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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 10:40

Longue vie à nos amiEs du groupe anarchiste CRABES de Quimper !

Pour +d'infos, sur l'arrestation effectuée à Paris... pour la même chanson, cliquez ici !

 

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Selon Ouest-France du 15 juillet 2011 :

 

On chante Brassens sous le commissariat

vendredi 15 juillet 2011
Jeudi, à l'initiative du Crabes (Cormorans révolutionnaires et anarcho-bigorneaux pour l'émancipation sociale), 40 personnes ont chanté Hécatombe de Brassens face au commissariat de Quimper. Ils voulaient protester contre la condamnation d'un jeune Rennais, le 27 mai dernier, à 40 heures de travail d'intérêt général et 200 € d'amende pour avoir entonné ladite chanson depuis sa fenêtre.

Une jeune femme, représentante du Crabes, explique la manifestation : « Nous sommes là par solidarité et pour défendre la liberté d'expression. Je remercie les gens d'être venus ce soir. Nous sommes 40 alors qu'ils étaient seulement 60 à Paris. »

Thérèse a 58 ans. Elle ne fait pas partie du Crabes mais elle souhaitait apporter son soutien à la manifestation. « J'aime Brassens. Je trouve ça courageux de venir juste devant le commissariat pour le chanter. Ces condamnations sont disproportionnées. » Un avis que partage Armand qui est venu spécialement de Douarnenez : « Je ne connais pas Brassens mais je trouve que c'est une bonne façon d'exprimer notre ras-le-bol face à la situation actuelle. »

 

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Selon  le Télégramme du 14 juillet 2011 :

 

Attention : il y a une saloperie de publicité qui dure 15 secondes avant la vidéo, qu'on ne peut enlever... Aaaarrggghh !

On fermera yeux et oreilles durant ce temps... et on essaiera d'éviter de balancer l'écran.

La marchandise ne passera pas par nous !

Quimper. "Hecatombe" devant le commissariat : 40 personnes chantent Brassens

60 personnes à Paris, 30 à Toulouse. Ce soir à Quimper, à 18 h 30, ils étaient une quarantaine à chanter " Hécatombe " de Georges Brassens.Cette chorale, improvisée à l'occasion du 14 juillet par le groupe anarchiste Crabes (Cormorans révolutionnaires et anarcho bigorneaux pour l'émancipation sociale), a repris à plusieurs reprises la célèbre chanson contestataire. Les policiers, imperturbables, ne sont pas intervenus.
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Brassens. «Par bonheur» les flics n'étaient pas là...

Répondant à l'appel des Crabes (*), quelques dizaines de personnes ont entonné, hier, en soirée, devant le commissariat de Quimper, la célèbre chanson de Brassens «Hécatombe». Il n'y a eu aucune interpellation.

Soixante personnes à Paris, trente à Toulouse. Hier soir, à Quimper, à 18h30, une quarantaine de personnes a entonné la célèbre chanson de Georges Brassens «Hécatombe». Elles ont répondu à l'invitation du groupe anarchiste Crabes qui voulait célébrer à sa manière le 14-Juillet.

Interpellé pour avoir chanté Brassens

En juin dernier, un Rennais avait été condamné à 40heures de travail d'intérêt général et 200€ d'amende pour avoir chanté l'irrévérencieuse chanson depuis son balcon. Deux policiers n'avaient guère goûté la plaisanterie. Un habitant de Kergloff, délaissant les Vieilles charrues, a préféré hier rejoindre les Crabes. «C'est une démarche très sérieuse, à l'heure où on nous serre à la gorge. Comment se permet-on d'arrêter des gens qui interprètent un titre qui a fait la gloire de la chanson française ?». Venue avec son fils de 15 ans et son conjoint, une mère de famille se dit «fière d'avoir élevé son fils au biberon avec Brassens. C'est un minimum», affirme-t-elle.

Défense de la liberté d'expression

La voix de Brassens se fait alors entendre sous le porche du commissariat: «Au marché de Brive-la-Gaillarde...». Les choristes, de tous âges, enchaînent alors les couplets jusqu'à la dernière strophe «Par bonheur, ils n'en avaient pas». L'ambiance est joyeuse, décontractée. Des choristes heureux d'avoir «pu revendiquer la liberté de chanter Brassens, la liberté d'expression», soutient une militante du Crabes. Les policiers quimpérois, imperturbables, ne sont pas intervenus. Contrairement à d'autres villes où la chansonnette a été poussée, il n'y a eu aucune interpellation à Quimper.

Et aucune «Hécatombe» parmi les «pandores».


(*) Cormorans révolutionnaires et anarcho bigorneaux pour l'émancipation sociale.

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Selon Le Télégramme du 12 juillet 2011 :


Quimper. Brassens entonné jeudi, devant le commissariat

12 juillet 2011 

 

Une chorale de jeunes anarchistes fêtera jeudi, un peu en avance, le 90e anniversaire de la naissance de Brassens. Elle entonnera, devant le commissariat de Quimper, "Hécatombe", une chanson qui égratigne l'ordre.


"On va faire mentir Brassens. Pour le 14 juillet, on ne va pas rester dans nos lits douillets !", sourit la jeune membre des Crabes, "Cormorans révolutionnaires et Anarcho Bigorneaux pour l'Emancipation Sociale". Ce petit groupe anarchiste, qui compte une dizaine d'adhérents sur Quimper, prépare un happening pas piqué des hannetons, jeudi, devant le commissariat central, rue Théodore-Le Hars.
Vers 18 h 30, les jeunes gens entonneront l'hymne de Brassens, "Hécatombe". Cette chanson, écrite en 1955, rapporte, faut-il le rappeler, les exploits de quelques douzaines de "mégères gendarmicides" qui, lasses de se crêper le chignon, s'entendent finalement pour rosser les cognes. "Selon les avis compétents, il paraît que cette hécatombe fut la plus belle de tous les temps", fredonnait l'immense poète libertaire.

Condamné par le tribunal de Cherbourg
Il se trouve que le 24 juillet 2009, à Cherbourg, un jeune en goguette s'est mis à son balcon pour chanter "Hécatombe". Deux policiers n'ont guère goûté l'aubade et sont montés le lui faire savoir. L'irrévérencieux a même été jugé pour outrage, en juin dernier, par le tribunal correctionnel de Cherbourg et a écopé de 40 heures de TIG et à 200 euros d'amende, soit 100 EUR par policiers outragés. Dura lex sed lex !


"Nous venons chanter, pas agresser les policiers"
Sauf que ce jugement n'a pas vraiment fait jurisprudence. Par solidarité avec le jeune condamné, la chorale "La Canaille du midi" a poussé à son tour la chansonnette devant le commissariat de Toulouse. L'hommage à Brassens s'est terminé au violon.... Mais à Paris, Marseille, Poitiers... c'est comme si un radio crochet hexagonal redonnait depuis une seconde jeunesse à "Hécatombe". Les "Crabes", eux, ont donc choisi le 14 juillet. Ils veulent "défendre la liberté d'expression et protester contre la condamnation du jeune d'Ille et Vilaine", ajoutant aussitôt : "Nous venons chanter, pas agresser les policiers".


Ils arriveront avec un poste radio "pour être accompagnés par Georges lui-même, le seul à vraiment chanter sa chanson juste". Ils appellent tous les mélomanes motivés à les rejoindre pour former une chorale spontanée. "La définition de spontané, c'est : qui se fait hors de la contrainte. Nous avons regardé dans le Petit Larousse", s'amusent-ils.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 20:32

Par intervalles réguliers, le public français s'émeut des conditions de détention imposées aux prisonnier-es. Pour y remédier, le gouvernement produit généralement un miracle apaisant : un Rapport. Aujourd'hui, le rapport est déjà là, c'est celui du député UMP Eric Ciotti.


Des murs de souffrances déjà connus.

En France, les 191 centres pénitenciers disposent de 56 000 places. Ils accueillent en fait plus de 64 000 détenu-es. La séropositivité y est sept fois supérieure à celle de « l'extérieur », près de la moitié des détenu-es sont sujets à la dépression et près d'un quart seraient atteints de troubles psychotiques graves. Et au-delà des régulières automutilations, le taux de suicide y est cinq à six fois supérieur à la moyenne nationale (l'un des plus élevés d'Europe). Sans même parler des violences sexuelles, qui ont l'avantage de garantir un certain ordre souhaité par l'administration pénitentiaire.

Amnesty international et l'ONU ont déjà dénoncé cet État de faits. Dernièrement encore, SOS racisme portait plainte contre la politique communautariste d'un centre particulier. Mais rien n'y fait, le gouvernement continue sa torture en toute quiétude.

 

Incarcérer plus, pour emprisonner plus.

Dans ce nouveau rapport, on est évidement loin d'une analyse abolitionniste à la Angela Davis (Les goulags de la démocratie, 2006). Le problème n'étant pas l'enfermement mais la surpopulation galopante, l'évidence s'impose : il nous faut construire davantage de prisons. Pour Ciotti, il s'agit de réaménager la détention afin d'éviter certaines dérives. Son objectif pour 2018 : des nouvelles « Machines à fabriquer les délinquants »1 acceptant 80 000 places. « Et on pourra bien les tasser un peu plus si besoin ; y compris dans des immeubles privés loués à cet effet ».

Inutile pour lui de se questionner sur ce que produit la prison. Inutile d'aborder la question des « infractions » sous l'angle des conditions sociales qui les créent. Que l'immense majorité soit incarcérée pour des délits mineurs (vols, etc) en lien avec les nombreuses inégalités : une fausse corrélation ! Le député, payé plusieurs milliers d'euro, semble incapable de saisir l'affront quotidien que représentent les vitrines clinquantes pour les pauvres aux poches vides.

 

Retour aux vivant-es.

prison-yly.jpg

La taule produit une somme de souffrances explosive ; les propos des emmuré-es, accessibles par exemple grâce à la revue L'envolée 2, en témoignent dans la douleur et la détermination. Quiconque entend cette parole rageuse rejette « l'objectif Ciotti ».

Mais encore faut-il accéder à cette parole, qui peine à s'évader. Et, surtout, encore faut-il la considérer pleinement.

On n'est décidément pas sorti de l'auberge... carcérale.

Yly

 



1 Titre d'un vieux livre, de l'anarchiste Jacques Lesage de la Haye

2 La revue peut être téléchargée sur le site: http://lejournalenvolee.free.fr/

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:56

Gardés à vue pour avoir chanté Brassens !

Samedi 18 juin à 17 heures se déroulait un rassemblement à Paris, Place Louis Lépine (4éme), appelant à chanter Brassens devant la préfecture de police. La Fédération anarchiste s’associait à cette action qui faisait suite à une récente condamnation pour avoir lancé "Hécatombe" aux oreilles de pandores dont le sens de l’humour ne semblait pas ȇtre la qualité première. Alors que l’ambiance était calme et bon enfant, l’intervention policière l’a été beaucoup moins : deux camarades sont en garde à vue au commissariat du 4e arrondissement . Il leur est reproché outrage, rébellion et violence envers des représentants de l’ordre. En réalité, poussés dans le dos au moment où ils devaient descendre les escaliers  ils se sont raccrochés à ce qu’ils pouvaient dans leur chute pour éviter de se faire très mal, ce qui a servi de prétexte aux représentants de la loi républicaine pour exercer leur droit à cogner à tout-va. La Fédération anarchiste condamne ces arrestations et demande la fin immédiate de la garde à vue, elle réaffirme que tant qu’il subsistera un seul policier, la liberté d’expression sera un vain mot.
Fédération anarchiste, le dimanche 19 juin 2011.
Les 2 copains ont été relâchés ce dimanche 19 juin peu après 15h. Ils sont passés sur Radio libertaire un peu après : http://backup.radio-libertaire.org//dimanche/dimanche15h30/dimanche15h30.mp3 (leur interview débute au bout de quelques minutes) et ce dimanche matin a eu lieu 2 heures d'émission sur le thème de la liberté d'expression, rapport à ces événements ! Et c'est écoutable ici 7 jours (l'émission débute au bout d'une dizaine de minutes) : http://backup.radio-libertaire.org//dimanche/night7_10/night7_10.mp3
Vidéo de la scène réalisée par Télé Bocal : http://www.dailymotion.com/video/xji2y1_brassens-et-les-cognes_news


Vive les enfants de Cayenne, à bas ceux de la sûreté !

 

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Communiqué de la FA appelant à ce rassemblement...

Liberté d’expression : ils ne feront pas taire Brassens !

mercredi 15 juin 2011
 

Alors qu’il est considéré comme un poète majeur du 20ème siècle, alors qu’a lieu une expo à la Cité de la Musique intitulée Brassens ou la liberté, et qu’en même temps son nom est donné à des écoles, des collèges, des lycées, des arrestations ont eu lieu à plusieurs reprises ces derniers jours pour avoir chanté des couplets du compagnon Georges Brassens à la face des cognes. La Fédération anarchiste appelle à participer à un rassemblement samedi 18 juin à 17 heures , Place Louis Lépine, métro Cité, mais descendre à Etienne Marcel ou Chatelet serait préférable pour éviter les mauvaises rencontres. Les participants seront invités à chanter Au marché de Brive la Gaillarde à ceux qui ne veulent pas l’entendre, venez nombreux !

 
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Georges Brassens, 1952.
HÉCATOMBE


Au marché de Brive-la-Gaillarde
A propos de bottes d'oignons,
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon.
A pied, à cheval, en voiture,
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée.

Or, sous tous les cieux sans vergogne,
C'est un usage bien établi,
Dès qu'il s'agit de rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie.
Ces furies perdant toute mesure
Se ruèrent sur les guignols,
Et donnèrent je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol.

En voyant ces braves pandores
Être à deux doigts de succomber,
Moi, je bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J'excitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: "Hip, hip, hip, hourra !"

Frénétique l'une d'elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier : "Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l'anarchie !"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu'elles serrent comme un étau.

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passent à sa portée.
Ils tombent, tombent, tombent, tombent,
Et selon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus belle de tous les temps.

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons,
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons,
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas,
Leur auraient même coupé les choses
Par bonheur ils n'en avaient pas.
Leur auraient même coupé les choses
Par bonheur ils n'en avaient pas.
On fera abstraction du côté un brin mysogyne de ce texte...

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 13:39

affichette surveillance auray 4Ce vendredi 3 juin, à Auray, après un "apéro dinatoire" (yeah !) pris en commun avec la caravane des gueuses et gueux, la discussion s'est décomposé en 4 parties :
- la 1ère présenta la problématique de la vidéosurveillance à Auray, dans le Morbihan et ailleurs (en 10 minutes) ;
- la 2ème fut une intervention de 20-25 minutes de Jean Pierre Tertrais (texte ci-dessous) qu'on remercie d'avoir fait le déplacement. Il est l'auteur de la brochure " le contrôle social en société dite démocratique", qui inclut la vidéosurveillance dans une logique plus globale que se donnent l'Etat et le système capitaliste pour nous encadrer et prévenir une éventuelle contestation radicale,
- la 3ème, dans le prolongement de ce qui précède, fut une présentation de la caravane des gueux et des gueuses contre les politiques sécuritaires et liberticides, par des membres de la caravane eux mêmes et elles mêmes : nous les remercions aussi pour avoir fait étape à Auray !
- enfin, ce fut le débat, les échanges ! Au groupe libertaire Lochu, nous ne prétendons pas avoir de vérité toute faite. Nous nous défions des spécialistes et des avant gardes d'ailleurs. Au sein du groupe, nos approches ne sont pas monolithiques... Pour le débat, nous insistons sur le respect de la parole : on ne coupe pas la parole de celui ou celle qui cause, de même on évite de monopoliser la dite parole ! Comme on en a ressenti le besoin, une distribution de la parole a été mise en place.

 

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LE CONTROLE SOCIAL

 

Définition de François Bourricaud, sociologue : « ensemble de ressources matérielles et symboliques dont dispose une société pour s'assurer de la conformité de ses membres à un ensemble de règles et de principes prescrits et sanctionnés ».

 

C'est dire que le contrôle social ne s'exerce pas seulement par les institutions mais aussi par les populations sur elles-mêmes, par le biais du respect des traditions, des coutumes en matière d'habillement, d'alimentation, et surtout de liens familiaux. On sait que ce contrôle peut aller jusqu'au meurtre.

 

On connaît aussi les expériences de plus en plus développées de milices privées et bénévoles, de groupes de voisins organisant l'auto-surveillance de leur quartier, les appels à la délation.

 

L'exposé sera cependant axé sur l'aspect « lutte de classes », c'est-à-dire le contrôle d'une population par une classe au pouvoir.

 

Dans toute société, un groupe dominant tente d'instaurer la stabilité, le respect de ses propres valeurs. Rapidement, ce groupe ne tolérera plus l'existence de valeurs qui menacent son pouvoir, et se forgera des instruments pour contraindre les individus à partager ses valeurs, à remplir des rôles sociaux attendus, à adopter la conformité et l'obéissance, à adhérer à un consensus mou. L'institutionnalisation des normes se réalise soit par l'intériorisation, soit par l'établissement d'un système de sanctions.

 

Pendant longtemps, cet ordre moral a été assuré par la famille, l'Etat, l'école, l'armée, et peut-être surtout par la religion, leurs influences se renforçant mutuellement puisque leurs choix convergent pour assurer ce qu'on appelle l'ordre public, c'est-à-dire l'ordre bourgeois et capitaliste. La situation a évolué aujourd'hui ; les acteurs ne sont plus tout à fait les mêmes.

 

Les objectifs, eux, sont identiques : justifier les inégalités sociales, faire accepter l'ordre établi par ceux-là mêmes qui le subissent, en le légitimant comme naturel, voire comme divin. Prêcher la résignation. Favoriser l'apprentissage de formes de relations sociales fondées sur la soumission et l'aliénation. Privilégier des qualités telles que l'ordre ou la discipline au détriment de l'esprit critique. Valoriser le culte du chef et s'appuyer sur le charisme individuel. Faire adhérer à l'idéologie républicaine et à la patrie...

 

Le groupe dominant peut imposer ses valeurs de différentes manières. Il peut gérer en douceur les relations sociales si le rapport de forces est en sa faveur ; il devient agressif si son existence est menacée.

 

Depuis les années 1960 notamment, l'autorité, sous sa forme traditionnelle, a subi une crise. Ce qu'on appelle les démocraties libérales ont élaboré un système beaucoup moins visible, beaucoup plus subtil. La soumission et le contrôle des consciences sont acquis non par la force mais par la séduction. On entrait dans l'ère de l'exploitation douce, de l'oppression souriante. Les psychotropes, les antidépresseurs, le conditionnement, la manipulation, l'hypnose sont préférés à la matraque. L'autocensure à l'interdit. L'idéal étant une population docile qu'il serait inutile de contraindre parce qu'elle aurait l'amour de sa servitude.

« L'endoctrinement est à la démocratie ce que la coercition est à la dictature », écrivait Noam Chomsky.

 

Les progrès de la technologie ont été déterminants dans le perfectionnement des techniques de surveillance et d'encadrement collectif. Ce que les dirigeants souhaiteraient, c'est ce que nous décrivaient Aldous Huxley dans « Le meilleur des mondes » et George Orwell dans « 1984 ». Une société totalitaire mécanisée, standardisée, automatisée, débarrassée de la dimension imprévisible de l'Homme, du caractère aléatoire de la vie.

 

« Plus une société devient libre, plus il est difficile d'utiliser la force », écrivait aussi N. Chomsky. Mais si la technique est efficace, elle peut ne pas suffire ; c'est donc à un jeu permanent et pervers entre la carotte et le bâton que se livre le pouvoir.

 

Une surveillance hiérarchisée, continue et fonctionnelle, s'est progressivement mise en place, visant à rendre transparente la vie des citoyens ordinaires... tout en préservant l'opacité des activités des décideurs.

 

Le préalable reste, bien entendu, le formatage du citoyen, la « fabrication du consentement », c'est-à-dire la diffusion massive d'un message unique – la pensée unique – qui légitime le pouvoir en place. C'est la télévision qui jouera le rôle principal. Dans une revue de travailleurs sociaux, il était écrit : « La télévision est un outil de répression psychologique bien plus fort que n'importe quelle prison ». Quand on sait que 95% des foyers possèdent au moins un téléviseur qu'ils regardent en moyenne 3h30 par jour, on a une idée assez précise des dégâts commis.

 

Il s'agit d'orienter l'information, c'est-à-dire de la sélectionner. Ted Turner, patron de la CNN, affirmait : « Si nous ne mentionnons pas un événement, il ne s'est pas produit ». Il s'agit aussi, par la rotation rapide des images, de semer la confusion, d'empêcher de réfléchir en profondeur et d'exercer son esprit critique, d'éliminer tout débat de fond, de distraire l'individu, c'est-à-dire de le détourner de l'essentiel, de le réduire au rôle de spectateur passif. C'est un véritable programme de lobotomisation des cerveaux et de colonisation de l'imaginaire illustré par les propos de Patrick Le Lay, patron de TF1 : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau disponible ».

 

Il s'agit aussi d'intérioriser certaines valeurs : individualisme, compétition, caractère naturel de la violence et de la hiérarchie, valorisation de la réussite, religion de la croissance, foi dans le progrès technique... De renforcer l'identification à des modèles, notamment par le sport de haut niveau, excellent moyen de dépolitisation des masses. De développer aussi la culture d'entreprise qui consiste à susciter de l'intérieur l'adhésion de l'individu à une logique d'organisation, à un projet certes collectif, mais décidé par d'autres.

 

Parallèlement se développe une surveillance au quotidien dont le but est de répertorier les faits et gestes de la population pour identifier les « déviants » au modèle dominant, de les isoler puis de les neutraliser. Il ne faut donc pas s'étonner que les cibles prioritaires soient les opposants politiques, les responsables syndicaux, les militants des droits de l'Homme, les journalistes, les meneurs étudiants, les minorités, les anarchistes.

 

Parmi les outils de cette surveillance, citons : le fichage informatique avec l'interconnexion de nombreux fichiers, avec les traces informatiques laissées par les cartes de crédit, les appels téléphoniques ou la navigation sur Internet ; la vidéosurveillance dont l'objectif est la normalisation intériorisée des rapports entre dominants et dominés (600 000 caméras en France, dont 45 000 publiques) ; la surveillance dans le monde du travail (une étude estime que 67% des entreprises sont engagées dans une forme de surveillance intrusive de leurs employés) ; l'action sociale, c'est-à-dire la tentative par le pouvoir d'utiliser les travailleurs sociaux pour exercer une surveillance rapprochée des populations jugées difficiles, pour réintégrer de force les « improductifs » dans les liens du travail ; l'implication citoyenne, le processus électoral lui-même constituant un outil de contrôle d'une importance considérable, parce que ceux qui ne se soumettent pas à ce processus en s'abstenant de voter représentent une force précisément incontrôlable : ils pourront être tentés d'utiliser d'autres canaux pour donner libre cours à leur potentiel revendicatif (manifestations, occupations, grèves, émeutes, désobéissance civile...). Sans oublier la nouvelle loi LOPSI 2, la prévention de la délinquance, le fichier « base élève », les puces électroniques, les nanotechnologies...

 

Malgré ce contrôle diffus et généralisé qui engendre même la perte du sens de la vie privée, les classes dirigeantes ne parviennent pas à faire taire toutes les voix ; la résignation n'a pas encore triomphé définitivement. Et pour maîtriser les rebelles, les insoumis, des politiques répressives sont mises en place, largement accélérées par les événements du 11 septembre 2001. C'est la gestion policière, voire militaire, d'une situation économique et sociale de plus en plus dégradée.

 

Ces politiques sont servies par un discours : l'idéologie sécuritaire. Se voulant scientifique, neutre, apolitique, elle s'appuie sur quelques techniques bien connues.

° procéder à un amalgame, parfois grotesque, entre : terrorisme, trafic, violences urbaines, cambriolages, délinquance, agressions sexuelles.

° manipuler les statistiques ; le plus souvent en les gonflant artificiellement pour justifier l'urgence des forces de police.

° dissocier les violences qualifiées d' « irrationnelles », de « gratuites » de leur contexte socio-économique, évacuer la dimension politique du comportement des jeunes (même si ce n'est pas toujours le cas), dissimuler la délinquance comme expression de révoltes, et le suicide ou la conduite à risques comme conséquences d'un mal-être.

° minimiser la responsabilité policière dans la détérioration du climat social ou dans le déclenchement de certaines émeutes.

 

Ces politiques répressives se manifestent notamment sous deux formes :

° la criminalisation du mouvement social.Un peu partout sur la planète, des mouvements d'opposition se développent (injustices, exploitation, mondialisation...). Parce que ces mouvements remettent en cause la stabilité de l'ordre social, les gouvernements, les Etats durcissent les politiques sécuritaires, accentuant la criminalisation de ces mouvements sociaux et le harcèlement judiciaire des militants associatifs, syndicaux et politiques. Il s'agit de marginaliser, de discréditer une contestation jugée « irresponsable », d'assimiler tout mouvement radical à une activité terroriste, tout opposant à un simple casseur, toute résistance à du vandalisme. Il s'agit aussi d'asphyxier financièrement ces organisations.

 

° l'enfermement. Le système carcéral constitue un élément fondamental du contrôle social. Il s'agit bien du contrôle des classes dites dangereuses pour le pouvoir en place, puisqu'on y trouve essentiellement les victimes de l'accroissement des inégalités sociales. C'est l'incarcération de masse conçue comme politique de lutte contre la pauvreté. Et pas seulement aux Etats-Unis.

 

Alors quelles perspectives de lutte et de changement peuvent se dessiner ? On a vu tout à l'heure que, s'il se sent en danger, le pouvoir devient brutal, intransigeant. Or le capitalisme est en train de s'auto-détruire. C'est-à-dire qu'il a lui-même sapé les bases d'une croissance économique dont il s'est toujours servi pour surmonter ses contradictions internes, croissance dont il a absolument besoin pour se perpétuer. Ce système si sophistiqué est devenu très vulnérable. Mais ceux qui le servent sont prêts à aller jusqu'au bout. Le pouvoir économique et politique se prépare à ces difficultés, et notamment par les techniques de guérilla urbaine. L'enjeu dépasse donc de très loin le seul contrôle social.

 

 

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 17:30

affichette surveillance auray 4

Misant moins sur la répression, sans l'abandonner pour autant, les sociétés dites démocratiques développent à différents échelons un contrôle social pour canaliser les contestations. Ce contrôle social, qui semble faire consensus entre la droite et la gauche, présente  différents aspects, qui doivent être interrogés au regard de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. C'est ce que développera Jean-Pierre Tertrais, auteur d'un livre sur le sujet. Ce vendredi 3 juin est également la troisième étape de la caravane des gueux & des gueuses contre les politiques sécuritaires et liberticides, en tournée en Bretagne jusqu'au 12 juin. La soirée est ainsi co-organisée par le groupe libertaire Lochu (fédération anarchiste Vannes) et la caravane des gueux. École Rollo, 1 rue Picasso, salle Julienne Marca - 20h30 - Entrée libre. Infos : fedeanar56@yahoo.fr
Information sur la Caravane des gueux : http://caravanedesgueux.over-blog.net/

 

 

 

  caravane des gueux

 

Mercredi 1er juin : Notre-Dame des Landes (hébergement squat la pointe)

* Formation action directe non-violente

* Information autour de l'aéroport

Aux Planchettes  lieu occupé situé sur la route allant de la Paquelais à Fay de Bretagne. 14h

site de la ZAD

 

Jeudi 2 juin : Rennes (hébergement au Rheu)

* Débat sur le thème "écologie et justice sociale" avec la Souris Verte.

Aux champs Guillaume à coté du lycée agricole du Rheu. 9h

site de la souris verte

 

Vendredi 3 juin : Auray

Réunion publique sur le contrôle social, à Auray, avec Jean-Pierre TERTRAIS auteur d'une brochure sur la question. Organisé par le groupe libertaire René Lochu.

Groupe scolaire Rollo, Entrée libre. 20h30.

 

Samedi 4 juin : Lorient

* Précarité du logement, en lien avec la lutte des habitantEs du camping de Locmiquelic avec NPA, la CNT..., et mobilisation avec les indignés de Lorient.

Place Aristide Briand (devant la FNAC) à partir de 16h.

site des chomeurs rebelles du Morbihan


Dimanche 5 juin : Pontivy

* Travail : réalités actuelles et utopies constructives, avec la CNT Pontivy.

Maison des associations (salle derrière à l'étage). 15h.

cnt-pontivy@mailoo.org

 

Lundi 6 juin : Mellionnec (Ker Saoz)

* Vers une autonomie globale (habitat, nourriture, énergie...), avec les habitantEs du lieu.

* étape vers Rostrenen avec roulotte(s)

Kersaoz sur la route de Mellionec Langoellan, au fond du hameau. 12h

 

Mardi 7 juin : Rostrenen

* Animation sur le marché sur la LOPPSI et autres lois sécuritaires...

* étape vers Trémargat avec roulotte(s)

Sur le marché. 11h

 

Mercredi 8 juin : Trémargat

* Echanges locaux et gratuité, au café associatif Tremargad Café.

* Participation à la zone de gratuité locale en apportant quelques objets...

Dans le centre. 15h

 

Jeudi 9  Vendredi 10 juin : Quimper

* Information/action autour des lois sécuritaires avec les CRABES

Jeudi place Corentin. 16h

 

Samedi 11 et dimanche 12 juin : Brest et Crozon


N'hésitez pas à nous contacter à caravanedesgueux@mailoo.org pour nous dire si vous souhaitez être présent sur tout ou partie de la caravane, ou sur une étape en particulier, et si vous disposez d'un véhicule (camionnette, caravane, voiture...).


Les étapes redéfinies sont visibles sur google map : link

 

N° de tél : 06-43-85-16-66

 

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Extrait d'une interview de Serge Quadruppani, auteur de La politique de la peur, qui relativise la répression et qui nous invite à ne pas sombrer dans la peur.

 

La répression est-elle un mode de gouvernement, actuellement ?

Je suis perplexe devant le discours qui dit que la répression s’accentue. Depuis les années 70 et le discours sur la fascisation de l’Etat que tenaient les maos, je trouve que dans nos milieux, on passe notre temps à dire que la répression s’accentue. Je pense que la répression existe toujours, qu’elle prend des formes différentes, qu’elle prend des visages différents et que ce qui est intéressant, c’est d’analyser leur changement. Mais concevoir sans arrêt la situation en terme de fascisation, je trouve que ça ne fait pas beaucoup avancer parce que depuis le temps que l’Etat se fascise, on devrait être dans le fascisme. Or je pense que la compréhension des processus de répression et de contrôle ne doit pas nous empêcher de voir aussi ce qui fait tenir le système par ailleurs. Le système ne repose pas uniquement sur la répression et c’est pour ça que la répression ne s’accentue pas sans arrêt, à chaque instant. Le moment Sarkozy est effectivement un moment où on montre les muscles.

C’est vrai que par exemple avec la répression dans les banlieues, on gâche encore plus qu’avant la vie des gens. Mais pendant les émeutes de 2005, il n’y a pas eu de morts ou alors s’il y en a eu, parce que dans ce cas là, il y a toujours des discours sur les morts qu’on a cachés mais en tous les cas, il n’y a rien eu de comparable avec ce qui se passe aux Etats unis dans des cas pareils où la police n’hésite pas à tuer. Et là, visiblement, la police avait l’ordre de faire tout ce qu’elle voulait mais pas de tuer. On a l’impression que ça fait partie de la gestion des quartiers dits difficiles par la police et qu’ils ont carte blanche sauf qu’il ne faut pas tuer. De temps en temps, ils tuent parce qu’il y a toujours les morts par les dites bavures mais quand même, la volonté, c’est d’éviter ça au maximum. Ca, c’était jusqu’à présent. On ne sait jamais ce que nous réserve Sarkozy avec l’approche des élections. Tout est possible. Il peut aussi décider qu’une bonne séquence d’émeutes en tuant quelques jeunes pourrait lui être profitable. Il faut toujours voir les deux côtés des choses. Mais le monde ne tient pas uniquement sur la répression. Il tient aussi sur une forme de positivité qu’il apporte aux gens : la consommation ou le rêve consommatoire qui est quand même essentiel. C’est le "care" si cher à Martine Aubry. Il y a malgré tout une forme d’Etat social qui continue à exister. C’est important de comprendre comment toute la société de contrôle se développe, s’étend mais c’est important de comprendre aussi ses limites et de comprendre que la société ne repose pas que sur le contrôle. Et qu’il nous appartient à nous à la fois de trouver des moyens, des formes d’affrontements avec l’Etat qui ne soient pas sur son terrain, c’est-à-dire, ne pas jouer à la guerre parce que sur ce terrain, l’Etat gagne toujours, ce qui ne veut pas dire que je suis non violent et à la fois trouver des formes d’affirmation, d’association qui nous donnent le sentiment d’échapper au système consommatoire, au système de crédit, au système qui nous fait accepter les contrôles.

(...)

C’est clair qu’il y a un renouveau de la contestation sociale radicale qui cherche ses formes. Qu’il y ait de la répression face à ça, il n’y a pas à s’étonner. C’est très important de se battre contre la répression mais il ne faut surtout pas y passer son temps, se mettre dans l’optique de « On va vers un fascisme », cette espèce de discours anxiogène permanent qu’il y a dans des milieux militants complètement paranoïaque est à mon avis, ni vrai, ni faux.

Les gens de Tarnac ne se sont pas isolés. Quand le marteau pilon leur est tombé dessus, ils ont bénéficié de beaucoup de solidarité parce que c’étaient des gens qui avaient su à la fois se lier à la situation locale tout en gardant des contacts internationaux. Je crois qu’aujourd’hui, c’est fondamental. De même on peut aussi retourner la techno science contre elle-même avec les techniques de connexion qui existent. J’aime mieux dire connexion que communication. Parce que c’est à nous de décider s’il y a communication ou pas. Dans la novlangue, la communication, c’est un mouvement univoque, c’est quand le pouvoir parle. Aujourd’hui, avec tous les systèmes de connexion existants, on a encore plus la possibilité de se désenclaver. Il faut vraiment la saisir. C’est notre arme principale.

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 21:06

L'enfermement psychiatrique en question(s) avec Jacques Lesage de la Haye : psychologue, écrivain, ancien prisonnier et animateur de l'émission anti-carcérale Ras les murs sur Radio libertaire.

Un débat proposé le 1er avril 2011 par le groupe libertaire Lochu et la fédération anarchiste de Vannes (cf. cet article sur le blog). Merci à François (FSL 56) pour le montage et la mise en ligne.

 

 

 

 

 

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 13:48

Réunion publique sur le contrôle social le vendredi 3 juin, à Auray, avec la Caravane des gueux et des gueuses contre les lois sécuritaires et avec Jean-Pierre TERTRAIS auteur d'une brochure sur la question. Groupe scolaire Rollo, Entrée libre. 20h30

 

« Ceux qui abandonnent une liberté essentielle pour une sécurité minime et temporaire ne méritent ni la liberté, ni la sécurité. » Benjamin FRANKLIN qui a débarqué à St Goustan (Auray) le 4 décembre 1776...

 

Collectif Non à la vidéosurveillance à Auray et ailleurs

 

A l'attention de Monsieur le maire de la ville d'Auray,

 

Par décision municipale, 7 caméras de vidéosurveillance ont été déployées au stade Ty Coat à Auray durant l’été 2010.
Les études scientifiques attestent pourtant du peu d’efficacité des caméras sur la délinquance.
Cet argent public est capté par les intérêts privés des entreprises du secteur de la sécurité au détriment d’autres choix d’intérêt social (éducation, logement…).
La liberté de se déplacer sans être épié est une liberté essentielle à nos yeux.
Aussi, nous demandons le retrait de ces caméras et nous nous opposerons à toute extension.

 

La pétition, mise en ligne sur "mes opinions.com", peut être signée en cliquant ici : http://www.mesopinions.com/Non-a-la-videosurveillance-a-Auray-et-ailleurs-petition-petitions-5869578f2c2c05bba83e5eb2f0f70e37.html

 

Argumentaire sur le pourquoi nous nous opposons à la vidéosurveillance, en cliquant ici

 

Adresse du collectif_anti-videosurveillance@orange.fr

 

Cette pétition sera remise à la mairie fin juin 2011.

 

Le 8 mai était journée de commémoration de la fin de la guerre 1939-45 et surtout de la victoire sur la barbarie nazie et de l'hommage aux résistants et résistantes. On peut s'interroger sur ce qu'il serait advenu des résistantEs s'il y avait eu des systèmes de caméras un peu partout... Si un gouvernement totalitaire arrivait aujourd'hui (paraît-il que les scores du FN sont en hausse aux élections et dans les sondages), n'aurait-il pas tous les outils techniques pour régner sans contestation possible ?

 

Rappelons que notre démarche n'est pas spécifique à Auray, nous sommes aussi en lien avec les collectifs anti vidéo surveillance de Ploërmel, Pontivy et Vannes.

A l'argumentaire déjà développé sur ce blog, que nous ne répéterons donc pas, voici quelques ajouts quant à la situation d'Auray.

 

Positionnées à l’extérieur du bâtiment (stade Ty-Coat), les caméras enregistrent 24h/24h. À l'entrée du stade, un panonceau flanqué d’une caméra en pictogramme informe le public de leur existence. Seules six personnes – élus, membres de la police municipale et de la gendarmerie - sont habilitées à accéder aux images enregistrées.

A noter, en aparté, que le projet de caméras à Pluneret (été 2011), commune voisine d'Auray, prévoit que le traitement des images sera confié à une société de sécurité (donc privée !). Ce point est contestable car le Conseil constitutionnel a heureusement censuré en mars 2011 l'article de la Loi Loppsi 2 qui permettait le visionnage des images par des officines privées...

  cameras-Auray.jpg

Le coût de l'installation des caméras à Auray s'élève à 22 000 euros, selon la presse.

La mise en place de caméras s'appuie sur des audits de sécurité effectués par la gendarmerie et, en particulier, sur les chiffres de la délinquance. Or les dégradations sur les biens communaux, spécialement sportifs, ont coûté moins chers en 2009 qu'en 2008 (Ouest France du 25 juin 2010) !

De même, "selon les statistiques de la gendarmerie d'Auray, la délinquance est en baisse continue depuis 2008. Cette baisse a été de 2,5 % en 2010. Il s'agit d'une baisse conjoncturelle mais aussi structurelle." (interview du Lieutenant de la gendarmerie d'Auray, rapportée par le Télégramme du 4 février 2011)

De plus, selon la Préfecture, sur les cinq dernières années, dans le Morbihan, la délinquance a reculé de plus de 12 %, tandis que la population du département progressait de plus de 6 %... (Télégramme 26/01/2011)

On ne peut que relever une dimension un brin paradoxale : la délinquance diminue et la municipalité, appuyée par la Préfecture, se dote d'un système coûteux de vidéosurveillance !

Toujours selon la gendarmerie, la "délinquance locale est très souvent liée à la consommation d'alcool". Dans les cas de personnes alcoolisées, il est peu probable que les caméras jouent leur rôle "dissuasif"... Et dans le cas d'individus mal intentionnés, il est vraisemblable qu'ils se couvrent le visage pour commettre leur forfait...

 

A Auray, pour l'instant, la majorité municipale semble peu favorable à l'extension des caméras jusque dans les rues passantes (alors que c'est une demande de l'opposition, jamais à cours de bêtises liberticides). Dans diverses déclarations, le Maire communiste déclare qu'il faut privilégier l'éducation, le logement social... C'est tout à son honneur. Il n'empêche qu'il a cédé avec l'accord de la majorité de gauche, mais avec les réserves d'un élu centriste ! Pourtant, pas très loin, à Plougoumelen, alors que l'audit de sécurité mené par la gendarmerie recommandait l'installation de caméras, le maire UMP a refusé ! Comme quoi...

 

En mars 2011, un conseiller municipal chargé du dossier "caméras" a déclaré à la presse que les caméras avaient "une certaine efficacité" parce qu'aucun "acte de vandalisme n'est à déplorer depuis leur mise en place". Avec un recul d'à peine 8 mois, c'est sûr que c'est une statistique fiable ! Evitons le zoom qui travestit les réalités et élargissons notre regard sur les 20 ou 30 dernières années : pendant combien d'années n'y a-t-il eu aucun acte de vandalisme alors qu'il n'y avait aucune caméra ?

 

Le fait que le maire d'Auray soit au PCF (Parti communiste français), donc de gauche, et accepte les caméras, est un argument redoutable, utilisable par tous les conseils municpaux un peu réacs, qui ne savent pas quoi inventer pour donner l'illusion d'agir auprès de leurs électeurs et électrices. Les caméras risquent de fleurir tôt ou tard d'autant qu'elles sont encouragées par le gouvernement, avec subventions préfectorales à la clé, au grand bonheur des officines privées qui installent le matériel de surveillance pour ne pas dire d'espionnage !

 

Quand nous diffusons des tracts sur cette question de la vidéosurveillance, il nous est parfois opposé que celui ou celle qui a la conscience tranquille n'aurait pas à s'en inquiéter. Avec Rosa Luxembourg (qui n'était certes pas anarchiste), nous ne pouvons que constater "Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes" ! CertainEs sont bien anesthésiéEs quand même...

 

Pour le pays d'Auray, à noter qu'il y a des caméras dans les rues à Quiberon et Landévant et un projet à Pluneret.
Evidemment cette liste ne prend pas en compte celles qui sont placées dans les agences bancaires, les bureaux de poste, les super et hypermarchés, certains bars, restaurants et discothèques, pharmacies, dans certains campings et à l'extérieur de certaines entreprises... ! Bref on est vidéo surveillés sous tous les angles !

 

L'Etat déploie des millions d'euros à faire mine de combattre ce qu'il appelle la délinquance alors qu'elle est largement l'effet des inégalités sociales que le capitalisme génère. En même temps qu'il développe les outils pour une surveillance généralisée de la population, il dépénalise le droit des affaires, il établit une fiscalité sur mesure pour les riches... et ne combat que de façade les paradis fiscaux. Avec son accord, ce sont ainsi des milliards d'euros qu'il laisse s'échapper en toute impunité... Mais, chut, il ne faut pas le dire !

 

L’enveloppe du Fonds interministériel pour la prévention de la délinquance 2011 est rendue publique : 51,034 millions d’euros. La vidéosurceillance remporte encore une belle part du gâteau, avec 29,7 millions d’euros, soit 58 % du fonds ! 51,034 millions d’euros : ce montant est donc à peu près équivalent à celui de l’année précédente (49 millions d’euros). Mais d’où viennent ces fonds ? Ils proviennent, pour près de 70% du montant total, du produit des amendes de police de la circulation (35 millions d’euros), 30% de l’enveloppe émane de budgets interministériels pouvant "être affectés à des projets portés par des collectivités territoriales ou des associations". 8 000 caméras ont été installées en 2010 "résultat d’un peu plus de 730 projets" . Toutes les villes de plus de 200 000 habitants, en France, ont désormais des caméras, et 93% des villes de plus de 100 000 habitants sont également dotées de dispositifs de vidéoprotection.
Le taux de subventionnement varie entre 20% et 50%, (Le taux moyen de subvention est en général un tout petit peu inférieur à 40% de l’investissement des communes).


Pour notre part, nous voulons vivre libres, sans être surveillés. Et nous entendons contester cet ordre inique, y compris s'il faut parfois emprunter des chemins de traverse.

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 10:53
 

Act Up-Paris s’invite aux journées parlementaires prison, y interpelle le Garde des Sceaux, et lui rappelle la réalité des prisons mouroirs.

Ce vendredi 6 mai, en ouverture des 6e rencontres parlementaires prisons, le ministre de la justice a promu la construction d’établissements pénitentiaires et l’exploitation des prisonnierEs. Act Up-Paris l’a alors interpellé publiquement afin de lui rappeler les problèmes de santé des prisonnierEs, avec l’exemple concret d’Eric Piedoie, co-infecté VIH-VHC en train d’agoniser en prison, et distribué un tract développant les points suivants :

Michel Mercier refuse la mise en place des programmes d’échange de seringues en prison. Il laisse incarcéréEs des personnes gravement malades ou grabataires, alors que les soins vitaux sont inaccessibles et que des dispositifs existent pour les faire sortir. Le ministre de la justice est responsable des contaminations au VIH et aux hépatites virales liées au partage de matériel d’injection. Il est responsable de la dégradation de la santé et de la mort des personnes gravement malades en prison.

Échange de seringues

Le « plan sanitaire détenu », sorti en 2010, évoque le tatouage, le piercing et la coupe des cheveux comme risques potentiels de transmission du sida et des hépatites virales en prison, mais occulte complètement l’injection de drogues. Or il s’agit du plus grand facteur de transmission de ces infections en détention.

Le rapport INSERM relatif à l’expertise collective sur la réduction des risques liés à l’usage de drogues (24 juin 2010) et l’avis du Conseil National du Sida sur le plan national VIH/IST 2010-2014 (28 juin 2010) recommandent la mise en place immédiate de programmes d’échanges de seringues en prison.

Prison + sida = peine de mort

Depuis des mois, nous alertons sur la situation dramatique d’Éric Piedoie, personne vivant avec le VIH et une hépatite virale, dont l’état de santé est très préoccupant. Alors que la loi de 1994 assure l’égalité des soins entre l’intérieur et l’extérieur de la prison, Éric Piedoie n’a pas accès aux soins et aux examens qui pourraient améliorer son état. Tous les certificats médicaux attestent que son pronostic vital est engagé, pourtant il ne bénéficie toujours pas de la suspension de peine pour raisons médicales.

L’État délinquant

La loi de 1994 instaurait l’égalité sanitaire entre la prison et l’extérieur. L’exemple d’Eric Piedoie et le refus de la mise en place de programmes d’échange de seringues démontrent que l’Etat n’applique pas les lois et ignore les mesures permettant de faire sortir de prison les personnes gravement malades ou grabataires.

On n’humanise pas une peine inhumaine

L’humanisation des prisons est au programme de ces journées parlementaires. Cela démontre que les prisons sont par définition inhumaines et qu’il faut réfléchir à d’autres formes de peine. Mais surtout, quelle légitimité accorder au législatif et l’exécutif pour parler de la réalité carcérale, quand l’un comme l’autre sont incapables d’y faire appliquer la loi.

Enfin, on peut parler d’obscénité, puisque le co-organisateur de cet événement n’est autre que la Sodexo, qui exploite légalement les prisonniÈrEs au nom de l’accès au travail, pour un salaire de misère et dans des conditions déplorables. La table ronde dédiée à ce sujet donnera la parole au Medef et à la Sodexo, en aucun cas aux prisonniÈrEs et aux syndicalistes.


Act Up-Paris exige :

- la mise en place de programmes d’échange de seringues et de réduction des risques en prison ;

- la libération immédiate d’Éric Piedoie, et l’application de toutes les mesures alternatives à la peine pour les personnes malades ou grabataires.

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 19:08

Une centaine de personnes - CGT, FO, Sud-Solidaires mais aussi des libertaires (AL, CNT, Fédération anarchiste - groupe lochu-Ferrer...) et des militantEs politiques (NPA, PCF...) - s'est rassemblée en soutien et pour la relaxe du camarade docker (CGT), injustement accusé d’avoir lancé un projectile sur les forces de l’ordre lors de la manifestation du 19 octobre 2010  contre la déforme des retraites ... alors que ce sont bien les forces de l’ordre  (de leur ordre) qui, sur le pont de Carnel, ont lancé des projectiles sur une manifestation tout à fait pacifique. Nous nous sommes donc retrouvéEs à partir de 13h30 et jusque 15h, devant le Palais d'Injustice (Tribunal correctionnel) de Lorient. Le délibéré est prévu le 12 mai. Le camarade risque 2 mois de taule avec sursis et 200 euros d'amendes. Nous avons aussi pu apprendre que 2 autres dockers font l'objet de poursuites par l'appareil d'Etat et sont convoqués, à ce titre, le jeudi 28 avril prochain.

 

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Selon Ouest-France du 14 avril 2011

À Lorient, un docker jugé pour violences lors d’une manifestation

Le procureur de la république du tribunal de Lorient a requis, ce jeudi après-midi, en audience correctionnelle, deux mois de prison avec sursis, et une amende de 200 € à l’encontre d’un jeune docker prévenu d’avoir jeté une pierre sur les forces de police lors de la manifestation sur les retraites du 19 octobre.

Elle s’était traduite par un face à face violent sur le pont de Carnel, entre manifestants et policiers. Le jeune homme a plaidé non coupable.

Il a affirmé ne pas se reconnaître sur clichés pris lors des affrontements. Le délibéré sera rendu le 12 mai. Pendant l’audience, une centaine de manifestants, à l'appel de la CGT, se sont rassemblés devant le tribunal pour soutenir le jeune docker.

À noter que deux autres de ses collègues seront entendus le 28 avril, par les policiers, pour des faits similaires commis le même jour. La CGT appelle à se rassembler de nouveau ce jour-là devant le commissariat de Lorient.

 

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Lorient ville

La manifestation dégénère : deux mois de prison requis

Musique à gogo, drapeaux rouges de la CGT aux portes du tribunal... Voilà pour le décor, du procès du docker jugé, hier, pour des jets de pierres sur un policier en civil, lors d'une des manifestations contre la réforme des retraites. Deux mois de prison avec sursis et 200 € d'amende ont été requis. Jugement le 12 mai.

 

De nombreux collègues et syndicalistes sont venus soutenir le docker lorientais.


La relaxe «au bénéfice du doute», c'est ce qu'a réclamé Emmanuelle Le Jossec. L'avocate du docker cégétiste a estimé que dans le dossier, rien ne permettait d'incriminer son client. À ses yeux, «dans cette affaire, on a un coupable idéal alors qu'il a toujours contesté avoir jeté des pierres sur le policier». Et d'ajouter, «oui, il a reconnu avoir été provoquant, avoir fait des doigts d'honneur et avoir repoussé des galets de gaz lacrymogène mais il ne peut pas s'accuser de quelque chose qu'il n'a pas fait !», tempête-t-elle. Le jeudi 19 octobre la manifestation, au départ pacifique et conviviale, contre la réforme des retraites s'était soldée par de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre faisant trois blessés (note Anars 56 : côté manifestants...). Alors que des milliers de personnes défilent aux abords du port de pêche, parmi lesquelles des enfants en poussette et des personnes âgées, quelques centaines de manifestants se trouvent bloqués, au niveau du pont de Carnel. C'est là que de violentes échauffourées éclatent entre les forces de l'ordre prévues pour protéger le dépôt pétrolier et les manifestants. docker-Telegramme.jpg

Désigné du doigt

C'est dans ces conditions qu'un policier en civil, arborant son brassard, a été la cible de jets de pierre. Chargé de prendre en photo les éléments les plus virulents de la manifestation, le fonctionnaire est formel sur l'identité de celui qui l'a désigné à ses camarades, pour en découdre avec lui. «Il m'a clairement montré du doigt à ses collègues et ça a commencé à caillasser», raconte le policier. Et d'ajouter, «il y avait un noyau dur qui était, là, pour bouffer du bleu !». Le docker lorientais de 29 ans, mis en cause, est tout aussi catégorique: il n'a pas lancé de pierres en direction du policier. Or sur une photo prise, on le verrait dans «la position de quelqu'un prêt à amorcer un geste de projection... ». Pour sa part, le docker dit que ce n'est pas lui, «je ne me reconnais pas sur la photo» qui pour lui «est floue». L'avocat du policier n'est pas du même avis et met en avant le bonnet qu'il portait, ses chaussures claires et... un morceau de tissu bleu dépassant de sa poche. Autant de signes distinctifs qui montrent, à ses yeux, que «c'est bien lui qui désigne à ses collègues le policier très reconnaissable avec ses 1,90m... ». Pour Me Groult «il n'est pas acceptable dans une société de droit que cela devienne une société du droit à la violence contre les forces de l'ordre malgré les différents ordres de dispersion».

Quasi-guérilla urbaine

Le procureur partage le même avis: «Raisonnablement, c'est bien lui que l'on voit armer son bras pour lancer un projectile». À son sens, il n'y a pas de place à une quelconque légitime défense dans cette «scène de quasi-guérilla urbaine». Il étaye sa conviction, «le travail de la police, c'est de repérer les agitateurs et cela faisait deux jours qu'il avait été repéré par le policier... ». «Un jeu du chat et de la souris», fait de salves de grenades lacrymogènes, côté forces de l'ordre et de jets de pierres, chez les manifestants. Pour sa part, l'avocat du policier demandait que le docker soit condamné à lui verser 150 € de dommages et intérêts et 450 € pour ses frais d'avocat.

 

Deux dockers convoqués le 28 avril par la police

15 avril 2011

Les manifestants (une centaine de syndicalistes, militants ou sympathisants) venus soutenir le jeune docker jusque sous les fenêtres de la salle d'audience l'ignorent sans doute mais ils n'ont pas été loin de provoquer le renvoi du dossier.

«Je suis timide»

En cause, une sono bien trop forte qui n'a pas manqué de provoquer l'ire du président Xavier de Bernouis. Ce dernier avait peine à entendre les propos des uns et des autres. Comme le rare public dans la salle d'audience. Le juge en a finalement été quitte pour requérir l'aide du prévenu afin de diminuer les décibels. Ce qui fut chose faite. En sortant du tribunal, le jeune prévenu s'excusait presque de tout ce bruit, au propre comme au figuré, fait autour de sa personne. Malgré les demandes des syndicalistes, il a même refusé de s'exprimer devant tous les manifestants. «Je suis très timide, a-t-il lâché. Mais le 12 mai, je serais là». Le rassemblement avait débuté quelques minutes avant que ne s'ouvre la session. Secrétaire CGT de l'union locale, Cyril Lebail avait annoncé la couleur en préambule. «Nous demandons tout simplement sa relaxe. Ou alors nous sommes tous coupables car nous étions là le 19 octobre pour aller jusqu'au port de pêche. Nous avons tous reçu des grenades, et ça, sans sommations. Les dockers sont visés car ils étaient à la pointe de la lutte. L'État ne le leur pardonne pas. C'est une vengeance, une mesquinerie». Présents en nombre parmi les manifestants, les dockers resteront dans l'actualité ces prochains jours. Le 28avril prochain, à 8h30, deux d'entre eux sont convoqués au commissariat de Lorient. «Sans motif pour l'instant, mais j'imagine que la raison est la même», avance l'un d'eux, Eddy Le Goulven, 31ans, présent hier pour soutenir son collègue. Et qui sera à nouveau présent le 12 mai prochain pour le délibéré.

 

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 21:29

 

Palais des Arts, Vannes, 20h30, ce vendredi 1er avril

 

"La folie n'est pas de voir un autre monde, mais de voir le monde tel qu'il est et de l'accepter". Remarque que l'on prête à Jacques Brel...

 

Une bonne trentaine de personnes a participé à cette soirée ! En attendant l'enregistrement (et peut-être la vidéo si le son est correct), en voici une synthèse.

Ce soir là, nous avions choisi de nous interroger sur un sujet d'actualité même si le grand public semble relativement indifférent. Il s'agit de l'enfermement psychiatrique.


Le 22 mars 2011, les députés, en notre nom, ont voté en première lecture une nouvelle loi qui se présente comme une amélioration de la prise en charge des patients atteints de maladie mentale...


Mais, selon de nombreuses associations de défense des droits de l'Homme et du secteur de la santé, cette loi est avant tout sécuritaire et liberticide (Cf. cet article) : elle introduit le casier psychiatrique à l'instar du casier judiciaire, elle octroie un pouvoir énorme aux Préfets à peine contrebalancé par l'intervention d'un juge et l'avis des médecins : le Préfet aura le dernier mot dans tous les cas ! Pour un regard plus précis sur cette loi, lire cet excellent article du Monde libertaire.


Cette loi va évidemment générer un encombrement des hôpitaux : en cas de trouble à l'ordre public, vous pourrez être contraint à un traitement à domicile, une  personne du corps médical passera chaque jour vous administrer votre  neuroleptique... Trouble à l'ordre public ? Mais n'est-ce pas le propre  de l'activité militante ? Combien d'entre nous sont-ils et sont-elles passibles de cette condamnation ? On évacue aussi les causes sociales  des comportements dits "hors normes"... N'est-ce pas cette société qui  devient folle ? Aussi s'agit-il de questionner le principe même de  l'enfermement psychiatrique et de la place du fou dans la société.

 

A ce sujet, nous accueillons Jacques Lesage de la Haye.

Biographie non exhaustive de l'intervenant :

 

Né le 4 septembre 1938 à Fort-de-France en Martinique.

Jeune, il s'engage dans le militantisme libertaire à la manière de la bande à Bonnot.

Il fut condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 1958. Il sort de prison au bout de 11 ans. Il y a connu l'enfermement au mitard et la prise de médicaments dits neuro-stabilisateurs dont il eut du mal à s'en défaire. Son frère, qui a eu le même parcours, n'eut pas la même chance. Au bout de 18 mois d'enfermement il « perdit la boule » selon les termes de Jacques Lesage de La Haye.

A sa sortie, Jacques termina les études de psychologie qu'il n'avait pu finir en prison.

De 1969 à 1971, il est psycho-sociothérapeute au Centre psychothérapeutique de Reuil-Malmaison. De 1972 à 2003, il est psychologue à l'Etablissement public de santé de Ville-Evrard. Durant cette même période, il est chargé de cours à l'université de Paris 8 où il enseigne non seulement la psychiatrie, l'analyse reichienne mais aussi les questions autour de la « délinquance et la toxicomanie ». Il est depuis 1980 analyste reichien et formateur du Cercle d'Etudes Wilhelm Reich à Paris dont il est l'un des fondateurs.

Il crée, dès 1974, le mouvement Marge et la revue du même nom. Il fait partie du mouvement anti-psychatrie et lutte contre l'enfermement. Il est fondateur et animateur de l'émission anti carcérale « Ras les murs » depuis 1989 sur  Radio libertaire. Il participe depuis 2010 à la fondation de l'Association Nationale de Justice Réparatrice qui a pour mission de lutter contre le récidivisme.

Il a écrit de nombreux ouvrages et articles depuis 1971.

 

 

Intervention de Jacques Lesage de la Haye :

 

De son vécu de « taulard », Jacques Lesage de La Haye se rendit vite compte que l'hôpital psychiatrique et la prison sont des choses semblables. Dans les deux cas, l'enfermement n'arrange rien. Au contraire, l'enfermement empire les pathologies. L'hôpital psychiatrique est construit comme une prison. Il y a le cachot, le mitard, la prison dans la prison. Dans l'HP on appelle ça la « cellule d'isolement ». L'HP est pire que la prison car, d'une part, à la « cellule d'isolement » s'ajoutent les médicaments, qui sont un enfermement psychologique, d'autre part il y a les effets secondaires à cette prise de médicaments, puis le diagnostic qui enferme le patient dans une boîte sociale, ensuite, l'appellation de « malade » plutôt que de « patient », mais aussi, l'inscription dans un fichier donné au commissariat, …. Le patient est donc enfermé physiquement, psychiquement, et socialement.

Dans les deux cas, prison et HP, l'enfermement sert à rassurer ceux qui sont à l'extérieur. L'hôpital psychiatrique sert à faire croire à ceux qui sont dehors qu'ils ne sont pas fous. Or nous sommes tous fous. Être fou est de ne pas croire en sa folie, de ne pas se rendre compte de sa folie. La solution n'est pas d'enfermer les soi-disants « plus fous que nous » mais de se demander comment on peut traiter cette folie commune.

Une solution avait été proposée qui ne semble pas viable selon Jacques Lesage de La Haye. Il s'agit du « suivi-en ville ». Or, le fou qui ne se croie pas fou puisqu'il est fou arrête son traitement, ne va pas voir le psychologue ou psychiatre, et empire son cas. Il s'en suit qu'il commet des fautes graves aux yeux de la loi et se retrouve en prison. Selon Jacques Lesage de La Haye, 30% des gens non suivis sont en taule. La solution n'est ni d'enfermer ni de laisser à l'abandon les personnes psychologiquement en difficulté, en souffrance. Tout d'abord, la société doit revoir sa vision du fou et de la folie. Jacques Lesage de la Haye proclame le droit à la folie. Ensuite, il faut réviser les lois actuelles qui n'ont d'objectif que la sécurité, qui fonctionnent sur les peurs humaines, qui permettent à une population de privilégiés de détenir le pouvoir. Il faut sortir de la terreur et de l'idéologie sécuritaire. Puis, il faut établir entre le patient et le thérapeute un travail en confiance, un partage d'affect, d'amour, de respect de la liberté de l'autre. La thérapie que préconise Jacques Lesage de La Haye est basée sur les théories et pratiques de W. Reich. Il s'agit non seulement de faire un travail d'analyse sur les traumas liés à la genèse de l'individu, in utérus, naissance, enfance, mais aussi de soigner le corps dans sa chair par des pratiques comme le yoga, l'expression corporelle, la danse, les massages, la musique, l'art-thérapie, etc., et de rendre compte des pathologies qui sont liées non seulement au vécu personnel mais aussi par la société capitaliste (pouvoir dévalorisant de la normalité, idéologie du progrès, de la performance, enfermement dans les prisons, psychiatrie mal construite et poussée par les lobbies pharmaceutiques, etc.)

Enfin, guérir c'est rentrer dans la dynamique qui nous constitue et sublimer notre problématique. Jacques Lesage de La Haye dénonce donc l'enfermement psychiatrique et propose notamment des visites à domicile qui renforcent l'attitude fraternelle, le partage d'affect, l'échange, le sentiment d'indépendance et de liberté, le suivi psychologique du patient et l'élaboration par le patient et le thérapeute d'un « signal rouge » dans le comportement de l'individu qui annonce le passage de névrosé, de nous, à un « fou »...

 

Débat :


Certains points de l'intervention de Jacques Lesage de la Haye ont été mis à la loupe. Premièrement, la répression est en rapport avec le capitalisme. Les laboratoires pharmaceutiques sont à la porte des hôpitaux psychiatriques. Ils offrent des bateaux, des voitures, des buffets, etc., aux différents services dans les hôpitaux psychiatriques. Ils font du commerce au détriment de la santé mentale.

Deuxièmement, la psychanalyse n'est plus présente dans les hôpitaux psychiatriques. Chaque symptôme a son médicament, son traitement chimique.

Troisièmement, les laboratoires profitent des hôpitaux pour faire des expériences. Ils testent certains médicaments. Ils y a parfois des effets secondaires irréversibles comme la cécité. Or, le médicament est une camisole. Il peut certes aider certains sujets dont la souffrance est telle qu'ils ne peuvent vivre « normalement » sans. Jacques Lesage de la Haye conclut le débat en constatant que dans notre société actuelle, la pulsion de vie est brimée. Notre destin est incompréhensible, difficile. Nous sommes angoissés. Nous avons peur. Nous souffrons.

Selon Jacques LDLH, une société libertaire ne sera pas exempte de délinquance et de problèmes psys... même si elle les amoindrira par ses caractères égalitaires et émancipateurs... (Resteront l'angoisse de la mort, l'absurdité de la vie, les traumatismes liés à l'enfance...) Mais si cette société se prétend libertaire, ce seront ses manières de traiter ces situations qui feront la différence, en tout cas elle se refusera à l'enfermement qui ne résout rien, au contraire.

 

 

 

 

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Réunion publique ANNULÉE pour cause de couvre-feu étatique : Mardi 27 Octobre - Rennes - 20h. Réunion publique : « Les résistances paysannes : une autre conception du progrès » avec Silvia Pérez-Vitoria (universitaire, auteure de « La riposte des paysans » et « Manifeste pour un XXIème siècle paysan », elle collabore aux revues « L’Ecologiste » et « Nature et Progrès »…). - Salle 12 Maison des associations 6 Cours des Alliés. Par le groupe la Sociale de la Fédération anarchiste

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Soirée ANNULÉE : Vendredi 30 octobre - Lorient, cité Allende (12 rue Colbert) - 20h Conférence-débat par Pinar SELEK, à propos de l'article de Voltairine de Cleyre « Le mariage est une mauvaise action ». Organisée par les Ami.e.s de Voltairine

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Lundi 2 novembre - Rennes - 19h Causerie Populaire : Croissance économique & décroissance globale : de quoi parle-t-on ? Avec François Graner, biophysicien directeur de recherche au CNRS de l’Université de Paris – Diderot. Débat animé par Jean-Pierre Tertrais, auteur d’une centaine d’articles dans le Monde Libertaire, des brochures et livres sur la décroissance. au local la commune, 17 rue de Châteaudun, Rennes. Par le groupe la Sociale de la Fédération anarchiste

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Jeudi 5 novembre - Vannes - 14h30 Mobilisation des salarié.e.s du social et du médico-social public et privé "en solde et en grève" contre l'imposture du "Segur" (- 183 euros), à l'appel de la CGT 56 "Santé et action sociale". Rdv Place de la mairie

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Lundi 9 novembre - Questembert, cinéma Iris - 20h30 Ciné-débat "Un pays qui se tient sage" de David Dufresnes (sur les violences policières), en présence du réalisateur. Tarifs habituels

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Jeudi 12 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h45 Ciné-débat "La cravate" (sur le parcours d'un militant d'extrême-droite), en présence du co-réalisateur Etienne Chaillou. Tarifs habituels

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Samedi 14 novembre - Belle-Ile, Le Palais, salle Arletty - 20h30 Ciné-débat "Delphine et Carole, insoumuses" (Ce voyage au cœur du « féminisme enchanté » des années 1970 relate la rencontre entre la comédienne Delphine Seyrig et la vidéaste Carole Roussopoulos. Derrière leurs combats menés caméra au poing, surgit un ton empreint d’humour et d’insolence. Réalisé par la petite-fille de Carole). Rencontre avec Josiane Zardoya, monteuse du film.  

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Jeudi 19 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Mon pays fabrique des armes" (sidérante enquête sur les ventes d'armes françaises), d'Anne POIRET. En partenariat avec Amnesty International, avec Jean Froidefond de la commission "armes" d'Amnesty et Armand Paquereau de la campagne "Silence ! On arme". Tarifs habituels

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Vendredi 27 novembre - Lorient, cité Allende (12 rue Colbert) - 20h Conférence-débat « La contraception masculine » par l’association Thomas Bouaoù – avec lectures de textes du livre d’André MOREL « Le Zoïde ». Organisée par les Ami.e.s de Voltairine

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Dimanche 29 novembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 18h Ciné-débat "LIP. L'imagination au pouvoir" (sur une entreprise reprise en autogestion par ses employé.e.s au cours d'une grève). Suivi d'une rencontre avec l'équipe de l'Usine Invisible, structure solidaire développée dans le Morbihan dans un souci de juste reconnaissance et rémunération des couturièr.e.s mobilisé.e.s par la crise sanitaire

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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Concerts

Autres événements

Au cinéma Ti Hanok à Auray Dim 29 nov