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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 22:32

Les animateurs de l'atelier de vélos et plus largement du CRADE (Centre de Recherche sur l'Avenir des Déplacements Écologiques), de Concarneau, situé dans un local squatté au port, tiennent à marquer leur distance avec l'outil internet, dans leur communication interne et externe mais aussi plus globalement.

 

 

" - Les 2 personnes qui oeuvrent le plus en terme de temps pour le CRADE, et comme beaucoup d'autres personnes, ont un accès limité voire nul à leur messagerie internet. Et comme les déplacements motorisés, internet discrimine les trop pauvres, les illettrés, les trop âgés.
- l'objet du CRADE est aussi d'avoir une réflexion sur la technologie moderne (automobile, internet, téléphone mobile) qui confisque la maitrise de l'espace et du temps aux individus, pour les isoler davantage du réel et de leur prochain. Et puisque le CRADE est aussi le propre objet de ses expériences, internet n'est à ce titre pas le moyen de décider sur notre fonctionnement entre nous.
- Sur la volonté de quelques personnes engagées dernièrement, internet est actuellement utilisé pour rendre compte des actions, de façon factuelle et vérifiée.
- La voiture est un moyen payant, mortifère et excluant de se déplacer... Comme internet l'est pour communiquer.

Rémi et Xavier, à l'atelier, au marché, à Concarneau, dans la rue, tout le temps, par tous les temps."

Et n'oubliez pas l'appel du 18 Juin : vive le vélo libre !

 

velorution Concarneau.pdf

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Published by anars56 - dans écologie
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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 19:02

Quelques réflexions sur le présent mouvement de lutte (Henri Simon)

 

Henri Simon, ancien militant de Socialisme ou Barbarie , publie le « 4 pages » gratuit Dans le monde, une classe en lutte (disponible à Publico).

 

Ce n'est pas "nous" qui apprenons aux acteurs des luttes ce qu'ils "doivent faire", ce sont les acteurs eux-mêmes de ces luttes qui nous renseignent et nous enseignent sur leurs luttes, et leurs méthodes - adaptées à l'état présent du monde dans lequel ils vivent, dans les conditions que leur impose le système dans un cadre à la fois national et mondial.

 

Ce n'est pas ce que ces acteurs de ces mouvements pensent (leurs "idées" souvent préconçues apprises dans un conditionnement ou un autre) ou ce qu'ils pensent à ce moment de ce qu'ils font, qui est essentiel, mais ce qu'ils font sous une forme ou sous une autre, dans un but ou dans un autre, dans un mouvement pris dans la dialectique action-répression (vers une extension ou une  extinction) et dans lequel buts et méthodes sont en interaction constante dans une évolution constante. Qualifier un moment de ce mouvement peut laisser croire que l'on ignore la dynamique de tout mouvement de lutte et que bien des choses peuvent changer d'un moment à l'autre.

 

Quoique nous puissions en penser en référence à nos propres convictions et/ou théories, nous ne possédons pas "d'instruments de mesure" nous permettant de qualifier, de formuler des jugements ou de prédire un avenir. A la lumière de ce qu'il s'y passe, nous ne pouvons qu'y participer, là où ce mouvement existe - aussi humblement que le moins "politisé" nanti de sa simple révolte contre un système qui lui impose la vie qu'il subit présentement.

 

Le type de lutte né en Tunisie, qui a déferlé et déferle encore dans le "monde arabe", vient de franchir la mer pour s'implanter solidement en Espagne, menaçant de se répandre (mais il pourrait tout autant mourir) dans l'ensemble des pays d'Europe qui, d'une manière ou d'une autre subissent, avec des variantes, le poids de l'impéritie du capital à gérer son propre système autrement qu'en imposant des restrictions diverses à tous ceux qui ne vivent - ou vivaient - uniquement de leur travail. Ce type de manifestation - l'occupation permanente d'un espace public - est entièrement nouveau et tranche avec les manifestations "mobiles" limitées dans l'espace et le temps tout comme avec les occupations temporaires de bâtiments privés ou publics plus ou moins autorisées légalement. On pourrait l'apparenter aux occupations de lieux de travail au cours d'une grève mais là aussi dans ce cas on se trouve devant des limitations tant dans le but recherché (la revendication ayant déclenché le conflit), les acteurs (les seuls travailleurs de ce lieu de travail) et l'affirmation que cette occupation n'est qu'un moyen et non une finalité. On peut considérer qu'à défaut de prolétaires engagés dans une grève générale avec occupation des lieux de production, les acteurs d'une révolte - quant à la pression globale du système ressentie individuellement - n'ont d'autre recours que l'occupation d'un grand espace public et d'opposer la foule des manifestants qui s'y rassemblent aux tentatives de répression.

 

Le fait que les appels à cette méthode de lutte soient lancés - via la possibilité technique de toucher le plus grand nombre en temps réel - par des inconnus dont la seule expertise concerne l'utilisation de ces techniques, ne pouvait préjuger de leur succès quasi immédiat. Cela autorise à parler de spontanéité autour des bases identiques de révolte individuelle. Cette circonstance fait que se retrouvent dans un vaste espace des dizaines de milliers de participants non identifiés formellement ou par leur position dans le procès de production, ou par leur âge, ou par une position politique définie. C'est précisément ce qui fait la richesse de ces rassemblements, la prise de conscience d'un rapport de forces contre le système, d'abord contre son appareil répressif, et le besoin d'une permanence permettant d'aller au-delà d'une simple protestation.

 

Tout cela dérange totalement les schémas traditionnels, soit électoraux ou de réforme constitutionnelle ou autre légalisme, soit la prise d'assaut "révolutionnaire" des lieux de pouvoir, soit les perturbations du procès de production et de circulation par des actions ou des occupations des lieux d'exploitation ou des moyens de communication. Il est frappant de voir que ce mouvement de lutte refuse symboles et slogans des organisations existantes, quelle que soit leur pertinence ou leur influence antérieure.

 

Tout se passe, dans l'affirmation d'un refus de recours à la légalité et/ou à la violence sociale, comme s'il y avait une conscience diffuse d'une part de l'inanité d'une attaque frontale contre le système vu l'ampleur et l'efficacité des moyens de répression, de l'autre de l'impossibilité de paralyser l'économie capitaliste par les moyens traditionnels vu les interconnections mondiales autorisant de pallier toute paralysie de fonctionnement limitée dans un espace plus ou moins vaste mais pas à l'échelle mondiale.

 

Beaucoup, nantis de leurs instruments de mesure sociale, avec des qualificatifs divers, laudatifs ou méprisants, ne prêtent attention qu'à ce qui s'échange, qu'à ce que certains caractérisent, aux écrits, aux slogans, aux définitions, etc. Pourtant tout cela n'est souvent que l'expression d'individus ou de petits noyaux, mais surtout, ce n'est que la photographie trompeuse d'un moment d'une dynamique.

 

Quelque intéressants que puissent être les débats qui ne peuvent être que confus, ce qu'il en résultera et leur mode d'organisation (gardons nous de qualificatifs), il est un ensemble de "détails" plus ou moins négligés, qui relèvent des nécessités purement matérielles, terre à terre, qui sont, à mon avis infiniment plus intéressants parce que imposés par les nécessités de ces rassemblements permanents de plusieurs dizaines de milliers de participants : l'auto-organisation de la vie, depuis l'alimentaire jusqu'à l'évacuation des déchets. C'est ce qui se fait en ce sens, qui est peut-être le plus révélateur des aspirations de ces acteurs, plus que ce qu'ils peuvent penser, dire ou écrire sur un monde futur.

 

C'est certainement, quel que soit le sort de ce mouvement international, ces formes d'organisation spontanée dans les débats et les contingences matérielles qui marqueront la conscience des participants et influenceront, sans aucun doute, les luttes futures, quelles qu'elles soient.


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« Les jeunes réinventent les principes libertaires » (Tomaz Ibanez)


Tomas Ibanez est l'inventeur du A cerclé, et son dernier livre Fragments épars pour un anarchisme sans dogmes édité par Rue des cascades est en vente à Publico. Il est professeur de psychologie sociale à l'université autonome de Barcelone. Son interview est parue le 29 mai dans Rue 89.

A ton avis, y avait-il des signes avant-coureurs laissant présager ce mouvement ?

Rien ne permettait de prévoir que les manifestations convoquées le 15 mai dans plusieurs villes d'Espagne donneraient naissance au mouvement actuel, ni dans son ampleur, ni dans ses formes concrètes. Cette journée aurait très bien pu s'achever sur la satisfaction d'avoir réuni des milliers de manifestants, en attendant une prochaine mobilisation.

Cependant, de nombreux signes avant-coureurs permettaient de penser que, tôt ou tard, un mouvement de ce type pourrait cristalliser. Il y a eu ces dernières années toute une série d'initiatives et de luttes venant d'en dehors des organisations politiques classiques. Elles ont pris la forme d'occupations, de manifestations ou d'assemblées sur les thèmes du logement, des banques, de l'université, de la précarité…

Mais pour s'en tenir aux signes les plus récents, il y eut par exemple, en dehors de toute organisation politique traditionnelle et pendant plusieurs jours avant la grève générale du 29 septembre, des assemblées massives de jeunes dans un énorme édifice occupé en pleine place Catalunya, à Barcelone.

Son évacuation par la police le jour même de la grève se solda par des affrontements violents, et quelques mois après il y eut une nouvelle tentative d'occupation pour maintenir à nouveau des assemblées massives.

Au début du mois d'avril, une manifestation convoquée à Madrid sous l'appellation de « Jeunesse sans futur » réunit plusieurs milliers de personnes qui scandaient : « Sans maison, sans boulot, sans retraite, sans peur », et qui faisait écho aux grandes manifestations convoquées le mois d'avant au Portugal par la « génération désespérée » sous le titre la « révolution précaire ».

Quelles sont, selon toi, au-delà des causes immédiates, les racines qui ont produit une insurrection de cette forme ?

Elles sont nombreuses :

  • 45% de chômage chez les jeunes

  • une crise économique qu'on prévoit longue

  • l'absence de perspectives d'avenir

  • des mesures de restrictions économiques et sociales

  • des appels au sacrifice et à l'austérité

  • le spectacle de l'impunité de la corruption des politiciens

  • le scandale des hauts revenus dans les conseils d'administration et des bénéfices des banques

  • l'attitude conciliatrice des syndicats

  • le discours vide des partis politiques et leurs magouilles

Il y a là un ensemble de circonstances qui expliquent suffisamment le mécontentement, l'indignation et l'écœurement d'une partie de la jeunesse, mais il y a aussi d'autres éléments qui ont rendu possible ce que tu appelles l'insurrection actuelle :

  • la crise de la représentation, c'est-à-dire le sentiment de n'être reconnu par personne dans une démocratie dite représentative

  • l'abandon de la peur : c'est elle qui, dans des situations de récession, bloque la combativité ; les gens ont peur de perdre leur travail, d'encourir des représailles…

  • le sentiment d'un manque d'éthique généralisé, dans les relations internationales, dans les partis politiques, dans les milieux financiers

  • le sentiment qu'alors que des manifestations de résistances se produisaient un peu partout, Grèce, Angleterre, Portugal… la jeunesse espagnole était anesthésiée

  • la capacité de vaincre, très présente dans la force de l'imaginaire récent, manifestée par la détermination des occupants de la place Tahrir, au Caire.

En même temps, il est probable que pour ce qui est des formes concrètes prises par le mouvement, auto-organisationnelles, autogestionnaires, « assembléistes », sans leaders, avec des rotations permanentes, une certaine influence provienne des traditions libertaires ancrées dans l'imaginaire espagnol, et des réminiscences d'un Mai 68 que l'on retrouve dans l'ingéniosité des phrases écrites sur les affiches.

Ce qui a fourni au mouvement l'énergie nécessaire pour pouvoir s'affirmer, c'est l'expérience, constituée ces derniers temps, d'avoir la capacité de rassembler des milliers de personnes en dehors des organisations traditionnelles, et l'expérience de la force qui surgit de la mise en commun de volontés toutes différentes entre elles, mais tendues par le sentiment qu'« ensemble nous pouvons ».

Quelle est l'influence des différentes organisations politiques traditionnelles impliquées dans le mouvement ?

Même si des membres des organisations politiques traditionnelles participent au mouvement, ces organisations n'y sont pas impliquées.

Les assemblées n'acceptent pas que l'on puisse parler au nom d'une organisation et ils s'en tiennent fermement au principe que chaque participant n'intervient qu'en son nom et ne représente que lui-même.

Le slogan « personne ne nous représente » abonde sur les affiches et le mouvement a même refusé de se placer sous la dénomination des organisateurs des manifestations du 15 Mai « Démocratie réelle, maintenant ».

Les drapeaux, sigles, signes distinctifs… des organisations politiques ou syndicales sont bannis de l'espace occupé, et l'attitude est d'un respect extrême envers les intervenants, quitte à ce que l'assemblée manifeste sans bruit l'accord ou le désaccord.

L'organisation même du mouvement rend difficile qu'il puisse être chapeauté par une structure politique, parlementaire ou pas, car les propositions sont discutées dans les assemblées ouvertes de chaque commission, puis portées chaque jour devant l'assemblée générale, et les membres de la commission générale de coordination sont soumis à rotation.

Comment vois-tu la suite, après l'intervention de la police à Barcelone, et cette « offensive » des commerçants de Sol, sans parler des appels du Parti populaire au « nettoyage » des campements ?

La suite immédiate est difficile à prévoir, car les rebondissements sont incessants. Vendredi, la police intervenait à Barcelone : le résultat, c'est que ça a relancé et fortifié le mouvement, qui a regroupé dans la soirée des milliers de participants.

Les interventions des autorités ont toujours eu jusqu'à présent le même effet : évacuation de la Plaza del Sol à Madrid, retour en force du mouvement ; interdiction des occupations la veille des élections du 22 mai, renforcement du mouvement ; intervention musclée du 27 mai, relance du mouvement.

Les agissements des autorités étant imprévisibles, il n'est pas exclu qu'une nouvelle décision ravive une fois de plus la mobilisation. Ceci dit, le plus probable est que les occupations des places espagnoles prennent bientôt fin et le mouvement se pose bien sûr la question de sa continuité.

Il y aura sans doute une certaine délocalisation en créant des collectifs de quartier et en maintenant les contacts entre collectifs au niveau des villes et du pays dans son ensemble, mais en maintenant des structures souples et en évitant la forme parti.

Il est possible qu'à la longue, seuls fonctionnent vraiment les réseaux Internet, mais ils garderont la possibilité de réinitier des occupations de places publiques, des manifestations, et des actions diverses qui n'auront d'autre garantie de succès que la réceptivité qu'elles trouveront chez les concernés.

Ce qui sans nul doute laissera des traces profondes c'est le processus enclenché, c'est l'expérience vécue par des milliers de jeunes et les transformations qu'ils auront éprouvées.

J'ai l'impression que ce mouvement confirme les thèses que tu développes dans ton livre. Mais alors, pourquoi s'affirmer encore anarchiste, comme tu le fais avec toute la confusion trimbalée par le vocable ?

Oui, il s'agit d'un mouvement qui se coule difficilement dans le moule des organisations et des idéologies classiques. Mais tout en rejetant les étiquettes politiques identitaires, il réinvente dans la pratique bon nombre de principes organisationnels et politiques libertaires, ou en tout cas anti-hiérarchiques, horizontaux et soupçonneux envers les rapports de pouvoir.

Ce genre de mouvement a bien sûr toutes mes sympathies, et cependant j'ai du mal à renoncer à mes références anarchistes. Il se pourrait que ce soit une inertie liée à ma biographie, trop d'années vécues dans cette identité pour pouvoir la changer maintenant, peut être… mais je ne le crois pas.

Je crois que tout en ne mettant pas en avant cette étiquette, en demeurant critique envers bien de ses aspects et en sachant quelle est sa charge de confusions, la référence au bagage d'expériences historiques, de réflexions et de débats que charrie l'anarchisme continue à être utile pour se maintenir vigilant face aux mille ruses du pouvoir.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 10:38

 Où trouver le Monde libertaire près de chez vous ?

 

ML-1638-recto.jpgML-1638-verso.jpgSommaire

Actualité

Le G8 s’amuse, par J. Langlois, p. 3

Piège syndical, par L. Barbesois, page 5

L’Autruche, par F. Ladrisse, p.5

Des brèves, un strip, p. 6

Antifascistes rennais agressés, Collectif antifasciste rennais, p.7

Potkinisme

Le sang vert de la terre, par N. Potkine, page 8

Arguments

Être éducateur et libertaire, par Agnès, page 9

International

Grèce : face à la répression, la solidarité, Eutopia, page 11


Espagne : révolution (?) du soleil, par G. Goutte, page 12

Sciences

Une histoire de confiance et de pilules, par P. Servigne, p. 16

Histoire

1947 : grève chez Renault, par M. Joyeux, p. 18

Lectures

Les individualistes aux Éditions libertaires, par J.-M. Raynaud, page 19

S’émanciper en s’éduquant, par M. Crès, p. 20

Mouvement

C’est pas du cinoche, page 21

68e congrès de la Fédération anarchiste, page 21

La plus michto des radios, p. 22

L’agenda vous appelle, page 23

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 21:01

Salut,

et hop, un p'tit agenda ! Des piqûres de rappel (hé hé hé !) et quelques nouveautés annoncées par *

Peut-être à demain pour certains & certaines d'entre vous à Auray, pour la discussion/débat sur la vidéosurveillance, le contrôle social, la caravane des gueux & gueuses contre les politiques sécuritaires et liberticides... Et, comme d'hab', relayer ces infos ne signifie pas adhésion intégrale de la part du groupe libertaire & de la FA.

Anarchas salutations.

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Rennes, depuis le 14 mai jusqu'au 30 juillet, exposition « Le fond de l’air effraie » (dessins contre toutes les politiques racistes, sécuritaires et liberticides) :
- au Panama du 28 mai au 18 juin,
- à la Cour des Miracles du 18 juin au 1er juillet,
- au Papier Timbré du 2 au 30 juillet.

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Du 1er au 12 juin, de Notre-dame-des-Landes à Crozon, tournée de la caravane des gueux contre les politiques sécuritaires.

Etapes dans le Morbihan :
- Vendredi 3 juin à Auray, Ecole Rollo, 20h30, pour un débat sur le contrôle social en société dite démocratique (vidéosurveillance, fichiers, etc...), co-organisée avec le groupe Lochu (FA Vannes) ;
- Samedi 4 juin : Lorient : Précarité du logement, en lien avec la lutte des habitants du camping de Locmiquelic, avec le NPA, la CGT chômeurs rebelles etc. RDV à 16h Place Aristide Briand (Fnac)
- Dimanche 5 juin : Pontivy (camping à Silfiac sur l’écohameau) - Travail : réalités actuelles et utopies constructives, avec la CNT de Pontivy. Maison des associations (salle derrière à l'étage). 15h.

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Jeudi 2 juin - Presqu'ile de Rhuys (56) - Vélorution (Balade festive et revendicative à vélo, tricycle, trottinette...) - Rdv 13h Route du Golfe, du Passage à Arzon - Infos :  http://bicyrhuys.blogspot.com/p/manifestations.html

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Vendredi 3 juin - Arradon (56) - Spectacle "Basta Ya !", de la Compagnie Jolie Môme qui met en chansons et en scène les luttes, les espoirs, et les solidarités. Complexe Sportif Balvras. 18h30. Entrée libre. Organisée par Algues Au Rythme

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Vendredi 3 juin - Rennes - Redistribution de légumes et repas collectif par le restaurant de la maison de la grève - au Delta (36 Rue Legraverend, métro Anatole France)

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Samedi 4 juin - Chavagne (35) - Guerre 14-18 : des crimes des "Conseils de guerre" à la grève des tranchées : Projection suivie d'une conférence-débat (avec Eric VIOT, historien et romancier, spécialiste de la première Guerre mondiale, membre de la commission Histoire de  l'ARAC) - Co-organisée par l'Union pacifiste de France, la section rennaise de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), l'Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre (ARAC) - 20h30 Salle "l'Entre 2 rives" - Entrée libre. Infos : 06 27 37 68 29

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* Lundi 6 Juin - Lanester - L’ALID (Atelier Lanestérien d’Initiative Démocratique) organise une soirée débat sur le thème : « La Commune de 1871, épisode de notre passé ou creuset de notre avenir ? ». Soirée introduite et animée par Yves LENOIR, vice-Président de l’association nationale des « Amis de la Commune ». Elle sera l’occasion de mieux connaître la complexité des événements du « Temps des cerises » qui se sont déroulés à Paris mais aussi à Marseille, Bordeaux, Lyon, etc., et de prendre la mesure de la modernité toujours actuelle de nombreuses idées et expériences initiées en ce printemps de 1871.20h15 - Salle TAM-TAM de la Médiathèque de LANESTER - Entrée libre et gratuite

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* Contre l'aéroport de Notre Dame des Landes, la COORDINATION appelle à un rassemblement contre les forages pour la tour de contrôle prévus à la Rolandière du 6 au 9 juin 2011 :
- RDV dimanche 5 juin à la Vache Rit (lieu dit les Domaines à Notre-Dame-des-Landes) entre 17h et 20h pour discussion et préparation du campement.
- RDV lundi 6 juin à la Vache Rit à partir de 8h, pour une durée indéterminée.
Les personnes souhaitant camper sur place sont invitées à apporter leur matériel.
Infos : 06.26.96.17.67

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* Mardi 7 juin - Ambon (56) - Conférence et dégustation "Alimentation au service de l'homme et de la planète", proposées par l'asso Terre en Vie ; Avec le Docteur Nicolas Le Berre, médecin homéophate, acupuncteur, professeur de yoga, confériencier et auteur de livres sur l'alimentation saine. 20h30 - Espace Le Lenn

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Mardi 7 juin - Nantes - Dans le cadre de l'Université populaire de la CNT Nantes, séance sur le situationnisme (mouvement contestataire philosophique, esthétique et politique incarné par l'Internationale situationniste, plate-forme collective fondée par huit artistes en 1957 et dissoute en 1972) + d'infos : https://nantes.indymedia.org/article/23764

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Mercredi 8 juin - Rennes - Manifestation antifasciste face au développement de l’extrême droite en Bretagne et aux méthodes violentes auxquelles elle recourt. 18h30, Place de la Mairie à Rennes. (En réaction, entre autres, à ce qui s'est passé samedi 21 mai à Rennes)

 

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Du 10 juin au 10 juillet - Rennes - FRANK ZAPPA en bandes dessinées - Exposition à la Bascule - Inauguration : concert avec Page noire et bruit marron pour une carte blanche, au Club Michel - 19h - Infos / Contact : lusineareves.com ou www.hoogabooga.buzzkompany.info

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* Vendredi 10 juin - Rennes - Redistribution de légumes et repas collectif par le restaurant de la maison de la grève - au Synthi (2 rue de Chateaudun)

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Samedi 11 juin - Augan (56) - Café coopératif Le champ commun : 21h, Trevidy et Scouarnec chantent Brassens

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* Samedi 11 juin - Séné (56) - 2e réunion pour la création d'une Université Populaire de Bretagne - 14h-18h - Salle jaune, Maison des associations, rue des écoles

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* Samedi 18 juin - Arradon (56) - 3ème édition de Mamm Douar, fête des résistances écologiques en Bretagne, organisée par Ingalan Bro An Alre.
15h : Marc'had Reiz (marché équitable) avec une vingtaine d’exposants, artisans et producteurs / 19h Concerts : La Batouk de Ploukatak (percussions brésiliennes), Soadan (jazz/latino) et Odonate(rock)... / Stands d’information dont le groupe libertaire Lochu (FA Vannes) et le collectif végétarien Veg 56... / Restauration bio (viande et végétarienne) / Bar à vins et bar à Bière bio. Infos : http://www.ingalan.org/207-mamm-douar-fete-des-resistances.html

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* Samedi 18 Juin - Concarneau - Dixième vélorution, organisée par le Centre de Recherche sur l'Avenir des Déplacements Écologiques (Crade 8, rue des thoniers), afin de continuer de faire vivre l'atelier vélo de Concarneau : un lieu où se transmet lentement et sûrement la culture du vélo - Place de la Mairie, Rendez-vous 14h, départ 14h30

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* Dimanche 19 juin - Sérent (56) - Pique-nique végétarien : chacun-e apporte un plat et on partage - Table de presse : droits des animaux, aspects écologiques, sanitaires et de solidarité internationale liés à la production/consommation de viande et au végétarisme, recettes - Rdv au Plan d'eau, rue du 3 août 1944

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* Dimanche 26 juin - Auray (Port de St Goustan) - Pique nique du groupe libertaire Lochu - Ferrer & FA Vannes - Lorient - Ce sera aussi le 1er anniversaire des caméras de vidéosurveillance dans un lieu public à Auray. RDV à midi - Chacun, chacune apporte une préparation et /ou une boisson et on partage (préparations végétariennes appréciées) - Table de presse

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* Du vendredi 8 au dimanche 10 juillet - La Pâquelais (Vigneux de Bretagne 44) - 3 jours de résistance contre l'aéroport de Notre dame des Landes, pour un autre choix de société. Camping, débats, conférences, expos, animations culturelles, concerts, action symbolique, pique-nique... Thèmes : énergie et climat, souveraineté alimentaire, justice sociale. Infos et détails : http://ete-2011-resistance-ndl.blogspot.com/

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Published by anars56 - dans Actus
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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 17:30

affichette surveillance auray 4

Misant moins sur la répression, sans l'abandonner pour autant, les sociétés dites démocratiques développent à différents échelons un contrôle social pour canaliser les contestations. Ce contrôle social, qui semble faire consensus entre la droite et la gauche, présente  différents aspects, qui doivent être interrogés au regard de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. C'est ce que développera Jean-Pierre Tertrais, auteur d'un livre sur le sujet. Ce vendredi 3 juin est également la troisième étape de la caravane des gueux & des gueuses contre les politiques sécuritaires et liberticides, en tournée en Bretagne jusqu'au 12 juin. La soirée est ainsi co-organisée par le groupe libertaire Lochu (fédération anarchiste Vannes) et la caravane des gueux. École Rollo, 1 rue Picasso, salle Julienne Marca - 20h30 - Entrée libre. Infos : fedeanar56@yahoo.fr
Information sur la Caravane des gueux : http://caravanedesgueux.over-blog.net/

 

 

 

  caravane des gueux

 

Mercredi 1er juin : Notre-Dame des Landes (hébergement squat la pointe)

* Formation action directe non-violente

* Information autour de l'aéroport

Aux Planchettes  lieu occupé situé sur la route allant de la Paquelais à Fay de Bretagne. 14h

site de la ZAD

 

Jeudi 2 juin : Rennes (hébergement au Rheu)

* Débat sur le thème "écologie et justice sociale" avec la Souris Verte.

Aux champs Guillaume à coté du lycée agricole du Rheu. 9h

site de la souris verte

 

Vendredi 3 juin : Auray

Réunion publique sur le contrôle social, à Auray, avec Jean-Pierre TERTRAIS auteur d'une brochure sur la question. Organisé par le groupe libertaire René Lochu.

Groupe scolaire Rollo, Entrée libre. 20h30.

 

Samedi 4 juin : Lorient

* Précarité du logement, en lien avec la lutte des habitantEs du camping de Locmiquelic avec NPA, la CNT..., et mobilisation avec les indignés de Lorient.

Place Aristide Briand (devant la FNAC) à partir de 16h.

site des chomeurs rebelles du Morbihan


Dimanche 5 juin : Pontivy

* Travail : réalités actuelles et utopies constructives, avec la CNT Pontivy.

Maison des associations (salle derrière à l'étage). 15h.

cnt-pontivy@mailoo.org

 

Lundi 6 juin : Mellionnec (Ker Saoz)

* Vers une autonomie globale (habitat, nourriture, énergie...), avec les habitantEs du lieu.

* étape vers Rostrenen avec roulotte(s)

Kersaoz sur la route de Mellionec Langoellan, au fond du hameau. 12h

 

Mardi 7 juin : Rostrenen

* Animation sur le marché sur la LOPPSI et autres lois sécuritaires...

* étape vers Trémargat avec roulotte(s)

Sur le marché. 11h

 

Mercredi 8 juin : Trémargat

* Echanges locaux et gratuité, au café associatif Tremargad Café.

* Participation à la zone de gratuité locale en apportant quelques objets...

Dans le centre. 15h

 

Jeudi 9  Vendredi 10 juin : Quimper

* Information/action autour des lois sécuritaires avec les CRABES

Jeudi place Corentin. 16h

 

Samedi 11 et dimanche 12 juin : Brest et Crozon


N'hésitez pas à nous contacter à caravanedesgueux@mailoo.org pour nous dire si vous souhaitez être présent sur tout ou partie de la caravane, ou sur une étape en particulier, et si vous disposez d'un véhicule (camionnette, caravane, voiture...).


Les étapes redéfinies sont visibles sur google map : link

 

N° de tél : 06-43-85-16-66

 

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Extrait d'une interview de Serge Quadruppani, auteur de La politique de la peur, qui relativise la répression et qui nous invite à ne pas sombrer dans la peur.

 

La répression est-elle un mode de gouvernement, actuellement ?

Je suis perplexe devant le discours qui dit que la répression s’accentue. Depuis les années 70 et le discours sur la fascisation de l’Etat que tenaient les maos, je trouve que dans nos milieux, on passe notre temps à dire que la répression s’accentue. Je pense que la répression existe toujours, qu’elle prend des formes différentes, qu’elle prend des visages différents et que ce qui est intéressant, c’est d’analyser leur changement. Mais concevoir sans arrêt la situation en terme de fascisation, je trouve que ça ne fait pas beaucoup avancer parce que depuis le temps que l’Etat se fascise, on devrait être dans le fascisme. Or je pense que la compréhension des processus de répression et de contrôle ne doit pas nous empêcher de voir aussi ce qui fait tenir le système par ailleurs. Le système ne repose pas uniquement sur la répression et c’est pour ça que la répression ne s’accentue pas sans arrêt, à chaque instant. Le moment Sarkozy est effectivement un moment où on montre les muscles.

C’est vrai que par exemple avec la répression dans les banlieues, on gâche encore plus qu’avant la vie des gens. Mais pendant les émeutes de 2005, il n’y a pas eu de morts ou alors s’il y en a eu, parce que dans ce cas là, il y a toujours des discours sur les morts qu’on a cachés mais en tous les cas, il n’y a rien eu de comparable avec ce qui se passe aux Etats unis dans des cas pareils où la police n’hésite pas à tuer. Et là, visiblement, la police avait l’ordre de faire tout ce qu’elle voulait mais pas de tuer. On a l’impression que ça fait partie de la gestion des quartiers dits difficiles par la police et qu’ils ont carte blanche sauf qu’il ne faut pas tuer. De temps en temps, ils tuent parce qu’il y a toujours les morts par les dites bavures mais quand même, la volonté, c’est d’éviter ça au maximum. Ca, c’était jusqu’à présent. On ne sait jamais ce que nous réserve Sarkozy avec l’approche des élections. Tout est possible. Il peut aussi décider qu’une bonne séquence d’émeutes en tuant quelques jeunes pourrait lui être profitable. Il faut toujours voir les deux côtés des choses. Mais le monde ne tient pas uniquement sur la répression. Il tient aussi sur une forme de positivité qu’il apporte aux gens : la consommation ou le rêve consommatoire qui est quand même essentiel. C’est le "care" si cher à Martine Aubry. Il y a malgré tout une forme d’Etat social qui continue à exister. C’est important de comprendre comment toute la société de contrôle se développe, s’étend mais c’est important de comprendre aussi ses limites et de comprendre que la société ne repose pas que sur le contrôle. Et qu’il nous appartient à nous à la fois de trouver des moyens, des formes d’affrontements avec l’Etat qui ne soient pas sur son terrain, c’est-à-dire, ne pas jouer à la guerre parce que sur ce terrain, l’Etat gagne toujours, ce qui ne veut pas dire que je suis non violent et à la fois trouver des formes d’affirmation, d’association qui nous donnent le sentiment d’échapper au système consommatoire, au système de crédit, au système qui nous fait accepter les contrôles.

(...)

C’est clair qu’il y a un renouveau de la contestation sociale radicale qui cherche ses formes. Qu’il y ait de la répression face à ça, il n’y a pas à s’étonner. C’est très important de se battre contre la répression mais il ne faut surtout pas y passer son temps, se mettre dans l’optique de « On va vers un fascisme », cette espèce de discours anxiogène permanent qu’il y a dans des milieux militants complètement paranoïaque est à mon avis, ni vrai, ni faux.

Les gens de Tarnac ne se sont pas isolés. Quand le marteau pilon leur est tombé dessus, ils ont bénéficié de beaucoup de solidarité parce que c’étaient des gens qui avaient su à la fois se lier à la situation locale tout en gardant des contacts internationaux. Je crois qu’aujourd’hui, c’est fondamental. De même on peut aussi retourner la techno science contre elle-même avec les techniques de connexion qui existent. J’aime mieux dire connexion que communication. Parce que c’est à nous de décider s’il y a communication ou pas. Dans la novlangue, la communication, c’est un mouvement univoque, c’est quand le pouvoir parle. Aujourd’hui, avec tous les systèmes de connexion existants, on a encore plus la possibilité de se désenclaver. Il faut vraiment la saisir. C’est notre arme principale.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 10:29

 

 

« Ce que nous affirmons, c'est que la tare

doit être expulsée une fois pour toutes. »

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Frantz Fanon

 

L'Histoire officielle est souvent l'œuvre des classes dominantes. Elles y écrivent prioritairement leurs seules perceptions, dans la défense, involontaire ou non, de leurs propres intérêts. L'Histoire des populations opprimées y est généralement filtrée, rétrécie ou occultée. Implicitement, le dernier livre de Gilbert Pago, L'insurrection de Martinique -1870-1871, est une invitation à rompre avec ce schéma. L'universitaire martiniquais a déjà publié plusieurs ouvrages dont : Les femmes et la liquidation du système esclavagiste à la Martinique (éd. Ibis rouge). Ici, il nous convie à découvrir une page de l'Histoire largement ignorée. Ignorée particulièrement par une population blanche enlisée dans de faux questionnements concernant la culpabilisation de l'occident autour d'une repentance intolérable.

 

Noircir les pages


Dans son dernier ouvrage, G. Pago relate et analyse les jours de révoltes qui ont secoué le territoire antillais sous tutelle française à la fin du XIXème siècle. Comme pour d'autres soulèvements, que Alain Plénel rappelle dans sa préface, c'est un fait divers qui a été le déclencheur de la révolte paysanne : l'injustice coloniale à l'égard d'un noir de 22 ans condamné à la déportation. La colère insurrectionnelle a été la réponse spontanée de la population noire ; solidaire contre l'injustice subie par l'un d'entre eux et solidaire contre les provocations de la caste des béké-es : propriétaires et décideurs blancs, pour certains, nostalgiques de la période esclavagiste. La révolte déferlera à la fin du mois de septembre 1870 pendant 5 jours, incendiant et pillant les maisons des blanc-hes en fuite. Le contre-coup sera cependant tragique : une répression féroce et mortelle s'abattra avec des peines de prisons, des déportations, des peines de morts et une coercition exacerbée pendant plusieurs années.

Pour expliciter cette révolte populaire, G. Pago contextualise. Il nous dévoile alors les tensions d'une société héritière de l'esclavage (Après un rétablissement en 1802, la France avait aboli à nouveau la traite négrière en 1848). Autant dire que le spectre d'un nouveau rétablissement demeurait une crainte de la population noire de l'île, alimentée par un racisme qui imprégnait toujours l'ensemble des relations entre blanc-hes, mulâtres-ses et noir-es. L'auteur décortique les enjeux politiques de l'époque dans un langage assez clair : l'ensemble des protagonistes et des différents groupes sociaux y sont décrits avec finesse, tout comme la succession des événements. La mise à jour des stratégies de la justice coloniale blanche lors des procès est particulièrement intéressante.

Pour appréhender ce qu'on nomme désormais L'insurrection du sud, l'auteur a dépouillé de multiples documents d'archives. Certains sont reproduits en annexe : par exemple la liste nominative des insurgé-es réprimé-es puis condamné-es. De plus, sensibilisé à la critique féministe de l'Histoire, G. Pago n'occulte pas la participation et l'activité des femmes. Il pose alors les bases d'une analyse des rapports sociaux de sexe pour la plupart des faits : insurrection, procès, etc.

(On peut certes regretter quelques lignes trop marxisantes. Cependant,...)

Ce petit livre est une très bonne entrée en matière pour découvrir l'Histoire méconnue des sociétés antillaises.

 

Blanc comme neige ?


Dans une certaine mesure, l'ouvrage de Gilbert Pago permet d'une part de constater les continuités historiques, et d'autre part d'expliciter les soulèvements populaires qui suivront dans les colonies françaises d'outre-mer : comme le mai 67 guadeloupéen, ainsi que le récent LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon). D'ailleurs, suite à cette mobilisation exemplaire de 2009, signalons que les accords signés avec les autorités françaises sont magistralement bafoués : illustration supplémentaire du désormais classique mépris républicain.

Pendant des décennies, la France a enseigné à un peuple esclavagisé, déporté et colonisé le célèbre « Nos ancêtres les gaulois » - suscitant ainsi une forme particulière de désintégration sociale pour une pseudo-intégration à la métropole universelle. Ce livre de Gilbert Pago nous dévoile l'autre face du phénomène, il nous montre une autre Histoire. Une Histoire occultée, celle d'un peuple de résistant-es, faite de révolte, de solidarité et d'aspiration à l'égalité, réelle.

Yly

 

 Gilbert Pago:L'insurrection de Martinique -1870-1871, édition Syllepse (2011), 155 pages, 9 euros.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 10:05

"Victor Serge, l'homme double", écrit par Jean-Luc SAHAGIAN, préfacé par Yves PAGES, est paru aux éditions Libertalia en mai 2011. 235 pages, 13 euros. Disponible à la librairie Publico.

 


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Pour le Monde libertaire, nous avons interviewé l'auteur. Une petite présentation de Victor  Kibaltchitch, dit "le rétif", dit Victor Serge, permettra de situer le lascar. Né en 1890 en Belgique d'émigrés russes révolutionnaires, un peu avant sa majorité, il fréquente les communautés libertaires belges et françaises, avant de s'installer en région parisienne pour devenir rédacteur au journal "l'anarchie" de tendance anarchiste individualiste. Il se retrouvera em prisonné après l'affaire de la Bande à Bonnot. Il est expulsé ensuite en Espagne où, ouvrier typographe, il se syndiquera à la CNT en 1917 et participera à la revue Tierra y Libertad. Quand la révolution russe éclate, il fait route vers la Russie où il s'engage au Parti bolchévik. Il rentre peu en peu en dissidence en devenant opposant à la ligne stalinienne au profit de celle élaborée par Trotsky. Proscrit, il est de nouveau expulsé en Belgique puis en France. Au cours de ces années il devient aussi un grand écrivain de renommée internationale. Réfugié à Marseille durant la guerre, il doit  s'exiler vers le Mexique où il meurt en 1947. Aussi, ce livre permet-il d'envisager sous un angle original, les périodes de l'illégalisme anarchiste français des années 1910, les révolutions russe (1917) et espagnole (1936) à travers un acteur important de ces moments historiques, tout en gardant un regard à la fois émouvant et distant. Ces questionnements nous interpellent toujours aujourd'hui.

 

De quand date ta rencontre avec Victor Serge ?


Je l'ai rencontré il y a quelques années en lisant les "Mémoires d'un révolutionnaire". Je ne suis pas un spécialiste de Victor Serge ni de quoi que ce soit. Si j'ai commencé à m'intéresser à lui et à écrire sur lui, c'est parce qu'il m'interrogeait. C'était aussi une sorte de jeu. Sans plan préétabli, j'ai commencé à écrire sur cet homme et sur certains aspects de sa vie et de sa pensée. Au fur et à mesure de l'écriture, d'autres livres, d'autres itinéraires et d'autres aspects de l'œuvre de Serge venaient compléter ou parfois infirmer ce dont j'avais déjà parlé et me donnaient envie d'écrire davantage. Je suis aussi allé rechercher des documents, lettres ou journaux, aux archives à Paris, à la BDIC de Nanterre ou à l'Institut d'histoire sociale d'Amsterdam.

J'ai choisi de ne parler dans cet essai que des choses qui m'intéressaient, ce n'est pas une biographie. Ce sont donc certains aspects de Serge qui font écho aujourd'hui chez moi et peut-être chez d'autres personnes : par exemple, son rapport au pouvoir, à l'écriture, à l'amour...

 

Comment as-tu construit ton livre ?


Ce livre ne suit pas un ordre chronologique, c'est plutôt une errance dans une vie et à travers cette vie, dans le XXème siècle. Par exemple, dans le premier chapitre intitulé "l'homme lisse", je pars d'une photo de Serge datant de 1919 lorsqu'il vient d'arriver en Russie. J'ai mis ce portait en regard avec d'autres descriptions cette fois littéraires. De cet ensemble est ressortie l'image d'un homme dissimulant souvent ses sentiments. J'essaie de montrer en quoi cet homme est emblématique du siècle, emblématique du milieu bolchévik fondé sur une certaine duplicité, un refus de montrer ses sentiments. Comme s'il était sans faille, failles qui se révèleront plus tard.

Mon livre est un genre de puzzle aux pièces qui ne s'ajustent pas obligatoirement de manière parfaite, ce n'est pas une image définitive de Serge. C'était quelqu'un agité de courants contradictoires. Il s'est engagé pleinement dans son époque et a porté ainsi un certain nombre de saloperies. Il n'était pas d'un seul bloc : certains le présentent comme un résistant anti totalitaire, d'autres comme un révolutionnaire, d'autres encore comme un renégat à la cause libertaire... comme s'ils voulaient en faire une statue.

Mon livre développe donc un point de vue subjectif sur cet homme, sur ce que ça renvoie en moi aujourd'hui.

 

Tu as choisi de parler assez longuement de la jeunesse de Serge dans le milieu anarchiste individualiste... pourquoi ?


Parce qu'à mon sens c'est un moment de sa vie qui est important, qui va le travailler jusqu'à la fin même s'il choisit de mettre cette période en sourdine, un peu comme si c'était des erreurs de jeunesse.

Sa formation intellectuelle n'en fait pas un bolchévik comme les autres. D'ailleurs, lors de l'enterrement de Kropotkine, c'est le seul bolchévik à être accepté par les anarchistes, il était encore vu comme un camarade, peut-être à tort.

J'essaie de montrer une évolution beaucoup plus heurtée que ce que Serge a voulu raconter. Son passage de l'anarchisme au bolchévisme ne s'est peut-être pas fait aussi simplement que ce qu'il écrit, en tout cas pas de manière continue, harmonieuse. Peut-être que sa manière de parler de l'anarchisme individualiste et de sa fréquentation des membres de "la bande à Bonnot" révèlent un échec d'une certaine manière dérisoire au regard de son engagement dans la révolution russe. Alors que l'échec de celle-ci est grandiose ! Pour lui, son engagement bolchevik, c'est l'Histoire, alors que sa fréquentation des "hommes perdus" de la bande à Bonnot, c'est juste un fait divers.

 

Tu parles beaucoup du rapport de Serge à l'écriture, cela te semble essentiel ?


Ce qu'il y a d'étonnant chez Serge, c'est le fait qu'il mette constamment sa vie en scène dans des livres : ses romans ou ses mémoires. Il vit plein d'événements cruciaux du siècle, en n'hésitant pas à se mettre dedans, à se mettre en danger, que ce soient avec les anars, avec les bolchéviks, avec Trotsky plus tard. Il n'est pas un simple témoin, un simple spectateur. Il est aussi, presque parallèlement, un écrivain de cette vie. Il met en scène les événements qu'il traverse, il les réécrit, les réorganise et les réagence. Il en occulte une partie aussi. C'est d'abord un propagandiste et un idéologue, qui se transforme en écrivain. Il y a toujours chez lui cette hésitation entre la vérité et le mensonge.

 

Dans cet homme double, il y a aussi ce rapport au Pouvoir et à sa critique...


Je voulais tenter de comprendre les moments de sa vie où il est traversé par ces deux ressorts contradictoires : par exemple le moment où il vient en Russie et où il va directement participer au pouvoir en prenant sa carte au parti et en se mettant au service de la propagande. A ce moment, il est happé par le pouvoir, mais il faut dire aussi qu'il se laisse happer, on pourrait ajouter qu'il le sait et même qu'il vient dans cette disposition d'esprit.

Au moment de Cronstadt, la question se pose de nouveau : car on voit ce que le pouvoir d'État signifie concrètement (la répression féroce des marins et révolutionnaires du port de Cronstadt par l'État Bolchevik). C'est alors qu'il va s'éloigner quelques temps du pouvoir et aller vivre en communauté à la campagne : dans ce moment de doute, il préconise même un communisme des associations, revenant ainsi vers les idées libertaires. Sans doute songe-t-il à abandonner un temps le pouvoir. Mais tout de suite après l'échec de cette tentative communautaire et parce qu'il lui est impossible d'être en-dehors des événements, il renoue avec le pouvoir et va en Allemagne au service du Komintern.

De même pendant la guerre d'Espagne, alors qu'il est exilé en Belgique, il regrette que les anarchistes, qui sont puissants au début de la révolution et de la guerre civile, n'aient pas pris la totalité du pouvoir. Il pense que les anars sont inconséquents et regrette aussi que le POUM, le seul parti qui soit, selon lui, héritier des bolcheviks de 1917, ne soit pas plus puissant. Il n'a pas tiré vraiment les leçons de la transformation si rapide des bolcheviks en maitres absolus et impitoyables.

 

On peut dire aujourd'hui que le XXème siècle a été complètement pourri par cette question du pouvoir et de l'État : totalitaires (staliniens et nazis) ou démocratiques, qui deviennent super puissants, qui s'immiscent dans toute la société. Cela entraîne la quasi-impossibilité de poser la question de l'État, de sa critique, comme s'il n'y avait qu'une seule voie possible. Les premiers à avoir réussi une révolution ont finalement choisi le même type d'organisation que leurs ennemis. La face du monde aurait pu être différente si d'autres choix avaient été faits par les bolchéviks ou s'ils n'avaient pas éliminé tous les autres. Cela a ensuite produit la même logique dans les bouleversements sociaux suivants du XXème siècle et Serge a aussi, malheureusement, participé à la construction de ce sinistre modèle.

 

 

En quatrième de couverture, tu es présenté comme participant à une bibliothèque libertaire dans les Cévennes. Depuis quand existe-t-elle, comment fonctionne-t-elle, c'est quoi une bibliothèque libertaire tout simplement ?


Cette bibliothèque existe depuis 3 ans, elle se trouve à St Jean du Gard au 152 grand'rue. Elle fonctionne sur le principe de la gratuité (sans droit d'inscription) et sans subvention. Les événements qui y sont organisés (discussions, débats, projections, lectures, repas) sont aussi gratuits et collectifs. Ce lieu est ouvert à tous et on peut venir y partager des textes, des questionnements, des émotions, une tisane, un verre de vodka... Je crois même que des histoires d'amour ont pu commencer dans cette bibliothèque ! On peut y trouver aussi bien de la BD, de la poésie et de la littérature que des livres et des brochures portant sur la question sociale. Ce fonds est alimenté par les dons de nombreux éditeurs, libertaires et autres (ainsi que par nos bibliothèques personnelles). Il y a 3 permanences par semaine et des événements publics hebdomadaires. Enfin, de temps à autre, paraît « le bulletin des compagnons de nulle-part », recueil de textes et d'impressions sur un thème particulier. Le numéro douze, paru en avril, évoque le voyage. Ce bulletin peut être trouvé gratuitement à la bibliothèque.

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Published by anars56 - dans Histoire
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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 12:38

« De Hiroshima à Fukushima, ce qui devait arriver Areva.»
Mr. Rayon X

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous : cliquez ici !

ML-1637-recto.jpgML-1637-verso.jpgSommaire

Actualité

Surpopulation carcérale, par A. Sulfide, page 3

Non à la flikiatrie, par J. Monjot, page 4

Météo syndicale, par L. Barbesois, page 4

Répression en Grèce, Fédération anarchiste, page 5

L’Autruche, par F. Ladrisse, p.5

Une Journée contre l’homophobie ?, par P. Schindler, page 7

DSK et le FMI, par J. Langlois, page 9

Potkinisme

Gospel patronal, par N. Potkine, page 11

Arguments

Droites parlementaires et extrêmes, patronat et Église, par P. Noir, p.12

Sciences

De nouvelles armes non létales, par P. Gaucher, page 17

Histoire

Victor Serge, l’homme double, entretien avec J.-L. Sahagian, page 18

Mouvement

Manifestation pour l’auto-gestion, par Bibo, p.20

C’est pas du cinoche, par Bibo, page 21

Nécrologie : René Gieure, p.21

La plus parlante des radios, page 22

L’agenda vous appelle, camarades, page 23

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 21:06

L'enfermement psychiatrique en question(s) avec Jacques Lesage de la Haye : psychologue, écrivain, ancien prisonnier et animateur de l'émission anti-carcérale Ras les murs sur Radio libertaire.

Un débat proposé le 1er avril 2011 par le groupe libertaire Lochu et la fédération anarchiste de Vannes (cf. cet article sur le blog). Merci à François (FSL 56) pour le montage et la mise en ligne.

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 17:42

Texte de l'intervention de Jean-Pierre TERTRAIS réalisée en avril 2011, sur la question énergétique, au local la Commune de la fédération anarchiste Rennes. Il s'agit uniquement de la partie technique, la partie politique étant destinée au débat.


 

 

LA QUESTION ENERGETIQUE

 

L'histoire des civilisations est marquée par de nombreuses découvertes et inventions, mais plus particulièrement par celles liées à l'énergie. Pendant très longtemps, les sources d'énergie étaient essentiellement des énergies renouvelables (bois, tourbe, vent, hydraulique, énergie animale et humaine).

  TN-Jongleur

A partir de la révolution industrielle survenue au 19e siècle, un fossé est franchi : le charbon et la machine à vapeur, puis le pétrole, le gaz naturel, l'électricité, l'uranium rendent l'énergie abondante et bon marché, reléguant en grande partie les énergies renouvelables aux oubliettes parce que non concurrentielles. C'est-à-dire que le capitalisme subordonne les lois de la physique et de la vie à ses propres lois économiques, et en plus au nom du réalisme.

 

Il faut noter que le recours au charbon est dû à une exploitation inconsidérée du bois au point de provoquer une situation de crise grave. C'est en se plaçant eux-mêmes dans une impasse énergétique que nos ancêtres ont été contraints d'exploiter de nouvelles filières et de passer outre leurs inconvénients.

 

Il faut aussi rappeler que les limites du système énergétique médiéval conduisirent à prélever des ressources à l'extérieur du royaume et donc à conquérir de nouveaux territoires, ce que les puissances européennes réalisèrent par le commerce maritime, la colonisation des Amériques et l'esclavage, notamment en Afrique. Le progrès technique s'est souvent accompagné de massacres sociaux et environnementaux.

 

Cette transition énergétique de la fin du Moyen Age présente une situation similaire à celle que nous vivons actuellement, sauf qu'il n'y a plus, aujourd'hui, de nouveaux territoires à conquérir, et que toutes les énergies fossiles sont en passe d'être dilapidées.

 

Avec l'essor des énergies fossiles, on assiste donc à une montée en puissance des économies occidentales, convaincues de leur supériorité, avec l'idée que les réserves en énergie, et en matières premières, n'ont pas de limites, que la croissance est normale, nécessaire et qu'elle peut durer indéfiniment.

 

Ce qui est sidérant aujourd'hui, c'est la facilité avec laquelle on brûle un litre d'essence, et le fait de savoir que pour obtenir ce litre d'essence, il aura fallu que 23 tonnes de matière organique soient transformées sur une période d'au moins un million d'années. Il y a bien un télescopage entre le temps industriel et le temps géologique.

 

Le piège que l'humanité s'est tendu à elle-même se referme, à savoir que la croissance économique couplée à la croissance démographique ont créé un ensemble gigantesque de besoins que les capacités de régénération de la planète ne vont désormais plus pouvoir satisfaire.Le sociologue Alain Gras explique dans son livre « Le choix du feu » que si la biosphère se porte mal, c'est à cause de l'utilisation incontrôlée par l'espèce humaine de la puissance du feu. Les énergies naturelles imposaient des limites, elles contraignaient à la prise en compte d'éléments extérieurs à la volonté de l'homme : le vent parce qu'il est instable, le bois parce qu'il se reproduit lentement, l'eau parce qu'elle ne fournit sa force que sur les lieux précis. Le feu de l'énergie fossile débloque ce verrouillage, et par conséquent dissipe la notion de contrainte, et donc la fonction de vigilance. Tout est désormais permis. Il n'y a plus de signal d'alarme.

 

S'agissant des lois de la physique et de la vie, il faut savoir que les systèmes vivants peuvent accroître leur niveau d'ordre et de complexité en augmentant la quantité d'énergie qui les traverse ; mais ce faisant, ils augmentent inévitablement l'entropie au sein du système plus vaste auquel ils appartiennent. L'ordre a toujours un coût en termes d'énergie. Voici ce qu'écrit Richard Heinberg dans « Pétrole la fête est finie » : « Telles sont les règles du jeu en ce qui concerne l'énergie et la vie : les ressources sont toujours limitées et rien n'est gratuit. A long terme, il est dans l'intérêt de toutes les espèces d'utiliser l'énergie de manière parcimonieuse. Si la compétition existe évidemment dans la nature, elle est temporaire et limitée ; la nature privilégie les arrangements stables impliquant l'autolimitation, le recyclage et la coopération ».

 

Voici les principales caractéristiques de la situation énergétique actuelle : il se trouve qu'elles sont toutes plutôt défavorables.

 

° La dépendance totale des sociétés modernes vis-à-vis des ressources énergétiques fossiles

Presque tout ce que nous pouvons toucher contient du pétrole, soit dans le processus de fabrication soit dans l'acheminement. Les transports représentent le premier des débouchés du pétrole avec la moitié des produits pétroliers consommés dans le monde.

 

L'agriculture et l'agroalimentaire sont devenus très dépendants du pétrole : mécanisation, pompage pour l'irrigation, engrais industriels, pesticides, culture sous serre, acheminement des produits agricoles, emballage, réfrigération. Ainsi, le pétrole et ses dérivés interviennent à quasiment toutes les étapes de la chaîne agroalimentaire.

 

° La vulnérabilité des sociétés industrielles face aux ruptures économiques et politiques résultant de réductions même mineures de la disponibilité des ressources énergétiques. Plusieurs événements (pannes, défaillances, grèves, sabotages, attentats, troubles politiques...) ont, depuis le début de l'ère pétrolière, perturbé plus ou moins gravement, l'activité économique et la vie quotidienne (voir surtout le premier choc pétrolier de 1973).

 

° L'augmentation prévisible de la demande Deux facteurs conjuguent leurs effets :

  • l'augmentation de la population mondiale, qui va passer d'un peu plus de 6,5 milliards aujourd'hui à environ neuf milliards vers 2050, c'est-à-dire des besoins nouveaux considérables en termes de nourriture, d'habitat, de chauffage, de transport...

  • le développement économique de plusieurs pays comme la Chine, l'Inde, la Russie, le Brésil, c'est-à-dire là aussi un prélèvement important d'énergie et de matières premières.

 

°La question du réchauffement climatique Même s'il n'est pas sûr que cette question soit la plus importante des problèmes écologiques, elle n'est pas vraiment prise au sérieux par beaucoup parce que ses effets apparaissent lointains, globaux et diffus. Or les taux de CO2 actuellement constatés (et surtout dûs à la combustion des énergies fossiles) sont supérieurs de 30% aux taux maximaux constatés ces 400 000 dernières années. Les conséquences sont difficiles à évaluer mais suffisamment inquiétantes pour amorcer un changement radical de nos modes de vie.

 

° Le caractère inévitable de l'épuisement des énergies fossiles La production journalière vient probablement d'atteindre son maximum et va bientôt commencer à décroître, selon un phénomène que l'on appelle la déplétion.

 

En supposant une croissance de la consommation mondiale d'énergie primaire de 2,53% par an, les réserves mondiales prouvées en nombre d'années de consommation sont de 25 ans pour le pétrole, de 35 ans pour le gaz naturel, de cent ans pour le charbon, de 55 ans pour l'uranium.

 

D'autre part, les découvertes de pétrole diminuent. Il faut rappeler que les dix plus importants gisements au monde en termes de débit ont tous été découverts entre 1927 et 1976. Globalement, nous consommons aujourd'hui quatre barils de pétrole pour un baril découvert.

 

Pour ce qui concerne le pétrole « non conventionnel », c'est-à-dire non exploitable directement – sables asphaltiques, schistes bitumineux, huiles extra-lourdes – il se caractérise par un rendement énergétique médiocre, voire nul, et un coût d'exploitation élevé ; il ne représente donc en aucune façon un réel espoir.

 

Un autre facteur risque d'aggraver la situation : la raréfaction prévisible de nombreuses matières premières, comme le cuivre ou le platine, essentielles à la production, au transport, à la distribution et à l'utilisation de l'énergie, au-delà du tarissement attendu des réserves énergétiques fossiles.

 

° La loi des rendements décroissants à laquelle sont sujettes les stratégies de captage d'énergie des sociétés industrielles : il faut de plus en plus d'énergie pour produire une même quantité de pétrole, de gaz ou de charbon. Il faudra bientôt investir plus d'énergie, en moyenne, pour explorer, forer et extraire le pétrole que les puits eux-mêmes pourront produire.

 

° Le caractère immédiat du pic de la production d'hydrocarbures Hubbert, géophysicien américain, avait suggéré dans les années 1940 que la courbe de production d'une matière première donnée est une courbe en cloche (une phase ascendante, un plateau ondulé, un déclin). Pour les estimations pessimistes, le pic oscille entre 2007 et 2012. Selon les optimistes, il aura lieu vers 2030. Or l'AIE, jusqu'à présent optimiste, vient de reconnaître que l'on est en train de vivre en ce moment le pic de production (la production mondiale de pétrole stagne depuis deux ou trois ans autour de 85-86 millions de barils par jour, alors qu'elle a toujours augmenté jusque-là )

 

° L'impossibilité de remplacer intégralement par des alternatives cette source d'énergie concentrée et pratique que constituent les hydrocarbures.

  • Le gaz naturel est loin de posséder les qualités du pétrole et, de toutes façons, il suit la même courbe de Hubbert que celle du pétrole avec un léger décalage.

  • Le charbon : c'est le plus abondant, mais le plus controversé en raison des dégâts humains et environnementaux qu'il occasionne.

  • Sous les apparences d'une énergie propre, le nucléaire cumule de nombreux le-cri-nucleaire.pnginconvénients (accidents, prolifération, déchets, effets sur la santé des salariés et des populations environnantes, coût réel exorbitant, notamment du démantèlement des centrales, minerai d'uranium en quantité limitée et présent dans quelques pays seulement, société policière, militarisée induite par le choix du nucléaire).

Les énergies renouvelables (solaire, hydraulique, éolienne, la biomasse, c'est-à-dire les matériaux végétaux, l'énergie des mers, l'énergie géothermique). Il est très probable que ces énergies ne constitueront qu'un appoint. Les énergies renouvelables cumulées ont un potentiel théorique très élevé de production énergétique, mais ces gisements très abondants sont en fait extrêmement difficiles à exploiter massivement, de façon durable.

Leur gros avantage, par contre, est qu'elles sont largement réparties sur l'ensemble de la terre. Une des conséquences de cette répartition est l'idée d'une possible production délocalisée de l'énergie, ce qui constitue un atout évident pour une société libertaire.

 

Concernant les agrocarburants, il faut rappeler que, même avec une amélioration future des rendements, leur production mobilisera des pourcentages insupportables de terres cultivables, créant une compétition entre cultures vivrières et cultures destinées à la production d'énergie.

 

Quant à l'utilisation d'autres sources d'énergie pour la propulsion des véhicules – voiture à hydrogène ou voiture électrique – ces solutions présentent en fait un potentiel très limité. Concernant l'hydrogène, il faut rappeler qu'il n'est pas une source d'énergie mais un vecteur d'énergie. Pour donner un ordre de grandeur, il faudrait multiplier par deux le parc mondial de centrales nucléaires pour obtenir l'hydrogène nécessaire au remplacement du parc automobile mondial actuel. S'agissant de la voiture électrique, outre le temps de chargement assez long des batteries et la faible autonomie, généraliser la voiture électrique impliquerait, là aussi, un recours important au nucléaire. Avec la nouvelle catastrophe au Japon, rien n'est moins sûr.

 

Si l'on procède donc au bilan global des ressources énergétiques plausibles par rapport aux besoins prévisibles, l'optimisme n'est pas de mise. Une demande en hausse, une production en baisse, pas de solution de rechange, des prix qui s'envolent : c'est bien une crise énergétique qui se profile, et qui va toucher des populations absolument pas préparées puisqu'abreuvées de discours rassurants.

 

Richard Heinberg, auteur de Pétrole la fête est finie, écrit : « Une fois que l'humanité aura traversé la période à venir de diminution de la complexité, il est entièrement possible que nos descendants jouissent d'un mode de vie bien moins gourmand en énergie et plus épanouissant. Mais le parcours nécessaire pour y arriver, en partant d'où nous sommes, a de fortes chances d'être extrêmement pénible, et la satisfaction éprouvée une fois la destination atteinte dépendra dans une large mesure des actions entreprises maintenant ».

 

Il n'est pas envisageable d'empêcher les pauvres de s'assurer un minimum de croissance économique. Il n'est pas envisageable non plus d'obliger les nouveaux arrivants (plus de deux milliards d'ici 2050) à manger des cartes de crédit ou des pommes de terre virtuelles. Il reste donc à remettre en cause le gaspillage, mais aussi en partie le mode de vie des pays industrialisés, et plus précisément celui des riches des pays riches, mais aussi des riches des pays pauvres. Jusqu'où ? Telle est la question.

 

Les axes fondamentaux autour desquels se décline la sobriété énergétique qui nous attend sont connus :

° le respect du rythme de régénération des ressources renouvelables (forêts, ressources halieutiques) ;

° le ralentissement de la consommation des ressources non renouvelables ;

° les économies d'énergie ;

° l'éco-efficience : rationalité technique qui permet de fabriquer un même objet avec moins d'énergie et de matières premières ;

° la relocalisation de la production ;

° le recyclage des matériaux ;

° le développement des énergies renouvelables.

 

Les solutions au quotidien sont également connues. Côté transport (50% de la consommation de pétrole, rappelons-le) : contraction du commerce mondial (des dizaines de milliers de tonnes de marchandises parcourent chaque jour des dizaines de milliers de km, avec souvent les mêmes produits dans les deux sens). Réduction de la mobilité des hommes : distances du domicile au lieu de travail, ce qui suppose une réorganisation du travail et de l'urbanisme, utilisation de modes de transport doux (marche, vélo pour les courtes distances), covoiturage (ce qui suppose une remise en cause des habitudes), transports en commun. Côté alimentation : nourriture produite localement, plutôt biologique, de saison, moins carnée, lutte contre le suremballage.

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Published by anars56 - dans écologie
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Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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