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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:56
Samedi 18 juin à 17 heures se déroulait un rassemblement à Paris, Place Louis Lépine (4éme), appelant à chanter Brassens devant la préfecture de police. La Fédération anarchiste s’associait à cette action qui faisait suite à une récente condamnation pour avoir lancé "Hécatombe" aux oreilles de pandores dont le sens de l’humour ne semblait pas ȇtre la qualité première. Alors que l’ambiance était calme et bon enfant, l’intervention policière l’a été beaucoup moins : deux camarades sont en garde à vue au commissariat du 4e arrondissement . Il leur est reproché outrage, rébellion et violence envers des représentants de l’ordre. En réalité, poussés dans le dos au moment où ils devaient descendre les escaliers  ils se sont raccrochés à ce qu’ils pouvaient dans leur chute pour éviter de se faire très mal, ce qui a servi de prétexte aux représentants de la loi républicaine pour exercer leur droit à cogner à tout-va. La Fédération anarchiste condamne ces arrestations et demande la fin immédiate de la garde à vue, elle réaffirme que tant qu’il subsistera un seul policier, la liberté d’expression sera un vain mot.
Fédération anarchiste, le dimanche 19 juin 2011.
Les 2 copains ont été relâchés ce dimanche 19 juin peu après 15h. Ils sont passés sur Radio libertaire un peu après : http://backup.radio-libertaire.org//dimanche/dimanche15h30/dimanche15h30.mp3 (leur interview débute au bout de quelques minutes) et ce dimanche matin a eu lieu 2 heures d'émission sur le thème de la liberté d'expression, rapport à ces événements ! Et c'est écoutable ici 7 jours (l'émission débute au bout d'une dizaine de minutes) : http://backup.radio-libertaire.org//dimanche/night7_10/night7_10.mp3
Vidéo de la scène réalisée par Télé Bocal : http://www.dailymotion.com/video/xji2y1_brassens-et-les-cognes_news


Vive les enfants de Cayenne, à bas ceux de la sûreté !

 

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Communiqué de la FA appelant à ce rassemblement...

mercredi 15 juin 2011
 

Alors qu’il est considéré comme un poète majeur du 20ème siècle, alors qu’a lieu une expo à la Cité de la Musique intitulée Brassens ou la liberté, et qu’en même temps son nom est donné à des écoles, des collèges, des lycées, des arrestations ont eu lieu à plusieurs reprises ces derniers jours pour avoir chanté des couplets du compagnon Georges Brassens à la face des cognes. La Fédération anarchiste appelle à participer à un rassemblement samedi 18 juin à 17 heures , Place Louis Lépine, métro Cité, mais descendre à Etienne Marcel ou Chatelet serait préférable pour éviter les mauvaises rencontres. Les participants seront invités à chanter Au marché de Brive la Gaillarde à ceux qui ne veulent pas l’entendre, venez nombreux !

 
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Georges Brassens, 1952.
HÉCATOMBE


Au marché de Brive-la-Gaillarde
A propos de bottes d'oignons,
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon.
A pied, à cheval, en voiture,
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée.

Or, sous tous les cieux sans vergogne,
C'est un usage bien établi,
Dès qu'il s'agit de rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie.
Ces furies perdant toute mesure
Se ruèrent sur les guignols,
Et donnèrent je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol.

En voyant ces braves pandores
Être à deux doigts de succomber,
Moi, je bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J'excitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: "Hip, hip, hip, hourra !"

Frénétique l'une d'elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier : "Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l'anarchie !"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu'elles serrent comme un étau.

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passent à sa portée.
Ils tombent, tombent, tombent, tombent,
Et selon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus belle de tous les temps.

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons,
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons,
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas,
Leur auraient même coupé les choses
Par bonheur ils n'en avaient pas.
Leur auraient même coupé les choses
Par bonheur ils n'en avaient pas.
On fera abstraction du côté un brin mysogyne de ce texte...
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 13:39

affichette surveillance auray 4Ce vendredi 3 juin, à Auray, après un "apéro dinatoire" (yeah !) pris en commun avec la caravane des gueuses et gueux, la discussion s'est décomposé en 4 parties :
- la 1ère présenta la problématique de la vidéosurveillance à Auray, dans le Morbihan et ailleurs (en 10 minutes) ;
- la 2ème fut une intervention de 20-25 minutes de Jean Pierre Tertrais (texte ci-dessous) qu'on remercie d'avoir fait le déplacement. Il est l'auteur de la brochure " le contrôle social en société dite démocratique", qui inclut la vidéosurveillance dans une logique plus globale que se donnent l'Etat et le système capitaliste pour nous encadrer et prévenir une éventuelle contestation radicale,
- la 3ème, dans le prolongement de ce qui précède, fut une présentation de la caravane des gueux et des gueuses contre les politiques sécuritaires et liberticides, par des membres de la caravane eux mêmes et elles mêmes : nous les remercions aussi pour avoir fait étape à Auray !
- enfin, ce fut le débat, les échanges ! Au groupe libertaire Lochu, nous ne prétendons pas avoir de vérité toute faite. Nous nous défions des spécialistes et des avant gardes d'ailleurs. Au sein du groupe, nos approches ne sont pas monolithiques... Pour le débat, nous insistons sur le respect de la parole : on ne coupe pas la parole de celui ou celle qui cause, de même on évite de monopoliser la dite parole ! Comme on en a ressenti le besoin, une distribution de la parole a été mise en place.

 

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LE CONTROLE SOCIAL

 

Définition de François Bourricaud, sociologue : « ensemble de ressources matérielles et symboliques dont dispose une société pour s'assurer de la conformité de ses membres à un ensemble de règles et de principes prescrits et sanctionnés ».

 

C'est dire que le contrôle social ne s'exerce pas seulement par les institutions mais aussi par les populations sur elles-mêmes, par le biais du respect des traditions, des coutumes en matière d'habillement, d'alimentation, et surtout de liens familiaux. On sait que ce contrôle peut aller jusqu'au meurtre.

 

On connaît aussi les expériences de plus en plus développées de milices privées et bénévoles, de groupes de voisins organisant l'auto-surveillance de leur quartier, les appels à la délation.

 

L'exposé sera cependant axé sur l'aspect « lutte de classes », c'est-à-dire le contrôle d'une population par une classe au pouvoir.

 

Dans toute société, un groupe dominant tente d'instaurer la stabilité, le respect de ses propres valeurs. Rapidement, ce groupe ne tolérera plus l'existence de valeurs qui menacent son pouvoir, et se forgera des instruments pour contraindre les individus à partager ses valeurs, à remplir des rôles sociaux attendus, à adopter la conformité et l'obéissance, à adhérer à un consensus mou. L'institutionnalisation des normes se réalise soit par l'intériorisation, soit par l'établissement d'un système de sanctions.

 

Pendant longtemps, cet ordre moral a été assuré par la famille, l'Etat, l'école, l'armée, et peut-être surtout par la religion, leurs influences se renforçant mutuellement puisque leurs choix convergent pour assurer ce qu'on appelle l'ordre public, c'est-à-dire l'ordre bourgeois et capitaliste. La situation a évolué aujourd'hui ; les acteurs ne sont plus tout à fait les mêmes.

 

Les objectifs, eux, sont identiques : justifier les inégalités sociales, faire accepter l'ordre établi par ceux-là mêmes qui le subissent, en le légitimant comme naturel, voire comme divin. Prêcher la résignation. Favoriser l'apprentissage de formes de relations sociales fondées sur la soumission et l'aliénation. Privilégier des qualités telles que l'ordre ou la discipline au détriment de l'esprit critique. Valoriser le culte du chef et s'appuyer sur le charisme individuel. Faire adhérer à l'idéologie républicaine et à la patrie...

 

Le groupe dominant peut imposer ses valeurs de différentes manières. Il peut gérer en douceur les relations sociales si le rapport de forces est en sa faveur ; il devient agressif si son existence est menacée.

 

Depuis les années 1960 notamment, l'autorité, sous sa forme traditionnelle, a subi une crise. Ce qu'on appelle les démocraties libérales ont élaboré un système beaucoup moins visible, beaucoup plus subtil. La soumission et le contrôle des consciences sont acquis non par la force mais par la séduction. On entrait dans l'ère de l'exploitation douce, de l'oppression souriante. Les psychotropes, les antidépresseurs, le conditionnement, la manipulation, l'hypnose sont préférés à la matraque. L'autocensure à l'interdit. L'idéal étant une population docile qu'il serait inutile de contraindre parce qu'elle aurait l'amour de sa servitude.

« L'endoctrinement est à la démocratie ce que la coercition est à la dictature », écrivait Noam Chomsky.

 

Les progrès de la technologie ont été déterminants dans le perfectionnement des techniques de surveillance et d'encadrement collectif. Ce que les dirigeants souhaiteraient, c'est ce que nous décrivaient Aldous Huxley dans « Le meilleur des mondes » et George Orwell dans « 1984 ». Une société totalitaire mécanisée, standardisée, automatisée, débarrassée de la dimension imprévisible de l'Homme, du caractère aléatoire de la vie.

 

« Plus une société devient libre, plus il est difficile d'utiliser la force », écrivait aussi N. Chomsky. Mais si la technique est efficace, elle peut ne pas suffire ; c'est donc à un jeu permanent et pervers entre la carotte et le bâton que se livre le pouvoir.

 

Une surveillance hiérarchisée, continue et fonctionnelle, s'est progressivement mise en place, visant à rendre transparente la vie des citoyens ordinaires... tout en préservant l'opacité des activités des décideurs.

 

Le préalable reste, bien entendu, le formatage du citoyen, la « fabrication du consentement », c'est-à-dire la diffusion massive d'un message unique – la pensée unique – qui légitime le pouvoir en place. C'est la télévision qui jouera le rôle principal. Dans une revue de travailleurs sociaux, il était écrit : « La télévision est un outil de répression psychologique bien plus fort que n'importe quelle prison ». Quand on sait que 95% des foyers possèdent au moins un téléviseur qu'ils regardent en moyenne 3h30 par jour, on a une idée assez précise des dégâts commis.

 

Il s'agit d'orienter l'information, c'est-à-dire de la sélectionner. Ted Turner, patron de la CNN, affirmait : « Si nous ne mentionnons pas un événement, il ne s'est pas produit ». Il s'agit aussi, par la rotation rapide des images, de semer la confusion, d'empêcher de réfléchir en profondeur et d'exercer son esprit critique, d'éliminer tout débat de fond, de distraire l'individu, c'est-à-dire de le détourner de l'essentiel, de le réduire au rôle de spectateur passif. C'est un véritable programme de lobotomisation des cerveaux et de colonisation de l'imaginaire illustré par les propos de Patrick Le Lay, patron de TF1 : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau disponible ».

 

Il s'agit aussi d'intérioriser certaines valeurs : individualisme, compétition, caractère naturel de la violence et de la hiérarchie, valorisation de la réussite, religion de la croissance, foi dans le progrès technique... De renforcer l'identification à des modèles, notamment par le sport de haut niveau, excellent moyen de dépolitisation des masses. De développer aussi la culture d'entreprise qui consiste à susciter de l'intérieur l'adhésion de l'individu à une logique d'organisation, à un projet certes collectif, mais décidé par d'autres.

 

Parallèlement se développe une surveillance au quotidien dont le but est de répertorier les faits et gestes de la population pour identifier les « déviants » au modèle dominant, de les isoler puis de les neutraliser. Il ne faut donc pas s'étonner que les cibles prioritaires soient les opposants politiques, les responsables syndicaux, les militants des droits de l'Homme, les journalistes, les meneurs étudiants, les minorités, les anarchistes.

 

Parmi les outils de cette surveillance, citons : le fichage informatique avec l'interconnexion de nombreux fichiers, avec les traces informatiques laissées par les cartes de crédit, les appels téléphoniques ou la navigation sur Internet ; la vidéosurveillance dont l'objectif est la normalisation intériorisée des rapports entre dominants et dominés (600 000 caméras en France, dont 45 000 publiques) ; la surveillance dans le monde du travail (une étude estime que 67% des entreprises sont engagées dans une forme de surveillance intrusive de leurs employés) ; l'action sociale, c'est-à-dire la tentative par le pouvoir d'utiliser les travailleurs sociaux pour exercer une surveillance rapprochée des populations jugées difficiles, pour réintégrer de force les « improductifs » dans les liens du travail ; l'implication citoyenne, le processus électoral lui-même constituant un outil de contrôle d'une importance considérable, parce que ceux qui ne se soumettent pas à ce processus en s'abstenant de voter représentent une force précisément incontrôlable : ils pourront être tentés d'utiliser d'autres canaux pour donner libre cours à leur potentiel revendicatif (manifestations, occupations, grèves, émeutes, désobéissance civile...). Sans oublier la nouvelle loi LOPSI 2, la prévention de la délinquance, le fichier « base élève », les puces électroniques, les nanotechnologies...

 

Malgré ce contrôle diffus et généralisé qui engendre même la perte du sens de la vie privée, les classes dirigeantes ne parviennent pas à faire taire toutes les voix ; la résignation n'a pas encore triomphé définitivement. Et pour maîtriser les rebelles, les insoumis, des politiques répressives sont mises en place, largement accélérées par les événements du 11 septembre 2001. C'est la gestion policière, voire militaire, d'une situation économique et sociale de plus en plus dégradée.

 

Ces politiques sont servies par un discours : l'idéologie sécuritaire. Se voulant scientifique, neutre, apolitique, elle s'appuie sur quelques techniques bien connues.

° procéder à un amalgame, parfois grotesque, entre : terrorisme, trafic, violences urbaines, cambriolages, délinquance, agressions sexuelles.

° manipuler les statistiques ; le plus souvent en les gonflant artificiellement pour justifier l'urgence des forces de police.

° dissocier les violences qualifiées d' « irrationnelles », de « gratuites » de leur contexte socio-économique, évacuer la dimension politique du comportement des jeunes (même si ce n'est pas toujours le cas), dissimuler la délinquance comme expression de révoltes, et le suicide ou la conduite à risques comme conséquences d'un mal-être.

° minimiser la responsabilité policière dans la détérioration du climat social ou dans le déclenchement de certaines émeutes.

 

Ces politiques répressives se manifestent notamment sous deux formes :

° la criminalisation du mouvement social.Un peu partout sur la planète, des mouvements d'opposition se développent (injustices, exploitation, mondialisation...). Parce que ces mouvements remettent en cause la stabilité de l'ordre social, les gouvernements, les Etats durcissent les politiques sécuritaires, accentuant la criminalisation de ces mouvements sociaux et le harcèlement judiciaire des militants associatifs, syndicaux et politiques. Il s'agit de marginaliser, de discréditer une contestation jugée « irresponsable », d'assimiler tout mouvement radical à une activité terroriste, tout opposant à un simple casseur, toute résistance à du vandalisme. Il s'agit aussi d'asphyxier financièrement ces organisations.

 

° l'enfermement. Le système carcéral constitue un élément fondamental du contrôle social. Il s'agit bien du contrôle des classes dites dangereuses pour le pouvoir en place, puisqu'on y trouve essentiellement les victimes de l'accroissement des inégalités sociales. C'est l'incarcération de masse conçue comme politique de lutte contre la pauvreté. Et pas seulement aux Etats-Unis.

 

Alors quelles perspectives de lutte et de changement peuvent se dessiner ? On a vu tout à l'heure que, s'il se sent en danger, le pouvoir devient brutal, intransigeant. Or le capitalisme est en train de s'auto-détruire. C'est-à-dire qu'il a lui-même sapé les bases d'une croissance économique dont il s'est toujours servi pour surmonter ses contradictions internes, croissance dont il a absolument besoin pour se perpétuer. Ce système si sophistiqué est devenu très vulnérable. Mais ceux qui le servent sont prêts à aller jusqu'au bout. Le pouvoir économique et politique se prépare à ces difficultés, et notamment par les techniques de guérilla urbaine. L'enjeu dépasse donc de très loin le seul contrôle social.

 

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 22:31

 

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous ?  Cliquez ici !

 

ML-1640-recto.jpgML-1640-verso.jpgSommaire

Actualité

La Grèce en péril, par J. Langlois, page 3

Météo syndicale, par L. Barbesois, p. 5

Des brèves, un strip, p. 6

La soutane et la famille, C. Carcharias, page 7

Sus aux curés pédophiles, J. Segal, page 8

Potkinisme

Je sais tout sur vous, par N. Potkine, page 9

Arguments

Les tribulations libertaires d’un Québécois en France, par N. Baillargeon, p. 10

L’anarchisme en pratiques, par R. Constant, page 12

Sciences

Le poids de l’âme, par M. Silberstein, page 15

Histoire de l’art

Kees Van Dongen, par Y. Guignat, page 18

À lire

Poste restante, par Jacob, p. 20

Chemins de table, par B. Rey, page 20

Mouvement

C’est pas du cinoche !, p. 21

Bobines rebelles 2011, p. 21

La plus phonique des radios, p. 22

Agenda printanier, page 23

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 18:59

Salut,

quelques nouvelles !

Les IndignéEs continuent de manifester un peu partout (parfois ça s'arrête, genre les évacuations à Rennes et souvent ça recommence ! Chaque jour offre une nouveauté. A chacune-chacun de suivre donc !).
Il y a des rassemblements à Rennes, Lannion, Lorient, Nantes et sûrement ailleurs !
Pour Quimper, c'est place St Corentin, à 19h (Campement chaque vendredi soir), les samedis, rendez-vous à 14h...
Les indignéEs espagnolEs lancent un appel international(iste) à manifester le dimanche 19 juin à 18h !

A ne pas manquer ! Dimanche 26 juin, Auray (Port de St Goustan), pique-nique du groupe libertaire Lochu - Ferrer & FA Vannes - Lorient - Ce sera aussi le 1er anniversaire des caméras de vidéosurveillance dans un lieu public à Auray.
RDV à midi - Chacun, chacune apporte une  préparation et / ou une boisson et on partage (préparations végétariennes & végétaliennes appréciées) - Table de presse libertaire et militante - Ne restez pas isoléEs, passez au moins boire un coup avec nous et croquez un p'tit morceau. On s'autorisera à refaire le monde. Déjà en paroles ! :-)

A noter qu'une quarantaine de personnes a participé au débat sur le contrôle social à Auray, que nous organisions le vendredi 3 juin. Nous remercions encore les amiEs de la Caravane des gueux et des gueuses et  Jean-Pierre Tertrais... et toutes celles et ceux qui sont venuEs. Ce fut  un débat sans temps mort avec de nombreuses interventions dans la  salle. L'intro de Jean-Pierre sera bientôt mise en ligne.

Radio libertaire est toujours aussi merveilleuse, elle s'écoute là (en différé) : http://media.radio-libertaire.org/php/grille.php

(Re)découvrez sommaires et couvertures de l'hebdo Le monde libertaire que vous avez loupés depuis le début de l'année (ce journal a 57 ans et il est toujours vert... et noir ! et sans doute un peu rouge aussi ;-)) : 
http://anars56.over-blog.org/categorie-11155249.html Certains articles sont lisibles en ligne.

Et y'a pas mal de nouvelles contributions sur le blog qu'on vous laisse découvrir.
Le week-end dernier, c'était le congrès de la fédération anarchiste à Corbigny dans la Nièvre.

En Egypte, il s'est créé un mouvement socialiste libertaire !
http://paris.indymedia.org/spip.php?article7132

Une certaine caricature à l'encontre des anarchistes prétend :
- quand 2 anarchistes se rencontrent, ils/elles forment un groupe ;
- quand il y en a unE troisième, une tendance se crée !
- et quand il y en a unE quatrième, c'est la scission...
Cette caricature revêt parfois un fond de vérité mais dans la majorité  des cas, à partir de 3 ou 4, c'est soit une feuille locale, un journal  qui est édité, un blog ou un site qui est mis en ligne ; voire une structure d'éditions qui est lancée !

Anarchas salutations.

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* Vendredi 17 juin - Rennes - Redistribution de légumes et repas collectif par le restaurant de la maison de la grève - au Synthi (2 rue de Chateaudun) - infos : http://maisondelagreve.boum.org/

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Du vendredi 17 au dimanche 19 juin - Orvault (44) -  Weekend festif d'activités et concerts à l'inter-minables (hangar squatté au 117 route de Rennes BUS 32/25/D ARRET Bout des Pavés) - Couchage et cantine prévus -
Vendredi 17 : Concert PRINCE RINGARD (rock) à 19H
Samedi 18 : Cantine, Danse Butoh (avec Annie Lam), Sérigraphie, Jardinage sur bûte, Fresque (graff), Atelier Théâtre d'impro, Jam session...
Samedi soir : Concerts au squat du Rafiot (à Bouguenais, tram ligne 2 arrêt Les Couëts) avec LA PEAU SUR LES OS (noisy folk), INVITES (folk jazz)
Dimanche 19 (retour à l'inter-minables) : Projections, Cantine, fresque, jardinage sur bûte, atelier Cirque, Jam session (viens avec ton instru!)
Infos : http://interminable117.xooit.fr

 

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* Les samedi 18 et dimanche 19 juin, partout en Bretagne, "Bienvenue dans mon jardin !" (cultivé sans pesticides ni engrais chimiques, techniques et savoir-faire d'amateurs & amtarices) - Liste des rendez-vous :
http://www.bienvenuedansmonjardinbretagne.org/

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Samedi 18 juin - Arradon (56) - 3ème édition de Mamm Douar, fête des résistances écologiques en Bretagne, organisée par Ingalan Bro An Alre. 15h : Marc'had Reiz (marché équitable) avec une vingtaine d’exposants, artisans et producteurs / 19h Concerts : La Batouk de Ploukatak (percussions brésiliennes), Soadan (jazz/latino) et Odonate (rock)... / Stands d’information dont le groupe libertaire Lochu (FA Vannes) et le collectif végétarien Veg 56... / Restauration bio (viande et végétarienne) / Bar à vins et bar à Bière bio.

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* Samedi 18 juin - Berrien (29) - Pique-nique résistant "Créer, c'est résister. Résister, c'est créer", dans l'esprit de l'Appel du Conseil National de la Résistance - à Tédudon le Moine, premier village résistant de France, 11h - Apportez casse-croutes, boissons, envies et idées

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Samedi 18 Juin - Concarneau - Dixième vélorution, organisée par le Centre de Recherche sur l'Avenir des Déplacements Écologiques (Crade 8, rue des thoniers), afin de continuer de faire vivre l'atelier vélo de Concarneau : un lieu où se transmet lentement et sûrement la culture du vélo - Place de la Mairie, Rendez-vous 14h, départ 14h30

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* Samedi 18 juin - Nantes - Vélorution ! (Manifestation festive. Réapproprions nous la rue, en vélo, trottinette, monocycle, skate, rollers...) - 14h sur le parvis de la cathédrale St Pierre
http://velorution.org/page/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=20&Itemid=69

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* Samedi 18 juin - Rennes - 20h : apéro débat CNT (Révolutions : ici, maintenant et après ?), buffet à prix libre + Concert Dubamix (dub militant Paris banlieue) : prix libre - à la Paillotte

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Dimanche 19 juin - Sérent (56) - Pique-nique végétarien : chacun-e apporte un plat et on partage - Table de presse : droits des animaux, aspects écologiques, sanitaires et de solidarité internationale liés à la production/consommation de viande et au végétarisme, recettes - Rdv au Plan d'eau, rue du 3 août 1944

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* Lundi 20 juin - Notre dame des Landes (44) -  Concert aux planchettes (ZAD, route entre la Pâquelais et Fay de Bretagne) avec "la peau et les os", du folk noise de St Etienne (42) - 20h30 - Y'aura à manger, boire, camomille...

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* Jeudi 23 juin - Lorient - Film débat "L'enfer au paradis, agrocarburants : de la recette miracle au scénario d'horreur", de Frank Garbely (sur la culture des plantes énergétiques en Colombie, avec les paramilitaires...) - 20h30, Salle audio de la Maison des associations. Cité Allende - entrée libre - Organisé par le CRISLA (solidarité internationale, droits de l'Homme, etc...) www.crisla.org

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* Jeudi 23 juin - Rennes - Soirée débat "Programme Régional Santé Environnement Effets réels ou effet d'annonce ?", présentée par Jean-François PIQUOT, porte-parole d'Eau & Rivières - 48 boulevard Magenta - 20h30

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* Vendredi 24 juin - Rennes - Redistribution de légumes et repas collectif par le restaurant de la maison de la grève - au Panama (28 rue Bigot de Préameneu, arrêt de métro Jacques Cartier ou arrêt du bus Bigot de Préameneu) - infos :
http://maisondelagreve.boum.org/

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* Jeudi 30 juin - Nantes - Vinci, son monde et les luttes qui s'y opposent (Discussion et rencontre avec les auteurs de « C'est quoi ce tarmac ? », livre sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes à sortir début juillet). Entrée libre. 20h, salle C, maison des syndicats, place de la gare de l'État

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* Vendredi 1er juillet - Rennes - Redistribution de légumes et repas collectif par le restaurant de la maison de la grève - au Delta (36 Rue Legraverend, métro Anatole France) - infos : http://maisondelagreve.boum.org/

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* Mercredi 6 juillet - Vannes - Cercle de silence en soutien aux sans-papiers expulséEs ou menacéEs d'expulsion par l'Etat français - 18h30 Esplanade du port

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Du vendredi 8 au dimanche 10 juillet - La Pâquelais (Vigneux de Bretagne 44) - 3 jours de résistance contre l'aéroport de Notre dame des Landes, pour un autre choix de société. Camping, débats, conférences, expos, animations culturelles, concerts, action symbolique, pique-nique... Thèmes : énergie et climat, souveraineté alimentaire, justice
sociale. Infos et détails : http://ete-2011-resistance-ndl.blogspot.com/

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* Samedi 15 octobre - Rennes - A l'appel de la Coordination  Antinucléaire Ouest (Basse Normandie, Bretagne et Pays de Loire),  journée antinucléaire : pique-niques, manifestation, concerts (La  catastrophe en cours de Fukushima et
la contamination planétaire qu’elle entraîne sonnent l’alarme : il est urgent de sortir du nucléaire. Le commerce du plutonium et la technologie EPR hypothèquent l’avenir de la  France et de l’humanité. Dans l’Ouest, l’arrêt immédiat du chantier EPR - THT s’impose. La coordination invite d’ores et déjà les élus du peuple à  prendre position. La transition énergétique est inéluctable. Après  Tchernobyl et Fukushima, ceux qui s’y opposent seront à coup sûr qualifiés de criminels par les millions de victimes de l’industrie nucléaire)

 

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 21:46
Des constats commun

Dans le monde entier, bien qu'à des échelles différentes et sous des formes très diverses, les femmes vivent une oppression spécifique liée au seul fait d'être femmes. Cette situation résulte d'un système social archaïque et pourtant encore en vigueur qui organise la domination politique, économique, culturelle, sexuelle et sociale des hommes sur les femmes : le patriarcat. Initialement défini comme un régime social dans lequel le pouvoir est transmis de père en fils et où l'autorité du père est prépondérante dans la famille, le patriarcat se manifeste à travers les rapports entre individus d'une société par des pratiques de domination légitimées dont le but est de soumettre les femmes. Le patriarcat est omniprésent, il impose son ordre et ses normes.

bobonne_2.jpg

Les actes de violence à l'encontre des femmes sont des conséquences de l'inégalité liée au patriarcat. Ces violences sont multiformes : coups, sévices sexuels, mutilations génitales, mariages forcés, menaces, chantages, violences domestiques, incestes, harcèlements sexuels et moraux, exploitation et marchandisation des corps (publicité, prostitution, pornographie), contraception interdite, inaccessible ou imposée, stérilisations et IVG forcées, meurtres.


Non à l'exploitation de l'homme par l'homme, non à l'exploitation des femmes par des hommes !


Le patriarcat ne connaît pas de frontières

La marchandisation du corps des femmes et des fillettes liée à la prostitution et au tourisme sexuel rapporte plus que le trafic de drogue ou d'armes !

La mondialisation du patriarcat, c'est aussi le travail des femmes dans les « sweatshops », hangars immenses voués à l'industrie, où les femmes gagnent des salaires de misère dans des conditions de travail proche de l'esclavagisme.

On retrouve aussi ses conséquences dans les infanticides perpétrés dans certains pays où il est considéré comme une vraie malédiction d'avoir un enfant de sexe féminin.

Dans d'autres pays, pour exercer un contrôle terrifiant sur le corps des femmes, on pratique l'infibulation et/ou l'ablation du clitoris qui a pour conséquence de rendre extrêmement douloureux tout rapport sexuel pour les femmes.


Le patriarcat est présent dans toutes les sphères et toutes les classes sociales et le capitalisme s'en sert sans vergogne !

En France, les femmes sont payées 19,5 % de moins que les hommes dont 13 % ne sont justifiés par aucune autre différence que le sexe.

Les femmes représentent 60 % des chômeurs et 80 % des travailleurs à temps partiel, et souvent ne l'ont pas choisi.normal_femme_et_usine.jpg

Dans les hôpitaux, il est encore difficile de pratiquer une IVG, entre moyens insuffisants, regards suspicieux et commandos fascistes.

Une grande part des violences faites aux femmes et aux filles l'est dans la sphère familiale ou proche. En France, 41% des viols sont commis sur des filles de moins de quinze ans, et 74% d'entre elles connaissent leur agresseur. Ce dernier n'est majoritairement pas un marginal dégénéré mais un homme ordinaire, parfaitement intégré à la société.

Au moins deux millions d'hommes en France battent leur compagne et, chaque année, 300 à 400 d'entre elles sont assassinées ; 48 000 viols sont aussi déclarés chaque année ; combien sont tus ?


L'État réprime et les religions oppriment !

Les lois étatiques imposent le mariage comme condition du droit au séjour ou d'une régularisation.

L'exigence du maintien de la vie commune pour la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour pose des problèmes en cas de séparation, de violence conjugale, permet des abus de la part du mari et place les femmes en situation de dépendance.

Les lois religieuses dépossèdent les femmes d'elles-mêmes : elles imposent selon les religions, de se voiler, de rester vierge, de ne pas avorter, de ne pas avoir de rapports sexuels extra-conjugaux, elles condamnent de manière permanente l'IVG et la contraception, justifient la lapidation des femmes adultères, ou imposent la charia interdisant toutes pratiques culturelles, toutes relations affectives en public, toute vie sociale et politique. Le voile islamique (comme la mantille ou le chapeau il n'y a pas si longtemps dans les églises catholiques) est utilisé comme objet symbolique de la soumission des femmes ; l'excision, comme mutilation définitive, en est l'expression la plus irréversible et la plus violente.


De la nécessité d'une transformation libertaire et révolutionnaire de la société

Une loi ne servira à rien si les bases morales et économiques de la société qui génèrent et justifient l'oppression et la violence patriarcale ne sont pas renversées.

On ne peut que regretter l'évolution d'une partie du mouvement des femmes vers un féminisme institutionnel, réclamant aux puissants des lois illusoires comme la parité, l'égalité professionnelle, et être dubitatif devant l'application insatisfaisante des lois sur l'avortement ou la contraception.

C'est par la réalisation de la véritable égalité économique et sociale de tous les individus, que pourront régresser les violences machistes.

Ces objectifs ne pourront aboutir que si dans les milieux associatif, syndical, familial et professionnel, nous savons reconnaître et lutter contre toutes les formes d'inégalité.

C'est par la construction de rapports humains, individuels et collectifs, reposant sur le respect de chaque personne, quels que soient sa situation familiale ou matrimoniale et ses choix liés à la sexualité.01organize

Seule la construction d'un rapport de force, s'appuyant sur des pratiques d'autogestion des luttes, d'action directe, de grève générale, de modes d'organisation alternatifs, etc., et non dans les parlements et les tribunaux, qu'une véritable alternative crédible au système capitaliste, patriarcal, religieux et étatique pourra voir le jour.

 

Pour une véritable égalité sociale et économique entre les individus, luttons contre le patriarcat et le capitalisme !

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 16:42

 

Où trouver le Monde libertaire près de chez vous ? Cliquez ici !

 

ML-1639-recto.jpgML-1639-verso.jpgSommaire

Actualité

L’Espagne se réveille, par R. Pino, page 3

L’Autruche, par F. Ladrisse, p. 5

Des brèves, un strip, p. 6

Les crayons de la révolte, par Nemo, Wan Dahl, Ludo, page 7

Météo syndicale, par L. Barbesois, page 8

Les sens du pouvoir, par G. Goutte, page 8

Potkinisme

Saigner la bête, par N. Potkine, p. 9

Anniversaire

Le FAHR, quarante ans après ?, par P. Schindler, page 10

Expression

Une Amap libertaire, par J.-C. Richard, page 13

International

Biélorussie sans justice, Anarchist Black Cross Belarus, page 15

Histoire

Eugène Varlin, par A. Pavlowsky, page 16

Cinéma

Le 64e Festival de Cannes, par H. Hurst, page 19

Mouvement

C’est pas du cinoche, p. 21

68e congrès de la Fédération anarchiste, page 21

La plus michto des radios, p. 22

L’agenda vous appelle, p. 23

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 09:41

    Les « affaires politico-sexuelles » sont devenues une des banalités médiatiques françaises les plus répandues ces dernières semaines. Les révélations s'enchaînent les unes après les autres. Qu'elles concernent DSK, G. Tron ou un « ancien ministre », elles illustrent toutes ce que certains souhaitent dissimuler : elles cristallisent toutes le pouvoir des hommes et l'oppression sexuelle subie par les femmes. En France, chaque année plus de 12 000 femmes sont violées sur leur lieu de travail (soit 4,7% du nombre total de viols).

On peut alors se réjouir que des politiciens agresseurs soient acculés à devoir rendre des comptes. C'est là une victoire indéniable contre la loi du silence de l'idéologie masculine. Celle-ci veut nous imposer l'idée que le charmeur français maîtrise le juste dosage entre la séduction et l'agression, entre la sexualité et le pouvoir, et qu'il n'a pas besoin d'un puritanisme pudibond venu d'outre-atlantique. Seulement voilà : l'idée craquèle. Le charmeur est rattrapé par la réalité : les comportements du gentleman charmeur, qui plus est français de souche, ne conviennent pas aux violentées.

On peut certes se réjouir. Cependant, ces agresseurs ont à leur disposition des moyens colossaux pour se protéger : capital culturel, juridique et financier, qui ont aussi à voir avec leur qualité de détenteur de prostate. Et, au-delà des divers capitaux, souvent totalement disproportionnés en comparaison avec ceux des plaignantes, nos accusés bénéficient en plus d'une protection rapprochée : la solidarité masculine, avec son cortège de chiens de garde. C'est cette solidarité masculine qu'on voit actuellement se déployer en un déferlement réactionnaire, aussi bien verbal que vestimentaire. Aveuglés par leur phallocentrisme, nombreux sont en effet ceux qui affichent une posture intellectuelle certes incohérente mais pourtant socialement puissante et dévastatrice : une dose d'empathie sélective (ignorant l'agressée) faite de sexisme (au profit de l'agresseur). Les féministes y répondent énergiquement depuis des semaines. Les propos réactionnaires sont décryptés et dénoncés par les associations, les militantes et diverses personnalités : l'AVFT, les TumulTueuses, Mona Chollet, Clémentine Autain, etc. Manifestations, déclarations publiques et articles se succèdent. Conséquences : les témoignages de violences non-portés devant la justice affluent sans discontinuité dans les commentaires laissés sur certains sites. Même constat auprès du Collectif Féministe Contre le Viol qui enregistre une hausse de 20% d'appels supplémentaires depuis le début de l'affaire DSK. Autant d'éléments qui viennent illustrer et combattre le caractère généralisé du mépris des hommes et de leurs bobards.

(illustration : Coco)

 

 

Une régularité historique du Pays-des-droits-de-l'homme !


Le langage de la solidarité masculine est connu : quand il ne discrédite pas les victimes, il minimise l'agression, quitte à la balayer tout simplement. Là où il y a eu contrainte, violence, oppression et exploitation, il y aurait eu un simple rapport sexuel, une malheureuse pulsion masculine, un consentement réciproque, un accord tacite entre égaux ou un troussage de domestique. Rappelons nous le traitement d'anciennes affaires : le témoignage d'un Daniel Cohn-Bendit sexualisant les enfants dont il avait la garde par exemple. Rappelons nous le scandale d'un Frédéric Mitterrand, et aussi celui de l'odieuse complicité autour de Roman Polanski. Du recours à l'idée de nature jusqu'à la défense d'un libéralisme sexuel, tout est bon pour protéger l'agresseur, y compris l'invocation déplacée de ses créations artistiques et politiques.

Ces affaires amènent différents constats : les clivages politiques n'ont aucune pertinence quant aux violences commises. L'orientation sexuelle n'enlève pas les rapports de domination et d'exploitation. Les politiciens sont des agresseurs potentiels comme les autres. Et enfin, les agresseurs sont des hommes. S'évertuer à déjouer de supposées intrigues politiciennes faites de complot et de piège s'avère un détournement humiliant de la parole des plaignantes et un diagnostic pour le moins douteux des actes masculins exercés quotidiennement.

L'essayiste John Stoltenberg résume bien le nœud du problème : « Quand les hommes sont appelés à rendre des comptes de ce qu'ils font aux femmes dans leur vie - un événement qui se produit assez rarement -, leurs œillères, leur négligence des conséquences, leur égoïsme et leur obstination sont autant de facteurs qui ont tendance à excuser plutôt qu'à aggraver leurs plus horribles fautes interpersonnelles. Mais quand ce quelqu’un est une femme, elle est traitée de façon très différente. On attend d’elle de l’hésitation, des remords, de l’incertitude sur la rectitude de ce qu’elle fait, et ce même lorsqu’elle fait le bien. (...) Et lorsqu’on lui demande des comptes – ce qui arrive relativement souvent – non seulement n’a-t-elle jamais d’excuse, mais l’absence d’une pusillanimité féminine de convention peut servir à la blâmer encore plus. »1 C'est cette tache intellectuelle et pratique qu'il nous incombe de laver.

Aussi, face à de telles affaires amenées à se renouveler, les hommes ont sans aucun doute mieux à faire que de hurler avec les loups. Pour l'heure - et depuis fort longtemps - les hommes devraient d'une part se questionner quant à leurs propres pratiques (sexuelle, langagière, etc) et d'autre part trahir leur classe de sexe. A savoir : écouter, apprendre et être solidaire des féministes, reconnaître ses propres responsabilités, ne pas reproduire d'actes oppressifs, et enfin aider matériellement (financièrement, moralement,...) les victimes et les associations qui les soutiennent, si elles le souhaitent.

 

Yeun

 

1 Refuser d'être un homme. En cours de traduction.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 22:00
Rennes - Près de 400 personnes manifestent contre l’extrême droite, à l'appel du Collectif antifasciste rennais
Manifestation antifasciste du 8 juin : une réussite qui appelle à poursuivre la lutte

Suite aux agressions commises par le groupe d’extrême droite Égalité & Réconciliation le samedi 21 mai à l’encontre d’un rassemblement pacifique pour bloquer leur réunion publique, le Collectif Antifasciste Rennais appelait ce mercredi 8 juin à une manifestation.

Pour le collectif antifasciste cette manifestation est un succès : nous étions au minimum 300 à défiler au sein d’un cortège liant revendications antifasciste et sociales. Après la manifestation contre la venue de Marine Le Pen à Noyal-Châtillon en novembre dernier, cette manifestation nous a permis de démontrer pour la deuxième fois qu’à nos appels contre l’extrême droite, la mobilisation est au rendez-vous.

Le but de cette manifestation n’était cependant pas de demeurer dans notre contexte local, mais aussi de s’en extraire afin de dénoncer et agir contre le développement des idées et des organisations d’extrême droite en France et en Europe, profitant d’un contexte de crise. Il s’agissait de montrer que l’extrême droite ne saurait incarner une réponse à la crise du capitalisme et qu’elle est et sera toujours du côté de l’ordre dominant, contre l’intérêt des travailleurs-es et de la classe ouvrière.

La lutte ne s’arrête pas à cette manifestation : le 24 juin le collectif organise une réunion publique autour du livre « La galaxie Dieudonné. Pour en finir avec les impostures », en présence d’un des auteurs.

 

Le Collectif Antifasciste Rennais

http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/

 

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Grosse présence CNT, également NPA, AL, Fédération Anarchiste, des indépendantistes bretons, des SUD, des féministes, des verts, des JC, des anarchopunks, des punks à chiens et des skins à chats.

A noter : une bonne participation des femmes !

 

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Selon le Mensuel de Rennes du 8 juin 2011 :

 

"400 militants antifascistes défilent dans les rues de Rennes

 

Environ 400 militants antifascistes défilent ce mercredi soir dans les rue de Rennes. Le cortège formé de divers syndicats (CNT, CGT...) est parti vers 19h de la place de la mairie. Les manifestants scandent des slogans anti-extrême droite. Cette manifestation fait suite aux échauffourées du 21 mai entre militants d'extrême-gauche et d'extrême-droite."

 

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Et, ci-dessous, selon Ouest France de mercredi 8 juin 2011 (qui a vu moins de monde que les participantEs et que le mensuel de Rennes... Problème de lunettes ?)

Ce mercredi soir, une manifestation contre l’extrême droite a rassemblé 250 à 300 personnes dans les rues de Rennes. Au bruit des slogans anti-racistes et anti-capitalistes, le cortège, après avoir emprunté le quai de Richemont, le boulevard Laënnec, la rue Saint-Hélier, l’avenue Janvier, le quai Émile-Zola, la rue d’Orléans, s’est disloqué place de l’Hôtel-de-ville, d’où la manifestation était partie, une heure plus tôt. L’appel à manifester a été lancé par le collectif antifasciste rennais.

 

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Manif antifasciste le 8 juin

Ni dans la rue !
Ni au pouvoir !
Ni dans les têtes !





Bien aidés par la politique du gouvernement et les déclarations de certaines figures de l’UMP, Marine Le Pen et le Front National ont aujourd’hui le vent en poupe. Pourtant, à l’extrême droite, le terrain militant est aujourd’hui loin de se limiter au Front National. Depuis le début des années 2000, d’autres groupes à l’idéologie nauséabonde ont vu le jour : Bloc Identitaire (2003), Renouveau Français (2005), Égalité et Réconciliation (2007), Nouvelle Droite Populaire (2008), Parti de la France (2009) ou mouvement dit des « nationalistes autonomes » depuis l’année dernière … La respectabilité derrière laquelle ils courent n’est qu’un leurre. Ainsi, il y a 15 jours, le Bloc Identitaire a organisé une manifestation à Lyon, initialement intitulée « La marche des cochons ». Les participants à cette manifestation n’ont pas hésité à faire des saluts nazis et à commettre des violences à caractère raciste. De même, en février 2011, treize militants d’extrême droite - nationaliste autonomes – ont été arrêtés à Nancy après avoir commis de nombreuses agressions racistes, antisémites ou à caractère politique.

En Bretagne comme ailleurs, ces groupuscules apparaissent et se structurent. Ils n’hésitent plus à se montrer sur la place publique et à recourir à la violence. En 2009, les militants du Bloc Identitaire ont acheté une maison à Guerlesquin, dans le Finistère. Depuis, cette habitation sert de lieu de réunion et est également utilisée pour diverses activités – dont des entraînements aux sports de combat. En 2009 toujours, un jeune homme a été tué à Rennes par des individus d’extrême droite à la sortie du bar le Tiffany’s. Enfin, le 21 mai dernier, lors d’un rassemblement contre une réunion d’extrême droite devant le Fleurte café, deux personnes ont été blessées.

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase !

Par conséquent, face au développement de l’extrême droite en Bretagne, et aux méthodes violentes auxquelles elle recourt, nous appelons à une manifestation le mercredi 8 juin, 18h30, Place de la Mairie à Rennes.

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 22:32

Les animateurs de l'atelier de vélos et plus largement du CRADE (Centre de Recherche sur l'Avenir des Déplacements Écologiques), de Concarneau, situé dans un local squatté au port, tiennent à marquer leur distance avec l'outil internet, dans leur communication interne et externe mais aussi plus globalement.

 

 

" - Les 2 personnes qui oeuvrent le plus en terme de temps pour le CRADE, et comme beaucoup d'autres personnes, ont un accès limité voire nul à leur messagerie internet. Et comme les déplacements motorisés, internet discrimine les trop pauvres, les illettrés, les trop âgés.
- l'objet du CRADE est aussi d'avoir une réflexion sur la technologie moderne (automobile, internet, téléphone mobile) qui confisque la maitrise de l'espace et du temps aux individus, pour les isoler davantage du réel et de leur prochain. Et puisque le CRADE est aussi le propre objet de ses expériences, internet n'est à ce titre pas le moyen de décider sur notre fonctionnement entre nous.
- Sur la volonté de quelques personnes engagées dernièrement, internet est actuellement utilisé pour rendre compte des actions, de façon factuelle et vérifiée.
- La voiture est un moyen payant, mortifère et excluant de se déplacer... Comme internet l'est pour communiquer.

Rémi et Xavier, à l'atelier, au marché, à Concarneau, dans la rue, tout le temps, par tous les temps."

Et n'oubliez pas l'appel du 18 Juin : vive le vélo libre !

 

velorution Concarneau.pdf

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 19:02

Quelques réflexions sur le présent mouvement de lutte (Henri Simon)

 

Henri Simon, ancien militant de Socialisme ou Barbarie , publie le « 4 pages » gratuit Dans le monde, une classe en lutte (disponible à Publico).

 

Ce n'est pas "nous" qui apprenons aux acteurs des luttes ce qu'ils "doivent faire", ce sont les acteurs eux-mêmes de ces luttes qui nous renseignent et nous enseignent sur leurs luttes, et leurs méthodes - adaptées à l'état présent du monde dans lequel ils vivent, dans les conditions que leur impose le système dans un cadre à la fois national et mondial.

 

Ce n'est pas ce que ces acteurs de ces mouvements pensent (leurs "idées" souvent préconçues apprises dans un conditionnement ou un autre) ou ce qu'ils pensent à ce moment de ce qu'ils font, qui est essentiel, mais ce qu'ils font sous une forme ou sous une autre, dans un but ou dans un autre, dans un mouvement pris dans la dialectique action-répression (vers une extension ou une  extinction) et dans lequel buts et méthodes sont en interaction constante dans une évolution constante. Qualifier un moment de ce mouvement peut laisser croire que l'on ignore la dynamique de tout mouvement de lutte et que bien des choses peuvent changer d'un moment à l'autre.

 

Quoique nous puissions en penser en référence à nos propres convictions et/ou théories, nous ne possédons pas "d'instruments de mesure" nous permettant de qualifier, de formuler des jugements ou de prédire un avenir. A la lumière de ce qu'il s'y passe, nous ne pouvons qu'y participer, là où ce mouvement existe - aussi humblement que le moins "politisé" nanti de sa simple révolte contre un système qui lui impose la vie qu'il subit présentement.

 

Le type de lutte né en Tunisie, qui a déferlé et déferle encore dans le "monde arabe", vient de franchir la mer pour s'implanter solidement en Espagne, menaçant de se répandre (mais il pourrait tout autant mourir) dans l'ensemble des pays d'Europe qui, d'une manière ou d'une autre subissent, avec des variantes, le poids de l'impéritie du capital à gérer son propre système autrement qu'en imposant des restrictions diverses à tous ceux qui ne vivent - ou vivaient - uniquement de leur travail. Ce type de manifestation - l'occupation permanente d'un espace public - est entièrement nouveau et tranche avec les manifestations "mobiles" limitées dans l'espace et le temps tout comme avec les occupations temporaires de bâtiments privés ou publics plus ou moins autorisées légalement. On pourrait l'apparenter aux occupations de lieux de travail au cours d'une grève mais là aussi dans ce cas on se trouve devant des limitations tant dans le but recherché (la revendication ayant déclenché le conflit), les acteurs (les seuls travailleurs de ce lieu de travail) et l'affirmation que cette occupation n'est qu'un moyen et non une finalité. On peut considérer qu'à défaut de prolétaires engagés dans une grève générale avec occupation des lieux de production, les acteurs d'une révolte - quant à la pression globale du système ressentie individuellement - n'ont d'autre recours que l'occupation d'un grand espace public et d'opposer la foule des manifestants qui s'y rassemblent aux tentatives de répression.

 

Le fait que les appels à cette méthode de lutte soient lancés - via la possibilité technique de toucher le plus grand nombre en temps réel - par des inconnus dont la seule expertise concerne l'utilisation de ces techniques, ne pouvait préjuger de leur succès quasi immédiat. Cela autorise à parler de spontanéité autour des bases identiques de révolte individuelle. Cette circonstance fait que se retrouvent dans un vaste espace des dizaines de milliers de participants non identifiés formellement ou par leur position dans le procès de production, ou par leur âge, ou par une position politique définie. C'est précisément ce qui fait la richesse de ces rassemblements, la prise de conscience d'un rapport de forces contre le système, d'abord contre son appareil répressif, et le besoin d'une permanence permettant d'aller au-delà d'une simple protestation.

 

Tout cela dérange totalement les schémas traditionnels, soit électoraux ou de réforme constitutionnelle ou autre légalisme, soit la prise d'assaut "révolutionnaire" des lieux de pouvoir, soit les perturbations du procès de production et de circulation par des actions ou des occupations des lieux d'exploitation ou des moyens de communication. Il est frappant de voir que ce mouvement de lutte refuse symboles et slogans des organisations existantes, quelle que soit leur pertinence ou leur influence antérieure.

 

Tout se passe, dans l'affirmation d'un refus de recours à la légalité et/ou à la violence sociale, comme s'il y avait une conscience diffuse d'une part de l'inanité d'une attaque frontale contre le système vu l'ampleur et l'efficacité des moyens de répression, de l'autre de l'impossibilité de paralyser l'économie capitaliste par les moyens traditionnels vu les interconnections mondiales autorisant de pallier toute paralysie de fonctionnement limitée dans un espace plus ou moins vaste mais pas à l'échelle mondiale.

 

Beaucoup, nantis de leurs instruments de mesure sociale, avec des qualificatifs divers, laudatifs ou méprisants, ne prêtent attention qu'à ce qui s'échange, qu'à ce que certains caractérisent, aux écrits, aux slogans, aux définitions, etc. Pourtant tout cela n'est souvent que l'expression d'individus ou de petits noyaux, mais surtout, ce n'est que la photographie trompeuse d'un moment d'une dynamique.

 

Quelque intéressants que puissent être les débats qui ne peuvent être que confus, ce qu'il en résultera et leur mode d'organisation (gardons nous de qualificatifs), il est un ensemble de "détails" plus ou moins négligés, qui relèvent des nécessités purement matérielles, terre à terre, qui sont, à mon avis infiniment plus intéressants parce que imposés par les nécessités de ces rassemblements permanents de plusieurs dizaines de milliers de participants : l'auto-organisation de la vie, depuis l'alimentaire jusqu'à l'évacuation des déchets. C'est ce qui se fait en ce sens, qui est peut-être le plus révélateur des aspirations de ces acteurs, plus que ce qu'ils peuvent penser, dire ou écrire sur un monde futur.

 

C'est certainement, quel que soit le sort de ce mouvement international, ces formes d'organisation spontanée dans les débats et les contingences matérielles qui marqueront la conscience des participants et influenceront, sans aucun doute, les luttes futures, quelles qu'elles soient.


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« Les jeunes réinventent les principes libertaires » (Tomaz Ibanez)


Tomas Ibanez est l'inventeur du A cerclé, et son dernier livre Fragments épars pour un anarchisme sans dogmes édité par Rue des cascades est en vente à Publico. Il est professeur de psychologie sociale à l'université autonome de Barcelone. Son interview est parue le 29 mai dans Rue 89.

A ton avis, y avait-il des signes avant-coureurs laissant présager ce mouvement ?

Rien ne permettait de prévoir que les manifestations convoquées le 15 mai dans plusieurs villes d'Espagne donneraient naissance au mouvement actuel, ni dans son ampleur, ni dans ses formes concrètes. Cette journée aurait très bien pu s'achever sur la satisfaction d'avoir réuni des milliers de manifestants, en attendant une prochaine mobilisation.

Cependant, de nombreux signes avant-coureurs permettaient de penser que, tôt ou tard, un mouvement de ce type pourrait cristalliser. Il y a eu ces dernières années toute une série d'initiatives et de luttes venant d'en dehors des organisations politiques classiques. Elles ont pris la forme d'occupations, de manifestations ou d'assemblées sur les thèmes du logement, des banques, de l'université, de la précarité…

Mais pour s'en tenir aux signes les plus récents, il y eut par exemple, en dehors de toute organisation politique traditionnelle et pendant plusieurs jours avant la grève générale du 29 septembre, des assemblées massives de jeunes dans un énorme édifice occupé en pleine place Catalunya, à Barcelone.

Son évacuation par la police le jour même de la grève se solda par des affrontements violents, et quelques mois après il y eut une nouvelle tentative d'occupation pour maintenir à nouveau des assemblées massives.

Au début du mois d'avril, une manifestation convoquée à Madrid sous l'appellation de « Jeunesse sans futur » réunit plusieurs milliers de personnes qui scandaient : « Sans maison, sans boulot, sans retraite, sans peur », et qui faisait écho aux grandes manifestations convoquées le mois d'avant au Portugal par la « génération désespérée » sous le titre la « révolution précaire ».

Quelles sont, selon toi, au-delà des causes immédiates, les racines qui ont produit une insurrection de cette forme ?

Elles sont nombreuses :

  • 45% de chômage chez les jeunes

  • une crise économique qu'on prévoit longue

  • l'absence de perspectives d'avenir

  • des mesures de restrictions économiques et sociales

  • des appels au sacrifice et à l'austérité

  • le spectacle de l'impunité de la corruption des politiciens

  • le scandale des hauts revenus dans les conseils d'administration et des bénéfices des banques

  • l'attitude conciliatrice des syndicats

  • le discours vide des partis politiques et leurs magouilles

Il y a là un ensemble de circonstances qui expliquent suffisamment le mécontentement, l'indignation et l'écœurement d'une partie de la jeunesse, mais il y a aussi d'autres éléments qui ont rendu possible ce que tu appelles l'insurrection actuelle :

  • la crise de la représentation, c'est-à-dire le sentiment de n'être reconnu par personne dans une démocratie dite représentative

  • l'abandon de la peur : c'est elle qui, dans des situations de récession, bloque la combativité ; les gens ont peur de perdre leur travail, d'encourir des représailles…

  • le sentiment d'un manque d'éthique généralisé, dans les relations internationales, dans les partis politiques, dans les milieux financiers

  • le sentiment qu'alors que des manifestations de résistances se produisaient un peu partout, Grèce, Angleterre, Portugal… la jeunesse espagnole était anesthésiée

  • la capacité de vaincre, très présente dans la force de l'imaginaire récent, manifestée par la détermination des occupants de la place Tahrir, au Caire.

En même temps, il est probable que pour ce qui est des formes concrètes prises par le mouvement, auto-organisationnelles, autogestionnaires, « assembléistes », sans leaders, avec des rotations permanentes, une certaine influence provienne des traditions libertaires ancrées dans l'imaginaire espagnol, et des réminiscences d'un Mai 68 que l'on retrouve dans l'ingéniosité des phrases écrites sur les affiches.

Ce qui a fourni au mouvement l'énergie nécessaire pour pouvoir s'affirmer, c'est l'expérience, constituée ces derniers temps, d'avoir la capacité de rassembler des milliers de personnes en dehors des organisations traditionnelles, et l'expérience de la force qui surgit de la mise en commun de volontés toutes différentes entre elles, mais tendues par le sentiment qu'« ensemble nous pouvons ».

Quelle est l'influence des différentes organisations politiques traditionnelles impliquées dans le mouvement ?

Même si des membres des organisations politiques traditionnelles participent au mouvement, ces organisations n'y sont pas impliquées.

Les assemblées n'acceptent pas que l'on puisse parler au nom d'une organisation et ils s'en tiennent fermement au principe que chaque participant n'intervient qu'en son nom et ne représente que lui-même.

Le slogan « personne ne nous représente » abonde sur les affiches et le mouvement a même refusé de se placer sous la dénomination des organisateurs des manifestations du 15 Mai « Démocratie réelle, maintenant ».

Les drapeaux, sigles, signes distinctifs… des organisations politiques ou syndicales sont bannis de l'espace occupé, et l'attitude est d'un respect extrême envers les intervenants, quitte à ce que l'assemblée manifeste sans bruit l'accord ou le désaccord.

L'organisation même du mouvement rend difficile qu'il puisse être chapeauté par une structure politique, parlementaire ou pas, car les propositions sont discutées dans les assemblées ouvertes de chaque commission, puis portées chaque jour devant l'assemblée générale, et les membres de la commission générale de coordination sont soumis à rotation.

Comment vois-tu la suite, après l'intervention de la police à Barcelone, et cette « offensive » des commerçants de Sol, sans parler des appels du Parti populaire au « nettoyage » des campements ?

La suite immédiate est difficile à prévoir, car les rebondissements sont incessants. Vendredi, la police intervenait à Barcelone : le résultat, c'est que ça a relancé et fortifié le mouvement, qui a regroupé dans la soirée des milliers de participants.

Les interventions des autorités ont toujours eu jusqu'à présent le même effet : évacuation de la Plaza del Sol à Madrid, retour en force du mouvement ; interdiction des occupations la veille des élections du 22 mai, renforcement du mouvement ; intervention musclée du 27 mai, relance du mouvement.

Les agissements des autorités étant imprévisibles, il n'est pas exclu qu'une nouvelle décision ravive une fois de plus la mobilisation. Ceci dit, le plus probable est que les occupations des places espagnoles prennent bientôt fin et le mouvement se pose bien sûr la question de sa continuité.

Il y aura sans doute une certaine délocalisation en créant des collectifs de quartier et en maintenant les contacts entre collectifs au niveau des villes et du pays dans son ensemble, mais en maintenant des structures souples et en évitant la forme parti.

Il est possible qu'à la longue, seuls fonctionnent vraiment les réseaux Internet, mais ils garderont la possibilité de réinitier des occupations de places publiques, des manifestations, et des actions diverses qui n'auront d'autre garantie de succès que la réceptivité qu'elles trouveront chez les concernés.

Ce qui sans nul doute laissera des traces profondes c'est le processus enclenché, c'est l'expérience vécue par des milliers de jeunes et les transformations qu'ils auront éprouvées.

J'ai l'impression que ce mouvement confirme les thèses que tu développes dans ton livre. Mais alors, pourquoi s'affirmer encore anarchiste, comme tu le fais avec toute la confusion trimbalée par le vocable ?

Oui, il s'agit d'un mouvement qui se coule difficilement dans le moule des organisations et des idéologies classiques. Mais tout en rejetant les étiquettes politiques identitaires, il réinvente dans la pratique bon nombre de principes organisationnels et politiques libertaires, ou en tout cas anti-hiérarchiques, horizontaux et soupçonneux envers les rapports de pouvoir.

Ce genre de mouvement a bien sûr toutes mes sympathies, et cependant j'ai du mal à renoncer à mes références anarchistes. Il se pourrait que ce soit une inertie liée à ma biographie, trop d'années vécues dans cette identité pour pouvoir la changer maintenant, peut être… mais je ne le crois pas.

Je crois que tout en ne mettant pas en avant cette étiquette, en demeurant critique envers bien de ses aspects et en sachant quelle est sa charge de confusions, la référence au bagage d'expériences historiques, de réflexions et de débats que charrie l'anarchisme continue à être utile pour se maintenir vigilant face aux mille ruses du pouvoir.

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Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Mardi 10 novembre - Vannes, Lorient et Pontivy - Appel unitaire à la grève. Rassemblements (autorisés) des personnels de l’Éducation Nationale (écoles, collèges, lycées) pour l'amélioration des conditions sanitaires, pour l'allègement des effectifs et le recrutement de personnels (ceux des listes complémentaires etc...) . 10h30 Vannes, devant la DSDEN (3, Allée du Général Le Troadec), 10h30 Lorient devant la sous-préfecture, 10h30 à Pontivy à La Plaine. A l'appel des syndicats de l’Éducation Cgt, Fo, Fsu et Sud

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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