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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 10:46
Créé en mai 2009 à l'initiative du groupe libertaire Lochu, le Comité de vigilance contre l'extrême-droite dans le Morbihan est devenu rapidement régional, à la suite de la menace d'intervention des identitaires au cours d'une réunion (qui ne sont même pas venus d'ailleurs !!!! il est vrai qu'il y avait un sympathique comité d'accueil... )
Evidemment, le groupe libertaire Lochu - Ferrer (Fédération Anarchiste 56) est adhérent de ce Comité de vigilance contre l'extrême-droite en Bretagne (CVED Bretagne), dont voici la charte et l'adresse du site.


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http://pagesperso-orange.fr/CVED-BZH/

CVED Bretagne

Comité de Vigilance contre l'Extrême-Droite
en Bretagne

 

cvedbzh@riseup.net

 

 

CHARTE DU COMITÉ DE VIGILANCE

CONTRE L’EXTRÊME-DROITE. BRETAGNE


A partir du constat que tente de s’implanter en Bretagne une nouvelle forme d’extrême-droite plus radicale, des individus, associations, organisations syndicales et politiques ont constitué au niveau régional un Comité de Vigilance contre l’extrême-droite (CVED).


Ce CVED a pour objectif de combattre les idées de l’extrême-droite, quelles qu’en soient leurs formes. Pour ce faire, il convient, dans un premier temps, d’identifier les organisations qui relaient ces idées, leurs implantations, leurs initiatives et leur structure politique, puis dans un deuxième temps, de les dénoncer.


Le CVED prend toutes les initiatives pour combattre également toute forme d’exclusion et de discrimination : le sexisme, le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie…


Sachant que la crise actuelle permet à l’extrême-droite de se développer plus rapidement, le CVED s’inscrit dans la dénonciation, sans équivoque, du capitalisme qui, de par son principe d’inégalités, d’exploitation et de paupérisation, sert de terreau au fascisme.


De par sa structure en réseaux sur le territoire breton, le CVED a aussi pour objectif de riposter au plus vite à toute démonstration ou expression publique de l’extrême-droite. Il a pour tâche d’alerter la population, les associations, organisations politiques et syndicales susceptibles d’être infiltrées ou manipulées.


Le CVED peut mettre en relation des individus, associations, comités locaux qui, localement voudront agir en ce sens.


Le CVED encourage la mise en place de comités locaux.


Enfin, le CVED n’est pas un parti et n’admet la priorité d’aucune organisation ni association qui le composent. Il est et doit rester l’expression commune d’un ensemble d’individus, d’associations ou organisations qui n’auront pour seul objectif que de combattre en Bretagne comme partout l’extrême-droite.

 

Organisations membres du CVED- Bretagne ou le soutenant       (début juillet 2009)

Morbihan : CGT Educ'action ; Chômeurs Rebelles CGT ; Sud Education ; CNT 56 ; Groupe Lochu - FA; Section PC Lanester ; NPA 56 ; AL 56; Ingalañ

Ille et Vilaine : Sud Rail 35 ; Collectif antifa rennais ; CBIL ; Comité étudiant Rennes NPA ; AL Rennes

Côtes d'Armor : NPA Lannion ; groupe anarchiste jes futuro ; CBIL

Finistère : Ras l'Front Trégor ; NPA Carhaix ; NPA 29, groupe anarchiste Crabes

Loire Atlantique : CBIL ; Ingalañ Bro Naoned
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Published by anars56 - dans Anti nationalisme
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 18:59

Le texte qui suit est une position adoptée en avril 2002 par les groupes de Bretagne de la fédération anarchiste, réunis au local "la Commune" du groupe de Rennes de la FA.

Anarchisme, cultures, nations...

 

L’anarchisme se fonde sur deux revendications majeures : la liberté des individu-e-s et l'égalité économique et sociale. Le fonctionnement anarchiste d'une société repose donc sur la libre association des individu-e-s qui la composent, l'efficacité étant garantie par la pratique fédéraliste.


C'est à la lumière de ces principes fondateurs de l'anarchisme que nous pouvons aborder clairement les questions culturelles ou identitaires.


D'une part, la libre association contient le droit sans équivoque de chacune et chacun à se reconnaître, partiellement ou complètement, dans des affinités ou des pratiques collectives, qu'elles soient culturelles, politiques, intellectuelles ou autres. Ces affinités et pratiques peuvent s’exercer sur les bases géographiques qu’elles se choisissent.


Cette liberté inclut, comme toutes les libertés, les conditions de son exercice effectif ; cela comprend donc le droit à l'usage des langues quelles qu'elles soient et la possibilité effective d'apprendre ces langues, notamment au sein de l'école publique.

 

Le même principe de liberté individuelle contient aussi le droit de chacun-e à forger sa propre identité, sans être contraint-e par une pseudo-identité collective, qu'elle se pare des oripeaux de la culture ou de la nation.

 

Il est important de développer une ou des langues communes qui ne soient pas une ou des langues de domination qui privilégient un groupe particulier. Cette ou ces langues qui pourraient être l’espéranto ou un langage des signes doivent permettre la compréhension et la solidarité entre tous les groupes humains.

 

D’autre part, au nom de nos principes anarchistes, nous ne pouvons que condamner la politique française de répression des cultures et des langues dites minoritaires, menée pendant des décennies.

 

De même, il est nécessaire de résister à l'instrumentalisation de la culture, de la langue et du sentiment identitaire par les bourgeoisies locales (comme l'Institut de Locarn) et les organisations politiques qui s'en servent pour raviver un consensus interclassiste et finalement maintenir l'oppression de classe.

 

Il faut distinguer les résistances à des oppressions subies par des populations et les tentatives par les mouvements nationalistes de canaliser ces résistances dans une finalité de prise de pouvoir et de construction d’un Etat.

 

De plus, les libertaires sont conscient-e-s que les phénomènes collectifs, les cultures, peuvent être vecteurs d'idées réactionnaires : s'il nous arrive de nous inscrire individuellement, ou collectivement, dans des courants culturels, nous en dénonçons donc les éventuels aspects autoritaires et tâchons d'y promouvoir nos idées, et d'y faire avancer nos luttes pour une société solidaire.


Enfin, nous ne confondons pas culture, nation et Etat. Les anarchistes sont internationalistes ou anationalistes, refusent qu’on leur affuble une nationalité et luttent contre l’Etat. Vouloir, sous prétexte culturel, religieux, ethnique..., créer un territoire autour d’un Etat national ou régional revient nécessairement au niveau politique et économique à reproduire la société de classes et d’oppression, et au niveau culturel à reproduire à moindre échelle le mode de domination que nous dénonçons pour tout Etat, à commencer par l’Etat français.


Nous, anarchistes, défendons  le fédéralisme libertaire qui permettra, en même temps que résister à la mondialisation capitaliste, le développement d'une société égalitaire et émancipée et le libre épanouissement des individus. C'est dans cette perspective que nos différences, notamment culturelles, permettront l'enrichissement mutuel de chacune et chacun d'entre nous.

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Published by anars56 - dans Anti nationalisme
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 17:17

Institut de Locarn

le retour

 

Les lecteurs et lectrices du Monde libertaire se rappellent sans doute que l’Union régionale Bretagne de la Fédération anarchiste avait mené l’an passé une campagne contre le cercle patronal Institut de Locarn. Celle-ci s’était déroulée au moment du sommet de l’OMC au Qatar, partant du principe que la mondialisation capitaliste ne s’organise pas seulement dans les rencontres des maîtres du monde, mais qu’elle émerge tout autant au sein de réseaux locaux.


Dans le Morbihan était né le collectif Dénoncer l’Institut de Locarn, Davos breton, composé d’organisations diverses (Attac, FA, Confédération paysanne, Libre-pensée, CNT, etc.). Nous avons depuis mis en place un dispositif de veille pour récolter toute information à même de nous mobiliser le cas échéant.


Le cas échut donc lors de l’adhésion de la ville de Vannes à l’Institut de Locarn lors du conseil municipal du 4 novembre dernier, malgré notre rassemblement face à la Mairie avec diffusion de tracts rappelant l’aspect réactionnaire et l’idéologie ultralibérale de cet institut. Le maire de Vannes, F. Goulard (Démocratie libérale), qui prend du grade au sein de l’UMP, s’était déjà illustré en septembre par une proposition de loi visant à permettre aux collectivités locales de financer les écoles privées à hauteur de 50 % s’il n’existe pas d’école publique dans le secteur. Face au tollé, cette attaque anti-laïque a fait long feu, mais elle présente néanmoins l’engagement de M. le député-maire…

Si on joue les naïfs et naïves, on ne peut que s’étonner que ce partisan de l’allègement de la « charge fiscale » subventionne pour 17’800 euros (15’500 pour l’adhésion, 2’300 euros pour la cotisation annuelle) un organisme composé de la fine fleur du patronat breton qui a ouvert en avril 2001 une « école de guerre économique ». Ainsi, nous apprend Ouest-France du 8 octobre 2002, l’Institut de Locarn veut « former des dirigeants à l’intelligence économique », « le premier stage, qui coûte 2500 euros sur trois jours (les 26, 27 et 28 novembre), doit initier les patrons à la recherche d’informations, à la sécurité informatique, à la protection des savoir-faire, au lobbying et même, à la désinformation, etc. ».

Ce que dit la majorité au conseil municipal : « L’Institut de Locarn s’adresse aux chefs d’entreprises, aux acteurs économiques et politiques de la Bretagne auxquels il propose de partager son ambition d’un modèle de développement fondé non seulement sur l’économique, mais intégrant aussi les réalités culturelles. »


Ce qui ne vous sera pas dit :
- Le conseil d’administration de l’Institut de Locarn est composé largement par le patronat de l’agroalimentaire (Glon, Hénaff, etc.). Peut-on faire confiance au modèle de développement prôné par ces industriels ? Interrogeons-nous sur la qualité de l’eau et de l’air en Bretagne et sur les conditions de travail dans ces entreprises. Ouest-France du 8 novembre 2002 nous révèle : « En Bretagne, un accident du travail sur quatre a lieu en agroalimentaire. Avec 2’472 cas, les troubles musculo-squelettiques (maladie professionnelle) ont progressé de 24 % » selon une enquête auprès de 84 entreprises de plus de 50 salariés. « Les relations sociales sont mauvaises ou inexistantes dans 47 % des entreprises. »
- Si la concentration de l’agroalimentaire crée bon an mal an, de 5’000 à 10’000 emplois salariés dans l’industrie (souvent des emplois peu qualifiés et sans intérêt), elle élimine chaque année 30’000 petits paysans. L’impact sur l’aménagement du territoire est édifiant.
- Ces industriels sont les premiers à licencier ou à réclamer des subventions dès que ça tourne mal. Ainsi Glon, président de l’Institut de Locarn, deuxième fortune de Bretagne, dont le groupe Glon-Sanders est numéro un de l’alimentation animale en France, licencie 180 personnes à l’abattoir de volailles de Keranna à Guiscriff et touche 700’000 euros du conseil général, autant du conseil régional et 1,3 millions d’euros de l’État pour moderniser le site. Pas mal, pour quelqu’un qui vilipende les assistés ! N’est-ce pas une démonstration de la soumission du politique à l’économique : voter devient alors sans objet vu que c’est le travail en lobbying qui est à l’origine de toutes décisions. La démocratie n’est plus qu’un mot.
- Sous couvert d’intégrer les réalités culturelles, l’Institut de Locarn cherche à développer un sentiment identitaire en Bretagne pour mieux imposer ses idées. L’Institut de Locarn milite pour une Europe des régions à fortes identités dans laquelle la Bretagne serait un fer de lance, « un tigre européen » dans une Europe fédérale.


Et, il ne faut pas se leurrer, sous le masque de la démocratie de proximité, de la prise en compte des réalités locales, la décentralisation-régionalisation du gouvernement Raffarin risque bien d’aboutir aux souhaits de cet Institut :
- Éducation régionale : c’est-à-dire des diplômes à valeur régionale et un mécénat d’entreprises dans les universités qui oriente et permet de trier les « bons étudiants et bonnes étudiantes ». L’Institut pénètre déjà le milieu universitaire : le président du conseil d’administration de l’IUT de Vannes, Serge Capitaine, du groupe TFE, est membre de l’Institut. De même, Alain Glon a parrainé la remise de diplômes de la maîtrise de sciences de gestion de l’IUT de Vannes.
- Code du travail régional avec conventions collectives régionales ou, pire, juste accords d’entreprises. C’est la casse de la protection des salariés, pourtant bien maigre. Les relations patrons/salariés seront soumises au rapport de force local. Vu le faible degré d’organisation des salariés et salariées, c’est la porte ouverte à l’arbitraire patronal, le contrat de travail risquant de se résumer à : « Accepte, tais-toi ou… dégage ! »
- Sécurité sociale régionale, c’est-à-dire inégalité de couverture sociale selon que l’on habite Vannes ou Toulouse, par exemple.
- Fonds de pension régional.
- Remise en cause de la laïcité. À la création de l’Institut de Locarn en 1994, les liens avec l’Opus Dei étaient particulièrement évidents : l’inauguration a eu lieu en présence du député européen Otto de Habsbourg, un « officiel » de cette secte catholique.

Leur but s’apparente alors à la constitution d’une fédération européenne de régions ethniques, c’est-à-dire le retour aux temps des féodalités. Dans Ouest-France du 3 octobre 2001, Yves Rocher, dont le groupe est aussi représenté à l’Institut, entre autres avec Guy Plunier, fondateur de Catholiques pour les libertés économiques, présente son combat : « créer des emplois sur NOS terres, en Bretagne ». Mon seigneur est trop bon !

Les membres de l’Institut de Locarn recherchent les élites qui pourront leur rapporter mais n’ont pas de considération pour la ou le pékin. Le vecteur culturel est le prétexte pour souder toute la population derrière leurs intérêts, une sorte de nationalisme pour la guerre économique, comme si les classes sociales n’existaient plus.


Ces gens-là, quoiqu’ils s’en défendent, sont des militant(e)s politiques avec pour idéologie l’ultralibéralisme, le consensus identitaire à la sauce catholique réactionnaire. Élitistes, donc opposé(e)s à l’égalité, ils cachent leur « racisme » derrière des termes élégants mais pourtant bien puants… L’instigateur originel de l’Institut de Locarn, le professeur en HEC (haute école de commerce) et ex-consultant pour la DGSE (services secrets), Joseph Le Bihan, évoqua ainsi dans une conférence en 1992 « les peuples à culture énergique et les peuples à culture molle ».


Face à cet assaut, le collectif continue à informer la population et prépare une demande d’annulation de l’adhésion de la ville de Vannes auprès du préfet, avant d’entamer une procédure auprès du tribunal administratif.


Pour notre part, anarchistes, nous ne mettons pas en avant la République une, indivisible et laïque comme rempart aux dangereuses extravagances de ces réseaux patronaux et de leurs relais politiques. Opposé(e)s aux frontières et au nationalisme, nous restons de fervents partisans et ferventes partisanes du fédéralisme (liberté), c’est-à-dire l’autonomie d’un groupe humain dans son organisation interne et sa libre association par contrat mutuel avec d’autres groupes, mais nous ne séparons pas le fédéralisme du socialisme (égalité), c’est-à-dire la propriété collective des moyens de production et d’échange dont la règle sera de chacun(e) selon ses moyens à chacun(e) selon ses besoins, en prenant en compte les impacts sociaux et écologiques de toute décision. Il est évident qu’il sera laissé entière liberté aux individus qui ne souhaitent pas du travail associé et autogéré, pour leur permettre de s’organiser en autonomie maximum, à condition qu’ils et qu’elles n’exploitent pas le travail d’autrui. Dès la constitution du mouvement anarchiste, Bakounine constatait que la liberté (le fédéralisme) sans l’égalité, c’était l’exploitation des hommes et des femmes par une minorité et l’égalité (le socialisme) sans la liberté, c’était l’esclavage. C’est pourquoi notre principal objectif est de construire le mouvement et les expériences qui réussissent à lier les deux, et d’empêcher tout projet qui viserait à entraver notre émancipation. Minuscules moustiques face au puissant Institut de Locarn, nous entendons bien lui faire des boutons que nous souhaitons particulièrement irritants… L’idéal étant d’atteindre une allergie généralisée et mortelle !

 

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Cet article rédigé en décembre 2002 ne présente pas l'épilogue heureux (pour une fois !) qui a eu lieu deux ou trois ans plus tard. En effet, les Vannetais et Vannetaises (membres du collectif Dénoncer l'Institut de Locarn), qui avaient saisi le tribunal administratif pour dénoncer l'adhésion de la ville de Vannes à cet Institut... ont GAGNE !!! Le Tribunal administratif a, en effet, estimé que les habitant-e-s de la ville de Vannes n'y avaient pas d'intérêt et il a cassé cette adhésion... Ceci dit, on ne sait toujours pas si l'argent a été reversé par l'institut de Locarn à la ville de Vannes...

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Published by anars56 - dans anticapitalisme
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 21:11
En 2001, à notre initiative, une campagne avait été menée contre l'Institut de Locarn. Elle garde toute sa pertinence ! Voici le texte du 4 pages que nous avions rédigé pour l'occasion.

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La mondialisation*, c’est arrivé près de chez vous

 (* Mondialisation = globalisation capitaliste)


Depuis Seattle en novembre 1999, les sommets internationaux des puissances étatiques et financières (G8, OMC,…) sont perturbés par des manifestations de masse. La résignation face aux Puissants semble s’estomper et des milliers de personnes n’acceptent plus leur logique de course au profit.

Rusés, ces maîtres du monde jouent plusieurs cartes pour désamorcer les mouvements qui osent les remettre en cause :

- Fichage et répression policière gigantesques ;

- Coûts des déplacements en temps et en argent pour les opposant-e-s. Les prochains sommets seront excentrés…

- Tentative d’intégration des forces contestataires les moins radicales pour mieux les absorber et pour éloigner les véritables éléments subversifs.


Mais les sommets ne sont que la partie “ spectacle ” des échanges entre puissants pour se partager le gâteau “ monde ”. Nous ignorons presque tout de leurs réunions secrètes, des tractations entre groupes de pressions (les fameux lobbies) À tel point que les représentants des États ne représentent guère les intérêts de leurs électeurs et électrices, mais bien ceux du monde capitaliste.

Et parfois il ne suffit pas d’aller loin pour trouver où s’organisent les requins. Ainsi, cette fois, nous ne nous épuiserons pas pour aller jusqu’au Qatar, prochain sommet de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). En centre Bretagne, il existe un des éléments clés de cette mondialisation, intitulé “ Institut de Locarn, cultures et stratégies internationales ”. Avançant sous les traits de l’élite des forces vives économiques bretonnes, autoproclamé le “ Davos breton ”, cet organisme de formation idéologique mélange savamment élitisme, ultra-libéralisme, catholicisme intégriste et nationalisme.

C’est pourquoi, manifester à Locarn contre cette institution ne se limite pas à une lutte symbolique et abstraite : il s’agit de montrer comment les thèses réactionnaires de cet institut se traduisent concrètement pour mieux les combattre.

 Son objectif politique étant la constitution d’une Europe des régions dont le lien serait le catholicisme, avec l’entreprise comme famille et le patron comme chef de famille. Locarn voit en effet dans la guerre économique une guerre des cultures. Il ne faut pas sous-estimer la capacité de nuisance des idées que diffuse cet institut : “ la mondialisation unifie, efface les frontières mais en même temps en crée de nouvelles. C’est pourquoi les élites régionales ne sont pas défavorables à la mondialisation ni à l’Europe. ” (Alain Dieckhoff : Directeur de recherche au CNRS, intervenant à Locarn le 23 mars 2001).

 

Des gens souffrent de ce modèle, qui n'est pas particulier à la Bretagne, mais sévit partout dans le monde : conditions salariales dégradées par la précarité, la flexibilité et le chômage, cadre de vie dégradé par diverses pollutions, déstabilisation de la paysannerie par la course à la compétitivité.

Ce patronat breton qui prétend faire de l'emploi sa préoccupation principale est parmi les premiers à licencier dans cette période de reflux économique : hausse du chômage de 4,9% en juillet 2001 en Bretagne, soit plus du double de la hausse moyenne constatée en France, selon la DRTE de Bretagne.



Créé en 1994, à Locarn, près de Carhaix, par Joseph Le Bihan, professeur d’économie à HEC et ex-consultant de la DGSE (services secrets), l’Institut se définit comme un centre de recherche et de prospective pour les patrons bretons. Appelé à “ imaginer la Bretagne du futur , “ à bâtir de nouvelles lignes d’horizon pour la Bretagne de demain ”, Alain Glon, J-P Le Roch (Intermarché), J‑J Hénaff (les pâtés), Patrick Le Lay (TF1) et une soixantaine d’autres patrons bretons ont lâché chacun 100 000 F pour la création de “ lInstitut ”, les collectivités publiques assurant l’autre partie du financement.

Inauguré par l’Archiduc Otto de Habsbourg, membre de l’Opus Dei et par Yvon Bourges (ex-président du Conseil régional de Bretagne), l’Institut de Locarn ambitionne de faire de la Bretagne “ un tigre économique dans une Europe fédérale ”.

L’Institut réunit les représentants du secteur privé industriel, agricole, commercial et médiatique, mais aussi des services publics (EDF, France-Télécom) de sociétés d’économie mixte (Port autonome de Nantes-St-Nazaire) et de coopératives agricoles (Coopagri). Tout ce petit monde se retrouve pour chercher ensemble les moyens de leur expansion.

 

 

Le fonds de commerce de l’Institut de Locarn


“ Les fondements de notre action, de l’action des décideurs et des entrepreneurs sont :

- l’enracinement dans notre culture Bretonne.

- la capacité d’imaginer le futur. À Locarn, on invente le futur ” (propos d’Alain Glon, Président de l’Institut de Locarn).

 


Pourquoi donner tant d’importance au culturel ?

Le stratagème des tenants du pouvoir pour rallier le plus grand nombre à leurs objectifs et éventuellement détourner la contestation consiste à les orienter vers d’autres voies, sous couvert de projet de société. La ficelle classique est le nationalisme (ou sa variante régionaliste). Celui-ci consiste à faire croire et adhérer à des projets communs entre tous les habitant-e-s d’un territoire, peu importe leur situation dans l’échelle sociale. Leur but n’est donc pas tant de soutenir une culture riche de diversité et vivante mais bien de s’en servir comme véhicule pour développer leurs affaires. Sous cet aspect, la culture mâtinée de nationalisme n’est pas un rempart contre la mondialisation mais bien un de ses aspects, sans doute parmi les plus difficiles à combattre. L’Institut l’a bien compris…

Constitué au printemps 2001,  le Parti Breton semble être la “ branche politique ” de Locarn, tant les sujets abordés à Locarn se retrouvent dans les objectifs de ce parti. Dans un courrier à Ouest-France, messieurs Divard et Moisan (ce dernier intervient régulièrement à Locarn sur les bio-technologies) écrivent ceci : “ de nombreuses analyses s’accordent pour dire que l’enracinement et l’identification d’un peuple à son territoire sont des facteurs incontestables de développement économique. L’Ėcosse, l’Irlande, la Catalogne ou la Bavière en sont de brillants exemples ”.

De son côté, Patrick Mareschal, adjoint au maire PS de Nantes qui fut le premier président du CUAB (Comité pour l’Unité Administrative de la Bretagne), partage l’idée que “ le sentiment identitaire joue un rôle dans l’auto développement ”.

Ėvidemment, jamais ces responsables politiques et économiques ne mettent au débat public quoi développer, pourquoi il faut le faire et au bénéfice de qui. Les dés sont dès lors pipés.

 


 

À l’origine de l’Institut de Locarn, de fortes références catholiques…

 

Si le patronat breton est traditionnellement proche de la démocratie chrétienne, on note une radicalisation de ce catholicisme sous l’impulsion d’un certain nombre de participants actifs de l’Institut de Locarn

- Joseph le Bihan, son fondateur, est connu pour ses prises de position ouvertement racistes sur l’Occident chrétien, le déclin démographique, la rechristianisation, etc.

- Guy Plunier (un dirigeant d’Yves ROCHER) qui fut secrétaire général de l’Institut est le cofondateur du Cercle des Nations à Bruxelles, de Catholiques pour les Libertés Ėconomiques (CLE). Le président de CLE est le conseiller économique de Le Pen. CLE organise des conférences mensuelles pour les conseillers économiques des gouvernements catholiques d’Amérique du Sud et d’Europe centrale. Guy Plunier est membre de l’Opus Dei…

- Parmi les financeurs de la venue du Pape en France en 1996, figurent Jean-Pierre Le Roch (président du groupe Intermarché) et ex-président de l’Institut, Yves Rocher, etc… C’est d’ailleurs, depuis l’Institut, qu’a circulé une pétition réclamant un discours du Pape en breton lors de son étape à Sainte Anne d’Auray…

- L’Institut a été béni par le moine bénédictin, et intégriste, “ Dom Le Gall ”.

- Une Europe des régions catholiques offre un cadre éthique et rassurant pour le patronat en mal d’identité et lassé des contraintes sociales. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre la genèse de cet Institut. Et, précise Glon (actuel Président de Locarn), si l’Institut s’ouvre désormais sur l’extérieur, c’est en conservant sa vocation.

- L’Opus Dei est une société secrète au sein de l’Ėglise catholique. Née en 1928 en Espagne, elle a pour objet de restaurer les valeurs morales. Soutien de Franco jusqu’à sa mort, elle recrute à travers le monde parmi tous ceux et toutes celles qui peuvent être influents (du monde religieux au monde politique, économique, etc.). Son rôle de lobby au sein des institutions européennes est notoire.



Des médias au diapason


Le sentiment d’identité, comme l’opinion, ça se travaille. L’hebdomadaire “ le Nouvel Ouest ” et TV Breizh, filiale de TF1, sont ainsi largement parrainés par l’Institut de Locarn.

Cependant, ces deux médias peinent à percer : ainsi, TV Breizh, lancée par Patrick Le Lay, PDG de TF1 et membre de Locarn, atteint à peine 0,1 % des parts d’audience.

Ouest-France est, par ses éditorialistes et en particulier son PDG François-Régis Hutin, une chambre à écho des thèses de Locarn (Europe des Régions, défense du catholicisme, anti-syndicalisme, etc.).

Dans le même registre, Ouest-France a publié l’Histoire de Bretagne en bande-dessinée de  Secher et Le Honzec (ex-dessinateur de Minute). Le travail de Secher est l’objet de controverse car celui-ci tente de présenter l’identité bretonne comme victime d’un  perpétuel ethnocide culturel. Secher est membre de Locarn et les mécènes de l’Histoire de Bretagne sont entre autres : Citroën (dont le directeur rennais, Auguste Genovèse, fut président des “ amis de l’Institut ”), Glon, Hénaff…etc.

 


Le modèle prôné par Locarn

 

Au fil des conférences de Locarn se dessine le modèle recherché par ses membres :

- Donner plus de puissance aux régions au détriment de l’Ėtat… (“ gestion autonome des établissements scolaires, régionalisation de la Sécurité Sociale, création d’un fonds de pension régional… ”) ;

- Des petites économies compétitives organisées en réseau, “ nouveaux moteurs de la globalisation ”, l’Ėtat central se consacrant essentiellement à ses fonctions régaliennes (défense, police, justice) ;

- Le modèle pour les institutions européennes est “ le Saint Empire Romain Germanique qui rassemblait les Etats et les villes libres confédérées ” (expression de Sylvain Wicklam, intervenant aux rencontres de Locarn du 19 février 1999).

 


Un changement d’image qui ne vaut pas reniement


En février 2000, les dirigeants de l’Institut de Locarn font leur mea-culpa : ils veulent rompre avec “ unecertaine opacité qui leur a valu une image un peu obscure ” et déclarent favoriser “ le développement d’un modèle qui n’ait pas pour seul fondement l’économique mais intègre également les réalités culturelles et une tradition humaniste ”.

Il s’agit surtout de redresser un déficit d’image dont a eu à souffrir l’Institut, avec des attaques de la part de divers journaux, dont Golias, l’Humanité, Libération, Lettre à Lulu.

En bref, l’Institut de Locarn semble mettre un peu d’eau dans son vin. Les références religieuses se font plus rares. L’Institut deviendrait-il une simple Chambre de Commerce et d’Industrie parallèle ?


 


 

L’Institut de Locarn et l’agro‑alimentaire

 

L’actuel président de l’Institut de Locarn, Alain Glon, dirige le groupe Glon-Sanders, basé près de Pontivy (Morbihan). Depuis l’été, des publicités dans le Télégramme et Ouest-France vantent ce fabricant d’aliment pour l’élevage…

En créant un véritable système destiné à importer des farines britanniques en France jusqu’en 1996, les industriels comme Glon, ses filiales et intermédiaires, ont profité des carences de l’Administration pour accumuler d’énormes profits. On sait aujourd’hui que ce sont ces farines animales qui ont véhiculé l’ESB, responsable de la vache folle.

Glon est devenu un des hommes les plus puissants de la région. Il est désormais n° 1 du secteur. Bien sûr, chez cet ambitieux entrepreneur les syndicats n’ont guère le droit de cité.

Le 16 février 2001, le séminaire mensuel de Locarn visait la défense du modèle agricole breton “ associé à l’industrie et aujourd’hui mis en cause ”. Et, pour ne pas être en reste, l’Amiral Guy Labourie, insiste “ nous devons réussir avec la mer ce que nous avons réussi avec l’agriculture ”. Ca promet.

 


Consensus sur la notion de développement des affaires


Fondamentalement, le but de l’Institut de Locarn reste le même : développer les affaires, d’une part en créant lobbies et réseaux de décideurs, d’autre part en s’appuyant sur un sentiment identitaire régional breton et en tentant d’y greffer des corporatismes de “ pays ”.

Mais délesté en façade de ses caractéristiques les plus réactionnaires, il est plus facile pour l’Institut de Locarn d’obtenir un consensus “ développementiste ” avec les divers courants politiques, de droite ou de gauche.

Lors du séminaire du 7 novembre 2000, Glon proposa “ qu’auprès de chaque élu régional il y ait une équipe composée d’un représentant de l’Institut de Locarn, d’un administratif, d’un représentant du Conseil Ėconomique et Social ”… Proposition à laquelle répondit favorablement Josselin de Rohan, actuel Président du Conseil Régional de Bretagne. On se demande à quoi bon voter si ce sont les patrons qui prennent les décisions !

Application pratique : quelques importants projets de déménagement du territoire, comme l’aéroport international de Notre-Dame des Landes (entre Nantes et Rennes) ou le génopole Ouest (réseau de laboratoires de recherche en génétique), projets qui reçoivent les soutiens aussi bien des mairies social-démocrates de Nantes, Rennes, St-Nazaire et des conseils régionaux de droite de Bretagne et des Pays de la Loire.

 

En clair, et ce n’est pas particulier à la Bretagne, tout ce petit monde communie à l’autel de l’expansion économique sans fin, qui signifie surtout pérennité de leurs pouvoirs économique et politique, mais pour le commun de l’humanité, productivisme, pollution, malbouffe, exploitation, aliénation et soumission à ces soit-disant élites qui seraient seules légitimes à définir et à exprimer nos besoins.


 

Une approche guerrière de l’économie


L’Institut de Locarn aurait-il vraiment mué vers un modèle d’une économie “ humaniste ”, comme l’indiquait ses dirigeants au début de l’année 2000 ? Où est l’humanisme quand l’Institut démarre début 2001 un cycle de formations en lien avec l’Ėcole de Guerre Economique (EGE) ?

L’EGE est liée à la grande école de commerce, l’ESSCAE : “ Rapports de force ”, “ affrontement global ”, “ conquêtes de parts de marchés ”, “ lutte contre la concurrence ”, voilà quelques mots-clés dans la littérature de cette école, qui rejoint les préoccupations de Locarn. 

Sont notamment au programme l’étude “ des campagnes médiatiques orchestrées par des concurrents prédateurs, le détournement de certains thèmes protestataires de la société civile ” ou encore “ l’usage subversif de la connaissance… la communication offensive… la détection des manipulations des thèmes éthiques sur l’échiquier sociétal ” (cf. site internet de l’EGE).

Difficile de trouver quoi que ce soit d’humaniste dans ce programme : nous voici dans le cœur de la mondialisation. Il ne s’agit pas de développer des coopérations pour un mieux-être humain, mais bien d’exacerber et de généraliser la concurrence entre entreprises et pays en se dotant de tous les moyens, y compris des manipulations pour vaincre la concurrence ou démolir de soit-disant alliés objectifs de la concurrence (syndicats, associations, écologistes, etc.).

 


Quel rapport avec L’OMC ?


Créée en 1995, l’Organisation Mondiale du Commerce a pour objectif d’établir les grandes règles du commerce international.

Á ce titre, de nombreux aspects de notre vie quoti­­dienne sont directement concernés par les négociations de l’OMC : agriculture, services publics, culture, alimentation…

 

Le caractère nocif de l’OMC n’est plus à démontrer : disparition des cultures vivrières rendant les peuples dépendant de la production des pays exportateurs, remise en cause des services publics, prépondérance des économies les plus fortes au détriment des pays en développement…

L’OMC est une des structures dont le capitalisme transnational s’est doté avec le FMI et la Banque Mondiale. Ces structures seraient sans objet sans les relais que constituent les Ėtats ou leurs unions (Union Européenne, ALENA en Amérique), et sans les entrepreneurs plus ou moins grands qui s’inscrivent dans ces logiques. Voilà que l’on pense à l’Institut de Locarn ! L’OMC tient son sommet au Qatar du 8 au 12 novembre. Nous manifestons contre le tentacule “ Institut de Locarn ” le samedi 10 novembre.

 


Pour un autre modèle économique et social !


Le “ capitalisme de proximité ” prôné par Locarn est un détournement du “ vivre et travailler au pays ”, revendication légitime de populations souvent amenées à émigrer vers la région parisienne. Mais pour beaucoup, ce système signifie “ trimer et mal vivre au pays ”.

 Des gens luttent contre “ l’avenir radieux ” que nous prépare cette bourgeoisie bretonne alliée aux potentats locaux de droite et de gauche. Luttes des populations des alentours de Notre Dame des Landes, luttes de paysans contre les technologies OGM, luttes de salarié-e-s dans les entreprises, luttes d’habitant-e-s pour la qualité de l’eau.

La réussite de ces mouvements est une étape : l’objectif est pour nous l’égalité économique et sociale et le droit pour les individus de s’associer librement, pour en finir avec toutes les formes d’exploitation et de domination, qu’elles soient étatiques, patronales, religieuses ou patriarcales.

 

 Nous tirons nos informations du site internet de l’Institut de Locarn même, de la revue Golias (n°59), du Réseau Voltaire, de Ouest-France, de l’Humanité, de La Lettre à Lulu, de Marianne, d’un forum de discussion de Breizh Info…



 

MANIFESTONS DEVANT L’INSTITUT DE LOCARN

« LE DAVOS BRETON ! » LE 10 NOVEMBRE 2001 À 15 h PENDANT LE SOMMET DE L’OMC

Locarn est à 8 km au nord de Carhaix, en Bretagne

 

                                                                                  

 

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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 21:35
Communiqué du groupe libertaire R Lochu sur l’abandon du projet Lafarge


Vous trouverez ci-après la position du groupe libertaire Lochu rapport à l’abandon du projet Lafarge. Il semble que la presse ne l’ait pas relayée...


En complément d’info, voir l’article rédigé en mars 2007 dans notre presse (le monde libertaire, hebdo de la FA)




Le groupe libertaire Lochu (fédération anarchiste Vannes) tient aussi à exprimer sa satisfaction devant le recul de Lafarge qui abandonne son projet d’extraction de sables marins.


Dès le début, Lafarge et les Autorités ne pouvaient que savoir qu’il y avait des résidus de munitions dangereux dans le sable. Ce n’est donc pas tant cet argument officiel qui a fait reculer le groupe industriel mais la pression populaire et la détermination jamais démentie du Peuple des Dunes. Alors qu’il se gargarise de "développement durable", l’Etat ne semble pas vouloir admettre la défense de l’environnement comme raison suffisante pour refuser des projets. Par crainte de faire jurisprudence ? Pour les anarchistes, il est important de rappeler que « le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements » Noam CHOMSKY


Cet abandon ne doit pas nous faire oublier qu’il faudra bien réfléchir aux alternatives au sable pour les futures constructions, à partir de ressources locales. Ceci dit, il y a d’ores et déjà lieu de s’interroger sur l’utilité des maisons secondaires, d’autant plus que des individus n’ont même pas de toit…


Mais, la victoire face à Lafarge, pour les libertaires, n’est qu’une étape. Il s’agit maintenant de libérer la zone de l’emprise des militaires. En effet, pourquoi ce site aurait-il vocation à être un « polygone de tirs » pour les armées européennes ou simplement pour l’armée française, comme l’Etat semble vouloir le destiner, sans consultation de surcroît ? N’est-ce pas le moment d’en faire une zone pacifiée, démilitarisée, où la faune et la flore seraient préservées ? Le lieu pourrait ainsi devenir une zone sauvage ou alors accessible avec une faible emprise sur le milieu. Le débat et la décision devraient revenir à la population qui y vit.

En tout cas, il y a lieu de s’interroger sur l’empreinte écologique des exercices de tirs, sur l’utilité sociale de ces manœuvres, sur l’entretien de moyens militaires comme facteur de paix. Pour les anarchistes, écologie et utilité sociale ne peuvent se conjuguer qu’avec reconversion et autogestion des outils industriels et démilitarisation.

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 18:34


UNE ECOLE AUX ORDRES DU CAPITALISME, REPRODUCTRICE DES NORMES SOCIALES OU LIEU DE LIBERTE ET D’EMANCIPATION DES INDIVIDUS ?

   Le jeudi 25 juin 2009, le groupe libertaire « René Lochu-Francisco Ferrer » s’est réuni au Bar « Le Billabong » d’Auray pour une soirée débat autour de la question de l’école. Pascal du groupe de Vannes était chargé d’introduire la discussion. Aperçu des propos liminaires préparés qui ont initié la rencontre.

   Difficile pour un groupe de faire impasse sur la question de l’éducation quand il porte le nom de « Francisco Ferrer », militant libertaire dans l’Espagne de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.
   En effet, outre les engagements révolutionnaires contre les injustices dans l’Espagne quasi féodale de l’époque, le nom de Francisco Ferrer reste attaché à son combat pour une « laïcité totale » en fondant à Barcelone La ligue internationale pour l’éducation rationnelle de l’enfance : pas question pour le militant libertaire d’abandonner les jeunes esprits à l’emprise de l’Eglise et à ses discours doctrinaires.
   Pas question non plus pour lui d’accepter l’arriération culturelle des classes les plus défavorisées. C’est ainsi que Francisco Ferrer a donné naissance à L’Ecole moderne où pour développer les capacités des enfants qui lui étaient confiés, il a mis en place des méthodes éducatives pour le moins audacieuses : n’a-t-il pas été le premier à introduire dans la classe la mixité des sexes, à favoriser l’éveil de l’enfant par la musique, le chant, l’observation de la nature et, interdisant les punitions, à prôner l’autodiscipline ?
   Des militants libertaires comme Paul Robin engagé dans l’expérience de l’école de Cempuis et Sébastien Faure qui a créé La Ruche doivent beaucoup à la démarche initiée par Francisco Ferrer.
   Au regard de ces figures libertaires, on peut dire que la question de l’éducation a toujours été importante pour le mouvement anarchiste : elle fait partie intégrante de la question sociale puisqu’il s’agit à travers l’école de former des hommes et des femmes qui seront en mesure de transformer la société.

   Une école sous influence… idéologique !

   Malheureusement, « l’école laïque, républicaine et obligatoire, unique et indivisible » que l’on connait est – sans attendre d’elle qu’elle soit une école révolutionnaire… - loin de s’inscrire dans cet esprit d’émancipation de l’individu.
   En effet, l’école que nous connaissons – mais comment pourrait-il en être autrement ?... – est inféodée à l’idéologie dominante, au service des intérêts de la société capitaliste, libérale.
   De Jules Ferry à aujourd’hui, il en a toujours été ainsi.
Gardons présent à l’esprit que si l’instruction s’est étendue au peuple au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, c’est non seulement pour le sortir de l’obscurantisme religieux mais c’est aussi pour répondre aux exigences d’une société en pleine révolution industrielle et permettre ainsi au plus grand nombre de s’y insérer en sachant au minimum « lire, écrire et compter ».
   Mais il s’agit en même temps de construire une identité nationale en éliminant les particularismes régionaux et en imposant à tous les enfants de la nation un bréviaire laïque au nom duquel ils seront amenés – et mieux armés…- à défendre les frontières du pays, voire à les élargir pour étendre l’empire colonial.
   Aujourd’hui, les fonctions de l’école ont bien évidemment évolué : elle est d’abord une réponse à la demande de plus en plus forte d’éducation des familles qui ne veulent plus confier au patron, à l’entreprise la charge d’« apprendre la vie » à leurs enfants.
   Dans une société démocratique et marchande, l’école a également pour mission de former « un-e citoyen-ne » capable de s’adapter à un marché de l’emploi de plus en plus mobile et fluctuant. A cet égard, dans le même ordre d’esprit, on peut s’interroger si elle ne sert pas de plus en plus de parking canalisant une jeunesse qui connait des difficultés à accéder à un marché de l’emploi aux entrées toujours plus étroites.
  
   Une école stigmatisée, dénoncée, rejetée

   Les griefs contre une école « aux ordres du capitalisme », au service d’une « société de classes », « reproductrice des normes sociales » ne manquent pas.
   Tout d’abord, parmi les premiers reproches qu’on peut lui adresser est que, loin de les abolir ou de les atténuer, l’école reproduit les inégalités sociales : l’échec scolaire et les formations les moins qualifiantes concernent massivement les enfants d’ouvrier-e-s ou de petit-e-s employé-e-s.
   La nature même de l’école est ainsi soulignée : en privilégiant la transmission de savoirs académiques, abstraits, elle enseigne une culture élitaire. Ce qui, bien sûr, à l’heure de la massification de l’enseignement, n’est pas sans poser de problèmes quand il faut aujourd’hui enseigner à tous et à toutes une culture qui était réservée hier à une élite…
   Mais ce rapport de l’école au savoir n’a rien de surprenant quand on sait que sa fonction a toujours été de sélectionner les individus qui lui sont confiés et surtout de sélectionner les élites dont la société a besoin pour diriger le pays.
   Par ailleurs, dire que l’institution scolaire est « inféodée à l’idéologie dominante » est un truisme : ne reproduit-elle pas l’image d’une société hiérarchique, inculquant la soumission à l’ordre, à l’autorité : profs, CPE, proviseur ? A se demander même si l’école apprend moins à apprendre qu’à respecter l’autorité résumée dans le triptyque : écouter, se taire, obéir.
   Encore, avec ses notes et ses classements, ses grandes écoles et ses concours, l’institution scolaire développe beaucoup plus un esprit de compétition que de solidarité, entretenant un individualisme de mauvais aloi.
   On le voit, l’école, pourtant parée des meilleures intentions, trop souvent échoue. Un dernier exemple : sur le modèle de notre société, elle entretient un idéal démocratique qui n’est qu’une illusion avec ses élections de délégué-e-s (de classe, au Conseil d’administration, et pour les commissions diverses). Impossible en effet pour les élèves de contester l’autorité pédagogique des enseignant-e-s et de réellement peser sur l’organisation de la vie du collège ou du lycée – si ce n’est pour demander l’installation de bancs dans le hall ou choisir la couleur des murs pour le foyer socio-éducatif…
   Dans ces conditions alors, ne peut-on pas parler encore aujourd’hui d’école de la soumission et du formatage des esprits plus que de la liberté et de l’émancipation des individus ?
  
   Pour une école alternative, plus libre et source d’épanouissement

   Pourtant, une autre école est possible, celle qui mettrait au cœur de son fonctionnement et de ses objectifs la liberté ; une école qui serait un lieu de vie et non d’ennui, où l’enseignement ne serait pas focalisé sur la transmission d’une culture classique mais sur une véritable éducation à la citoyenneté ; une école qui développerait l’esprit critique et apprendrait la démocratie réelle et participative; une école qui n’opposerait pas systématiquement enseignement conceptuel et enseignement manuel.
   Ainsi, l’école idéale devrait être non pas celle qui écrase et qui étouffe mais celle qui donne confiance en ses potentialités, qui favorise et qui libère la parole, qui éveille à la différence et qui invite à découvrir le monde et à l’interroger.
   A tous ces titres, après avoir brisé les carcans institutionnels qui la brident (programmes, horaires, emploi du temps), l’école de la République héritière des Lumières répondra à la mission que nous voudrions lui voir remplir : former des citoyen-ne-s éclairé-e-s et des hommes et femmes libres.
   Des enfants de Summerhill au lycée autogéré de Saint-Nazaire, nous savons que l’utopie d’une autre éducation est possible. Mais on l’aura compris : se battre pour une école différente, c’est lutter pour une autre société… sans classes (sociales) ! Ainsi, à la question : « Quelle éducation voulons-nous pour nos enfants ? » fait inévitablement écho cette autre interrogation : « Dans quelle société finalement voulons-nous vivre ? »…

Pascal – Groupe René Lochu (Vannes) - Francisco Ferrer (Lorient)
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 17:35
« Les imbéciles professent des imbécilités comme les pommiers produisent des pommes »


Sommaire


Universités reprises en main, par D. Pinos, page 3

S’insoumettre plutôt qu’espérer, par M. Rajsfus, page 5

Trahisons syndicales, par Fabrice, page 8

Au bon temps de la Grève générale, par M. Chueca, page 9

Viande humaine, par J.-L. Sagot-Duvauroux, page 13

Pour une éducation vraie, par L. Ott, page 15

Servitude volontaire, par Moriel, page 19

On pille bien la terre ! Par J.-P. Tertrais, page 21

Sur les traces de l’Écologie, par P. Pelletier, page 25

OTAN, la bête se réveille, par N. Baillargeon, page 29

Anarchistes au Mexique toujours debout, par Bélial, page 31

Femmes, la lutte sera longue, par C. Granier, page 34

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, page 36

Draguer la militante gauchiste, par E. Liebig, page 37

Prisons, sous les tsars comme ici, par J. Lesage de La Haye, page 40

Lettre à un ami, par R. Dadoun, page 44

Ils sont partout, les groupes anarchistes, page 45

Radio libertaire sur la FM et dans la toile, page 47
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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 21:24
J. Brel taggant sur un mur "vive l'anarchie !" et  clamant du Proudhon, c'est là : http://www.dailymotion.com/video/x3w2az_vive-lanarchie-extrait-de-la-bande_news

Voici l'intégralité du texte (magnifique !) de Pierre-Joseph Proudhon en question :

Etre gouverné ... C'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni le titre, ni la science, ni la vertu ...
Etre gouverné, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est, sous pretexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre révolte, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !

P-J Proudhon ("idée générale de la révolution du XIXe siècle").


Alain MEILLAND chante Proudhon story "Etre gouverné c'est... "


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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 22:04
Salut,

Au niveau social local, il faut saluer la détermination des salarié-e-s de la SBFM (Caudan 56) qui ont obtenu de Renault de reprendre l’entreprise sans procéder à des licenciements ! C’était pas gagné ! On verra la suite mais c’est toujours ça de pris ! Un exemple de luttes à suivre en tout cas !!! Pour notre part, nous avions écrit ce texte en décembre 2008 sur le sujet... un peu pessimiste sur la possible reprise par Renault... Nous sommes satisfaits d'être démentis !

En plus du groupe la Sociale (http://www.farennes.org/), un nouveau groupe de la fédération anarchiste vient de naître sur Rennes : le groupe La Digne Rage dont voici le site (tout frais !) : http://anartoka.com/la-digne-rage/portal.php

Après l’agenda, vous trouverez le communiqué des Relations internationales de la fédération anarchiste « Iran : pouvoir assassin ! Solidarité avec la population iranienne en lutte ! »


Site du Café de la Pente (Rochefort en Terre) : http://www.lepotcommun.com/

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Du 3 juillet au 28 août 2009 EXPOSITION DE PEINTURES de Patrick Clémence. Thème : American Folk Blues - PONT-SCORFF - Cour des Métiers d'Art – Infos : http://www.patrickclemence.fr/peintures.php?consult=7&expo=American%20Folk%20%20%20Blues%20&text=EXPOSITION%20-%20PONT-SCORFF%20%3Cbr%20/%3Edu%203%20juillet%20au%2028%20ao%FBt%202009%3Cbr%20/%3ECour%20des%20M%E9tiers%20d%27Art&dates=%20%20%20&lieu=

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SAMEDI 4 JUILLET – Lorient - aux HALLES DE MERVILLE (marché) de 10h00 à Midi – Théâtre de rue autour de la malbouffe et de l’agriculture industrielle (source de nombreuses pollutions et inégalités) :  questions réponses avec la population invitée à y participer, déguisement, provoc, drôlerie…
But : créer un groupe pour la promotion d'une agriculture locale, respectueuse de la nature et de l'homme et prometteuse de travail (des centaines de milliers d'emploi par l'établissement de circuits courts et d'épiceries).

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Samedi 4 Juillet – Rennes – 2 Rue de la Bascule : à 21h concert de soutien à un inculpé de la dernière lutte étudiante à Rennes 2, accusé d’avoir brisé une vitre lors d’une action collective. 4 euros.
Rassemblement devant la cité judiciaire le 30 juillet à 13h30 pour son procès.

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Samedi 4 juillet - FÊTE DU VAL DE L’ARZ - PLUHERLIN (56) – au Bois Bréhan De 1Oh02... à ... 0H59 – Prix libre
Installation arZtistiK ... sur et autour de l’eau. Réalisation et projection de films amateurs.  ACTIVITÉS NATURE (Randonnée, balade…), ATELIERS DE FABRICATION, Jeux, Apéro festif avec PLOUKATAK, Cie ZIK BOULON (Théâtre burlesque et musical), FANFARE BEIGALE, AVREST…
Programme complet : http://www.ingalan.org/Fete-de-l-ARZ

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Mardi 14 juillet – Questembert - La musique qui marche au pas, cela ne les regarde pas ! L'asso 100 fous organise une journée décoration au théâtre de verdure situé au Galinio à Questembert (Près du stade de foot). Besoin de bras et d'idées alors n'hésitez pas à venir filer votre coup de main. A partir de 10h.

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Vendredi 17 juillet – Campénéac (56) Ingalañ, le Folklore de la Zone Mondiale et Les Sorcières de Brocéliande rendent hommage à tou(te)s les résistant(e)s écologistes de Bretagne et d’ailleurs par une soirée festive et revendicatrice : Mamm Douar (Terre Mère, Pachamama en breton) s’inscrit dans la tournée des Fiesta Noz du Folklore de la Zone Mondiale. 10 eur à partir de 18h, 7 groupes (avec les Ramoneurs de menhirs, Black Fire, Trouz an noz, etc…), tables de presse… Infos : http://www.ingalan.org/spip.php?page=arti_agenda&id_article=110
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CAMPEMENT VÉGAN EN BRETAGNE EN  JUILLET 2009

Au coeur de la forêt de Paimpont du samedi 18 au vendredi 24 juillet 2009.
Infos : paimpontvegan2009@gmail.com
(Le véganisme est une théorie et une pratique visant à éviter tout ce qui est relatif à « l’exploitation animale » : alimentation carnée et ovo lactée, expérimentation animale, corrida…).

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Du jeudi 23 juillet au dimanche 2 aout – Concoret (56) Rencontres Agri-Culturelles 2009
Programme selon ce que chacun voudra y mettre : ceci est une invitation à s'impliquer pour des rencontres agri-politiques. Cuisinage autogéré, bio & végétarien, PAF 2,5 € (prix indicatif par repas) & participation aux frais généreux. Assemblée chaque soir à 19 h. Nuit à la belle étoile dans la forêt avec les enfants, balade nocturne silencieuse, confiture + Chantier en éco-bio-construction (Construction d'une kerterre, isolation en terre-paille). Discussions envisagées : accès au foncier, NESO. Infos : http://aspaari.unblog.fr/rencontres/

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Semaine de la résistance http://www.resistance-ndl.org/ et Camp Action Climat à Notre Dame des Landes (44) auront lieu du 1er au 9 août 2009 : http://campclimat.org/

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Lorient – du 1er au 10 août – Village solidaire dans le cadre du festival interceltique avec des débats et des vidéo projections : http://www.ingalan.org/le-Village-Solidaire

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Samedi 5 septembre – Pontivy – de 17h à 2h au Palais des Congrès : concert de soutien aux prisonniers politiques : débat autour de la prison, tables de presse, distros de disques/Cds, expos de peintures… Le groupe libertaire Lochu y sera !

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COMMUNIQUE DES RELATIONS INTERNATIONALES DE LA FEDERATION ANARCHISTE

Iran : pouvoir assassin !
Solidarité avec la population iranienne en lutte !


La Fédération Anarchiste assure de son soutien les femmes et les hommes d'Iran, insurgés contre un pouvoir qui ne recule devant aucune forme de répression pour maintenir son autorité.

Les élections présidentielles, que ce soit aux Etats-Unis, en Iran ou en France, habituent les peuples à mettre leur destin entre les mains d'un seul homme, ainsi doté d'un pouvoir complètement extravagant. Les anarchistes sont convaincus que le but essentiel des procédures électorales est de priver les individus du droit à vivre et à s'organiser comme ils et elle l'entendent.
En Iran, le pouvoir a été confisqué par une clique religieuse, qui sélectionne les candidats conformes à ses canons, et organise une fraude massive pour garantir la victoire de son poulain le plus servile. Mais cette mascarade électorale a surtout révélé la soif de liberté du peuple Iranien, qui ne supporte plus de vivre sous le joug des mollahs.
Il faut en effet être clair : avec Ahmadinejad, Khamenei et les Gardiens de la Révolution, le pays vit dans l'obscurantisme et le fanatisme, mais en aucun cas l'élection de Moussavi, ancien premier ministre de Khomeyni, n'aurait signifié l'émancipation des iraniens, ni surtout des iraniennes.

La Fédération Anarchiste n'accorde par ailleurs aucun crédit aux protestations vertueuses et médiatiques en provenance des gouvernements occidentaux parlant de démocratie ou de droits des femmes : leur complaisance envers la Chine, l'Irak « pacifié » ou leurs relations avec l'Arabie Saoudite montrent à l'évidence que ces grands principes ne sont là que pour la galerie et ne comptent guère devant la puissance économique, ou, à défaut, la soumission aux intérêts des puissances impérialistes.
Mais, pour autant, les anarchistes ne soutiendront jamais le pouvoir Iranien au seul prétexte qu'il s'oppose à l'impérialisme américain. Les ennemis de nos ennemis ne sont pas nécessairement nos amis, et l'oppression quotidienne du peuple Iranien par ses dirigeants ne peut être ni minorée, ni excusée.

Ce que le peuple iranien exprime aujourd'hui dans les rues suite à une farce électorale comme on a pu en vivre ailleurs, c'est avant tout une soif de liberté, d'égalité, d'émancipation que nul pouvoir en place ne pourra leur donner.
Le pouvoir, en réponse à ce vent de liberté où jeunes et étudiants sont très présents, pratique une politique de terreur, en arrêtant, frappant et assassinant les manifestant-e-s, contrôle les médias à l’intérieur du pays et empêche tout réelle information vers l’extérieur.
Souhaitons que la population iranienne en mouvement sorte victorieuse de cette lutte, sans oublier que la liberté, la vraie, n'est pas de choisir le « bon » homme politique ou le « bon » religieux, mais de se réapproprier son pouvoir de décision et de s’auto-organiser !

Ni dieu, ni maître, ni Etat, ni mollahs ! Vivement l'émancipation des iraniennes et des iraniens !

Secrétariat Relations Internationales
Fédération Anarchiste
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 22:18

Nous avons projeté à Vannes, Lorient et au Café de la Pente le film "The take" qui retrace les expériences autogestionnaires en Argentine en 2002-2003.


Après ce film plein d’espoir en ces périodes de crise et avant de lancer la discussion proprement dite, il nous a semblé important de présenter brièvement l’autogestion d’un point de vue anarchiste.


Même si le terme est apparu dans les années 50 de l’anglais « self government » (auto gouvernement), on peut remonter son origine au milieu du XIXè siècle au texte du penseur socialiste Proudhon « sur la capacité politique de la classe ouvrière » qu’il a rédigé à partir de ses observations sur le fonctionnement des associations ouvrières qui préfiguraient les coopératives ouvrières de production. Ce n'est donc pas une construction abstraite d'un auteur de science-fiction mais bien une projection à partir du réel.


Il ne sera pas ici fait un historique précis de l’histoire de l’autogestion, citons néanmoins les grandes expériences autogestionnaires (jamais complètement abouties) : la Commune de Paris 1871, les 1ers Soviets de 1917 avant la mainmise des Bolchéviks, l’Ukraine paysanne insurgée et collectiviste de 1919-21, l’Espagne libertaire de 1936-39, la Hongrie de 1956, les Kibboutz en Israël, et même une partie de l’économie algérienne au moment de l’indépendance avant sa mise au pas par le gouvernement marxiste et musulman… Et on peut en ajouter une qui dure toujours : le mouvement Zapatiste au Chiapas (Mexique)…


Avant de définir l’autogestion de notre point de vue, précisons ce qu’elle n’est pas pour éviter toute confusion.

L’autogestion n’est pas la cogestion qui permet seulement un droit de regard dans l’entreprise ou la consultation pour avis des salariés ; on peut comparer le modèle « yougoslave » de l’autogestion sous Tito à la cogestion dans la mesure où le PDG était nommé par l’Etat (et non élu par les salariés) et avait voix prépondérante.

L’autogestion, pour nous, n’est pas non plus « à la Cfdt » (selon la formule consacrée) qui offre une autonomie et un pouvoir de décision mineur aux salariés dans la marche de l’entreprise. Ex caricatural : le droit de choisir la couleur des murs de l’atelier ou du bureau ou plus sérieusement, comme avec le PSU, le fait d’intégrer les entreprises autogérées dans l’économie capitaliste.

L’autogestion n’est pas non plus la « démocratie participative » qui permet de consulter (pour avis) les habitantes et habitants citoyens autour des projets municipaux, jusqu’à (au mieux !) les influencer à la marge ou pour des éléments accessoires. Par ex, la démocratie participative souvent citée en exemple ou en modèle est Porto Alegre (au Brésil) : en réalité les habitants et habitantes n’interviennent, avec un vrai pouvoir de décision, que sur une partie du budget municipal (1/4 à peu près). Mais il faut en plus relativiser ce pouvoir car les choix sont largement orientés par les ingénieurs et techniciens (les fameux experts !) qui ont conçu les propositions en amont en lien avec les élus….

 

Alors, qu’est-ce que l’autogestion d’un point de vue anarchiste ? C’est la possibilité pour tous les intéressé-e-s à un groupement ou à un projet de prendre part activement aux décisions de manière égalitaire, sans hiérarchie.

Dans l’entreprise de biens ou services, l’autogestion anarchiste ou gestion directe c’est : la prise de décision concernant la marche de l’entreprise dans toutes ses dimensions par le collectif des travailleurs et travailleuses, sans patron, selon le principe 1 individu = 1 voix ou, éventuellement, selon la taille de l’entreprise, par le conseil élu des travailleurs qui a un mandat révocable pour accomplir sa mission et dont il doit rendre régulièrement compte lors d’AG qui valide ou recadre les orientations.

Pour être anarchiste mais en raisonnant toujours dans le cadre d’un maintien de la monnaie, l’autogestion ne doit accorder aucune différence de rémunération quelque soit la fonction ou le métier : de l’apprenti à l’ingénieur, de l’ouvrier au cadre technique ou administratif ou faisant partie du conseil gestionnaire, selon l’idée que chaque élément assure la cohérence du tout.

Ce principe, l’égalité économique, qui est l’égalité dans les faits, au-delà de celle des droits qui est pour nous tronquée dans le régime capitaliste, permet de supprimer les classes sociales et les privilèges qui sont liés à celles qui dominent. Et c’est à ce titre que la participation à la gestion d’une entreprise pour un ouvrier ou une ouvrière a une raison d’être car elle change ses conditions d’existence. Le travailleur pourra ainsi décider dans le cadre du collectif de ses horaires, de l’aménagement de son poste de travail, des investissements à réaliser…

En supprimant ces privilèges et ces rapports de pouvoir, le salariat qui prévoit un lien de subordination entre un travailleur et son employeur disparaît.

Il n’y a donc pas de hiérarchie dans la prise de décision ni dans les rémunérations, en logique autogestionnaire. Pour être intégrale, cette autogestion doit tendre à fonctionner sur le principe du consensus plutôt que sur la règle de la démocratie majorité / minorité.

Mais ceci n’est qu’une étape pour que l’autogestion soit pleinement anarchiste. L’autogestion est à la fois un moyen (une façon de décider à égalité) et un but : l’autogestion généralisée de toute la société dans tous les domaines : économiques, lieux de vie, sociaux y compris dans les loisirs…

 

Pour rester autogestionnaire et anarchiste, la coordination entre les différentes unités ou structures de base (entreprises, communes, associations diverses…) doit se faire de manière fédéraliste : c-à-d préserver l’autonomie de cette structure de base dans son fonctionnement interne qui peut s’associer librement au moyen d’un contrat avec une autre structure pour réaliser des échanges. Ainsi s’organise la coordination des activités humaines, sociales, sans l’Etat, par l’initiative des structures de base. S’il faut des délégué-es pour négocier puis assurer cette coordination, ils/elles le sont sur la base d’un mandat défini en assemblée générale et avec la possibilité de révocation en cas de non respect. C’est un garde fou que nous proposons contre les dérives de Pouvoirs. Cette activité de coordination ne doit accorder aucun privilège.

En se resituant du point de vue strictement économique anarchiste : l’entreprise est socialisée, c-à-d qu’elle n’appartient ni aux actionnaires, ni au patron, ni à l’Etat, ni même au collectif des travailleurs : c’est une propriété sociale dont les travailleurs ont l’usufruit.

Mais l’égalité économique qui est la suppression des classes, seul moyen de garantir l’émancipation des travailleurs selon nous, va au-delà de l’égalité des revenus. Elle est la possibilité de consommer selon ses besoins, chacun fournissant du travail selon ses moyens.

 

Cette notion de besoins doit prendre en compte les conséquences écologiques d’une production en terme de ressources et matières utilisées, et en terme de pollutions générées mais aussi en terme de quantité de travail qu’il faut fournir. Le but étant de réduire au maximum les 2 !

Ainsi, l’activité d’une entreprise se définit d’abord par rapport au lieu où l’on vit. La production de biens et services doit être orientée au maximum par les usagers dans le cadre d’une commune autogérée et en relation avec les communes fédérées… Un but étant de tendre au maximum à la relocalisation de l’économie. De fait, l’Etat-nation est remisé au placard ainsi que tout organisme de pouvoir centralisé et concentré.

Ceci dit, comme les échanges sont inéluctables, ne serait-ce que parce que chaque territoire ne possède pas l’ensemble des ressources dont il a besoin, il est important de mettre en place au niveau régional ou géographique idoine un organe statistique des capacités de production et des besoins de consommation, des banques de données, pour organiser la planification de l’économie, toujours selon le même principe du mandatement révocable, sans privilège économique accordé à ces mandaté-e-s.

L’autogestion anarchiste, dans le cadre du fédéralisme, doit prévoir des « caisses » d’entraide pour les communes / lieux de vie « naturellement » défavorisées pour X raisons (pénuries d’eau, terre peu fertile…).

 

Pour y parvenir, les anarchistes soutiennent l’idée de grève générale, expropriatrice et autogestionnaire… attendu que les collectifs de grève devraient eux-mêmes fonctionner selon ce principe autogéré.


On voit donc que ce que le film relate des expériences qui effleurent plus qu’elles ne réalisent notre idéal.

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Published by anars56 - dans anticapitalisme
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Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
 

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Du vendredi 26 au dimanche 28 mai - Lorient - Festival Unies sont nos cultures (contre-culture autogérée). 8ème édition. Jam Graffiti, concerts, sound-systems, sk8board, tables de presse, expos, performances... Rue Florian Laporte

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Samedi 27 mai - Quimper (29) - 4ème fête de l'autogestion (par la CNT) - De 10h à 20h concerts, discussions, marché gratuit, stands, tables de presse. Entrée libre (sur donation). Esplanade F. Mitterrand

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Jeudi 1er Juin - Rennes (35) - 20h30 Causerie populaire "idéologies et archéologie préhistorique" (en quoi les interprétations des faits archéologiques sont, depuis la naissance de la Préhistoire (concept né au milieu du 19ème siècle), tributaire des idéologies dans lesquelles baignent les archéologues qui les proposent. On parlera de racisme, de patriarcalisme et des grandes idéologies politiques du 20ème siècle qui s'exercent en filigrane dans les interprétations archéologiques). Organisée par le groupe la sociale de la F.A. Local la Commune

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Vendredi 2 juin - Caen (14) - Concert de solidarité internationale pour des camarades anarchistes tchèques. avec Sid et Enfants de la lutte. A la Pétroleuse. 20h. Prix libre. Info : groupesanguin@laposte.net

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Caen (14)

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