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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 22:33
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'anarchie sans avoir osé le demander se trouve chez Publico (librairie du Monde libertaire)
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 22:29

Principes de base

le pacte associatif de la Fédération anarchiste


Préambules

Nous, anarchistes, réunis à la Fédération anarchiste, sommes conscients de la nécessité de l’organisation spécifique. Nous propageons nos idées et voulons réaliser une révolution radicale et globale, à la fois économique et sociale, afin que soient détruites les sociétés fondées sur la propriété privée ou étatique des moyens de production et de la distribution, toutes les exploitations, l’ignorance et la misère, ainsi que les rapports d’autorité.


Nos objectifs


Les anarchistes luttent pour une société libre, sans classe ni État, ayant comme buts premiers :


  • L’égalité sociale, économique de tous les individus.
  • La possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution, excluant toute possibilité pour certains de vivre en exploitant le travail des autres.
  • L’égalité dès la naissance des moyens de développement, c’est-à-dire d’éducation et d’instruction dans tous les domaines de la science, de l’industrie et des arts. L’organisation sociale sur les bases de la libre fédération des producteurs et des consommateurs, faite et modifiable selon la volonté de leurs composant-e-s.
  • La libre union des individus selon leurs convenances et leurs affinités.
  • Le droit absolu pour tout individu d’exprimer ses opinions.
  • L’abolition du salariat, de toutes les institutions étatiques et formes d’oppression qui permettent et maintiennent l’exploitation de l’Homme par l’Homme, ce qui implique la lutte contre les religions et les mysticismes, même s’ils se cachent sous le manteau de la science, contre le patriotisme et pour la fraternisation de tous les groupes humains, et l’abolition des frontières.

C’est la société entière que nous voulons reconstruire sur une base de respect et d’entraide, non pour un individu, une classe ou un parti, mais pour tous les individus ; la question sociale ne pouvant être résolue définitivement et réellement qu’à l’échelle mondiale.


Notre rôle


L’anarchisme est un objectif de société globale, un idéal, mais aussi les moyens pour y parvenir, ceux-ci étant basés sur les mêmes principes organisationnels et éthiques : fédéralisme et entraide. En tant qu’individus conscients de leur exploitation, les anarchistes entendent lutter avec tous les exploités contre tous les gouvernements, reconnaissant ainsi l’existence de la lutte des classes dont la finalité doit être l’instauration d’une société anarchiste.


Nous devons faire en sorte que les classes sociales exploitées accèdent à la capacité politique nécessaire à leur émancipation. Ce sont les classes exploitées qui réaliseront la société anarchiste, car les exploiteurs ne se laisseront jamais déposséder et emploieront toutes leurs forces, même brutales, contre l’émancipation des travailleurs.


La seule propagande des idées étant insuffisante, la participation aux luttes continuelles revendicatives et émancipatrices s’avère nécessaire pour que les individus veuillent toujours plus et mieux, jusqu’à atteindre une situation de rupture qui permettra leur émancipation totale.


Nous devons inciter les travailleurs et l’ensemble des exploités à combattre les médiations qui vont à l’encontre de leurs intérêts de classe, et à opter pour l’action directe (c’est-à-dire pour des actions décidées et menées sans intermédiaire), et sa coordination sur le mode fédéraliste.


Ennemis de tout despotisme, les anarchistes repoussent toutes les théories autoritaires dont celles inspirées du marxisme, du cléricalisme, du monarchisme, du fascisme, du libéralisme bourgeois et de tout autre.


La révolution est nécessairement constituée de phases destructrices des institutions d’oppression et de phases constructives de la société nouvelle. Cette société, nous voulons qu’elle soit gérée par tous et qu’elle s’instaure dès le début sur la base de structures anarchistes.


C’est pourquoi la Fédération anarchiste se doit être un outil adapté pour la révolution, jusqu’à la concrétisation des objectifs précédemment définis.


Engagement militant


La Fédération anarchiste est une organisation regroupant des militants conscients idéologiquement et pratiquement, ayant connaissance des différents aspects de l’anarchisme et de la Fédération anarchiste. Elle est organisée sur le principe du libre fédéralisme conservant aux groupes et individus qui la composent leur autonomie dans le cadre des Principes de Base. C’est à tous les militants qu’il appartient de la faire progresser, car elle ne reconnaît pas en son sein la division dirigeant/exécutant.


La participation effective des militants aux œuvres collectives de l’organisation est un principe d’éthique et de solidarité qui ne nuit pas pour autant au principe de liberté.


Le fédéralisme de la Fédération anarchiste permet le pluralisme des idées et actions compatibles avec ses principes.


Tout ce qui précède ne peut évidemment indiquer que les grandes lignes des buts poursuivis par les anarchistes. Il sera nécessaire, pour les approfondir, de prendre connaissance des écrits anarchistes et de suivre les travaux des groupes.


L’action de la Fédération anarchiste


L’action de la Fédération anarchiste est basée avant tout sur la défense des exploités et sur leurs revendications révolutionnaires ; mais sans que soit perdu de vue le fait que ce sont à la fois les classes et les positions d’esprit qui s’opposent à l’anarchie.


Cette action est menée sur tous les plans de l’activité humaine, selon les vues et les moyens de chaque tendance.


Pour cette raison, la Fédération anarchiste reconnaît :


  • La possibilité et la nécessité de l’existence de toutes les tendances libertaires au sein de l’organisation.
  • L’autonomie de chaque groupe.
  • La responsabilité personnelle et non collective.
  • L’organe du mouvement, le Monde Libertaire, ne peut être l’organe d’une seule tendance ; celles-ci ont donc toute possibilité d’éditer des organes particuliers, avec l’assurance que l’organe du mouvement leur accordera toute publicité, ainsi d’ailleurs qu’à toute activité s’exerçant dans le cadre de la culture, de la recherche, de l’action ou de la propagande anarchiste.
  • Des relations cordiales, compréhensives, avec les mouvements allant dans le sens anarchiste sur un point particulier.
  • La révocabilité des secrétaires et mandatés.

Enfin, lorsqu’une tendance engage une action, dès que cette action n’est pas contraire aux idées de base de l’anarchisme, les autres tendances, si elles ne sont pas d’accord pour participer à cette action, observent à son égard une abstention amicale. La critique de cette action demeure libre après l’événement.


Les groupes ont la faculté de se donner l’orientation de leur choix : anarcho-syndicalisme, communiste-anarchiste, néo-malthusienne, anarcho-pacifiste...


Ils ont naturellement la possibilité de cumuler toutes ces tendances ou de ne se déclarer d’aucune.


Des régions peuvent être formées et ne peuvent être que sur l’initiative des groupes la composant, le Comité des Relations ne pouvant apporter que des suggestions dans ce domaine.


Organisation

Le Comité de relations


Un comité de coordination existe dans le but de faire connaître les informations, suggestions, propositions pouvant émaner d’un individu ou d’un groupe, sans autre droit, pour les camarades composant ce comité, que celui de n’importe quel autre militant de présenter propositions, suggestions, informations.


La seule dérogation à cela peut être constituée par des initiatives touchant l’adhésion à un congrès, cartel, comité (exemples : congrès anarchiste international, Forces libres de la Paix).


Il va de soi que, dans ces divers organismes, le fond même de notre idéologie ne doit pas être remis en cause et que notre présence ne doit viser qu’à des buts précis : opposition à la guerre, efforts pour arracher des militant-e-s à la mort, protestations contre une agression contre le peuple.


Le Comité de relations élargi


Il se réunit sur convocation du secrétaire général au moins trois fois par an. L’initiative peut venir du secrétaire général ou d’un comité de relations. L’ordre du jour est élaboré en fonction des demandes des groupes, liaisons, individuel-les, ou commissions. Ces demandes touchent tous les sujets concernant la vie de l’organisation. Le Comité de relations élargi est décisionnaire quant à la mise en place des campagnes fédérales. Qu’une campagne soit déclarée en congrès ou par un Comité de Relations Elargi, présentation des travaux doit être faite en comité de relations élargi et/ou dans le bulletin intérieur.


Secrétaire général


Son rôle est de répartir le courrier et les responsabilités entre les différents membres, de veiller à la bonne entente au sein de ce comité, d’assurer la tenue du congrès selon le vœu du précédent, par des rapports en temps voulu avec les camarades qui en sont chargés.


Secrétaire aux Relations intérieures


Son rôle est d’assurer la correspondance avec les groupes, de les tenir au courant des lettres des sympathisants de leurs régions désireux de se joindre à nous, de diffuser les suggestions intéressantes, qu’elles émanent d’une région, d’un groupe ou d’une individualité, de renseigner le mouvement dans son entier des possibilités d’actions dont il dispose : noms de propagandistes par la parole, leurs sujets de conférence, leur possibilité de déplacement, d’assurer la propagande par des campagnes dont les thèmes peuvent être suggérés par d’autres militants, comme ils peuvent émaner de lui (les groupes en désaccord avec l’efficacité de celle-ci ont toujours la possibilité de ne pas y participer), de développer partout où il le peut la Fédération anarchiste par la création de nouveaux groupes, de présenter le bilan, lors de chaque congrès, de la progression, de la stagnation ou du recul de notre organisation en raisons des rapports des groupes.


Le secrétaire aux RI, lors de la constitution d’un groupe, prendra un contact direct avec celui-ci, soit en l’établissant lui-même, soit en déléguant, pour le représenter et lui en rendre compte, un camarade connu, habitant un lieu géographique proche du nouveau groupe.


Ces contacts, outre leur caractère humain, constitueront par le dialogue engagé une mesure de probité intellectuelle, tant de la part du groupe postulant vis-à-vis de la Fédération anarchiste, que de la Fédération anarchiste vis-à-vis du groupe postulant.


Secrétaire aux Relations extérieures


Son rôle est d’assurer des contacts amicaux avec des groupements parallèles, sympathisants ou même simplement indépendants, faire connaître dans leur sein notre mouvement, notre journal, en un mot, nous montrer à eux sous notre vrai jour, d’envisager des actions communes avec eux sur des objectifs précis à la faveur de cartels, d’organismes de liaison ou simplement de campagnes sans lendemain. Un tel effort peut nous permettre la diffusion de notre presse à leurs manifestations, l’apposition de nos affiches dans leurs locaux, le reproduction de nos communiqués et de nos articles dans leurs journaux, voire notre participation à leurs meetings. Il va sans dire que de tels résultats ne peuvent être obtenus sans réciprocité.


Secrétaire aux Relations internationales


Ses contacts s’exercent avec les organisations anarchistes de langues étrangères. Il se tient en rapport avec elles pour tout ce qui concerne les événements mondiaux et les actions des anarchistes, et se documente sur la mesure dans laquelle ils ont pu les inspirer et les impulser. Il renseigne les camarades de tous les pays sur le climat et l’activité des anarchistes dans le monde. Il permet également d’apporter des informations correctives à celles que donne la presse officielle. Enfin, il peut alimenter la rubrique internationale de notre journal, le Monde libertaire.


Secrétaire à la trésorerie


Le trésorier perçoit directement des groupes ou individualités appartenant à la Fédération anarchiste une cotisation annuelle minimum (somme fixée volontairement peu élevée pour permettre à tous d’y souscrire et généralement la dépasser).


Dans le respect de l’autonomie des groupes, le trésorier n’a pas à connaître les noms et adresses des adhérents de chaque groupe, mais simplement leur nombre, confiance étant faite au trésorier du groupe qui le déclare.


Le trésorier tient au courant le secrétaire du Bulletin intérieur de la liste des adhérents (groupes ou individualités) à qui adresser ledit bulletin (réservé aux seuls membres de la Fédération anarchiste). La trésorerie permet d’assurer les frais de correspondance, les frais de déplacements des membres du comité au congrès, l’adhésion à des cartels, d’aider éventuellement à la sortie d’une affiche, à la propagation d’une campagne ou au soutien de notre journal.


Administration


Les administrateurs sont nommés par le congrès. Leur rôle est de veiller à la parution régulière du journal et à la bonne marche des œuvres du mouvement : Monde libertaire, librairie, etc...


Comme tous les autres responsables nommés par le congrès, ils peuvent s’entourer, pour les aider dans leur tâche, d’un ou plusieurs militant-e-s appointé-e-s ou non.


Comité de rédaction


Le Comité de rédaction a pour fonction d’assurer la rédaction régulière du Monde libertaire. Tous les articles soumis à son appréciation, sauf opposition de principe motivée de l’un de ses membres, sont publiés. Un article refusé est renvoyé à son auteur avec les raisons du refus.


Nommés et révocables par le congrès, les membres du Comité de rédaction peuvent coopter en cours de mandat, à l’unanimité, un ou plusieurs camarades en cas de défection d’un ou plusieurs de ses membres.


Radio libertaire


Le secrétariat de Radio libertaire participe comme les autres secrétariats au Comité de relations.


Quatre postes sont établis pour assurer le bon fonctionnement de la station :


  • Le secrétaire à la programmation : il est responsable de la grille, de l’agencement des programmes, de leur parution dans le Monde libertaire et de la qualité des émissions. Il se tient en relation avec les différents secrétariats Fédération anarchiste pour assurer le passage des informations et des communiqués sur Radio libertaire
  • Le secrétaire aux finances : il est chargé de gérer le budget de la radio et de veiller à l’autofinancement de Radio libertaire
  • Le secrétaire à la technique et à l’entretien : il est responsable de la maintenance du matériel et du studio, présente des prévisions d’investissement au secrétaire aux finances
  • Le secrétaire de l’association : il s’occupe du fonctionnement de l’association "Diffusion des moyens de communication", garante de Radio libertaire au niveau légal.

Secrétaire à l’Histoire et aux archives


Sa fonction est de rassembler, d’archiver différents documents (affiches, brochures, tracts, livres, etc.) ayant trait au mouvement anarchiste en général et à la Fédération anarchiste en particulier, dans le but de sauvegarder notre mémoire militante. Pour assurer ces fonctions, le secrétaire peut s’entourer de militants.


Secrétaire aux Editions


Son rôle est de contribuer à l’édition ou à la réédition de textes particulièrement importants pour l’anarchisme et sa propagande. Il doit assurer la promotion et la diffusion des productions des éditions du Monde Libertaire.


Fonctionnement du Comité de relations


La lecture de ce qui précède indique assez clairement l’interpénétration des différents postes, et notamment la liaison qui ne peut cesser d’exister entre les secrétaires aux Relations intérieures et aux Relations extérieures, cela en contact avec le secrétaire à la trésorerie, qui règle en fonction de ses possibilités l’envergure et la périodicité des actions à entreprendre.


Ce comité se réunit de façon régulière et sur convocation du secrétaire général.


Chaque secrétaire est responsable de son poste et, par conséquent, est seul à décider des mesures à prendre en ce qui le concerne.


Toutefois, il ne peut le faire, tant pour des raisons pratiques que morales, sans en avoir débattu avec tous et sans avoir tenu compte des objections, oppositions qui peuvent lui avoir été apportées.


Ainsi, si le travail s’accomplit en équipe, les décisions en dernier ressort sont prises par les ressortissants à chacun des postes, seuls responsables devant le congrès pour ce qui les concerne.


Chaque secrétaire peut s’entourer d’une commission de son choix pour l’aider dans sa tache et dont il prend l’entière responsabilité.


Le Bulletin intérieur


Le Bulletin intérieur est indépendant du Comité de relations, et pour son contenu, et pour son financement. Le CR ne peut y exercer un droit quelconque de censure ou d’interdit. Il est ouvert à tous sans que joue la moindre censure de la part de ceux qui en ont la charge.


Tous les articles y ont leur place, sauf ceux qui pourraient avoir un caractère de calomnie.


Tout article refusé par le Comité de rédaction du Monde libertaire peut paraître avec cette mention dans le BI..


Enfin, le Comité de relations y a recours lui-même pour ses communiqués aux groupes, ses actions, ses rapports d’activité lors de chaque congrès.


Le chapeautage de textes (groupes et individuels) ne doit pas exister dans le BI.


Le groupe gestionnaire du BI doit attendre le numéro suivant pour donner sa position, au même titre que les autres groupes.


Les abonnements au BI


Lorsque le groupe gestionnaire du BI reçoit une demande d’abonnement au BI, il demandera la conformité de l’appartenance à l’organisation du demandeur à la trésorerie. Les mêmes contrôles s’effectuerons pour les adhésions au travers du groupe, afin que les groupes ne reçoivent pas un nombre supérieur de BI au nombre adhérents, plus un pour les archives. En cas de démissions, la trésorerie informe les gestionnaires des démissions d’individuels ou de groupes. Les secrétaires de groupes signaleront directement les démissions dans leurs groupes pour rectifier le nombre de BI à recevoir.


La parution du BI sera mensuelle (sauf s’il n’y a pas d’articles).


Sauf impossibilité, son siège est fixé en province, tant pour décongestionner la capitale que pour permettre à cet organe une parfaite autonomie.


En cas de défaillance du groupe responsable, le Secrétaire général peut en confier provisoirement la tâche à un autre groupe.


Le congrès


Le congrès, ouvert aux seuls membres de la Fédération anarchiste (sauf invitation du Comité de relations), organisé par le groupe proposé et désigné par le précédent congrès, en liaison avec le Secrétaire général, a pour objet :


  • De faire le point de la situation morale et financière de la Fédération anarchiste et de ses œuvres
  • De débattre des motions, propositions, études, présentées par les groupes, individuels ou organisme de la Fédération anarchiste, et d’en tirer les grandes lignes des campagnes à mener au cours de l’année, ainsi que les décisions nécessaires à la bonne marche de la Fédération.

L’adhésion


L’adhésion à la Fédération Anarchiste repose sur deux facteurs :


  • l’un matériel : le règlement des cotisations
  • l’autre moral : l’acceptation sans réserve des principes énoncés par la présente déclaration.

Il en résulte que leur remise en cause publique consiste par là même le contrat de rupture de l’auteur de cette remise en cause avec la Fédération anarchiste.


Les principes de base ne peuvent être complétés ou modifiés (après proposition de textes soumis quatre mois avant le congrès) que par l’unanimité de celui-ci, mais sans que puissent être remis en cause nos concepts indiqués dans les préambules : autonomie des groupes et pluralité des tendances.


Tout membre de la Fédération Anarchiste a le droit et non l’obligation d’adhérer à des organisations culturelles, philosophiques, syndicales, pacifistes, de loisirs de son choix, dans le mesure où ces adhésions sont compatibles avec l’anarchie.


Cependant, toute liberté est laissée sur le plan de l’organisation du groupe de mener avec ces mouvements des actions communes.


Quiconque souscrit à cette déclaration peut adhérer à la Fédération anarchiste, soit par le canal d’un groupe, soit individuellement (en raison de son éloignement de tout groupe ou simplement parce qu’il/elle désire rester isolé-e).

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 16:15
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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 16:14
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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 23:06
Les groupes libertaires de Vannes et Lorient portent des noms de militants. Une petite précision s'impose : par définition, anarchistes, nous n'avons pas le culte des personnalités. Ce serait même faire affront aux valeurs égalitaires véhiculées par Francisco Ferrer et René Lochu, qui ne sauraient être érigés en idoles, et ne pas avoir compris leur signification.

Ceci dit, les Pouvoirs ont tendance à maintenir leurs combats (au pluriel) dans l'ombre parce que, chacun à leur manière, ils les contestaient. Il est donc dans notre rôle de transmettre ces mémoires de la contestation, pour l'émancipation des individus.

Il se trouve aussi que nous ne prétendons pas réinventer constamment l'eau chaude !

Du passé, nous ne faisons pas totalement table rase () car ces expériences, leurs succès mais aussi leurs limites, nous éclairent pour les luttes d'aujourd'hui. Toujours en quête d'égalité et de libertés, si nous saluons les engagements de nos anciens, nous prétendons les continuer à notre échelle, selon les circonstances actuelles, selon notre volonté et notre imaginaire. Nous ne glorifions donc pas nos prédécesseurs, nous nous nourrissons de leurs combats ! Hier, ils ont osé, aujourd'hui, c'est à notre tour ! Pour notre affranchissement intégral ! Pour l'anarchie !!

Nous devons les biographies de cette rubrique Histoire, au dictionnaire international des militants anarchistes, à l'éphéméride anarchiste et au site recherches sur l'anarchisme. Nous remercions grandement ces trois sites qui nous épargnent un rude labeur ! 
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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 22:51

GUILLOUX, Joseph, Henri

Né à Inguigniel (Morbihan) le 15 mars 1887 – mort le 2 janvier 1949

Courtier en librairie - Lille (Nord)

Lors des élections législatives de 1914, Joseph Guilloux avait été avec Albéric Poissonnier, candidat abstentionniste dans la 3è circonscription de Lille où il était courtier en librairie et militant anarchiste. Joseph Guilloux est mort à Inguigniel le 2 janvier 1949.

Sources : AD Nord M37/74 – Etat civil d’Inguigniel = Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier…, op. cit. //


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Emile Masson

Le 28 juillet 1869, naissance d'Emile MASSON, à Brest.
Militant, écrivain et propagandiste socialiste libertaire breton.
Issu d'un milieu modeste, il fait des études assez brillantes et obtient une licence de philosophie à la Sorbonne (Paris) et une autre d'anglais. Epoque où il fréquente les milieux socialistes révolutionnaires, anarchistes et antimilitaristes. Il prend notamment part aux "Universités populaires". Après avoir été répétiteur à St-Brieuc, il enseigne à Loudun, à Saumur (la philosophie), puis à Pontivy (l'anglais) de 1904 à 1921. En 1908, il entretient une correspondance avec Jean Grave et commence à s'intéresser à la langue bretonne par laquelle il voit un moyen de faire pénétrer un socialisme libertaire (et non jacobin) dans le milieu prolétaire breton. Il commence à publier "Rebelles", contes "anarchico-bretons", puis écrit divers articles pour les "Temps Nouveaux" ainsi que pour les journaux de la "Fédération Régionaliste Bretonne" et du "Parti Nationaliste Breton", mouvements auxquels il apporte sa collaboration estimant que la liberté de l'individu passe par la réapropriation de son identité et de sa culture (s'opposant de fait aux socialistes jacobins mais aussi à certains libertaires). Il traduit ainsi une brochure d'Elisée Reclus "A mon frère le paysan" en dialectes léonard et vannetais. Ami de Gustave Hervé, socialiste révolutionnaire du journal "La Guerre sociale" (il rompra avec lui lors du revirement de ce dernier en 1914), il impulse une propagande socialiste et antimilitariste en breton, trouvant également un appui dans les militants Pierre Monatte et François Le Levé. De janvier 1913 à juillet 1914, il édite ainsi en breton et français la revue mensuelle d'éducation paysanne "Brug" Bruyères.
Traumatisé par la guerre, il refusera de se laisser entraîner dans la mêlée belliqueuse.
Il meurt à Paris, le 9 février 1923.
Ces derniers ouvrages sont : "Le livre des Hommes et leurs paroles inouïes"(1919) et " L'Utopie des îles bienheureuses dans le Pacifique en 1980"(1921).


A l'initiative de l'association Liber-Terre de Bieuzy-les-Eaux (56), 2003 a été consacrée "année Emile Masson" par la ville de Pontivy, avec l'organisation d'un colloque de haute tenue les 26 et 27 septembre au Palais des Congrès et une fort belle exposition réalisée par Liber-Terre (disponible en livre maintenant).
Le site recherches sur l'anarchisme retrace ce qui s'est déroulé au cours de ce colloque et bien d'autres choses sur Emile Masson. C'est une véritable mine d'or ! Ce serait trop long à tout recopier alors, pour en savoir plus (beaucoup plus !!), cliquer ici : link

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numéro 13 de janvier 1914

Janvier 1913, sortie à Lorient (Bretagne) du premier numéro de la revue "Brug" Bruyères. Revue mensuelle libertaire, bilingue (Breton - Français) créée par Emile Masson. Celui-ci s'emploiera à défendre la langue bretonne dans toute sa diversité et à faire pénétrer les idées libertaires dans le milieu paysan breton. François Le Levé, militant de la Bourse du travail de Lorient, sera le gérant de la revue, et Pierre Monatte le correspondant parisien.
"Brug", s'arrêtera en juillet 1914, avec la déclaration de guerre.
"J'estime qu'il est aussi criminel de laisser mourir une langue que de laisser mourir un être humain".
Emile Masson.

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 23:13

Salut,

 

Tout en bas le communiqué de la FA « GUADELOUPE, MARTINIQUE, REUNION , GUYANE , ILS & ELLES OSENT ! » (rassemblements manifs demain mardi 24/02 voir ci-dessous)

 


 

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DEMAIN !!!! Mardi 24 février – 17h30 : manif de SOUTIEN AUX GUADELOUPEENS ET GUADELOUPEENNES en lutte à l’initiative des organisations syndicales (FO, CGT, CFDT, FSU et Solidaires du Morbihan). Devant la Préfecture à VANNES, devant les sous-préfectures à LORIENT et à PONTIVY. (communiqué de la FA tout en bas, j’aime bien répéter !)

 

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Christian Vélot à Séné le vendredi 27 février 2009 à 20h30 à la cantine municipale et dès 17h sur le marché bio de Séné pour débattre et dédicacer son dernier livre "OGM, tout s'explique".

 

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Vendredi 27 février à 20h30 au cinéma Le Rex de Pontivy. Soirée cinéma-débat autour du film de Brigitte Chevet [58 mn / 2008] : « BRENNILIS, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre ». Entrée 4 €.

 

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Le 28 février – Café de la Pente (Rochefort en Terre) PROJECTION à 21h - Les hommes des trois Ky. Documentaire sur les camps de travailleurs vietnamiens en France (1939-1952). Présenté par Hélène Fleury. Prix libre.

 

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Samedi 28 février 2009 – Ploeren (près de Vannes) - Stand "UN MONDE VEGAN". Première vente de VEGETARIAN SHOES en Bretagne. De 10h à 18h au magasin Biogolfe dans la zone commerciale de Luscanen.

 

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Le 2 Mars à Hennebont, conférence "Non à la guerre - non à l'Otan" organisée par le Mouvement de la Paix, avec Arielle Denis sa présidente nationale. 20h30, Salle du Vallon boisé route de Lochrist.

 

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Jeudi 5 Mars 2009, 20h 30 – Rennes - Discussion « Squatts, service public, espaces verts… vers la réappropriation de l’espace urbain » Local la commune, au 17 rue de Châteaudun. Organisée par le groupe de Rennes de la FA.

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Samedi 7 mars – Le Bono – Projection (suivie d’un débat et d’un pot) du film « we feed the world – le marché de la faim » à 20h30, salle Jean Le Mené, à droite de la mairie. Organisé par l’AMAP du Loch. Entrée libre.

 

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Assemblée Générale du CAFE DE LA PENTE le Samedi 14 Mars

 

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A l’initiative des mous (mais on n’ira quand même car on espère qu’il finira bien par y avoir des débordements. Pour la grève générale sans généraux !!) : Nouvelle journée d’action interprofessionnelle le 19 mars 2009 !

CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA

 

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Jeudi 2 Avril 2009, 20h 30 – Rennes – Discussion « Autogestion, Gestion Directe » - local la commune, au 17 rue de Châteaudun. Organisée par le groupe de Rennes de la FA.

 

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Samedi 19 avril – Vannes – Les pique-niques végétariens recommencent !! RDV à midi, rue Larmor Gwened. Chacun-e apporte un plat végétal et une boisson et on partage. Table de presse. Infos : veg56@voila.fr

 

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Dans la semaine du 26 avril, le cinéma l'Iris de Questembert va diffuser "Punishment park" de Peter Watkins. Une oeuvre malheureusement toujours d'actualité... http://iris.cinema.free.fr/

 

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Un superbe site autour de Joseph Déjacque (créateur du journal « le Libertaire ») :

http://joseph.dejacque.free.fr/

ou

http://tinyurl.com/c2uw2e

 

Et du journal "Le Libertaire" (de juin 1858 à février 1861),

consultable dans son intégralité !

là :

http://joseph.dejacque.free.fr/libertaire/libertaire.htm

ou

http://tinyurl.com/b6bdmt

 

=> pour le lire, par ici :

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%80_bas_les_chefs_!

ou

http://tinyurl.com/dl3loa

 

Pour écouter une lecture de "à bas les chefs !" c'est dispo au chargement pour écoute en mp3, là :

http://www.mediafire.com/?20tmy4lojcj

ou

http://tinyurl.com/bjxffw

 

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COMMUNIQUE DE LA FA « GUADELOUPE, MARTINIQUE, REUNION , GUYANE , ILS & ELLES OSENT ! » : http://public.federation-anarchiste.org/article.php3?id_article=359

Depuis désormais un mois en Guadeloupe, les plus démunis redressent la tête et osent braver les potentats locaux, héritiers racistes de ceux qui bâtirent leur fortune sur l’esclavagisme, et qui maintiennent l’économie de l’île dans un oligopole au rendement plus que confortable en contrôlant la distribution de vivres par le biais de grandes enseignes nationales d’hypermarchés et l’approvisionnement en pétrole par le biais d’une filiale de Total : La SARA. Depuis désormais un mois, les plus démunis osent revendiquer des augmentations de salaire, sortir d’un magasin sans payer, manifester quotidiennement, braver les forces dites « de l’ordre ». Dès lors, la Martinique l’a rejointe dans le mouvement, et ce sont maintenant la Réunion et la Guyane qui sont en passe d’entrer en action.

La Fédération anarchiste apporte son entier soutien à toutes celles et tous ceux qui refusent la mise en coupe réglée du fruit de leur travail, la vie chère, la privatisation du littoral par les riches, le mirage de l’économie touristique, l’empoisonnement par les pesticides employés dans les exploitations bananières, en un mot l’injustice sociale, et condamne l’intervention brutale de la police pour réprimer leur légitime recours à la grève générale.

La Fédération anarchiste se reconnaît dans les revendications et prises de position du Manifeste pour les « produits » de haute nécessité (1), notamment dans son affirmation que la « très haute nécessité est [...] de s’inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n’est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d’un dogme. » et que « Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. »

Par leur détermination et leur dignité, les grévistes de Guadeloupe, de Martinique, de la Réunion et de Guyane montent que le capitalisme n’est pas un horizon indépassable, qu’il peut être battu en brèche à condition d’être organisé-e-s.

Fédération anarchiste, le 16 février 2009.

(1) auteurs : Ernest BRELEUR, Patrick CHAMOISEAU, Serge DOMI, Gérard DELVER, Edouard GLISSANT, Guillaume PIGEARD DE GURBERT, Olivier PORTECOP, Olivier PULVAR, Jean-Claude WILLIAM

 

 

 
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 19:14


DICHAMP, Pierre « RIGUIDEL »
Né dans le Morbihan - mort en 1977
Terrassier - CGT – Paris – Vannes (Morbihan)


Terrassier originaire du Morbihan, Pierre Dichamp Riguidel dirigea par la suite une équipe coopérative. Délégué à la propagande du syndicat CGT des terrassiers, puisatiers, mineurs, tubistes, poseurs de rails de la Seine et Seine-et-Oise, Dichamp prit la parole au meeting du 1er Mai à la Bourse du Travail de Paris. Le 28 juin 1931, il intervint à la conférence nationale des partisans de l’unité syndicale. Dichamp était secrétaire de son syndicat en 1932. Riguidel a collaboré au Libertaire et à La Révolution Prolétarienne. Il a été également le secrétaire de la Fédération autonome du bâtiment.

Il se confond vraisemblablement avec P. Dichamp, secrétaire en 1939 du « Cercle industriel du Bâtiment », organisation syndicaliste révolutionnaire très hostile au Parti communiste.

Dans les années 1950-1960 il collaborait épisodiquement au Monde Libertaire organe de la Fédération Anarchiste ainsi qu’aux travaux de la Commisssion Internationale de Liaison Ouvrière (CILO) animée par Louis Mercier Vega.

Retiré à Vannes (Morbihan), Dichamp mourut en 1977.

OEUVRE : Est-ce que le Bâtiment va ? (Ed. de la CILO, 1958. 32 p.)

 

Sources :
Arch. PPo. Ba/1686, année 1932. — Le Travailleur parisien, avril-juin 1930. — Le Cri du Peuple, 1er juillet 1931. — Le Réveil syndicaliste, 22 mai 1939. — La Révolution Prolétarienne, janvier 1978 = Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier…, op. cit. // R. Bianco « Un siècle de presse… », op. cit. //


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BARBÉ, Alphonse, Joseph « Lefrançois », « Peckers »
Né à Vannes (Morbihan) le 17 décembre 1885 - mort le 21 novembre 1983
Meunier ; marin ; triporteur ; forain - Paris – Caen & Falaise (Calvados)

Aîné d’une famille de six enfants, Barbé, après avoir obtenu son CEP, dut gagner sa vie. Il travailla au côté de son père comme ouvrier meunier et son salaire aida à faire vivre la famille. À dix huit ans, il s’engagea dans les Équipages de la Flotte, et, après son service militaire qu’il termina à Alger, il revint en Bretagne où il reprit un temps son ancien métier ; puis il trouva à Cancale un emploi de représentant pour la vente à crédit. À l’occasion d’une grève, dans cette ville, des pêcheurs de morues, il entra en relation avec les milieux syndicalistes de Saint-Malo dont la fréquentation décida de son destin.

En 1912, il alla à Paris et obtint une place de triporteur pour le compte d’un magasin. Après avoir assisté à une conférence de Sébastien Faure, il adhéra au mouvement libertaire. Il se lia d’amitié avec l’anarchiste Émile Poulain ; tous les deux se firent marchands forains, mais l’entreprise n’eut pas le succès escompté. Barbé osa alors avec l’un de ses frères une nouvelle tentative qui cette fois réussit ; les deux frères se fixèrent à Caen. Mais la guerre approchait. En compagnie d’Eugène Jacquemin militant anarchiste, A. Barbé partit pour Paris, persuadé que l’insurrection des ouvriers empêcherait la mobilisation. Déçu dans ses espérances, il rejoignit à Vannes son centre mobilisateur. Il fut blessé sur le front de Champagne en septembre 1915 puis fut affecté au 116e Régiment d’infanterie. Il déserta le 18 septembre 1916, vint à Paris et y vécut pendant un an sous un nom d’emprunt. Accusés d’avoir fait paraître le 15 juin 1917 un numéro clandestin du Libertaire, Barbé ainsi que Bertho Lepetit, Content, Ruff, Le Meillour, Grossin et Klauss, imprimeur, comparurent du 4 au 11 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris et furent condamnés, Bertho Lepetit à deux ans de prison, Barbé, Content et Ruff à quinze mois de la même peine, Le Meillour à un an, Grossin à quatre mois, Klauss à 3.000 F d’amende. Barbé qui avait été condamné « pour propos alarmistes et usurpation d’état civil » vit sa peine portée à trois ans de prison le 3 décembre 1917 par la cour d’appel de Paris ; il resta un an à la Santé puis un an à Clairvaux, fut amnistié mais transféré le 23 octobre 1919 à Nantes pour y répondre de sa désertion ; il fut alors condamné à un an de prison.

À sa libération, il retourna à Caen où vivait sa compagne et reprit son métier de forain. Le 23 janvier 1921 le congrès fédéral communiste du Calvados le désigna comme membre de la commission de propagande. Durant l’année 1921 il écrit plusieurs articles où il montrait ses réticences par rapport à la Russie soviétique. Administrateur du Populaire normand en novembre 1921, il semble avoir quitté rapidement le PC et en 1924 il collaborait au journal L’Idée Anarchiste (Paris, 13 numéros du 13 mars au 15 novembre) publié par Lucien Haussard.

C’est à Caen d’abord, à Falaise ensuite où il résida à partir de 1927 (et où il se maria en 1933 et en 1953), qu’il fit paraître Le Semeur de Normandie, organe de libre discussion et de culture individuelle puis de défense des objecteurs de conscience, dont le premier numéro sortit le 15 octobre 1923 et le dernier, le n° 281, le 28 novembre 1936 (à partir de novembre 1925, le titre devint Le Semeur contre tous les tyrans) dont les principaux gérants furent outre Barbé, Emile Poulain, E. Grégoire, Lucien Bernizet et Emile Beauchet. Il collaborait à la même époque à Germinal (Amiens, 1919-1933, puis 1938) de Georges Bastien, à l’organe libre penseur Germinal (Toulon, 1930-1932) et aux organes pacifistes La Patrie Humaine (Paris, 1931-1939) et Le Réfractaire (Paris, 1927-1932).

Après l’incendie du Reichstag (28 février 1933), Alphonse Barbé fut à l’origine de la campagne menée en France pour la Défense de Marinus van der Lubbe, publiant de nombreux articles dans son journal Le Semeur (et particulièremnt le numéro spécial 236) et contribuant à éditer deux brochures : "Marinus van der Lubbe prolétaire ou provocateur ?" et "Le Carnet de route d’un Sans-patrie", journal de voyage en Europe du jeune militant, publié après sa mort sous l’égide du Comité international Van der Lubbe (France) dont H. Cadiou était secrétaire.

En décembre 1936, Barbé se rendit à Perpignan et y assuma, non sans difficultés, pendant six mois, le secrétariat général des Espagnols réfugiés en France. En 1937-1938, il publia Lu dans la presse libertaire-syndicaliste espagnole (Falaise, au moins 4 numéros du 15 novembre 1937 au 15 février 1938) qui reproduisait des textes parus dans les journaux révolutionnaires en Espagne et les communiqués de la CNT et du mouvement libertaire espagnol. Dans le n°4, A. Barbé précisait « j’ai fait le service du bulletin à un millier de lecteurs et sympathisants aux idées libertaires-syndicalistes. En réponse à ces envois, j’ai eu de nombreuses lettres de sympathie et d’encouragement…en revanche, peu d’abonnements me sont parvenus… ». Un numéro 5, entièrement consacré au Plenum économique de la CNT était annoncé pour le 15 mars, mais nous n’avons pu le retrouver. Au début 1938 Le Semeur avait fusionné avec L’Espagne antifasciste (Bordeaux) pour permettre de poursuivre l’édition du journal L’Espagne Nouvelle (Nîmes, 69 numéros de février 1937 à septembre 1939) dont Barbé devenait alors membre du Comité de rédaction aux cotés de J. Dautry, Aristide et Paul Lapeyre et André Prudhommeaux.

Alphonse Barbé collabora après guerre à diverses publications anarchistes et pacifistes dont Les Cahiers du Pacifisme (Paris, avril 1946- 1963) organe de la Ligue d’action pacifiste et sociale et section frnaçaise de l’Internationale des Résistants à la Guerre (IRG), Ce Qu’il Faut Dire (Paris, 1944-1948) publié par Louis Louvet, Défense de l’Homme (1947-1963) de Louis lecoin et Louis Dorlet, L’Unique (n° 1, juin 1945), Le Monde libertaire (n° 1, octobre 1954), Pensée et Action (Bruxelles, 1945-1952) publié par Hem Day, Les Nouvelles Pacifistes (Paris, 1949-1950) organe de la Confédération Générale Pacifiste, Le Rebelle (Epinay-sur Seine, 1945) publié par Le Bot.

Alphonse Barbé est mort à Falaise le 21 novembre 1983.

A . Barbé fit paraître une dizaine de brochures. Citons les dernières : Le Problème démographique et la paix, broch. ronéotée, 1946, L’Art de vieillir, « conseils pratiques pour atteindre le grand âge », 34 p., s.d ; (1975).

Sources :
Arch. Nat. F7/13091, F7/13606, rapport du 28 décembre 1919. — Le Libertaire, revue de synthèse anarchiste, n°43, janvier 1984 — Renseignements fournis par Alphonse Barbé lui-même.= J. Maitron in "Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier...", op. cit. (Dans la notice il y a une erreur : un certain CHAUFFEUR est cité parmi les inculpés de l’affaire du Libertaire clandestin ; il s’agit en fait de la profession de Grossin)/ R. Bianco "un siècle de presse…", op. cit. //


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PERCHERON, Auguste
Né en 1837 – mort le 21 février 1896
Revendeur d’étoffes ; chansonnier


Militant libertaire, Auguste Percheron était dans les années 1890 revendeur d’étoffes et « écrivain public ». Chansonnier libertaire il collaborait entre autres à L’Antipatriote (Paris, 2 numéros, du 12 et 26 juillet 1891) édité par Louis Perrault, à L’Attaque (Paris, 66 numéros du 20 juin 1888 au 26 avril 1890) édité par Ernest Gegout et à Vendémiaire (Vannes, 5 numéros de juillet à septembre 1891) dont le gérant était Henri Cholin. Il fut l’auteur de la chanson Les briseurs d’images publiée pour la première fois dans Le Père Peinard en 1892. Cette chanson traditionnelle dans les milieux libertaires fut notemment rééditée dans le Libertaire n°11 (janvier 1896) et en 1922 dans l’un des recueils Nos Chansons publiés par La Muse Rouge ; en voici deux strophes :

« Autorité, lois et pouvoir/Dont nous portons les lourdes chaînes/ Craignez pour les luttes prochaines/ Vous serez brisés sans espoir/ Vous nous menez des anciens âges/ Et continuez leurs exploits/ Quand nous ne voulons plus de lois/ Nous sommes les briseurs d’images/

Patrie et famille, des mots/ Qu’ont inventé les égoïstes/ Que nous ont doré les sophistes/ et dont se sont épris les sots/ Nous leur laissons les avantages/ S’une double maternité/ Nous nous aimons l’Humanité/ Nous sommes des briseurs d’images ».

Lors de la vague d’attentats en 1894 , Auguste Percheron fut arrêté et emprisonné de longues semaines au cours desquelles sa santé se dégrada. Auguste Percheron est décédé le 21 février 1896 à l’âge de 59 ans.


Sources :Libertaire, 25 janvier & 27 février 1896 // R. Bianco « Un siècle de presse anarchiste.. », op. cit. // Notes D. Dupuy // R. Brécy « Autour de la Muse Rouge… », op. cit. //


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José BALLAGUER avait 17 ans en 1936 à Barcelone lors de la révolution espagnole, libertaire et autogestionnaire. Cet anarchiste espagnol était un ami de René Lochu et militait avec lui à Vannes. Il a été interviewé le 7 octobre 2006 sur sa vie au quotidien en 1936 et sa perception de la guerre civile espagnole. La vidéo de cet entretien de 34 minutes est disponible sur dailymotion ici : link
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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 12:42

Ephéméride Anarchiste

26 août



René Lochu

Le 26 août 1899, naissance de René LOCHU, à Vannes (Bretagne).
Militant anarchiste, syndicaliste et pacifiste.
Fils d'un maréchal-ferrant et d'une cantinière, il devient ouvrier tailleur dans la confection. En 1914-15 ses trois frères aînés sont mobilisés, puis c'est son tour en janvier 1918. Affecté dans la Marine et envoyé en Mer Noire, il prend part en avril 1919 à l'évacuation d'Odessa, puis au convoyage des troupes contre-révolutionnaires du général tsariste Dénikine. Démobilisé en janvier 1921, il reprend son métier de tailleur qu'il exercera ensuite à l'Arsenal de Brest. C'est à la "Maison du Peuple" de Brest qu'il découvre l'anarchie et rencontre les compagnons Jules Le Gall, René Martin, Jean Tréguer, Paul Gourmelon, etc. et commence à militer en 1924 au syndicat CGT de l'habillement puis au groupe anarchiste de Brest. Il prend part aux activités du groupe artistique de la "Maison du Peuple" puis du "Théâtre du Peuple". Trésorier du "Comité de défense sociale de Brest", il participe aux actions de soutien à Sacco et Vanzetti et aide les libertaires italiens fuyants le fascisme. En 1927, il rencontre Nestor Makhno venu se reposer en Bretagne. Début août 1935, il prend part aux manifestations contre les "décrets de misère" du gouvernement, qui seront réprimées dans le sang par la troupe. En août 1936, il apporte son aide au "Comité pour l'Espagne libre" créé par Louis Lecoin pour soutenir la révolution espagnole puis aider les réfugiés. A la déclaration de guerre, il diffuse le tract de Lecoin " Paix immédiate" ce qui lui vaudra de subir une perquisition (infructueuse). Il est ensuite contraint de fuir les bombardements intensifs sur Brest pour Lorient puis Vannes où il reprendra son militantisme à partir de 1944. Il se liera d'amitié avec Léo Ferré pour lequel il organisera des galas en Bretagne, en avril 68. Léo lui dédiera une chanson "Les Etrangers" et préfacera son livre de souvenirs : "Libertaires, mes compagnons de Brest et d'ailleurs" (1983).
Il meurt à Vannes le 6 juillet 1989, quelques mois après sa compagne Nanette.

Ecoute

"Les Etrangers" de Léo Ferré

Regarde-la ta voile elle a les seins gonflés
La marée de tantôt te l'a deshabillée
Les bateaux comme les filles ça fait bien des chichis
Mais ce genre de bateau ça drague pas dans Paris

T'as les yeux de la mer et la gueule d'un bateau
Les marins c'est marrant même à terre c'est dans l'eau
Ta maman a piqué sur ta tête de vieux chien
Deux brillants que tu mets quand t'embarques ton destin

C'est pas comme en avril en avril soixante-huit
Lochu tu t'en souviens la mer on s'en foutait
On était trois copains avec une tragédie
Et puis ce chien perdu tout prêt à se suicider

Quand la mer se ramène avec des étrangers
Homme ou chien c'est pareil on les regarde naviguer
Et dans les rues de Lorient ou de Brest pour les sauver
Y'a toujours un marin qui rallume son voilier

Regarde-la ta quille à la mer en allée
La marée de tantôt te l'a tout enjupée
Les bateaux comme les filles ça fait bien du chiqué
Mais quand on se fout à l'eau faut savoir naviguer

T'as le coeur comme ces rocs vêtus de Chantilly
Quand la tempête y'a fait un shampooing dans la nuit
Ta maman t'a croché deux ancres aux doigts de chair
Et les lignes de ta main ça se lit au fond de la mer

C'est pas comme en avril en avril soixante-huit
Lochu tu t'en souviens dans ces rues de l'emmerde
On était trois copains au bout de mille nuits
Et le jour qui se pointait afin que rien ne se perde

Quand la mer se ramène avec des étrangers
En Bretagne y'a toujours la crêperie d'à côté
Et un marin qui te file une bonne crêpe en ciment
Tellement il y'a fourré des tonnes de sentiment

Regarde-la ta barre comme de la Pop musique
Ca fait un vrai bordel chez les maquereaux très chics
La mer a ses anglais avec le drapeau noir
On dirait Soixante-huit qui s'en revient du trottoir

Ma maman m'a cousu une gueule de chimpanzé
Si t'as la gueule d'un bar je m'appelle Pépée Ferré

C'est pas comme en avril en avril de mon cul
Dans ce bar adossé au destin de la rue

Et c'est pas comme demain en l'An de l'An Dix mille
Lochu tu t'en souviens c'était beau dans ce temps-là
La mer dans les Soleils avec ou bien sans quille
Un bateau dans les dents des étoiles dans la voix

Et quand on se ramenait avec nos Galaxies
Ca faisait un silence à vous mourir d'envie
Et les soirs d'illusion avec la nuit qui va
Dans Brest et dans Lorient on pleure et on s'en va

Lochu ? L' An Dix mille ... Tu te rappelles ?
Lochu ? L' An Dix mille ...
L'An Dix mille, l'An Dix mille, l'An Dix mille, l'An Dix mille... "

 

La chanson peut être écoutée et visionnée en cliquant ici : link ou là dans une autre version : link

René Lochu explique la chanson de Léo Ferré "LES ETRANGERS" et raconte leur amitié. Merci à  Patrick Clémence (PC56620) pour cette vidéo et cet enregistrement exclusif !!   

Un complément existe ici, en écoute mp3, par là :

http://bit.ly/hgbxjM ou http://www.mediafire.com/?fyc921me4u6yh2m


L'autobiographie de René Lochu "Libertaires, mes compagnons de Brest et d'ailleurs" (préface de Léo Ferré et postface de Maurice Laisant) est toujours disponible auprès des éditions La Digitale (installées à Baye, près de Quimperlé) : http://www.editionsladigitale.com/

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Présentation de René Lochu, selon le dictionnaire international des militants anarchistes

Né dans une caserne — celle du 35e régiment d’artillerie — où son père exerçait comme maréchal-ferrant et où sa mère était cantinière, René Lochu entra, après son Certificat d’études, en apprentissage dans une maison de confection pour hommes et devint ouvrier tailleur. Ce fut au service militaire, qu’il effectua dans la Marine à partir de 1918, que Lochu prit conscience que la discipline militaire lui était insupportable. Il participa, en avril 1919, à l’évacuation d’Odessa par les troupes françaises.

Après son retour à la vie civile, il travailla comme ouvrier tailleur successivement à Vannes, en 1921, puis à Rennes et, à partir de 1923, à Brest où il entra, en 1927, à l’Arsenal comme tailleur de la marine et allait habiter le quartier de Recouvrance.

En 1924, il adhéra au syndicat CGT de l’Habillement et fut à plusieurs reprises délégué de ce syndicat au Comité de Bourse et à l’Union locale.
L’année suivante, il adhéra au groupe anarchiste de Brest dont les principaux militants animaient alors la Maison du Peuple de la ville. Il était aussi trésorier de la section de Brest du Comité de défense sociale animée par le militant libertaire Jules Le Gall et, à ce titre, prit une part très active à la campagne en faveur de Sacco et Vanzetti. A cette époque, il fut également membre de la rédaction du Flambeau, organe du groupe libertaire brestois, qui publia quatre-vingts numéros de juin 1927 à juin 1934 et dont les principaux animateurs étaient René Martin et Jean Treguer.

Pacifiste convaincu, il fut également le secrétaire en 1936 de la section brestoise de la Ligue internationale des combattants de la paix (LICP). En 1937, Lochu fut, avec René Martin et Auguste Le Lann, délégué de Paris de l’Union anarchiste et il milita activement à la SIA (Solidarité internationale antifasciste), notamment en faveur des révolutionnaires espagnols.

Lors de la déclaration de guerre, Lochu diffusa à Brest le tract Paix immédiate qui valut la prison à Louis Lecoin. Il quitta ensuite cette dernière ville plusieurs fois bombardée pour s’installer à Lorient en juillet 1941. Mais les bombardements de janvier 1943 l’obligèrent à trouver un nouveau refuge et il retourna alors à Vannes où il reprit, à partir de 1944, ses activités de militant syndicaliste, anarchiste et libre penseur.
Il ne devait plus alors quitter sa ville natale où sa compagne, Nanette, mourut le 5 avril 1989 et où il décéda peu après le 6 juillet 1989...

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 18:35

Francisco Ferrer pensait que nul n’est méchant volontairement et que tout le mal qui est dans le monde vient de l’ignorance. C’est pourquoi les ignorants l’ont assassiné et l’ignorance criminelle se perpétue encore aujourd’hui à travers de nouvelles et inlassables inquisitions. En face d’elles pourtant, quelques victimes, dont Ferrer, seront toujours vivantes.
-> Albert Camus



Il avait compris qu'une révolution pour être autre chose que la substitution d'une coterie de néo-privilégiés à une classe d'anciens privilégiés plus ou moins exterminés, il fallait que le peuple fût capable de discernement. S'il est des révoltes, des actions sociales contingentes dont Ferrer ne se désintéressait pas plus que ne s'en désintéressent ses disciples, une révolution authentique dépasse ces accidents de l'évolution, elle postule une prise de conscience des hommes, de tous les hommes, par la culture de l'intelligence et de la sensibilité.
-> Charles Auguste Bontemps



Francisco Ferrer était anarchiste dans l'acceptation la plus large et la plus haute ; c'est parce qu'il était subversif qu'il s'attira la haine de tous ceux qui exploitent la crédulité et l'ignorance du peuple.
-> Hem Day


Ephéméride Anarchiste

13 octobre

 



Francisco Ferrer

Le 13 octobre 1909, exécution de Francisco FERRER y GUARDIA à Barcelone.
Libre penseur, militant et pédagogue libertaire.

Né le 10 janvier 1859 à Alella (près de Barcelone), dans une famille de paysans aisés, bien-pensante et cléricale. Après une éducation religieuse, il travaille chez un marchand de draps. Celui-ci, libre penseur, l'initie aux idées nouvelles et l'aide dans ses études. En 1884 il adhère à la Franc-maçonnerie. D'un mariage avec Teresa Sanuarti, il aura quatre filles et un fils.

Le 19 septembre 1886, il prend part à un mouvement de révolte dirigé par le Général républicain Villacampa, destiné à renverser la monarchie. L'insurrection échoue et Ferrer est contraint à l'exil. A Paris, il devient professeur d'espagnol. En 1901, une de ses élèves, Melle Meunier, venant à mourir, lui lègue sa fortune.

Dès lors, il s'attache à la création d'une école laïque et rationaliste libérée de l'emprise de l'église, de l'Etat, des dogmes et des superstitions. Il est secondé dans cette entreprise par Soledad VILLAFRANCA, qui devient sa nouvelle compagne. Ainsi nait "L'Escuela Moderna" de Barcelone, à laquelle s'ajoute une maison d'édition, qui publie journaux (La Huelga General) et revues. Mais Ferrer s'attire la haine de l'église qui détient le monopole de "l'éducation". Le 31 mai 1906, l'attentat de l'anarchiste Mateo MORRAL (contre le roi) sert de prétexte à la police pour perquisitionner l'école moderne où Mateo avait travaillé. Les professeurs sont arrêtés pour "complicité". Après 13 mois de réclusion, Ferrer est jugé le 13 juin 1907 mais, devant l'absence de preuve, il est acquitté.

A Paris, il crée une "Ligue Internationale pour l'éducation rationnelle de l'enfance". En juillet 1909, Ferrer est de passage à Barcelone lorsqu'éclate la grève générale contre l'intervention militaire au Maroc. C'est la "Semaine tragique". La police saisie les dix mille volumes de la librairie, et arrête Francisco le 1er septembre 1909. Rendu responsable de l'insurrection, il est jugé le 9 octobre 1909 par un tribunal militaire qui le condamne à mort, après une parodie de procès. Le 13 octobre il est fusillé dans les fossés de Montjuich, malgré les protestations qui affluent du monde entier.

Mais l'émotion internationale sucitée par son exécution ne restera pas sans échos, et des Ecoles Modernes essaimeront de par le monde (de Suisse jusqu'en Amérique du Nord et du Sud). A noter que de nombreuses rues françaises portent son nom, et que la Ville de Bruxelles lui érigera le 5 novembre 1911 un monument (oeuvre du sculpteur Auguste Puttemans (et non de Robert Gnyslens comme écrit ailleurs)), fruit d'une souscription internationale. A voir également la sculpture d'Emile Derré. Durant la révolution espagnole le nom de F.Ferrer sera donné à la place Urquinaona de Barcelone, mais c'est seulement le 13 octobre 1990 que le Maire de Barcelone inaugurera dans les jardins de Montjuic le monument (copie de celui de Bruxelles) lui rendant hommage, sans toutefois signaler son identité libertaire.

 



Carte postale
"La foule contemplant les vestiges de l'émeute devant l'Ambassade d'Espagne"

Le 13 octobre 1909, au soir, dans de nombreuses capitales et ville d'Europe, se déroulent des manifestations. Une foule immense proteste contre l'exécution de Francisco FERRER. "La foule criait que Ferrer serait vengé, que son oeuvre serait continuée. Elle criait sa haine de l'obscurantisme".

 A Paris, de violents affrontements ont lieu avec la police, devant l'ambassade d'Espagne, des kiosques sont abattus des tramways renversés, des coups de feu claquent, une dizaine de manifestants sont blessés, mais également le préfet Lépine et un agent qui décèdera à l'hôpital. Une nouvelle manifestation de protestation aura lieu le samedi 16 octobre puis le dimanche 17 octobre qui réunira 60 000 personnes.

Des meetings et manifestations auront lieu à Bruxelles, Gand, Anvers, Liège, Londres, Milan, Naples, New York (avec échauffourées à Madison) etc. Drapeau en berne sur l'Hôtel de Ville de Lisbonne, campagne de protestation à Rome, Turin, Vienne, Genève, Prague, Chicago, etc.

En Argentine, un meeting improvisé par la F.O.R.A, réunit 20 000 ouvriers qui appellent à la grève générale, elle sera effective le lendemain et durera jusqu'au 17 octobre.
A Montevideo, (Uruguay) tous les corps de métier abandonnent solennellement le travail.


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Ferrer Francisco (ouverture de l'Escuela moderna)



Bulletin de "l'Ecole Moderne"
Enseignement scientifique et rationnel

Le 8 octobre 1901, à Barcelone, ouverture par le pédagogue libertaire Francisco Ferrer de "l'Escuela Moderna" (l'Ecole Moderne). Fortement influencé par Paul Robin, Francisco Ferrer surmontant de nombreux obstacles ouvre ce jour avec une trentaine d'élèves une école primaire mixte directement inspirée de l'éducation intégrale menée à Cempuis. Trois mois plus tard l'effectif était de 86 élèves. Cette audacieuse réalisation dans un royaume d'Espagne écrasé par la toute puissance de l'Eglise, où la seule coéducation des sexes passait pour une hérésie révolutionnaire, sera la cible des monarchistes cléricaux qui, cherchant un prétexte dans l'attentat de Mateo Morral contre le roi, emprisonneront Francisco Ferrer et fermeront "l'Ecole moderne" en 1906. Mais cette expérience aura eu le temps de marquer les esprits en démontrant qu'une véritable éducation libérée des dogmes et des usages était, non seulement viable, mais essentielle pour le développement libre et harmonieux des individus.



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Ferrer Francisco (arrestation 1er septembre 1909)

Le 1er septembre 1909, Barcelone, faisant suite à la répression de la "Semaine tragique", le pouvoir monarchiste appuyé par les autorités ecclésiastiques, après avoir décrété l'Etat de siège et fermé les écoles laïques, fait arrêter le pédagogue libertaire et libre penseur Francisco FERRER. Accusé sans aucune preuve (voir procès du 9 octobre) d'être l'instigateur de la "Semaine tragique", il sera fusillé le 13 octobre, malgré la réprobation internationale.



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Ferrer Francisco ( procès, 9 octobre 1909)




Francisco Ferrer devant un Conseil de guerre à Barcelone

Le 9 octobre 1909, à l'intérieur de la prison Modelo à Barcelone, Francisco Ferrer est jugé par une Cour Martiale, pour sa supposé responsabilité dans la semaine tragique. Ce jugement baclé en une journée, obéissant aux ordres de la monarchie cléricale espagnole qui n'a pas digéré l'oeuvre émancipatrice et éducative de Ferrer, coûtera la vie au prévenu, qui sera fusillé dans les fossés de Montjuich le 13 octobre.

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On peut aussi découvrir Francisco Ferrer et son oeuvre, à travers cette émission radio qui lui était consacrée, d'un point de vue franc-maçon (19 min). Ni dieu, ni maître !  Ecoute en MP3 là :
http://bit.ly/gh0J9g ou http://www.mediafire.com/?8dxhsrdd3wxmao4


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Published by anars56 - dans Histoire
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Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
 

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Jeudi 21 septembre - Grève et manifestations contre les Ordonnances Macron et cie... 10h30 Lorient (Bld Cosmao-Dumanoir), Pontivy (la Plaine), Belle-île (le Port) à l'appel de l'intersyndicale Cgt, Fo, Fsu, Solidaires, Unef. IMPORTANT : l'intersyndicale réserve 2 cars au départ de Vannes (9h Place de la Libération) avec un passage par Auray et un car au départ de Ploërmel. Un cortège anticapitaliste et libertaire est aussi prévu sur Lorient à l'initiative d'Alternative libertaire.

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Vendredi 22 septembre - Lorient - Rassemblement de soutien à Laurent Guillou et Stéphane Rouxel ex-salariés de l’entreprise Nutréa-Triskalia, victimes des pesticides - 9h devant le Tribunal des Prud’hommes de Lorient (10 rue Georges Collier). Organisé par le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest

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Dimanche 24 septembre - Vannes - 12h Pique-nique de rentrée proposé par le groupe libertaire René Lochu ! Repas, discussions, jeux, café zapatiste solidaire, table de presse et même livres gratuits... Apportez vos musiques et jeux. Aire de pique-nique dans l'anse, rue Larmor-Gwened. En cas de pluie : repli au kiosque à musique sur l'esplanade du port de Vannes.

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Samedi 23 et dimanche 24 septembre - Muzillac (56) - La bio en fête "Terre en vie" : de 10h à 19h, exposants, animations enfants, forums, débats, concerts…

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Du mardi 26 (18h) au mercredi 27 septembre à 5h du matin - Vannes (et dans d'autres départements de Bretagne et de France) - « Nuits debout devant les abattoirs », organisé par l'association 269 Life libération animale. Abattoir Le Floc'h. S'inscrire et bien prendre en compte les consignes.

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Du vendredi 29 septembre au dimanche 1er octobre - Theix-Noyalo (56) - Festival "FESTI’NOMADE". Evénement culturel, citoyen, militant autour des modes d'habitats alternatifs, légers, nomades en général et leur intégration au sein du nouveau quartier de Brestivan à Theix (56). 3 journées de rencontres, d’échanges, de conférences, spectacles vivants, films et concerts. Organisées en collaboration avec l'association ANTILABE et l'association HALEM. Lieu : alter quartier de Brestivan

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Samedi 30 septembre - Saint-Lô (Manche) - Manifestation contre le réacteur nucléaire EPR en construction (avec une multitudes d'anomalies graves) à Flamanville. Départs en car : Quimper, Quimperlé, Lorient, Auray, Vannes, Ploërmel... http://www.stop-nucleaire56.org/

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Mercredi 4 octobre - Questembert (56) - 20h00 Soirée discussion "La gestion par les normes au service de l’industrialisation de l’agriculture : comment y résister ?", en présence de Yannick Ogor, auteur du livre « Le paysan impossible ». Centre Alan Meur. Entrée libre mais participation pour les frais d’organisation. Organisée par la Marmite

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Samedi 7 octobre - Josselin (56) - 5ème journée de la transition au Centre Culturel. Thème « Les circuits courts ». Forum associatif, espace de gratuité, projection de film, table ronde et débat, des animations autour d’alternatives (four solaire, poêle rocket, marmite norvégienne, climatiseur sans énergie), soupe aux cailloux, repas partagé le soir, stands en lien avec la résilience et la décroissance. Prise de son par la radio Plum’ FM

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Dimanche 8 octobre - Riantec (56) - Pique-nique végétalien / vegan à partir de 12h à la plage de l'Ile de Kerner. Chacun-e apporte une préparation végétale qui est mise en commun. Table de presse : revues, tracts sur les droits des animaux, les aspects éthiques, sanitaires, écologiques et sociaux de la production / consommation de chair animale. Infos : veg56@net-c.fr

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Vendredi 13 et Samedi 14 octobre - Vannes - L'Association France Palestine Solidarité 56 fête ses 15 Ans.
Vendredi : « Concert pour La Paix » au Jam Session, 4 place Bir Hakeim
Samedi (Centre socio-culturel Henri Matisse) : 14h « On récolte ce que l'on sème », film documentaire suivi d'un débat en présence du réalisateur palestinien Alaa Ashkar. Entrée libre et gratuite. 16h Goûter Palestinien (Thé, café, pâtisseries en vente sur place). 17h  « Chroniques de Gaza mai-juin 2016 », conférence-débat animée par Sarah Katz et Pierre Stambul de l'Union Juive française pour la Paix. 19h soirée festive Palestinienne (Buffet Palestinien accompagné par un spectacle de la troupe de dabké « Palestine ». Transmettre l’histoire et la culture de la Palestine à travers la Dabké, la danse folklorique palestinienne) - 15€  (repas et animations) – Réservations : 06.11.02.83.74 ou afps56@hotmail.fr

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Samedi 14 et dimanche 15 octobre - Rochefort en Terre, café de la Pente (56) - Des alternatives à la psychiatrie : atelier, débat, projection, rencontre. Partage d’expériences et de ressources avec des survivant.es du système de santé mentale. Animé par Gaëlle, Lise et Miran.
Samedi : 18h - Projection de Healing Voices (documentaire 2016), suivi d’un repas « auberge espagnole » avec une présentation-discussion autour du mouvement des entendeurs de voix.
Dimanche : 10h - Atelier, partage de savoirs-ressources pour faire face aux crises ou aux détresses psycho-émotionnelles. 13h repas « auberge espagnole ». 14h30 - Atelier de co-écoute : Se libérer du système de santé mentale

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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