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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 09:07
L'association Mala Semilla nous présente le festival "Unies sont nos cultures" qui a lieu à Lorient le dimanche 20 avril.
Le Festival Unies Sont Nos Cultures se déroule tous les ans depuis 2009 au port de commerce de Lorient, dans la même rue que le bar" Le Galion", rue Florian Laporte, le dimanche de Pâques.
"Le festival "Unies sont nos cultures" est une journée dédiée au métissage artistique de cultures évoluant en marge des réseaux institutionnels. Fort logiquement, nous assumons les valeurs qui nous poussent à organiser ce type d'événement. Nous sommes strictement antifascistes, anticapitalistes, antisexistes et pro environnementalistes."
C'est un festoche artistique Libertaire avec du Graf, des Sound-System, du Roller derby, démo de skate, Percu, table de presse militante, exposition, projection et discussion et Concert.

Interview radiophonique des organisatrices et organisateurs dans l'émission Keep the rage du 11 avril 2014, sur Radio laser (Guichen).

 

 

Programme de la 5ème édition d’Unies Sont Nos Cultures :

- Exposition à partir de 13 h « La retirada, les chemins de l’exil », sur l'exil des antifascistes, républicains et libertaires espagnols en 1938-39 (voir le document exceptionnel récemment confié par l’institut Jean Vigo édité en DVD)
- Jam Graffiti avec près de 50 Graffeurs !!!
- Sound System Hardcore, Punk, Acid, Breakcore + d’info a venir (14h-01h).
- Tables de presse avec Collectif libertaire de Lorient, Sea Shepherd Lorient, Incroyable Comestible, CNT 66, Keep the Rage, FFC, ABRACADABOUM, Réveillez les Crêtes, …
- Roller Derby et Skate avec Les Morues et Skate in Lorient à partir de 16h
- Percu et initiation à la percu avec le mala semilla percu crew. (16h)
- Projection du film « Squatt, la ville est à nous » de Christophe Coello suivie d’une discussion/débats autour du film.(17h-19h)
- Chorale de Chants Révolutionnaires (19h)
- Couscous Veget’ et Carnivore à partir de 18h

- Concert au Galion a partir de 20h30 (6€) avec : Mauvaise Graine (punk libertaire), Death or Glory (punk-rock), Stylnox (ska), Trouz An Noz (electro punk)
Affiche USNC 2014

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 20:39

Nous avons été sollicité-e-s par la gauche morbihannaise pour participer (et/ou signer l'appel, faire un don...) à la manif parisienne "Marche contre l'austérité, l'extrême droite, le pacte de responsabilité, et pour l'égalité et le partage des richesses" du samedi 12 avril. Voici notre réponse au "collectif unitaire du Morbihan pour la marche du 12 avril".


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L'appel à la révolte et à la riposte sociales nous intéresse toujours.


Mais nous regardons aussi d'où part cet appel. Vous dites "Ce n’est décidément pas cela que nous voulions, nous qui, par millions, avons contribué à chasser Sarkozy." Or, ne vous sachant pas naïfs, en connaissance de cause, vous avez participé à installer au pouvoir d'Etat le libéral François Hollande qui est un copié-collé (hormis la personnalité) de celui que vous dites avoir chassé. Comment faire les étonnés aujourd'hui ?
Quoique non dit clairement, cette manifestation s'inscrit dans un cadre électoral qui est le débouché "naturel" des partis qui y participent. Pour nous, les élections participent du jeu qui canalise la révolte, la détourne et finalement l'anesthésie. Elles laissent aussi entendre qu'il n'y a pas d'alternatives sociales en dehors d'elles, de possibilité d'auto-organisation, d'autogestion à une vaste échelle (sur une base fédéraliste et non centraliste)...

Dans cette même veine, en écrivant "Alors que des choix politiques résolument à gauche devraient s’imposer", vous laissez penser que l'appareil d'Etat français pourrait mener une autre politique... Hormis sur des détails mineurs, nous ne pensons pas cela possible. L'Etat s'est lié à la classe dominante et autant les élus que les hauts fonctionnaires qui y siègent font partie de cette classe. Ils ont su verrouiller le cadre juridique (via l'UE notamment) qui l'empêcherait d'agir.
C'est un point de clivage fondamental entre vous et nous : entre étatistes et autogestionnaires.

On laisse la parole à un camarade nazairien qui savait écrire en cette fin du XIXème siècle... :

"Actuellement, notre situation dans le monde socialiste est celle-ci : Proscrits du «Parti» parce que, non moins révolutionnaires que Vaillant et que Guesde, aussi résolument partisans de la suppression de la propriété individuelle, nous sommes en outre ce qu'ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures, des hommes et des femmes vraiment sans dieu, sans maître et sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même." Fernand Pelloutier

Nous ne serons donc pas des vôtres.

Salutations libertaires.

Groupe libertaire Lochu (Vannes)

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 19:11


« L’anarchisme qui change, c’est un anarchisme qui lutte et qui innove et ne se contente pas de répéter un acquis plus ou moins figé. » André Bernard


Pour trouver le Monde libertaire près de chez vous, cliquez ici.



ML-1735-recto.jpgML-1735-verso.jpgActualité

Social : le temps des cerises ? par Fabrice, p 3

Vers des jours meilleurs, par Daniel, page 4

Contre les bouches sans bras, par N. Potkine, page 5

Météo syndicale, par J.-P. Germain, page 6

International

Le 8 mars 2014 en Tunisie… par le CRML, page 7

Maroc : tir aux pigeons sur les migrants, par R. Pino, p 8

Les dictatures passent, l’exploitation reste, par G. Ernest, page 9

Arguments

L’accorderie, un autre système D, par C. Lartiguet, R. Pino, page 10

Le problème Michéa, par Alexis, page 12

Décroissants et anarchistes, par Gpe. René Lochu, p 15

Histoire
24 août 1944 : Paris libéré par la Nueve, page 17

À lire

La révolution défaite, par J.-L. Debry, page 19

Femmes zapatistes, par M. Joffrin, page 20

Le mouvement
De la thune, ou l’on crève, par Gpe. Proudhon, page 21

Illustrations
Aurelio, Kalem, Krokaga, Valère

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 00:41

Droit de réponse à l’article de Philippe Pelletier (PP) « Décroissance : le syndrome de la litanie », paru dans le Monde Libertaire n°1727.

 

 

L’auteur affirme que la quasi-totalité des décroissants n’adoptent pas l’anarchisme. Il déclare que les seuls décroissants existants, objecteurs de croissance et autres, sont disséminés chez les Verts ou dans d’autres partis, ou seraient religieux.

De fait, il définit le religieux mais pas la décroissance versus la croissance, ni ce qu'est l'écologie. Dans tout son texte, il brandit l’étiquette de la religiosité pour dénigrer les écologistes et les décroissants, pour mieux leur poser l'idée de totalitarisme..

En déclarant d'emblée, "Ne serait-ce justement pas parce que leur diagnostic est faux que ces décroissants prônent, dans une même cohérence, des mesures qui sont tout aussi fausses puisqu'elles restent dans le cadre du capital (la propriété privée, le salariat, l'argent, notamment) et de l'État (qu'ils considèrent comme neutre et régulateur) ?", Philippe Pelletier feint d’ignorer le vaste courant libertaire décroissant, les combats d'anarchistes qui, pour réaliser la société sans classes ni État, œuvrent en faveur d'une réduction de l'empreinte écologique des sociétés humaines (là où elle est excessive). Comment peut-il faire l'impasse sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les oppositions aux « grands projets inutiles imposés » (lignes à grande vitesse, autoroutes, EPR...), où sont actifs et actives des anarchistes ? Il nie ces lieux d'expérimentations sociales de la prise de décision horizontale, de mandats, d'autogestion et du respect écologique. Et même, notre camarade semble avoir oublié que la Fédération anarchiste a adopté deux motions en faveur de la décroissance, lors de ses congrès souverains, à l'unanimité... en 2004 et 2008. Nous serions bien curieux et curieuses d'ailleurs qu'il réussisse à nous prouver que ces prises de position s'inscrivaient « dans le cadre du Capital et de l'État »... Il ne semble pas connaître non plus Jean-Pierre Tertrais, membre de la Fédération Anarchiste, et auteur régulier du Monde Libertaire, qu'on ne peut soupçonner de négliger la question sociale !

Que la parole ne soit donnée qu’aux décroissants religieux et étatistes par la classe dominante dans les médias semble ne pas avoir alerté PP.

Ainsi amputée, il peut reprocher à la décroissance de vouloir de mauvais remèdes, preuves de l’erreur de son diagnostique. Étrange logique ! En effet, les léninistes ont fait un long catalogue des misères du peuple ; mais ils voulaient réaliser son bonheur par l’État. Les anarchistes et l’Histoire ont montré que c’était une erreur. Aurait-il fallu en déduire que les misères du peuple n’étaient pas réelles ?

Il lui reste à prouver que le constat des décroissants est faux. Pour cela, il a un mot magique qui remplace la démonstration : la litanie. Pour notre géographe la vie semble ne pas exister en dehors de l’usage qu’en font certaines idéologies « Il faudrait même sauver le « vivant » : la vie, concept que tous les religieux adorent. » (…) « Orientation idéologique (…) de scientifiques partisans du naturalisme intégriste et révulsés par » (…) le « socialisme ».. Or, la vie existe à la surface de la planète, dans un espace très restreint.

Il nie ainsi le fait que le capitalisme par sa production de masse, et même sa surproduction (stocks invendus et détruits, obsolescence programmée...), est en train de détruire la biosphère, nos conditions de vie.

Sa démonstration, par amalgame, se réduit à dire que les écologistes et décroissants ne sont que des religieux, escrocs et pétainistes, sans apporter une seule preuve de l’erreur de leur constat. Si on suit cette logique, les anarchistes devraient renoncer à l’autogestion sous prétexte que Tito, le PSU, et la CFDT l’ont récupérée dans un projet non libertaire…

PP prétend utiliser le doute de manière scientifique « Sur tous les dossiers – que ce soit les évolutions climatiques, le nombre ou l'extinction des espèces, la surpêche, la déforestation, etc. - les scientifiques ne sont pas d'accord entre eux ». (…) « Le doute est à la base même de la science ».

 

Voyons cela de près :
Il n'utilise le doute que contre le constat des écolos-décroissants autoritaires (étatistes et religieux). Il s'en sert pour invalider leur démonstration, mais sans argument réel autre que les dénégations de leurs opposants productivistes. En fait, il se contente de leur faire un procès d'intention, et cette intention supposée par lui, se substitue à un examen lucide de leur constat.
A l'inverse, il semble ne pas exercer nullement son doute sur le discours des productivistes, et reprend leurs arguments. De la même manière, il ne leur fait aucun procès d'intention, alors que l'on sait qu'ils sont payés et portés par les grands groupes capitalistes et leurs médias.
Si le doute est un principe de base de la méthode scientifique, les savants l'ont toujours aussi contrôlé. Ils ont ainsi pu admettre que notre planète était ronde, sans doute possible. C'était aussi l'usage qu'en faisaient les philosophes sceptiques. Or, les « négationnistes », eux, se servent du doute pour empêcher toute pensée autre que la leur, se gardant bien d'utiliser leur stratagème contre leurs idées. N'est-ce pas exactement la rhétorique qu'utilise PP ?
Il semble nier que la surface de la Terre soit ravagée par la société capitaliste. Ce qui est gênant, c'est qu'il supprime ainsi tout un argumentaire qui contribue à la critique du capitalisme...

PP suggère que Fukushima pourrait être justifié car il réduirait l’effet de serre. Or, cet effet de serre, il semble le… nier ! N'est-ce pas paradoxal ?

Le fait qu'une grande majorité de climato-sceptiques soient aux USA les républicains, le Tea-Party et autres intégristes religieux ne semble pas gêner Philippe Pelletier lorsqu'il émet des doutes sur les conséquences climatiques de la production industrielle et agricole capitaliste.

Il apparaît donc que pour ce géographe, s’occuper du rapport des sociétés humaines à leur environnement revient à vider de sa substance l’humanité et à nier les luttes sociales (« la Terre », « la planète », (…) « éléments de langage qui naturalisent les problématiques sociales en vidant l'humain de toute substance »). Pourtant, toutes les classes dominantes ont politisé leur rapport à l’environnement, non seulement par des choix pratiques, mais aussi par leurs idéologies, et en particulier les religions. La vision de PP ne devient-elle pas un anthropocentrisme qui confine à l’idéalisme ? En effet, qu’est-ce que la substance d’une humanité ne vivant que pour elle, sans effet sur son environnement ? Rappelons que les religions monothéistes ordonnent aux humains de croître et de se multiplier, et que cet ordre satisfait pleinement le capitalisme, tout en introduisant le désordre dans la biosphère.

Quand il déclare « ce qui revient à masquer la sous-consommation de millions d'individus », il avance l’argument selon lequel les discours décroissants cherchent à cacher le fait qu’il y a de nombreux pauvres qui n’ont pas le nécessaire pour vivre. C'est une invention de sa part : même les décroissants non anarchistes prônent la redistribution, pour éradiquer la misère sans qu'il ne soit nécessaire de courir après une croissance qui elle, justement, a créé cette misère. Et sur sa lancée, il oublie de dire que les pauvres souffrent plus de la pollution que les riches. Cela lui permet de ne pas admettre qu’il y a pollution. Les pauvres ne sont-ils pas dans ce cas un alibi à la société productiviste capitaliste ?

De même, faudrait-il consommer tout ce que produit la société capitaliste ? Gadgets, malbouffe...

Plus étonnant : il critique « l’obsession décentralisatrice de Kropotkine » et affirme que l’anarchisme ne conteste pas l’organisation en centre et en périphéries. Or, le fédéralisme anarchiste n’a pas de centre, il n’a que des coordinations transitoires, soumises à mandat impératif, sous le contrôle permanent des assemblées de base. Cette forme d'anarchisme n'a-t-elle pas l'odeur du « centralisme démocratique » des étatistes ?

En conclusion, PP prône le productivisme (la croissance), pour éradiquer la misère humaine. Et dans tout son article, transparaît l’inégalité de traitement qu’il fait entre la croissance et la décroissance. L’autogestion ne serait-elle pour lui que la gestion d’une société où l’on devrait toujours travailler trop (à l’usine ?), pour lutter contre la misère ?

En fin de compte, il semble que cette charge contre les écologistes et les décroissants ne vise que les décroissants libertaires, sans les nommer.

Faudra-t-il que les anarchistes renoncent à combattre le nucléaire et à défendre un projet de société respectueux de l’environnement, parce qu’ils et elles ne sont pas les seuls engagés dans ce combat ?

"La religion n'est pas seulement l'affirmation de l'existence d'un dieu. C'est une conception qui consiste à renvoyer l'individu à ses responsabilités devant un élément extérieur qui n'existe pas, qui se situe dans le futur."

Cette définition met le concept d'utopie anarchiste dans le même sac de la religiosité. Ainsi, selon PP, vouloir un monde meilleur et agir pour le construire... relèverait du domaine du sectaire, du religieux... Ce qui coupe tout espoir de gagner dans nos luttes et effectivement de construire cette société autogérée, sans dieu ni maître.

Certes la fin du monde n'est pas pour demain, la révolution non plus. Là encore faut-il renoncer à préparer cette dernière tout en faisant en sorte qu'elle arrive bien avant la fin du monde ?

 

 

Groupe libertaire Lochu, Vannes.

Article paru dans le ML n°1735 du 20 au 26 mars 2014

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 21:59

Quartiers communs affiche pour internet

 

Co-organisé par la CNT Brest et le collectif Cass'Papiers

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 09:13

Projection du documentaire de Marie-Monique Robin "Terre souillée" (Japon, terre souillée. La vie des paysans après Fukushima - 26 min), suivie d'un débat sur le nucléaire là-bas et ici. Organisée par Stop nucléaire 56 trawalc'h.

 

Affiche 12 mars

 

Le groupe Lochu est membre actif de Stop nucléaire 56 trawalc'h (Ça suffit !)

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 10:50

La pièce de théâtre "Les Guerrières de la Paix", sur proposition de l'Association Liber Terre, est programmée pour une représentation unique en Bretagne au théâtre des Halles de Pontivy, samedi 8 mars, à 20h30, à l'occasion de la Journée des Femmes.

L'avant-première de la la pièce vient d'avoir lieu à guichets fermés au Forum Léo Ferré de Paris, où elle a remporté un grand succès.

Elle présente plusieurs belles figures de femmes du mouvement anarchiste, et leur action pacifiste pendant la Grande Guerre.

 

Guerrieres-paix-CP-scan-RV.jpg

 

Ce spectacle met en scène un aspect peu connu de la guerre de 1914 : le combat des femmes pacifistes pour tenter de mettre fin à la grande tuerie, combat qui mènera certaines devant les conseils de guerre.

Composé à partir des paroles et des écrits de ces femmes trop ignorées par l'Histoire, et rythmé par des chansons d'époque, il nous transmet, par delà le drame de cette guerre, un message de fraternité et d'espoir.

 

guerrieres-paix.jpg

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 21:16

Près de 30 personnes ont participé au débat que nous organisions vendredi 28 février à Vannes. Les discussions ont filé bon train, sans temps mort jusque 23h00.

Merci encore à Jean-Pierrre Tertrais d'avoir fait le déplacement et animé cette soirée. Merci aussi aux personnes qui sont venues. Voici donc le texte introductif.

 

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Intervention Vannes : mobilité

Pour beaucoup, l'immobilité caractérise la mort ; la fixité, c'est la stagnation, le refus du progrès. Le mouvement, au contraire, symbolise la vie, le dynamisme - celui des jeunes cadres aux dents longues - (on voit régulièrement les affiches politiques : "Ensemble pour aller plus loin"). Aujourd'hui on navigue, on surfe. Mais en quoi le "bougisme ambiant" procure-t-il plus de bien-être, de bonheur ? L'agitation actuelle n'est-elle pas synonyme de pathologie, d'hystérie, de désordre ? La mobilité physique (règne de la voiture, généralisation du GPS) se complète aujourd'hui d'autres prothèses (85% des Français-es sont équipé-e-s d'un téléphone mobile) : plus les moyens de communication sont nombreux, plus l'atomisation de la société semble se confirmer.

Pour traiter un sujet aussi vaste que la mobilité, j'ai choisi trois axes qui m'ont paru plus significatifs :
1 - Montrer que l'accès à la mobilité s'est, très vite dans l'Histoire, accompagné d'une domination politique, d'une exploitation économique, et donc d'une aggravation des inégalités sociales ;
2 - Mettre en évidence que les systèmes actuels de transports engendrent, non seulement des conséquences négatives directement sur l'humain, mais surtout génèrent des coûts écologiques exorbitants, qui les rendent insoutenables sur le long terme ;
3 - Illustrer que le règne de la vitesse modifie de façon dommageable notre rapport au temps, à l'espace et aux autres.

La mobilité : liberté ou servitude ?

 
La première forme de mobilité imposée est sans doute celle des grandes migrations qui, dans l'Histoire, se confondent à peu près avec les grandes invasions, les croisades ; c'est-à-dire des déplacements périlleux dans lesquels d'importantes fractions de la population sont impliquées par le désir de puissance, l'exaltation religieuse, l'esprit de conquête, de colonisation de quelques tyrans et barbares.

A partir de la naissance du capitalisme industriel, cette mobilité va engendrer, avec une accélération constante, le phénomène des transports, principalement autour de deux modes : la mobilité professionnelle et le tourisme de masse, même si, bien entendu, le phénomène de migration se poursuit avec notamment les déportations de populations, l'exode rural, les réfugiés environnementaux. Dans la continuité de l'Histoire, ce sont toujours les classes dirigeantes, possédantes qui imposent aux populations cette mobilité (ou d'ailleurs, son contraire, l'immobilité, l'assignation à résidence).

Il faut noter, par ailleurs, que ces déplacements de populations engendreront une structuration de l'espace, c'est-à-dire une large privatisation de cet espace, une ségrégation résidentielle pour la tranquillité des riches : d'un côté, des lieux surprotégés, des quartiers d'affaires ; de l'autre, des banlieues, des quartiers "difficiles", des bidonvilles, voire des ghettos, des camps de travail. C'est-à-dire une condamnation à la marginalité, à l'exclusion. Il faut rappeler que le capitalisme industriel s'est attaché, très tôt, à fixer les ouvriers et ouvrières autour des usines et des centres urbains pour les contrôler, les rendre complètement dépendants en sapant leur base rurale et les métiers structurés. Aujourd'hui, la moitié des personnes payant l'impôt sur la grande fortune est localisée dans le centre-ville de Paris, les plus pauvres étant relégués en lointaine couronne. Dans plusieurs villes, comme Londres, les péages urbains limitent l'accès des plus pauvres au centre.

L'aggravation des inégalités sociales par la sophistication des transports est flagrante. Si, en effet, la marche maintient une égalité relative entre individus, toute accélération, s'appuyant sur des infrastructures souvent gigantesques, payées avec l'argent public, s'effectue au détriment des plus faibles. Comme l'a montré I. Illich, les riches sont ceux qui peuvent bouger le plus, aller où bon leur semble, s'arrêter s'ils le veulent. C'est dans les aires géographiques considérées comme non rentables, là où résident les plus défavorisés, que les services de transports sont réduits ou même supprimés. La vitesse est bien trop chère pour être réellement partagée ; sa limitation est donc un garde-fou égalitaire.

Il faut donc bien voir que la mobilité, qui est présentée comme un droit fondamental, un symbole de liberté, est un luxe pour les uns, une contrainte et une fatalité pour les autres. Quand ce qu'on appelle les "élites cinétiques" (c'est-à-dire les dirigeants, les cadres) prennent le TGV ou l'avion, les plus pauvres doivent effectuer de longs trajets pour se rendre au travail tout en étant souvent financièrement incapables de partir en vacances. Plus de 10% des Parisien-ne-s consacrent deux heures de transport par jour pour aller au travail. En outre, cet accès à la mobilité qui constitue un puissant facteur de discrimination, permet un contrôle accru des classes dirigeantes sur la population, en intégrant des informations personnelles dans le titre individuel de transport et en renforçant la vidéosurveillance.

Des transports énergivores

 
Aujourd'hui, le développement des moyens de circulation (les humains, mais aussi les marchandises, les capitaux) et de communication confine à l'absurde. La chaîne du transport est devenue de plus en plus vitale pour l'ensemble du système de production. Accélérer la rotation du capital exige d'accroître la rapidité des transports et les volumes déplacés. Liée à l'automatisation complète des activités de manutention et de conditionnement, l'irruption du conteneur notamment (qui peut être emporté par camion, train, avion ou bateau) a permis d'abaisser considérablement le coût du transport.

On est entrés dans l'ère de l'hypermobilité. Parce que chaque déplacement est susceptible de générer du profit, le capitalisme a créé le besoin, voire l'obsession, de mouvement permanent, les loisirs, les vacances, le tourisme de masse, l'aménagement du territoire avec le réseau délirant de routes et d'autoroutes, l'urbanisme qui éloigne les lieux de résidence et de travail, les délocalisations qui permettent de profiter à la fois d'un pétrole bon marché et d'une main-d'oeuvre corvéable, et bien entendu, l'idéologie consumériste qui justifie tout le reste. On compte 123 millions de déplacements quotidiens motorisés en France. En un siècle, le trafic mondial de voyageurs a été multiplié par trois, celui des marchandises par mille.

Dès 1985, l'ERT (Table ronde des industriels européens), lobby rassemblant une trentaine de grandes entreprises, imposait un "programme ambitieux" à une classe politique enchantée à l'image d'un J. Delors : douze mille km d'autoroutes. Avec le marché unique, l'Europe avait fait (ou allait faire) tomber les barrières commerciales, fiscales, monétaires. Restait à éliminer les barrières physiques. A quoi servirait un "grand marché intérieur" si déplacer des individus, et surtout des marchandises, demeurait coûteux en temps et en essence ? Dans cet espace désormais ouvert, fluide, les multinationales pouvaient réaliser des économies d'échelle : ne plus conserver si possible qu'un seul site par produit sur le continent, exiger des sous-traitants une délocalisation dans les pays à bas coût de main-d'oeuvre.

En 1960, les individus parcouraient 1820 km par an, tous modes de transport motorisés confondus. Aujourd'hui, ils en parcourent en moyenne 5500. Des trois modes de déplacement des personnes : routier, ferroviaire et aérien, le premier représente la part la plus importante dans le monde (environ 80%). Le rôle dominant de l'automobile dans le système de déplacements se concrétise dans la démesure du parc automobile mondial qui atteint aujourd'hui un milliard de véhicules. Et la moitié des ressources mondiales sont consacrées à la voiture.

On connaît les conséquences dramatiques de l'essor inconsidéré des transports au niveau humain, social (mortalité, blessures graves, maladies respiratoires, cancers, nuisances sonores, temps perdu...). Mais ces incidences sont sans doute plus redoutables encore au niveau écologique, et donc indirectement au niveau humain : des surfaces considérables de bonnes terres agricoles disparaissent définitivement sous l'asphalte (plus de 90 000 ha de ces terres sont artificialisés chaque année en France ; les différents milieux subissent une dégradation et une fragmentation qui portent atteinte à la stabilité des écosystèmes et à la biodiversité (300 000 L d'eau sont nécessaires pour produire un seul véhicule, et chaque véhicule requiert plus de vingt fois son poids en matières premières). Par ailleurs, la circulation automobile est un des facteurs principaux des émissions de gaz à effet de serre, c'est-à-dire des perturbations climatiques dont les conséquences sont incalculables.

Le règne de l'automobile accélère la raréfaction du pétrole et des matières premières (depuis l'exploitation du premier puits de pétrole, plus de mille milliards de barils ont été extraits des sous-sols, et on consomme quatre fois plus de pétrole que l'on ne découvre de nouveaux gisements). Et c'est sans doute l'aspect le plus grave. Au cours de l'Histoire, l'accroissement de la population humaine a été soutenu artificiellement par une augmentation continuelle de la consommation d'énergie. Compte tenu du déclin prochain des énergies fossiles, d'ici à la fin du siècle, la quantité totale d'énergie à la disposition de l'humanité pourrait être d'un cinquième de l'énergie dont nous disposons actuellement. L'usage massif des combustibles fossiles nous a donc permis de masquer l'atteinte à la capacité de charge de la planète et de maintenir, très probablement, l'humanité en surnombre. Il va être difficile de sortir de ce piège.

Le culte de la vitesse

 
La critique du capitalisme porte le plus souvent sur le salariat, c'est-à-dire l'exploitation de la force de travail. Or une critique de la modernité, par le biais de la vie quotidienne, permet de mettre en lumière les effets psychologiques et sociaux, les processus de déshumanisation de ce système générateur d'uniformisation, d'ennui, d'aliénations. Or la vie quotidienne se caractérise aujourd'hui essentiellement par l'emprise de la vitesse.

Depuis les dernières décennies, la vitesse des transactions économiques, des découvertes scientifiques et des innovations technologiques est étourdissante. La révolution des transports et de la communication a augmenté la vitesse de la communication de 107%, celle des transports personnels de 102% et celle du traitemnt des données de 1010% (cité par H Rosa dans Aliénation et accélération - La Découverte). Chaque jour voit défiler plus de cinq milliards d'e-mails. Dans le "turbo-capitalisme",  l'unité de mesure des nouvelles technologies devient la nanoseconde. Même en musique, les partitions se jouent de plus en plus rapidement !

Nous éprouvons le besoin de faire plus de choses en moins de temps ou de réaliser plus de tâches simultanément.  Avec des emplois du temps surchargés, plus question de s'attarder, de se concentrer, de creuser; on fonce, on survole, on effleure. C'est l'ère du zapping généralisé. Cette réalité conduit d'ailleurs à un paradoxe : puisque l'accélération technique permet de consacrer moins de temps à l'accomplissement d'une tâche donnée, le temps devrait devenir abondant; or il nous paraît de plus en plus rare : la voiture roulant plus vite, nous parcourons plus de kilomètres... C'est reconnaître que l'accélération technique engendre une accélération du changement social, du rythme de vie, les trois s'alimentant mutuellement. Dans un monde en perte de sens, il faut courir de plus en plus vite pour simplement rester en place, gesticuler pour ne pas cesser d'exister.

Les "forces motrices" de l'accélération sociale se trouvent évidemment en grande partie dans la logique du système de marché capitaliste concurrentiel (loi du profit, économie de temps, réduction des coûts, innovation, retour sur investissement, circulation du capital). Mais aussi dans le problème de la finitude et de la mort, et dans celui d'une vie insipide. Tout conduit à goûter la vie dans toutes ses dimensions, une course sans fin dont on devient prisonnier et qui aboutit à la frustration.

Si cette augmentation de la vitesse de la vie sociale, cette transformation rapide du monde matériel assurait l'épanouissement de chacun, on s'en réjouirait, mais tel n'est pas le cas. La dictature de l'immédiateté cause de lourds dégâts. L'accélération de la modernité transforme notre relation au temps, à l'espace, mais aussi à la nature et aux autres à tel point qu'en découlent de nombreuses pathologies sociales, évolutions perturbantes, souffrances. Dans un monde où le mot d'ordre est "disponible 24h/24 et 7 jours sur 7", elle affecte à la fois le corps et le psychisme humains : insomnies, migraines, hypertension, asthme, troubles gastro-intestinaux (et aussi 3000 victimes quotidiennes de la circulation sur la planète).

Dans le monde du travail, depuis les pointeuses et le taylorisme pour qui le système passait avant l'humain, ces contraintes d'horaires, de délais, de rythmes engendrent une lutte pour la reconnaissance à travers la performance : les rapides sont des gagnants, les lents des perdants - le temps c'est de l'argent. Cette lutte se solde par des formes d'épuisement et de dépression en augmentation significative, mais aussi par l'exclusion structurelle de nombreux travailleurs des sphères de production par l'incapacité à s'adapter aux rythmes imposés. Il ne semble pas y avoir d'autre issue que le sacrifice des énergies individuelles : le nombre annuel de victimes du surmenage au Japon se compte par milliers, la consommation de drogues sur le lieu de travail aux Etats-Unis a augmenté de 70% depuis 1988, l'Américain moyen dort quatre-vingt-dix minutes de moins qu'il y a un siècle.

Si l'on ne parvient pas à suivre la cadence, on devient vite dépassé, démodé, archaïque. La plupart des objets, équipements, outils deviennent techniquement si compliqués que nous ne pouvons les réparer, voire les utiliser, nous-mêmes. Non seulement ces conditions sociales sapent nos capacités d'autonomie individuelle et collective, notre aptitude à élaborer un "projet de vie", mais elles nous privent de repères temporels, elles favorisent la dissolution des identités, un sentiment d'impuissance et de culpabilité. Cette accélération, en modifiant constamment notre environnement (au sens large : tout ce qui nous entoure), empêche la familiarité, l'intimité, le souvenir, l'attachement. Cet environnement nous devient étranger. Le nombre de personnes que nous côtoyons est devenu si élevé grâce à la "mobilité" qu'il nous devient impossible d'être émotionnellement liés à la plupart d'entre elles, d'où un désengagement, une superficialité, une indifférence. Par ailleurs, la complexité et l'accélération de la société impliquent que de plus en plus de décisions doivent être prises dans des laps de temps de plus en plus courts, justifiant l'adoption de "réformes" comme autant d'"adaptations nécessaires". La vie politique se construit sur des images, plus rapides que les mots, sur des sondages électroniques instantanés, sur des réactions viscérales, et non sur des argumentations approfondies.

Et nous entraînons nos enfants dans cette folle spirale de l'"excellence" : formations abrégées et intenses, écoles de bachotage, spécialisation précoce, méthodes de gavage. Autant d'instruments qui assujettissent l'enfant, l'adolescent à la compétition scolaire, qui empêchent l'imagination de vagabonder, qui font grandir trop vite au risque de la santé physique et mentale. Quand des parents passent deux fois plus de temps à gérer leur courrier électronique qu'à jouer avec leurs enfants, il est grand temps de réfléchir.

En guise de conclusion.

 

Qu'il s'agisse de déplacements physiques, de vie professionnelle, d'action politique ou de tout autre domaine, cette hypermobilité ressemble plus à un culte du mouvement pour le mouvement, à une exaltation de la fuite en avant, à une errance plutôt qu'à un parcours d'émancipation.
Remédier à cette hypermobilité, ce n'est donc pas trouver une alternative technique à la voiture (agrocarburants ou moteur hybride), mais engager une approche culturelle, philosophique, politique, civilisationnelle. Se désintoxiquer de cette société du pétrole bon marché. Résister à l'accélération de l'Histoire et à l'étourdissement de la vitesse vécus comme un arrachement pour aller vers une maîtrise du temps. Questionner la notion de tourisme quand il ne s'agit que de consommer de l'exotisme, du folklore, et quand en outre, parcourir des milliers de km n'est même plus une assurance de dépaysement compte tenu de l'uniformisation des architectures et des modes de vie. Faire l'éloge de la lenteur, c'est inventer de nouvelles formes d'urbanisation, de transport, de production et de consommation.

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:41

Vendredi 28 février, Vannes, Palais des arts, conférence-débat "Croissance ou décroissance. Vitesse ou lenteur, il faut choisir...", animée par Jean-Pierre Tertrais.

 

Cette soirée sera centrée sur deux axes principaux :
- Montrer l'impact sur nos existences de l'accélération de nos rythmes de vie à travers la vitesse des transactions économiques, des découvertes scientifiques et des innovations technologiques. (Cf cet article de Jean-Pierre Terrais "Rien ne sert de courir")

- Mettre en évidence que les systèmes actuels de transports génèrent des coûts écologiques exorbitants qui les rendent insoutenables sur le long terme. Parallèlement, l'accès à la mobilité s'est toujours, dans l'Histoire, accompagné d'une domination politique, d'une exploitation économique, d'une aggravation des inégalités sociales. Toute accélération, s'appuyant sur des infrastructures souvent gigantesques, s'effectue au détriment des plus faibles. Passé un certain seuil, personne ne peut gagner du temps sans en faire perdre à d'autres.
Le projet d'aéroport à NDDL, les Lignes à grande vitesse (LGV), les développements d'autoroutes s'inscrivent dans cette logique.

20h30. Entrée libre. Organisée par le groupe libertaire Lochu et la fédération anarchiste Vannes.

 

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 22:12
Pour un cortège anti capitaliste et anti autoritaire le 22 février
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AÉROPORT = CAPITALISME
ARRÊT IMMÉDIAT !

UN TOURNANT DE LA LUTTE !


Représentative des luttes contre le capitalisme et ses conséquences pour l’Humanité et la planète, la mobilisation contre le projet d’aéroport entre dans une nouvelle phase.

Sur le terrain, avec l’occupation active de la ZAD et la mise en culture des terres saisies, avec ses 200 comités locaux à travers tout l’hexagone, elle n’a jamais été aussi forte et organisée.

Les oppositions au projet ont démontré, par des études complémentaires contradictoires et recours juridiques – qui ont retardé d’autant le projet – que l’État bafouait ses principes de légitimation (démocratie, défense de l’intérêt commun…) pour servir les bénéfices privés d’une multinationale et la construction d’une métropole du Grand Ouest fantasmée, nouveau sésame de la Croissance Économique.

Ainsi, le préfet de Loire-Atlantique a signé fin 2013 les autorisations de travaux du barreau routier et de destruction des espèces, sur la ZAD de Notre Dame des Landes, annonçant un futur passage en force. Ce qui ne serait pas nouveau pour imposer un grand projet industriel…

Lors de l’opération César en automne 2012, ce sont l’opposition déterminée sur le terrain et la solidarité qu’elle a suscitée, qui ont empêché le lancement du chantier. Aujourd’hui nous ne couperons pas à l’épreuve de force, même s’il est difficile de prévoir quand, où et comment… Si les prochaines élections municipales et européennes peuvent retarder l’offensive, celles-ci ne changeront rien puisque les deux partis susceptibles d’arriver aux « affaires », PS ou UMP, sont également pour le projet.

 

 

L’EMPLOI, UN FAIRE-VALOIR BIAISÉ


Tous les arguments des porteurs du projet ayant été démontés (Nantes-Atlantique saturé, bruits, rentabilité économique, coût réel d’une extension…), les pro-aéroport essaient aujourd’hui de vanter la création d’emplois et la relance de l’activité économique… par un financement majoritairement public de 600 millions d’euros largement sous-estimé et un Partenariat Privé Public en or pour Vinci (ce qui priverait par ailleurs de chantiers nombre de petites entreprises !).

De fait, la situation sociale se dégrade (fermetures d’entreprises, précarité croissante, diminution des services publics, des aides sociales et pensions…) avec en parallèle des aides fiscales croissantes pour le patronat : 50 milliards d’allègements de cotisations sociales et de crédits d’impôts, en échange de… promesses !

Les traités européens de libre échange avec le Canada et les USA vont déstabiliser encore plus de nombreux secteurs. Le projet de « ferme des mille vaches » d’Abbeville, stoppé par la mobilisation, incarne bien le modèle de l’agrobusiness, rentabilisé grâce au prix de l’électricité obtenue par méthanisation, sans égard pour les conséquences humaines et écologiques. Si ce modèle s’impose, il éliminera l’agriculture paysanne qui résiste encore. Cette logique du tout économique, alimentée par le gouvernement, est à l’opposé des valeurs d’entraide et d’autonomie alimentaire portées par la résistance au projet d’aéroport.

 


UNE AUTRE ORGANISATION COLLECTIVE POUR LE PARTAGE DE LA PRODUCTION


Ce chantage à l’emploi doit être dénoncé, en lui opposant un autre modèle de production, défini collectivement, prenant en compte les paramètres humains, écologiques et sociétaux.

Par exemple, l’initiative Sème ta ZAD rassemble depuis mars 2013 zadistes, agriculteurs et agricultrices pour expérimenter un autre fonctionnement collectif, en remettant en culture par différentes techniques des terrains expropriés.

Cette critique en actes du capitalisme vise aussi la logique de réorganisation urbaine à l’œuvre sur l’axe Nantes-Saint-Nazaire, future métropole qui justifie aux yeux des décideurs un aéroport international, un barreau routier et toutes les zones urbanisées qui suivront ! Là aussi, la compétition économique entre pôles urbains à l’échelle mondiale légitime une politique de concentration des moyens sur les métropoles, pour atteindre un seuil tel que leur poids démographique et leurs ressources garantissent un milieu économique propice à leur maintien dans la course internationale, par la rentabilité, la créativité et la mise en scène de leur attractivité. C’était le sens de l’opération Nantes Capitale Verte Européenne 2013.

 


NANTES, UNE MÉTROPOLE GENTRIFIÉE QUI EXCLUT


Cette concentration de richesses, de services, d’initiatives culturelles et d’infrastructures techniques réserve l’accès des centres de ces métropoles aux classes sociales aisées, simplement par les impôts locaux, le prix de l’immobilier et le mode de consommation proposé. La logique capitaliste à l’œuvre a ainsi chassé les classes modestes vers la périphérie et embourgeoisé le centre. Elle a regroupé les pouvoirs politiques locaux dans une présidence de communauté urbaine qui impose ses choix aux anciennes communes, intégrées et « digérées ». Le gouvernement Ayrault vient d’ailleurs d’officialiser cette tendance devenue stratégie prioritaire en désignant une quinzaine de métropoles régionales, auxquelles s’ajoutent les grandes intercommunalités, avec de nouvelles attributions. Cela ne signifie pas moins d’État mais réorganisation de cet appareil toujours plus au service du Capital, en temps réel.

Le transfert de l’aéroport à Notre Dame obéit à la logique de ce nouvel ordre local qui réorganise et polarise autoritairement l’espace, proche ou régional, pour qu’il devienne incontournable, central, rentable. L’aéroport et son barreau routier sont nécessaires à la métropolisation et en découlent. Certain-e-s opposant-e-s à l’aéroport siègent justement dans les institutions qui portent, financent et gèrent ce projet : cette contradiction constitue un point de clivage fondamental et indépassable entre eux, elles et nous. Si l’on constate déjà une désertification des campagnes, une vie ralentie des bourgs et petites villes, condamnés aux résidences secondaires ou aux cités dortoirs, la métropole l’accentuera encore pour la majorité de la population, éparpillée et isolée, avec ses déplacements quotidiens obligés entre zones d’habitation et de travail, de commerce et de loisir. Cette sociabilité minimum induite par l’organisation de la métropole ne peut qu’encourager à la passivité et décourager les velléités de résistance. Le combat contre le projet d’aéroport soulève donc des problématiques bien plus vastes, concernant le mode capitaliste de la société à venir, l’aménagement de nos territoires et de nos vies par la force, en fonction des intérêts du Capital et de l’État. De plus, d’un point de vue de classe, en tant que salarié-e-s, précaires ou au chômage, nous n’avons aucunement besoin de cet aéroport et notre participation à la lutte exprime aussi une solidarité sociale avec toutes celles et ceux qui, ensemble, vivent, travaillent, construisent, expérimentent et cultivent sur la ZAD.

 


POUR UN CORTÈGE ANTICAPITALISTE ET ANTI-AUTORITAIRE


Le 22 février, nous appelons à faire entendre cette expression de façon joyeuse et déterminée dans la manifestation anti-aéroport pour poser de façon explicite et visible tous ces enjeux, pour aller au fond de la critique de ce projet inutile et nuisible, et de son monde, avec en perspective l’émancipation sociale.

Après les échecs des luttes sociales ces dernières années, bloquer ce projet d’aéroport et gagner cette bataille de quarante ans (et nous gagnerons !) contribuerait à renverser la vapeur… en France mais aussi ailleurs car ce combat a pris une dimension internationale. Il s’agit de reconstruire un rapport de forces contre le capitalisme, pour favoriser les autres luttes et empêcher leur criminalisation, comme tente de le faire l’État italien qui assimile la résistance au projet de TAV Lyon-Turin à du terrorisme et qui utilise ainsi des procédures et lois d’exception, proches d’une situation de guerre.

Mener cette lutte, c’est aussi essayer de développer aujourd’hui d’autres rapports sociaux fondés ni sur la compétition et l’exploitation capitalistes, ni sur l’autoritarisme étatique, mais basés au contraire sur la solidarité, l’entraide, la lutte directe, l’autonomie et l’autogestion des mouvements sociaux.

 

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RETROUVONS NOUS SAMEDI 22 FÉVRIER À PARTIR DE 12H, COURS DES 50 OTAGES PRÈS DE LA PRÉFECTURE, POUR AFFIRMER NOTRE REFUS DU CAPITALISME ET DE SON AÉROPORT !


Initiative soutenue par : des individus, Collectif Universitaire Nantais Contre l'Aéroport, Fédération anarchiste, Organisation Communiste Libertaire, groupe libertaire Lochu (Vannes), Alternative Libertaire, COPAIN Poitiers, Front libertaire Saint-Nazaire, groupe anarchiste CRABES (Quimper)...

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Agenda de la semaine

Le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.

 

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Mardi 10 novembre - Vannes, Lorient et Pontivy - Appel unitaire à la grève. Rassemblements (autorisés) des personnels de l’Éducation Nationale (écoles, collèges, lycées) pour l'amélioration des conditions sanitaires, pour l'allègement des effectifs et le recrutement de personnels (ceux des listes complémentaires etc...) . 10h30 Vannes, devant la DSDEN (3, Allée du Général Le Troadec), 10h30 Lorient devant la sous-préfecture, 10h30 à Pontivy à La Plaine. A l'appel des syndicats de l’Éducation Cgt, Fo, Fsu et Sud

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Jeudi 10 décembre - Auray, cinéma Ti Hanok - 20h30 Ciné-débat "Autonomes" (documentaire de François Bégaudeau), en présence de Benjamin Constant, présent dans le film. Tarifs habituels

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Concerts

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