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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 17:14

Stop Nucléaire 56 / Trawalc’h
6 rue de la Tannerie - 56000 VANNES
Tél. 06 67 67 27 74 - Fax 02 97 40 31 12 - stop-nucleaire56@laposte.net
http://stop-nucleaire56.new.fr/

 

Communiqué de Stop Nucléaire 56 / Trawalc’h :

 

Après Three Mile Island - 1979, Tchernobyl - 1986, la catastrophe nucléaire de Fukushima nous rappelle aujourd’hui cette dure réalité : le nucléaire est dangereux, trop dangereux pour être humainement et démocratiquement gérable.

 

Notre première réaction, c’est, à quelques jours du 25ème anniversaire de Chernobyl, un sentiment extrême de solidarité avec toutes les victimes du nucléaire, et en particulier aux Japonais & Japonaises, citoyens et travailleurs du nucléaire, q ui vivent l’horreur d’une catastrophe industrielle sans précédents.  


Dans le même temps, la construction d’un réacteur supplémentaire EPR à Flamanville et de sa li gne THT se  poursuit dans un Cotentin, déjà fortement nucléar isé. L’Aut orité de Sûreté Nucléaire (ASN) a récemment osé évoquer un éventuel moratoire sur l’EPR avant d’être obligée de se rétracter. Pourtant, en plus d’autres tares, ce réacteur connaît de nombreux problèmes affectant la sûreté de l’ouvrage :
- Il ne résisterait pas à une chute d’avion,
- La fiabilité de son contrôle commande en 2009 a fortement inquiété les autorités de sûreté du Royaume-Uni, de la Finlande et de la France,

irradies de tous les pays

- L’emploi d’un combustible à haut taux de combustion et de son gainage accroîtrait encore les risques.

L’accident n’est pas toujours pour les autres. Il est urgent d’arrêter le nucléaire, d’abandonner l’EPR et les projets de relance !


A Flamanville, Samedi 23 Avril 2011 – 15h,

devant la stèle aux irradiés inconnus, il sera rendu hommage aux victimes de Tchernobyl (J.C Autret - ACRO) et de Fukushima (Yuki Takamata – Journaliste et auteure japonaise) et évoqué les risques des centrales type Flamanville et de l’EPR en construction (Didier Anger - CRILAN), une chaîne humaine se constituera ensuite vers le chantier EPR (800 mètres).

 

Morbihan Solidaire

Une délégation en car !

 

Trois rassemblements avec masques, combinaisons, die-in, chaîne humaine :

Lorient : rassemblement à 8h au marché des halles de Merville. Départ de la délégation lorientaise en car à 8h30.

Auray : rassemblement à 8h30 place Notre Dame (église). Départ de la délégation alréenne en car à 9h.

Vannes : rassemblement à 9h sur le parvis des halles des lices, chaîne humaine jusqu'à l'esplanade du port pour le départ de la délégation vannetaise en car à 9h30.

 

 

Participation et soutien à la délégation : 30 euros (foyer imposable – déduction don 66%) ou 10 €.

Réservations par mail (stop-nucleaire56@laposte.net) ou téléphone (06 67 67 27 74) en indiquant lieu de départ, tél. de contact, nombre de personnes et participation).

Voir en ligne : http://stop-nucleaire56.new.fr/

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Published by anars56 - dans écologie
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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 23:03

Nous avions fait ici-même un sort à Produit en Bretagne. Le SLB Skol-Veur Brest règle son compte à la toute fraîche marque Bretagne. Même si, par ailleurs, nous pouvons avoir des divergences avec le SLB, nous reproduisons son excellent travail de décorticage sur ce sujet précis. Il faut croire que le Conseil régional de Bretagne déborde d'argent public : outre le procès intenté à France Nature Environnement pour les affiches "algues vertes", c'est au tour du métro parisien de voir placardé 1 102 affiches "la Bretagne, corps et âme" pour la modique somme de 250 000 euros... Cf. Ouest France du 8 avril 2011

 

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Marque Bretagne : les travailleur-se-s

ne sont pas à vendre !

 

 

« Que dit-on sur les Bretons
Dans la ville des préjugés ?
On dit qu'ils sont taciturnes
Qu'ils sont têtus et poètes
Qu'ils aiment les beaux discours
Qu'ils respectent les traditions.

Solitaire, solitaire
C'est la chanson des patrons
Tous ensemble, tous ensemble
C'est le chant des ateliers qui lui répond »


Gilles Servat, « Dépliant touristique », 1977

Le 27 janvier dernier, le Conseil Régional de Bretagne lançait à grand frais (450 000 €) sa nouvelle campagne de publicité régionale : une « Marque Bretagne ». Partagé-e-s entre un franc éclat de rire et un profond agacement, nous n'avons pas tout de suite porté beaucoup d'attention à cette opération de « marketing territorial », selon les mots de Jean-Yves Le Drian. Le Conseil Régional nous rejouait la Breizh Touch mélangée à Produit en Bretagne, il ne savait plus quoi inventer pour satisfaire les patrons du tourisme et ceux de l'agroalimentaire... Le temps de visiter un peu plus en détails le site de la marque ( marque-bretagne.fr : manque de chance, ils n'ont pas encore obtenu leur .bzh !), de se farcir les recommandations aux « partenaires », les 888 pages du rapport, et on riait beaucoup moins. Même, ce qui est en train de se passer nous a semblé grave, dangereux pour tous ceux et toutes celles qui vivent et travaillent en Bretagne.

Mais de quoi s'agit-il vraiment ?

La « marque Bretagne » est une marque de territoire. Comme son nom l'indique, elle cherche donc à transformer un territoire – espace géographique habité et interprété socialement – en marque – c'est-à-dire en signe commercial d'un groupe pour ses intérêts économiques. Le marketing territorial va donc fonder sa stratégie sur un espace géographique. Ça, on a l'habitude, on avait déjà le tourisme. Mais là il va surtout se fonder sur ce qui transforme un banal espace géographique, délimité par le fait d'avoir à sa tête le même Conseil Régional, en « territoire », en espace social : les gens qui y habitent, nous, les travailleur-se-s de Bretagne.

Nous sommes donc au centre de la nouvelle politique marketing du Conseil Régional. On aurait aimé être prévenu-e-s, à défaut d'être consulté-e-s. Être invité-e-s à la cérémonie de présentation, ça, on n'y a même pas pensé. Le lendemain, on a lu dans Ouest-France qu'il y avait « du monde, et du beau monde » : des patrons, Miss France, des maires, des députés et même Nolwenn Leroy ! Histoire de nous donner une idée un peu plus claire de quelle Bretagne il s'agit de transformer en marque...

Pourtant, si le Conseil régional avait écouté ne serait-ce qu'un minimum les luttes des, disons, 40 dernières années, il aurait entendu que « La Bretagne n'est pas à vendre ! ». Ce slogan, qui a visé notamment la transformation massive de zones autrefois habitées et cultivées en parcs à thèmes et autres zones touristiques vides 10 mois par an, est désormais directement applicable à la politique du Conseil régional. Nous allons désormais devoir lui crier : « La Bretagne n'est pas à vendre... les Breton-ne-s non plus ! »

Mais comment ça marche ?

A l'inauguration, les médias ont découvert un logo : pas très original, c'est Bretagne en majuscules et en noir et blanc, avec des E sans barre verticale. Tellement peu original que les lecteur-trice-s du site du Télégramme ont mis du temps à comprendre que le fameux logo était « ce truc derrière Le Drian » [1] sur la photo. Les journalistes se sont empressés, évidemment, de lancer des sondages pour savoir si leurs lecteurs aimaient le logo, lecteurs qui ont majoritairement répondu non, mais là n'est pas la question. Les inventeurs de la marque se foutent pas mal du lecteur moyen du Télégramme. Parce que le public visé par la marque, ce sont plutôt les chefs d'entreprise et décideurs politiques « à l'international », la marque devant servir à rendre la Bretagne visible dans un marché mondialisé. Rien d'autre qu'une campagne de pub spéciale décideurs, finalement.

Mais le logo n'est que la partie immergée de l'iceberg, car la marque Bretagne est une opération de com' globale. En plus du logo, elle propose une gamme de couleurs à utiliser, des polices d'impression, des « guillemets bretons » qui reprennent les 3 bandes parallèles des E du logo, des listes de mots à employer, des thèmes centraux et même des indications de syntaxe et de style : surtout éviter ce qui fait vieillot, folklorique. Miser sur la modernité, l'humour, la légèreté...

Mais attention ! Pour avoir le droit d'utiliser cette campagne quasi-totalitaire, il faut faire un dossier et passer devant une commission ad hoc. Faut-il que l'entreprise ait son siège social en Bretagne administrative, qu'elle y vende un certain pourcentage de ses produits, qu'elle y emploie une certaine partie de son personnel ? S'agirait-il ainsi de créer des emplois en Bretagne, objectif si souvent invoqué par nos dirigeants en cette période de chômage de masse ?

Rien de tout ça. Il faut au contraire partager un certain nombre de « valeurs », terme vague qui n'a d'égal que le flou des valeurs en question : « engagement », « sens du collectif », « ouverture », « imagination ». Valeurs qui parlent d'elles-mêmes, et qui s'incarnent tout naturellement dans des entreprises telles qu'Hénaff, Bolloré ou encore Yves Rocher, citées en exemple sur le site. Ah, l'imagination légendaire d'Hénaff, l'engagement de Bolloré, le sens du collectif de la fondation dynastique Yves Rocher ! On imagine bien le niveau d'exigence qu'aura le Comité de marque au moment d'étudier les dossiers des candidats... dossiers qui comportent très exactement 4 questions, avec, à chaque fois, 10 ou 15 petites lignes où écrire sa réponse, comme pour un contrôle d'histoire...

Mais d'où ça sort ?

Logo et campagne ont été réalisés par un cabinet de Lyon (eh oui !) appelé CoManaging. Pour ceux/elles qui n'ont pas la chance de connaître ce cabinet qui travaille aussi pour un certain nombre de départements et de villes dans l'hexagone, voilà ce qu'on peut lire sur leur site : « Managers-consultants d'un cabinet conseil spécialisé dans le développement et le marketing territorial avec une expertise spécifique que nous croyons reconnue en Europe dans le marketing stratégique des territoires, en particulier dans les politiques globales d'attractivité, le tourisme, la marque et l'identité »[2]. Tout un programme...

L'idée d'origine vient du Conseil Régional de Bretagne, de l'Agence Economique de Bretagne et du Comité régional du tourisme.

Mais de quoi ça parle ?

Quelle est donc cette Bretagne que nos dirigeants s'emploient à construire, sans nous demander notre avis ? Quelle est donc cette « personnalité bretonne » qui peut devenir un atout marketing ?

Un rapport de presque 900 pages nous dresse un portrait physique et psychologique de la Bretagne. Physique puis psychologique, histoire de bien montrer que l'esprit et le caractère collectifs des Breton-ne-s sont des sous-produits de l'endroit où ils/elles vivent. Lier la géographie et l'esprit, le comportement est une base de la pensée raciste (« Mais les Noirs, c'est normal qu'ils soient si fainéants, il vivent sous le soleil, la chaleur, c'est pas le même rythme »...), qui, du 16ème siècle jusqu'à aujourd'hui, a su mettre à profit l'idée de la « différence naturelle » pour mieux classer, hiérarchiser, dominer et exploiter. Essentialiser de cette manière toute une population, c'est d'abord supposer que tou-te-s les individu-e-s qui la composent ne sont, justement, pas vraiment des individu-e-s, à peine les parties interchangeables d'un tout uniforme. C'est aussi croire que ce sont des facteurs naturels, comme par exemple la pluviométrie, la hauteur des falaises ou la vitesse du vent qui déterminent les rapports sociaux, et non des rapports de production, des rapports économiques. C'est nier en bloc, entre autres choses, l'Histoire et la lutte des classes. Pas très rassurant...

Il s'agit ici, entre autres, d'utiliser cette logique pour vanter les avantages bien cachés de la Bretagne et des Breton-ne-s. Et quelles sont donc ces qualités cachées que CoManaging et le Conseil Régional nous révèlent, diaporama idyllique à l'appui ? On découvre d'abord une sorte de délire mystique sur la « Bretagne éternelle », son rapport à la Nature, à Dieu, à la spiritualité. Une description digne d'un 19ème siècle crispé sur son organisation sociale et politique pré-industrielle, dans laquelle un usage totalement disproportionné de la majuscule, et des photos de calvaires à la pelle, tentent de masquer la vacuité du contenu par la forme et l'image... une vraie démarche marketing, finalement. On apprend par exemple qu'il y a en Bretagne « une « culture de la Nature » au coeur de la vie des Bretons : un rapport presque panthéiste à la nature, prolongeant le Temple de la Nature des Celtes, dans « l'une des régions où la Nature occupe la plus grande place ». Le « Temple de la Nature des Celtes », il fallait oser.

Un peu plus loin, le-a Breton-ne moyen-ne, statistiquement plus susceptible d'être salarié-e de l'agroalimentaire ou de la grande distribution que druide ou chanoine, apprend qu'il/elle vit dans « une « Bretagne sacrée » comme un grand oratoire naturel : une terre « spirituelle » de toutes les manières possibles, à la fois de recueillement et de transcendance, avec de grandes dispositions naturelles au mystère, à l'irrationnel et au surnaturel ».

Le mysticisme exotique et folklorisant de ces quelques citations n'est cependant qu'un début. Un peu plus loin, on s'interroge (pendant 55 pages !) sur les « questions d'ego et d'attractivité » que pose apparemment cette démarche de « marketing territorial ». Il y est question d'« Une « identité bretonne » à démêler entre « bretonnité », « bretonnitude », « celtitude », « modèle breton », culture bretonne », « esprit breton », « âme bretonne », « breizh touch », « ethnicité bretonne », « nation bretonne », « peuple breton », « mouvement breton », « nationalisme breton », « question bretonne », etc. » (p.571)

Les pages précédentes sont consacrées à l'étude d'« un « ego » breton à l'histoire très contrastée et conflictuelle ». Après un étalage d'approximations historiques et sociologiques sur l'histoire de la Bretagne et des revendications bretonnes, une partie intitulée « de l'épanouissement au rayonnement » atteint de tels sommets de ridicule qu'elle mérite d'être largement citée [3] :

« de l'épanouissement au rayonnement : au final, aujourd'hui, une bretonnité à la légitimité « reconquise et désormais apaisée » et aux valeurs recherchées, devenue un facteur de développement et d'attractivité économiques, et dans laquelle le poids symbolique de la culture et de la langue bretonnes sont de plus en plus forts.
- Une « bretonnité épanouie » qui rayonne culturellement, en donnant plus du [4] sens aux autres facteurs d'attractivité : attrait du littoral, beauté des paysages, richesse patrimoniale, qualité de vie, vie culturelle festive, image d'excellence, etc.
- une « bretonnité officielle » perpétuellement renforcée : créations de « Conseil Culturel de Bretagne » (mars 2009), de « Comité Consultatif de l'identité bretonne », etc.
- de plus en plus de « bretonnité stratégique » (« bretonnité culturelle » et « bretonnité économique » « tout naturellement » [5] en interaction), qui, à la fois, valorise et instrumentalise la bretonnité, en la faisant connaître et reconnaître, mais aussi une « bretonnité vendeuse », « en Bretagne et au-delà » :
---> depuis les années 90, succès d'un « marketing option breizh » élargi à tous les secteurs d'activité : la « bretonnité à la mode », une « Bretagne tendance » passée de la « biniouserie » à « une manière d'être et d'exister », la « celtitude »
- mais en même temps la « bretonnité sur un fil »
---> équilibre délicat pour les politiques à la recherche de la juste dose de bretonnité, « sous la pression de leurs ultras »
---> danger de « bretonnerie », de « celtomégalomanie », de perte de sens dans le « trop » de bretonnité et de celtitude affichée : « des celtopathes et des businessmen qui s'intéressent plus aux retombées en terme de profits que de culture »
---> danger de caricature de soi-même
---> effet de saturation pour les Bretons eux-même
---> une arme à double tranchant : « l'attrait pour un monde à part » mais aussi « les moteurs du dénigrement »
---> « se servir du culturel pour faire du business » : risque de « vendre son âme », en « jouant » de l'authenticité pour vendre et danger de banalisation d'une bretonnité yoghourtisée, disneylandisée, folklorisée, etc. et de dénaturation des symboles »

Il paraît qu'en Union Soviétique, il arrivait souvent aux journalistes de tomber en panne de machine à écrire à force de taper l'expression « marxisme-léninisme ». On espère que les consultants en management du Conseil régional avaient des claviers d'ordinateur de bonne qualité, pour pouvoir taper « bretonnité » 30 fois par page sans risquer la panne...

Quelques questions moins drôles que la précédente viennent quand même à l'esprit à la lecture de ces quelques paragraphes. D'abord, que cherchent le Conseil régional et ses consultants en lançant une telle réflexion sur l'identité ? Les politiques racistes mises en place par le gouvernement actuel, et les précédents, au nom de « l'identité nationale » française ne sont-elles par un repoussoir suffisant pour quiconque serait tenté de recycler ce concept ? N'y a-t-il pas d'autres « dangers » plus graves et plus pressants en Bretagne que celui de « celtomégalomanie » (sic) ? Par exemple, et au hasard, le chômage et la précarité, le niveau des salaires et des prix, les conditions de travail, la désertification des campagnes et la prolétarisation des villes, les expulsions de personnes sans-papiers, la fermeture des services publics, les violences masculines contre les femmes, les impasses de l'agriculture productiviste ?...

Penser que le Conseil régional n'a rien de mieux à faire avec l'argent public que de payer des cabinets de management pour réfléchir à des sujets aussi caricaturalement éloignés de la réalité sociale laisse rêveur-se... Mais cet infini recyclage – jusqu'à l'écoeurement - des poncifs sur « l'identité », la « bretonnité », « l'ethnicité » et autres « celtitudes » ne porte pas seulement une idéologie nationaliste inquiétante. D'autres parties du texte montrent que cet argumentaire ne permet pas seulement d'invisibiliser l'exploitation et l'oppression, il les justifie et les encourage.

Mais à quoi ça sert ?

Voici une mise en garde que l'évêché de Vannes destinait aux salarié-e-s au début du 20ème siècle et qui pourrait devenir la devise du Conseil régional d'ici peu de temps...
« Saint Yves protège les Bretons, mais Saint Dicat les envoie en enfer »

En effet, ce qu'ils ont trouvé de mieux à vendre en Bretagne, ce sont ses habitant-e-s, et leurs qualités de travailleur-se-s honnêtes, sérieux-ses et dur-e-s à la tâche que les évêques et les patrons vantaient déjà au 19ème siècle. On découvre donc l'existence d'« un esprit breton forgé par les éléments », [avec] « un tempérament solide, « pas trop stressé », et surtout travailleur et honnête », d'une « forte motivation des Bretons pour ce qu'ils font, sérieux, fiables, courageux, gros travailleurs » qui s'appuie sur une culture du « sérieux, [l']importance du travail et de l'activité utile ». C'est tellement beau qu'on dirait Théodore Botrel...

Mais les Breton-ne-s ne sont pas que les produits des « éléments » déchaînés, c'est aussi leur « culture », leurs « valeurs » qui, comme par hasard, correspondent miraculeusement aux désirs les plus profonds de la classe capitaliste. Ils/elles sont « proches des valeurs traditionnelles ». Mais lesquelles ? En plus de la piété légendaire dont nous avons parlé plus haut, il s'agit certainement de l'obéissance, qui manque tellement chez les prolétaires d'aujourd'hui... D'ailleurs nos enquêteurs remarquent la « force de la valeur travail » et la « fiabilité » qui caractérisent les autochtones. Qu'on se le dise : entrepreneurs, installez-vous en Bretagne, vous y trouverez une population docile, travailleuse... et qui ne vous coûtera pas cher !

Car c'est la suite de cet argumentaire implacable, bien que dissimulé sous des diapositives pleines de poésie. Dans un dossier de recommandations aux clients de la marque, qui résume les conclusions de l'étude, et afin d'utiliser au mieux la marque Bretagne pour se positionner sur les marchés, on trouve une rubrique intitulée « l'excellence de la Bretagne en 60 chiffres-clés ». On y trouve tous les chiffres qui peuvent prouver que la Bretagne est « la meilleure » quelque part : elle a les plus grandes marées, les plus vieux calvaires, elle produit le plus de porcs, de poulets, de choux-fleurs, d'échalotes, d'artichauts, de bacheliers, etc. Rien que des chiffres qu'on nous sert régulièrement pour nous consoler de ne pas vivre à Paris et... nous consoler de ces quelques chiffres qui, au quotidien, nous importent autrement plus que l'amplitude des marées :
« 37. co-leader des régions françaises par la faiblesse de sa conflictualité sociale
38. une des 1ères régions françaises pour les niveaux du coût du travail, de l'immobilier et du foncier »

Eh bien voilà ce qu'il y a à vendre en Bretagne : une main-d'oeuvre officiellement docile (c'est-à-dire bien canalisée par la CFDT et l'influence de la JAC, de la JOC et autres organisations de collaboration de classes. Pardon, grâce à « l'influence modératrice du catholicisme social » (p.796)), et sous-payée... Même quand on a perdu depuis longtemps ses illusions sur les « socialistes », c'est assez accablant.

Puisqu'on a tellement parlé – sans la nommer, évidemment – de la classe ouvrière, il faut bien ajouter quelques lignes sur le patronat, dont la domination incontestée s'exprime si librement. Tiens, le chiffre 44, qui suit les 37 et 38 cités au-dessus en parle justement :

« 44. une des 1ères régions pour la notoriété de ses chefs d'entreprise »

Chouette, alors ! D'autant qu'on nous dit aussi que ce sont « des chefs d'entreprise à la personnalité bretonne : convictions, ténacité et audace libérés des préjugés de l'esprit de classe ». « Libérés des préjugés de l'esprit de classe », voilà qui est tout un programme... A la première lecture, quand même, on n'ose pas trop comprendre exactement ce que cela veut dire.

Ah, mais voici une confirmation, quelque part dans le dossier sus-cité : on y parle d'« une puissance de cohésion et une culture de négociation qui font rêver et une capacité à rechercher ensemble des solutions constructives ». Qui font rêver qui au juste ?! On y parle aussi d'« une remarquable modération des rapports humains : terre de dialogue et en même temps des polémiques sur tout, des luttes zizaniques comme la Bretagne les aime bien », etc. En résumé, la lutte des classes a épargné la Bretagne, c'est fantastique ! Ici règnent le consensus, la négociation, et finalement tout le monde est d'accord pour travailler plus pour moins cher, puisqu'il s'agit sans doute de l'intérêt « collectif » de la Bretagne...

Il n'y a pas que les classes sociales qui collaborent pour le bien commun en Bretagne, sorte de Pérou de la pacification sociale que seuls les consultants de CoManaging ont rencontrée. Il y a aussi « des liens familiaux puissants et des liens intergénérationnels toujours forts », qui font que les jeunes sont tous un peu vieux, et les vieux tous un peu jeunes : la preuve en est qu'ils/elles dansent tous la gavotte !

Et il y a aussi « un équilibre et une parité presque modèles par la mixité des valeurs bretonnes fortes de la solidarité et de l'égalité, et la dimension indifférenciée de la « communauté de Bretons », son goût du collectif, de la rencontre et de la fête qui transcendent les genres ». Parité et mixité qui sont bien sûr idéalement représentées par « le couple Merlin/Viviane, image mythique du couple harmonisé dans la complémentarité idéale », tout cela dans le cadre d'un « matriarcat breton plus proche de la solidité et de la nécessité pragmatique que de l'idéologie féministe », mais heureusement, avec aussi « des habitants incarnant une masculinité très archétypale, concrète et sans ambigüité ». Ouf ! On avait presque eu peur...

Mais en fait, on se foutrait pas un peu de nous ?

Eh bien si !

Voilà comment, en recyclant un tas de poncifs éculés répétés depuis bien trop longtemps par les chantres de la « bretonnité », traditionalistes et autres dirigeants qui s'appuient sur tout ce qu'ils trouvent pour assurer leur domination, voilà comment le Conseil régional essaye de nous convaincre que c'est en marchant main dans la main avec Yves Rocher, Bolloré, Hénaff, Armor Lux et tous les autres, en acceptant des salaires au rabais et des conditions de travail infernales, en ne faisant pas grève pour préserver notre faible taux de conflictualité sociale, que finalement on gagnera la visibilité de la Bretagne à l'international, et sans doute, la joie incommensurable de savoir que les entreprises « bretonnes » sont tout en haut du CAC 40.

Et voilà finalement où cette campagne veut en venir : à nous faire avaler l'idéologie du « bien commun » et l'idée de l'intérêt général, pour pouvoir nous mettre en vente sur un marché globalisé qui, sans doute, n'attend que ça. Tout cela au service du patronat breton, qui pourra se servir à son aise de cette « marque » pour laquelle il ne paiera pas un centime.

Et ils ont cru qu'on allait gober ça ?

Eh bien, oui, ils l'ont cru, mais non, ça ne fonctionnera pas ! Ils pourront toujours essayer de nous faire croire que tout va bien, que les conflits sociaux et les luttes de classes sont derrière nous, que la fin de l'Histoire est passée par là... nous ne sommes pas dupes !

Nous n'avons aucun intérêt en commun avec le patronat breton, ni avec leurs amis du Conseil Régional !!!
Et on l'a déjà dit... la Bretagne n'est pas à vendre, et nous non plus !
Et aussi, au risque de nous répéter : luttons !

SLB Skol-Veur, sections de Brest et Rennes
(Sindikad Labourerien/ezed Breizh Skol-Veur /
Syndicat des travailleur-se-s de Bretagne Université)
février 2011


[Ah oui, une dernière chose pour le Conseil Régional :
pour le titre, on sait qu'on n'a pas le droit d'utiliser votre logo puisqu'on n'a pas demandé l'autorisation au Comité de marque, et que même si on demandait on n'aurait pas le droit parce qu'on est un syndicat et que le syndicalisme ça plaît pas beaucoup à vos copains de Doux, Hénaff, Armor Lux ou autres. Mais en fait, on s'en fout, parce que ce qu'on veut, c'est juste la suppression de cette marque, de son logo, de ses partenariats et de tout le reste !]


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[1] Remarque d'un lecteur sur le site du Télégramme
[2] http://www.comanaging.net
[3] Nous renonçons à écrire sic après chaque aberration. Le/a lecteur/trice les replacera lui/elle-même
[4] Les fautes de syntaxe sont dans le texte d'origine.
[5] Cette débauche de guillemets tente de prouver que ce qui est dit est objectif, donc vrai, parce que quelqu'un d'autre l'a dit ou écrit. Comme on ne nous dit pas qui est le quelqu'un en question, la preuve est assez maigre. On sait d'ailleurs que le montage de citations est à l'analyse à peu près ce que la « bretonnitude » est à la grève du Joint Français...

 

 

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Published by anars56 - dans Anti nationalisme
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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 19:08

Une centaine de personnes - CGT, FO, Sud-Solidaires mais aussi des libertaires (AL, CNT, Fédération anarchiste - groupe lochu-Ferrer...) et des militantEs politiques (NPA, PCF...) - s'est rassemblée en soutien et pour la relaxe du camarade docker (CGT), injustement accusé d’avoir lancé un projectile sur les forces de l’ordre lors de la manifestation du 19 octobre 2010  contre la déforme des retraites ... alors que ce sont bien les forces de l’ordre  (de leur ordre) qui, sur le pont de Carnel, ont lancé des projectiles sur une manifestation tout à fait pacifique. Nous nous sommes donc retrouvéEs à partir de 13h30 et jusque 15h, devant le Palais d'Injustice (Tribunal correctionnel) de Lorient. Le délibéré est prévu le 12 mai. Le camarade risque 2 mois de taule avec sursis et 200 euros d'amendes. Nous avons aussi pu apprendre que 2 autres dockers font l'objet de poursuites par l'appareil d'Etat et sont convoqués, à ce titre, le jeudi 28 avril prochain.

 

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Selon Ouest-France du 14 avril 2011

À Lorient, un docker jugé pour violences lors d’une manifestation

Le procureur de la république du tribunal de Lorient a requis, ce jeudi après-midi, en audience correctionnelle, deux mois de prison avec sursis, et une amende de 200 € à l’encontre d’un jeune docker prévenu d’avoir jeté une pierre sur les forces de police lors de la manifestation sur les retraites du 19 octobre.

Elle s’était traduite par un face à face violent sur le pont de Carnel, entre manifestants et policiers. Le jeune homme a plaidé non coupable.

Il a affirmé ne pas se reconnaître sur clichés pris lors des affrontements. Le délibéré sera rendu le 12 mai. Pendant l’audience, une centaine de manifestants, à l'appel de la CGT, se sont rassemblés devant le tribunal pour soutenir le jeune docker.

À noter que deux autres de ses collègues seront entendus le 28 avril, par les policiers, pour des faits similaires commis le même jour. La CGT appelle à se rassembler de nouveau ce jour-là devant le commissariat de Lorient.

 

(Attention : il y a une pub insupportable au début : grrrrrrr !)

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Lorient ville

La manifestation dégénère : deux mois de prison requis

Musique à gogo, drapeaux rouges de la CGT aux portes du tribunal... Voilà pour le décor, du procès du docker jugé, hier, pour des jets de pierres sur un policier en civil, lors d'une des manifestations contre la réforme des retraites. Deux mois de prison avec sursis et 200 € d'amende ont été requis. Jugement le 12 mai.

 

De nombreux collègues et syndicalistes sont venus soutenir le docker lorientais.


La relaxe «au bénéfice du doute», c'est ce qu'a réclamé Emmanuelle Le Jossec. L'avocate du docker cégétiste a estimé que dans le dossier, rien ne permettait d'incriminer son client. À ses yeux, «dans cette affaire, on a un coupable idéal alors qu'il a toujours contesté avoir jeté des pierres sur le policier». Et d'ajouter, «oui, il a reconnu avoir été provoquant, avoir fait des doigts d'honneur et avoir repoussé des galets de gaz lacrymogène mais il ne peut pas s'accuser de quelque chose qu'il n'a pas fait !», tempête-t-elle. Le jeudi 19 octobre la manifestation, au départ pacifique et conviviale, contre la réforme des retraites s'était soldée par de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre faisant trois blessés (note Anars 56 : côté manifestants...). Alors que des milliers de personnes défilent aux abords du port de pêche, parmi lesquelles des enfants en poussette et des personnes âgées, quelques centaines de manifestants se trouvent bloqués, au niveau du pont de Carnel. C'est là que de violentes échauffourées éclatent entre les forces de l'ordre prévues pour protéger le dépôt pétrolier et les manifestants. docker-Telegramme.jpg

Désigné du doigt

C'est dans ces conditions qu'un policier en civil, arborant son brassard, a été la cible de jets de pierre. Chargé de prendre en photo les éléments les plus virulents de la manifestation, le fonctionnaire est formel sur l'identité de celui qui l'a désigné à ses camarades, pour en découdre avec lui. «Il m'a clairement montré du doigt à ses collègues et ça a commencé à caillasser», raconte le policier. Et d'ajouter, «il y avait un noyau dur qui était, là, pour bouffer du bleu !». Le docker lorientais de 29 ans, mis en cause, est tout aussi catégorique: il n'a pas lancé de pierres en direction du policier. Or sur une photo prise, on le verrait dans «la position de quelqu'un prêt à amorcer un geste de projection... ». Pour sa part, le docker dit que ce n'est pas lui, «je ne me reconnais pas sur la photo» qui pour lui «est floue». L'avocat du policier n'est pas du même avis et met en avant le bonnet qu'il portait, ses chaussures claires et... un morceau de tissu bleu dépassant de sa poche. Autant de signes distinctifs qui montrent, à ses yeux, que «c'est bien lui qui désigne à ses collègues le policier très reconnaissable avec ses 1,90m... ». Pour Me Groult «il n'est pas acceptable dans une société de droit que cela devienne une société du droit à la violence contre les forces de l'ordre malgré les différents ordres de dispersion».

Quasi-guérilla urbaine

Le procureur partage le même avis: «Raisonnablement, c'est bien lui que l'on voit armer son bras pour lancer un projectile». À son sens, il n'y a pas de place à une quelconque légitime défense dans cette «scène de quasi-guérilla urbaine». Il étaye sa conviction, «le travail de la police, c'est de repérer les agitateurs et cela faisait deux jours qu'il avait été repéré par le policier... ». «Un jeu du chat et de la souris», fait de salves de grenades lacrymogènes, côté forces de l'ordre et de jets de pierres, chez les manifestants. Pour sa part, l'avocat du policier demandait que le docker soit condamné à lui verser 150 € de dommages et intérêts et 450 € pour ses frais d'avocat.

 

Deux dockers convoqués le 28 avril par la police

15 avril 2011

Les manifestants (une centaine de syndicalistes, militants ou sympathisants) venus soutenir le jeune docker jusque sous les fenêtres de la salle d'audience l'ignorent sans doute mais ils n'ont pas été loin de provoquer le renvoi du dossier.

«Je suis timide»

En cause, une sono bien trop forte qui n'a pas manqué de provoquer l'ire du président Xavier de Bernouis. Ce dernier avait peine à entendre les propos des uns et des autres. Comme le rare public dans la salle d'audience. Le juge en a finalement été quitte pour requérir l'aide du prévenu afin de diminuer les décibels. Ce qui fut chose faite. En sortant du tribunal, le jeune prévenu s'excusait presque de tout ce bruit, au propre comme au figuré, fait autour de sa personne. Malgré les demandes des syndicalistes, il a même refusé de s'exprimer devant tous les manifestants. «Je suis très timide, a-t-il lâché. Mais le 12 mai, je serais là». Le rassemblement avait débuté quelques minutes avant que ne s'ouvre la session. Secrétaire CGT de l'union locale, Cyril Lebail avait annoncé la couleur en préambule. «Nous demandons tout simplement sa relaxe. Ou alors nous sommes tous coupables car nous étions là le 19 octobre pour aller jusqu'au port de pêche. Nous avons tous reçu des grenades, et ça, sans sommations. Les dockers sont visés car ils étaient à la pointe de la lutte. L'État ne le leur pardonne pas. C'est une vengeance, une mesquinerie». Présents en nombre parmi les manifestants, les dockers resteront dans l'actualité ces prochains jours. Le 28avril prochain, à 8h30, deux d'entre eux sont convoqués au commissariat de Lorient. «Sans motif pour l'instant, mais j'imagine que la raison est la même», avance l'un d'eux, Eddy Le Goulven, 31ans, présent hier pour soutenir son collègue. Et qui sera à nouveau présent le 12 mai prochain pour le délibéré.

 

(Attention : il y a une pub insupportable au début : grrrrrrr !) 

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 16:18

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous : http://www.trouverlapresse.com/LOP/start.do

 

ML-1631-recto.jpgML-1631-verso.jpg

 

 

Sommaire

Actualité

Association de malfaisants, par M. Silberstein, page 3

École en danger, par Fred, page 4

Météo syndicale, par L. Barbesois, page 5

L’Autruche, par F. Ladrisse, page 5

Des brèves, un strip, page 6

Urgente anarchie, L. Gallopavo, page 7

Intrusions lepénistes, par J.-P. Anselme, page 9


Potkinisme

L’argent n’a pas d’odeur, par N. Potkine, page 11


Arguments

Quelle transition anarchiste ?, par M. Silberstein, page 12

L’abstentionnisme libertaire, par G. Goutte, page 13


Histoire

Manifeste antiguerre (1915), Collectif, page 17


Lecture

Battu, par J.-M. Bongiraud, page 19

Poésie, Rabelaisie, par J.-M. Bongiraud, page 20


Mouvement

C’est pas du cinoche, par Bibo, page 21

Le hors-série de printemps du Monde libertaire, page 21

La plus active des radios, page 22

L’agenda vous appelle, camarades, page 23

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 21:29

 

Palais des Arts, Vannes, 20h30, ce vendredi 1er avril

 

"La folie n'est pas de voir un autre monde, mais de voir le monde tel qu'il est et de l'accepter". Remarque que l'on prête à Jacques Brel...

 

Une bonne trentaine de personnes a participé à cette soirée ! En attendant l'enregistrement (et peut-être la vidéo si le son est correct), en voici une synthèse.

Ce soir là, nous avions choisi de nous interroger sur un sujet d'actualité même si le grand public semble relativement indifférent. Il s'agit de l'enfermement psychiatrique.


Le 22 mars 2011, les députés, en notre nom, ont voté en première lecture une nouvelle loi qui se présente comme une amélioration de la prise en charge des patients atteints de maladie mentale...


Mais, selon de nombreuses associations de défense des droits de l'Homme et du secteur de la santé, cette loi est avant tout sécuritaire et liberticide (Cf. cet article) : elle introduit le casier psychiatrique à l'instar du casier judiciaire, elle octroie un pouvoir énorme aux Préfets à peine contrebalancé par l'intervention d'un juge et l'avis des médecins : le Préfet aura le dernier mot dans tous les cas ! Pour un regard plus précis sur cette loi, lire cet excellent article du Monde libertaire.


Cette loi va évidemment générer un encombrement des hôpitaux : en cas de trouble à l'ordre public, vous pourrez être contraint à un traitement à domicile, une  personne du corps médical passera chaque jour vous administrer votre  neuroleptique... Trouble à l'ordre public ? Mais n'est-ce pas le propre  de l'activité militante ? Combien d'entre nous sont-ils et sont-elles passibles de cette condamnation ? On évacue aussi les causes sociales  des comportements dits "hors normes"... N'est-ce pas cette société qui  devient folle ? Aussi s'agit-il de questionner le principe même de  l'enfermement psychiatrique et de la place du fou dans la société.

 

A ce sujet, nous accueillons Jacques Lesage de la Haye.

Biographie non exhaustive de l'intervenant :

 

Né le 4 septembre 1938 à Fort-de-France en Martinique.

Jeune, il s'engage dans le militantisme libertaire à la manière de la bande à Bonnot.

Il fut condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 1958. Il sort de prison au bout de 11 ans. Il y a connu l'enfermement au mitard et la prise de médicaments dits neuro-stabilisateurs dont il eut du mal à s'en défaire. Son frère, qui a eu le même parcours, n'eut pas la même chance. Au bout de 18 mois d'enfermement il « perdit la boule » selon les termes de Jacques Lesage de La Haye.

A sa sortie, Jacques termina les études de psychologie qu'il n'avait pu finir en prison.

De 1969 à 1971, il est psycho-sociothérapeute au Centre psychothérapeutique de Reuil-Malmaison. De 1972 à 2003, il est psychologue à l'Etablissement public de santé de Ville-Evrard. Durant cette même période, il est chargé de cours à l'université de Paris 8 où il enseigne non seulement la psychiatrie, l'analyse reichienne mais aussi les questions autour de la « délinquance et la toxicomanie ». Il est depuis 1980 analyste reichien et formateur du Cercle d'Etudes Wilhelm Reich à Paris dont il est l'un des fondateurs.

Il crée, dès 1974, le mouvement Marge et la revue du même nom. Il fait partie du mouvement anti-psychatrie et lutte contre l'enfermement. Il est fondateur et animateur de l'émission anti carcérale « Ras les murs » depuis 1989 sur  Radio libertaire. Il participe depuis 2010 à la fondation de l'Association Nationale de Justice Réparatrice qui a pour mission de lutter contre le récidivisme.

Il a écrit de nombreux ouvrages et articles depuis 1971.

 

 

Intervention de Jacques Lesage de la Haye :

 

De son vécu de « taulard », Jacques Lesage de La Haye se rendit vite compte que l'hôpital psychiatrique et la prison sont des choses semblables. Dans les deux cas, l'enfermement n'arrange rien. Au contraire, l'enfermement empire les pathologies. L'hôpital psychiatrique est construit comme une prison. Il y a le cachot, le mitard, la prison dans la prison. Dans l'HP on appelle ça la « cellule d'isolement ». L'HP est pire que la prison car, d'une part, à la « cellule d'isolement » s'ajoutent les médicaments, qui sont un enfermement psychologique, d'autre part il y a les effets secondaires à cette prise de médicaments, puis le diagnostic qui enferme le patient dans une boîte sociale, ensuite, l'appellation de « malade » plutôt que de « patient », mais aussi, l'inscription dans un fichier donné au commissariat, …. Le patient est donc enfermé physiquement, psychiquement, et socialement.

Dans les deux cas, prison et HP, l'enfermement sert à rassurer ceux qui sont à l'extérieur. L'hôpital psychiatrique sert à faire croire à ceux qui sont dehors qu'ils ne sont pas fous. Or nous sommes tous fous. Être fou est de ne pas croire en sa folie, de ne pas se rendre compte de sa folie. La solution n'est pas d'enfermer les soi-disants « plus fous que nous » mais de se demander comment on peut traiter cette folie commune.

Une solution avait été proposée qui ne semble pas viable selon Jacques Lesage de La Haye. Il s'agit du « suivi-en ville ». Or, le fou qui ne se croie pas fou puisqu'il est fou arrête son traitement, ne va pas voir le psychologue ou psychiatre, et empire son cas. Il s'en suit qu'il commet des fautes graves aux yeux de la loi et se retrouve en prison. Selon Jacques Lesage de La Haye, 30% des gens non suivis sont en taule. La solution n'est ni d'enfermer ni de laisser à l'abandon les personnes psychologiquement en difficulté, en souffrance. Tout d'abord, la société doit revoir sa vision du fou et de la folie. Jacques Lesage de la Haye proclame le droit à la folie. Ensuite, il faut réviser les lois actuelles qui n'ont d'objectif que la sécurité, qui fonctionnent sur les peurs humaines, qui permettent à une population de privilégiés de détenir le pouvoir. Il faut sortir de la terreur et de l'idéologie sécuritaire. Puis, il faut établir entre le patient et le thérapeute un travail en confiance, un partage d'affect, d'amour, de respect de la liberté de l'autre. La thérapie que préconise Jacques Lesage de La Haye est basée sur les théories et pratiques de W. Reich. Il s'agit non seulement de faire un travail d'analyse sur les traumas liés à la genèse de l'individu, in utérus, naissance, enfance, mais aussi de soigner le corps dans sa chair par des pratiques comme le yoga, l'expression corporelle, la danse, les massages, la musique, l'art-thérapie, etc., et de rendre compte des pathologies qui sont liées non seulement au vécu personnel mais aussi par la société capitaliste (pouvoir dévalorisant de la normalité, idéologie du progrès, de la performance, enfermement dans les prisons, psychiatrie mal construite et poussée par les lobbies pharmaceutiques, etc.)

Enfin, guérir c'est rentrer dans la dynamique qui nous constitue et sublimer notre problématique. Jacques Lesage de La Haye dénonce donc l'enfermement psychiatrique et propose notamment des visites à domicile qui renforcent l'attitude fraternelle, le partage d'affect, l'échange, le sentiment d'indépendance et de liberté, le suivi psychologique du patient et l'élaboration par le patient et le thérapeute d'un « signal rouge » dans le comportement de l'individu qui annonce le passage de névrosé, de nous, à un « fou »...

 

Débat :


Certains points de l'intervention de Jacques Lesage de la Haye ont été mis à la loupe. Premièrement, la répression est en rapport avec le capitalisme. Les laboratoires pharmaceutiques sont à la porte des hôpitaux psychiatriques. Ils offrent des bateaux, des voitures, des buffets, etc., aux différents services dans les hôpitaux psychiatriques. Ils font du commerce au détriment de la santé mentale.

Deuxièmement, la psychanalyse n'est plus présente dans les hôpitaux psychiatriques. Chaque symptôme a son médicament, son traitement chimique.

Troisièmement, les laboratoires profitent des hôpitaux pour faire des expériences. Ils testent certains médicaments. Ils y a parfois des effets secondaires irréversibles comme la cécité. Or, le médicament est une camisole. Il peut certes aider certains sujets dont la souffrance est telle qu'ils ne peuvent vivre « normalement » sans. Jacques Lesage de la Haye conclut le débat en constatant que dans notre société actuelle, la pulsion de vie est brimée. Notre destin est incompréhensible, difficile. Nous sommes angoissés. Nous avons peur. Nous souffrons.

Selon Jacques LDLH, une société libertaire ne sera pas exempte de délinquance et de problèmes psys... même si elle les amoindrira par ses caractères égalitaires et émancipateurs... (Resteront l'angoisse de la mort, l'absurdité de la vie, les traumatismes liés à l'enfance...) Mais si cette société se prétend libertaire, ce seront ses manières de traiter ces situations qui feront la différence, en tout cas elle se refusera à l'enfermement qui ne résout rien, au contraire.

 

 

 

 

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 17:03

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous ? Cliquez ici !


ML-1630-recto.jpgML-1630-verso.jpgSommaire

Actualité

Psychiatrie répressive, A. Sulfide, page 3

Roms d’Ivry expulsés, par R. Damellon, page 4

Météo syndicale, par L. Barbesois, page 5

L’Autruche, par F. Ladrisse, page 5

Des brèves, un strip, page 6

Marine, fille naturelle de Nicolas, par M. Rajsfus, page 7


Potkinisme

Lectures militaires, par N. Potkine, page 9


Arguments

Marx et l’économie, par J. Langlois, page 10


International

Tunisie, état des lieux, par Mohamed, page 11

Grève mexicaine, par R. Pino, page 12

London Burning, par I. Bone, page 13

Le Guantanamo italien, par Barbara, page 14


Histoire

La Commune de Paris et les anarchistes, par M. Joyeux, page 17

La Commune de Marseille, par R. Bianco, page 18


À lire

Pour une bouffe noire et rouge, par Paco, page 20


Mouvement

C’est pas du cinoche, par Bibo, page 21

Théâtre social, par M.-C. Calmus, page 21

La plus écoutée des radios, page 22

L’agenda vous appelle, malotrus, page 23

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 11:07

Info trouvée sur Rennes infos et sur Indymedia Nantes

 

Murage d'Areva à Rennes

vendredi 08 avril 2011, par parpaings joyeux
Areva, liquidation totale

areva1.jpg

Areva, toutes les industries nucléaires et les gouvernements qui les soutiennent, nous emportent vers une liquidation totale de la planète.
Contaminer et détruire de larges espaces de vie, tuer, empoisonner et déplacer des millions de personnes et d'êtres vivants : immédiatement ou progressivement, ce n'est qu'une question de temps et d'accidents ?

Areva, nous ne voulons plus vivre sous la menace de tes bombes à retardement. Nous ne voulons plus risquer nos vies pour tes profits. Notre confort ne doit pas avoir ce prix.

Avant ce désastre mondial, nous murons la porte d'Areva à Rennes - St-Grégoire et déclarons ouverte sa liquidation totale !

Nous, ce que nous voulons liquider définitivement, c'est le système dans lequel nous sommes immanquablement plongés tant que la menace nucléaire perdure. Nous n'acceptons pas de laisser le lobby nucléaire générer la
catastrophe et encore moins prétendre la gérer.

Notre énergie est renouvelable. Alors, Areva, filiales et consorts, nous vous promettons plus qu'un petit mur...

 

areva2.jpg

areva3.jpg

 

Article Ouest-France du 9 avril 2011 (ci-dessous)

ouest-france_9avril2011_rennes.jpg

 

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Auparavant, vendredi 18 mars, avait aussi eu lieu aussi cette action. Info tirée d'Indymedia Nantes

Intrusion nucléaire à Rennes

vendredi 18 mars 2011
Le nucléaire tue

Ce vendredi 18 mars, nous étions une vingtaine de personnes à être rentrées dans le centre EDF de Cleunay à Rennes. Nous voulions exprimer notre colère devant ce qu'il se passent au Japon. Même si ce n'est peut-être pas dans ce genre d'implantation d'EDF (et de sa filiale ERDF) que se joue le drame nucléaire permanent, nous voulions porter un débat et l'expression d'une envie d'une autre société...

"Le Nucléaire tue" était écrit sur une banderole sur les grilles. Le portail avait été fermé. Un agent d'ERDF est sorti discuter avec nous... (suite...)

 

Photo prise devant EDF le vendredi 18 mars

 

banderole déployée devant EDF

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 12:09
Rassemblement antinucléaire internationaliste
dimanche 10 avril à 15h place de la mairie à Rennes





Dimanche 10 avril, les activistes japonais de "La révolte des amateurs" qui étaient venus à Rennes à la fin du mois de novembre, organisent une grande manifestation antinucléaire dans le quartier de Koenji à Tokyo. A cette occasion, ils demandent aux militants & militantes antinucléaires du monde entier d'organiser rassemblements et actions ce jour là. Des initiatives sont prévues à New York, Berlin, Rotterdam...et dans bien d'autres villes.
Nous vous proposons de nous rassembler ce dimanche 10 avril à 15h place de la Mairie à Rennes, en solidarité avec le peuple japonais et afin d’exiger l’abandon immédiat du nucléaire, ici comme partout dans le monde.

N'hésitez pas à ramener banderoles, pancartes, mégaphones... et faites passer l'info au maximum !

Des antinucléaires internationalistes. Appel initié par le groupe anarchiste La Digne Rage (FA Rennes)

des infos ici: http://410nonuke.tumblr.com/

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 22:55

Salut,

voilà un agenda un peu plus complet. Avril est particulièrement occupé et mai s'annonce pas mal aussi... :-)

Vous pourrez nous retrouver dimanche 24 avril à Lorient à l'occasion de la journée libertaire "unissons nos cultures", organisée par le groupe musical anarcho punk Mauvaise Graine.

Fin mai, nous envisageons la débaptisation de la rue Thiers à Vannes, à l'occasion des 140 ans de la Commune de Paris. Une "rue des fédéréEs" nous semble plus appropriée ;-) On vous en dira plus bientôt.
A noter que nous avons repris sur Auray une campagne contre l'installation de la vidéosurveillance et le retrait des caméras déjà  branchées. Pétition en ligne ici : 
http://www.mesopinions.com/Non-a-la-videosurveillance-a-Auray-et-ailleurs-petition-petitions-5869578f2c2c05bba83e5eb2f0f70e37.html


Pour avoir d'autres infos sur Nantes : https://nantes.indymedia.org/colonne_centrale
et sur Rennes : http://www.rennes-info.org/

Les nouveautés débutent par * et précision permanente : le groupe  libertaire ne se reconnaît pas obligatoirement & intégralement dans  chaque événement proposé par cet agenda

Anarchas salutations,
le groupe libertaire Lochu - Ferrer & FA Vannes - Lorient


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* Du 1er au 28 avril - Lorient - L'or noir de Tchernobyl, exposition de photographies à la médiathèque

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Du 4 au 10 avril - Notre-dame des-Landes (44) - Semaine d'échanges de  savoirs aux Planchettes - Infos :  https://nantes.indymedia.org/article/23206

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* Du 4 au 9 avril - Médiathèque de Lorient - Rendez-vous du cinéma :  Usines : de mémoire d'ouvriers...Récits de vie - Sept films qui portent  un regard sur la vie des entreprises et des salariés – des années 20 à  l’aube des années 80 - Programmation détaillée dans les médiathèques. Entrée libre et  gratuite

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* Du jeudi 7 au samedi 9 avril - Rennes - Colloque étudiant  transdisciplinaire "colonisation, colonisation, colonialité" à  l'Institut d'Etudes Politiques - Programme : http://colloqueetudiant2011.files.wordpress.com/2011/03/programme-en-ligne4.pdf

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* Vendredi  8 avril - Lorient - Rencontre avec Guillaume Herbaut, photographe de l'exposition "L'or noir de Tchernobyl" - 18h30 -  Médiathèque - Gratos

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* Vendredi 8 avril - Rochefort en Terre (Café de la Pente) - Réunion informative sur les parc éoliens (semaine de l'environnement) - 20h30

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* Samedi 9 avril - Rochefort en Terre (Café de la Pente) - 21h30 Concert de Jack Danielle's String Bands (Organisé par Ingalan) - Entrée 5 €               

     
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* Vendredi 8 avril - Nantes - Salon pédagogie Freinet - 19h30 Fac de médecine : respect de l'élève et de l'autre... une autre école pour demain avec Pierre Farckowiak

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* Vendredi 8 avril - Quimper - Débat quel accueil pour les demandeurs d'asile politique ? après la projection du film, "Les Arrivants",  organisé par un collectif d'organisations 20 H - Cinéma Le chapeau rouge

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Samedi 9 avril - Augan, au Champ Commun (56) - 21h : Spectacle  Sarkophonie : entre les présidentielles et les législatives, le  gendarme, devenu président de la République, cherche à convaincre les  derniers indécis de lui donner une majorité… Il a un défaut de langage : une dyslexie qui le fait glisser d'un sens à l'autre, faisant  apparaître à son insu la face cachée du discours. A partir d'un vrai discours présidentiel. http://le.gendarme.free.fr/presentation.htmllink

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Samedi 9 avril - Rennes - Festival "Va te faire queer un oeuf". 14h : manifestation "Nos corps nous appartiennent", départ à Charles de  Gaulle. Après la manif : rendez-vous à l’Elabo pour un repas collectif  et des expos et discussions autour du thème "nos corps nous appartiennent". 21h : concerts : Kings Queer et Mac l’Arnaque. Organisé  par Paillettes Radicales, Collectif transbigouinespédés de Rennes

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* Samedi 9 avril - Concarneau - VELORUTION, Rdv 14h08, place de la  Mairie pour un départ à 14h32. Organisé par le collectif & squatt  Crade (condamné par le Tribunal d'Instance de Quimper à l'expulsion à  compter du 15 mai 2011...) 
http://anars56.over-blog.org/article-le-crade-a-concarneau-egalite-ecologie-velo-65690158.html


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* Samedi 9 avril - Saint-Nazaire - Salon pédagogie Freinet 9h30 - 20h Au lycée expérimental "des outils, des ateliers... au service de la  résistance, et de réelles perspectives pour l'école, de la maternelle au  lycée" - 14h avec Philippe Meirieu / 18h30 Paroles  de résistance  (spectacle)

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* Dimanche 10 avril - Rennes - Rassemblement antinucléaire  internationaliste, organisé par le groupe anarchiste La digne rage - 15h  place de la mairie - Les activistes japonais de "La révolte des  amateurs" organisent une grande manifestation antinucléaire dans le  quartier de Koenji à Tokyo. A cette occasion, ils demandent aux  militants antinucléaires du monde entier d'organiser rassemblements et  actions ce jour là. Des initiatives sont prévues à New York, Berlin,  Rotterdam...et dans bien d'autres villes. Exiger l’abandon immédiat du  nucléaire, ici comme partout dans le monde. Des antinucléaires internationalistes. Infos ici: http://410nonuke.tumblr.com/

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* Dimanche 10 avril - Nantes - Projection féministe : La fiancée du  pirate, de Nelly Kaplan - Cycle laissez-les jouir - femmes et religion  catholique - 18h, au 17 rue Paul Bellamy - Organisée par Les  embobineuses

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Mardi 12 avril - Vannes - Projection « Punishment park » de Peter  Watkins (1971). 88 min. Film hybride, à mi-chemin entre la fiction et  le documentaire, Punishment park aborde la question de la contestation  populaire de jeunes citoyens américains face à l’engagement militaire en  Asie, condamnés à traverser une région désertique pour purger leur  peine. 20h30, maison de quartier de Kercado, place Cuxhaven. Gratuit. Organisée par l'asso "les artisans filmeurs associés"

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* Mardi 12 avril - Grand-Champ (56) - Eau potable et assainissement en  Morbihan : quelle gouvernance ? - salle Le Cheviller (rue de Penhoët) à  20h30 - Intervention de l'UEM (asso des usagers de l'eau en Morbihan)  puis débat

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* Du 12 au 25 avril - Pornic (44) - Exposition La lutte des signes (un  siècle de vignettes, papillons et autocollants politiques qui décorèrent  les murs de nos villes et de nos campagnes. Zvonimir Novak / Wally  Rosell) - Librairie Les vents m’ont dit - Visite commentée de  l’exposition : Vendredi 15 avril à 19h00, débat à 19h30 / Dimanche 25  avril à 17h

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* Mercredi 13 avril - Arradon (56) - Comprendre le monopoly qui se joue sur les terres des pays du sud ; l'accaparement des terres - Organisé par Peuples solidaires - Médiathèque - 20h30

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Jeudi 14 avril - Inzinzac Lochrist (56) - Cinéma le Vulcain - Semaine de l'Arménie : en collaboration avec le lycée Victor Hugo d’Hennebont, en  présence d’écrivain, de plasticien, le vice président du Fonds Arménien  en France, le réalisateur Mathieu Zeitindjioglou viendra présenter son  film en avant-première « Le fils du marchand d’olives »  - 20h30

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Jeudi 14 avril - Lorient - Rassemblement de soutien et pour la relaxe du camarade docker (CGT), injustement accusé d’avoir lancé un projectile sur les forces de l’ordre lors de la manifestation du 19 octobre 2010  contre la déforme des retraites ... alors que ce sont bien les forces de  l’ordre qui, sur le pont de Carnel, ont lancé des projectiles sur une  manifestation tout à fait pacifique. 13h30, devant le Palais de Justice (Tribunal correctionnel), rue Esvelin.

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Vendredi 15 avril - Inzinzac Lochrist (56) - Cinéma le Vulcain - Semaine de l'Arménie : en collaboration avec le lycée Victor Hugo d’Hennebont, en présence d’écrivain, de plasticien, le vice président du Fonds Arménien  en France, le réalisateur Mathieu Zeitindjioglou viendra présenter son  film en avant-première « Le fils du marchand d’olives »  - 20h30

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* Vendredi 15 avril - Audierne (29) - Le collectif Alerte à l'Ouest organise une projection du film GASLAND (sur les gaz de schiste)

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Dimanche 17 avril - Quelven (56) - Concert de soutien à RESF Pontivy (Réseau éducation sans frontières) avec Takatoum (percussion africaine),  Nappam Beogo (rythme mandingue d'Afrique de l'ouest), Guy Guillaume  (chant / guitare), Simon (chant/ guitare)  +  stand RESF (expo / badges et publications) - 18h - Café des Anges (associatif)

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Dimanche 17 avril - Auray (56) - Pique-nique végétarien & table de  presse (droits des animaux, écologie, rapports Nord-Sud, santé, etc...) - Organisé par le collectif Veg 56 - Ouvert aux curieux & curieuses

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* Dimanche 17 avril - Gâvres (44) - Forum de la protection animale (qui fait la promotion du végétarisme)

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* Mardi 19 avril - Baud (56) - Eau potable et assainissement en Morbihan : quelle gouvernance ? Centre associatif (rue de Pont Augan) à 20h30 - Informations complémentaires : Intervention de l'UEM (association des usagers de l'eau du Morbihan) et débat

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* Mercredi 20 avril - St Gildas de Rhuys (56) - Journée bio de 9h à 19h : 11h30-12h30 Les clowns penseurs de la troupe de l'île logique // 14h Le Baccharis par l'Association Bretagne Vivante // 15h30-16h30 Les clowns penseurs de la troupe de l'île logique // 17h Faut-il sortir du  nucléaire ? par Alain Rivat de l'Association Stop nuclaire // Marché : Alimentaire, cosmétique, vêtements, habitat. Organisée par l'asso Grains  de Sable

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* Mercredi 20 avril - Lorient - Présentation d'Enercoop http://www.enercoop-bretagne.fr/, sur le thème “Energie : Quelles idées pour maîtriser sa consommation” - SCIC (Société Coopératif d'Intérêt  Collectif) fournisseur d'électricité coopératif d'énergie renouvelable  avec pour objectif : réduire la consommation d'électricité (négaWatt) / promouvoir les énergies renouvelables (hydraulique, éolienne,  photovoltaïque, biogaz) / faire que chaque citoyen puisse se  réapproprier l'énergie (en devenant sociétaire, et/ou en participant au  financement de projets) / rapprocher les lieux de productions des  lieux de consommations - 18h30 - Maison des associations, Cité Allende

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Jeudi 21 avril - Auray - 20h30 - Réunion publique organisée par le collectif du Morbihan “Non à N-D des Landes” : Présentation d'un  diaporama et débat. Le Petit Théâtre

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* Samedi 23 avril - Quimper - Action contre le nucléaire et son monde et  pour la sortie immédiate du nucléaire (à deux reprises le matin et  l’après-midi) : lecture de textes portant sur la catastrophe nucléaire  en cours : rappel de la violence de l’accident de Tchernobyl, gravité de  ce qui se passe au Japon avec à nouveau des travailleurs sacrifiés, des  populations massivement contaminées et irradiées. La toile de fond  serait une centrale nucléaire (en carton…) fumante et fissurée.

* Lundi 25 avril (férié) - Brennilis (29) - Rassemblement devant la centrale en souvenir de la catastrophe de Tchernobyl

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Dimanche 24 avril - Lorient - Journée libertaire : Expo picturale - 10h Jam graffiti - 16h Projection débat du documentaire de Pierre Carles "Juppé forcément" sur l'élection de Juppé à Bordeaux en 1995 et sur le rôle des  médias - Tables de presse : AL, CNT 56, Disuj, groupe libertaire Lochu - Ferrer (fédération anarchiste Vannes - Lorient) 21h Concert avec HEYOKA  (anarcho  punk - Dijon), MAUVAISE GRAINE (anarcho punk - Lorient),  HANDYMEN - Bar  LE GALION - Infos :  http://mauvaisegrainepunk.musicblog.fr/

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Samedi 30 avril -  Rochefort en Terre (56), au Café de la Pente - Concert desoutien à RESF 56 (Réseau éducation sans frontières) avec  Unité Mau Mau (hiphop enragé - Rennes) + Kings Of Nothing (punk-rock  mélo -  Malestroit) + Murder One (hardcore plouc - Vannes) + Collaps  Machines  (hardcore - Rennes) - 20h - 5 eur

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* Mercredi 18 mai - Vannes - Projection de "En comparaison",  documentaire de 2009, 62 mn (De l’Inde à l’Autriche, de la France au  Burkina Faso, entre Suisse et Allemagne, Harun Farocki dissèque une  pratique fondamentale et universelle : la fabrication des briques.  Interrogations sur les activités manuelles déléguées à la machine...) - 20h30 - Maison de quartier de Kercado - Entrée libre et gratuite

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* La 1ère quinzaine de juin 2011, les collectifs anti Loppsi 2 de Bretagne organisent un périple en Bretagne, avec différentes étapes et divers événements liés à cette mobilisation. Pour être tenuEs informéEs de cette caravane des gueux : http://caravanedesgueux.over-blog.net/

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 11:39
Article repris au site Osez le féminisme (catégorie )
 

L’avortement est toujours un droit fragile. Les réformes du gouvern e  m ent portent atteinte à notre système de santé solidaire et universel et remettent en cause son accessibilité. Dans le monde, la situation s’avère aussi préoccupante. En Espagne, le projet de loi prévoyant sa légalisation rencontre une vive opposition des ligues ultraconservatrices. Aux Etats-Unis, l’accès à l’avortement a brusquement reculé suite à un amendement à la loi sur la santé.

 

L’avortement toujours considéré comme un tabou, et les femmes comme des irresponsables
Trop souvent encore, et à tort, on pense que l’avortement est une « anormalité » dans la vie contraceptive d’une femme. La culpabilisation des femmes vis-à-vis d’un accident de contraception reste forte, alors qu’en parallèle le nombre d’IVG reste stable. Les campagnes sur la contraception ont été pendan

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t longtemps destinées uniquement aux femmes, et aucune n’est centrée spécifiquement sur l’IVG. Il est absolument nécessaire d’inverser cette tendance, afin que l’avortement ne soit plus considéré comme une grave erreur : l’accident de contraception est permis sur 40 ans de vie contraceptive !

 

Quand la rentabilité prime sur le droit à l’avortement…
L’actualité fait état de nombreuses fermetures de centres d’interruption de grossesse en France, mais il s’agit seulement de la partie émergée de l’iceberg. La rentabilité, alpha et oméga de la politique hospitalière depuis plusieurs années, met en danger le service public d’accès à l’avortement.
Depuis plusieurs années, les médecins militants des années 70 partent à la retraite, et ne sont pas remplacés, notamment pour des raisons économiques. Bien que récemment revalorisé, l’acte d’IVG est très peu rémunérateur pour les structures hospitalières, qui s’en détournent de plus en plus. On peut constater que des hôpitaux refusent d’appliquer la loi et de pratiquer des IVG jusqu’à 12 semaines. Parfois par manque de moyens, mais parfois aussi car les médecins appliquent la « clause de conscience » : une clause qui les autorise tout simplement à ne pas appliquer la loi !

 

Tenon, Avicenne, Jean Rostand, Broussais, Hôtel-Dieu de Lyon ferment : et maintenant, pour avorter, on va où ?
Depuis mai 2009, plusieurs centres d’IVG ont été fermés et leur activité transférée sur d’autres sites. Conséquence principale de la volonté de faire des « économies d’échelle » : les femmes désirant avorter sont redirigées vers des centres déjà débordés, et les délais d’attente pour un premier RDV peuvent atteindre 3 semaines (soit plus de 3 fois le délai recommandé par la Haute Autorité de Santé). Pourtant, la loi Veil oblige tout établissement hospitalier à avoir une structure qui pratique les IVG : quand l’AP-HP hors-la-loi choisit la rentabilité, ce sont les femmes qui trinquent…

 

De signes inquiétants envoyés par l’Espagne et les Etats-Unis
Actuellement encore considéré comme un délit en Espagne, l’avortement deviendra, si le projet de loi de Zapatero est adopté, un droit et ce jusqu’à douze semaines de grossesse. Les ligues catholiques et ultraconservatrices ont organisé des manifestations pour s’opposer à ce projet. Démesurément relayées par les médias, ces manifestations ont pourtant été minoritaires, la loi étant soutenue par la majorité des espagnols. Cette situation nous alerte profondément sur l’absence de recul des opposants anti-IVG en Espagne et plus généralement en Europe, et la nécessité du mouvement féministe d’être constamment vigilant.
Aux Etats-Unis, à la faveur de la loi sur la santé, des députés ont fait passer un amendement interdisant le remboursement de l’IVG par des fonds publics. C’est là un recul sans précédent, alors qu’Obama était considéré comme le candidat le plus favorable à l’avortement depuis longtemps. Encore une fois, on remarque que le droit des femmes à disposer de leur corps est considéré comme subsidiaire…

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Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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