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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 22:50
Ecopunk – les punks, de la cause animale à l’écologie radicale

Ecopunk – les punks, de la cause animale à l’écologie radicale, de Fabien Hein et Dom Blake (éd. Le passager clandestin)

 

Voilà un petit livre fort intéressant qui permet de retracer l’histoire de l’activisme punk sur les questions de notre rapport aux animaux, à l’environnement. En 2012 un des auteurs, Fabien Hein, avait déjà publié aux mêmes éditions Do It Yourself ! – autodétermination et culture punk. J’en étais sorti un peu déçu ; mais ici, pas du tout !

 

Les auteurs ont fait le pari de rassembler divers courants issus du punk et de détailler les différents débats politiques qui les ont traversés. Au premier abord, il peut paraître déroutant de voir se côtoyer sur un même niveau Crass, Cro-mags ou Vegan Reich, et d’associer l’antispécisme à une lutte écologiste. Mais, ça se tient. Et l’analyse qui est faite est susceptible de nous donner des clés pour comprendre l’histoire mouvementée de la scène et les orientations qui ont pu prévaloir à certaines périodes.

 

Les auteurs mettent en évidence l’argumentaire punk en faveur de la libération animale, de la permaculture, des bikepunx, de l’anti-bagnolisme, etc., tout ça avec de nombreuses traductions de zines (Profane existence, Maximum R’n’R, …) ou de paroles de groupes (Oi Polloi, MDC, Earthcrisis, …). Ces extraits permettent aux auteurs d’exposer les différentes approches de la critique punk, avec aussi son corollaire : la mise en pratique – manifs, DIY / DIO, occupations, vies collectives, sabotages de chasse, menace de représailles, destructions de matériel.

 

Je retiens particulièrement la synthèse suivante qui résume les difficultés de l’activisme : « Contradiction entre la capacité à faire émerger des thèmes et des pratiques « alternatives » et le défaut de vigilance face à leur réappropriation par l’idéologie néolibérale ; tension entre la volonté individuelle d’adopter un style de vie conforme à une « éthique du renoncement » et la nécessité d’inscrire ce choix dans des dynamiques collectives de lutte ; opposition entre la tentation du retrait visant à éviter tout impact sur le milieu naturel et le souci de mettre en œuvre des pratiques de coexistence avec ce milieu en rupture avec les logiques dominantes » (page 149).

 

On pourra certes regretter que l’ouvrage relate quasi-exclusivement l’engagement punk américain ou anglais, qui plus est un engagement « ancien ».

 

A chacun-e de trouver les exemples pour la scène française ou européenne. Ou mieux encore, à chacun-e d’écrire aussi cette histoire, faite de vélorutions, de concerts sauvages, de Roller derby, de manif’ anti-McDo, antinucléaire, anti-guerre, faite aussi avec Nabate, Maloka, Tromatism, Parkaj mental, Nagasaki by night, Scraps, Kochise, Pariapunk, et des zines comme Réagir, Désidérata, Est-ce bien raisonnable ?, Bruit, Mort aux vaches, Snack attack, Honoré patrie, …

 

En France et en Europe, le punk est bien plus qu’un « cadavre [qui] bouge encore ». Mais, à moins qu’on se satisfasse d’une survie chiante à mourir, nous n’avons pas d’autres choix que celui de sortir de nos terriers secrets et isolés et de populariser nos dynamiques.

 

Dans Ecopunk, les novices comme les expert-es en histoire du punk trouveront leur compte, car c’est un livre bien ficelé et très bien documenté.

 

Et pour aller plus loin sur les questions qu’il soulève et approfondir la réflexion des auteurs, on peut se plonger dans Quelle écologie radicale ? de Murray Bookchin et Dave Foreman (éd. Atelier de création libertaire) et se référer aux Cahiers antispécistes pour la libération animale.

 

Yly

Fabien Hein et Dom Blake : Ecopunk – les punks, de la cause animale à l’écologie radicale (éd. Le passager clandestin), 12€.

 

 

 

Published by anars56
15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 19:37

Salut,

 

Dans l'agenda cette semaine, on notera le salon du livre libertaire ce w-e (19-20 novembre) au B17 à Nantes. On y sera le dimanche !

 

De notre côté, nous vous donnons RDV vendredi 6 janvier 2017 (déjà !) pour une projection débat (courts-métrages) sur la situation sociale au Guerrero (Mexique), en présence du réalisateur Ludovic Bonleux. On y parlera entre autre de l'école rebelle Ayotzinapa.
A la nouvelle maison des associations de Vannes, 20h30. Entrée libre.
Nous aurons à disposition des paquets de café zapatiste !

 

Audio & visuel :

 

un documentaire de 2015 de 2h22, intitulé "Ni Dieu ni Maître, une histoire de l'Anarchisme", à paraître sur Arte, est disponible.

 

Amateurs, amatrices de punk rock et variantes, retrouvez les interviews et émissions de Keep the rage (spécial riot grrrls pour les 2 dernières et même un hommage au syndicaliste révolutionnaire américain Joe Hill avec les angevines de Motorhill !) :

Au ciné, ne manquez pas "La philo vagabonde", documentaire sur Alain Guyard (auteur, par ailleurs, d'une pièce sur Sacco & Vanzetti)

 

Merhaba Hevalno n°9 (nouvelles du Kurdistan) est disponible (24 pages) : https://we.riseup.net/assets/340913/versions/1/mh9.pdf

 

Liens amis :

 

Pour d'autres infos, réflexions, luttes et fêtes, se reporter auprès des ami-e-s de Rennes Infos, Indymedia Nantes, Brest médias libres, Zad NDDL.

Le Monde libertaire 1783 vient de paraître avec, en dossier, la question de l'enfermement.

Le groupe libertaire Lochu (Vannes) et la liaison Vannes de la FA ne se reconnaissent pas obligatoirement en intégralité dans chacun des rdv ci-dessous.

 

@narchas salutations.

 

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Novembre 2016 - Le mois du doc ! Projections et débats un peu partout

 

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Mercredi 16 novembre - Séné (56) - 19H30, « Grain de Sel » Projection débat « Fusillés pour l'exemple » de Alain Moreau (sur les exécutions miliaires arbitraires durant la 1° guerre mondiale. Elles ont concerné une quinzaine de combattants morbihannais...). Entrée libre et gratuite. A l'initiative de » La Libre Pensée 56 » et du « Mouvement pour la Paix  »

 

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Jeudi 17 novembre - Auray (56) - Cinéma Ti Hanok. 20h30. Projection de "Trashed" (la Terre n'est pas une poubelle) avec le collectif Zero waste du pays d'Auray (débat avec Laura Chatel de Zero waste), dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets.

 

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Jeudi 17 novembre - Guingamp (22) - Le Repaire de Guingamp avec le cinéma les Baladins organise une soirée projection suivie d’un débat : "Sonita" de Rokhsareh Ghaem Maghami sorti en octobre 2016. 20h30. Débat avec Clothilde Sol Dourdin, présidente du CIDF (centre d'information aux droits des femmes) des Côtes d'Armor sur la condition féminine ailleurs et en France.

 

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Samedi 19 novembre - Vannes - Gratiféria (espace temporaire ou permanent de gratuité, alimenté par chacun... ainsi on donne, on prend sans réciprocité objets, vêtements, vaisselle, livres...etc fonctionnels, propres et en bon état) de 10h à 20h. Salle Becel. Dans le cadre de la Semaine européenne de réduction des déchets. Co-organisé par les Incroyables Comestibles et les cuisiniers solidaires. Ateliers cuisine, apéro partagé et auberge espagnole le soir.

 

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Samedi 19 novembre - Vannes - L'Association des Turcs de l'Ouest et l'Association France Palestine Solidarité sont heureuses de vous inviter pour un Brunch (spécialités turques et palestiniennes) de 9H30 à 12H30 au centre culturel turc, impasse de l'Arsenal. Vente de produits palestiniens : Dattes Medjoul, Savons de Naplouse, Huile d'olive, Zaatar... Pour une paix juste et durable. Contact : 06.11.02.83.74. / afps56@hotmail.fr

 

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Mardi 22 novembre - Auray (56) - Cinéma Ti Hanok. 20h00. Atelier Zéro déchet avec le collectif Zero waste du pays d'Auray, dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets.

 

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Lundi 21 novembre - Quimperlé (29) - Cinéma la Bobine - 20h30 (Festival Passeurs de Lumières) "FUOCOMMARE, PAR DELA LAMPEDUSA". Documentaire de Gianfranco Rosi. A l'issue de la séance, échange avec une militante d'Amnesty International.

 

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Jeudi 24 novembre - Auray (56) - Cinéma Ti Hanok. 20h40. Projection de "Foodcoop" sur les coopératives alimentaires. Co-organisé par Alternatiba et Scopéli.

 

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Vendredi 25 novembre - Rennes - Conférence-débat "Justice animale, justice sociale : même combat ?", avec Frédéric Côté-Boudreau (doctorant en philosophie à la Queen's University au Canada et est spécialiste de l'éthique animale). Pourquoi se préoccuper des animaux alors que tant d’injustices humaines sévissent jour après jour ? N’est-ce pas là un grave manque de priorité ? Ces doutes sont largement partagés par la gauche, et c’est pourquoi le mouvement de libération animale est la plupart du temps ignoré par ceux-là même qui défendent la convergence des luttes. Il se pourrait, cependant, que non seulement la justice animale ne s’oppose pas à la justice sociale, mais qu’elle en fait partie et qu’elle peut même y contribuer. En effet, les arguments en faveur du respect des animaux sont essentiellement les mêmes qui soutiennent la justice humaine ; et, inversement, les arguments s’opposant à la libération des animaux ressemblent beaucoup aux arguments entendus contre la gauche. Combattre un système d’oppression devrait donc aider à fragiliser les autres idéologies d’oppression, et c’est pourquoi nous devons réconcilier les luttes progressistes plutôt que de les opposer. Amphi L1, campus Villejean, 19H, entrée libre, buffet à prix libre, stands d'information L214 Ethique et Animaux et Sentience Rennes.

 

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Mercredi 7 décembre - Rennes - Causerie populaire du groupe "La Sociale" de la Fédération Anarchiste sur la vasectomie, du point de vue historique, scientifique et politique (1 - Qu'est-ce que la vasectomie 2 - Connaissance de l'acte 3 - Acceptabilité (morale, droit, corps, aspect psychomédical) 4 - Précurseurs et situation actuelle). 20h30 au local la Commune (17 rue Chateaudun)

 

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Published by anars56
13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 22:24
Nantes - Salon du livre libertaire : sam 19 et dim 20 novembre

Cette première édition sera consacrée à la figure de Benjamin Péret (1899-1959), poète rezéen (de Rezé - 44), surréaliste de la première heure, grand voyageur et infatigable militant révolutionnaire, engagé au côté de la République espagnole au sein de la colonne Durruti.

 

Nous aborderons la révolution espagnole de 1936, René Chérel viendra nous entretenir sur l'anticolonialisme du poète et ses voyages en Amérique du sud, tandis que Rémy Ricordeau projettera son documentaire Je ne mange pas de ce pain-là consacré à Benjamin Péret.

 

Nous débattrons de l'économie du livre avec les éditions Acratie et Libertalia, Hobo Diffusion et Gérard Lambert, ancien libraire. Barthélémy Schwartz nous présentera son nouvel ouvrage Benjamin Péret, l'astre noir du surréalisme, récemment paru chez Libertalia, avant que nous ne clôturions le salon par une table ronde abordant la question de l'actualité du poète, de son engagement et de sa pensée.

 

Au cours de votre visite, vous aurez le plaisir de feuilleter les merveilleux ouvrages de plus d'une cinquantaine d'éditeurs sans Dieu ni maître, vous pourrez vous restaurer à notre cantine végétalienne à prix libre garantie sans perturbateurs endocriniens, boire un verre au bar sans sulfite mais non sans houblon, écouter les intermèdes musicaux et poétiques sans transition, prendre part à une déambulation sans but déclaré en préfecture et à des débats sans fin...

 

PROGRAMME

 

Samedi 19 novembre – 13h00 à minuit


13:30 ouverture du salon
14:00 intervention d'un collectif de travailleurs/travailleuses précaires du livre (Toulouse)
16:30 table-ronde autour du livre et de son économie intervenants : Gérard Lambert (ancien libraire), les Hobos (distributeurs), Jean-Pierre Duteuil (éditions Acratie) et Charlotte (éditions Libertalia)
19:00 apéritif dinatif et déclamatoire
21:00 projection de Je ne mange pas de ce pain-là de Rémy Ricordeau, puis discussion avec l'auteur

 

Dimanche 20 novembre – 10h à 20h


10:00 rendez-vous devant B17 pour une déambulation en hommage à Benjamin Péret dans le centre-ville de Nantes
12:00 banquet festoir et attantatif
14:00 conférence et discussion avec René Chérel autour de Benjamin Péret et le colonialisme
16:00 présentation de son livre Benjamin Péret, l'astre noir du surréalisme par Barthélémy Schwartz
16:30 intermède chantationnant puis table-ronde autour de l'actualité de Benjamin Péret avec Barthélémy Schwartz et Jean-Pierre Duteuil
19:00 apéritif clôturatoire et rangeant

 

Email de contact: salon-livre-libertaire-nantes_AT_riseup.net

 

Published by anars56
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 14:24
Le Monde libertaire 1782 - du 15 octobre au 14 novembre 2016 -

Disponible en kiosques près de chez vous, auprès de militant-e-s ou par abonnement.

Pour les abonné-e-s, ce n° 1782 est accompagné d'un supplément 4 pages "Spécial Turquie".

Published by anars56
11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 22:15

Salut,

 

après une chouette mobilisation à la Zad de Nddl ce week-end, là-bas mais aussi ailleurs, de multiples initiatives sont prises. En voici un petit panorama bien loin d'être exhaustif !

 

Mais, hop, cadeau ! Les compteurs "intelligents" Linky (électricité) - Gazpar (gaz) et même pour l'eau, sur Radio Libertaire !


"Nous sommes tous sommés d'accueillir dans nos maisons des compteurs "intelligents" et "communicants" pour l'électricité, le gaz, l'eau, dont les informations vont alimenter les big data qui nous cernent. "Linkysition" en marche : "Un nouveau grand projet inutile, nuisible et imposé : les compteurs « intelligents » débarquent ! Enedis, filiale EDF, a déclenché les hostilités et vous risquez de vous retrouver avec un compteur Linky chez vous sans l'avoir voulu, par surprise, voire par force. Il est pourtant avéré que ces compteurs « communicants » sont susceptibles de provoquer des incendies, endommager des appareils, développer des symptômes d'électro-hypersensibilité.
Pour nous informer sur tous les risques et aussi sur les moyens de refuser, trois invités : Françoise Boman, médecin, Stéphane Lhomme, animateur du site Observatoire du nucléaire et Bernard Marinone, animateur de l'émission Sévices publics sur Radio Libertaire".

http://media.radio-libertaire.org/backup/41/lundi/lundi_1600/lundi_1600.mp3


En bonus, un texte sur "Linky et ses frères" par La feuille mutine (basée quelque part en Bretagne) : http://lafeuillemutine.com/luttesencours/linky-et-ses-freres/ Une brochure papier peut être commandée auprès du collectif animateur du site.

 

Pour d'autres infos, luttes et fêtes, se reporter auprès des ami-e-s de Rennes Infos, Indymedia Nantes, Brest médias libres, Zad NDDL.

 

Le 15 octobre sort le prochain numéro du Monde libertaire (mensuel) avec un dossier central sur les questions relatives au genre ("no gender, no master").. Bientôt en kiosque donc ! Le site du Monde libertaire est, lui, alimenté chaque jour : https://www.monde-libertaire.fr/

 

Le groupe libertaire Lochu (Vannes) et la liaison Vannes de la FA ne se reconnaissent pas obligatoirement en intégralité dans chacun des rdv ci-dessous.

 

@narchas salutations.

 

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Mardi 12 octobre - Guéméné-Sur-Scorff (56), Ciné Roch. 19h45. Projection du documentaire Ecole en vie (1h20) de Mathilde Syre, sur les pédagogies actives (Freinet, Montessori...), visant à l'autonomie de l'enfant, dans les écoles publiques. Discussion animée par plusieurs intervenants de l'éducation. Enseigner différemment pour construire une autre société.

 

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Mercredi 12 octobre – Vannes - « Evolution et classification, une histoire de Science ! », avec Guillaume Lecointre, professeur au Muséum National d’Histoire Naturel de Paris (et chroniqueur à Charlie Hebdo). Pour lui, la classification est faite pour communiquer et pour cela une certaine stabilité est requise. Cependant, la classification en sciences naturelles est scientifique : cela signifie que nous classons les êtres vivants selon certains faits scientifiques, et que les connaissances progressant, la classification change. En réalité, les êtres vivants eux-mêmes varient et changent. Comment classer ce qui change ? Quels ont été -et quels sont aujourd'hui- les rapports entre classification et évolution ? Conférence organisée par Bretagne Vivante. 20h30, amphi de la faculté de Droit. UBS Tohannic. Entrée libre et gratuite. 

 

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Mercredi 12 octobre - Rennes - Réunion publique « Ce que veulent les anarchistes ! ». Y seront exposés et débattus d’abord  le constat de l’atrocité sociale et environnementale du capitalisme, pour déboucher ensuite sur la proposition du projet du fédéralisme libertaire. Maison de quartier de Villejean 2 rue de Bourgogne. 19h30. Par le groupe la Sociale.

 

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Jeudi 13 octobre - Augan (56), café Le champ commun. 20h30, projection du film "Comme des lions ". Histoire de rugir à nouveau ensemble ! Le film plonge le spectateur au cœur de deux ans d’engagement de salariés de PSA Aulnay, contre la fermeture de leur usine qui employait plus de 3 000 personnes, dont près de 400 intérimaires. Projection suivie d'un débat sur les luttes syndicales avec les travailleurs d'aujourd'hui. Prix libre / Petite restauration.

 

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Vendredi 14 octobre - Inzinzac-Lochrist (56), cinéma le Vulcain - 20h30. Projection du documentaire Ecole en vie (1h20) de Mathilde Syre, sur les pédagogies actives (Freinet, Montessori...), visant à l'autonomie de l'enfant, dans les écoles publiques. Discussion animée par plusieurs intervenants de l'éducation

 

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Samedi 15 octobre - Belz (56) - 12h : Pique-nique végétarien à la pointe du Perche, Kerhuen. Chacun apporte un plat végétal, une boisson et partage. Ce pique-nique est ouvert aux curieux et aux personnes déjà végétariennes ou véganes. Une table de presse sera à disposition sur la question des droits des animaux, sur les dimensions sociales, éthiques et écologiques de l'alimentation. Infos : veg56@net-c.fr.

 

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Samedi 15 octobre - Rennes - Le Collectif rennais pour l'égalité animale (CRPEA) organise un rassemblement : manifestation (11h Place de la mairie), happening et concert (le soir) afin de demander des mesures concrètes pour les animaux dans la ville de Rennes. Inscription au happening par mail, inscription au repas du midi auprès de la cantine mobile ! Lien facebook : https://www.facebook.com/events/116741242097068/

 

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Samedi 15 octobre - Uzel (22) - Rassemblement contre les projets miniers en Bretagne. 14h Rond-point de Berlouze.

 

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Samedi 15 octobre - Lorient - Au théâtre de la Chimère, Olivier Trévidy chante Renaud (de l'époque où ce dernier était encore écoutable). Cité Allende, 12 rue Colbert, porte H. 20h30. Infos / tarif : la.chimere@wanadoo.fr​ / Tel: 02 97 64 38 65

 

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Novembre 2016 - Le mois du doc !  projections et débats un peu partout

 

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Mardi 8 novembre - Lorient - Au théâtre de la Chimère, conférence de Michel Warschawski, co-organisée avec l'Association France Palestine Solidarité. Cité Allende, 12 rue Colbert, porte H. 20h00. Gratuit.

 

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Mercredi 9 novembre - Lorient - Au théâtre de la Chimère, lecture - spectacle de Mahmoud Darwich, co-organisée avec l'Association France Palestine Solidarité. Cité Allende, 12 rue Colbert, porte H. 20h30. 5 euros, au profit de la coopérative Al sanabel d'halul.

 

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Jeudi 10 novembre - Lorient - Au théâtre de la Chimère, projection du film My land (1h30) de Nabil Ayouch, co-organisée avec l'Association France Palestine Solidarité. Cité Allende, 12 rue Colbert, porte H. 20h00. Gratuit.

 

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Published by anars56
10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 20:45

Depuis 2013, l’Etat relance l’exploitation minière en France. En Bretagne, 6 Permis Exclusif de Recherches de mines (PER) sont en cours ou déjà accordés : Merleac (22), Loc-Envel (22), Silfiac (22-56), Beaulieu (44), Dompierre (35), Lopérec et Penlan (29) soit 111 communes, 143 000 ha.

La société VARISCAN MINES est, dit-elle, présente pour faire de la « recherche » et en cas d’exploitation minière, elle s’engage à ouvrir ici une mine « propre ». Aujourd’hui, nous savons que cet exemple n’existe nulle part, c’est purement expérimental !

L’opacité dans laquelle ces permis évoluent ne peut qu’alerter les citoyen-ne-s dès lors que ce type d’activité entraîne, dès la phase d’exploration, des conséquences dommageables pour notre territoire (agricole, agro-alimentaire, tourisme vert... ) et les populations.

(Lire la suite...)

 

PER de Merléac (22) – Les foreuses arrivent…

Convergence des luttes contre les projets miniers en Bretagne

Manifestation du 15-10-2016
Published by anars56
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 19:21

Ce samedi matin, une douzaine de personnes du comité Auray de soutien à la ZAD de Notre-dame-des-Landes ont tenu une conférence de presse publique et déployé une banderole "Aéroport non. Défendons la Zad". Voici le texte du communiqué :

 

"Le comité Auray de soutien à la Zad de Notre-dame-des-Landes organise une conférence de presse publique samedi 25 juin, à 11h00, devant le petit Théâtre (place de la Pompe) à Auray.

 

Face à la mascarade que constitue la consultation publique du lendemain (26 juin) en Loire-Atlantique sur le projet d'aéroport de Notre-dame-des-Landes, nous tenons à affirmer notre opposition à ce projet quelque soit le résultat et notre soutien aux expérimentations sociales en cours sur la Zad de Notre Dame des Landes.

 

Outre qu'il existe déjà un aéroport, éventuellement aménageable si besoin, ce sont en effet deux visions du monde qui s'affrontent :

- l'une fondée sur la "croissance" (ne profitant qu'à une minorité) et un aménagement du territoire imposé avec le bétonnage de terres agricoles, faisant fi des populations locales qui y vivent et y travaillent ;

- l'autre basée sur une vie individuelle et collective, où les décisions se prennent en autogestion et en respectant l'environnement, tant au niveau de l'habitat que dans la production de biens et services.


Pour certains d'entre nous, il s'agit aussi de questionner la croissance même du trafic aérien, dont celle liée aux voyages d'affaires et à certaines formes de tourisme, pour ses émissions de gaz à effet de serre et pour la consommation de pétrole qu'elle implique.

 

En ce sens, ce samedi 25 juin, veille d'une consultation publique, qui plus est déloyale eu égard aux moyens dont disposent les deux parties, nous, comité Auray de soutien à la Zad, nous rassemblons pour exprimer publiquement notre refus du nouvel aéroport et notre volonté de défendre et faire vivre la Zad de Notre dame des Landes."

 

La ZAD vivra. La ZAD vaincra !

 

Le groupe Lochu n'est pas opposé à la forme de "vote" ci-dessous ;-)

Auray : C'est NON à la mascarade du "référendum" sur l'aéroport NDDL

Voir aussi la vidéo : un référendum contre la ZAD.

Published by anars56
22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 23:56

Salut,

 

comme souvent, cette lettre est rédigée dans un court espace-temps ! La vie est très sollicitante et c'est heureux ! Cet actus anars 56 ne sera donc pas exhaustif.


Le rdv incontournable de la semaine est indubitablement ce jeudi 23 juin contre la loi Travail et son monde. La gauche au pouvoir est allée jusqu'à exprimer la possible interdiction des manifestations (et en a déjà fait interdire à Nantes et Rennes notamment !). La meilleure réponse à apporter à tant de bassesse et d'autoritarisme est de... manifester justement. Si nous n'avions pas déjà été motivé-e-s, ça aurait été le meilleur coup de pouce qu'on pouvait attendre :-) A Lorient, le RDV est à 10h30, maison des syndicats, Cosmao Dumanoir.

 

Nous n'avons pas fait notre propre récit de la manif du 14 juin à Paris. Il y en a beaucoup sur le net. Personnellement, j'en retiens la créativité (slogans, tags...), la joie et la force d'avoir été ensemble aussi déterminé-e-s, dès le trajet en car depuis Lorient, la foule vraiment considérable qui s'est mobilisée... et la dose de lacrymo que j'ai ingurgitée ! Et pas bios les gaz irritants, hein !

 

Le Monde libertaire d'été est paru, avec un dossier 1936-2016 : http://anars56.over-blog.org/2016/06/le-monde-libertaire-n-1780-dossier-1936-2016.html Le meilleur soutien à ce journal est l'abonnement, ou l'achat auprès des militant-e-s, ou en kiosques. Pour savoir où trouver le Monde libertaire près chez vous, cliquez ici : http://www.trouverlapresse.com/LOP/listPointVente.do

 

On (re)lira volontiers l'article de notre camarade B. sur le carnaval zadiste à Rennes du 6 février dernier.

 

L'été, c'est la pause militante (enfin plus ou moins) ! Changement à la rentrée de septembre pour nous : nos réunions bimensuelles internes (mais ouvertes) n'auront plus lieu les 1ers et 3èmes lundis de chaque mois mais les 1ers et 3èmes jeudis de 19h00 à 21h30. Toujours à la maison des associations, 31 rue Guillaume Le Bartz à Vannes (l'ex école de... police ! ;-)).

 

Pour d'autres infos et luttes, se reporter auprès des ami-e-s de Rennes Infos, Indymedia Nantes, Brest médias libres, Zad NDDL.

 

Le groupe libertaire Lochu (Vannes) et la liaison Vannes de la FA ne se reconnaissent pas obligatoirement en intégralité dans chacun des rdv ci-dessous.

 

@narchas salutations.

 

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Jeudi 23 juin - Lorient - Manifestation contre la loi Travail à l'appel de l'intersyndicale. Rdv 10h30. Cosmao Dumanoir.

 

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Vendredi 24 juin - Josselin (56) - Conférence gesticulée sur le thème de la technologie dans notre quotidien (occasion de prendre le contre-pied de l'idée générale faisant croire que les techniques d'information et de communication seraient censées apporter des solutions à tous les maux de notre société : mémoire collective, écologie, gratuité, démocratie, bonheur, emploi et même… l'immortalité) - 20h au centre cultuel. Organisé par Josselin en transition. Libre participation.

 

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Samedi 25 juin - Auray (56) - Conférence de presse publique du Comité Auray de soutien à la Zad de Nddl pour dénoncer la mascarade qu'incarne la consultation publique du 26 juin en Loire-Atlantique sur le projet d'aéroport.

 

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Du samedi 25 au dimanche 26 juin – ZAD de Notre-dame-des-Landes – "Refaire un dôme sur la ZAD", we de chantiers collectifs.

 

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Mardi 28 juin - Auray (56) - Cinéma Ti Hanok : projection du documentaire "La mort est dans le pré (le pesticide dans le sang)" suivie d'un débat avec des victimes des pesticides (ex salariés de Triskalia) et le Dr Deleume (Eaux et rivières, spécialiste des pesticides). 20h30. 4 euros. Organisé par Ingalan Bro an Alre

 

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Dimanche 3 juillet - Lizio (56) - Univers du poète ferrailleur, 25 ans de création. Concerts, spectacles, courts-métrages, expos, maquillage, restauration. 5,50 euros de 14h à 20h.

 

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Samedi 9 et dimanche 10 juillet - Notre-dame-des-Landes (44) - Grand rassemblement estival contre le projet d'aéroport : débats, stands, concerts, restauration... Organisé par la Coordination des opposants. Au lieu-dit Montjean.

 

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Mercredi 13 juillet - Augan (56), café coopératif Le champ commun - A partir de 17 h, le cinéma voyageur, libre et ambulant, est dans la place. Le Cinéma Voyageur projette des films de libre diffusion, et invite à l’échange d’expériences, de points de vue, de questionnements, dans une atmosphère intimiste sous le chapiteau, sur le trottoir d’à coté ou autour d’un repas partagé. Prix libre / petite restauration sur place.
 
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Samedi 16 juillet - Rochefort en Terre (56), café de la Pente - Soutien au Collectif Les gazelles des vallons (prix libre) - Après midi en extérieur à partir de 15h animé par les gazelles et autres intervenants (démonstration et initiation aux percussions et à la danse Africaine / Discussions autour de la culture africaine / Musique africaine et danse des gazelles). Concert en intérieur à partir de 19h avec Tukatukas (punk rock de La Réunion), Regret (Punk HxC de Bristol UK), Pizzza (Hip hop punk Soudan), Les jantes alu (rock déjanté Ille et Vilaine), Coin Locker Babie (punk rock Ille et Vilaine). Une restauration vegan sera proposé au public à partir de 18h. Infos pratiques : http://www.lepotcommun.com/programmation/soutien-au-collectif-des-gazelles-des-vallons

 

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Du jeudi 18 au lundi 22 août - Ile de Groix (56) - Festival du film insulaire. 16è édition "A la croisée des îles scandinaves". Documentaires, fictions, exposition, débats, concerts.

 

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Du vendredi 19 au dimanche 21 août - Plougonver (22) - Festival des luttes (goueliou ar stourmou), sous chapiteau. Conférences débats, fanfares, fest noz, concerts, animations, stands, restauration... Organisé par le collectif Douar Didoull « Pour la préservation de notre terre et contre le projet minier ». Programme : http://alternatives-projetsminiers.org/actualie-douar-didoull/

 

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Du vendredi 19 au samedi 27 août - Festival du cinéma de Douarnenez (29), 39è édition : Peuples de Turquie. Films, débats, expos, concerts. Avec une très belle affiche.

 

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Samedi 1er et dimanche 2 octobre - Flamanville (50) - Rassemblement contre l’EPR et le «Grand Rafistolage» des vieux réacteurs (manifestation, fanfares, batucadas, concerts et autres animations). Organisé par le Can-ouest ("Arrêt du nucléaire, énergie de destruction massive"). Des départs en car sont prévus de toute la Bretagne ! Pour le Morbihan, contactez Stop nucléaire 56 trawalc'h

 

Published by anars56
21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 16:01
Le monde Libertaire n°1780 - Dossier 1936-2016

SOMMAIRE

 

TERRAINS DE COMBAT

02 Quelles stratégies maintenant ? Par NATHAN
03 On bloque tout ! MOTION DU 74ÈME CONGRÈS DE LA FA
05 Message du groupe libertaire Organisaçao Popular (Rio de Janeiro). RELATIONS INTERNATIONALES DE LA FA
09 Ni État, ni frontières : tout ce qui est humain est nôtre. MOTION DU 74ÈME CONGRÈS DE LA FA

 

Le dossier du mois : 1936-2016 i FELIZ CUMPLEAÑOS !

10 Trois jours qui auraient pu changer le monde. Par RAMON PINO
16 La révolution espagnole vue d'en bas. Par FRANÇOIS ROUX
20 Entre fascismes et alternatives libertaires : le sport, de 1936 à aujourd'hui. Par NICOLAS GUILLAUME
26 Mujeres libres : la vie sera mille fois plus belle ! Par HÉLÈNE HERNANDEZ
30 Les communistes contre la révolution. Par RENÉ BERTHIIER
34 L'assaut. Par BERNARD D'AUBENAS
37 Benito Pasanau Bianch. Par PASANAU

 

ZONES DE CHANTIER

38 Un lycée autonome et autogéré à Lyon. Par LE COLLECTIF DU LYAALY
43 Projet : participez à la naissance de l'Étoile Noire ! Par LE GROUPE KROPOTKINE


SANS FRONTIÈRES

44 Journée internationale de solidarité avec les prisonniers anarchistes et antifascistes russes. Par L'ANARCHIST BLACK CROSS MOSCOW


PORTFOLIO

48 Pochoirs et street art. Par RNST

 

DOMAINES CULTIVÉS

56 Femmes à la caméra, femmes devant la caméra. Par CHRISTIANE PASSEVANT
58 Les habitants de Raymond Depardon. Par PHILOMÈNE LE BASTARD
59 Je me tue à te le dire de Xavier Seron. Par C.P.
61 Ça ira (1) Fin de Louis de Joël Pommerat. Par PIERRE SOMMERMEYER
63 Religion et désobéissance, la Coopérative intégrale catalane, de Emmanuel Daniel. Par OLIVIER BOULY
64 Dans la Bibliothèque

 

ARCHIPEL LIBERTAIRE

66 Adieu aux roses noires. Par HUGUES LENOIR
67 L'agenda militant
70 Les groupes de la Fédération anarchiste
72 Le programme de Radio Libertaire
73 Bulletin d'abonnement

 

Pour savoir où trouver le Monde libertaire près chez vous, cliquez ici : http://www.trouverlapresse.com/LOP/listPointVente.do

 

Published by anars56
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 22:26
Le carnaval des zadistes (Rennes, février 2016) :  esthétiques de la lutte, esthétiques de la marge
Le carnaval des zadistes (Rennes, février 2016) :  esthétiques de la lutte, esthétiques de la marge
Le carnaval des zadistes (Rennes, février 2016) :  esthétiques de la lutte, esthétiques de la marge

Le carnaval des zadistes (Rennes, février 2016) :

esthétiques de la lutte, esthétiques de la marge

 

 

 

Le samedi 6 février 2016 a eu lieu à Rennes un carnaval-manifestation contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et contre l’état d'urgence mis en place depuis les attentats de Paris en novembre 2015. Se réunissaient sur la Place du Parlement-de-Bretagne, à midi, les militants et partisans pour un grand banquet suivi d'un défilé carnavalesque dans les rues du centre ville.

 

Ce présent article tente de mettre en lumière les différentes esthétiques carnavalesques utilisées au profit d'un mouvement de contestation.

 

 

I) Le scénario carnavalesque des zadistes : de la convivialité à l'affrontement

 

 

1) Le banquet et les esthétiques festives d'une zone à défendre

 

Zone de convivialité :

Tout commence par un banquet. La « convivialité » est un mot qui désigne « le goût des réunions et des festins »1 et qui tire son origine du latin convivere, « vivre ensemble ». La convivialité ici présente semble vouloir manifester plus de fraternité, de solidarité, le souci d'un avenir plus écologique de l'humanité ou encore la cohésion d'un groupe, le renforcement des idées et idéologies des militants ici présents. La convivialité c'est aussi au sens d'Ivan Illich2 un outil qui permettrait de construire une nouvelle société, une société qui ne serait plus capitaliste et destructrice et qui permettrait aux individus de vivre en conscience de leurs simples besoins élémentaires et non plus ceux produits par la société industrielle.

 

Zone rurale :

Dans le carré que constitue la Place du Parlement-de-Bretagne, fut installé un autre carré, cette fois-ci non plus de graviers mais de paille, symbole d'une vie à la campagne, rappelant les agriculteurs en lutte, vivant sur la ZAD, menacés d'expulsion. Ramener ainsi la campagne au cœur de la ville rappelle aux citadins la source même de leur survie : la Nature. Le carnaval urbain depuis le XIXe siècle a toujours manifesté la Nature au travers de ses différentes mascarades. Le carnaval de Rennes avait, comme de nombreux carnavals des grandes villes françaises du siècle bourgeois, exprimé plus fortement cet attachement aux sources mêmes de la vie au travers de la Fête des Fleurs à partir de 1898-99. Mais entre l'esthétique fleurie et bourgeoise de la Fête des Fleurs inspirée du carnaval de Nice et celle ici présente de nombreux points divergents. Ici, et nous le verrons dans l'exploration des costumes, il ne s'agit plus de faire étalage de savoir faire, d'érudition et de richesse mais, bien au contraire, il s'agit de montrer une zone rurale simple et démunie, une zone à défendre.

 

Zone de simplicité volontaire :

Sur ce carré de paille furent installés des tables et des bancs faits de simples planches de bois. La simplicité volontaire ou sobriété heureuse est autant que la convivialité un outil de décroissance qui cherche la construction d'une société nouvelle et non dominée par l'économie marchande. C'est aussi la possibilité d'avoir une action directe de l'individu sur son cadre de vie mais aussi sur l'espace public. Cette simplicité semblait contraster avec les nombreux restaurants, bars, brasseries mais aussi magasins et commerces en tout genre qui se concentrent autour de la Place du Parlement-de-Bretagne.

 

Zone de tranquillité :

Les participants s'installèrent pour manger parfois à même le foin, allongés, lézardant au soleil d'hiver. Ici n'est pas le lieu de l'absurde amour du travail mais du Droit à la paresse3. A l'image du collectif rennais Mardi Gras Jour Férié, cette manifestation semblait vouloir mettre la France non plus au travail mais au carnaval et à la douce tranquillité d'une sieste au pied d'un ballot de paille.

 

Zone de gratuité :

Tout le monde pouvait se restaurer à une cantine nomade à prix libre. En ce triste État français, les revenus sont inégaux et le chômage est en hausse. Le prix libre permet quelque peu d'être plus équitable, de permettre à tous d'avoir accès ici à un repas chaud. Le prix libre permet aussi de se débarrasser de l'idée de rentabilité, de bénéfice et de travail comme valeur suprême.

 

Zone de contre-culture :

Pour favoriser la convivialité déjà bienheureuse, une sono était installée et diffusait des musiques pour la plupart imprégnée par la résistance : musique punk, ska-punk, rock-électro… Ces musiques n'étaient ni issues des musiques savantes et élitistes, ni des musiques dites « commerciales ». Les paroles bien souvent incitaient à la lutte. A l'image du Chant des partisans, elles tentaient de motiver les troupes et d'encourager l'engagement politique.

 

Zone de sociabilité :

Sur le parvis du Parlement-de-Bretagne se trouvait un bar nomade dénommé La Bétaillère vendant principalement des boissons alcoolisées à l'exception du jus de pomme. L'être-ensemble de la convivialité se renforce dans le boire-ensemble. Selon Michel Maffesoli dans L'Ombre de Dionysos4, la société profite de l'orgie pour faire peau neuve. C'est dans le désordre de la débauche qu’apparaît le Retour-de-ce-qui-a-été-refoulé5. Les passions, les pulsions libidinales, par le biais de l'ivresse et de la désinhibition, refont surface. Tout ce qui est réprimé par la Civilisation mais aussi Sur-réprimée par la société, se manifeste afin de recréer un ordre nouveau du monde. L'esthétique de la transgression permet aussi parfois aux personnes ayant une identité de « rejetée » la possibilité de « rejeter » à leur tour.6

 

Zone de conscience politique :

Sur le parvis du Parlement-de-Bretagne étaient placées des tables de presse tenues par des militants. Les idées se partageaient. Les discussions s'animaient autour principalement du projet d'aéroport nantais perçu comme une absurdité économique et une aberration écologique et sur l'état d'urgence vécu comme une prise de pouvoir de l’État et une privation de certains droits fondamentaux.

 

2) Le défilé : de la joute carnavalesque à l'affrontement

 

Vers 15h tout fut rangé et les organisateurs commencèrent à discourir par le biais de la sono. Il y eut un premier discours d'un homme en bleu de travail et masque de Dark Vador qui semblait vouloir prôner le pacifisme et appeler à ne pas sombrer dans le côté obscur de la Force. Mais une tribu de militant/e/s masqué/e/s en singes lui jetèrent bananes et cacahuètes. Il y eut un second discours sur l'explication du Carnaval Game qui était ici souhaité. En effet, les organisateurs dans leur appel à rassemblement souhaitaient que chacun porte au moins une couleur, sorte de Dress Code, afin d'accompagner les étendards colorés qui montraient le dessin en forme d'ombre chinoise d'une espèce à défendre sur cette zone humide en danger telle que la salamandre. Chaque groupe accompagnant un étendard devait faire le plus de bruits possibles, le plus de facéties, d'ingéniosités costumières, défiant les autres groupes mais surtout la ville elle-même, en une sorte de joute carnavalesque.

 

La pratique de bataille carnavalesque est très présente dans le carnaval en France et ce depuis le Moyen-Âge. En 1091, le concile de Bénévent fixe le début de carême au mercredi des Cendres. Carnaval apparaît alors non seulement comme une fête qui symbolise l'entrée dans le carême, sorte de rituel de passage, mais commence peu à peu à se détacher de carême et à s'y opposer. Au XIIIe siècle apparaît alors le couple antinomique Carnaval/Carême. Autour de chaque personnage allégorique s'organise des contraires qui luttent les uns contre les autres7. En témoignent le texte du XIIe siècle La Bataille de Caresme et de Charneige (Charnu ou encore Saint Pensard, Carêmentrant, Carême Prenant, noms anciens donnés à Carnaval ) et la célèbre peinture de Bruegel Le Combat de Carnaval et de Carême datant de 1559. Sous Carnaval se trouvent toutes les pulsions libidinales que la vertueuse Carême réprime aussi bien que des revendications politiques et sociales. La dérision permet de détrôner roi et religieux. Un nouveau roi est élu prônant une nouvelle société exempte de toute forme de répression.

 

Selon Mikhaïl Bakthine8, le carnaval populaire obligeait les participants à se jeter farine, œufs, détritus, contenu de pot de chambre, cendres, etc. Par le bais de cette souillure l'on rabaissait l'autre à la matière, au bas-corporel dans un rire joyeux. Le bas-corporel était aussi présent dans la production de flatulences liées à la forte consommation en fèves et matières grasses ainsi que dans une sexualité fortement exprimée (chansons grivoises, costumes suggestifs, passage à l'acte…). Dans une société médiévale régie par un clergé austère, cette esthétique grotesque prônait l'inverse : l'éloge de la chair, des corps, des passions, de la matière qui ramène soi et l'autre à l'origine du monde et allège les souffrances de l'esprit. Au XIXe siècle, avec l'embourgeoisement du carnaval, cette bataille de matières s'est transformée en bataille de confettis, d'abord petites dragées puis petits bouts de papier colorés, et en bataille de fleurs. Le carnaval de Rennes à la fin du XIXe et au début du XXe siècles était lui aussi très friand des batailles de confettis notamment sous les Arcades. En ce 6 février 2016, il était intéressant de constater que furent présents non seulement l'idée d'une joute entre groupe de carnavaliers mais aussi l'effectuation de véritable souillure et jeu de matières. A la fin du banquet certains s'amusèrent à se jeter de la paille, d'autres avaient apporté de la farine, des œufs, fruits, légumes et pots de peinture pour le défilé.

 

Cependant, outre la petite bataille de paille spontanée, les détritus et peintures apportés n'avaient pas pour objectif d'organiser une joute entre carnavaliers mais contre les ennemis réels ou symboliques, ceux à qui cette manifestation politique et sociale s'adressait, c'est-à-dire l’État et le capitalisme. Et ce furent contre les CRS et les banques que les projectiles fusèrent. Dès le banquet il était aisé de constater que ce carnaval n'avait rien d'un carnaval joyeux et inoffensif. Les enfants étaient peu présents, un hélicoptère de gendarmerie stationnait au-dessus du carnaval et les hordes de CRS encadraient la Place du Parlement-de-Bretagne armés et en gilets pare-coups les faisant ainsi ressembler à des Robocops. Ils procédaient à des fouilles. Aucune « arme » n'était autorisée. L'on retrouve la trace dans les archives du carnaval de Rennes à partir de la fin du XIXe siècle de l'existence déjà d'arrêtés municipaux interdisant le port d'arme et de bâton lors des fêtes carnavalesques. L'anonymat du masque permettait bien souvent les règlements de compte, d'exprimer une violence sous-jacente ou encore d'exercer un sentiment de domination sur l'autre. Cette sorte d'arrêté se retrouve dans de nombreuses villes à cette époque. Cet arrêté montre à la fois la volonté bourgeoise de policer le carnaval, de le transformer en une parade, en spectacle des valeurs nouvelles liées à l'industrie et au capitalisme et, en même temps, l'expression d'une violence inhérente à la fête carnavalesque. En effet, le carnaval bien souvent donnait lieu à des affrontements entre le peuple et les dirigeants. Le carnaval de Roman étudié par Emmanuel Le Roy Ladurie9 déboucha en 1580 sur un véritable bain de sang. Le carnaval en tant que fête populaire et s'exprimant au cœur de la ville est intrinsèquement lié au politique. Libéré de la morale, de la répression, protégé par l'anonymat du masque, le peuple peut exprimer ou ses aspirations ou sa révolte.

 

C'est ainsi qu'au carnaval des Zadistes les matières furent projetées contre les banques et les panneaux publicitaires. La violence du système économique se retourne contre les oppresseurs eux-mêmes. Ceux qui exercent un pouvoir de domination constant contre le peuple sont ici symboliquement rabaissés, brisés, détrônés. C'est ainsi que la horde des Robocops entre en scène pour un affrontement violent : bombes lacrymogènes, courses poursuites, arrestations musclées… De nombreuses vidéos et articles sur internet relatent ces faits : dans une minorité pour dénoncer la violence policière, dans une majorité pour mettre en évidence les débordement des manifestations altermondialistes. Les journalistes et les médias aiment particulièrement les « violents débordements » au détriment d'une analyse politique et sociale et d'une retranscription du discours des militants.

 

 

 

II) Costumes, chars et slogans : la créativité au profit de la lutte écologique et de la lutte anti-capitaliste.

 

 

A l'image des objectifs de la manifestation, les costumes, chars et slogans se scindaient en deux genres : ceux portés sur l'écologie et ceux dénonçant le capitalisme.

 

 

1) Une manifestation contre un projet nuisant à l'écologie du site

 

Le genre le plus répandu était sans conteste celui qui exprimait la défense écologique de la ZAD. Le projet d'aéroport menace plus de 2000 hectares de terres agricoles bocagères. D'une part, en dehors du fait que ce projet menace l'emploi des paysans, l'installation d'un second aéroport à Nantes amplifierait le trafic aérien, la pollution atmosphérique et la nuisance sonore au-dessus de Nantes et ses environs. D'autres part, cette zone, classée zone humide depuis 2012, est l'espace d'une biodiversité exceptionnelle où certaines espèces sont à protéger. Cette zone d'aménagement différé pour les promoteurs est vite devenue une zone à défendre pour les écologistes.

 

Les déguisements écologiques dit « classiques »

Quelques déguisements que l'on pourrait qualifier de classiques aux manifestations écologiques étaient présents : masque à gaz, vêtements réfléchissant de sécurité routière, cirés, vêtements de travaux, vêtements anti-nucléaire… Ces déguisements montrent l'état de l'individu qui est lui-même une espèce à protéger. Dans ses habits de protection contre toutes formes de pollutions, de souillures ou de dangers, le manifestant exprime le fait d'être dans un environnement hostile, toxique, où il n'est plus question de vivre mais de survivre. Bien souvent des slogans, autocollants, pancartes l'accompagnent clarifiant son discours et dénonçant la source du danger en l’occurrence ici l'avion.

 

Les chars et déguisements de la faune

Les masques les plus présents à ce carnaval étaient ceux de la faune. Nombreux étaient les animaux qui faisaient valoir leurs droits ou leur soutien à la cause : oiseaux, grenouilles, salamandres, cochons, bêtes à cornes, hérissons, coqs, écureuils, loups, lion, papillons, ours polaire, chats, panthère, renards, gorilles, crocodiles, bois de cerf… Tous avaient répondus à l'appel des étendards. Deux chars brandissaient leur animalité : une chouette articulée et une vache broutant et écrasant des avions.

 

Les déguisements de la flore

La végétation bien moins visible défilait aussi dans les rues de Rennes. Couverts de lierre, de laurier, de bambou, de fleurs ou transformés en carotte, les carnavaliers faisaient ainsi rentrer la nature dans l'espace urbain.

 

Les slogans

Les banderoles et les pancartes manifestaient clairement la lutte écologique :

- « Nous sommes la Nature qui se défend »

- « La ZAD aux tritons pas aux avions »

- « Le collectif des hérissons géants du 35 contre l'aéroport »

- «  Des légumes pas de bitume »

- « Pas d'avion, pas de bitume, je veux brouter mon herbe dans la brume » exprimait le char de la vache

 

Les matériaux de récupération

La grande majorité des costumes semblait être fabriquée avec les « moyens du bord ». Certains masques d'animaux étaient fait main avec du carton, de vieux bidons, du papier, du barbelé, du tissus de récupération. Beaucoup de carnavaliers arboraient des tenues colorées grâce à l'assortiment de vêtements dénichés dans leurs armoires : un poncho, un châle à frange, une couverture, un drap fleuri, une vieille robe, etc. Certains ajoutaient un simple accessoire trouvé pour cette occasion carnavalesque : une guirlande de noël, une casquette fluo, une paire de lunettes géantes, des lunettes de ski, un boa à fausses plumes, un loup à bavette ou sans, une perruque, du maquillage, un masque de commerce généralement destiné aux fêtes d'enfants (Spiderman, Dark Vador, monstre d'Halloween).

L'idéologie écologique prône la récupération, le recyclage, le troc, l'échange. Dans une société en pleine crise économique, comment se fait-il que nos poubelles soient si pleines, que nos déchets soient si importants ?

 

 

2) Une manifestation anti-capitaliste

 

Un carnaval des « gueux »

L'esthétique de récupération visible au travers des masques et déguisements renvoyait cette manifestation à certaines traditions populaires carnavalesques qui veulent que pour annoncer un nouveau printemps, une nouvelle année ou une société rajeunie l'on sorte les vieux chiffons, l'on vide les vielles armoires, l'on s'habille des vieilles guenilles comme pour faire table rase du passé. Cette esthétique de la récupération outre le fait qu'elle dénonce l'idéologie mercantile semblait aussi ancrer les carnavaliers au sein de la classe populaire. Ce n'était pas ici les classes aisées qui souhaitaient faire peau neuve, se débarrasser des vieilles idées et des vieilles idéologies mais le peuple lui-même. Il ne s'agissait pas ici de riches parades mais de déguisements construits en matériaux bruts, en matériaux de récupération ou en accessoires à faible coût.

Un des pantins du carnaval représentait un cochon habillé en costard-cravate et rappelait ainsi l'expression populaire « cochon de bourgeois » ou encore la chanson de Jacques Brel dont le refrain exprime ceci « les bourgeois c'est comme les cochons plus ça devient vieux plus ça devient bête ! Les bourgeois c'est comme les cochons plus ça devient vieux plus ça devient con !» 

 

Un carnaval contre l’État

A la manière du Karnaval des gueux de Montpellier, le carnaval des zadistes de Rennes était fortement marqué par l'idéologie libertaire. La manifestation n'était pas seulement contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes mais aussi contre l'état d'urgence qui non seulement nous fait oublier un tas d'urgences mais surtout prive les citoyens et citoyennes d'un certain nombre de libertés et profite à l’État.

Un des chars du carnaval exposait une figure de Manuel Valls, homme politique représentant l’État qui soutient le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il portait une arme à la main et arborait un visage grotesque et menaçant. Des avions marqués du sceau de Vinci étaient accrochés à son bras et semblaient tournoyer autour de lui. On retrouve sa tête sur un autre pantin figurant une sorte de roi du carnaval. Dans de nombreuses traditions carnavalesques, le roi du carnaval est un pantin que l’on brûle à la fin de la fête. Au carnaval de Limoux, ce roi porte sur les épaules « tous les méfaits, petits ou grands, et tous les péchés de l’année écoulée »10 En diabolisant la figure de Manuel Valls et en faisant un pantin roi du carnaval, les manifestants expriment symboliquement une violence accumulée au fil de l’année et se protègent ainsi eux-mêmes et la société d’une destruction radicale.

D’autres masques figurant le diable, le démon étaient présents comme pour mieux exorciser la ville. Le carnaval purge la ville des esprits malfaisants qui hantent la société et sèment la pagaille. Manuel Valls et les symboles du capitalisme métamorphosés en démons fonctionnent aussi comme marqueurs identitaires autour desquels le collectif se consolide.

Accompagnant ce mouvement contre l’État, les slogans étaient offensifs : « Pour la réduction des pourris au pouvoir : décapitalisme » brandissait un masque-poubelle vêtu d’une jupe-cravate ; « Pour en finir avec l’État d’urgence » ; « Ton projet de « parc naturel urbain » va finir au fond du canal St-Martin » ; « Quand on arrive en ville » rappelant la chanson de Balavoine dont la suite est « les gens changent de trottoirs. On a pas l’air virils mais on fait peur à voir. » ; « Zad pep lec’h. Stad Neble’ch, Vinci er-maez (Zad partout, État nulle part, Vinci dégage) ».

 

Un carnaval contre l’idéologie capitaliste.

Au cours du carnaval les projectiles comme la peinture, la farine, les œufs, bananes, cacahuètes, etc. ont été lancés contre les banques comme la Société Générale. Outre le fait que les analyses libertaires rendent les banques parmi les responsables de la crise financière actuelle et mondiale, cette action directe envers les banques va bien au-delà d’une simple dénonciation de leur responsabilité. L’idéologie libertaire s’insurge contre toute forme de profit, de pouvoir et de domination. Or, c’est bien une société dominée par l’argent qui est en place depuis des siècles. « Ainsi, l'aménagement du territoire imposé par des élus acquis aux thèses libérales, notamment à travers les partenariats public-privé, est fortement dénoncé. Leur légitimité même est contestée. » s’insurge un camarade du groupe libertaire René-Lochu participant au carnaval-manifestation. Si la manifestation est à la fois écologique et anti-capitaliste autour du projet de Notre-Dame-des-Landes ce n’est pas un hasard. Sur la ZAD il n’y a pas seulement une zone humide riche en biodiversité et en espèces menacées à protéger mais aussi un projet de vie, une société nouvelle cristallisée autour des Zadistes. Depuis 2008, la ZAD est occupée par des opposants (résistants ou militants11). Les maisons délaissées ont été réappropriées. Des cabanes en bois ont été construites. Des expériences alternatives et autogérées ont été mises en place par les centaines de personnes vivant là-bas et par les milliers qui passent lors des rassemblements : potager bio collectif, construction de four à pain, cuisine collective, radio locale, échange de savoirs, revue, etc. Lors des rassemblements on peut y trouver aussi des débats, conférences, projections mais aussi des concerts, des ateliers de fabrication de cerfs-volants, du théâtre pour enfants, etc.

 

Un carnaval contre l’État policier

Nombreux sont les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui ont été condamnés à des mois de prison ferme. La présence policière lors des manifestations est souvent très importante. Là encore, lors du carnaval, les CRS encerclaient la place du Parlement-de-Bretagne et leur hélicoptère stationnait au-dessus des manifestants. Le carnaval s’est terminé en affrontement et la plupart des manifestants savent qu’une mort «  accidentelle » est toujours possible, en témoigne notamment le cas de Rémi Fraisse, tué d’un tir de grenade offensive, lors d’une manifestation contre le projet du barrage de Sivens, le 26 octobre 2014.

Nombre de déguisements, lors du carnaval, avaient pour objectif, non pas d’exprimer un personnage ayant une signification symbolique, mais de rendre la personne anonyme, invisible aux yeux des membres des services de renseignements de la police présents parmi les carnavaliers. Masque, capuche, cagoule, foulard, gant, vêtements quelconques, tout était en faveur de l’anonymat. Même quelques masques d’Anonymous déambulaient rappelant ainsi que la liberté d’expression est aujourd’hui en danger et que la désobéissance civile devient nécessaire.

 

 

III) L’esthétique de la marge

 

A l’intérieur de ce carnaval transgressif et subversif, co-existait un autre carnaval encore plus en marge, sorte de marge de la marge : les Black Blocs.

 

1) Un carnaval dans le carnaval

 

Si l’on prend la définition de Francis Dupuis-Deri dans son article Penser l’action directe des Black Blocs, ces derniers prennent déjà en temps ordinaire la forme d’un carnaval : « Le Black Bloc est une forme d’action collective très typée, qui consiste pour des individus masqués et vêtus de noir à former un cortège (un bloc noir) au sein d’une manifestation »12 Les Black Blocs ne recherchent pas seulement l’anonymat mais la formation d’un cortège, la manifestation d’une identité idéologique, une socialisation en marge. Ils cherchent à montrer au sein d’une manifestation, en l’occurrence ici contre le projet d’aéroport et contre l’état d’urgence, la présence d’une critique radicale du système économique et politique, c’est-à-dire du système capitaliste en place. Inscrits dans le mouvement libertaire, les Black Blocs portent des vêtements noirs, couleur de l’anarchisme. C’est pourquoi au sein du carnaval de Rennes, les Black Blocs pouvaient être reconnaissables. Les masques, foulards, cagoules, casques, capuches, gants servaient à l’anonymat. La couleur noire était très présente. Vêtements et chaussures étaient homogènes et adaptées à l’affrontement et à l’action directe.

 

En effet, le cortège des Black Blocs n’est pas un cortège qui croit en l’efficacité des défilés et mouvements sociaux non-violents. Ils n’ont pas de porte-parole et ne veulent en aucun cas négocier avec le pouvoir dominant (media et politique) contrairement aux autres mouvements contestataires. Ils prônent la désobéissance civile et projettent leur violence non-meurtrière sur des objets symboliques (banque, panneau publicitaire, etc.). Leur violence relativement réduite est avant tout une volonté de communication politique. C’est avant tout une mise en scène carnavalesque dont l’objectif est la subversion. Et c’est bien là le propre du carnaval selon M. Bakthine : s’affranchir des points de vue prédominants sur le monde, libérer soi et les autres du joug de la normalité, désacraliser tout élément dominant, créer une nouvelle société, utopiser le monde.

 

2) La subversion du carnaval lui-même

 

Ce carnaval à l’intérieur du carnaval pouvait être visible à un œil expérimenté mais n’avait pas pour objectif d’être un bloc manifeste. Au contraire, les Black Blocs étaient diffus, infiltrés et se mêlaient aux autres masques. La frontière entre les masqués Black Blocs qui, pour l’occasion, portaient une touche de couleur, un masque de commerce ou un véritable déguisement recherché et les autres masqués n’était plus nettement marquée. Il n’y avait plus de distinction facilement opérable.

 

Or, les organisateurs de manifestations altermondialistes ou sociales veulent généralement se démarquer des Black Blocs qu’ils désignent sous le terme péjoratif de « casseurs », qui cassent le bien public, qui « cassent » les C.R.S et qui « cassent » la manifestation. Non seulement ils condamnent publiquement les actions des Black Blocs mais cherchent à discipliner leurs manifestants. Ainsi, lors du carnaval-manifestation contre le projet d’aéroport, les organisateurs espéraient des couleurs unies sous des étendards et des joutes innocentes faites de musiques, rires et facéties. Francis Dupuis-Deri, en s’appuyant sur les travaux des sociologues anglophones tels que McAdam, Tarrow, Tilly mais aussi Piven et Cloward, constate que les acteurs politiques contestataires ont « un fort désir de paraître respectables aux yeux de l’État pour obtenir puis sécuriser un ensemble de ressources financières, institutionnelles, organisationnelles, médiatiques, voire personnelles (…). L’État met d’ailleurs en place tout un appareil normalisateur. »13

 

Ainsi, la distinction demandée par l’État entre Black Blocs et manifestants était difficile. L’anticipation par la police de toute expression de désobéissance civile mais aussi d’arrestation violente devenait ardue.

 

 

Conclusion :

 

Le carnaval peut permettre à la fois l’expression d’un discours clairement défini, la cohésion d’un groupe et le partage de savoirs mais aussi et surtout la possibilité pour tous ceux qui se sentent opprimés, oppressés, rejetés, bafoués, manipulés, rabaissés, fichés, assignés à résidence, de réagir par le biais de l’esthétique de la transgression et de la dérision en rejetant, bafouant, rabaissant, souillant à leur tour les éléments de leurs oppressions. La créativité carnavalesque permet au peuple de s’exprimer dans un rire grotesque.

 

Blodwenn MAUFFRET (groupe Lochu)

 

 

1La convivialité est un nom apparu en 1816 dans un récit de voyage en Angleterre, est emprunté à l'anglais conviviality « goût des réunions et des festins » , dérivé de convivial. (Dictionnaire historique de la Langue française, sous la direction de Alain Rey, 1992.

2Ivan ILLICH, La convivialité, Seuil, 1973.

3Paul LAFARGUE, Le Droit à la paresse, 1880. Dans cet ouvrage historique, Paul LAFARGUE analyse la société du XIXe siècle et montre l'absurde valeur du travail issue de l'idéologie capitaliste.

4Michel MAFFESOLI, L'Ombre de Dionysos. Contribution à une sociologie de l'orgie, Librairie des Méridiens, 1985.

5Herbet MARCUSE, Éros et civilisation. Contribution à Freud, Les éditions de Minuit, 1963.

6Elisabeth GREISSLER, Les jeunes de la rue sont-ils militants ? Une réflexion, Erudit.org, paragraphe 20.

7M. GRINBERG, Carnaval du Moyen-Âge et de la Renaissance, in Carnavals et mascarades, Pier Giovanni d'Ayola et Martine Boiteux, Bordas, 1988.

8Mikhaïl BAKTHINE, L'oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen-Âge et sous la Renaissance, Gallimard, 1970.

9Emmanuel LE ROY LADURIE, Le carnaval de Romans. De la Chandeleur au mercredi des Cendres 1579-1580, Gallimard, 1979.

10Georges Chaluleau et Jean-Luc Eluard, Le carnaval de Limoux, Atelier du Gué, 1997, pp.91-93.

11Certains zadistes refusent l’appellation de « militants » les concernant.

12Francis Dupuis-Deri, Penser l’action directe des Black Blocs, Politix n°68 / 2004, pp. 79-109, visible sur le site Laboratoire Urbanisme Insurrectionnel ou sur le site Persee, p.79.

13Francis Dupuis-Deri, op.cit., p.93.

Le carnaval des zadistes (Rennes, février 2016) :  esthétiques de la lutte, esthétiques de la marge
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Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire Lochu - Ferrer ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
 

 

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Samedi 15 octobre - Belz (56) - 12h : Pique-nique végétarien à la pointe du Perche, Kerhuen. Chacun apporte un plat végétal, une boisson et partage. Ce pique-nique est ouvert aux curieux et aux personnes déjà végétariennes ou véganes. Une table de presse sera à disposition sur la question des droits des animaux, sur les dimensions sociales, éthiques et écologiques de l'alimentation. Infos : veg56@net-c.fr.

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Samedi 15 octobre - Rennes - Le Collectif rennais pour l'égalité animale (CRPEA) organise un rassemblement : manifestation (11h Place de la mairie), happening et concert (le soir) afin de demander des mesures concrètes pour les animaux dans la ville de Rennes. Inscription au happening par mail, inscription au repas du midi auprès de la cantine mobile ! Lien facebook : https://www.facebook.com/events/116741242097068/

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Samedi 15 octobre - Uzel (22) - Rassemblement contre les projets miniers en Bretagne. 14h Rond-point de Berlouze.

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Samedi 15 octobre - Lorient - Au théâtre de la Chimère, Olivier Trévidy chante Renaud (de l'époque où ce dernier était encore écoutable). Cité Allende, 12 rue Colbert, porte H. 20h30. Infos / tarif : la.chimere@wanadoo.fr​ / Tel: 02 97 64 38 65

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Novembre 2016 - Le mois du doc !  projections et débats un peu partout

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Mardi 8 novembre - Lorient - Au théâtre de la Chimère, conférence de Michel Warschawski, co-organisée avec l'Association France Palestine Solidarité. Cité Allende, 12 rue Colbert, porte H. 20h00. Gratuit.

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Mercredi 9 novembre - Lorient - Au théâtre de la Chimère, lecture - spectacle de Mahmoud Darwich, co-organisée avec l'Association France Palestine Solidarité. Cité Allende, 12 rue Colbert, porte H. 20h30. 5 euros, au profit de la coopérative Al sanabel d'halul.

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Jeudi 10 novembre - Lorient - Au théâtre de la Chimère, projection du film My land (1h30) de Nabil Ayouch, co-organisée avec l'Association France Palestine Solidarité. Cité Allende, 12 rue Colbert, porte H. 20h00. Gratuit.

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Concerts

Autres événements