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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 20:42

5h45 : rdv parking devant l'usine Michelin.
Une centaine de personnes (beaucoup de CGT, quelques Solidaires & FO, une 20aine de membres du Collectif Résistance 56, dont des libertaires du Gr Lochu et de la FA)

6h00 : Opération feu de palettes et de pneus sur 2 ronds points desservant la zone industrielle de la voie express.
Les véhicules sont bloqués puis on les laisse passer par paquet, en retenant les semi-remorques...
Les policiers ne sont pas en nombre (gardes mobiles de Vannes envoyés sur Donges, Rennes ou Lorient). Eh oui, multiplier lieux et diversités des actions accaparent les forces de l'ordre et réduisent leur capacité de nuisance. Qu'on se le dise !

 

 

 

 

Les policiers détournent les automobilistes venant de l'axe Rennes-Vannes et de Nantes-Lorient, mais les bouchons sont considérables (au moins 5 km).
Vers 9h30, les 2 ronds points sont libérés sans intervention de la police, l'heure d'embauche dans les entreprises de la zone industrielle étant largement dépassée. En cortège, nous nous dirigeons sur le second lieu d'action : opération escargot sur la voie express.
10h00 : Nous nous retrouvons ainsi à une 50aine sur l'axe d'entrée dans Vannes en venant de Pontivy. Une nouvelle opération pneus-palettes flambées est organisée : les semi-remorques sont là aussi arrêtés sur la droite et libérés au bout d'un quart d'heure par paquet (sauf quelques récalcitrants qui ont dû prendre leur mal en patience...). L'action se clôture vers 11h30.

Nombreux et nombreuses sont les automobilistes qui nous encouragent à poursuivre, preuve que les mensonges des médias à la botte du patronat et de leurs larbins au gouvernement ne passent pas (plus ?)...

 

 

Les lycéens et lycéennes de Vannes ont aussi eu une journée agitée. Près d'un millier ont défilé dans les rues. L'accès à la gare a été empêché par les forces de Police. Après la dispersion officielle à 11h30, il y a eu quelques échanges (non pas de bons procédés) mais de lacrymo et jets de pierres du côté du Lycée Professionnel Guéhenno.

 

 

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 20:18

Depuis plus d’un mois une lutte à la potentialité historique se met en marche.

Il serait uniquement fixé sur le retrait d’une réforme, celle des retraites, dont le vote attisera encore plus notre révolte.


En réalité, nous n’avons pas grand-chose à faire des retraites. Se faire exploiter 40 ans au lieu de 42 n’est pas pour nous satisfaire. Cette réforme inique, qui vient renforcer l’exploitation de la population, cristallise des révoltes qui vont bien au-delà. Certains parlent de mai 68. Soyons clairs : il ne s’agit pas de rééditer l’histoire, mais de la prendre en main ; de cesser d’être de gentils sujets passifs, administrés et parfois zélés. Cela passe par arrêter le cours des réformes qui se multiplient depuis des années, le cours de la restructuration du capitalisme qui remet une couche supplémentaire d’exploitation et d’aliénation. C’est un rapport de force historique qu’il nous faut constituer pour reprendre en main le cours des choses et mettre un coup d’arrêt au pouvoir des élites et des technocrates. Et ça prendra du temps.


Cela va même plus loin : les assemblées et la démocratie directe par lesquelles nous organisons nos luttes ne sont pas seulement le meilleur moyen d’organiser celles-ci, mais c’est la forme d’organisation sociale la plus juste à chaque moment. Ce genre d’espaces doit se multiplier et perdurer. Grèves, assemblées, blocages économiques et occupations sont les éléments mêmes du pouvoir au peuple. Notre lutte va bien au-delà d’une quelconque réforme : c’est la réappropriation de nos vies qui se joue et la mise en place de pratiques solidaires et plus égalitaires.


Il nous faut détruire le capitalisme, les capitalistes qui nous exploitent et le travail salarié ; il nous faut abolir l’Etat, ses flics, ses administrations et ses politiciens qui nous dépossèdent de nos vies et de nos désirs ; il nous faut en finir avec le patriarcat.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 19:45

Selon Le Télégramme - 22 octobre 2010 http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/nantes/trignac-44-les-grevistes-de-donges-requisitionnent-une-station-total-22-10-2010-1091899.php

 

Les grévistes de la raffinerie Total de Donges (44) ont "réquisitionné"cet après-midi une station service Total à Trignac (44) pour servir les usagers prioritaires, mais aussi les particuliers dont certains ont pu repartir sans payer leur carburant, a constaté l'AFP.


Cette opération symbolique a eu lieu juste après la reconduite jusqu'au 29 octobre de la grève de la raffinerie, arrêtée depuis le 12 octobre, lors d'un vote en assemblée générale.

Les grévistes entendent ainsi protester contre la réquisition et le déblocage de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) ce matin.

Une cinquantaine de salariés de la raffinerie ont joué aux pompistes et même nettoyé les pare-brise de plusieurs usagers, certains appartenant à des services sanitaires, d'autres étant de simples particuliers. Des camions de pompiers ont également fait le déplacement exprès, appelés par les grévistes, pour venir faire le plein, parce qu'ils n'ont même pas de "bons prioritaires pour se ravitailler", a rappelé le responsable CGT de la raffinerie de Donges, Christophe Priou.

Certains sont repartis ravis, comme cette femme qui a immédiatement appelé des amis pour leur signaler l'aubaine. D'autres ont klaxonné joyeusement avant de filer sans demander leur reste. D'autres encore étaient perplexes, ne sachant pas quelle attitude adopter entre payer et repartir sans payer, comme ont pu le faire les premiers clients servis. Mais, confrontés au système de sécurité de la station-service qui bloque les pompes quand les clients partent sans payer, les manifestants ont finalement incité les automobilistes à payer leur plein, a constaté l'AFP.

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 21:44

Les 12 et 16 octobre 2010, les organisations syndicales battent des records de mobilisation pour contrer la réforme des retraites. Dans les manifs, on retrouve des visages familiers, on commente les dernières nouvelles, on s’informe sur les secteurs en lutte reconductible. De partout, des banderoles émergent, des autocollants décorent poitrines et casquettes. Puis les calicots contre Sarko se multiplient, les slogans demandant le départ de Sarkozy et sa clique se font entendre… Il faut dire que la gauche politique n’est pas inactive.

Oui, mais quelle gauche ? Celle qui prêta un Premier ministre pour signer la libéralisation des services publics de l’énergie et des mesures pour reculer de cinq ans l’âge de la retraite, au sommet de Barcelone, en 2002 ? Celle qui fut incapable d’empêcher le second tour des présidentielles Chirac-Le Pen, toujours en 2002 ? Ou celle qui permit à Nicolas Sarkozy d’être élu à l’Élysée ? À moins que l’on parle de celle qui ne remit pas en cause les privilèges de ses députés en matière de retraite ? Eh bien, c’est la même gauche qu’aujourd’hui.

En mai 2010, Ségolène Royal lance l’idée d’un référendum contre la réforme gouvernementale des retraites. Lors de ses journées d’été 2010, l’association Attac propose une votation citoyenne sur le même sujet ; il faudra quelques semaines pour que des organisations politiques demandent à leurs personnalités de lancer un autre texte du même contenu, L’Appel pour un référendum. L’objectif de cet appel, c’est évidemment de provoquer une sorte d’élection avant les présidentielles de 2012. Pour Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel, il s’agit là d’un outil à caractère populiste 2. Pour ce constitutionnaliste, ouvrir la boite de Pandore du référendum, c’est le risque de le voir utilisé ensuite pour des sujets bien plus épineux. Toujours selon lui, « la gauche, d’une certaine manière, est responsable de l’hyperprésidence actuelle. Elle a fait voter le quinquennat et inversé le calendrier en instituant les élections législatives un mois après l’élection présidentielle. […] Les députés sont élus pour permettre au président de la République d’appliquer son programme ».
En plus de cette demande référendaire, les leaders de gauche et d’extrême gauche s’engagent en parlant de la retraite à 60 ans. Tous sont déjà dans les starting-blocks de la présidentielle de 2012. Et tous promettent. Tous ? À voir. Plus prudent, le Parti socialiste dissone. Le député Jean-Marie Le Guen, proche de Dominique Strauss-Kahn, a déclaré le 10 octobre que « […] nous devons rentrer dans une culture du mouvement social qui ne soit pas celle de la grève. C’est une culture française qui n’est pas positive ». Et de pourfendre les déclarations un peu faciles de ses collègues de parti, plus enclins à demander le référendum.

Il y a donc bien de la supercherie dans l’air. La première supercherie consiste à demander un référendum qui ne sera pas accordé par le pouvoir politique. Facile. La seconde, c’est de penser que les écuries politiques s’appuyant sur la mobilisation syndicale en cours sont la roue de secours du peuple engagé dans ce combat. Ces différents partis défendirent et défendront encore des candidatures différentes et ne s’entendent pas entre elles. Aucune de ces formations, du NPA à Europe écologie, n’a de chance d’accéder au pouvoir sauf si elle s’associe au Parti socialiste. C’est un fait. Et ce même parti dominant de gouvernement n’aurait qu’une seule personnalité susceptible d’avoir des chances de gagner le présidentielle, et c’est DSK, l’actuel président du FMI. On imagine mal comment il pourrait revenir sur une mesure sociale conditionnée par des critères strictement libéraux-économiques !

Pourtant, la promesse, cette cerise sur le gâteau de la délégation, peut avoir une incidence sur l’évolution du mouvement. Combien de gens, découragés ou peu courageux, ou simplement dans l’incapacité de rentrer en lutte, pensent-ils que les partis nous sauveront ? Comment ne pas penser que des syndicats pourraient être tentés de concéder aux organisations politiques le soin de réussir là où elles pourraient échouer ? Et que sur les décombres d’un échec possible, on reconstruirait les espoirs de l’urne ?

Notre posture est à défendre. Elle repose sur une conception libertaigreve-expro.jpgre et autogestionnaire de la lutte sociale. Cette conception affirme que les luttes collectives sont la meilleure école politique qui soient. Qu’elles peuvent être le lieu de l’action désobéissante, révolutionnaire, directe et autogérée. Que la lutte syndicale doit se défier des partis politiques. Qu’elle peut amener les gens à s’émanciper de la tentation bureaucratique et à décider eux-mêmes, sans rien attendre des élections et de leurs lendemains qui déchantent toujours. On ne veut plus de l’Assemblée ou du Sénat, mais des assemblées générales partout !


1. Départ à 55 ans puis 60 ans depuis peu, revenus mensuels de 5 500 euros au bout de vingt-deux ans de mandature, cumul des rémunérations…
2. Politis du 16 septembre 2010.
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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 21:34

« Oui, il faut pardonner à ses ennemis, mais pas avant qu’ils soient pendus. »

Henri Heine

Où trouver Le monde libertaire près de chez vous ? C'est ici.
ML-1609-recto.gifML-1609-verso.gifSommaire


Retraites : le rapport de force bascule, par Fabrice, page 3

Nos luttes à la merci de l’électoralisme, par Daniel, page 4

Ça pète à Amiens, par J.-P. Germain, page 5

L’Autruche a dit, par F. Ladrisse, page 5

Élémentaire, mon cher Watson, page 6

Les lycéens aussi sont dans la rue, par G. Goutte, page 7

La pédagogie en danger, par C. Chabrun, page 7

De bonnes raisons de ne pas être Français, par M. Rajsfus, page 8

Délire sécuritaire en psychiatrie, par Romain, page 9

Manif de droite, par N. Potkine, page 11

Bons baisers de Cuba, page 12

Testostérone et traders, par P. Servigné, page 15

Anarchistes français et guerre d’Espagne, par G. Goutte, page 17

Féminisme(S), par M. Crès, page 20

L’Encyclopédie anarchiste numérisée, par Nico, page 21

Qu’écouter cette semaine? Page 22

Pour ne pas manquer la révolution, page 23

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 17:50

Il est arrivé à nos oreilles un bruit selon lequel ce seraient les anarchistes qui auraient "détourné" la manifestation du samedi 16 octobre pour le blocage du rond-point Pompidou, alors que cette action avait été décidée par la Coordination morbihannaise pour l'abrogation de la loi de réforme des retraites Résistance 56.

C'est donc bien mal nous connaître. Aussi, précisons :

 

Nous, anarchistes et libertaires du groupe Lochu-Ferrer, prenons part à la lutte contre la déforme des retraites.


Nous participons aux réunions et aux actions du collectif Résistance 56, avec des syndicalistes, des membres et sympathisantEs d'autres groupes politiques et des indépendantEs.


Nous ne cherchons pas à manipuler ou noyauter ce collectif parce que cette pratique est contraire à nos principes et pour la simple raison que nous y sommes tous et toutes d'accord sur le but et les moyens, à savoir étendre et soutenir toutes les formes de lutte contre le projet de déforme des retraites : dans ce collectif, les divergences convergent.


Il en est de même pour les manifestations. Nous avons trop de respect pour les manifestantEs pour ne pas avoir envie de leur imposer quoi que ce soit. De plus, les anarchistes et libertaires du groupe Lochu-Ferrer pensent qu'un affrontement avec les agents répressifs de l'Etat n'est pas souhaitable, tant que l'ensemble de la population ne le décide pas.


Nos camarades des blacks blocks, absentEs dans le département, peuvent avoir une stratégie différente. Ce n'est pas la nôtre.


Mais, la raison fondamentale qui fait que nous ne sommes pas des manipulateurs & manipulatrices, c'est que nous sommes contre les partis d'élites qui veulent diriger les exploitéEs. Et nous mettons en accord nos idées et notre pratique.


L'EMANCIPATION DES TRAVAILLEURS SERA L'OEUVRE DES TRAVAILLEUSES & TRAVAILLEURS EUX-MËMES !
VIVE L'AUTOGESTION GENERALISEE !
A BAS LA SOCIETE SPECTACULAIRE MARCHANDE !

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 21:33

A Vannes, presque 18 000 personnes ont à nouveau manifesté pour le retrait de la réforme des retraites (mais aussi contre tout un tas d'autres attaques du Pouvoir). Pour une fois, le parcours marquait une volonté de sortir du cadre des manifs-promenades... Telle était la volonté du collectif de lutte Résistance 56, soutenu par FO et par Solidaires (dans lequel on retrouve tout aussi bien des militants et militantes Cgt, Fsu, Unsa et des non syndiquéEs). Les membres du groupe libertaire Lochu (& FA) ont aussi choisi de s'investir dans ce collectif.

 

Emmené par la Cgt, le cortège s'est arrêté au rond-point Pompidou qui donnait sur la voie express. La Police nationale empêchait d'aller plus loin. Sans même avoir amorcé une tentative de passage, la voiture sono de la Cgt n'a pas tardé à partir vers la gare, entraînant une bonne part de ses troupes et celles de la Cfdt, pour rejoindre le parcours "normal" (= la promenade !) de la manif qui plaît tant à la Préfecture, car il ne dérange pas grand chose et sur une très courte durée. Le Capital n'en tremble pas beaucoup.

 

C'était sans compter sur la détermination de Résistance 56, des jeunes et de bien d'autres ! Car on sait que si aujourd'hui on ne fait rien de plus, le gouvernement pourra continuer à détruire les conquêtes sociales. Donc ? On bloque !

Un face à face paisible a d'abord lieu avec les flics. A partir d'un moment, les manifestantEs tentent d'avancer : un robocop, un peu nerveux, envoie une bonne giclée de gazeuse ! Beaucoup suffoquent, tout le monde est surpris. La colère monte. Fusent les slogans : "Police nationale : milice du capital", "police partout : justice nulle part". On se tâte sur ce qu'il 1087893 violencesfaut faire : passer en force ? nous diriger vers un temple de la marchandise : le carrefour market comme convenu initialement ? suivre les autres ? Il y a une certaine confusion et plusieurs reprennent la marche vers la gare.

 

A un demi millier, on finit par filer vers Carrouf', emmenés par un groupe de percussions qui donne une bonne pêche. La circulation devient soudainement moins fluide à Vannes. Devant l'hypermarché, une haie de condés barre l'accès. On aurait bien fait un apéro géant offert généreusement par le Carrefour mais, non, on décide de passer notre chemin ! On défile ainsi devant les flics tous surpris et, ni une, ni deux, on accède à la voie express.

Eh bien, voilà, à Vannes, on bloque les flux de marchandises, les flux de travailleurs, les flux de consommateurs. Au bout d'un certain temps, on remonte la voie express vers la prochaine sortie, suivis de près par les bagnoles de flics. On fait une pause avant de quitter la voie express... et voilà que les forces de l'ordre étatique nous balancent moults lacrymos. On s'éloigne, non sans tousser et les larmes aux yeux. En guise de riposte, quelques pierres sont projetées. Il est fait remarquer aux flics qu'ils sont aussi soumis à cette réforme des retraites qui les fera "travailler" plus longtemps. Au lieu de tirer sur les travailleurs & les jeunes, ils seraient bien inspirés de lâcher les gaz sur toute leur ligne de commandement... surtout en haut-lieu. Une invitation à la démission, à la désobéissance, à la désertion leur a même été suggérée. En vain ! Chez ces gens là, pense-t-on ?

Sorti de la voie express, le cortège se reforme pour se rendre à la Préfecture.

Une étape importante a été franchie à Vannes : du jamais vu, selon quelques anciens ! Maintenant quelles suites ?

Assemblée générale du collectif de lutte Résistance 56 au Palais des Arts de Vannes à partir de midi.

 

 

Grève. 400 manifestants bloquent la RN 165 [Vidéos+diapo]
La manifestation s'annonçait tranquille. Mais un itinéraire changé à la dernière minute et des affrontements ont eu raison de l'unité syndicale. La RN 165 bloquée et des dispersions à la lacrymo, le face-à-face avec la police a été tendu.

10h. Les manifestants se sont massés tranquillement sur la Rabine. Les lycéens scandent des slogans anti-sarkozystes. «À force de se mobiliser et de ne pas voir les choses bouger, on se pose des questions sur le mouvement. L'espoir est toujours là, mais on aimerait que tout le monde se mobilise, les élèves, les profs et les parents d'élèves», clame Hugo, 17 ans, qui dort devant le lycée Lesage depuis une semaine.

10h30. Le cortège s'ébranle peinardement. Mais l'itinéraire a été changé au dernier moment. Les 11.000 manifestants remontent la rue Thiers, puis la rue Hoche. Au lieu de descendre le boulevard de la Paix, ils filent vers le rond-point Pompidou, où ils organisent un sit-in.

11h30. Tandis qu'une grosse partie du cortège part vers la mairie via la rue des Grandes-Muraille, on assiste aux premiers heurts devant les cordons de policiers. Le collectif Résistance 56, des lycéens et des anarchistes font face un bon quart d'heure. La situation se tend lorsqu'un pompier avance en poussant un petit camion. Les manifestants lui emboîtent le pas, ce qui déclenche l'assaut: tir de grenades lacrymogènes, et quelques coups de matraque. Les cris et les insultes fusent. Les syndicats (FO et Sud) ainsi que les élus présents tentent de calmer le jeu.

12h30. Entre tâtonnements et tergiversations, un groupe de 400personnes finit par se diriger vers Carrefour, «symboles des dérives économiques actuelles», selon Lydie Loyer, de FO. Lycéen à Lesage, Jean-Pierre se prend à rêver d'un nouveau Mai-68. Les premières salves de lacrymo semblent trahir chez certains une envie de durcir le ton.

13h15. Au pas de charge les lycéens mènent la troupe. Sur le rond-point, certains posent leurs fesses par terre pour faire une pause, d'autres pressent le pas vers la grande surface. Un cordon de police se dresse à l'entrée du parking sans doute pour les empêcher de pénétrer dans l'hypermarché. Mais les forces de l'ordre sont dépassées par des lycéens qui courent en direction de la voie express pour bloquer la circulation. «La prise de la Bastille aura été longue à se dessiner», jubile un manifestant arborant le drapeau noir des anarchistes. Le trafic sera paralysé pendant près d'une heure et demi: 3km de bouchons dans chaque sens!

14h. Après la prise de parole et une Internationale entonnée par les responsables syndicaux, la décision est prise de défiler jusqu'à la prochaine sortie Vannes-Ménimur. Une marche d'une demi-heure ponctuée de sit-in et de pourparlers.

14h45. La sortie de la quatre voies se fait sous la pression des forces de l'ordre qui délogent les manifestants à coup de lacrymo. Ils répliquent par des jets de pierres. Le cortège prend bon gré mal gré la direction du centre-ville dans un nuage de gaz et bifurque vers la préfecture où a lieu la dislocation. Il est 15h30.

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 21:32

Par notre envoyé spécial, toujours au coeur de la lutte !

 

En ce jour, tout a commencé par une AG de l'éduc' nat' où la corporation était présente en nombre : les conclusions ont été la reconduite de la grève, sous une forme tournante au jour le jour dans les bahuts, et puis divers rendez-vous à la journée.

Suite aux manifs de samedi, 18 interpellations avaient encore eu lieu : que des jeunes gars ! Suite à des 'émeutes' à la fin de la manif ; il est clair qu'il y avait de la provocation de part et d'autre (dixit des observateurs du jour). Au final, 3 mineurs ont été libérés en début d'aprem' avec une mise en examen dans 3 mois je crois, 3 majeurs de 18 ans passés à peine ont été encore condamnés à 1-2 mois fermes ! Des larmes, des cris, de la rage ! ont encore surgi des gorges de chacun ('justice de classes', 'el pueblo ...', 'rien pour les flics qui brutalisent une militante du CODELIB (http://www.codelib.info/) qui a pris 5 jours d'ITT' ...). Demain est un autre jour, très tendu je pense ... des tracts sur les droits lors des manifs+sur les 'comportements' seront distribués ... car il ne faut pas rentrer dans la provoc' de ceux d'en face ...

Sinon, deux opérations qui réchauffent le coeur : un pique-nique solidaire avec les grévistes des raffineries de Donges : aaaah, ils tiennent bien le piquet les gars : impressionnant de courage, de vitalité, pas dans la demie-mesure, c'est chouette !!!!!!!!! on étaient nombreux à être venu, on sera nombreux à y revenir, c'est sûr ! Pas l'ombre d'un casque bleu depuis 1 semaine ; comme quoi la propagande ... d'ailleurs, il est possible de leur envoyer du courrier, voire du flouz' ... (je me renseigne pour l'adresse d'envoi ...). Et, pour 's'amuser', et pour amplifier les mouvements de solidarité, on est parti bloquer quelques instants une station service de camionneurs pendant 1 petite heure. Mais problème d'orga : pas de tracts et trop d'impro, juste quelques discussions pour prendre la température va-t-on dire ... à repenser ... car ce sera les blocages et les occupations qui permettront de détruire le socle, ô combien déjà ébranlé, de l'autre-là !!!!

Demain, manif l'aprem' et ...

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 05:22

Mardi 19 octobre - Rassemblements pour les manifs contre la réforme anti sociale des retraites, mais bien au service du Capital. Organisons des blocages, stoppons tout ce qui rapporte au Capital. Bloquons les voies de circulation qui permettent les flux de marchandises, les flux des travailleurs & travailleuses, les flux de consommateurs & consommatrices. En + de la grève du travail salarié/exploité, faisons aussi la grève des achats (au moins de ce qui n'est pas alimentaire). Et pour celles et ceux qui sont coincéEs et ne peuvent faire grève, vous pouvez alimenter les caisses de grève, même par un petit don. Vous pouvez aussi ralentir les cadences...

Il faudra néanmoins un jour ou l'autre construire la grève expropriatrice et autogestionnaire.

 

Vannes (10h - La Rabine),

  Lorient (10h - Cosmao),

  Auray (9h30 - Place du Loch),

  Pontivy (10h - la Plaine),

  Ploërmel (10h - Place de la mairie),

  Belle-ile (10h30 - embarcadère Le Palais),

  Groix (13h30 - Les Halles)

 

Aujourd'hui à Lorient, lors du blocage du dépôt pétrolier, les flics ont tiré des grenades lacrymogènes pour permettre à nouveau à la marchandise de circuler...et spécialement à la première d'entre elle, cause de bien des guerres : le carburant à base de pétrole !

Dire que ces flics voient aussi leur durée de "travail" allonger... à croire qu'ils aiment ça ! Ceci dit, il sera curieux de voir leur agilité, passé un certain âge !

Mais la réaction du Pouvoir face à ces blocages confirme que c'est  bien la bonne manière d'agir. Alors n'hésitons pas : bloquons tout !

 

Vidéo extraite de Le Télégramme


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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 09:59

Les retraites sans la croissance

(Article extrait du Monde libertaire 1607)

   
Les travailleurs, retraités et chômeurs qui ne se résolvent pas à abdiquer face aux diktats de la finance et de leurs représentants, ont désormais largement démonté le discours des réformateurs sur les retraites (cf ce tract et cette vidéo).

En reprenant les hypothèses des capitalistes, basées sur l’évolution du Produit intérieur brut (PIB), il est en effet facile d’invalider leurs théories alarmistes. Comme le démontre Bernard Friot 1, dont les conclusions sont reprises dans le schéma ci-dessous, l’effort à produire d’ici 2050 est comparable à celui des cinquante dernières années et génère des réserves confortables pour les moins de 60 ans (voir schéma).

Aujourd’hui, beaucoup sont donc convaincus que le seul véritable enjeu du financement des retraites est le partage des richesses. En effet, il s’agit de revenir sur le vol de la valeur ajoutée, réorientée depuis les années 1980 en direction des profits au détriment des salaires, sur lesquels sont assises les cotisations sociales qui financent la prise en charge des risques maladie, invalidité, vieillesse et chômage pour le plus grand nombre.

Pour résoudre la question des retraites, remettre la main sur l’ensemble des richesses créées est évidemment une condition nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. S’il est utile de reprendre les arguments de nos adversaires politiques pour démonter leurs discours, il faut aussi savoir se défaire de leur mode de pensée.

Le partage de quelles richesses ?

À moyen terme, l’enjeu caché de la réforme des retraites et de la période à venir est, au delà du partage des richesses, la notion de richesse elle-même.

En comparant le rythme de prélèvement des ressources (accéléré par la croissance mondiale) avec les réserves disponibles, nous pouvons prévoir que le doublement du PIB en 2050, toutes choses étant égales par ailleurs 2, ne sera pas possible.

Selon Bernard Friot, l’augmentation du PIB passe par des activités prédatrices mais aussi et surtout par la transformation d’activités, auparavant gratuites, en emploi (exemple des bonnes sœurs dans les hôpitaux des années 1960 qui sont devenues des infirmières). Mais c’est malheureusement bien la dimension destructrice du PIB qui est aujourd’hui prédominante (voir les liens entre PIB et empreinte écologique dans le rapport planète vivante du WWF 2008) : l’intensité énergétique par unité de PIB décroît moins vite que le PIB global n’augmente. C’est ce qu’on appelle l’effet rebond : si les automobiles consomment moins à l’unité, la distance parcourue augmente en même temps que le nombre de véhicules et avec le suréquipement (dont la climatisation), la consommation d’énergie s’accroît globalement.

Il est donc très déraisonnable d’imaginer, comme le fait Bernard Friot, un salaire moyen de 5 000 euros pour tous, quand la soutenabilité écologique (voir l’empreinte écologique des pays riches) imposerait des salaires bien moindres.

Quelques économistes intègrent ces dimensions à leur réflexion sur les retraites. Jean Gadrey pro pose d’abandonner la base des scénarios actuels : la macroéconomie classique quantitativiste. Selon lui, il faudrait partir d’estimations d’emplois ou de volume de travail par secteurs et sous-secteurs en fonction d’évaluations des besoins, de bilans écologiques et sociaux, et de projets de réorientation de la production.

Pour un syndicalisme autogestionnaire et inventif !

A l’image de la manifestation de la Confédération européenne des syndicats du 29 septembre pour « plus de croissance », la plupart des analyses émanant de la gauche et des syndicats évacuent cette contrainte, qui constitue pourtant la nouvelle donne de ce xxie siècle, de leur réflexion : croître pour redistribuer des richesses toxiques n’a aucun sens.

Les militants syndicaux ne peuvent fonder leurs discours sur l’argument classique de la répartition des richesses sans évoquer le fait que cette richesse essentiellement monétaire va devoir changer de nature et au moins passer par : une collectivisation des usages (mutualisation des biens) ; une réduction des besoins (entretenus par la publicité) ; une réduction de la vulnérabilité des individus et des territoires par le renforcement de leur autonomie (plus de temps pour être acteur soi-même dans des circuits économiques courts et locaux, conception de biens facilement réparables par le plus grand nombre, etc.).
Il nous faut voir bien au delà de la notion de gains de productivité (trop souvent synonyme de flexibilité) et de croissance.

En tant que militant d’un syndicat du bâtiment à la CNT, je constate que cette réflexion existe à travers des projets émergents d’habitats collectifs partagés en lien avec un atelier populaire d’architecture et d’urbanisme, de coopératives de construction et de consommation…

Ces solutions privilégient la sobriété, pour travailler moins et vivre mieux : un vrai projet de société !




1. Bernard Friot, L’Enjeu des retraites, La dispute, 2010, dont je recommande la lecture. (Voir l’article de M.-C. Calmus dans le présent ML. NdR.)
2. En excluant toute régulation par la guerre, par exemple.
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Published by anars56 - dans anticapitalisme
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Pour nous rencontrer : le 1er lundi de chaque mois, nous tenons une permanence de 19h15 à 21h00 à la maison des associations, 31 rue Guillaume Le Bartz, à Vannes. Tables de presse, tracts... Attention : pas de permanence durant l'été. Pas de permanence lundi 2 octobre 2017.

 

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Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Autres événements