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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:10

nucleaire-Lorient-100312.jpgAvec Stop nucléaire 56 Trawalc'h, nous étions une quinzaine sur le marché de Merville à Lorient, samedi matin, à rappeler que la catastrophe nucléaire à Fukushima continuait à sévir depuis 1 an, irradiant des centaines de milliers de personnes, rendant impropres à la consommation les productions légumières de cette région fertile du Japon. Comme la population japonaise, nous revendiquons l'arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire... avant une nouvelle catastrophe ici ou ailleurs ! Au Japon, 52 réacteurs sur 54 sont désormais fermés, les 2 derniers devraient l'être d'ici avril 2012... soit en moins de 14 mois...

Rappelons que la centrale de Fukushima venait d'obternir en février 2011, un mois avant, une autorisation d'allongement d'exploitation des réacteurs de 10 ans... tout comme actuellement le proposent EDF et l'Etat pour le parc nucléaire français...

En combinaison blanche, ou vêtu-e-s d'un fût radioactif jaune, nous avons procédé à un die-in (qui consiste à s'allonger sur la chaussée, faisant les morts...), sirène hurlante. Diffusion de tracts. Nous avons ensuite déambulé dans quelques rues de Lorient, et même dans une galerie commerciale... surchauffée 

 

Ci-dessous le tract du groupe Pavillon noir de la fédération anarchiste de la Vienne, qui nous plaît bien.

 

Sortie immédiate du nucléaire : révolution sociale et libertaire !

A entendre les politiciens et autres experts, malgré les évidences cruellement rappelées par la catastrophe japonaise dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences désastreuses, vouloir sortir immédiatement du nucléaire serait « irresponsable » – tout au mieux faudrait-il en sortir progressivement… Nous affirmons que le nucléaire est une énergie totalitaire, aux antipodes de la liberté et de la solidarité, et prônons la réappropriation par les populations des affaires qui les concernent.

Le nucléaire est une énergie extrêmement dangereuse


Les catastrophes, si minimes soient les risques selon les « experts » qui veillent sur notre sommeil, sont inévitables, et déjà à l’oeuvre. Les risques sont présentés comme une « externalité négative »… à assumer par les populations. En France et ailleurs, ces risques sont renforcés par le vieillissement des centrales, dont le démantèlement coûte si cher que le pouvoir en prolonge la durée d’exploitation bien au-delà des dates prévues, dans une effroyable fuite en avant. La privatisation rampante du secteur et la mise en concurrence, et ce qu’elle suppose de réduction des coûts fixes d’entretien, accroît aussi ces risques inacceptables pour les travailleurs-euses, souvent précaires et très exposé-e-s aux radiations.


Le nucléaire est une énergie affreusement polluante


Des études récentes montrent que les leucémies infantiles sont deux fois plus nombreuses autour des centrales. Les monceaux de déchets radioactifs, produits en quelques décennies seulement de nucléaire, s’accumulent dans des lieux de stockage en surface ou sous terre. Ils sont d’ores et déjà infligés aux générations incalculables qui nous succèderont, pour des centaines de milliers d’années… une période aussi longue que celle qui nous sépare des premiers hommes ayant peuplé la planète.


Le nucléaire est une énergie dévoreuse de budgets colossaux


Il détourne et accapare depuis des décennies, aux seuls bénéfices du lobby nucléocrate, l’argent public dévolu à l’investissement et à la recherche – aux dépens d’autres énergies. La filière nucléaire est une fuite en avant dans des investissements toujours plus colossaux, pour de nouvelles générations de réacteurs qui seraient hypothétiquement capables de retraiter un combustible usagé… toujours plus radioactif. Ces spéculations fumeuses sont d’autant plus irresponsables que le nucléaire est une énergie non renouvelable : les ressources en uranium sont, tout comme le pétrole, limitées à quelques décennies.


Le nucléaire est une énergie capitaliste


Transportée à flux tendu par tout un réseau d’autoroutes électriques à très haute tension, elle est inséparable d’un modèle productiviste de croissance de l’exploitation humaine, allant de pair avec une croissance toute aussi suicidaire de la production d’énergie, pour des productions d’activités toujours plus absurdes. Où les producteurs-consommateurs, déjà abrutis dans des tâches salariales inutiles et nocives, sont matraqués de publicités pour des gadgets idiots. Au travail comme au supermarché, les populations sont privées de ce qu’implique socialement et écologiquement ce qu’elles produisent et consomment. Le nucléaire répond au modèle capitaliste, qui ne nourrit que sa propre logique destructrice, celle de l’hypertrophie d’un pouvoir monopolistique, exercé par une caste privilégiée sur une population toujours plus asservie.


Le nucléaire est une énergie d’Etat


Il sous-tend un projet antisocial, antidémocratique, hypothéquant toute velléité d’organisation libre des sociétés. Son combustible uranium provient de gisements situés dans des pays maintenus sous le joug colonialiste, comme au Niger où se perpétue une domination éhontée des firmes occidentales sur les populations locales. Cette technologie née du militaire s’est imposée par la force ; elle reste gérée par des technocrates, sur les décisions desquels les populations n’ont aucune prise. Elle implique en effet un niveau très élevé de surveillance et de contrôle social. Le nucléaire résume le déni de démocratie réelle que suppose l’institution étatique, et en illustre toute l’abomination.


Partisan-e-s d’une société fédéraliste, fondée sur l’autogestion et l’entraide,

 

où les gens décident directement de ce qui les concerne, nous ne pouvons que condamner le nucléaire, et tout ce qui rend cette énergie possible. Mais nous condamnons aussi toutes les pseudo-solutions du « développement durable », expropriant des paysans dans le monde entier pour multiplier les panneaux solaires et les éoliennes. Le « développement » prône toujours plus de productivisme, entraînant l’humanité et la planète dans une destruction irréversible. Notre projet social d’une réappropriation réelle des décisions et des activités par les populations elles-mêmes, pose l’exigence de reconsidérer ici et maintenant les besoins réels d’une part, les ressources et les données environnementales d’autre part. Ce projet ne peut être imposé « d’en haut », il ne peut venir que des populations en lutte.


On ne sortira du nucléaire qu’en l’arrêtant,


et non en le « demandant » pour dans dix, vingt ou trente ans avec des pétitions et des bulletins roses ou verts. On ne sortira du productivisme, dont le nucléaire n’est qu’un avatar, qu’en renversant l’Etat et le Capital. La tâche n’est pas aisée mais elle est incontournable, si nous ne voulons pas voir notre planète irréversiblement transformée en poubelle invivable. Des réseaux de résistance active se tissent : contre l’aéroport de Nantes, contre l’EPR à Flamanville, contre la ligne THT Cotentin, contre la LGV Paris-Bordeaux… Comme au Larzac, comme à Plogoff, la victoire ne dépend que des populations pour tisser des liens et se réapproprier l’action directe contre ce qui les opprime.

 

Groupe Pavillon Noir (Fédération Anarchiste 86)

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:32

« Un uniforme ? C’est un avant-projet de cercueil. » Boris Vian


ML-1663-recto.jpg

Télécharger le supplément gratuit

 

 

 

Nouveau sur Vannes :


le Monde libertaire peut désormais être lu au café coopératif L'éloge de la lenteur, 16 rue Chateaubriand !

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:25
bigelec3
Lundi 13 février, le candidat Hollande a déclaré aux journalistes du Guardian's : « Aujourd'hui il n'y a pas de communistes en France… La gauche a gouverné pendant quinze ans, pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir. » Et, c'est vrai, la finance n'a aucune crainte à avoir. Hollande a deux discours : celui pour ses meetings, avec « posture de gauche, le changement est en marche », bref le folklore habituel. Et celui destiné à rassurer les Bourses. Même Sarkozy s'en est emparé pour dénoncer le double langage du candidat gauche.

Évidemment, aux communistes, ça n'a pas fait très plaisir… Front de Gauche et PCF, Mélenchon en tête, sont montés au créneau de l'indignation, se revendiquant représentants d'un « communisme » encore vivant.

On hésite : qui est le plus ridicule dans cette histoire ? Hollande se réclamant du « socialisme » ? Ou Mélenchon se réclamant du « communisme » ?

Non, la libéralisation, la privatisation et la financiarisation, dont Hollande rappelle lui-même qu'elles furent le bilan de la gauche au pouvoir, ne sont pas du socialisme. Mais l'étatisation de quelques entreprises, la taxation du capital prônée par Mélenchon, ne sont pas non plus du communisme. De Gaulle, homme de droite, avait nationalisé, plus qu'aucun autre, à la sortie de la guerre en 1945, cela n'a pas fait de lui un communiste.

Nous avons les moyens, aujourd'hui, de mettre en place une société dans laquelle la production de richesses matérielles et intellectuelles profite à tous. Que tous aient un logement décent, un accès aux soins de santé, le droit à une éducation qui offre un avenir. Les moyens existent : les connaissances techniques, scientifiques et culturelles sont là. Les machines, la productivité aussi. Nous pourrions décider collectivement, dans l'intérêt commun. Pourtant, les pauvres s'appauvrissent, les conditions de vie se dégradent, et c'est la peur du lendemain qui domine les esprits. Pourquoi ?

Parce que la société est gérée pour le profit d'une minorité. Et cette minorité est prête à tout : exploiter l'humain et la nature sans souci du bien-être ou de la sauvegarde des espèces, vendre des poisons de toutes sortes, aliments, médicaments, pesticides, produire des moyens de destruction massive, faire la guerre pour assurer profits et dividendes aux actionnaires, à la finance. Et conduire des peuples entiers à la misère, et ce au nom de la soi-disant lutte contre la crise. L'austérité, la rigueur, les baisses de salaires, bientôt en France aussi. Des millions de gens l'ont compris, qui aspirent à une société meilleure, plus juste. Dans laquelle les richesses produites seront mises en commun. Mais si vous prononcez le mot « communisme », l'idéal s'obscurcit de miradors et de barbelés, de prisons et de goulags, de procès truqués et de tortures, de millions de victimes. Et c'est bien ce rejet, cette peur, ce dégoût d'un idéal piétiné dans les dictatures dites « communistes » qui empêchent tant de gens d'oser le changement, d'oser passer à autre chose. Si c'est pour en arriver là… Et c'est vrai : la totalité du XXe siècle est une longue suite de trahisons, de mensonges, d'étouffement des luttes, de massacres aussi, par des socialistes et par des communistes. Les socialistes ont voté la guerre de 14-18, ont fait assassiner les révolutionnaires de 1917 ; les communistes ont massacré au nom de la dictature du prolétariat, puis ont trahi toutes les révolutions sur ordre de Staline.

Et, pourtant, nous avons les moyens, aujourd'hui, plus que jamais, de mettre en place une société dans laquelle la production de richesses matérielles et intellectuelles profite à tous, que tous aient un logement décent, etc. Appelez-la comme vous voulez, inventez un ou dix noms pour parler d'elle, peu importe, construisons-la ! Seulement, ce ne sont certainement pas les deux apparatchiks, les deux qui ont fait toute leur carrière au Parti socialiste, Hollande et Mélenchon, qui nous aideront à quoi que ce soit. Ils se partagent le travail, comme chez les flics, le méchant puis le gentil qui arrive à faire parler… Là, faut vous faire voter : l'un rassure à droite, l'autre attire la gauche. Et il l'a d'autant plus facile que les Laguiller et Besancenot ne sont plus en course. La personnalisation présidentielle a contaminé même les révolutionnaires, voilà son revers. Mélenchon récupérera une bonne partie de leurs électeurs, grâce à son discours percutant. Ce qui fera remonter le Parti communiste, après ses scores précédents, pitoyables. Mais que les banquiers ne s'effraient pas, que la Bourse ne se lamente pas ! Au second tour, quel que soit leur candidat, de gauche, de droite, les Français voteront : finance et austérité.
Extrait du Monde libertaire n°1662 (1er-7 mars 2012)

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 13:18

Portrait_Emma_Goldman.jpg"Si l'émancipation féminine partielle doit se transformer en une émancipation complète et véritable de la femme, c'est à condition qu'elle fasse litière de la notion ridicule qu'être aimée, être amante et mère, est synonyme d'être esclave ou subordonnée. Il faut qu'elle se débarrasse de l'absurde notion du dualisme des sexes, autrement dit que l'homme et la femme représentent deux mondes antagonistes.

La mesquinerie sépare ; la largeur réunit. Soyons larges et généreuses. Une conception véritable des relations sexuelles n'admet ni vainqueur ni vaincu ; elle ne reconnaît qu'une chose : le don de soi, illimité, afin de se retrouver plus riche, plus affirmée, meilleure."

Emma Goldman

Une super pièce de théâtre "radiophonique", pleine d'humour, de passion, d'espoir et de rage, mettant en scène Emma "la Rouge" et les luttes ouvrières, féministes, antimilitaristes...etc. de l'Amérique du début du XXème siècle, pour écoute en mp3 (50 minutes). Avec une particularité, les rôles d'hommes sont joués par des femmes :

http://bit.ly/AwvGuN
ou
http://www.mediafire.com/?s68de8aopmmmdb9

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:22

affiche_mod_A4.jpg

La catastrophe survenue au Japon il y a un an montre combien il est nécessaire de stopper immédiatement le nucléaire pour notamment :


Ø  ne plus vivre en sursis. 

Ø  ne plus produire de déchets dont la gestion reposera sur nos enfants. 

Ø  ne plus exploiter, maltraiter, tuer nos amis du Niger (entre autres) où l'on extrait une bonne partie de « notre » uranium. 

Ø  ne pas devoir vivre, comme les japonais, une « demi-vie » (un quotidien contraint à cause de la pollution nucléaire).

Ø  pouvoir changer de société : une société nucléaire est une société autoritaire, policière, militaire dans laquelle seuls quelques experts décident pour tous.

Ø  pouvoir vivre dans un monde différent, où l'on consomme raisonnablement et intelligemment, sans gaspiller et sans mettre en péril la vie d'habitants des pays voisins ni celle de nos enfants. Un monde aussi où la production d'énergie est diversifiée, répartie sur le territoire, choisie localement, gérée de manière transparente, et productrice d'emplois non délocalisables.

 

Alors que, depuis Fukushima, toutes les nations « nucléaires » ont décidé soit de sortir du nucléaire (Allemagne, Suisse,…), soit de continuer à le refuser (Italie,…), soit de suspendre tout projet (USA,…), la France refuse de voir la réalité en face et s’isole.

 

Dans les années 70 et 80, des populations sont parvenues à mettre fin à des projets d'installation nucléaire (Erdeven en 1975 dans le Morbihan par exemple) en s'informant, en informant les personnes et en lançant de grands mouvements sociaux de contestation.

 

Il est indispensable de ne pas oublier la catastrophe et les conséquences de Fukushima, pour mieux éviter une autre catastrophe nucléaire.

 

Vendredi 9 mars, à Vannes : projection du film « Fukushima : histoire d’une population sacrifiée », de David Zavaglia, à la maison des Associations (6 rue de la Tannerie), suivi d'un échange avec le public. 20h30.

 

Samedi 10 mars, au Marché de Merville à Lorient, de 10h30 à 12h00 : rassemblement et die in (venir habillé en blanc si possible).

 

Dimanche 11 mars (1 an après Fukushima !), au Faou (29) : Le Collectif "Nukleel er Maez - Nucléaire dehors" appelle à un rassemblement au bord de la rivière à partir de 11h. 15h36 : onde sonore (apportez vos tambours !) ; 16h : chaîne humaine en solidarité avec le peuple japonais. (Note anars 56 : Pourquoi au Faou ? Car ce lieu se situe entre la base de sous-marins atomiques de l'Ile Longue, à Crozon et la centrale nucléaire de Brennilis qu'Edf tente de démanteler... sans savoir trop comment, combien de temps ça va durer, ni combien ça va coûter ... !)

Covoiturage possible depuis le Morbihan en s'inscrivant à stop-nucleaire56@laposte.net ou en appelant le 06 67 67 27 74

 

http://www.stop-nucleaire56.org

 

Note de Anars 56 : l'affiche est celle du collectif Erreur humaine qui organise un rassemblement à Paris et que nous avons trouvée pertinente.

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 21:19

recto flyer appel mars-6c2a9

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 19:53

« Avec mon salaire, ils se paient ma tête. » Jacques Prévert

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ML 1660 verso

 

 

 

 

 

 

 

 

«Nous voici, morts de toujours, qui mourrons à nouveau, mais pour vivre,
cette fois.» Sous-commandant Marcos

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«Toute l’économie aux syndicats ! Toute l’administration sociale aux
communes ! » Pierre Besnard

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ML-1662-verso.jpg

 

 

Les hebdos gratuits sont lisibles en format pdf : http://www.vivrelibre.lautre.net/monde-libertaire-gratuit_2012/index.html#gratuit

 

Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici !

Feuilletez le numéro en cours : clic !

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 19:43

Le bilan écologique, tant dans les pays industrialisés, que dans les pays pauvres, s'avère particulièrement mal en point. Il semble y avoir accord unanime sur cette question. C'est la résolution du problème qui soulève des divergences profondes et c'est un euphémisme. L'effet de serre s'affirme de plus en plus, les ressources en eau et en énergies fossiles s'épuisent, la fertilité des sols diminue sous l'effet des produits chimiques... conjugués à cela, s'ajoute l'augmentation de la population mondiale. Il y a comme une impasse !

 

Le risque de la barbarie

 

Le capitalisme, système mondialisé, pour pouvoir survivre, se contraint à produire toujours plus.et donc à accroître les problèmes. Ses partisans, les libéraux de tous bords, des plus durs aux plus flexibles, qui ne peuvent se résoudre au partage des richesses, vont pourtant avoir à sortir de ce cul-de-sac. L'innovation technologique est une fuite en avant qui ne pourra au mieux que décaler à brève échéance le problème. La décroissance, c'est-à-dire la réduction de la consommation d'énergies fossiles, d'eau et de matières premières, n'est ainsi pas une question idéologique mais une nécessité. Sur quels facteurs vont-ils agir : imposer des quotas à la population (ex : droit de se chauffer l'hiver a minima) ? Limiter l'accès à l'eau potable ? Souiller des régions entières par des déchets industriels ? Entretenir des foyers de guerre pour limiter le nombre d'individus ? ... étant entendu, que les classes dirigeantes ne remettront pas en cause leur propre niveau de vie, car elles, selon leurs critères, elles le méritent ! ... Plusieurs scénarios sont possibles qu'on peut réduire à une formule : dictature de la classe dominante !

 

Des atouts de la simplicité volontaire...

 

Un autre courant de pensée, avec lequel nous avons des affinités, met en avant la simplicité volontaire. Effectivement, les anarchistes ont toujours été sensibles à l'action individuelle. “ La propagande par le fait ” aujourd'hui, c'est, entre autres, consommer différemment. Même si ce n'est pas toujours possible, il s'agit de privilégier l'alimentation biologique et végétale, les producteurs locaux, la circulation en transport en commun ou à vélo, la pratique du compost à partir des déchets alimentaires, ce qui permet d'alléger de 30% les poubelles des foyers et favorise le tri des autres déchets pour leur recyclage éventuel... Il existe mille et un autres trucs pour réduire son impact écologique. Pour cela, il n'est point besoin d'attendre que le bon ou la bonne candidat-e soit élu-e ! C'est aussi tenir une certaine cohérence avec un discours écologiste. Faire des choix dans sa consommation revient ainsi à pratiquer le boycott, qui, on l'oublie trop souvent, est une arme préconisée par le syndicalisme révolutionnaire, aux côtés du sabotage et surtout de la grève générale. Et selon le principe des petits ruisseaux faisant les grandes rivières, l'accumulation de ces changements individuels, si elle témoigne d'une évolution culturelle de la population, aura un certain poids économique.

 

... à ses limites

 

Mais, il ne s'agit pas de se leurrer non plus sur la portée de cet impact, de cet engagement. Les secteurs parmi les plus dévoreurs d'énergie et les plus polluants sont l'agriculture industrielle, le complexe militaro industriel, les transports et chacun d'entre nous est isolé face à cela : que peut-on faire face à la cherté du train par exemple ? Sa gratuité, donc une autre répartition des coûts, implique des décisions collectives, politiques. Que ce soit la question de l'énergie, des pratiques agricoles, c'est bien toute l'organisation sociale qui est à repenser.

 

Pour cela, faut-il s'emparer des rênes de l'État ? Faut-il siéger au Parlement pour prendre les bonnes lois ? Beaucoup de progressistes y ont cru et y croient encore. L'Histoire de la social-démocratie au pouvoir est pourtant révélatrice : il n'y a pas eu de changements dans les rapports sociaux. Les fameux “ acquis ” ont été conquis de hautes luttes, par la grève et la manifestation, face à des gouvernements de droite ou de gauche, et non concédés par des gentils ministres soucieux des classes populaires.

 

Ils rêvaient de changer le système, c'est le système qui les a changés

 

Les écologistes au pouvoir ont fait comme les socialistes : ils rêvaient de changer le système de l'intérieur, c'est le système qui les a changés. Les socialistes de tous pays se sont réconciliés avec l'entreprise, c'est-à-dire avec le capitalisme. Une ministre Verte (Voynet) a pu aller jusqu'à signer un décret d'enfouissement de déchets radioactifs entre autres compromissions. Faut-il s'en étonner ? Pouvait-elle faire autrement ? Certes, la solidarité gouvernementale et donc l'abandon de sa particularité “ écologiste ” faisait loi. Mais, si on se livre à une réflexion sur ce que ce sont réellement les institutions de la démocratie parlementaire bourgeoise, et non sur ce qu'elles prétendent être, on s'aperçoit qu'elles sont au service des intérêts du monde de l'économie : légalisation des extensions d'élevages intensifs pourtant hors normes, budgets de recherche, développement des services publics après guerre quand les entreprises étaient trop faibles pour avoir leurs propres infrastructures, privatisation et bradage des secteurs rentables de ces mêmes services publics maintenant que l'intérêt privé capitaliste dispose des moyens pour prendre le relais... Quand on est au gouvernement ou au Parlement : comment modifier les pratiques agricoles face aux lobbies ? Comment démanteler le complexe militaro industriel ? Comment recollectiviser la gestion de l'eau et des déchets ? Comment revoir la politique des transports face aux pétroliers et aux constructeurs automobiles ? Comment rénover les logements face aux propriétaires privés ? Ainsi, le projet de Loi sur l'eau de la ministre de l'écologie, Dominique Voynet, pourtant ambitieux à son origine, s'est littéralement asséché après le moulinage des lobbies et le recadrage des parlementaires et ministres de l'Écologie successifs.

 

L'écueil est patent et conforme à la constitution des institutions en milieu capitaliste.

 

Y croire encore ?

 

Il se trouve qu'une partie de la gauche de la gauche, écologiste engagée, n'est pas loin de partager cette analyse. Pourtant, cette mouvance s'évertue à vouloir présenter un-e candidat-e, beaucoup sans illusions certes, mais au motif de faire connaître les idées antilibérales et de décroissance en utilisant les outils du système. Or, une campagne électorale, spécialement présidentielle, outre qu'elle sollicite la signature de 500 élus locaux, coûte très cher. Pour espérer rentrer dans ses frais, il importe de recueillir au minimum 5% des voix. Donc, il faut que les gens qui y croient votent pour ce ou cette candidat-e anti système, en quelque sorte légitiment le système de la délégation de pouvoir sans contrôle et le passage dans les mass-médias officiels comme lieux de débats sincères : soutenir le système alors qu'on est anti-système ? N'est-ce pas un peu schizophrène ? De deux choses, l'une : ou les institutions capitalistes sont vérolées et donc à détruire ou elles sont acceptables ? Soit l'on accepte ses règles et on attend son tour, soit on dénonce sans relâche l'illusion de changer les choses par la voie électorale. Laquelle voie, avec toute l'énergie dépensée à présenter un ou une candidat-e, à être comme les autres, contredit le discours sur l'action directe, extra parlementaire, et risque d'encourager au contraire à l'attente du sauveur, à la résignation et à l'apathie.

 

Alors, on fait quoi ?

 

Aussi, le combat à mener est, selon nous, double :

 

Il s'agit d'abord d'un combat culturel : changer les mentalités et les pratiques par l'exemple et l'information juste, au sein de la population, sans élitisme.

 

affiche antilectoraleEnsuite, y a-t-il une autre voie que reprendre en main l'économie : c'est-à-dire en finir avec la propriété privée des moyens de production et de distribution ? C'est seulement si l'outil de production est aux mains de la population, s'il est autogéré, débarrassé de la logique de profit, que le circuit économique pourra prendre en compte les facteurs écologistes, être relocalisé, car tel sera l'intérêt des individus. Pour en arriver là, il faut susciter le désir du changement auprès de la classe laborieuse ou qui chôme car elle est la plus nombreuse, en finir avec l'aliénation à la marchandise dernier cri. Seuls, l'action directe des individus (comme le fauchage volontaire de champs d'OGM ou la grève...), leur coordination par le biais du mandatement révocable, le refus des privilèges, l'impossibilité de l'enrichissement personnel par accumulation de biens, sont à même de nous faire sortir de l'impasse écologique et sociale dans laquelle l'État, le capitalisme et la facilité nous ont mis. C'est d'un changement de civilisation dont nous avons besoin, la réappropriation de la chose publique, de la politique par les individus eux-mêmes, c'est-à-dire une nouvelle éthique d'organisation. Le refus de la délégation sans contrôle, sans débats initiaux, donc l'abstention aux élections parlementaires et étatiques sont un pas. Il n'est pas négligeable de priver les acteurs et actrices du système de la légitimité dans laquelle ils/elles se drapent, grâce à nos voix. Et si l'on veut que les individus puissent réellement choisir et agir, l'égalité économique et sociale est incontournable. L'égalité sociale c'est reconnaître à chaque individu, quelque soit son origine ou son sexe, qu'il/elle soit apprenti-e ou ingénieur-e, aide-soignant-e ou chirurgien par exemple, le même droit aux richesses sociales et à la prise de décision pour ce qui les concerne. Il faut briser la hiérarchie du métier, constitutive aussi des classes sociales. Il faut s'affranchir des préjugés de classe et revoir l'éducation, y compris de soi-même, à la responsabilité écologique et sociale. Cela implique la transparence dans les informations, d'avoir du temps pour étudier les problèmes et en discuter. C'est une révolution dans le travail qu'il faut : quoi produire ? Quel impact social (quantité et pénibilité du travail nécessaire...) et écologique il en résulte (ressources consommées, pollution générée...) ? Pour ne pas être refusée massivement et pour espérer réussir, la décroissance ne peut être qu'associée au partage des richesses et des décisions.

 

Croissez et multipliez ?

 

Pour 2050, la population est estimée à 9 milliards d'individus ! 50% de plus qu'aujourd'hui ! La question démographique demeure taboue mais il faudra visiblement rompre avec les politiques pro-natalistes, donc s'affranchir des préjugés religieux et patriotiques. La belle formule de “ la maternité consciente ” revendiquée par les féministes trouve une alliée de choix avec la décroissance. Pour différentes raisons, nous sommes même plusieurs à aller jusqu'à pratiquer l'abstention... d'enfanter, à ne pas confondre avec l'abstinence !

 

Le pari libertaire

 

La tâche, pour immense et complexe qu'elle paraisse, est incontournable et incompatible avec simplement un changement de personnel au gouvernement. Mais elle est aussi stimulante. Que les humains soient capables de s'autogouverner, tel est le pari libertaire : un pari sur la responsabilité. Alors l'écologie est-elle soluble dans les élections ?

 

Je crois que ce qui précède en a fait le procès. Si l'on veut rompre avec les pratiques actuelles, commençons par ne plus signer de chèque en blanc à un quelconque individu, à lui confier du pouvoir, car il en abusera. Le problème n'est pas que tel ou telle soit aux manettes du char de l'Etat, car c'est d'un véhicule propre, autogéré et pacifique dont l'Humanité a besoin. L'Etat à terre : place à la libre association des individus, des communes et des régions, c'est-à-dire à la liberté ; et, simultanément, place au véritable socialisme, à chacun-e selon ses besoins, c'est-à-dire à l'égalité et à l'entraide. Pourquoi jouer à faire des ronds dans la piscine électorale, alors qu'il y a la mer à côté ?

 

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Ce texte, daté de décembre 2006, commis par Mystiquaire (membre du groupe libertaire Lochu - Ferrer) est paru lors de la campagne "Agir au lieu d'élire" de 2006-2007, portée par la Fédération anarchiste.

Il n'a pas pris trop de rides. Il est même encore bien ... vert (et noir !).

 

revoltez-vous-nantes.jpg

Trouvé dans Ouest-France Nantes du 24 février 2012, ce graf signé «Rouge» sur un mur du quartier Chantenay, Nantes

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 17:26

 

Arrêt immédiat !
En moins de 12 mois, le Japon a fermé 51 de ses 54 réacteurs nucléaires, le dernier qui le sera est annoncé pour juin 2012. Ainsi, en 15 mois, le Japon aura arrêté totalement sa production électro nucléaire.
Il a fallu Fukushima et ses horribles conséquences pour en arriver là. Lire l'actualité de Fukushima, ici : http://fukushima.over-blog.fr/
En France, ce sont 58 réacteurs qu'il faut arrêter ("seulement" 4 de plus qu'au Japon). Faut-il attendre la catastrophe ?

 

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 11:58

En mai 2011, nous relayions sur ce blog l'histoire d'une convocation au tribunal pour de la récupération dans une déchetterie, près de Redon et les questions sociales et écologiques qui y sont liées. Voici la suite de cette "affaire" de "justice" qui vient de nous être transmise :

 

 

"Pour la convocation du jeudi 12 mai 2011 au tribunal à Rennes, quelques personnes sont venues nous soutenir grâce au blog anars 56. Un couple d'individus, ayant travaillé dans le monde du déchet, nous a confirmé l'intérêt financier des grosses entreprises à récupérer nos déchets.

Au final : le délégué du procureur étant absent , « comme tous les jeudis » « puisque tous les jeudis, il travaille sur Redon » (!), nous sommes donc repartis avec nos 2 petites pancartes : retour Redon... Bien qu'il y eut une demande, avant le rendez-vous, de la part de la personne convoquée (habitant près de Redon !), si justement le délégué du procureur était bel et bien présent sur Rennes. Nous y avons été, mais il faut croire qu'au tribunal ils aiment jouer avec nous : au prix du pétrole, rien d'anormal !

Toujours est-il qu'aujourd'hui, après cette blague de mauvais goût, le courrier est attendu, mais il est attendu AVEC un recommandé avec accusé de reception et, aujourd'hui, pas de courrier en ce sens.
De plus, nous attendons un rendez-vous sur Redon où nous pourrons être plus nombreux.
Donc cette histoire aujourd'hui est enterrée, mais pas par nous, par le délégué."

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Agenda

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Samedi 24 septembre - Planguenoual (22) - De 11h à 22h, festival "Dérivages", "algues vertes en mots et en images" : militant, festif et culturel. Conférences, scène musicale, auteurs, dessinateurs, concours photos, vente aux enchères... Organisé par le collectif Halte aux marées vertes

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Samedi 24 septembre - Liffré (35) - 11h Seconde marche Climat "Bridor dehors", à l'appel du Comité Local pour l'Environnement et la Résilience Ecologique à Liffré-Cormier. Grand projet inutile : Sevailles 2, tête de bassin versant (Le CHEVRE affluent de la VILAINE) menacé par le plus gros projet d’usine de surgelés au monde (30m de haut sur 25ha). Par Louis Le Duff, milliardaire Breton et PDG du groupe Le Duff. La Préfecture d'Ille-et-Vilaine a donné son autorisation...

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Samedi 24 septembre - Nantes - 12h Manifestation en soutien à Vincenzo Vecchi et contre la criminalisation des mouvements sociaux. Rdv au Miroir d'eau (face au château). Pour la défense de nos droits fondamentaux, contre l'application d'une loi fasciste en France, pour la liberté définitive de notre ami. Pique-nique à midi,prises de paroles à partir de 14h, batucada, chorales, fest deiz...

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Samedi 24 septembre - Hennebont - 16h Mobilisation du Mouvement de la Paix "Rendez-vous de la paix" entre autres pour le désarmement nucléaire total. Musiques, marche et pot de la paix. Rdv au Square de la Paix

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Mercredi 28 septembre - Josselin, cinéma Le Beaumanoir - 20h15 Ciné-débat autour du documentaire « Un monde sous vide »,  Prix Jouvence au Festival du Film Vert 2022. Organisé par Josselin en transition

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Jeudi 29 septembre - Grève et manifestations interprofessionnelles et intersyndicales (Cgt, Fsu et Solidaires) "Augmentez les salaires pas les profits" pour la hausse des salaires, des pensions, allocations et minimas sociaux, etc. 10h30 Lorient (L'Orientis), Pontivy (la Plaine), Vannes (le port) et 11h Belle-Ile (le port du Palais)

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Vendredi 30 septembre - Lorient - 20h30 Conférence-débat "L’extrême-droite à l’Assemblée nationale" présentée par VISA (Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes), organisée par le Collectif antifasciste du Morbihan (dont le groupe René Lochu est membre). Entrée libre

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Samedi 1er octobre - Josselin, centre culturel l'Ecusson - De 14h à 18h, 9éme édition de la « Journée de la Transition » (atelier, conférence "Objection de croissance, bien vivre et gratuité" par Paul Ariès, exposition, buvette...). Organisé par Josselin en transition

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Samedi 8 octobre - Vannes - Nouvelle mobilisation du comité vannetais de soutien à Vincenzo Vecci, juste avant son passage à la Cour de Cassation de Paris, mardi 11 octobre

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Du vendredi 14 au samedi 15 octobre - Melrand (56) - 5ème week-end festif et solidaire à Kerochap, au profit de RESF (Réseau éducation sans frontière) Pontivy. Cabaret, diner, spectacle (vendredi 20h, 20 euros) / Spectacles, concerts, animations enfants, marché de producteurs (samedi dès 14h), et 19h Fest noz. Prix libre

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Concerts

Autres événements

Sam 17 septembre à Corcoué sur Logne (44)

 

 

Sam 24 septembre à Planguenoual (22)

 

 

Sam 24 septembre à Liffré (35)

 

 

Sam 1er octobre - Josselin en transition