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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 21:10

SolidariteNDDLweb-3-4c7ce.jpgLa ZAD débarque sur la place publique à Vannes !

 

Pour les opposant-e-s morbihannais-es à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44), le RDV était organisé à 9h30, à Vannes, devant le parking Vinci de la place de la République, près de la poste. Nous avons pu constater qu'un premier affichage anti-aéroport et de soutien aux expulsé-e-s avait eu lieu la veille.

Par l'action d'une quarantaine de personnes, vers 10h, le parking de Vinci (groupe privé chargé de construire puis gérer l'aéroport) est soudainement devenu gratuit, à l'une des entrées : la barrière est étonnament restée bloquée en l'air et les machines de paiement ne fonctionnaient bizarrement plus (comme si quelqu'un y avait glissé quelque chose empêchant qu'on y indroduise une carte bancaire ou même de la monnaie...). L'aubaine était belle pour les automobilistes... y compris pour certain-e-s favorables à cet aéroport ! Une banderole fut déployée, des centaines de tracts distribués, des pétitions signées : à Vannes, il y a tout de même une majorité de personnes qui refusent ce foutu aéroport qui artificialiserait près de 2000 ha de bocages et zones humides ! Au bout d'un certain temps, c'est tout le parking qui fut rendu totalement gratuit. Pas de flics en unifomes en vue, juste les RG... Les journalistes présents ont signalé que les consignes de leur direction étaient de traiter a minima ce sujet. Pas croyable, on ne s'en était pas rendu compte...

 

Les Indigné-e-s ont mené de leur côté leur déambulation en zombies contre la finance et contre le plan d'austérité. Ils nous ont rejoint-e-s en criant "Vinci dégage : résistance et sabotage" ou "P comme pourris et S comme salauds, à bas le Parti Socialo" et d'autres slogans du même tonneau, agréables à nos oreilles. Dans certaines banques de la place vannetaise où ils ont pénétré, ils et elles ont réalisé une chorégraphie dénonçant l'emprise des banques, tout en distribuant force tracts...

Une matinée militante à Vannes !

 

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Selon Ouest-France du samedi 27 octobre 2012

Vannes. Les opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes manifestent devant le parking Vinci

 

Ce matin, une trentaine d’opposants au futur aéroport Notre-Dame-des-Landes ont manifesté à Vannes.

Ce matin, une trentaine d’opposants au futur aéroport Notre-Dame-des-Landes ont manifesté à Vannes. Postés devant le parking République géré par Vinci, concessionnaire également du futur aéroport, ils ont dénoncé les expulsions par les forces de l’ordre qui ont eu lieu la semaine dernière. Le Collectif 56 en a aussi profité pour distribuer des tracts informant les contribuables morbihannais sur ce que l’aéroport coûtera aux Morbihannais via les investissements réalisés par le conseil général et le conseil régional.

 

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Selon Le Télégramme du 27 octobre 2012

Vannes. Manifestation ce matin contre l'aéroport Notre-Dame des Landes 

Une trentaine d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes (44) manifestent ce samedi matin, place de la République, à Vannes. Ils dénoncent notamment les expulsions en cours sur le site. Des tracts sont distribués aux passants.
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Selon le Télégramme du 28 octobre 2012 : 

Aéroport Notre-Dame des Landes. «Vinci nous envahit»

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Une trentaine d'opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des- Landes (44) se sont retrouvés hier matin, place de la République, devant le parking exploité par Vinci, concessionnaire du futur aéroport. «Vinci nous envahit», ont clamé les manifestants, qui estiment qu'il n'y a «pas besoin d'un nouvel aéroport en Bretagne» et qui dénoncent «la destruction de 2.000 hectares de terres agricoles et de zones humides, sur l'un des principaux bassins laitiers de la région». Ils ont distribué des tracts aux passants et aux automobilistes, pour soutenir les 150 opposants qui occupent depuis trois ans les maisons expropriées sur le site, et qui sont menacés d'expulsion.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 18:54
A la foire bio de Muzillac (Morbihan), les 29 et 30 septembre 2012, était invitée la courageuse pourfendeuse de la multinationale Monsanto, Marie-Monique Robin, pour son excellent documentaire "Notre poison quotidien". Dans ce film, elle questionne et dénonce l'industrie des pesticides et du plastique pour la dangerosité de ces produits sur notre santé. Elle ne manque pas non plus de mettre en lumière les institutions internationales, européennes et françaises pour leur connivence avec les industriels de la chimie. A la tribune, elle était accompagnée par Joël Labbé, sénateur du Morbihan affilié à Europe Ecologie Les Verts (EELV), ancien Conseiller général du Canton d'Elven, et toujours maire de Saint-Nolff.

Connu pour certains engagements écologistes (anti OGM, Parc naturel régional...), notre sénateur EELV a fait part des difficultés qu'il rencontrait à convaincre les sénateurs adhérents d'autres partis politiques de l'intérêt de combattre les pesticides. C'est que les lobbies (les capitalistes) sont actifs et tous les politicards qui pioncent au Sénat n'oublient pas pour autant, lors de leur période d'éveil, de défendre les intérêts du Capital. Au cours de ce débat, Marie-Monique Robin et lui-même nous ont fait part d'un autre dossier à l'étude au Sénat : celui de l'interdiction (ou non) du bisphénol A... substance particulièrement dangereuse pour les humains, mais plus spécialement pour les nourrissons et enfants. Notre sénateur EELV était bien sûr déterminé sur ce dossier.

Or le Canard Enchaîné du 17 octobre 2012 nous apprend dans son article "Bons baisers des écolos" :

"Onze des douze sénateurs écologistes sont-ils encore... écologistes ? Le 4 octobre, lors de la discussion du projet de loi sur l'interdiction de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A, certains sénateurs présents en commission des affaires sociales ont eu la surprise de voir leurs collègues écologistes soutenir un drôle d'amendement.
Cet amendement défendu par le gouvernement spécifie que l'interdiction du bisphénol A n'entrera en vigueur que le 1er janvier 2015. Rappelons que l'Assemblée de droite avait voté, en 2011, un retrait total du bisphénol A pour le... 1er janvier 2014. Le Sénat a donc décidé d'accorder un sursis supplémentaire d'un an aux entreprises françaises. Et ce avec la bénédiction des écolos...
Explication : soucieux de faire oublier leur défection sur le vote du traité budgétaire, les bouillants Verts se sont montrés bien dociles avec leur grand allié PS sur un sujet qu'ils défendent pourtant bec et ongles dans d'autres occasions (...)."

Naïvement, après l'avoir entendu à Muzillac, nous nous attendions à ce que le sénateur morbihannais Joël Labbé serait celui qui n'a pas voté ce sursis au bisphénol A et donc aux industriels de la chimie qui nous bousillent la santé. Or, le Canard enchaîné finit de nous enlever toutes nos illusions (ironie) :

"Seule la sénatrice verte Leila Aïchi, saisie par les ONG, s'est insurgée contre ce vote en défendant en séance, le 9 octobre, un amendement rétablissant la date de 2014. Son texte a été repoussé."

Mais, ce n'est pas fini, les sénateurs EELV se roulent littéralement dans une boue chargée de perturbateurs endocriniens : "Vilipendée pas ses collègues sénateurs, Leila Aïchi a été accusée par le président du groupe, Jean-Vincent Placé, d'avoir provoqué des "cafouillages qui n'ont pas grandi (notre) image.""
 
La discipline de Parti, c'est-à-dire le renoncement à ses propres convictions, est une caractéristique fort commune à tous les partis politiques, organisations hiérarchiques. Les institutions mises en place par la société de classes et son Etat, c'est-à-dire la pseudo démocratie, ne sont pas les lieux où vont s'épanouir les idées neuves et émancipatrices mais au contraire où vont s'échouer les plus sincères (à de très rares exceptions qui ne changent pas la face de l'oppression de classe). Ainsi sont-elles faites !
 
"Le Pouvoir est maudit, c'est pour cela que je suis anarchiste", constatait déjà Louise Michel après la dérive autoritaire et l'échec du Comité de salut public de la Commune de Paris (1871).
 
Remarquons aussi que lorsqu’ils sont « marqués à la culotte » par les associations militantes, les élu-e-s ont moins tendance à déraper… A méditer peut-être ?!
 
Concernant EELV, nous citerons pour conclure un connaisseur à la fois de ce parti et du fourvoiement... qu'il a pratiqué lui-même en quittant l'anarchisme de ses jeunes années pour s'avachir rapidement et de plus en plus profondément dans le libéralisme bourgeois.

Ainsi, Daniel Cohn-Bendit, dans un entretien paru vendredi 22 juin 2012 dans Libération et cité par Le Monde, constate : "On existe à l'Assemblée, au Sénat et au gouvernement, mais plus dans la société. Nos succès institutionnels ne sont pas accompagnés, bien au contraire, d'une dynamique citoyenne. Notre image est devenue détestable. Nous avons échoué là où on voulait redonner espoir en faisant de la politique autrement. Aujourd'hui, nous incarnons souvent l'insoutenable légèreté de l'arrivisme."
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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 21:00

Intervention du 10 octobre 2012

On reproche souvent aux anarchistes d’être anticapitalistes, anti-étatistes, anti-religieux, antimilitaristes… ; bref, anti-tout. En fait, c’est normal, vu qu’il n’y a rien de bien. Ce que l’on sait moins, c’est qu’ils et elles sont capables de construire, l’Histoire le montre : des Bourses du Travail, des athénées (c’est-à-dire des universités populaires), des bibliothèques, des cours du soir, des formations, des structures autogérées…). Une « obscure besogne » que les médias ne relaieront pas… sauf s’il y a de la violence.

L’expérience la plus significative reste la révolution espagnole, commencée en juillet 36, et au cours de laquelle 20 000 entreprises industrielles ou commerciales ont été expropriées et gérées directement par les travailleurs, dans tous les secteurs (transports, métallurgie, textile, eau, gaz, électricité…). C’est dans le domaine agraire que la collectivisation a été la plus achevée : abolition de la monnaie, remaniement des limites communales, entraide entre collectivités riches et pauvres, égalisation des rémunérations, mise en commun des outils et des récoltes. Le peuple espagnol résistera jusqu’en mars 39 à la coalition de la réaction et du fascisme européen.

Parce qu’effectivement, les anarchistes ont un projet de société, non pas une société clés en main, non pas une doctrine rigide, ce qui serait vite taxé de totalitarisme, mais au moins dans les grandes lignes. Or cette société n’aurait rien à voir avec celle que l’on connaît – ou plutôt que l’on subit – aujourd’hui. Un autre monde est possible, mais pas celui véhiculé par le réformisme. Si l’anarchisme est une utopie, c’est seulement parce que l’Homme n’a pas encore su jusqu’à présent mettre en œuvre cette société. Comme disait Théodore Monod, l’utopie n’est pas l’irréalisable mais l’irréalisé.

Le capitalisme se caractérisant principalement par deux aspects, il y aura deux points.

1 – La première caractéristique est la propriété privée des moyens de production et de distribution qui permet l’exploitation de la force de travail des salariés. Par le biais du syndicalisme, les anarchistes s’inscrivent dans les luttes pour préserver ou améliorer les salaires et les conditions de travail. Mais par définition, la justice sociale et l’égalité économique sont rigoureusement impossibles dans un système où la minorité possédante impose sa loi par la force. Et tant qu’il n’y a pas d’égalité économique, l’égalité politique n’est qu’un leurre.

C’est pourquoi nous proposons la gestion directe de l’économie, la prise en mains par la population de ses propres affaires. A partir d’expérimentations sociales en rupture avec les structures autoritaires et hiérarchiques : coopératives, mutuelles, communautés, milieux libres… C’est-à-dire une organisation sociale qui s’appuie sur l’entraide au lieu de la charité, la solidarité à la place de l’exclusion, l’autogestion contre l’exploitation, le fédéralisme contre le centralisme étatique.

Mais si on devait se contenter de socialiser les moyens de production sans remettre en cause la finalité de cette production, sa nature, son volume, l’avenir ne serait guère plus enthousiasmant. Fabriquer des produits de luxe, des gadgets, du jetable ou gérer des usines d’armements ne devrait pas fasciner grand-monde. Ce qui pose le problème de la défense de l’emploi dans une autre perspective, sortant du cadre strictement économique, ce qu’on peut appeler globalement « qualité de vie ». Or moins d’un Français sur quatre serait heureux dans son travail.

Peut-on en effet défendre l’emploi, ou même sauvegarder un groupe industriel, sans une réflexion autour des conséquences de la production sur l’environnement (pollution, gaspillage des ressources) et sur la santé des populations (accidents du travail, maladies professionnelles) ? Par exemple dans l’agroalimentaire, les industries chimique et automobile, le nucléaire.

Peut-on être hostile aux quotas de pêche quand on sait que 75% des zones de pêche sur la planète sont soit exploitées à leur maximum soit surexploitées, c’est-à-dire quand les pêcheurs détruisent leur outil de travail ?

Peut-on ignorer que si des emplois sont créés dans les pays industrialisés, c’est parce que d’autres sont détruits dans les pays pauvres à cause des exportations qui ruinent leurs économies vivrières ? Peut-on continuer à fermer les yeux sur les conditions d’extraction du pétrole et autres matières premières au prétexte que nous avons des réservoirs à remplir ? Peut-on sans cesse remettre à demain un débat de fond qui aurait dû avoir lieu il y a déjà un demi-siècle ? Et si, au contraire, on s’attachait à mener une lutte pour un travail socialement utile, c’est-à-dire s’interroger sur le sens de la production, dans la solidarité internationale, dans la convergence des luttes écologiques et sociales. Ce qui aboutira nécessairement à de nombreuses reconversions. Parce qu’on ne peut plus continuer à produire n’importe quoi n’importe où n’importe comment. Et avec un ministère du redressement productif, c’est mal barré.

2 – On arrive ainsi à la deuxième caractéristique du capitalisme : le type de société qu’il a construit, c’est-à-dire une production et une consommation de masse, fondées sur une fuite en avant technologique, avec les conséquences humaines, sociales, écologiques que l’on connaît : les atteintes à la santé physique et mentale des populations, le mal-être généralisé, le désastre écologique dû à la croissance économique dont le capitalisme a besoin pour survivre, croissance qu’il n’est pourtant plus possible de soutenir puisque nous prélevons déjà les ressources naturelles plus rapidement qu’elles ne se reconstituent. Nous sommes la première génération dans l’Histoire à transmettre à ses descendants un héritage moins favorable que celui qu’elle a reçu (ce n’est pas sombrer dans le jeunisme que de l’affirmer). Nous vivons au-dessus de nos moyens ; ça ne saurait durer très longtemps.

En Mai 68, sur les murs de Paris, on pouvait lire de nombreuses inscriptions (slogans, pensées, poèmes…). Et parmi celles-ci, deux phrases : ° « Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui » ; ° « L’ensemble des travailleurs doit choisir ce qu’il veut consommer pour savoir ce qu’il doit produire ».

Or Mai 68 préfigure la société telle que la conçoivent les anarchistes. Intervenant dans une économie en expansion, mais où se fait cruellement sentir l’absence de projet, d’idéal, Mai 68 n’est pas seulement la défense de l’emploi ou du bulletin de paie, mais aussi une critique de la vie quotidienne, une invitation à reconquérir l’espace et le temps, à ne plus vivre par procuration. Ce n’est pas une répétition de 1789, 1848 ou même 1936. C’est une gigantesque aspiration à la liberté qui va mettre, en vrac, sur la scène publique des thèmes, des revendications chères aux libertaires : le sentiment d’impuissance à maîtriser les conditions de sa propre vie, la bureaucratie qui réclame contrôle de soi, discipline, obéissance et soumission, le mal de vivre d’une génération à qui l’hyperconsommation matérielle n’apporte pas le bonheur, l’atomisation et la mécanisation de la vie urbaine, l’absurdité d’une vie consacrée au travail (métro-boulot-télé-dodo), les multiples méfaits du capitalisme, la corruption de la classe politique, l’illégitimité d’un pouvoir confisqué par un ensemble de spécialistes auto-proclamés, la division dirigeants-exécutants…

Ce qui est vivement ressenti, c’est que le développement économique produit du sous-développement humain, affectif, intellectuel, éthique, et que le progrès scientifique porte en lui des possibilités d’asservissement et de mort. Après des années de pseudo-certitudes, le doute s’est installé. Si le portable se généralise aussi rapidement, c’est parce qu’il permet en partie d’atténuer un sentiment de solitude (ne vaudrait-il pas mieux faciliter de vraies relations sociales ?). Et si la société place le bonheur sous le signe de l’évasion (notamment par l’omniprésence de la voiture), c’est bien parce qu’elle est devenue invivable. L’Homme pourra-t-il ne vivre qu’avec des prothèses ?

Avec tous ses excès inévitables, Mai 68 aura permis des questionnements salutaires et des remises en cause du système et de ses valeurs dominantes, désacralisé l’autorité, mis l’imagination au pouvoir contre un avenir sans surprise, la créativité contre la société du spectacle. Soumettant tous les thèmes à la critique (épanouissement de l’individu, loisirs, sexualité, consommation, cadre de vie…), ce séisme va faire naître, ou réapparaître, ce qu’on appelle les « nouveaux mouvements sociaux » (féminisme, antimilitarisme, écologisme, luttes urbaines, contre-culture, pédagogie antiautoritaire, antipsychiatrie, immigrés, mouvements des « sans » : logis, emploi, papiers…).

Cette période féconde aura aussi permis d’expérimenter de nombreuses pratiques libertaires : la démocratie directe, les débats, les assemblées générales, les rapports, les rédactions et distributions de tracts, les actions illégales, et surtout peut-être d’entrevoir que l’on peut inverser un rapport de forces : dix millions de grévistes ont fait vaciller le pouvoir. Il a fallu des élections pour que tout rentre dans l’ordre.

Alors quand on observe la réalité du plus grand nombre aujourd’hui, dans un contexte économique désastreux, avec une rigueur, une austérité qualifiées d’historiques, on ne peut que s’interroger : comment a-t-on pu passer de l’enthousiasme au désenchantement, de la passion de vivre à la résignation, de la parole libérée au silence des pantoufles, de la contestation au conformisme, du combat social au « réalisme économique », de l’engagement à la démission ?

De nombreux facteurs interviennent dans ce changement : les désillusions de beaucoup après la terreur stalinienne ou le règne de Mao, le brusque retournement du climat intellectuel de la fin des années 70 et des années 80 avec l’idéologie libérale, la brutalité de la mondialisation qui transforme la planète en un immense marché livré à la concurrence, l’abrutissement médiatique et consumériste qui anéantit tout désir d’autonomie, la trahison des gouvernements « socialistes » ou encore l’accompagnement des bureaucraties syndicales.

Mais ces facteurs n’expliquent pas tout. Les dirigeants tirent leur pouvoir de l’adhésion des populations à la société capitaliste moderne, à la course à la consommation, par peur de la liberté, de la responsabilité, de l’initiative.

Le premier remède est donc l’énergie, la détermination. Tempérer le pessimisme de la lucidité par l’optimisme de la volonté. Si Mai 68 a été une révolution seulement ébauchée, il nous appartient aujourd’hui de la terminer. Or la seule façon de détruire radicalement un type d’organisation, c’est de la remplacer immédiatement par des structures différentes. D’où l’intérêt de développer ce qu’on appelle des « alternatives en actes », du type AMAP, groupements d’achats, coopératives, structures autogérées…

Le deuxième remède, c’est l’organisation : si le capitalisme est triomphant (au moins jusqu’à présent), c’est parce qu’il est hyper-organisé. La transformation radicale de la société exige qu’on définisse d’abord des objectifs, et ensuite des moyens :

  ° l’élection et la révocabilité de tout délégué à toute responsabilité particulière ;

  ° le mandat impératif ;

  ° la coordination des activités ;

  ° la circulation permanente de l’information et des idées ;

  ° la pluralité et la diversité des opinions et des tendances.

Ce sont les conditions indispensables à l’émancipation de l’Homme. Si on n’y parvient pas, l’alternative s’appellera barbarie.

Intervention de Jean-Pierre Tertrais au meeting de rue proposé par le groupe La Sociale (Fédération Anarchiste – Rennes), le 10 octobre 2012

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 20:51

16102012037.jpgToutes les nouvelles de la résistance face à l'expulsion de la ZAD à Notre-Dame-Des-Landes (44) sont consultables en ligne sur ce lien (infos mises à jour tous les quarts d'heure !). Beaucoup de photos aussi peuvent y être consultées (celles qui illustrent cet article sont reprises à Breizhistance.)


Une initiative est déjà annoncée pour le 4ème samedi suivant l'expulsion (en principe le 10 novembre), cf. affiche ci-dessous.

 

16102012030.jpgDevant la préfecture de Vannes, hier, mardi 16 octobre, à 10h30, selon le copain du groupe Lochu qui y était, à l'appel de la Confédération paysanne, une trentaine de personnes ont protesté contre cette lamentable répression de l'Etat PS-EELV (P comme pourris, S comme salauds), au service du capital (en l'occurrence le groupe Vinci).

 

A Vannes, c'est lundi prochain (22 octobre), au café l'Eloge de la lenteur, que se réunit le collectif 56 opposé à l'aéroport de NDDL pour échanger les dernières infos et élaborer une riposte.

retour-nddl.PNG

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 15:10

Selon le site des occupant-e-s et habitant-e-s de la ZAD (Zone à défendre face au projet d'aéroport d Notre-Dame-des-Landes) :

 

Plusieurs sources laissent penser que des expulsions sont imminentes. Nous avons eu vent d’une première vague d’expulsion pour le mardi 16 octobre à l’aube. Nous avons eu des informations précises telles que le lieu d’hébergement des troupes mobilisées, l’itinéraire prévu pour rejoindre la zone, l’effectif engagé, soit 500 gendarmes. Cette première vague devrait concerner les maisons déjà expulsables ainsi que les cabanes. Une seconde vague devrait suivre une dizaine de jours plus tard., visant cette fois les cabanes dans les arbres et 3 maisons, la Sécherie, les Rosiers et la Saulce, dont l’huissier a choisi en août d’avancer la date d’expulsabilité, la passant du 15 novembre au 27 octobre.

 

Depuis plusieurs semaines des équipes de police se sont déplacées sur la ZAD pour faire des repérages préparatifs, comme mesurer la hauteur des cabanes dans les forêts par exemple. Des équipes en civils se déplacent actuellement, certaines dans des véhicules immatriculés dans la région parisienne. Mardi dernier (9 octobre) le dernier squat de Grands Champs a été expulsé à l’aide d’un impressionnant dispositif policier. Cette semaine encore les dispositifs de sécurité ont été renforcés devant le Conseil Général, le Tribunal de Nantes et d’autres lieux stratégiques, les contrôles routiers se sont quant à eux multipliés sur et autour de la ZAD. La presse reconnaît d’ailleurs que le dispositif pourrait en réalité cacher une opération en préparation contre la ZAD.

 

Nous nous tenons prêts.

 

Un appel a été publié appelant les groupes et individus souhaitant s’inscrire en solidarité avec la lutte ici à effectuer des actions décentralisées (voir zad.nadir.org). Toutes les initiatives sont et seront les bienvenues.

(Note Anars 56 : il y a également un appel à la résistance "des opposant-e-s à l'aéroport extérieurs à la ZAD")

 

Les personnes souhaitant venir sur la ZAD sont invitées à s’organiser en conséquence : être conscientes de l’urgence dans laquelle nous allons être, prévoir au maximum de quoi être autonome.

Nous nous préparons logistiquement contre les expulsions, nous appelons les amiEs d’ici et d’ailleurs, voisinEs, à venir nous soutenir.

 

Dans tous les cas vous pouvez suivre les évolutions sur le site de la ZAD.

 

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Pour soutenir :

 

Venez habiter et lutter avec nous ! Nous sommes ici, nous refusons de perdre.

 

Cet appel a été rédigé par des occupantEs / habitantEs de la ZAD

 

En post scriptum nous voudrions rappeler qu’il y a d’autres formes de soutien possible :

- il est possible de cibler Vinci là où il est (à peu près partout !), de mener des actions décentralisées et de nous en tenir informé.
- une manifestation de réoccupation est prévue en réponse aux probables expulsions à venir : tenez vous prêtEs à nous rejoindre !
- Restez informé-e en suivant les sites : https://zad.nadir.org, http://nddlagirdesobeir.noblogs.org et http://acipa.free.fr Vous pouvez nous écrire à zad@riseup.net et vous inscrire à notre lettre de diffusion sur le site ZAD (rubrique accès et contact)

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 20:19

 

Le mouvement japonais, dit « révolution des hortensias », qui s’oppose au nucléaire et se mobilise chaque semaine, organise un temps fort ce week-end des 13-14 octobre, ne se satisfaisant pas de la position de leur gouvernement lié aux opérateurs atomiques privés, de relancer le « mix énergétique », incluant le nucléaire jusqu’en 2040… En écho, les antinucléaires d'ici se donnent rendez-vous samedi 13 octobre lors de huit manifestations décentralisées sur le sol du pays le plus nucléarisé du monde et grand promoteur de la chose atomique… et de ses gros sous... dont nombre d'entreprises privées profitent. Si Lille, Metz, Strasbourg, Lyon, Narbonne et Bordeaux sont de la partie, regardons de plus près celles de Paris et surtout celle de Laval.

 

A Paris, il y a deux rendez-vous… signe d’une certaine désunion dans le mouvement antinucléaire. Pour les uns, les partisans de l’arrêt immédiat et définitif du nucléaire civil et militaire, il s’agit de se retrouver devant l’ambassade du Japon sur une base sans ambiguïté et cohérente : « Non au redémarrage du nucléaire au Japon, arrêt partout ailleurs »… et donc pas seulement en France et au Japon, tant nous sommes tous concernés si un accident majeur se produit sur un des sites de la planète. Les autres, regroupés autour du réseau Sortir du nucléaire, se retrouvent Place de la Bastille avec pour mot d’ordre « la révolution énergétique, c’est maintenant »… Ce qui peut signifier se positionner pour un arrêt seulement progressif des réacteurs, étalé sur quelques décennies... ce qui laisse une fenêtre de tir (si l'on ose dire !) pour que se produise une catastrophe. Apprécions tout de même l’expression « révolution énergétique » plus radicale que la position du gouvernement PS-EELV d’une simple « transition énergétique », comprendre qui ménage les intérêts du Capital, le temps que les capitalistes aient suffisamment développé d’alternatives lucratives de toutes sortes (renouvelables ou non).

 

Mais le gros morceau sera indubitablement Laval qui entend mobiliser tout le « grand ouest ». La Mayenne n’a pas été choisie au hasard par le réseau Sortir du nucléaire, car c’est là que doit s’achever la ligne THT (très haute tension) Cotentin-Maine qui part du réacteur EPR en construction à Flamanville. La ligne THT est le maillon faible de l’industrie nucléaire. De fait, un document confidentiel d’EDF paru en avril 1983 précise « Lorsque les écologistes militants, qui sont aujourd'hui axés sur le nucléaire, prendront dans leur collimateur les lignes HT, la situation risque d'être grave, car si l'on peut protéger les centrales nucléaires par des barbelés et éventuellement des pelotons de CRS, ce n'est pas le cas des pylônes. » La voie à suivre nous est indiquée ! Les déboulonneurs de pylônes s’inscrivent dans cette perspective. Les pouvoirs publics se focalisent d’ailleurs contre ces militants et militantes, n’hésitant pas à les présenter comme des casseurs auprès de l’opinion publique et à les réprimer violemment (Chefresne en juin dernier), trouvant une oreille complaisante dans nombre de médias…


Il y a une dizaine d'années, alors qu'une opposition vive se faisait jour en Mayenne contre la ligne THT, y compris parmi de nombreux conseils municipaux, l'usure, les pressions et la manne financière proposée par RTE (c'est-à-dire l'achat des élus) ont eu raison presque à 100 % de cette résistance. Aussi n'est-il pas impertinent de concentrer des forces à Laval. Les revendications sont multiples : arrêt immédiat des chantiers EPR et THT, fermeture des réacteurs vieillissants (ceux qui dépassent les 30 ans de vie, durée pour laquelle ils avaient été conçus...), arrêt du projet ITER, arrêt de la fabrication du combustible MOX, du « retraitement » des déchets à La Hague, des projets d’enfouissement de déchets radioactifs.

 

laval.jpgBien que non associés (volontairement ?) à la préparation assez tardive de cette mobilisation, les anticapitalistes et libertaires s'invitent à ce rassemblement pour rappeler la nécessité de l'arrêt immédiat. Ce mot d'ordre clair nous épargne d'établir une liste alambiquée et hiérarchisée de priorités, comme peut l'être le « catalogue » de Sortir du nucléaire... avec le risque qu'une exigence soit au mieux satisfaite, sauvant la face d'un certain parti de gouvernement mais permettant aux autres problèmes de continuer. D'autant que d’un point de vue technique, un réacteur « récent » peut être plus dangereux qu’un réacteur de 30 ans (par exemple Civaux mis en service en 1997).

 

Or, outre ses coûts démesurés et constamment sous-estimés (notamment le démantèlement et le traitement des déchets toujours insolubles), « même en fonctionnement ''régulier'', toutes les installations nucléaires sont autorisées à rejeter des particules radioactives qui portent gravement atteinte à la santé des travailleurs et des populations, même très lointaines » (…) « Depuis l’extraction de l’uranium jusqu’aux déchets radioactifs, la pollution de l’air, des sols et des eaux est omniprésente. » (extrait du tract de Sortir du nucléaire). Comment peut-on faire un tel constat et s'arc-bouter sur un arrêt progressif des réacteurs ?

 

Les victimes de Tchernobyl, de Fukushima, d'Hiroshima, de Nagasaki, des essais nucléaires sont déjà de trop.


L'arrêt immédiat est possible techniquement. Sa rapidité de mise en œuvre est proportionnelle au niveau de conscience et de volonté de la population... et au rapport de force qu'elle créera face à l'Ėtat. En Bretagne, se constitue d'ailleurs une fédération antinucléaire sur cette base. Nous y reviendrons.


Si contre les grands projets d'aménagement capitaliste du territoire (aéroport de Notre-Dame-des-Landes, nucléaire, lignes à grande vitesse, infrastructures portuaires...), une convergence logique des luttes se constate, la jonction avec les luttes sociales reste à construire.

Il ne faudra malheureusement pas compter sur les grandes confédérations syndicales pour être un appui...

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 14:34

Ce week-end du 13-14 octobre 2012 se profilent de grandes mobilisations antinucléaires en France et au Japon (mouvement "révolution des hostensias"). Pour "l'Ouest", le rendez-vous est à Laval, samedi après-midi.

Pour échauffer nos méninges auparavant, voici une contribution qui retrace l'Histoire mondiale et surtout française du nucléaire militaire et civil et qui plaide pour un "arrêt immédiat". C'est une intervention publique que Roger Belbéoch a donnée à l'île de Groix au café "le bateau ivre"... et que nous reprenons à nos ami-e-s de Groix revolublog (merci à elles et eux !)... et merci à Roger Belbéoch !

 

 

 

 

Deux entretiens d'une durée totale de 147 minutes, réalisés sur l'île de Groix en 2006.

Vous pouvez télécharger et diffuser gratuitement cette vidéo copyleft sans autorisation.

" Mettre fin au danger nucléaire n'est pas un problème technique mais politique qui dépend de l'exigence de la population vis-à-vis de ses élus. "

Roger BELBÉOCH, né en 1928, était physicien, ingénieur ESPCI (Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielles), retraité du CNRS, a travaillé au laboratoire d'Orsay Paris-Sud, spécialiste dans les accélérateurs de particules et la physique des faisceaux de hautes énergies... 40 ans durant, il s'est intéressé aux effets biologiques des rayonnements ionisant à l'origine de ses questions sur les dangers de l'énergie nucléaire. En fin de carrière, sa remise en question du nucléaire et son opposition lui ont valu d'être mis « au placard » durant plus de 2 ans : « J'arrivais tous les matins dans un bureau vide, tiroirs vides, placards vides... C'est là où j'ai le plus lu de romans policiers et autres livres sur le cinéma, etc. … » répondit-il à un interlocuteur nucléocrate, membre du PCF, après la projection de « Sidatomic » sur l'île de Groix, en 1998.

Roger Belbéoch est décédé le 27 décembre 2011, à l'âge de 83 ans.

Il collabora à « La Gazette Nucléaire » du Groupement de Scientifiques pour l'Information sur l'Énergie Nucléaire (GSIEN) dont il a fait partie, ainsi qu'à la Lettre d'Information du Comité Stop Nogent-sur-Seine dont il était membre « radi-actif » !...

Auteur de « TCHERNOBLUES » (2002), et avec sa femme Bella, de « SORTIR DU NUCLÉAIRE c'est possible, AVANT LA CATASTROPHE ! » (1998) – publiés aux éd. L'Esprit Frappeur, toujours édités.

Un texte de Roger intitulé "Miroir aux alouettes ELECTIONS : le piège !" http://www.dissident-media.org/stop_nogent/89_90_election.html

Une brochure Infokiosque de Roger : http://infokiosques.net/spip.php?article922

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 10:58
 

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Aperçu :
La société humaine peut enrichir mais aussi détruire le monde naturel. Le social et le naturel s’interpénètrent constamment, les problèmes écologiques ne peuvent être dissociés des problèmes sociaux. La question fondamentale est : comment reconstruire la société pour rendre harmonieux les rapports entre l’être humain et la nature ?

 
Les négociations sur le climat qui se sont tenues à Durban (Afrique du Sud) en novembre-décembre 2011 ont accouché d’une « feuille de route », une « avancée significative » en langue de bois, un « nouvel échec » en termes réels, puisque même la question cruciale de la déforestation a été quasiment éclipsée. Après l’abandon de la Russie, du Canada et du Japon, les signataires ne représentent plus que le dixième des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). L’avenir est des moins contraignants : 2015 pour aboutir à un accord global en 2020 ! Autant dire, utiliser une brouette pour transporter un hémiplégique à l’hôpital le plus proche !

Alors que le changement climatique semble être plus rapide que prévu, l’œil rivé sur les Bourses mondiales, chacun défend ses intérêts et refuse toute phase de restrictions sur les émissions de GES. Les pays industrialisés reconnaissent du bout des lèvres leur responsabilité historique dans le désastre écologique à l’œuvre depuis plus d’un demi-siècle. Les pays émergents ne veulent pas prendre le risque de réduire leur dynamisme économique. C’est en parfaite connaissance de cause que les élites dirigeantes, toutes tendances confondues, ont créé cette situation. Le dilemme est terrible : aujourd’hui, ou bien on s’acharne à préserver la planète et on torpille l’économie, ou bien on s’active à doper l’économie et on saccage ladite planète ! Ce que résume bien la vice-présidente en charge du développement durable à la Banque mondiale : « Les forêts ne peuvent pas être préservées si les gens ont faim. » Sept milliards d’individus, dont une bonne partie fascinée par la technoscience, était-ce une fatalité ?

Logique de profit, logique de mort

Pendant des millénaires, l’activité productive des humain-e-s, reposant essentiellement sur la cueillette, la chasse, la pêche, puis l’agriculture et l’élevage, s’est discrètement intégrée aux mécanismes de l’écosystème naturel. Tout s’accélère avec la révolution industrielle. Devenant de plus en plus abstraite, la science économique, inséparable de l’histoire du rationalisme occidental, intègre pleinement le dogme mécaniste. Dangereuse illusion d’un savoir qui, tout absorbé à contempler ses équilibres internes, se croit autonome par rapport à la réalité écologique. L’environnement a été subordonné aux besoins de l’activité économique et considéré comme un ensemble de ressources illimitées, les nuisances environnementales se traduisant par des coûts qui ne devaient pas être intégrés dans les calculs, c’est-à-dire « externalisés », donc reportés sur l’ensemble de la société et surtout les générations futures.

Le capitalisme n’a pas seulement réussi à dresser les salariés, les individus les uns contre les autres, il a réduit l’humain à ses deux seules fonctions de travailleur et de consommateur, il a opposé l’humain * à la nature, l’écologie à l’économie. Une économie – et surtout une sphère financière – totalement déconnectée du réel, et qui s’impose comme finalité des conduites individuelles et des décisions collectives. Alors que la gestion des écosystèmes, élaborée depuis des millénaires, ne peut se concevoir que sur le très long terme, la recherche de l’accumulation du profit maximum opère sur le court terme. Alors que la logique du vivant consiste à maximiser des stocks (la biomasse) à partir du rayonnement solaire, l’économie capitaliste maximise des flux marchands en épuisant des stocks naturels. La nature transforme des déchets en ressources (économie cyclique), le capitalisme industriel fait l’inverse (économie linéaire). Alors que les écosystèmes non perturbés se diversifient, accroissant par là-même leur stabilité dans le temps, la gestion humaine, en privilégiant les variétés économiquement performantes, introduit l’uniformisation et l’instabilité. La reproduction du capital n’assure pas celle de la biosphère. C’est-à-dire en définitive une logique du vivant (photosynthèse) contre une logique de mort (marchandise, profit). Il est révélateur qu’un sol « mort » ait plus de « valeur » qu’un sol « vivant » (un espace vaut 10 à 100 fois plus comme terrain à bâtir que comme ensemble naturel !). Par ailleurs, le mode de calcul du PIB ne tient aucun compte de la dépréciation du capital naturel (eau, air, minerais, énergies fossiles, forêts…). Avant l’invention du feu, l’humain primitif ne dépensait que 2 000 à 3 000 kilocalories par jour (pour sa nourriture) ; aujourd’hui l’Européen dépasse 150 000 kilocalories ! Parallèlement, la période de doublement de la population mondiale est d’environ 1 500 ans du néolithique au milieu du XVIIe siècle, contre trente-cinq ans pour la fin du XXe siècle. Une situation explosive !

Nous avons profité, sans les entretenir, des services rendus par les écosystèmes : nourriture, fibres, matériaux, ressources génétiques, épuration des eaux, fixation des sols, pollinisation, beauté des paysages… Nous avons oublié, ou ignoré, que les êtres vivants les plus « ordinaires » – que nous avons souvent qualifiés de « nuisibles » – (animaux, végétaux, mais aussi bactéries, virus, champignons…) assurent ce travail indispensable à notre survie. Nous avons considéré les sols comme des substrats inertes dans lesquels il fallait injecter de l’azote, du phosphate, du potassium. Nous avons bousculé les haies, les talus, refuges des oiseaux et des insectes, parce qu’ils constituaient des obstacles à la rentabilité de la mécanisation. Nous n’avons augmenté la production agricole qu’en utilisant dix à vingt fois plus d’énergie que nos ancêtres, avec par conséquent un rendement énergétique plus faible. Nous avons voulu façonner le monde à un rythme fou, avant de pouvoir comprendre l’ensemble des processus naturels qui régissent les interactions entre les organismes vivants de la biosphère (effets de synergie, de seuil, d’amplification, d’irréversibilité). Bref, nous avons considéré la « civilisation » comme la lutte permanente contre la nature.

Et c’est avec effarement que nous découvrons aujourd’hui qu’aucune disparition d’espèce n’est réellement compensable ; que chaque écosystème est unique, que sa destruction est souvent irréversible, malgré une grande capacité de résilience ; que les mécanismes de la nature sont des systèmes complexes et dynamiques, qui ne se soumettent pas à la modélisation comme des systèmes linéaires. Nous prenons conscience avec stupéfaction que les molécules chimiques empoisonnent les différents milieux de vie, que les stocks d’énergie fossile s’épuisent, que le climat menace de s’emballer, et que les solutions techniques censées résoudre les problèmes que nous avons créés pourraient bien n’être que des mirages. Est-ce si surprenant pour une civilisation qui semble avoir cessé de respecter la vie ?

Coopérer ou périr

Il est plus que temps de repousser les assauts des scientistes arrogants : on peut utiliser le passé sans être passéiste ; on peut s’opposer au progrès aveugle sans s’opposer aveuglément au progrès. Comme l’exprime Dwight Macdonald dans Le socialisme sans le progrès : « La culture d’aujourd’hui est imprégnée par la pensée scientifique, à un degré tel que des individus modérés et rationnels réagissent à la moindre mise en doute du progrès comme un fondamentaliste du Tennessee à qui l’on exposerait les théories de Darwin. » Constatant que les créations humaines tendent de plus en plus à s’affranchir de leurs créateurs, il est plus que temps de se livrer à une « interprétation écologique de l’histoire », de penser la complexité (analyse des relations, approche globale, mise en évidence des niveaux d’organisation, éclairage multidisciplinaire), de réinventer notre rapport à la nature, c’est-à-dire de (re)devenir des observateurs attentifs du monde naturel ; de travailler avec, et non pas contre, cette nature ; de respecter le rythme et les propriétés du vivant ; de rendre compatibles nos modes de production avec les limites de la biosphère ; de retrouver des savoir-faire aujourd’hui disparus ou abandonnés. La « bio-économie » prétend réconcilier deux logiques qui n’auraient jamais dû s’opposer. « La grande mission des individus n’est pas de conquérir la nature par la force mais de coopérer intelligemment et amoureusement avec elle », écrivait Lewis Mumford, philosophe de l’environnement influencé par la pensée politique anarchiste, et en particulier par Élisée Reclus.

La société humaine peut enrichir mais aussi détruire le monde naturel (et il sera plus difficile et plus coûteux de reconstruire la nature que d’élaborer un autre système économique) ; le social et le naturel s’interpénètrent constamment, ainsi les problèmes écologiques ne peuvent être dissociés des problèmes sociaux. La question fondamentale devient donc : comment reconstruire la société pour rendre harmonieux les rapports entre l’être humain et la nature ? Il apparaît évident, comme l’exprime Murray Bookchin, qu’il faille remettre en cause la notion même de domination. Les différentes formes de domination économique et culturelle (entre générations, entre sexes, entre groupes ethniques), l’émergence des hiérarchies, des classes, de l’État ont en effet accéléré la domination de la nature par l’humain.

Accéléré et non créé, car la réalité est probablement plus complexe. D’une part, des sociétés non hiérarchiques ont pu dégrader leur environnement. Contrairement au mythe du bon sauvage vivant en harmonie avec la nature, nos ancêtres cueilleurs-chasseurs ont parfois surexploité jusqu’à l’extinction les populations animales qu’ils traquaient, en l’occurrence la mégafaune, l’ensemble des espèces animales de grande taille. D’autre part, des sociétés hiérarchisées (monde islamique, Extrême-Orient) n’ont pas engagé, comme l’Europe, un processus dynamique de transformation du monde, de croissance économique, c’est-à-dire de détérioration du monde naturel (même si ce n’est plus vrai aujourd’hui, notamment pour la Chine). L’erreur funeste serait de croire, comme la plupart des trotskystes notamment, qu’il suffirait de résoudre la question sociale pour traiter le problème écologique.

Quoi qu’il en soit, si l’humanité veut assurer son avenir, elle devra réinstaurer la primauté du politique sur l’économique, cesser la course à la productivité et la compétition pour le contrôle des ressources, remettre en cause une complexité de l’organisation sociale qui la fragilise, s’attacher à percevoir un intérêt général, à maintenir la diversité mais dans l’unité, à prioriser la couverture des besoins vitaux (alimentation, santé, éducation, culture), les technologies « écologiques », les structures à échelle humaine, à promouvoir la participation, l’engagement, la responsabilité individuelle, la solidarité, la recherche d’un développement qualitatif. Il faut tout autant se méfier d’une idéologie qui exige le sacrifice du présent au profit de l’avenir que d’une société qui condamne ses descendants par des choix irréversibles. Il n’y aura d’avenir que dans l’élévation de l’humain *.
* Par "humain", nous entendons les individus des deux sexes, cela va de soi (note anars 56)
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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 17:22

photos ratsLa conclusion de l'étude du professeur Séralini, sur les rats soumis aux OGM, est révélatrice du mépris des multinationales comme Monsanto et des Etats pour la santé des populations et plus largement pour la faune et la flore. En effet, pour protéger les industries agroalimentaires et pharmaceutiques d'éventuelles poursuites, les lois promulguées par les Etats leur permettent de se couvrir en organisant des tests sur les animaux pour leurs inventions hasardeuses. Séralini a pris au jeu Monsanto en reproduisant les mêmes tests que la multinationale mais sur une durée plus longue, laquelle a révélé des tumeurs et un taux de mortalité anormalement élevé chez les rats. Il est appréciable que la médiatisation très habile d'une étude parmi tant d'autres sur les OGM, alors que le presque totalité de la planète est déjà contaminée par ces mêmes OGM (alimentation animale et humaine, et surtout contamination par diffusion dans l'environnement), bouleverse l'Europe et la puissante multinationale Monsanto. Elle témoigne aussi qu'il ne faut parfois pas grand chose pour déstabiliser ces mastodontes bien peu démocratiques...

 

Toutefois, le cadre juridique taillé sur mesure par les Etats, aux multinationales comme Monsanto, qui oblige à l'expérimentation animale doit être interrogé. Il faut savoir que 10 000 professionnels du lobbying encadrent à Bruxelles 754 députés européens, et que ce sont les dirigeants des firmes multinationales qui rédigent quasiment les textes qui deviendront la loi… Les turpitudes de la société capitaliste et le mensonge de sa pseudo-démocratie et de son Etat sont la cause de l'expérimentation animale... pour gruger une opinion publique bien peu curieuse... sur ce qui est fait en son nom et censé la protéger... Séralini, dans son bouquin "Tous cobayes !" déclare même : "le ministère de la Recherche incite les directeurs de laboratoire à collaborer avec les industriels de façon à financer leurs activités". De fait, Etat et industriels marchent main dans la main.

 

Or, on ne peut guère transposer les résultats d'une expérimentation sur une espèce animale vers d'autres espèces.

Ainsi l'aspirine tue le rat, or elle peut être un anti douleur pour un humain. Le lapin déguste l'amanite phalloïde alors qu'elle est mortelle pour les humains. Le chocolat est toxique pour les chiens et les chats... alors que (on n'en dira pas plus ! ). Les cochons raffolent des glands, alors qu'ils sont déconseillés pour les humains. Le chimpanzé est immunisé contre le virus du SIDA (HIV)... etc...

Effectivement, les résultats de cette étude doivent nous alerter, nous mettre en garde... mais que prouvent-ils pour les êtres humains et pour les autres espèces animales ?

Finalement, que les experts soient affiliés de près ou de loin aux multinationales ou totalement indépendants (ce qui est de plus en plus rare), on ne peut tirer aucune conclusion fiable des expérimentations qu'ils pratiqueront sur les animaux (métabolisme différent selon chaque espèce et donc différent des humains) pour qualifier la dangerosité ou non d'un produit mis sur le marché... En revanche, cette pratique est très lucrative pour les éleveurs d'animaux de laboratoire, pour les dits laboratoires et pour les équarrisseurs...

En soi, l'expérimentation animale (et donc les souffrances infligées aux animaux) n'est-elle pas éthiquement condamnable ?

Et, par ailleurs, rien que le brevetage du vivant (le titre de propriété cher aux capitalistes !) n'est-il pas un argument suffisant pour s'opposer aux OGM ?

 

Resituons justement le contexte dans lequel se sont développés les OGM

 

Les OGM apparaissent dans un contexte particulier. Ils sont à la fois une réponse que l’agriculture capitaliste tente de trouver aux problèmes qu’elle a elle-même créés (pollution des différents milieux aquatiques par les nitrates et les pesticides, épuisement des nappes phréatiques, dégradation des sols, fragilité des animaux d’élevage industriels, obésité...) et qui lui permettra de poursuivre ses pratiques aberrantes, sa fuite en avant, et un nouvel instrument destiné à augmenter la dépendance à la fois des agriculteurs et des consommateurs, permettant le contrôle total de la chaîne alimentaire, du laboratoire à notre assiette. L’enjeu financier est estimé à près de 1000 milliards d’euros.

 

Dans ce texte, tous les aspects du problème ne seront pas abordés (risques pour la santé, dissémination des OGM…), pour nous concentrer sur celui qui nous semble le plus significatif, c’est-à-dire la notion de propriété, qui correspond à l’enjeu économique fondamental. C’est bien le système de production fondé sur la propriété privée qui régit les rapports entre les humains, qui permet des relations de domination et d’exploitation, et qui creuse les inégalités sociales. Qu’il s’agisse de la propriété foncière, des usines, des entreprises, du capital commercial ou financier, des matières premières ou de l’énergie, la concentration du capital (fusions acquisitions) n’est jamais allée aussi loin qu'aujourd'hui.

 

Les firmes biotechnologiques visent le monopole de la production de semences en lançant sur le marché des espèces dont elles détiennent le brevets. C’est la détention de ces brevets qui permet notamment au complexe génético-industriel d’empêcher la souveraineté alimentaire des peuples, d’imposer une technologie dont, visiblement, les populations ne veulent pas. L’objectif plus vaste étant d’imposer le « tout-génétique » comme on aimposé le « tout-nucléaire », à des fins évidentes de contrôle social.

 

Les OGM ne se justifient que par l’existence des droits de propriété intellectuelle qui, à travers le GATT et la Convention sur la biodiversité, favorisent outrageusement les multinationales au détriment des citoyens en général, des paysans du tiers monde en particulier. Ce sont les multinationales qui ont imposé cet accord sur les Droits de Propriété Intellectuelle à l’ensemble des habitants de la planète par la manipulation des gouvernements des pays industriels : il n’y a eu aucune négociation. La possibilité de breveter le vivant le réduit au simple statut de marchandise et accélère la privatisation de ce qui est considéré comme le « patrimoine de l’humanité ». Ce qui permet aux entreprises de biotechnologie de transformer la biodiversité, richesse collective, en propriété privée d’un cercle restreint, de faire main basse sur des millénaires de connaissances indigènes pour commercialiser ensuite ces richesses au prix fort, de se prétendre propriétaires d’une plante comme d’une invention, par le fait d’une seule modification génétique.

 

Ce « commerce illégal du colonialisme moderne », ou cette « biopiraterie », comme certains l’appellent, aurait, et a déjà, des conséquences dramatiques pour les agriculteurs, surtout les plus vulnérables, placés dans une situation de soumission par rapport à leurs fournisseurs, et plus particulièrement pour les pays « en développement », où la plupart des paysans utilisent les semences issues de leurs propres récoltes.

 

Des économies risquent d’être ruinées du fait du remplacement des produits naturels par des produits fabriqués par des transgéniques.

 

 

La disparition des OGM résoudrait-elle le problème de l'agriculture ?

 

Jérémy Rifkin, auteur d’un livre intitulé « le siècle biotech » considère cette course au brevet comme l’aboutissement d’un processus qui a débuté depuis cinq siècles, celui de l’appropriation et de la privatisation des grands écosystèmes (sols, forêts, océans, espace aérien).

 

Le capitalisme s’établit aujourd’hui, grâce au brevetage du vivant, sur la propriété privée des moyens de reproduction. Mais il ne faut pas oublier que ce même capitalisme se fonde d’abord, et toujours, sur la propriété privée des moyens de production, en particulier des terres agricoles. Qu’elle soit le fait de gros propriétaires, des spéculateurs, des banques ou des firmes agroalimentaires.

 

Mais imaginons que le maintien d’une forte pression des consommateurs et des agriculteurs, non pas supprime totalement les OGM, ce qui paraît impossible, mais fasse reculer sensiblement la filière OGM, aura-t-on pour autant résolu le problème de l’agriculture ?

 

Non. La même dynamique d’élimination programmée des petites exploitations continuerait après les OGM, comme elle jouait avant les OGM, et comme elle joue actuellement. En France, chaque année, des centaines d’exploitations continuent à disparaître parce que la concentration des terres et du capital est inhérente à ce système.

 

ogm2009.jpgLe plus important n’est vraisemblablement pas les OGM, mais l’accélération provoquée par la dynamique capitaliste, dynamique qui poussera ceux qui l’entretiennent aux pires atrocités.

 

Les anarchistes ne peuvent qu’être d’accord, notamment avec les actions de désobéissance civile comme le fauchage des parcelles ensemencées d’OGM, l’interception d’un cargo transportant du soja transgénique, le refus d’agriculteurs d’utiliser leurs terres pour des essais ou les actions d’information et de sensibilisation dont le but est de favoriser l’organisation des populations, en contrant les campagnes de propagande menées à coups de millions de dollars.

 

Pour autant, il est important de signaler les limites de ces actions si elles ne s’inscrivent pas clairement dans une lutte anticapitaliste, et non pas seulement antilibérale...

 

(à suivre)

Sauf la 1ère partie, ce texte est largement inspiré par une communication de Jean-Pierre Tertrais

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 11:01

 

Procès de deux camarades : rassemblement à 12h devant le tribunal de Saint Nazaire
RASSEMBLEMENT EN SOLIDARITÉ AVEC LES INCULPÉS DU 21 JUIN ET POUR L’ARRÊT IMMÉDIAT DU PROJET D’AÉROPORT

Répression de la lutte contre l’aéroport et son monde : Solidarité avec tous-tes les inculpé-e-s !

 

Le 21 juin 2012, des opposant-e-s à l’aéroport de Notre-Dame Des Landes ont tenté de bloquer le déroulement d’une enquête publique préalable à la réalisation du projet d’Aéroport Grand Ouest. Rassemblement devant la mairie, blocage des entrées par des tracteurs et des serrures collées, occupation du toit ; des centaines de personnes marquaient ainsi leur opposition à ce projet mortifère contre lequel elles luttent depuis des années.

 

Ces enquêtes, au même titre que les réunions et débats publics, comités de quartier ou autres gadgets, font partie de la panoplie que la “démocratie” met à la disposition des décideurs et de leurs partenaires pour donner un air participatif à tous leurs projets déjà établis. Comme le disait Coluche, « la dictature, c’est : ferme ta gueule ! La démocratie, c’est : cause toujours ! ». Ces moments rituels ont pour objectif d’encadrer la contestation. L’État réussit ce tour de force de détourner la colère en créant des interlocuteurs respectueux de son pouvoir, en réduisant la contestation à une opinion qu’on archive dans les cahiers d’enquête pour mieux l’oublier.

 

Le 21 juin dernier, comme dans d’autres moments dans cette lutte, nous voulions agir. Mais comme à chaque fois que nos opinions deviennent des actes, il y avait en face la répression. Les flics ont chargé, blessé. Ils ont isolé des individus pour les broyer dans les rouages de la machine policière et pénale. Sylvain, interpellé sur place est accusé de “violence avec arme, en l’espèce un tracteur, sur personne dépositaire de l’autorité publique”. Un mois plus tard Clément était arrêté à son domicile et inculpé lui aussi pour “violence sur personne dépositaire de l’autorité publique”, et “refus de fichage ADN”. Les deux sont accusés d’ “attroupement après sommation”.

 

Aujourd’hui c’est Sylvain et Clément, demain, ça sera d’autres. Depuis le début de cette lutte, c’est 38 complices de notre résistance qui ont été traîné-e-s devant les tribunaux. Qu’illes soient coupables ou innocent-e-s importe peu, nous sommes solidaires de leurs actes et nous invitons une fois de plus à un...

 

RASSEMBLEMENT LE 28 AOÛT à 12h devant le tribunal de Saint Nazaire EN SOLIDARITÉ AVEC LES INCULPÉS DU 21 JUIN ET POUR L’ARRÊT IMMÉDIAT DU PROJET D’AÉROPORT.

 

On ne s’étonne pas de se retrouver devant un tribunal ; on sait que s’opposer à un projet voulu par l’État entraîne forcément à un moment ou un autre de se confronter à son appareil judiciaire et répressif. On sait que si l’État et la démocratie n’arrivent pas à faire accepter leurs projets à coup de débats participatifs, d’enquêtes publiques, de propagande, de pognon, et de passivité citoyenne, ils le feront avec la force armée de la police. Parce que leur démocratie comme leur justice ne servent qu’à défendre le profit des multinationales, enfin, de leurs PDG, actionnaires et complices politiques. C’est pourquoi, le mouvement ne peut pas se limiter à ce qui est autorisé ou toléré par le système judiciaire et policier, ce qui reviendrait, au fond, à abdiquer.

 

Que l’on lutte contre un projet industriel dévastateur, contre la fermeture de sa boîte, ou juste pour sa simple survie dans le monde marchand, nos résistances se heurtent systématiquement à la répression. Parce qu’il faut un code pénal impitoyable, un fichage systématique, des flics serviles, haineux et violents, des prisons toujours plus nombreuses, pour que nos opinions ne restent que des idées, pour que nos convictions ne restent que des postures, pour que nos rêves ne soient jamais réalité...

 

Nous sommes solidaires car pour bloquer le projet d’aéroport et combattre ce système, nous savons qu’il est nécessaire d’agir, et donc de désobéir. Nous appelons à poursuivre la lutte, à ne pas se laisser diviser ni intimider !


Parce qu’avec ou sans sommation, nous ne quitterons pas ce bocage !

 

Plus d'infos : https://zad.nadir.org/?lang=fr

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Mardi 10 novembre - Vannes, Lorient et Pontivy - Appel unitaire à la grève. Rassemblements (autorisés) des personnels de l’Éducation Nationale (écoles, collèges, lycées) pour l'amélioration des conditions sanitaires, pour l'allègement des effectifs et le recrutement de personnels (ceux des listes complémentaires etc...) . 10h30 Vannes, devant la DSDEN (3, Allée du Général Le Troadec), 10h30 Lorient devant la sous-préfecture, 10h30 à Pontivy à La Plaine. A l'appel des syndicats de l’Éducation Cgt, Fo, Fsu et Sud

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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