Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 17:05

« Je ne me tape que des bombes. »    Jules Bonnot

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous ?


ML-1625-recto.jpg

 

Sommaire

 

Actualité

Kadhafi, dégage ! par Mohamed, page 3

Répression antisyndicaliste, par M. Silberstein, page 5

L’Autruche, par F. Ladrisse, page 5

Des brèves, un strip, page 6

Les staliniens contre la CNT, par J.-P. Jacquinot, page 7

Exploitation paysanne en Andalousie, par R. Pino, page 8


Arguments

Développons l’abondance, par V. Gerber, page 9


Dans le monde

Série américaine, premier volet, par C. Reeve, page 12

Le vrai visage du Mexique, par J.-P. Petit-Gras, page 14
ML-1625-verso.jpg

Histoire

Auguste Vermorel, l’anarchiste, par C. Fréjaville, page 17


Lecture

L’homme à la carabine, par B. Collins, page 19

La zone, par P. Schindler, page 20


Mouvement

Appel au don de livres, par La Rue râle, page 21

La plus craquante des radios, page 22

L’agenda vous appelle, page 23

Repost 0
28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 22:39

R-Rocker.gifRudolf Rocker : Théorie et pratique de l'anarchosyndicalisme, édition Aden (2011), 19 euros (!!??), 202 pages.


C'est avec un plaisir certain que les anarchistes vont se plonger dans la traduction récente de Théorie et pratique de l'anarchosyndicalisme de Rudolf Rocker. Publié initialement en 1938, on doit sa traduction à Normand Baillargeon - le même qui a incité les éditions Agone à traduire et publier l'incontournable Une histoire populaire des Etats-Unis de Howard Zinn. L'ouvrage est précédé d'une courte introduction qui offre quelques éléments biographiques sur l'auteur.


Pour les autres lecteur-e-s, étranger-e-s à la mouvance libertaire, Théorie et pratique... est une parfaite introduction aux logiques de la pensée anarchiste. Dans un langage très clair, érudit et accessible, Rudolf Rocker y expose l'histoire du mouvement ouvrier et du syndicalisme - ses prémisses théoriques et ses aboutissements politiques. Le livre est alors à la fois une étude socio-historique et une explicitation du mouvement d'émancipation. Il dresse un panorama international de l'activisme anarchiste et s'attarde particulièrement sur la signification et l'importance du soulèvement espagnol de 1936. Mais avant d'en arriver là, R. Rocker retrace, à travers de nombreux exemples historiques, le quotidien de l'exploitation économique et l'étendue des luttes qui ont construit la société actuelle : l'apparition des syndicats, le luddisme, les différentes méthodes d'actions anarchosyndicalistes (grève-boycott-sabotage...) et leur finalité utopique.


L'approche de l'auteur est résolument non-dogmatique : la liberté, l'égalité, « la conscience de la responsabilité personnelle » et « la capacité de compassion envers autrui » servent simplement de guides. Ensemble, ils orientent vers une « perfectibilité » de la vie humaine et sociale.


L'aspiration anarchiste est ici conçue comme un processus résolument dynamique et non figé. Il n'y a pas pour l'auteur de « concepts absolus », il y a au contraire la possibilité d'applications multiples pour l'organisation sociale. Et c'est à juste titre que Noam Chomsky souligne dans sa préface cette reconnaissance des multiples formes sociales possibles et changeantes comme l'une des grandes leçons de l'histoire.


Un des nombreux apports essentiels de l'ouvrage est qu'il témoigne d'une ténacité stimulante, alors qu'il est écrit dans une période propice aux extrêmes droites, juste avant la seconde guerre mondiale. La verve, toujours très contemporaine, avec laquelle R. Rocker dénonce les méfaits du capitalisme et de l'Etat moderne réjouira et inspirera sans doute nombre de lecteur-e-s.


On peut et on doit certes regretter une critique sociale qui tend à se limiter au capitalisme et qui conçoit l'Etat ou l'idée de Nation comme simple instrument au service des industriels exploiteurs. (Le patriarcat et le racisme sont aussi des systèmes distincts d'exploitation et de domination ! Et c'est pourquoi, l'explication concernant « l'accroissement de la prostitution », page 61, m'apparait très insatisfaisante). Le recours à l'idée de nature est également décevant.


Malgré tout, ce livre recèle de véritables extraits d'anthologies: par exemple, j'adore ces :
« L'Etat n'est capable de rien d'autre que de maintenir d'anciens privilèges ou d'en créer de nouveaux : c'est la toute sa substance et sa pleine signification. » « Prétendre que la soi-disant dictature du prolétariat est différente parce qu'elle est une dictature exercée par une classe et non par des individus n'est qu'un tour de passe-passe bon pour les nigauds, qui ne peut tromper aucun individu sérieux. »


Il est alors un parfait antidote contre l'engouement récent autour de l'hypothèse communiste et je-ne-sais quelle nébuleuse « néo-maoïste » ; véritable chapelle-caserne qui n'a de nouveau que le préfixe !
                                                                                                                                 Yly (fév' 2011)

Repost 0
Published by anars56 - dans Anarchisme
commenter cet article
26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 10:41

Eugene-Riguidel.jpg

 

  Après Gilles Servat, voici un autre gars du coin, un gars de la côte, qui gagne à être connu... ou plutôt qu'on gagne à connaître !

 

  L'homme, la terre, la mer et l'anarchie...


Version audio de l'entretien donné par Eugène Riguidel à Tébéo TV (Télé Bretagne Ouest), à la mi octobre 2010, pendant le mouvement contre la "réforme" des retraites. 

Ecoute en mp3, là : http://bit.ly/g2zANz ou http://www.mediafire.com/?a22ucbdqw17

 

 

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

ENTRETIEN du 22 mai 2006 avec Eugène RIGUIDEL, le marin rebelle qui a eu la sympathie de répondre à nos questions pour le Monde libertaire.

 

Eugène, ça fait quoi d’être célèbre ?

Dans mon existence, né à Arradon (Morbihan), j’ai croisé le bateau.

J’ai adhéré et développé un système de contrat avec des sponsors qui m’ont permis de naviguer.

La célébrité, si on peut appeler cela ainsi, est un outil qui permet de développer ce système.

Il est évident que si je n’avais jamais gagné de courses, je n’aurais jamais intéressé personne à mon projet de construction d’un trimaran de 27 mètres.

J’ai usé de cette notoriété comme d’un outil.

Maintenant, je suis content que toutes les manifestations de cette soi-disant notoriété se soient amenuisées, car c’était devenu difficile.

 

Renaud t’immortalisait en 1980 avec sa chanson « dès que le vent soufflera », quel effet ça fait d’être ainsi au hit parade ?

 

L’histoire de cette chanson, je l’ai vécue bizarrement. J’avais eu la chance de rencontrer Renaud autour de la voile, à la base de vitesse de Brest que j’avais eu le plaisir de lancer. On a fait une ou deux fêtes.

Quelques temps après, à la Rochelle, j’étais sur le William-Saurin, Renaud est venu me voir à bord et m’a dit : « Je t’ai mis dans une chanson, est-ce que ça te fait chier ? » Je lui ai répondu : « Non. Si tu as envie de me mettre dans une chanson, c’est ton histoire ».

Quand il a fait la présentation de cette chanson au Zénit, il avait invité toute une bande de marins, c’était sympa.

C’est incroyable l’impact qu’a cette chanson. Je continue à utiliser sa « notoriété » pour faire avancer les choses dans lesquelles je m’engage, auprès des jeunes.

 

Sur quelle période as-tu effectué des courses en mer ? Ta carrière sportive en somme ?

Au début, dans les années 60, j’ai connu les régates dans le Golfe du Morbihan. Puis, comme ça a marché, j’ai fait des courses en Angleterre et des convoyages de bateaux.

En 1970, c’était la création de la course de l’Aurore, la première en solitaire en France. J’ai gagné cette course en 1974. Ce qui m’a donné des appuis pour la suite et m’a permis d’établir un système qui est monté en puissance. J’ai navigué sur le Capitaine Cook, VSD…

En 1979, avec Gahinet, on a gagné la transat en double, les deuxièmes étant Tabarly et Pajot ! Ce fut un gros coup médiatique.

Je conseille de faire de la course car on apprend plein de choses qui permettent d’être peinards pour des balades, des croisières et acquérir la facilité nécessaire pour arriver au monde de la sensation.

 

La course en mer a-t-elle évolué ?

La course a évolué sur les plans industriels, intellectuels et même psychologiques car les limites ont été repoussées de manière inimaginable. C’est une réussite de ce côté-là. 

Maintenant, avec les sommes en jeu, il y a exagération, mais à l’échelle de ce qui se passe dans le football, la Formule 1 et même le vélo, ce n’est presque rien. Les jeux du cirque, quoi !

Le dopage touche-t-il aussi le monde de la coque ?

A mon époque, il n’y avait pas de dopage, si ce n’était à la vitamine C, au tabac, au café fort, au chocolat, aux tablettes de glucose. Maintenant, certains prennent-ils des amphétamines ? Je ne le crois pas, en plus il y a des contrôles… Même le haschich est interdit, alors qu’à part décontracter certains marins nerveux, je ne vois pas l’avantage…

 

Déjà en 1976, le Canard Enchaîné titrait « la coque à Colas dans une mer de pub » à propos du sponsoring. Ca fait quoi de voir son bateau servir d’enseignes publicitaires ?

A l’époque, j’avais fonctionné de manière novatrice. On créait des événements, des régates. On faisait un système. Mais même VSD m’a donné des moyens inférieurs au total de la somme. J’ai été très aidé par les fournisseurs et des coups de main périphériques par des industriels, des ventes de t-shirts même aidaient à boucler les budgets.

Quand j’ai arrêté, j’étais dans le rouge à la banque. Je n’avais pas l’impression d’être une enseigne publicitaire. Je m’en foutais de porter un t-shirt « Jules » si les parfums Jules m’avaient aidé… Je voulais un trimaran de 27 mètres, je me suis donné les moyens.

Je pense qu’il serait intéressant de réfléchir à l’utilisation de la voile dans le monde actuel, à cette époque de pétrole de plus en plus cher, ne serait-ce qu’au niveau du tourisme.

Pendant vingt siècles, les humains ont transporté des marchandises à la voile, maintenant ils font le tour du monde en 60 jours. Il y a là quelque chose à exploiter.

 

Pour l’America’s cup, le bateau « Défi français » avait pour nom Areva, sponsor exclusif… Aurais-tu refusé certaines entreprises ?

Je ne rougis d’aucun de mes sponsors. Ma démarche, mon système, pour obtenir un nouveau bateau consistaient en un programme de courses, en termes de budget, durée (ex : engagement pour six courses sur trois ans), qui aboutissait à un contrat avec la marque.

Ensuite, je renouvelai mes démarches, en proposant un nouveau contrat.

Aujourd’hui, les bateaux coûtent de plus en plus chers. Je déplore les sponsors du style Areva. Ce n’est pas normal. Areva fait dans le nucléaire, promène du plutonium, est inscrit dans une logique militaro-industrielle, la course aux armements, qui vise à la suprématie militaire. C’est comme l’EPR à Flammanville, c’est un danger supplémentaire.

Les actions de protestation que nous avons menées leur font au moins de la contre-publicité. Malheureusement, le nucléaire ne tue pas que ceux qui sont pour. Transparence et démocratie, voilà ce qu’il faut.

 

Que penses-tu de la notion de compétition ?

La régate est la meilleure méthode pédagogique d’apprentissage de la navigation à la voile. Quand tu fais de telles courses, tu acquiers des techniques qui te servent pour la navigation de tous les jours. Elle est issue d’une tradition maritime. Les marins préfèrent être devant que derrière ! Les marins ont toujours mesuré le temps : aller le plus vite possible vers un nouvel abri. Pour chaque trajet, le nombre de jours était compté.

Il est vrai aussi que les régates d’aujourd’hui sont nées de défis entre têtes couronnées (roi d’Espagne contre roi d’Angleterre…), ainsi que l’America’s cup où ce sont des milliardaires qui se font compétition sur des bateaux magnifiques.

En France, cela a entraîné un engouement de la population vers la navigation à la voile.

Un rêve offert ?

Mieux :  « Arrête d’en rêver : va naviguer ! »

 

Comment vois-tu les autres sports, spécialement le football, parfois classé comme une religion ?

Le football est un moyen de communication puissant. Par exemple, Alain Gerbaut a organisé des matches entre les populations îliennes (Tahiti…) pour que chaque village ait son terrain de foot, car les activités coloniales avaient détruit leurs lieux de rassemblements traditionnels.

Le foot, c’est aussi le goût du sport, de la fête, de la tradition. Pour des milliers de gens, le foot est un lieu de dépassement, de déplacement.

C’est aussi devenu un orgueil régional et national, avec ce paradoxe qu’il est servi par des « mercenaires », ce qui au final rétablit peut-être l’esprit mondialiste.

Après, quand on voit qu’il y a autant de flics que de spectateurs à certains endroits…

Mais dans la compétition, il y a aussi cette notion « d’écraser les autres », non ?

Pour moi, faire de la course était le seul moyen d’être marin. Quand t’es dans la compétition, t’y es, tu fonces. Mais les autres étaient des copains, on n’a pas envie de les écraser.

La mer, ça calme ! (rires) Quand on se prend un vent force 9 en pleine gueule, on pense aux copains qui dérouillent aussi.

C’est donc un peu différent des autres sports.

 

Des anecdotes sur le monde de la voile ?

Avec le William-Saurin, pour la course Québec/Saint-Malo, l’ACIMO (Association des Coureurs Internationaux Multicoques… je ne me rappelle plus le O !) dont j’ai été le président, avait imposé une grille de départ aux organisateurs par un parcours chronométré sur le St-Laurent. C’était épique. Le William-Saurin avait fait le meilleur temps. En rentrant le bateau a heurté un gros caillou qui a provoqué une terrible avarie. Il aurait fallu une grue pour soulever le safran et on n’avait pas le temps. J’ai alors loué un marteau piqueur et creusé une tranchée dans le revêtement du port ! Les autorités canadiennes ont hurlé…

 

Ton engagement politique : le(s)quel(s) ? Depuis quand ?

Je me considère citoyen du monde depuis 1968 et citoyen du monde régionaliste depuis 1974.

A partir de cette base, mon engagement, toujours ponctuel, dépend des situations.

Dans ce cadre, je m’applique à :

-         ne faire que ce qui me plaît,

-         essayer de mener à bien les chantiers dans lesquels je m’engage,

-         naviguer et faire naviguer le plus de monde possible,

-         essayer d’aider les amis confrontés à des situations difficiles au niveau écologique.

 

En 1975, à Erdeven (Morbihan), un projet de centrale atomique était repoussé par la mobilisation populaire (cf. ici) . Etais-tu de la partie ?

J’ai juste participé à quelques réunions. J’étais absent à l’époque, de même pour Plogoff.

En revanche, j’ai participé aux commémorations, notamment devant la statue de la main qui  dit « halte au nucléaire », à Erdeven.

 

En 2004, les militaires ont mis ton bateau «  la Rieuse » de côté ! Peux-tu nous raconter cette histoire ?

Greenpeace nous avait alerté que du plutonium américain était transporté à Cherbourg.

Comme je fais partie de la « flotille de la paix », on est monté en amenant « la Rieuse » avec nous. En manoeuvrant dans la rade de Cherbourg, on a franchi les bornes. On a été arraisonné par les Commandos de Marine, accompagnés d’un officier de police judiciaire ! On a eu 24 heures de garde à vue à décliner nos identités et expliquer pourquoi on était là, ceriguidel-87f09.jpg qui prenait pourtant juste 10 minutes… Deux jugements ont eu lieu au cours desquels les tribunaux se sont déclarés à chaque fois « incompétents ». Résultat, le procureur, sinistre personnage, détient depuis deux ans  « la Rieuse » par abus de pouvoir…

Mais, en fait, ça c’est rien, le plus grave, c’est qu’ils continuent le nucléaire, le plutonium et qu’ils fonctionnent comme des dictateurs.

(Pour plus d'infos, voir sa très intéressante interview pour le site Brest ouvert)

 

En 2000, c’était la catastrophe de l’Erika. Avec des membres de la Confédération Maritime, vous vous êtes invités au château de Thierry Desmarrets, PDG de Total(ement dégueulasse). Raconte-nous un peu.

En fait, c’est le château SECONDAIRE de Thierry Desmarrets ! On savait qu’ils n’étaient pas là. On ne les a pas agressés physiquement. Nous étions 9 et portions un t-shirt « nous ne sommes pas venus chez vous par hasard. AZF & Erika » Nous avons occupé les lieux, éclusé 15 bouteilles de vin… qui n’était pas si terrible que ça. On a aussi restitué une dizaine de kilos de fioul, récolté des plages, qu’on a badigeonné sur les façades. On a aussi démonté les fenêtres qu’on a mises au garde-à-vous dans la pelouse pour qu’elles servent à boucher les trous d’AZF…

Cela nous a valu trois convocations au TGI d’Auxerre (soit des centaines de kilomètres de routes à faire) pour être condamnés au final d’un euro pour les dommages et intérêts et être amnistiés pour fait syndical…

Fais-tu partie de la Confédération Maritime ?

J’ai été membre d’honneur. Mais je ne le suis plus. Parce que je veux le contrôle de mes engagements, de mes apparitions.

Je fais aussi partie de SOS incinérateurs, sortir du nucléaire, menhirs libres

Je souhaite préserver ces autres engagements, être entièrement libre de mes mouvements…

Aussi bien pour l’écriture, le jardinage, la lecture, la navigation…

Faire de la voile ce n’est pas le « tout tourisme » et sa vocation commerciale, avec les ports « parkings à bateaux », les corps morts qui défigurent le paysage, qui grignotent les plages familiales…

Pour le golfe du Morbihan, je voudrais que soit étudiée cette formule : suppression de tous les moteurs à hydrocarbure au profit de la voile, de la perche, des avirons et même du moteur électrique, rechargeable par des batteries fonctionnant aux éoliennes. Ce territoire fragile et merveilleux mérite d’être un tel laboratoire. Il faudrait aussi revoir le nombre de bateaux à circuler.

 

L’école Diwan, c’est quoi pour toi ? L’immersion (procédé pédagogique qui consiste à étudier chaque matière en breton et à échanger dans la cour et la cantine en breton, le français étant étudié en tant que langue vivante), fait débat : quelle vision en as-tu ?

J’ai le souhait  de développer la réalité péninsulaire armoricaine. Dans cela, il y a trois points :

l’aménagement du littoral, la préservation de la science mégalithique, la culture et la langue bretonnes. Ce qui me sensibilise, c’est la préservation de la vie bretonne.

De la lutte à Carnac autour des menhirs pour éviter la destruction d’une ferme et pour le maintien des personnes en activités, nous avons été amenés à faire des recherches sur l’histoire des menhirs pour contrer les inepties des « Versaillais ». Cela a entraîné des rencontres avec des musiciens, des artistes bretons (conteurs, chanteurs…) déjà sensibles à la question. Cette fréquentation se complète et s’entrecroise.

Pour ce qui est de l’aménagement du littoral du Golfe, je fais partie de l’association « Golfe clair » qui tire des constats et fait des propositions.

La palette de l’enseignement de la langue bretonne se compose de :

- Div yez : étude bilingue dans le cadre de l’Education nationale,

- Dihun : école bilingue confessionnelle

- Diwan : laïcité, gratuité et immersion.

Ces trois piliers de Diwan sont sa réalité. Pour moi, Diwan est la meilleure solution. Et je n’ai qu’à me féliciter de l’enseignement qu’a reçu l’un de mes enfants à Diwan.

Pour mieux la faire connaître, j’organise chaque année la « Diwan Kup », un rassemblement maritime qui se déroule dans le Golfe. La prochaine a d’ailleurs lieu le samedi 10 juin.


Un projet d’intégration de Diwan dans l’Education Nationale a suscité une vive polémique, y compris au sein de Diwan. Quelle est ta position ?

Je suis pour l’intégration à part entière de Diwan dans l’Education nationale, comme élément du service public d’éducation à la condition que son fonctionnement actuel soit maintenu. Du genre « donnez les mêmes sous qu’aux autres écoles, nous saurons les dépenser. »

 

L’indépendance de la Bretagne, ça fait toujours tilt chez toi ? Qu’est-ce que ça t’évoque ? Quel sens lui donnes-tu ?

La Bretagne est une entité géographique extrêmement intéressante, depuis toujours.

Le détachement de la Loire-Atlantique par Pétain est un affaiblissement de cette région. Je suis donc pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

Dans le cadre du système républicain actuel, je suis pour que soient renforcés les pouvoirs régionaux. Comme citoyen du monde régionaliste, je préférerais une Europe des Régions à une Europe des Nations, c’est-à-dire chaque région indépendante dans un ensemble européen.

Mais, ne retrouve-t-on pas, à l’échelle régionale, tout le spectre politique de l’extrême gauche à l’extrême droite autour d’un projet voisin ? Même le patronat breton, regroupé par exemple à l’Institut de Locarn, soutient une Europe des Régions avec l’idée de Code du Travail régional, Education régionale, formation professionnelle régionale selon ses besoins… Que réponds-tu ?

Oui, c’est très dangereux. Je réponds « service public universel » : accès à l’eau, à l’énergie, à l’autosuffisance alimentaire, etc… à gérer à l’échelle planétaire. Je suis pour une gestion solidaire universelle par-dessus les Etats. C’est-à-dire que chaque région préserve son autonomie mais apporte aide et appui à celles qui en ont besoin.

 

Te considères-tu comme militant ?

Oui, dans le sens où l’on se définit et s’engage autour d’actions.

 

Tes souvenirs militants les plus rigolos ? les pires ?

Le pire souvenir fut sans doute notre voyage au Mexique, au Chiapas. La police mexicaine de l’immigration ne nous a pas lâchés. Nous étions surveillés. On nous a consignés à bord. Un copain était même interdit de débarquer.

Il y a eu aussi la charge des gardes-mobiles à Carnac qui nous ont tapé violemment après que le drapeau français suspendu à la mairie eut brûlé. Il y a eu cinq blessés.

Et rigolos ?

Lors de la journée du patrimoine, nous avions porté les revendications de « Menhirs libres », au château de Josselin de Rohan qui était alors président du conseil régional de Bretagne. Il n’était pas content le duc de Rohan !

En fait, ce n’est jamais très drôle d’être obligé pour faire entendre une cause juste, en tout cas qui mérite examen, de dépasser son comportement habituel, car c’est le seul moyen dont la population dispose.

Si la majorité des gens s’intéressaient aux problèmes qui les concernent directement, les choses pourraient vraiment changer. Les plus nombreux sont les déshérités.

 

Et l’anarchie, alors ?

C’est comme la sainteté, c’est rare !

J’ai eu la chance de lire certains bouquins, je pense en particulier à « la vie de Max Jacob ». J’ai aussi rencontré Coluche. Je ne sais pas si on peut dire qu’il était vraiment anarchiste, mais il m’a marqué.

Tu as défini quelque part l’anarchie comme « la responsabilité sans le pouvoir »…

C’est la seule solution, car elle ne retire rien à l’individu.

 

Entretien réalisé le 22 mai 2006 pour le Monde libertaire et paru dans le numéro 1447 (des 21-27 septembre 2006)

NB : A propos des luttes culturelles en Bretagne, voici une position qu ele groupe avait adoptée en 2002 avec les autres groupes de la fédération anarchiste de Bretagne : ici.

Repost 0
Published by anars56 - dans Histoire
commenter cet article
24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 13:26

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous ?


ML-1624-recto.jpgSommaire

Actualité

Justice nulle part, par A. Sulfide, page 3

Flics et voyous, par G. Goutte, page 4

Météo syndicale, par J.-P. Germain, page 5

L’Autruche, par F. Ladrisse, page 5

Des brèves, un strip, page 6

Nouvelles des fronts, par Hugues, page 7


Potkine enlève la naphtaline

La déshabitation de soi, par N. Potkine, page 8


Arguments

Libérer les idées en prison, par G. Reviron et R. Monvoisin, page 9

Matériaux pour penser l’auto-organisation, par P. Servigne, page 11

Violence et anarchisme, par A. Bernard, page 13

ML-1624-verso.jpg
Sciences

Homéopathie ? Pauv’ Juliette ! par J. Segal, page 14


Histoire

Terroriser la bourgeoisie, par P. Schindler, page 16


Documentaire

exe et handicap, par Paco, page 19


Lecture

Les affiches s’affichent, par Wally, page 20


Mouvement

Une bonne tranche de Melon, par Laurent, page 21

La plus craquante des radios, page 22

L’agenda vous appelle, page 23

Repost 0
20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 00:04

Le cinéaste René Vautier est originaire de Camaret (Finistère). Il est certes proche ou membre du Parti communiste français mais son témoignage est intéressant et touchant. Total respect ! Anticapitaliste, anticolonialiste, antiraciste, soutien au combat des femmes, il explique aussi son refus de l'usage des armes.

Vous pouvez également visionner l'excellent premier et efficace film anticolonial français, réalisé par René Vautier : Afrique 50 (16 minutes).

 

Documentaire (51 min) repris à Ty Télé : http://www.tytele.fr/?titre=destinations-bretagne-rene-vautier&mode=numEmission&id=3095

 

 

Afrique 50 :
Repost 0
Published by anars56 - dans Histoire
commenter cet article
19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 11:21

Collectif Mary Read

 

Kree kee kee kex koax koax

 

L'alerte rouge (Rap Morlaix)

 

Feministe-240211.jpg

Repost 0
Published by anars56 - dans Anti patriarcat
commenter cet article
17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 16:57


« J’ai perdu mon R2 D2 en Sibérie. »
Nestor Makhno

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous ?

ML-1623-recto.jpgML-1623-verso.jpgSommaire

Actualité

À la une : la fronde des magistrats, par P. Schindler, page 3

Moubarak en vrac, par les Relations internationales de la FA, page 5

L’Autruche, par F. Ladrisse, page 5

Des brèves, un strip, page 6

Contamination au tritium, par Gwizio, page 7

France, terre de contrats, par M. Silberstein, page 8

Loppsi 2, la suite, par Daniel, page 9

Un point de vue sur Force ouvrière, par Fabrice, page 10


Arguments

Agriculture, pesticides et société, par Guillaume, page 11

Horreurs nazies, par N. Potkine, page 9

L’après-WikiLeaks, par E. Vilain, page 14


Sciences

La technique, oh my godness ! (2/2), par J. Jacob, page 16


Histoire

Barcelone sous les balles (1919-1923), par G. Goutte, page 18


Mouvement

C’est pas du cinoche, par Bibo, page 21

Andreï Koutouzov menacé, page 21

La plus rebelle des radios, page 22

L’agenda, page 23

Repost 0
16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 00:01

Salut,

Super ! Une partie des conférences du Forum social de Séné est déjà en ligne : http://fsl56.org/2011/programme/bilan

Le label Produit en Bretagne démarre une nouvelle campagne "je relocalise", que nous avons décryptée car c'est une belle escroquerie (aussi bien sur le plan de l'emploi que de l'environnement) :
http://anars56.over-blog.org/article-produit-en-bretagne-l-escroquerie-continue-a-se-devoiler-66976043.html

Si vous aimez ce que raconte le québécois libertaire Normand Baillargeon, sachez que nous avons mis en ligne une série de 10 interviews (télé Québec et Là bas si j'y suis de Daniel Mermet), sur différents sujets, au format MP3, facilement téléchargeables ou en écoute directe. Vous pourrez aussi trouver les liens vers la vidéo de son intervention à Rennes du mercredi 27 janvier 2011 "les intellectuels et la lutte des classes".
http://anars56.over-blog.org/article-normand-baillargeon-a-travers-ses-interviews-radiophoniques-66480874.html

Ici, on ne parlera pas souvent de la télé. Mais une fois n'est pas coutume, n'est-ce pas ? Ainsi, si vous possédez un appareil de télévision, sur Arte, le mardi 15 mars, à 20h45, ne manquez pas l'enquête de Marie-Monique Robin (l'auteure du Monde selon Monsanto) sur les pesticides "Notre poison quotidien" :
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Notre-poison-quotidien/3673748,CmC=3674010.html

Sinon, en mars, il paraît qu'on appelle le peuple souverain à s'exprimer pour ses cantons... faites comme nous : votez bien, votez rien ! :-) Eh oui, donner sa voix, c'est la perdre...

V'là donc un nouvel agenda dont les nouveautés débutent par *
Précision : le groupe libertaire de ne se reconnaît pas obligatoirement et intégralement dans ce qui est proposé ci-dessous.
Les excellentes émissions de Radio libertaire sont téléchargeables à partir de ce lien : http://media.radio-libertaire.org/php/grille.php
Et le Monde libertaire, hebdo édité par la FA, a son site internet : http://www.monde-libertaire.fr/

Le groupe libertaire Lochu - Ferrer et la FA Vannes Lorient

-----------------------------------------------

* Mercredi 16 février - Brest - 18h - Manif contre la fermeture du centre de planification de Kerigonan - Rassemblement Place de la Liberté

------------------------------------------------

* Jeudi 17 février - Inzinzac Lochrist (56) - Cinéma le Vulcain : Projection débat du documentaire "L’eau, la terre et le paysan"  (A travers deux générations de paysans sur une ferme des Côtes d’Armor, le film aborde l’épineuse question de la pollution des eaux bretonnes par les excès de l’agriculture industrielle…) - Débat animé par Jean-Luc Le Parc, association Terre de Lien - Soirée organisée l’AMAP d’Hennebont - 20h30

------------------------------------------------

* Jeudi 17 février - Rennes - Atelier du logiciel libre au local de la Fédération Anarchiste,  "La Commune", 17 rue de Châteaudun : les fondamentaux du libre ; exemples d’applications ; principes et fonctionnalités... coûts - 20h - Apportez votre machine ou un CD vierge - Infos : www.farennes.org

------------------------------------------------

Jeudi 17 février - Rennes - Fest-Noz "Bertaeyn / Breizh Against Racism" avec Les Ramoneurs de Menhirs + IMG + Disgresk + Duo Thomas &  Jean-Mai (20h - PAF : 5 euros) - Salle de la Cité - Organisé par  General Strike, CNT 35 & IMG

------------------------------------------------

* Jeudi 17 février - Nantes - rassemblement de soutien aux 9 squatters & squatteuses poursuiviEs pour occupation illégale et refus de prélèvement d'ADN - 14h - Tribunal de Nantes - Infos : https://nantes.indymedia.org/article/22941

------------------------------------------------

Vendredi 18 février - Plescop (56) - L'aéroport Notre Dame Des Landes  et... vous ? - Conférences diaporama par le collectif Morbihan contre l'aéroport NDDL - 20h30 - Espace Roger Le Studer - Infos : http://fsl56.org/agenda/debut?id=commun:agenda:l_aeroport_notre_dame_des_landes_et..._vous

-----------------------------------------------

* Vendredi 18 février - Nantes - Débat du Repaire là-bas si j'y suis : Que faire de nos fous ? est-ce qu'on les soigne ou est-ce qu'on les gère ? est-ce qu'on les pense ou est-ce qu'on s'en protège ? quelle définition en donnons-nous et que disent-ils du monde où nous vivons ? les nie-t-on en les disant "comme tout le monde" ou les efface-t-on en les enfermant loin de nous ? y a-t-il des alternatives ? Etat des lieux et pistes de réflexions - 19h19 - au Méliès - Lien : http://www.repaire-nantes.info/index.html

-----------------------------------------------

* Samedi 19 Février - Rochefort en Terre (56) - Café de la Pente : Concert avec Kevin Texas Band (blues) - 21h20 - Entrée libre – majo. conso.

-----------------------------------------------

Samedi 19 Février - N-D des Landes (44) - Rassemblement populaire pour contrer le projet d'aéroport - A cette occasion sera lancée une action : un jeûne tournant à durée indéterminée, grâce à une caravane de la  résistance - en face la mairie de Notre Dame des Landes - 10h

----------------------------------------------

* Samedi 19 Février - St Nicodème (22) - Réunion publique d'information sur la loi LOPPSI2 (contexte, quelques vidéos, intervention sur le 32 ter A, débats...) - 16h

----------------------------------------------

* Dimanche 20 février - Pluméliau (56) - Conférence débat "Le monde agricole hier, aujourd'hui... et demain ?" Avec André POCHON, ancien éleveur, fondateur du CEDAPA (pour une agriculture autonome) et André OLLIVRO, porte-parole de « Halte aux marées vertes ». Ils présenteront les mécanismes et les effets de l'agriculture industrielle, et les solutions alternatives qui s'imposent dans un contexte de dégradation de l'environnement, de la santé des hommes et des conditions de travail et de vie des agriculteurs. - 15h - Salle multifonctions - Entrée libre - Organisé par l'AMAP EVEL (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne - BAUD) en partenariat avec des producteurs locaux

----------------------------------------------

* Mercredi 23 février - Rennes - Projection de "Ulysse Clandestin ou l’impasse identitaire", un film de Thomas Lacoste (débat en présence du réalisateur) - Organisé par l’association Relais Étrangers et la Cimade Rennes - Auditorium de la Maison internationale - 20h - Infos : http://www.rennes-info.org/Projection-de-Ulysse-Clandestin-ou

----------------------------------------------

* Vendredi 25 février - Rennes - Concert avec Unité Maü Maü (rap conscient), Bleubird (USA) et Alive Kill (Saint Brieuc) gratuit - 20h30 - au Jardin Moderne

------------------------------------------

Samedi 26 février - BREST - Concert antifascite avec DEATH OR GLORY (punk rock - Rennes), BRIXTON CATS (punk rock - Paris), LOS TRES PUNTOS  (ska rock - Paris), COLLECTIF MARY READ (hip-hop révolutionnaire) -  salle des conférences, Place de la Liberté - 8 € - 20h

----------------------------------------------

* Mercredi 2 mars - Port de Vannes - Cercle de silence en soutien aux sans papiers - Ouvert à tous et toutes - Organisé par RESF 56

----------------------------------------------

* Samedi 12 mars - Rennes - Projection débat autour du film Viva Mexico (sur le mouvement zapatiste) http://vivamexicofilm.com - Suivie d'un concert au Bar Le Panama (28, Rue Bigot de Préameneu) - 18h - Soirée organisée par le groupe la Digne Rage de la FA (Rennes)

----------------------------------------------

* Dimanche 13 mars - Notre-Dame des Landes (44) - Projection débat autour du film Viva Mexico (sur le mouvement zapatiste) http://vivamexicofilm.com - 19h30 - lieu dit "La Pointe" à Fay de Bretagne

----------------------------------------------

* Lundi 14 mars - Nantes - Projection débat autour du film Viva Mexico (sur le mouvement zapatiste) http://vivamexicofilm.com - 20h30 - Cinéma Le Concorde (79, Bd de l'Egalité)

----------------------------------------------

* Vendredi 1er avril - Vannes - Conférence débat "l'enfermement psychiatrique" avec Jacques Lesage de la Haye (psychologue, animateur de l'émission anti carcérale Ras les murs sur Radio Libertaire, ancien prisonnier, auteur de nombreux ouvrages sur l'enfermement carcéral et/ou psychiatrique) - Palais des Arts - 20h30 - Entrée libre - Organisée par le groupe libertaire Lochu - Ferrer (et FA Vannes - Lorient)

----------------------------------------------

Dimanche 24 avril - Lorient - Journée libertaire : Expo picturale - 10h Jam graffiti - 16h Projection débat - 21h Concert avec HEYOKA (anarcho punk - Dijon), MAUVAISE GRAINE (anarcho punk - Lorient), HANDYMEN - Bar LE GALION -
Infos : http://mauvaisegrainepunk.musicblog.fr/

----------------------------------------------

Samedi 30 avril -  Rochefort en Terre (56), au Café de la Pente - Concert de soutien à RESF 56 (Réseau éducation sans frontières) avec Unité Mau Mau (hiphop enragé - Rennes) + Kings Of Nothing (punk-rock mélo - Malestroit) + Murder One (hardcore plouc - Vannes) - 20h - 5 eur

----------------------------------------------

Repost 0
Published by anars56 - dans Actus
commenter cet article
11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 22:16

En décembre 2009, nous présentions ici le label "Produit en Bretagne" sous un regard différent des médias classiques qui en sont les chantres (idéologie commune et recettes publicitaires obligent !). Pour mieux appâter le consommateur et la consommatrice, Produit en Bretagne mène sa communication sur la défense de l'emploi en Bretagne et le développement durable, dans une tentative de blanchiment du capitalisme local. (Cf. leur pub  dans un article de Ouest France du 9 février 2011 : « Je relocalise ». Dit autrement : « En consommant Produit en Bretagne, je soutiens l’emploi et l’environnement. »). Qu'en est-il ? L'exemple d'Armor Lux, membre actif de Produit en Bretagne, est éloquent. On vous laisse juges...

 

Article de Ouest France du 21 janvier 2011

 

 

Tunisie : la production Armor-lux perturbée

jeudi 20 janvier 2011

La crise tunisienne touche directement l'entreprise quimpéroise. Elle fait fabriquer là-bas une part importante de sa production. Et en ce moment, ça patine...

« Rien n'est bloqué. Mais la production comme le transport ont subi les effets de la crise... » Michel Guéguen, directeur général d'Armor-lux, résume la situation à laquelle l'entreprise doit faire face depuis le début de la révolution tunisienne. L'entreprise quimpéroise fait fabriquer là-bas une bonne partie de la production sous-traitée à l'étranger. « En fin de semaine dernière, la priorité était naturellement la sécurité du personnel. Il y a eu des affrontements. Les usines n'ont pas été visées. Mais tout le monde craignait une balle perdue... »

 

Collections d'été

La Tunisie occupe une place importante dans l'organisation Armor-lux. Un tiers des vêtements vendus par la marque est fabriqué en France. La Tunisie représente environ 35 % de la production délocalisée. « Nous travaillons avec une dizaine d'usines situées dans la région à l'ouest de Monastir. Ces usines sont la propriété de Français qui ont souvent quitté notre pays dans les années 90, au plus fort de la crise du textile. »

Localement, le salaire minimum est de 250-300 € pour une semaine de travail de 48 heures. Propriétaires français, encadrement partiellement français aussi. « Chacune de ces usines est spécialisée dans un produit : jeans pour l'une, chemises pour l'autre... » Les usines sont modernes, aux normes européennes, employant chacune entre 300 et 400 personnes. A 85 % des femmes. « Nous faisons en sorte que nos commandes ne représentent jamais plus de 30-40 % du plan de charge d'une usine. »

Les très fortes tensions que connaît actuellement le pays ont un double impact sur le fonctionnement de cette industrie. « En fin de semaine dernière, le personnel n'est pas venu. Ensuite, ceux qui habitent près des usines ont pu rejoindre le travail. Mais comme le système de ramassage par bus fonctionne mal, les ouvriers les plus éloignés rencontrent souvent des difficultés à rejoindre l'usine. »

La situation s'est progressivement améliorée. Mercredi, la production avait repris un rythme quasi normal. Second problème, le transport. « Deux fois par semaine, des camionneurs français viennent chercher la production. Les camions convergent ensuite vers le port de Tunis. Après un passage aux douanes, les remorques partent pour Marseille. »

Avant de remonter vers le centre de logistique de Quimper. Le système s'est ralenti. Surtout aux douanes car les sociétés d'import-export sont suspectées d'être sous la coupe du clan Ben Ali. Mais là encore, la situation se débloque progressivement depuis mercredi.

Désormais, la préoccupation des donneurs d'ordres est de respecter le calendrier. « Pour les produits que nous vendons aux différentes administrations, nous disposons d'un petit stock. » Mais les mois de novembre, décembre et janvier constituent la période de pointe pour la fabrication des collections d'été qui seront placées sur les cintres à la fin des soldes d'hiver, en février. On le comprend, actuellement l'évolution de la situation est suivie au jour le jour depuis Quimper.

 

Jean-Pierre LE CARROU

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

(Note de Anars 56 : Il semble que l’article de Ouest France soit erroné pour les salaires : 250-300 € seraient la rémunération mensuelle (!) et non hebdomadaire. Ainsi, dans un article qui date du 05/10/2005, le Journal du Net cite le PDG d’Armor-Lux, Jean-Guy Le Floc’h : « Sachant qu’en France, le revenu minimum est de 1.500 euros brut, 300 au Maghreb, 200 dans les pays de l’Est et 50 en Chine. Nous privilégions les relations avec le Maroc, la Tunisie et la Bulgarie pour leur fiabilité. » Dans ce même article, il est dit que « 60 % de la fabrication reste en France » (2 usines à Quimper, 1 à Troyes). Qui croire ? OF qui déclare que seulement « Un tiers des vêtements vendus par la marque est fabriqué en France » ?)

De son côté, le Télégramme du 24 janvier 2011 http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimper/ville/armor-lux-production-interrompue-en-tunisie-19-01-2011-1179617.php nous apprend que « L’entreprise quimpéroise Armor-Lux travaille avec une dizaine d’entreprises de textile françaises installées dans la région de Monastir (Tunisie). Elles emploient 2.500 salariés.
(…)
Ces entreprises fournissent Armor-Lux en jeans, sahariennes, blouses et parkas. Alimentées en matières premières par l’Italie, la France et l’Allemagne, elles assurent la transformation. La moitié de la production est ensuite expédiée en France à Armor-Lux. «Ce sont des produits destinés à des marchés d’habillement administratif, comme les uniformes de la police nationale, ou La Poste, mais aussi pour des entreprises privées».

 

Le service public s'achète une bonne conscience pour le moins fragile...

 

A noter que le groupe Leclerc, un "modèle" en matières sociales et écologistes , vient de lancer aussi son site la " Bretagne au coeur " … mais nous y reviendrons !

 


Repost 0
Published by anars56 - dans anticapitalisme
commenter cet article
10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 23:23

« Dieu ne peut être ni bon, ni méchant, ni juste, ni injuste. Il ne peut rien vouloir, ni rien établir, car en réalité il n’est rien, et ne devient le tout que par crédulité religieuse. »

Michel Bakounine

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous ?

 

ML-1622-recto.jpgSommaire

 

Actualité

À la une : Au sujet du mariage homosexuel, par O. Pucras, page 3

L’euthanasie face au lobby catho, par M. Silberstein, page 4

Feuille-thon CGT, par J. P. Germain, page 5

L’Autruche, par F. Ladrisse, page 5

Des brèves, un strip, page 6

Pour un libre accès à l’IVG, par P. Schindler, page 7


Arguments

Violence et anarchisme, par J. Rackham, page 9


International

Zoom sur le mouvement égyptien, par P. Sommermeyer, page 12

Actualité sociale et politique du Portugal, par M. Rui, page 14
ML-1622-verso.jpg

Sciences

La technique, oh my god !, par J. Jacob, page 16


Histoire

La révolution des oeillets, deuxième partie, par C. Reeve, page 18


Lecture

Le dernier ouvrage de Janover, par Justhom, page 20


Mouvement

C’est pas du cinoche, par Bibo, page 21

Forum social libertaire de Dakar, page 21

La plus craquante des radios, page 22

L’agenda vous appelle, page 23

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de anars 56
  • Le blog de anars 56
  • : Le blog du groupe libertaire René Lochu (Vannes)
  • Contact

Pour nous contacter, ne pas passer par la page "contact" du blog. Ecrire à : groupe.lochu(a)riseup.net

Vous pouvez aussi vous abonner à la feuille d'infos "Anars 56" (par mail, en texte brut, deux ou trois fois par mois).
Il suffit de nous le demander par mail à l'adresse ci-dessus.

Pour nous rencontrer : le 1er lundi de chaque mois, nous tenons une permanence de 19h15 à 21h00 à la maison des associations, 31 rue Guillaume Le Bartz, à Vannes. Tables de presse, tracts... Attention : pas de permanence durant l'été. Pas de permanence lundi 2 octobre 2017.

 

Depuis quelques temps, des publicités intempestives (et insupportables par définition) apparaissent sur le blog, sans qu'on ait moyen de les empêcher. Nous vous recommandons de télécharger un bloqueur de publicités qui les neutralisera.

Recherche

Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Concerts

Autres événements