaparement des terres aggrave le problème de la faim, mais il condamne souvent au chômage et à l'exode, dévitalisant le tissu économique des zones rurales, exacerbe la pauvreté et les conflits, perturbe la vie sociale et culturelle des populations, contribue à la perte des connaissances et savoir-faire agricoles, accroît l'impact écologique. Il devient de plus en plus difficile et dangereux de vivre de la terre. Or les agricultures paysannes et familiales sont les mieux placées pour répondre aux besoins alimentaires des populations, pour assurer une production vivrière agro-écologique.

La production alimentaire et fourragère n'est pas le seul moteur de ces transactions foncières. Ces terres sont également achetées pour la production d'agrocarburants, galvanisée par les politiques de soutien à ces agrocarburants aux Etats-Unis et dans l'Union européenne. Ou pour effectuer des plantations dont l'objectif est de bénéficier de crédits carbone. Ou encore pour viser le contrôle de ressources stratégiques en anticipant les pénuries ou les tensions à venir (c'est-à-dire des immobilisations foncières avec l'idée de s'approprier les richesses du sous-sol).

accaparement des terres helicoLa ruée vers les terres n'est pas un fait vraiment nouveau : dès la fin des années 1980, la libéralisation croissante des mouvements de capitaux et des législations nationales incite les grandes entreprises à acheter des terres. Mais c'est la première fois dans l'histoire que le phénomène est complètement mondialisé. Et ce phénomène, qui commence à ressembler à un Monopoly planétaire, voire à un néocolonialisme agraire, ne peut que s'amplifier dans les années à venir, plusieurs processus conjuguant leurs effets : la demande grandissante de denrées alimentaires due surtout à la croissance économique des pays émergents (et notamment l'évolution des régimes carnés) et aussi à l'accroissement de la population mondiale – plus de 70 millions d'individus nouveaux chaque année) ; l'accélération du changement climatique (avec des incidences plutôt négatives sur la production alimentaire) ; la raréfaction de la ressource en eau (l'agriculture consomme 70% de cette ressource) ; le développement, on l'a vu, des agrocarburants ; la spéculation sur le foncier. Autant de facteurs qui risquent de rendre, dans un avenir proche, les conditions de vie très inconfortables, voire intolérables, pour une grande partie de l'humanité.

Que faire face à cette privatisation de l'espace,  à cette marchandisation du vivant ?

D'abord, l'histoire montre que des luttes ont toujours été menées contre l'exploitation et la domination. Un peu partout, de nombreuses jacqueries porteront des revendications vers plus de dignité (réduction des charges, abolition du servage...). Mais parce que les participants étaient toujours mal organisés, mal équipés, ces soulèvements ont toujours été réprimés par la force, comme dans les Midlands en 1607 suite à la clôture des communaux, où une cinquantaine de paysans ont été pendus. Il reste que ces révoltes ont marqué l'émergence du peuple en tant que force politique.

Pour la suite de l'histoire, il faut rappeler que si la nuit du 4 août (1789) libère les paysans de servitudes intolérables, elle ôte également toute limitation à la propriété. Le 26 août, l'article 17 de la Déclaration des Droits de l'homme consacrera la propriété comme un « droit inviolable et sacré dont nul ne peut être privé ». Ce n'est qu'avec la reconnaissance du droit d'association, et grâce aux luttes ouvrières, que se développent à partir de la fin du 19e siècle de nouvelles formes de solidarité : syndicats, coopératives, mutuelles.

Le syndicalisme agricole, toutefois, est largement dessiné, en France, par la toute-puissante FNSEA dont les racines plongent dans l'extrême-droite et le régime de Vichy, et qui s'est toujours compromise dans la cogestion avec le pouvoir en place. A partir des années 1965-1967, certains syndicalistes vont analyser les conflits de la France rurale en termes de lutte des classes – les travailleurs-paysans. Estimant que les industries agroalimentaires et les « coopératives » contribuent à l'exploitation et à la prolétarisation des paysans qui doivent augmenter constamment le volume de leur production afin de préserver leurs revenus, ils prônent une alliance avec les ouvriers (ils lutteront d'ailleurs aux côtés des salariés dans les conflits de Lip et du Joint français).

Au niveau international, Via Campesina coordonne les luttes de plus de 70 organisations de paysans, de travailleurs agricoles, de femmes rurales, de communautés indigènes provenant des cinq continents avec des objectifs tels que l'amélioration des conditions de vie, la participation des femmes à la vie politique, sociale, économique, la souveraineté alimentaire, la propriété collective de semences, la protection de l'environnement...
accaparement-des-terres-resistance.jpg
Aujourd'hui, les luttes n'ont pas nécessairement faibli : au Mexique, au Brésil, au Chili, au Honduras, des populations se battent pour récupérer et occuper de bonnes terres cultivables, être reconnus en tant que peuples, disposer d'un territoire autonome. Mais les moyens dont dispose l'adversaire sont devenus considérables : ressources financières, pouvoir médiatique, renforcement de la propriété intellectuelle, protection juridique, brevets sur les logiciels ou sur les inventions, recours à l'armée. Le capitalisme investit tous les domaines. L'aspect le plus grave est sans doute le fait que les firmes biotechnologiques visent le monopole de la production de semences en lançant sur le marché des espèces dont elles détiennent les brevets. Or cette course aux brevets est l'aboutissement d'un processus qui a débuté, on l'a vu, il y a cinq siècles, celui de l'appropriation et de la privatisation des écosystèmes, de la biosphère. De la propriété privée des moyens de production à celle des moyens de reproduction,  la boucle est bouclée !

Concernant la terre, qui forme le bien le plus ancré dans la propriété privée, tous ces combats buttent sur le foncier. Si les populations paysannes ont su arracher des réformes agraires, c'est parce que le souci des dirigeants était le maintien de la paix sociale. Mais chaque fois, les gouvernements ont été contraints d'enclencher des contre-réformes agraires sous la pression des gros propriétaires, du néolibéralisme, du capitalisme financier. Dans les pays pauvres, les programmes d'ajustement structurel ont signifié la fin du soutien des Etats au secteur agricole vivrier au profit du secteur agro-exportateur. Cette situation se prolonge aujourd'hui avec l'appropriation massive des terres agricoles à des prix dérisoires. La collusion entre les Etats et le capitalisme doit apparaître clairement.

Tant que les mouvements de lutte se limiteront à exiger des négociations sur la sécurité alimentaire, des mécanismes d'intervention sur les marchés, un moratoire sur les investissements à grande échelle dans le foncier ou sur les OGM, les paysans continueront à mourir sous les balles ou à se suicider, acculés à la faillite et à la misère. Les peuples n'auront que ce qu'ils prendront.

Chacun sait pertinemment qu'aucun gouvernement ne mettra en œuvre une réelle réforme agraire dans l'égalité. Et de toutes façons, l'égalisation d'un jour ne serait que le point de départ d'une nouvelle course à l'inégalité des fortunes. Même à dose homéopathique, le capitalisme est mortel. C'est la raison pour laquelle Gracchus Babeuf, partisan de l'égalité sociale et de la propriété collective, s'était opposé à la réforme agraire après la révolution : « La loi agraire, ou le partage des campagnes, fut le vœu instantané de quelques soldats sans principes, de quelques peuplades mues par leur instinct plutôt que par la raison. Nous tenons à quelque chose de plus sublime et de plus équitable, le Bien Commun ou la communauté des biens ! Plus de propriété individuelle des terres : la terre n'est à personne. Nous réclamons, nous voulons la jouissance communale des fruits : les fruits sont à tout le monde. » (Manifeste des Egaux)

Comme le soulignait Proudhon, la propriété est le problème « le plus grand que puisse se proposer la raison, le dernier qu'elle parviendra à résoudre. » Pour y parvenir, non seulement les populations ne pourront compter que sur leurs propres forces, mais il faudra que ces forces soient décuplées : courage, volonté, détermination pour privilégier la coopération par rapport à l'individualisme. Rien moins que d'inverser le cours de l'histoire. La mise en commun des terres et leur gestion collective, c'est ce qu'une partie du peuple espagnol avait osé faire pendant la Révolution de 1936. Alors pourquoi ne pas suivre cet exemple ?

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 23:58

Salut,

des nouvelles fraîches et plein d'activités pour renverser le vieux monde !
En attendant, c'est le site fédéral de la fédération anarchiste qu'on essaie de rouvrir... grrmmmlll... Il a subi une nouvelle attaque, semble-t-il... En revanche, celui de Radio libertaire fonctionne ainsi que celui du Monde libertaire. L'hebdo reprend d'ailleurs semaine prochaine. Notez qu'au forum social de Séné, le samedi après midi (28 janvier), à la table ronde sur l'indépendance des médias, interviendra (entre autres) Stéphane T : ex-administrateur de l'hebdomadaire de la Fédération anarchiste Le Monde libertaire, auteur d'articles (notamment sur la question carcérale), actuel administrateur des Editions du Monde libertaire et activiste de la scène underground anarcho-punk, le tout à titre militant et bénévole !

Spécial copinage : Appel à soutenir la Maison Commune Autogérée de Ker Béthanie (Ile de Groix) : http://groix.revolublog.com/appel-a-soutenir-la-maison-commune-autogeree-de-ker-bethanie-a30217434
mais aussi à leur rendre visite. L'accueil est symp@thique !!

D'ici la fin de semaine sur le blog anars 56, paraîtra le texte introductif de Jean-Pierre Tertrais sur "l'accaparement des terres par l'agriculture industrielle" de vendredi dernier à Vannes. Et plus tard, la version filmée de la soirée.

En film, on a aimé "Tous au Larzac" de Christian Rouaud et on nous a dit beaucoup (beaucoup !) de bien "Des nouveaux chiens de garde" de Gilles Balbastre et de "Squat la ville est à nous" de Christophe Coelo. Pour ce dernier, on va d'ailleurs essayer d'organiser une ou 2 projection(s) dans le Morbihan...

Comme d'hab', les nouveautés débutent par *
et aussi : le groupe libertaire Lochu - Ferrer & la FA 56 ne se reconnaissent pas nécessairement en intégralité dans chaque rendez-vous signalé par cet agenda.

@narchas salutations,

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Jeudi 19 janvier - Lanester - Projection du documentaire de 2009 "Cheminots" (dépeçage de ce service public SNCF par les volontés gouvernementales), suivie d'un débat animé par Jean-Luc Peltier secrétaire du CE des cheminots de Rennes. - Soirée organisée par l'ALID - 20h30 - Salle “TAM-TAM” de la médiathèque

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Jeudi 19 janvier - Morlaix (29) - Conférence gesticulée "Rurals ou la convergence des rustres" de et par Hervé Chaplais - 20H30 - JP’Restobar (Coat congar)

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* Jeudi 19 janvier - Trégunc (29) - Rendez-vous du peuple de l'eau, secteur Sud-Cornouaille organisé par Eaux et rivières de Bretagne : De Moëlan et ses poulaillers à Fouesnant et ses algues-vertes - Salle municipale 18h30 - 20h30

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* Jeudi 19 janvier - Rennes - Fest noz contre les fascistes avec PLANTEC (electro-rock), HIKS (drum’n’Breizh), IMG (ska punk reggae gallo), IVAN RAJALU (trad), TRIO DES CHAMPS (trad) - Salle de la Cité. 10, rue St-Louis. 20h - PAF : 5 euros. Organisé par General Strike en association avec CNT35 et IMG.

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* Jeudi 19 janvier - Rochefort-en-Terre - Café de la Pente - Animation autour de la monnaie libre : nous n’avons pas forcément tous des euros, mais nous avons tous des richesses. Ces richesses, nous pouvons les exprimer, les mesurer et les échanger au moyen d’autres unités que l’argent. C’est le rôle des monnaies libres. Autrement dit, vous aurez la possibilité de manifester votre générosité dans des monnaies libres. Comment un collectif prend conscience de ses richesses ? Comment passer de l’économie contrôlée par quelques uns à l’économie organisée par tous ? Proposée et réalisée par Fabienne F. et Sylvie M. - 19h

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* Jeudi 19 janvier - Vannes - Assemblée générale des indigné-e-s - 18h30 Esplanade du port

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Vendredi 20 janvier - Vannes - Conférence débat "Accaparement des terres dans les pays du sud" par Gustave Massiah (altermondialiste, ingénieur et économiste.  Ex président du Centre de recherche et d’information pour le développement. Auteur de plusieurs ouvrages sur l'altermondialisme) - 20h30 - IUT - 2ème conférence du FSL 56

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* Vendredi 20 janvier - Augan (56) - Café coopératif le champ commun - 21h Concert avec Gueules d'Aminche et leur pays imaginaire, aussi mythique que l'Atlantide, plus légendaire et libertaire que l'île d'Utopia. Autour d'un accordéon, d'une guitare et d'une contrebasse :  Gueules d'Aminche vient te chanter ses histoires intemporelles comme si le monde allait finir demain. Swing, guinguette, chanson française avec un zeste d'esprit manouche. http://www.myspace.com/gueulesdaminche

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* Samedi 21 janvier - Augan (56) - Café coopératif le champ commun - 17h : débat "La coopération, l’entraide, la mutualisation… dans le milieu rural, son agriculture, ses partisans, mais aussi sa culture et ses artisans", en compagnie des associations la Marmite (56) et MRJC (22). 21h: Soirée Boeuf - Parlottes : chansons !
 
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Du samedi 21, 10h, au dimanche 22 janvier, 18h - Week-end de formation à l’action non-violente à Clohars-Carnoët (29) avec des militants des Désobéissants ! Un aperçu des stages des Désobéissants (2mn 50s) :
http://www.dailymotion.com/video/x3dbs1_desobeir_news
Exemple d’une des techniques qui sera enseignée dans ce stage :
http://www.dailymotion.com/video/x8wp15_un-stage-de-resistance-par-les-deso_news#from=embed

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* Lundi 23 janvier - Rennes - Soutien aux personnes arrêtées à Poitiers pour avoir chercher à manger dans des poubelles et qui passent en procès ce lundi - Ramenez vos récups pour organiser un grand marché gratuit sur cette place. Si la météo le permet nous partagerons une soupe 100% poubelle à la santé des poitevins et à la barbe des poulets. 14h, place du Colombier. Infos : http://www.rennes-info.org/Guerre-aux-pauvres

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* Mardi 24 janvier - Inzinzac-Lochrist (56) - Cinéma le Vulcain : La source des femmes (comédie dramatique) : Un village entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Leila, jeune mariée propose aux femmes de faire la grève de l’amour : plus de câlins tant que les hommes n’apportent pas l’eau au village… Soirée avec discussion organisée en collaboration avec le comité de jumelage avec le Mali. 5€ dont 1€ pour le comité. 20h30.

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* Mardi 24 janvier - Nantes - Projection du film documentaire (54') "Le Déménagement" (sur le transfert de prisons... et qui heurte l'administration pénitentiaire), suivie d'une discussion avec la réalisatrice et les producteurs - 20h45 - Cinéma le CONCORDE (79 Bd de l'Egalité) - Organisée par Le collectif Au pied du mur. Infos : http://nantes.indymedia.org/article/24970

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* Mercredi 25 janvier - Auray - Disparition des abeilles : 17h lecture et dédicace du livre de Natacha Calestrémé "Le testament des abeilles", librairie Vent de soleil (rue du château) -  20h30 : Cinéma les Arcades, projection-débat autour du film "Disparition des abeilles - la fin d'un mystère" en présence de la réalisatrice Natacha Calestrémé. Organisé par l'association "Mordus de Nature"

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* Jeudi 26 janvier - Ploërmel - Infos et débat :  Pour une agriculture bien dans notre assiette : Que voulons-nous manger demain ? Quels impacts sur notre agriculture et nos territoires ? Quels enjeux demain pour la Politique Agricole Commune 2013 ? - 20h Lycée La Touche - Coorganisé par Confédération Paysanne du Morbihan et l'association Polen - Entrée libre

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Du vendredi 27 au dimanche 29 janvier - Séné & Vannes - Forum social centré sur 3 thèmes : les médias, le lobbying, l'accaparement des terres - Programme complet : http://fsl56.org/2012/programme_detaille  - Restauration bio et végétale à prix libre par la cuisine Schrmutz - Garderie - Intiation à l'espéranto - Toilettes sèches - Install party (linux, logiciels libres...)

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* Vendredi 27 janvier - Nantes - Rencontre sur le système des retraites par la CNT Nantes : Histoire du système par répartition ; son démantèlement ; le mouvement de 2010 ; les perspectives de lutte - 20h30 - Local B17 (17 rue Paul Bellamy)

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Samedi 28 janvier - Lorient - 17h30 : Manifestation devant la sous-préfecture du Collectif un toit pour tous : contre le scandale de la privation de logement, du mal-logement et des expulsions locatives - A partir de18h30, Place Paul Bert (rue du port) : soupe solidaire et animation musicale. Infos : http://untoitpourtous.net/

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* Lundi 30 Janvier - Rennes - Film documentaire : Black Power Mixtape (Goran Olsson – 2011-1H33min) : Retrace l'évolution du mouvement Black Power de 1967 à 1975 au sein de la communauté noire : musique, reportages et interviews d'artistes, activistes ou musiciens. Intervenant : Tom Van Eersel (FR) : journaliste et historien qui a travaillé deux ans sur le Black Panther party. Institut Franco-américain - 7 quai Chateaubriand - 20h-22H30  -  Gratuit - Réservation : 02-99-79-89-23 ou biblio@ifa-rennes.org
http://www.dooinit-festival.com/blackhistorymonth/index.html

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* Mardi 31 Janvier  - Rennes - Documentaire : Les Black Panthers (Court-métrage franco-américain d'Agnès Varda, 1968, 28 min) : manifestation de militants du Black Panther Party exigeant la libération d'un de leurs leaders, Huey Newton. Intervenante : Kathleen Cleaver (USA) : ancienne membre et secrétaire de la communication du black panther party, elle participe activement a la lutte des droits de l'homme. Elle fait partie d'un réseau de lutte contre le racisme. Elle enseigne l'éthique juridique, contentieux et délits ainsi que l'histoire juridique américaine sur le droit de la citoyenneté et la race et le mouvement des femmes pour la liberté noire - Le Tambour (Rennes2) Place du recteur Henri Le Moal - 19h - 21h30  -  2 € http://www.dooinit-festival.com/blackhistorymonth/index.html

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Mardi 31 janvier - Inzinzac-Lochrist - Cinéma le Vulcain, projection du film "Y'a pire ailleurs", 3ème volet de la trologie sur le village de Najac (12) où "on vit la vie, on la sent, on crée un peu et on transforme tout" - 20h30 - en présence de Jean-Henri Meunier, réalisateur

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Mercredi 1er février - Vannes - Cercle de silence de soutien aux sans-papiers et contre les expulsions - Esplanade du port - De 18h30 à 19h30

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* Lundi 13 février - Nantes - Rassemblement de soutien aux inculpé-e-s du 1er décembre à Nantes (opposé-e-s à l'aéroport NDDL)

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Samedi 18 février - Guidel - Concert punk & @narko-punk de soutien pour que le PRIX LIBRE dure avec des groupes de Bretagne : Chas Gourlen, AC/Déçus, The Flue Sniffers, Urban Attack, Kabal... la révolte - ZA Pen Mané - Orga : Total des accords - Prix libre bien sûr !

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Mardi 28 février - Quimperlé - Cinéma la Bobine "Tous au Larzac", Documentaire : une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Dix ans de résistance, d'intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. 20h30 en présence du réalisateur Christian Rouaud.

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* Du lundi 5 au samedi 10 mars - Dans les lieux habités de la ZAD (NDDL 44) - Semaine de rencontres interluttes, inter-squats autour de l'espace, des lieux autogérés : urbanisation, luttes rurales, résistance aux expulsions-répressions...

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* Mercredi 7 mars - Vannes - Cercle de silence de soutien aux sans-papiers et contre les expulsions - Esplanade du port - De 18h30 à 19h30

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* Samedi 24 mars - Nantes - Manifestation pour l'arrêt immédiat de l'aéroport (NDDL)

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Jeudi 5 avril - Auray - Théâtre, spectacle Sacco et Vanzetti, de Dau et Catella - Centre Culturel Athéna - 20h30 - de 8,90 à 15,6 euros

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* Du lundi 2 au samedi 7 avril - Zad (NDDL 44) - Semaine artistique (concerts, ateliers, poésies, marionnettes)

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Samedi 7 avril - Lorient - Journée libertaire "Unissons nos cultures" au Galion avec en concert des groupes anarko-punks de Bretagne : Mauvaise Graine, Chas Gourlen, Bakounine + Sound System tekno + hip-hop + percussions africaines + guest... - Orga : ZAW

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* Du lundi 9 au dimanche 15 avril - Zad (NDDL 44) - Semaine d'échanges et de partages de savoirs

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Du vendredi 11 au dimanche 13 mai - Paris 4ème - Salon du livre libertaire aux Blancs-Manteaux : http://salonlivrelibertaire.radio-libertaire.org/spip.php?rubrique15

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 21:15

Reçu de Pièces et Main d'Oeuvre

 

L’Enfer Vert – Un projet pavé de bonnes intentions” est une étude claire, concise, précise, de la société que nous préparent les écolo-technocrates à partir du cas de Lille Métropole.

L’auteur, Tomjo, rédacteur au journal lillois La Brique, n’était pas né quand Ivan Illich, André Gorz, Bernard Charbonneau, parmi d’autres penseurs de l’écologie politique, mettaient en garde leurs lecteurs contre l’émergence d’un techno-fascisme vert afin de rationaliser et “d’optimiser” la gestion du monde résiduel, en proie à l’effondrement écologique et social.
Ils nous l’avaient pourtant bien dit dans “La convivialité” (1973), “Ecologie et liberté” (1977), ou “Le feu vert” (1980), dont Tomjo cite les plus lucides et cruelles prophéties.

“... Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par des ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. C’est l’option techno-fasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés.” (Ecologie et liberté, 1977)

On sait que les écotechs Verts se présentent - à juste titre – comme les meilleurs gestionnaires du système, les plus compétents, les plus experts candidats à la direction de ce Green New Deal qu’ils revendiquent. Bref, la meilleure et peut-être l’ultime chance d’un capitalisme reverdi. Et c’est d’ailleurs une opinion répandue en Allemagne, en Suisse, en Autriche, où leurs représentants, bac +7 et CSP+, fringants ingénieurs, voraces et ivres de bonne conscience, nouent des alliances “décomplexées” et accèdent au pouvoir local ou national. En France, depuis les dernières élections régionales et grâce à la mise en place d’une machine électorale enfin rôdée aux manigances politico-financières, leur bureaucratie ne ne tient plus en vue des postes ministériels, administratifs, de sénateurs ou de députés, si longtemps convoités. Il n’est pas jusqu’à la catastrophe de Fukushima qui ne serve leurs appétits, lorsque dans leurs négociations avec la sociale-technocratie du PS, ils bradent la fermeture des centrales nucléaires contre un supplément de députés.

Ce que l’on découvre dans “L’Enfer Vert”, c’est :

1) le détail historique de cette intégration des Verts au pouvoir local des années 1970 à nos jours - et ce qui vaut pour Lille Métropole vaut bien sûr pour Grenoble, le Sillon Alpin, Rennes ou Paris ;

2) l’extrémisme de leur idéologie technocratique. Les Verts ne se contentent pas de verdir de communication niaise l’édification de la méga-technopole lilloise. Sous couvert de bonne gestion, ils sont à l’avant-garde de la technocratie, toutes tendances confondues, pour imposer de nouvelles infrastructures adaptées au trafic de masse et de marchandises - train, canal, gares et quartiers d’affaires -, pour détruire les derniers lambeaux de nature, pour fortifier la liaison recherche-pouvoir-indutrie (textile) nécessaire à la croissance.

Mais ils font pire. A Lille, aujourd’hui, les Verts implantent la police totale des RFID, les puces électroniques communiquantes, dans les transports, les bibliothèques, les piscines, les cinémas, les cantines, etc, via une “Carte de vie” qui servira à la traçabilité et au profilage de ses porteurs. Sous prétexte de “sauver la planète et les générations futures”, les Verts enrobent de tout leur discours “écologiste” l’édification de la “technopole intelligente”, “smart city”, “ville ubiquitaire”, “augmentée”, dont IBM leur a vendu le projet (voir “L’Industrie de la contrainte”, Pièces et main d’oeuvre, éditions l’Echappée, 2011).

S’il ne servait qu’à cela, ce livre aurait au moins le mérite d’alerter les Lillois sur leur futur d’hommes-machines sous pilotage du macro-système électronique de leur ville-machine.

Et une fois de plus, ce qui vaut pour Lille vaut pour toutes les technopoles et métropoles.

Pour lire “L’Enfer Vert” : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=352
Pour commander le livre (5 €), écrire à badaboum_editions[AT]yahoo.fr
Pour la liste des points de vente : http://hors-sol.herbesfolles.org/2011/12/09/sortie-du-livre-lenfer-vert-enquete-sur-lecolo-technocratie-lilloise/

 


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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 17:29

Relais d'un appel des précaires et chômeurs-chômeuses en lutte et des indigné-e-s (même si on ne s'y reconnaît pas à 100 %)

 

A la veille du "sommet de l'emploi", le 17 janvier 2012, occupons Pôle Emploi.


Le gouvernement se refuse à écouter les mouvements des chômeurs et précaires, qui demandent le “droit d’obtenir un emploi digne” ou à défaut “un revenu décent qui permette à tous de vivre dignement.”

- STOP aux diminutions d’indemnités, aux suppressions et aux refus d’allocations
- STOP aux radiations et aux sanctions de Pôle emploi
- STOP aux contrôles abusifs et convocations multiples
- STOP aux retards de traitement des dossiers à Pôle emploi
- STOP au travail gratuit au travers des EMTPR
- STOP au STO de 7 heures de travail dues par un bénéficiaire du RSA
- STOP aux CDI intérimaires qui sont des contrats de précarité à vie
- STOP aux contrats précaires CDD, CUI, CAE
- STOP à la stigmatisation des sans emplois et aux discriminations
- STOP à la dématérialisation des contacts entre Pôle emploi et les chômeurs
- STOP à l’accueil collectif des chômeurs
- STOP à toutes les précarités ( logement, santé, retraite, handicap,……. )

Le 18 janvier, lors de son « sommet pour l’emploi », le gouvernement se prépare à mettre tout le monde à genoux en imposant aux travailleurs des logiques libérales par une flexibilité et une annualisation du temps de travail à outrance : CDD de 30 mois ou CDI intérimaire, chômage partiel facilité, modulation à la carte du temps de travail avec baisse de
salaire… Bref, une légalisation du chantage à l’emploi et du « Gagner moins pour continuer à travailler », sous prétexte de résoudre « leur » crise ! Le gouvernement Sarkozy nous invite tous à partager le chômage au lieu de partager le travail.
Chômeurs, précaires, salariés, nous sommes tous concernés ! Gérer l’exclusion, ce n’est pas la combattre. Précariser le salariat, ce n’est pas lutter contre le chômage.

- POUR un plein emploi qui partage le travail entre tous sans baisse de revenu.
- POUR la réduction du temps de travail.
- POUR une augmentation générale de tous les revenus.

NOUS SOMMES MOBILISES !

Le développement du rapport de force qui doit nous permettre de regagner nos droits sociaux et de vivre dignement, dépend de chacun d’entre nous. Date de la fin de l’événement indéterminée : on occupera jusqu'à gain de cause !

 

La dignité d’un seul homme ne s’aperçoit pas, mais la dignité de milliers devient un combat

 

Les rendez-vous en Bretagne :


Brest : à partir de 8h30, occupation de Pôle Emploi Océan : pôle emploi BREST MARINE, 130 rie Ernest Hemingway

Pontivy : à partir de 8h30 Rdv 1 rue Kristen Noguès

 

Nantes : 11h Place Royale

 

Quimper : Pôle Emploi - 19 Avenue Ti Douar - Rrdv 9h30 sur place, prévoir à manger, prévoir des déguisements, des
instruments, des idées de sketches...

 

Redon : 9h devant l'agence Pôle emploi

 

Rennes : rdv le mardi 17 janvier à 9h30 à la station de métro république.


Blog officiel : http://occupons-pole-emploi.blogspot.com

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 14:05

Cet article est paru dans la revue Anarchosyndicalisme n° 127 de la section Toulouse de la CNT-AIT, sous le titre "Algérie". Il synthétise, à nos yeux, les causes et conséquences humaines, sociales et économiques de la colonisation de l'Algérie par l'Etat français... Il peut là aussi être constaté une forme d'accaparement des terres.

 

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ALGERIE

Pendant plus de trois siècles, l’État français s’est employé, sous des prétextes divers, à conquérir de nouveaux territoires sur tous les continents. Au début du XXe siècle, la France régnait sur un véritable empire. Aujourd’hui, il ne reste de cet empire colonial que des souvenirs que certains, nostalgiques d’une prétendue grandeur, voudraient faire revivre. A les entendre évoquer le dévouement des colons, la noblesse des militaires, l’humanité des religieux, tous au service de « l’œuvre civilisatrice de la France, pays des droits de l’Homme », on pourrait croire que l’entreprise colonisatrice française fut une entreprise désintéressée, exclusivement à but humanitaire.

 

Soucieux de s’attirer les bonnes grâces de ce public, le gouvernement a, le 23 février 2005, publié une loi qui exprime la reconnaissance de la nation « aux hommes et aux femmes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements d’Algérie...  ». Pourtant, malgré ce que cette loi unilatérale voudrait nous faire croire, la colonisation ne s’est pas faite dans un but philanthropique. Cécil Rhodes, véritable prophète anglais du colonialisme, affirmait crûment : « Nous devons trouver de nouvelles terres où nous procurer facilement des matières premières et exploiter en même temps la main-d’œuvre servile à bon marché fournie par les indigènes ». En résumé, l’entreprise coloniale n’a eu pour objectifs que la conquête de nouveaux territoires afin d’exploiter leurs richesses naturelles, dominer les populations au besoin par la force, créer de nouveaux débouchés pour les industries du pays colonisateur et résoudre partiellement la question sociale (les territoires conquis devenant des lieux de bannissement pour les exclus, révoltés...). En niant ces faits historiques, en affirmant uniquement les aspects positifs de la colonisation, les promoteurs de cette loi se comportent comme les défenseurs du colonialisme au XIXe siècle. Ainsi, lors des débats à la Chambre des députés les 28 et 30 juillet 1885, le ministre Jules Ferry déclara : « Il y a un second point, un second ordre d’idée que je dois aborder, c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question (…) Il faut dire ouvertement qu’en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (murmures). Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles ; elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ». Remarquons que, en prétendant donner à la colonisation de nobles objectifs, le père de l’instruction publique française, défenseur acharné du colonialisme, par ailleurs auteur de la formule « Les droits de l’Homme n’ont pas été écrits pour les nègres d’Afrique Equatoriale  », affichait ouvertement son racisme.

 

Parmi toutes les colonies françaises, l’Algérie fut certainement la plus importante, celle où vinrent s’installer le plus grand nombre de colons, celle qui bénéficia de la plus grande attention de la part du pouvoir. La conquête (de juillet 1830 à 1857) fut d’une sauvagerie extrême : exécutions sommaires, destructions de villages, tortures, enfumages. Le lieutenant-colonel de Montagnac écrit ainsi le 15 mars 1843  : « Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé sans distinction d’âge ni de sexe : l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied... ». Selon les historiens, presque 30 % de la population périt dans cette période des conséquences directes ou indirectes de la guerre. Par la suite, de nombreuses révoltes, aussi sauvagement réprimées, émaillèrent l’histoire de l’Algérie coloniale.

 

Les défenseurs du colonialisme mettent au compte de la colonisation, le développement des infrastructures : routes, ponts, ports, villes. Mais ils ne posent pas la question : au profit de qui  ?

 

Car en fait, deux populations vivaient en Algérie, d’un côté la population algérienne (90 % du total) dont le statut était strictement défini par le code raciste de l’indigène (un indigène n’était pas citoyen français et il lui était quasiment impossible de le devenir), de l’autre la population des colons, d’origine européenne (après 1881, n’importe quel européen émigrant en Algérie acquérait automatiquement la citoyenneté française). La quasi totalité des richesses, l’industrie, les mines, les banques, les commerces appartenaient aux colons qui constituaient moins de 10 % de la population. Dans l’agriculture, 3 % de la population possédait plus de 30 % des terres ; les meilleures.

 

Autre point mis en avant par les défenseurs du colonialisme : l’œuvre éducatrice de la France. Laissons parler les chiffres. En 1956, cent ans après la fin de la guerre de colonisation ; 85 % de la population algérienne était analphabète. Au total, à peine 500 instituteurs d’origine algérienne furent formés en 130 ans de colonisation ! Dans son ouvrage « La nuit coloniale », Ferhat Abbas, ancien président du GPRA écrit : « Nous étions en 1956, une vingtaine de pharmaciens, 75 médecins, 400 instituteurs, 3 ingénieurs  ». Sur les 5 500 étudiants inscrits à l’université algérienne, on comptait environ 500 étudiants algériens (pour 8 millions d’habitants) et 5 000 étudiants européens (pour un peu plus d’un million d’habitants). En 1954, il y avait un étudiant pour 15 842 « indigènes » et un étudiant pour 227 européens. Soit plus qu’en métropole où le ratio était d’un étudiant pour 300 habitants. Ces chiffres parlent mieux que de longs discours et disent la vraie nature de la société coloniale.

 

Aujourd’hui, dans une véritable entreprise révisionniste, des politiciens habiles n’hésitent pas à falsifier la vérité historique pour flatter leurs électeurs, créer des haines parmi les exploités, les opposer les uns aux autres. Il est donc essentiel de dire ce que fut « l’œuvre civilisatrice de la France dans les colonies ».

 

 

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:48

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 23:45

Salut,
c'est reparti pour les agendas !
N'oubliez notre prochaine conférence-débat : vendredi 13 janvier, au Palais des Arts de Vannes, avec Jean-Pierre Tertrais (écologiste depuis les années 70, anarchiste depuis les années 90 et auteur de nombreux écrits sur la décroissance libertaire), sur le sujet de "l'accaparement des terres par l'agriculture industrielle". Entrez libres ! Faites tourner. Nos prévisions d'affichages sont contrariées par la météo, alors on ne refuse pas le coup de main pour le transfert des messages via le net !!!
Ce sera la conférence d'ouverture du Forum social 2012 de Séné-Vannes dont le programme détaillé est là : http://fsl56.org/2012/programme_detaille Y'a de chouettes trucs. Il se dit même qu'un ancien administrateur du Monde libertaire (l'hebdo de la FA) interviendra dans la table ronde sur les médias de samedi après-midi ;-)

Le hors-série d'hiver du Monde libertaire est présent en kiosque jusqu'au 22 février 2012. Mais profitez qu'il vous reste peut-être quelques étrennes pour l'acquérir dès à présent. Pas sûr qu'il y en ait pour tout le monde ! Vous pouvez toujours vous rabattre sur le site du journal : http://www.monde-libertaire.fr/

Le site de la fédération anarchiste a subi (probablement) une attaque informatique hier. Il a du être désactivé... Tout n'est pas encore régularisé mais ne soyez pas surpris-es du non fonctionnement temporaire. Radio libertaire n'est écoutable qu'en podcast pour le moment : http://media.radio-libertaire.org/php/grille.php

Du côté de Nantes, vous pouvez faire le plein d'infos avec Indymédia : http://nantes.indymedia.org/colonne_centrale et sur Rennes avec Rennes infos : http://www.rennes-info.org/

Sur Nantes, il existe un nouveau groupe de la fédération anarchiste, voici son blog : http://fa-nantes.over-blog.com/

Face au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (44), les habitants et habitantes de la ZAD (zone à défendre), bien qu'ils/elles soient menacé-e-s d'expulsion, proposent plein d'initiatives : http://zad.nadir.org/

@narchas salutations,
le groupe libertaire Lochu - Ferrer & la FA Vannes - Lorient

- Les nouveautés par rapport aux précédents envois débutent par *
- Précision toujours utile : nous ne nous reconnaissons pas obligatoirement dans l'intégralité de ces rendez-vous...

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* Mercredi 4 janvier - Vannes - Cercle de silence de soutien aux sans-papiers et contre les expulsions - Esplanade du port - De 18h30 à 19h30

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* Samedi 7 janvier - Lorient - Théâtre avec la Chimère "Démocratie en pièces ?" - 7 histoires qui nous rappellent combien il est nécessaire de connaître l’Histoire pour déceler les risques de différentes formes de totalitarismes aujourd’hui ; avec les armes du rire, de la dérision, de l’émotion et le poids des mots - 20h30 - Cité Allende, salle audiovisuelle - De 6€ à 11€

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* Dimanche 8 janvier - Lorient - Théâtre avec la Chimère "Démocratie en pièces ?" - 7 histoires qui nous rappellent combien il est nécessaire de connaître l’Histoire pour déceler les risques de différentes formes de totalitarismes aujourd’hui ; avec les armes du rire, de la dérision, de l’émotion et le poids des mots - 16h - Cité Allende, salle audiovisuelle - De 6€ à 11€

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* Jeudi 12 janvier - Questembert - Cinéma Iris "Tous au Larzac", Documentaire de Christian Rouaud : une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Dix ans de résistance, d'intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. 20h15 - Avec les témoignages de Léon Maille et de René Bodiguel. Organisé par la Confédération paysanne 56

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Vendredi 13 janvier 2012 - Vannes - Conférence débat  "L'accaparement des terres par l'agriculture industrielle" (en préambule du forum social de Séné des 27-28-29 janvier), avec Jean-Pierre Tertrais, militant écologiste depuis les années 70, anarchiste depuis les années 90 et auteur de nombreux écrits sur la décroissance libertaire - 20h30 - Palais des Arts - Entrez libres !

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* Du vendredi 13 au dimanche 15 janvier Vannes - L'association végétarienne de France http://www.vegetarisme.fr/agir.php?content=agir_actions_detail&action=1482 sera au salon Respire la Vie. Nombreuse documentation sur le stand, conférence le dimanche sur les bienfaits du végétarisme pour votre santé et 2 ateliers de cuisine végétarienne par jour ! N'hésitez plus !

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* Mardi 17 janvier - Quimperlé - Ciné-débat dans le cadre du Festival Taol Kurun, dont le thème est Vivre et travailler au pays. 2 films-documentaires au programme : N'o doa eost ebet, sur les Bretons de st Denis 26 mn, et Années 70 (52 mn). 20h30

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* Jeudi 19 janvier - Lanester - Projection du documentaire de 2009 "Cheminots" (dépeçage de ce service public SNCF par les volontés gouvernementales), suivie d'un débat animé par Jean-Luc Peltier secrétaire du CE des cheminots de Rennes. - Soirée organisée par l'ALID - 20h30 - Salle “TAM-TAM” de la médiathèque

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* Jeudi 19 janvier - Morlaix (29) -  Conférence gesticulée "Rurals ou la convergence des rustres" de et par Hervé Chaplais - 20H30 - JP’Restobar (Coat congar)

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* Vendredi 20 janvier - Vannes - Conférence débat "Accaparement des terres dans les pays du sud" par Gustave Massiah (altermondialiste, ingénieur et économiste.  Ex président du Centre de recherche et d’information pour le développement. Auteur de plusieurs ouvrages sur l'altermondialisme) - 20h30 - IUT - 2ème conférence du FSL 56

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Du samedi 21, 10h, au dimanche 22 janvier, 18h - Week-end de formation à l’action non-violente à Clohars-Carnoët (29) avec des militants des Désobéissants ! Un aperçu des stages des Désobéissants (2mn 50s) :
http://www.dailymotion.com/video/x3dbs1_desobeir_news
Exemple d’une des techniques qui sera enseignée dans ce stage :
http://www.dailymotion.com/video/x8wp15_un-stage-de-resistance-par-les-deso_news#from=embed

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* Du vendredi 27 au dimanche 29 janvier - Séné & Vannes - Forum social centré sur 3 thèmes : les médias, le lobbying, l'accaparement des terres - Programme complet : http://fsl56.org/2012/programme_detaille  - Restauration bio et végétarienne à prix libre - garderie

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* Samedi 28 janvier - Lorient - Manifestation du Collectif un toit pour tous pour le « Droit à un logement décent pour tous »

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* Mardi 31 janvier - Inzinzac-Lochrist - Cinéma le Vulcain, projection du film "Y'a pire ailleurs", 3ème volet de la trologie sur le village de Najac (12) où "on vit la vie, on la sent, on crée un peu et on transforme tout" - 20h30 - en présence de Jean-Henri Meunier, réalisateur

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* Mercredi 1er février - Vannes - Cercle de silence de soutien aux sans-papiers et contres les expulsions - Esplanade du port - De 18h30 à 19h30

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*  Samedi 18 février - Guidel - Concert punk & @narko-punk de soutien pour que le PRIX LIBRE dure avec des groupes de Bretagne : Chas Gourlen, AC/Déçus, The Flue Sniffers, Urban Attack, Kabal... la révolte - ZA Pen Mané - Orga : Total des accords - Prix libre bien sûr !

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* Mardi 28 février - Quimperlé - Cinéma la Bobine "Tous au Larzac", Documentaire : une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Dix ans de résistance, d'intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. 20h30 en présence du réalisateur Christian Rouaud .

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Jeudi 5 avril - Auray - Théâtre, spectacle Sacco et Vanzetti, de Dau et Catella - Centre Culturel Athéna - 20h30 - de 8,90 à 15,6 euros

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* Samedi 7 avril - Lorient - Journée libertaire "Unissons nos cultures" au Galion avec en concert des groupes anarko-punks de Bretagne : Mauvaise Graine, Chas Gourlen, Bakounine + Sound System tekno + hip-hop + percussions africaines + guest... - Orga : ZAW

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* Du vendredi 11 au dimanche 13 mai - Paris 4ème - Salon du livre libertaire aux Blancs-Manteaux : http://salonlivrelibertaire.radio-libertaire.org/spip.php?rubrique15

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 20:49

En préambule du Forum social local de Vannes-Séné des 27-28-29 janvier 2012, le groupe libertaire Lochu accueille Jean-Pierre Tertrais (militant écologiste depuis les années 70, anarchiste depuis les années 90 et auteur de nombreux textes sur la décroissance libertaire) pour une conférence-débat "L'accaparement des terres par l'agriculture industrielle", vendredi 13 janvier, au Palais des Arts de Vannes.

Nous reproduisons ci-dessous un article (et tout un tas de liens !) de http://philipperevelli.com qui pose une partie de la problématique, à partir de la situation en Afrique.

 

Mali – Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger

Cliquez sur l’image pour lancer le documentaire de 11 minutes.

JPEG - 75.6 ko

Devenu notable dès l’année 2005, le mouvement mondial d’accaparement des terres arables se poursuit inexorablement. Publié le 14 décembre par la Coalition internationale pour l’accès à la terre, un rapport explore le mode opératoire et les conséquences d’une série d’accords commerciaux conclus entre 2000 et 2010, pour un total de 203 millions d’hectares — une superficie équivalente à huit fois la taille du Royaume-Uni. Ses conclusions sont particulièrement inquiétantes, alors que la hausse des prix alimentaires de base provoque déjà, dans de nombreux pays, des émeutes de la faim :


— parmi les 78% de transactions qui concernent l’agriculture, trois quarts sont liées à des projets de production de biocarburants ;

— les acquisitions visent souvent les meilleures terres, fréquemment irrigables et à proximité des infrastructures, provoquant de nombreux conflits ;

— les élites nationales, souvent impliquées dans ces projets, en tirent des bénéfices personnels tandis que l’Etat, qui accorde des exemptions fiscales, se prive de recettes ; quant aux promesses de création d’emplois ou d’infrastructures, elles sont rarement tenues ;

— dépossédés des terres et des ressources en eau gérées par les régimes coutumiers, les pauvres des zones rurales en sont les premières victimes, au premier rang d’entre eux les femmes ;

— les écosystèmes subissent des transformations à large échelle.


Pour faire face à ce néocolonialisme agricole, qui vise majoritairement l’Afrique, les paysans commencent à s’organiser. Mais rien ne semble pouvoir arrêter la voracité des investisseurs. Le 5 décembre, à Stockholm, l’association GRAIN s’est vu décerner le Right Livelihood Award — le « prix Nobel alternatif » — pour son travail sur le sujet ; pour son coordinateur Henk Hobbelink, « nous assistons à quelque chose qui n’est rien moins qu’une attaque frontale contre la paysannerie mondiale. Ceci ne se produit pas uniquement dans les pays du Sud. Ici, dans l’Union européenne, nous avons perdu trois millions d’exploitations agricoles depuis 2003. Cela équivaut à la perte d’un cinquième de l’ensemble de nos fermes en huit ans seulement. Il devient plus difficile de vivre de la terre et, dans de nombreuses parties du monde, plus dangereux de jour en jour. Les paysans, qui ont nourri le monde pendant des milliers d’années – et le font encore – sont maintenant de plus en plus souvent qualifiés de rétrogrades et d’inefficaces et considérés comme des obstacles au développement. Le message brut est : ils devraient cesser d’exister ».


Au Mali, des accords portant sur plusieurs centaines de milliers d’hectares de terres agricoles de l’Office du Niger ont été signés entre le gouvernement et des investisseurs privés ou publics. Mal informée et rarement consultée, la population subit aujourd’hui les premières conséquences de ces grandes manœuvres foncières…organisées par de grands groupes tels que : Total, AED, Anglogold, Coca Cola, Eskom, Barclays, Hôtels Legacy... et bien d’autres encore !

Réalisé par Philippe Revelli, et produit par le CCFD-Terre Solidaire avec le soutien du Monde diplomatique, le reportage — « Ruée sur les terres irrigables de l’Office du Niger » — ouvre un cycle de webdocumentaires consacrés à la question des terres.

 

Plus d’infos ici : http://www.oaklandinstitute.org/sit... et aussi : http://www.landcoalition.org/sites/...

 

Par http://philipperevelli.com

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 11:18

Le numéro hors série d'hiver est maintenant chez votre marchand de journaux.
Il comporte un long dossier sur le mouvement des Indigné-e-s, au sens large, ici et ailleurs.
Lisez-le, faites-le lire, et soutenez la presse libre et anarchiste en vous abonnant au Monde libertaire !
Notre hebdomadaire, comme tous les ans à la même époque, observe une petite pause. Vous nous retrouverez le 12 janvier prochain.
Bonne lecture, à bientôt, et vive l'anarchie ! 

 

Pour trouver le Monde libertaire, près de chez vous, cliquez ici !

Les articles en blanc sont lisibles en cliquant dessus



ML------Hors-serie-n-43-recto.jpgML------Hors-serie-n-43-verso.jpgActualité

Les marchands de mensonges, par M. Silberstein, page 3

L’assistance sexuelle en question, par H. Hernandez, p7

Entretien avec le sociologue Laurent Muchielli, par V. Rasplus, page 10

Histoire
L’AIT et la rupture Marx Bakounine, par R. Berthier, p13

Dossier : Printemps arabes et indignation mondiale

Où en est la Tunisie ?, par Mohamed, page 17

Retour sur l’indignation espagnole, par R. Pino, page 19

Israël indigné, par P. Sommermeyer, page 22
 
Indignés d’outre-Atlantique, par Stéphane, page 24

Considérations sur "Occupy X", par A. Rowe, page 25

Indignés de Hong-Kong et autres, par Julien, page 27

International
Que devient le Sup Marcos ?, par G. Goutte, page 31

Culture
L’Athénée populaire de Barcelone, par M. Aisa, p 34

Entretien avec l’éditeur Marc Tomsin, par G. Goutte, page 38

Mouvement
Salon du livre libertaire 2012, par Wally, page 42

Rencontre de l’anarchisme 2012, page 43

Vive l’anarchie et mort aux flics, page 44

La Fédération anarchiste
Liste des groupes, page 45
Grille des émissions de Radio libertaire, page 48

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Présentation

  • : Le blog de anars 56
  • : Le blog du groupe libertaire René Lochu (Vannes)
  • Contact

Pour nous contacter, ne pas passer par la page "contact" du blog. Ecrire à : groupe.lochu(a)riseup.net

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Réunion publique ANNULÉE pour cause de couvre-feu étatique : Mardi 27 Octobre - Rennes - 20h. Réunion publique : « Les résistances paysannes : une autre conception du progrès » avec Silvia Pérez-Vitoria (universitaire, auteure de « La riposte des paysans » et « Manifeste pour un XXIème siècle paysan », elle collabore aux revues « L’Ecologiste » et « Nature et Progrès »…). - Salle 12 Maison des associations 6 Cours des Alliés. Par le groupe la Sociale de la Fédération anarchiste

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Soirée ANNULÉE : Vendredi 30 octobre - Lorient, cité Allende (12 rue Colbert) - 20h Conférence-débat par Pinar SELEK, à propos de l'article de Voltairine de Cleyre « Le mariage est une mauvaise action ». Organisée par les Ami.e.s de Voltairine

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Lundi 2 novembre - Rennes - 19h Causerie Populaire : Croissance économique & décroissance globale : de quoi parle-t-on ? Avec François Graner, biophysicien directeur de recherche au CNRS de l’Université de Paris – Diderot. Débat animé par Jean-Pierre Tertrais, auteur d’une centaine d’articles dans le Monde Libertaire, des brochures et livres sur la décroissance. au local la commune, 17 rue de Châteaudun, Rennes. Par le groupe la Sociale de la Fédération anarchiste

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Jeudi 5 novembre - Vannes - 14h30 Mobilisation des salarié.e.s du social et du médico-social public et privé "en solde et en grève" contre l'imposture du "Segur" (- 183 euros), à l'appel de la CGT 56 "Santé et action sociale". Rdv Place de la mairie

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Lundi 9 novembre - Questembert, cinéma Iris - 20h30 Ciné-débat "Un pays qui se tient sage" de David Dufresnes (sur les violences policières), en présence du réalisateur. Tarifs habituels

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Jeudi 12 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h45 Ciné-débat "La cravate" (sur le parcours d'un militant d'extrême-droite), en présence du co-réalisateur Etienne Chaillou. Tarifs habituels

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Samedi 14 novembre - Belle-Ile, Le Palais, salle Arletty - 20h30 Ciné-débat "Delphine et Carole, insoumuses" (Ce voyage au cœur du « féminisme enchanté » des années 1970 relate la rencontre entre la comédienne Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos. Derrière leurs combats menés caméra au poing, surgit un ton empreint d’humour et d’insolence. Réalisé par la petite-fille de Carole). Rencontre avec Josiane Zardoya, monteuse du film.  

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Jeudi 19 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Mon pays fabrique des armes" (sidérante enquête sur les ventes d'armes françaises), d'Anne POIRET. En partenariat avec Amnesty International, avec Jean Froidefond de la commission "armes" d'Amnesty et Armand Paquereau de la campagne "Silence ! On arme". Tarifs habituels

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Vendredi 27 novembre - Lorient, cité Allende (12 rue Colbert) - 20h Conférence-débat « La contraception masculine » par l’association Thomas Bouaoù – avec lectures de textes du livre d’André MOREL « Le Zoïde ». Organisée par les Ami.e.s de Voltairine

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Dimanche 29 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 18h Ciné-débat "LIP. L'imagination au pouvoir" (sur une entreprise reprise en autogestion par ses employé.e.s au cours d'une grève). Suivi d'une rencontre avec l'équipe de l'Usine Invisible, structure solidaire développée dans le Morbihan dans un souci de juste reconnaissance et rémunération des couturièr.e.s mobilisé.e.s par la crise sanitaire

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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Concerts

Autres événements

Au cinéma Ti Hanok à Auray Dim 29 nov