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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 06:59

Selon France 3 :

Pontivy (56) : manifestation contre le racisme et le fascisme, malgré l'interdiction du préfet

Alors que le préfet du Morbihan s'était opposé à la tenue de cette manifestation à Pontivy à l'appel du collectif contre le racisme et la xénophobie, quelque 250 personnes ont bravé l'interdiction et défilé dans les rues de la ville ce samedi après-midi.

Les manifestants ont défilé dans les rues de Pontivy, sans pouvoir accéder au centre-ville © S. Izad

Lire la suite ici.

 

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Selon nous :

 

Contre le racisme et l'état d'urgence, une manifestation réussie à Pontivy !

 

Samedi 19 décembre, 250 personnes ont manifesté à Pontivy contre la xénophobie, les violences d'extrême-droite et... l'état d'urgence qui s'apparente par bien des aspects à une politique d'extrême droite justement. Face à leur idéologie et pratique liberticides, nous avons affirmé nos valeurs de résistance, de solidarité, notre volonté de ne pas plier à quelque injonction d'où qu'elle vienne (de l’État, des religieux, des partis de gauche et de droite, des fascistes) mais au contraire de toujours œuvrer à la transformation de la société vers l'autogestion et l'entraide : sans classes, sans État (qui est une forme d'oppression de classe), sans patriarcat, sans racisme.

 

Il nous a plu aussi de nous rassembler et défiler contre l'extrême droite une semaine après les élections. En effet, pour nous, le nationalisme se combat au quotidien, dans la rue, au travail, partout. Déposer un bulletin dans une urne pour des partis dont la politique engraisse ceux de l'extrême droite n'est pas notre combat.

 

Alors qu'en début de semaine, la Préfecture déclarait ne pas avoir assez de moyens pour garantir la sécurité, elle a su bizarrement trouver les forces pour nous encadrer.

 

Notre déambulation fut, comme annoncée, pacifique, joyeuse et déterminée, avec sa batucada rose, ses clowns et ses banderoles aux slogans bien sentis.

 

Nous avons dénoncé bien sûr la duplicité de la Préfecture, de la Mairie (droite), de l'Union des commerçants qui ont tenté et réussi largement à démobiliser (alors que toutes les garanties avaient été données pour que le marché de Noël ne soit pas perturbé et pour le caractère festif et pacifique de notre marche). Mais, pour notre part, groupe libertaire Lochu de Vannes, si nous avons bien perçu le contexte local de pression à la fois par les trois institutions ci-dessus, par les milieux d'extrême-droite qui prétendaient nous empêcher d'être là, nous ne comprenons pas (ou nous comprenons trop) le recul des organisations locales suivantes : Alternative Citoyenne, Attac 56, Confédération Paysanne, CGT, FSU, Ensemble, Parti de Gauche, PCF, RESF.

 

Les député-e-s, sénateurs et sénatrices de ces militants ont voté l'état d'urgence. Pourtant, dans leurs rangs, beaucoup ont dénoncé les dérives liberticides inhérentes à un tel choix politique (sur plus de 2500 perquisitions, de centaines d'assignations à résidence et d'arrestations parfois à caractère politique, seules 2 arrestations donnent lieu à des poursuites dans le cadre des attentats).

 

Le lundi, le collectif local maintenait l'appel à manifestation du samedi, quand bien même elle serait interdite (cf. ce communiqué http://rennes-info.org/Reponse-du-Collectif-Pontivy).

Mais en cours de semaine, une partie du collectif (cf. les organisations citées plus haut), malgré son affirmation de départ, recule, se réunit sans consulter les autres membres ni les soutiens et déclare mensongèrement la démobilisation au nom de TOUT le collectif. Est-ce un acte vraiment démocratique ?

Finalement, sous la pression, les membres de ces organisations ne consultent qu'eux-mêmes, décident pour toutes et tous et s'enfuient en obéissant aux injonctions administratives de l’État. Pourtant, la véritable éthique se jauge dans les moments de tension. Leur incohérence politique et leur fuite des responsabilités devraient les interroger.

 

De fait, ces organisations s'accommodent de cette société de classes, de plus en plus policière, tant elles semblent toujours avoir peur qu'une partie de la population s'organise, revendique en dehors du cadre (carcan) qu'elles définissent.

 

Heureusement, d'autres ont maintenu le cap, gardé leur cohérence, et assumé un appel à rassemblement pour accueillir toutes les personnes et tous les groupes qui ressentaient le besoin d'exprimer leur refus de la xénophobie et qui refusent qu'au nom de l'état d'urgence, on leur interdise de manifester. Ô combien aurions-nous été sans les manœuvres conjuguées de la Préfecture, de la mairie, de l'Union des commerçants et de ces organisations ayant capitulé ?! Dans les jours qui précédaient, de partout en Bretagne, nous entendions que la mobilisation prenait une belle ampleur. Et c'est sans doute cela que redoutaient tous ces gens et leurs organisations s'inscrivant dans le cadre défini par le Pouvoir (qui les méprise et s'en sert). Nous fumes néanmoins 250 à désobéir, à ne pas nous taire. Et c'est ainsi que, collectivement, comme une évidence, le rassemblement s'est transformé en manifestation.

 

Pour notre part, groupe libertaire Lochu, certes avec nos petits bras, mais néanmoins bras dessus bras dessous, nous serons toujours là pour faire face à l'oppression et l'exploitation dont le fascisme est une des expressions. Et nous ne croyons pas travestir ainsi la parole de toutes et tous les anarchistes en affirmant que c'est aussi leur cas.

 

Vous trouverez ci-dessous le texte du tract que nous avions rédigé pour l'occasion. Nous avions volontairement écarté la partie dénonciatrice (que vous trouvez finalement ci-dessus dans le compte-rendu ! ;-)), pour mettre en avant les valeurs qui fondent notre combat et qui étaient présentes dans l'appel à mobilisation.

 

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Published by anars56
21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 22:01

Nous, groupe libertaire Lochu (Vannes),

 

avons signé cet appel à manifestation pacifique et festive contre la violence d'extrême-droite, car nous nous reconnaissons dans les valeurs de droits humains, d'expression, de solidarité, d'égalité entre les personnes, les peuples et les cultures.

 

La société anarchiste que nous défendons, grâce à l'autogestion, cristallise naturellement ces valeurs égalitaires et solidaires.

 

 

Qu'est-ce que l'autogestion ?

L'autogestion est une forme de démocratie directe.

 

Concrètement, c'est une société sans capitalisme ni planification autoritaire, ni système hiérarchique.

Chaque individu, quelles que soient ses origines, son âge ou son sexe, y est acteur et libre, tant dans les prises de décision que dans le partage des tâches, au travail comme dans la cité.

Les individus n'ont pas à se soumettre à un État ou à un-e exploitant-e. Ils et elles sont des autogestionnaires, à la fois dirigeant-e-s et exécutant-e-s des tâches qu'ils ont acceptées après les avoir examinées et en avoir débattu.

 

Au travail, l'égalisation des rémunérations est favorisée et même l'abolition de l'argent, lequel peut être remplacé par l'échange et/ou le don.

Chacun-e produit des services ou des marchandises, tout en prenant en compte les impacts écologiques et sociaux liés.

Chacun-e décide de la gestion économique et sociale non au profit de quelques-un-e-s mais pour toutes et tous et dans l'intérêt de chacun-e.

 

Dans la cité, lors de réunions dans sa commune ou quelque soit le collectif ou l'association, l'individu décide, valide et participe aux affaires qui le concernent lui et son environnement social.

Si besoin, des individus sont alors mandatés pour mettre en œuvre des tâches décidées ensemble et qu'ils ont choisies. Ce mandat est révocable par tous les individus du collectif et n'accorde aucun privilège. Aucun individu ou groupe ne doit s'imposer. C'est à l'assemblée et à chacun-e d'y veiller.

Dans cette société, chaque individu a les moyens de s'éduquer et d'acquérir les connaissances et compétences dont il a besoin pour mettre en œuvre son autonomie en harmonie avec le collectif.

 

Un gouvernement ou un chef quels qu'ils soient sont fauteurs de désordres. L'anarchie est l'ordre moins le pouvoir : pour nous, seule une société sans gouvernement, fondée sur la coopération volontaire, sur la liberté et la solidarité offre la justice sociale.

 

Si l'autogestion généralisée de la société est un objectif, dès aujourd'hui partout dans notre vie, il est possible d'apprendre et d'expérimenter librement des échanges égalitaires.

 

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Published by anars56
18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 18:36

La manifestation de demain, samedi 19 décembre, à Pontivy contre la xénophobie suite aux violences du groupuscule d'extrême-droite Adsav est interdite par la préfecture !

 

Au motif qu'il y a le marché de Noël dont la sécurité ne serait pas garantie (alors que le collectif local appelant à cette mobilisation avait prévu un parcours qui ne passait pas dans les rues du dit marché !) et que c'est... l'état d'urgence !

 

Sachez aussi qu'il y a un appel émanant des milieux racistes d'extrême-droite qui prétend contrer la mobilisation contre la xénophobie.

 

Néanmoins une partie du collectif local initiateur de l'appel maintient un rassemblement (et non une manifestation), Square Lenglier (derrière la mairie), pour en faire une grande assemblée antifasciste, occasion de discuter collectivement des événements en cours et de l'état d'urgence, dérive autoritaire et policière. Rendez-vous à 14h00.

 

La préfecture et la mairie, faisant le jeu une nouvelle fois de l'extrême-droite, ont bien manœuvré pour empêcher une déambulation qui s'annonçait massive et festive. Vive leur front républicain, hein ?!

 

Leurs avancées sont faites de nos reculs.

 

Le groupe libertaire Lochu (Vannes) sera donc au rendez-vous à Pontivy pour cette assemblée antifasciste de discussion et de résistance à tous les autoritarismes. Au plaisir de vous y retrouver !

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Published by anars56
11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 10:34
Contre les idées d'extrême-droite. Manifestation régionale pour une Bretagne ouverte et solidaire

A notre réunion de lundi 7 décembre, nous avons décidé de soutenir cet appel du Collectif pontivyen contre le racisme et la xénophobie. Rendez-vous à Pontivy samedi 19 décembre donc !

 

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Manifestation régionale pour une Bretagne ouverte et solidaire :

 

Nous appelons à une mobilisation régionale pour réagir ensemble face à la montée du racisme, de la xénophobie et des idées autoritaires et réactionnaires portés par l'extrême droite.

 

Localement, cette violence s'est exprimée dans les rues de Pontivy le 14 Novembre avec la manifestation d'ADSAV et sous la forme de tabassages d'habitants. Mais aussi plus récemment par l'incendie criminel d'une salle de prière musulmane à Loudeac.

 

Nous pensons que le contexte actuel appelle de toute urgence à la mobilisation pour défendre des valeurs : De solidarité et d'égalité entre les peuples et les cultures / de défense des principes démocratiques.

 

Nous lançons un appel :

 

Aux mouvements culturels bretons pour affirmer avec nous que la culture bretonne ne se laissera pas instrumentaliser à des fins de nationalisme raciste, xénophobe et guerrier.

 

À toutes les communautés culturelles et nationales pour affirmer avec nous la nécessité de nous tenir ensemble avec nos différences qui, loin d'être un problème, sont une source de richesse pour toutes et tous.

 

Aux mouvements citoyens et de défense des droits humains pour affirmer avec nous que la citoyenneté est conditionnée par le fait de pouvoir bénéficier d'un cadre démocratique large qui permet l'expression de chacun et de pouvoir vivre avec l'autre sur un pied d'égalité.

 

Aux mouvements syndicaux pour affirmer avec nous que dans le monde du travail, la division des individus en catégories raciales et/ou nationales est le pire des poisons car il empêche de voir que les conditions communes vécues dans le travail devraient nous unir plutôt que nous diviser.

 

Aux mouvements politiques pour affirmer avec nous notre volonté de lutter contre les idées de l'extrême droite et être vigilants quant à ce qui, aujourd'hui même, s’apparente à des mesures discriminatoires, xénophobes, racistes, autoritaires, anti-démocratiques et à toutes ces valeurs qui sont portées depuis toujours par les mouvements les plus réactionnaires et fascisants.

 

Enfin nous lançons un appel à tous les individus et collectifs pour défendre et promouvoir

 

une Bretagne ouverte et solidaire face aux idées d'extrême droite !
Rendez-vous le 19 Décembre à 14h à Pontivy (Square Lenglier)

Premiers soutiens de cet appel :

 

- Associations : ATTAC56 / DAL56 / DAL35

- Syndicats : UD-CGT-56 / FSU56 / CNT interpro-Brest / Solidaires 56
- Organisations politiques : PCF56 / NPA35 / Ensemble 56 ! / PG56 / République et Socialisme 56 / gauche indépendantiste (Bretagne en lutte), groupe libertaire Lochu (Vannes), liaison Vannes de la fédération anarchiste

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Published by anars56
8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 14:14

L'article suivant est tiré du Monde diplomatique de mai 2015. Nous le reproduisons car il nous paraît intéressant et stimulant pour dépasser le concept empoisonné de "nation", aussi bien dans ses versions de droite que de gauche (extrêmes ou non) qui aboutissent à un État centralisé et fatalement oppresseur.

 

Un imaginaire républicain ouvert sur le monde

L’internationalisme au temps de la Commune

De nombreux historiens ont analysé la Commune de Paris comme un soulèvement patriotique trouvant son origine immédiate dans la confiscation des canons de la Garde nationale en mars 1871. Mais les fondements intellectuels de cette insurrection semblent plus anciens : dès 1868, dans les clubs politiques et les réunions populaires de la capitale, des citoyens en appellent à la « République universelle ».

 

En avril 1871, au plus fort de la Commune de Paris, sept mille ouvriers londoniens organisèrent une manifestation de solidarité avec leurs camarades parisiens, marchant depuis ce que la presse bourgeoise britannique appelait « notre Belleville » — le quartier de Clerkenwell Green — jusqu’à Hyde Park, par un temps épouvantable. Accompagnés d’une fanfare, ils brandissaient des drapeaux ornés des slogans « Vive la Commune ! » et « Longue vie à la République universelle ! ».

 

La même semaine, dans l’amphithéâtre de l’école de médecine de la Sorbonne désertée par ses professeurs — tous s’étaient enfuis à Versailles (1) —, les artistes et les artisans parisiens  toutes les intelligences artistiques ») écoutaient Eugène Pottier lire le manifeste de la Fédération des artistes de Paris, qui se conclut par la phrase : « Le comité concourra à notre régénération, à l’inauguration du luxe communal et aux splendeurs de l’avenir, et à la République universelle. »

 

« Commune » et « République universelle » représentent deux éléments fondamentaux de l’imaginaire politique de la Commune de Paris, deux expressions dont la charge affective déborde tout contenu sémantique précis. Mais la répétition de ces termes au long des dernières années de l’Empire, du siège de la capitale et de l’insurrection elle-même exprimait le désir des communards d’une vie sociale organisée selon les principes de la participation et de la décentralisation.

 

La majorité des historiens situent le début de la Commune au 18 mars 1871, avec ce que Karl Marx appela la « tentative d’effraction » d’Adolphe Thiers (2), sa décision de confisquer les canons de la Garde nationale, et les réactions qu’elle provoqua. Dans leur récit, l’insurrection apparaît comme un soulèvement spontané, lié à une poussée de « patriotisme égaré » — comme le dit Thiers lui-même (3) — due aux circonstances particulières de la guerre franco-prussienne.

 

Or, si l’on commence, non par cette réaction spontanée, mais par les réunions de travailleurs de la fin de l’Empire, une tout autre image apparaît. On voit certaines idées prendre progressivement de l’importance. Les réunions des clubs politiques du nord de Paris, les plus révolutionnaires, s’ouvraient et se concluaient au cri de « Vive la Commune ! », et les expressions « République universelle » et « République des travailleurs » y étaient employées indifféremment. Ces rassemblements ont créé et développé l’idée d’une commune sociale : le désir de remplacer un gouvernement de traîtres et d’incompétents par la coopération directe de toutes les énergies et de toutes les intelligences.

 

« Paris vivait de sa vie propre »

 

Le terme « Commune » exprimait le souci de l’échelle d’action, le désir d’autonomie locale, l’autosuffisance d’unités sociales assez petites et humaines pour que chacun se sente directement concerné par les détails de la vie quotidienne. La notion de « République universelle » représentait, elle, l’horizon internationaliste. Ensemble, les deux mots d’ordre dessinaient les contours d’un imaginaire puissamment non national. Ainsi, par « luxe communal », les artistes et les artisans de la Commune semblaient penser à une sorte de « beauté publique » : l’amélioration des espaces partagés dans toutes les villes et tous les villages, le droit pour chacun de vivre et de travailler dans un environnement agréable. En créant un art public, un art vécu, au niveau de municipalités autonomes, le « luxe communal » œuvrait contre la conception même de l’espace monumental et sa logique centralisatrice (nationaliste). Ce type de programme ne devrait pas nous étonner de la part de ceux qui ont mis à bas la colonne Vendôme. Mais il faut se garder d’imaginer que le terme ait pu impliquer un repli à l’intérieur des contours étroits de la municipalité. La Fédération des artistes considérait qu’elle agissait en même temps pour le luxe communal et pour la République universelle.

 

Sous la Commune, comme l’un de ses protagonistes les plus célèbres, le peintre Gustave Courbet, l’écrivit à sa mère, « Paris a renoncé à être la capitale de la France (4) ». Le Paris d’alors ne voulait pas être un Etat, mais une entité autonome au sein d’une fédération internationale des peuples. L’échelle que privilégiait l’imaginaire communard était à la fois plus limitée et plus large que la nation. L’expression « République universelle » renvoyait à un ensemble de désirs, d’identifications et de pratiques qui ne se laissaient pas définir par le territoire de l’Etat ou circonscrire par la nation. Elle distinguait très nettement ceux qui l’employaient des républicains parlementaires ou libéraux : ces derniers croyaient en la nécessité d’une autorité étatique forte et centralisée, supposée garante de l’ordre social.

 

Durant les mois du siège, qui précédèrent la Commune, Paris, selon les mots du communard Arthur Arnould, « vivait de sa vie propre, ne relevait que de sa volonté individuelle. (...) Paris avait (...) appris le mépris absolu des deux seules formes gouvernementales qui eussent été jusqu’alors en présence dans notre pays : la monarchie et la République oligarchique ou bourgeoise (5) ». La République universelle signifiait par opposition le démantèlement de la bureaucratie impériale, de son armée de métier et de sa police en premier lieu. « Il ne suffit pas d’émanciper chaque nation en particulier de la tutelle des rois, écrivait, dès 1851, le géographe anarchiste et futur communard Elisée Reclus, il faut encore la libérer de la suprématie des autres nations, il faut abolir ces limites, ces frontières qui font des ennemis d’hommes sympathiques (6)  ! »

 

Le lendemain de la proclamation de la Commune, tous les étrangers furent admis dans ses rangs, car « le drapeau de la Commune est celui de la République universelle (7) ». Mais l’expression n’est pas née à ce moment ; elle remonte en réalité à un bref épisode d’internationalisme pendant la Révolution française. Son inventeur, Anacharsis Cloots, Prussien d’origine, qui se présentait lui-même comme « l’orateur du genre humain », soutint cette révolution aux côtés de Thomas Paine, sur des bases internationalistes, avant d’être guillotiné. Cependant, loin de signifier un retour aux principes de la révolution bourgeoise de 1789, le mot d’ordre de la République universelle, lancé par les communards, marque leur rupture avec son héritage, en faveur d’un véritable internationalisme des travailleurs.

 

Pensons par exemple aux habitudes de travail et à la culture des artisans d’art, qui participèrent en si grand nombre au mouvement de mars 1871, comme le nota plus tard Prosper-Olivier Lissagaray, le premier et le plus influent des historiens de la Commune. Ils étaient des internationalistes avant la lettre. On se souvient surtout aujourd’hui de Pottier comme de l’auteur de L’Internationale, écrite en juin 1871 au milieu des exécutions brutales des révolutionnaires vaincus ; à la veille de l’insurrection, il dirigeait un grand atelier où l’on confectionnait draperies, tapisseries, dentelles, où l’on pratiquait la peinture sur étoffes et sur céramique. Des artisans qualifiés de diverses origines et nationalités travaillaient ensemble à des tâches complémentaires ; leur internationalisme s’explique pour partie par la mobilité qui caractérisait ce type de métiers : ils allaient librement d’une région à l’autre et même d’un pays à l’autre. Comme beaucoup de jeunes d’aujourd’hui, que la précarité économique contraint à une existence nomade, les hommes et les femmes artisans du milieu du XIXe siècle passaient l’essentiel de leur temps non pas à travailler, mais à chercher du travail.

 

Lorsque la France déclara la guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870, les employés de l’atelier de Pottier furent parmi les signataires du manifeste de la section parisienne de l’Internationale, aux côtés de leurs camarades d’Allemagne et d’Espagne, contre ce que Pottier appela dans un poème le « régime cellulaire de la nationalité (8) ». Fait inédit dans une formation socialiste, le message était résolument antinationaliste : « Une fois encore, sous prétexte d’équilibre européen, d’honneur national, des ambitions politiques menacent la paix du monde. Travailleurs français, allemands, espagnols, que nos voix s’unissent dans un cri de réprobation contre la guerre ! (...) La guerre (...) ne peut être aux yeux des travailleurs qu’une criminelle absurdité (9). »

 

Mais c’est peut-être la direction particulière prise alors par les femmes et par le féminisme qui témoigne le mieux de cette volonté de dépasser le cadre politique de l’Etat moderne. Louise Michel, Paule Minck, Elisabeth Dmitrieff et d’autres ne cherchaient pas l’intégration dans l’Etat ou sa protection ; elles n’exigeaient pas, comme les femmes l’avaient fait en 1848, le droit de vote ni aucun autre droit de type parlementaire. Elles pratiquaient une forme de liberté au mépris total de l’Etat. En tant que participantes à la République universelle, elles se montraient indifférentes à la politique républicaine. Pourtant, Dmitrieff et sept ouvrières de l’habillement créèrent ce qui devint la plus grande et la plus efficace des organisations de la Commune : l’Union des femmes. Ses comités se réunissaient quotidiennement dans presque tous les arrondissements de Paris, fournissant du travail rémunéré aux femmes tout en répondant à l’urgence des situations de combat.

 

Rien n’était plus éloigné de la République universelle, envisagée comme association volontaire de toutes les initiatives locales ou « libre confédération de collectivités autonomes », que la République conservatrice à prétention universaliste qui allait finir par s’imposer. La République universelle imaginée et, dans une certaine mesure, vécue pendant la Commune n’était pas seulement très différente de celle qui adviendra. Elle était aussi conçue en opposition avec la République française timidement accouchée en septembre 1870 par Thiers, alors monarchiste, et plus encore avec celle qui s’affermit sur les cadavres des communards. Car ce massacre fut l’acte fondateur de la IIIe République, qui se consolida ensuite tandis que la bourgeoisie industrielle et les grands cultivateurs de province nouaient leur alliance historique, soudant pour la première fois la modernisation capitaliste à l’Etat républicain.

 

En France, le massacre marqua le début d’une séquence profondément conservatrice sur la question de l’identité nationale. Cette séquence devait se prolonger au moins jusqu’à Vichy, tandis que dans toute l’Europe les nations entraient dans la compétition coloniale et mettaient en œuvre les nouvelles formes de massacre à grande échelle nécessaires au contrôle et au maintien de l’ordre dans les empires.

 

A partir de l’amnistie des communards votée par le Parlement en 1880, on assiste à des tentatives d’intégrer la Commune à la fiction républicaine française, en l’assimilant à un mouvement patriotique ou à un combat pour les libertés républicaines — autrement dit, à une tentative réformiste de démocratiser l’Etat bourgeois plutôt que de le détruire. Mais il suffit de lire les Mémoires des survivants pour voir à quel point eux-mêmes se défendaient farouchement d’avoir agi pour sauver cette République : « La République de nos rêves n’était assurément pas celle que nous avons. Nous la voulions démocratique et sociale, et non ploutocratique », écrit l’un d’eux (10). Gustave Lefrançais se montre plus radical encore : « Le prolétariat n’arrivera à s’émanciper réellement qu’à la condition de se débarrasser de la République, dernière forme, et non la moins malfaisante, des gouvernements autoritaires (11). »

 

Kristin Ross

Professeure de littérature comparée à l’université de New York. Auteure de L’Imaginaire de la Commune, La Fabrique, Paris, 2015.
 

(1) Siège du gouvernement de défense nationale instauré après la défaite de Sedan et la capture de Napoléon III (septembre 1870).

(2) Monarchiste orléaniste, Adolphe Thiers (1797-1877) devient chef du pouvoir exécutif en février 1871, peu après la chute du Second Empire. La restauration monarchique se révélant impossible, il se rallie à la République en 1873.

(3) Cité dans La Revue blanche. 1871, enquête sur la Commune, Editions de l’Amateur, Paris, 2011 (1re éd. : 1897).

(4) Correspondance de Courbet, texte établi par Petra Ten-Doesschate Chu, Flammarion, Paris, 1996.

(5) Arthur Arnould, Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris, Res Publica, Gémenos, 2009 (1re éd. : 1878).

(6) Cité dans Le Libertaire, Paris, 28 août-1er octobre 1925.

(7) Journal officiel de la République française sous la Commune, Ressouvenances, Villers-Cotterêts, 1995 (1re éd. : 1871).

(8) Eugène Pottier, « La Guerre », Chants révolutionnaires, Comité Pottier, Paris, 1908.

(9) Manifeste de la section parisienne de l’Association internationale des travailleurs publié dans Le Réveil, 12 juillet 1870.

(10) Paschal Grousset, cité dans La Revue blanche..., op. cit.

(11) Gustave Lefrançais, cité dans La Revue blanche..., op. cit.

 

 

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Published by anars56
7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 12:09

Salut,

 

après une excellente soirée concert hier au café de la Pente en soutien aux zapatistes, ce fut la levée dès l'aurore pour aller à la messe et accomplir son devoir de citoyen-ne. Mais quel embarras ! 11 listes !! Même le confesseur à l'église en perdait son latin de bréviaire. Entre les balivernes des livres religieux et celles des promesses électorales, on a tranché : abstention ! Aucune légitimité à accorder à ce système (la "Région" est une institution de l’État capitaliste) ni à ses serviteurs.

 

Selon les premiers résultats, il apparaît qu'en Bretagne c'est le vendeur d'armes aux dictatures qui a le plus la cote. Si la justice internationale avait un sens, ce type serait traîné devant les tribunaux pour répondre de préparation de crimes (crimes au pluriel, oui. Bombes et missiles font rarement dans le détail. Morts, blessures handicapantes, mutilations, troubles psychologiques, destruction de biens, pollutions des sols, désirs de vengeance ou exil forcé voilà le joli résultat de ce doux commerce, sans compter le gaspillage de carburant, les émissions de gaz qui en sont la conséquence, l'accaparement de l'argent public par les dirigeants des pays importateurs pour s'armer au détriment d'autres budgets... Refrain un peu trop connu).

 

Et ailleurs, c'est l'extrême-droite qui mène chez les votant-e-s... Vive la fRance !

 

Sans transition, retour en vidéo sur la manifestation anti cop21 de dimanche 29 novembre à Paris au cours de laquelle la flicaille a embarqué plus de 300 personnes. C'est ici : http://is.gd/MY7L92 (31 min) et là un témoignage fort d'une manifestante arrêtée : http://is.gd/FWWG19 (8 pages en pdf)

 

A Nantes, vendredi 4 décembre en soirée, pour protester contre la répression de dimanche à Paris, une centaine de personnes a tenté de défiler mais les cognes ont frappé. Il y a eu du sang : https://nantes.indymedia.org/articles/32590

 

Un bon flic est un flic... démissionnaire ! ;-)

 

Pour mieux nous faire comprendre que c'est pour notre bien, le Ministère de l'état d'urgence a réalisé une fiche pédagogique : https://odieuxconnard.files.wordpress.com/2015/11/communiquc3a9-bullshit-droitshomme.jpg

 

Une (très) courte vidéo revigorante par les temps policiers qui courent : 

http://38.media.tumblr.com/03b9f5c2bac95bb39aa330aeefaf7159/tumblr_nlwpews5Sl1r52h1zo1_400.gif

 

Si le FN prend effectivement le pouvoir un jour, il disposera clé en main de tout l'arsenal de surveillance et de répression et même législatif dont il aura besoin pour ses basses besognes. On ne remerciera jamais assez les partis de gouvernement de droite et de "gauche" qui l'ont mis en place, et leurs alliés qui les légitiment (notamment par le vote à la quasi unanimité de l'état d'urgence par les parlementaires de tous bords). Même si le PS tient une place de choix dans cette dérive droitière (extrême).

 

Le poète a dit : "Enivrez-vous, enivrez-vous. De vin, de poésie ou de vertu, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse." S'il y a pourtant une ivresse qui est bien à combattre sans relâche et dont il faut s'abstenir, c'est celle du pouvoir. Non seulement elle rend malade celui qui en est atteint, mais son délire retombe toujours sur les autres et fait de terribles dégâts. Ainsi Valls, Premier Sinistre, veut déjà une prolongation de l'état d'urgence (État policier) au-delà des 3 mois ! Il veut encore téter au goulot du pouvoir sans limites. En 1984, le groupe de punk rock Parabellum pouvait se gausser de "ces imbéciles qui nous gouvernent" http://www.discogs.com/viewimages?release=2422609 mais ne sont-ce pas d'abord des malades dangereux ?

 

Allez, pour faire passer ça, une petite chanson, sans la nommer, que la chorale les Chantals a chantée hier soir au café de la Pente avec un public très participatif : https://www.youtube.com/watch?v=ouaytC9njFU

 

On se nourrira aussi de cette vidéo "Une réponse à la COP21 et à son monde : Construire la zad" : https://www.youtube.com/watch?v=CjTfxgHkmXA

 

Un nouveau bouquin est paru aux éditions du Monde libertaire. "Pérégrinations pédagogiques" de Hugues Lenoir (que nous avions reçu à Vannes en juin 2014) sur la question de l'éducation, avec un focus sur Flora Tristan, socialiste, féministe du XIXème et sur bien d'autres choses : http://www.federation-anarchiste.org/index.php?g=EML_parutions

 

En juin dernier, nous avions accueilli Didier Giraud pour une bien instructive conférence sur les femmes pacifistes en 1914-1918. Voici qu'Hélène Hernandez publie «Celles de 14 : La situation des femmes au temps de la grande boucherie» aux Éditions libertaires : http://editions-libertaires.org/?p=821 "À partir de nombreuses lectures croisées, et nourrie d’une militance anarchiste, anarcho-syndicaliste et féministe, l’auteure tente de cerner ce que cette histoire dit de la situation des femmes d’aujourd’hui. La guerre tue toujours, et de plus en plus de population civile : les femmes en paient un lourd tribut sans que leur histoire puisse être exposée au grand jour."

 

Un petit agenda suit. En PJ l'appel à manifestation du 19 décembre à Pontivy par le collectif local. Occasion de rencontrer une bonne partie de notre groupe :-)

 

Le groupe libertaire Lochu et la liaison Vannes de la fédération anarchiste ne se reconnaissent pas obligatoirement en intégralité dans les rendez-vous annoncés ci-dessous.

 

D'autres initiatives et réflexions sont consultables auprès des ami-e-s de Rennes Infos http://rennes-info.org/, Indymedia Nantes https://nantes.indymedia.org/, Brest médias libres http://brest.mediaslibres.org/, Zad NDDL http://zad.nadir.org

 

Radio libertaire peut être (ré)écoutée ici : http://www.radio-libertaire.net/


Sur le site de la fédération anarchiste, vous trouverez un récapitulatif des billets des groupes : http://www.federation-anarchiste.org/

 

@narchas salutations.

 

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* Mercredi 9 décembre - Rochefort en Terre (56), café de la Pente - 19h Soirée sur la souveraineté alimentaire et l'agro-écologie, avec l'exemple du Burkina Faso. Relais d'une campagne Via Campesina. Projection de 2 documentaires, restauration, débat. Organisée par l'association Ingalan http://www.ingalan.org/002-luttes-et-actions/444-cop-21-relais-de-la-via-campesina-le-9-decembre-a-rochefort-en-terre.html

 

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* Jeudi 10 décembre - Guingamp (22) - Si t’en n’as pas rien à fout’, en avant l’engagement ! Soirée - débat pour partager nos expériences concrètes et apprendre de celles des autres. L’engagement, qu’il soit associatif, politique ou syndical, est une des voies pour faire face aux défis de notre temps. Entre urgence climatique, urgence sociale et état d’urgence, c’est l’engagement des citoyens à la base qui fera la différence. Débattons-en !19h Au bar Le Lapin Rouge. Organisée par le Repair citoyen

 

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* Jeudi 17 décembre - Rochefort en Terre (56), café de la Pente - Soirée Pierre Desproges par Florent Claude - 21h - Prix libre

 

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* Vendredi 18 décembre - Vannes - "La CGT appelle à une mobilisation devant le Conseil départemental pour soutenir ses camarades Yolande et Myriam, toutes les 2 agents au collège d’Hennebont. Elles sont aujourd’hui victimes d’un acharnement de la collectivité pour laquelle la convocation en conseil de discipline devient un nouveau mode de management. Ces camarades font les frais de l’incapacité de l’administration à régler des difficultés d’organisation de travail causées par les politiques d’austérité ! Avec  ce soutien, sont dénoncées vivement les  méthodes du Conseil départemental qui consistent à traîner dans la boue des agents pour dissimuler l’incurie de l’administration de cette collectivité ! Pour que le mot camarade prenne tout son sens, mobilisons-nous ce jour en solidarité avec elles !
Une conférence de presse intersyndicale sera organisée sur place. 12h Devant les grilles du Conseil départemental du Morbihan."

 

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* Samedi 19 décembre - Vannes - Action contre le foie gras.Sensibilisation du public sur le gavage des oies et canards et leurs conditions de vie. Mise en scène, panneaux et tractage seront de la partie. N'hésitez pas à nous rejoindre à 10h30 si vous souhaitez participer. Organisé par Groupe L214 Vannes. De 11h à 12h. Place St Pierre

 

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Samedi 19 décembre - Pontivy (56) - Le Collectif de Pontivy contre le racisme et la xénophobie organise un événement régional, massif, pacifique, large, familial et festif en opposition aux idées racistes et xénophobes de l'extrême droite et pour la solidarité entre les peuples (suite à la manifestation violente de l'extrême droite Adsav le 14 novembre). 14h. A la Plaine. Appel en PJ.

 

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* Vendredi 15 janvier - Rochefort en Terre (56), café de la Pente - Concert anarcho punk avec Los Fastidios (ska punk, Italie), Mauvaise graine (punk militant, Lorient), Rudy's back (Sound anti-system, Angers). 20h. 6 euros.

 

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* Du vendredi 29 au dimanche 31 janvier - Séné (56) - Forum social local. Conférences, projections, débats, ateliers, stands, théâtre, restauration bio. Prix libre

 

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Published by anars56
1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 11:20

Salut,

 

dimanche tendu à Paris lors de la manif anti Cop 21 : gazage, tirs tendus de grenades, arrestations massives de manifestant-e-s... Après une semaine de perquisitions et assignations à résidence dans le milieu militant. L’État policier, institué par le gouvernement PS, avec l'aval des parlementaires (du Front national au Front de gauche) est bien en place. L'ensemble du spectre politique est décidément hideux.


Récit de cette journée : https://paris-luttes.info/malgre-l-interdiction-des-milliers-4341
Soutien à toutes les personnes arrêtées.

 

1 copine et 1 copain du groupe ont participé au convoi parti samedi 21 novembre de la Zad de Nddl et sont arrivé-e-s hier à Versailles. Un récit de ce périple d'une semaine, avec ses joies et ses embûches (notamment de la part des préfectures), peut être lu sur le site de la Zad. On appréciera la déclaration finale prononcée au banquet qui a eu lieu hier après-midi. https://zad.nadir.org/spip.php?article3277

 

Copinage :

 

Les chroniques sociales "Nouvelle donne, vieilles rengaines" sur la radio Alternantes peuvent être réécoutées ou lues sur ce blog : https://nouvelledonnevieillesrengaines.wordpress.com/ Voici le son de la 4ème édition mise en ligne : https://soundcloud.com/user130722639/emission-n4-ndvr-novembre-2015

 

Nous avons reçu le communiqué suivant de la Fédération Morbihannaise de la Libre Pensée à propos de la statue de Jean-Paul 2 à Ploërmel.


(Pour la petite histoire, il y a déjà 7 ans, nous nous étions mobilisé-e-s contre cette statue religieuse sur l'espace public ; laquelle avait été temporairement redécorée par nos soins : http://anars56.over-blog.org/article-26190232.html)

 

"Monument catholique « Jean-Paul II » installé en 2006 sur un emplacement public, en contradiction avec l’article 28 de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’État. La Fédération Morbihannaise de la Libre Pensée fait appel à votre solidarité.


La Fédération Morbihannaise de la Libre Pensée s'est engagée à faire face à l'appel de la commune de Ploërmel devant la Cour administrative d'appel de Nantes ; appel contre la décision judiciaire du Tribunal Administratif de Rennes, qui enjoint à la commune de Ploërmel de  faire disparaitre de tout emplacement public la croix catholique (culminant à 10 mètres de haut) du monument "Jean Paul II", ce qui est strictement interdit par l'article 28 de la loi de 1905.


La Fédération Morbihannaise de la Libre Pensée demande, à toutes les associations et individus laïques, leur participation financière pour couvrir les frais de cette défense (1500 euros pour l'action judiciaire en appel, action qui pourrait être prolongée en Conseil d’État).


Tous les soutiens, même les plus modestes, seront les bienvenus pour ce combat essentiel de défense de la loi de 1905.


La Fédération Morbihannaise de la Libre Pensée vous remercie de votre participation à ces frais qu'elle a engagés pour notre combat de défense de la Laïcité.


Chèques : à l'ordre Fédération Morbihannaise de la Libre Pensée.
Pour connaître l'adresse où transmettre votre chèque et avoir plus de détails sur ce combat laïque :
http://lp56.fr/infos/index.php
"

 

Voici un agenda assez bref pour ce dernier mois de l'année 2015.

 

Le groupe libertaire Lochu et la liaison Vannes de la fédération anarchiste ne se reconnaissent pas obligatoirement dans les rendez-vous annoncés ci-dessous.

 

D'autres initiatives et réflexions sont consultables auprès des ami-e-s de Rennes Infos http://rennes-info.org/, Indymedia Nantes https://nantes.indymedia.org/, Brest médias libres http://brest.mediaslibres.org/, Zad NDDL http://zad.nadir.org/

 

Radio libertaire peut être (ré)écoutée ici : http://www.radio-libertaire.net/

 

@narchas salutations.

 

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Lundi 30 novembre - Vannes - 18h - Projection du film "Spartacus & Cassandra". Spartacus, jeune Rrom de 13 ans et sa sœur Cassandra, 10 ans sont recueillis dans le chapiteau-squat de Camille, une drôle de fée trapéziste qui prend soin d’eux, leur offre un toit et leur montre le chemin de l’école. Mais le cœur des enfants est déchiré entre l’avenir qui s’offre à eux… Et leurs parents qui vivent encore dans la rue. Séance gratuite suivie d'un échange avec le réalisateur. IUT de Vannes (8, rue Montaigne).

 

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Mercredi 2 décembre - Rennes - Débat public "Les Anarchistes s'invitent dans les élections régionales : "Le régionalisme en Bretagne à l'heure de la territorialisation". Une certaine idée de la Bretagne a le vent en poupe : celle d'une région restée authentique  et dont la langue aurait été victime d'un génocide culturel perpétré par la France. Il fallait bien que quelques-uns en tirent profit. Et en effet cette image sert de camouflage à un projet politique hautement réactionnaire.


Paul Boino, universitaire spécialiste de la ville, exposera les enjeux de la régionalisation, auxquels nous articulerons la situation spécifique de la Bretagne et les luttes en cours. Seront abordés : Les enjeux de la régionalisation et de la métropolisation en marche avec les élections des 6 et 13 décembre prochains dans le cadre du projet de territorialisation du fonctionnement gouvernemental. Quelle région voulons-nous pour l'avenir : une Bretagne ancrée dans une "Europe des Régions", dont l'image fantasmée rassemblerait forcément tous les Bretons sur une base « ethnique », ou une région qui regarde en face l'exploitation grandissante d'une partie de la population au profit d'une minorité ? Contre l'ethno-régionalisme, quelles perspectives de luttes ? Pour quelle émancipation ? Faut-il passer par les urnes ? - 20h - Maison de quartier de Villejean (2 rue de Bourgogne) - Organisé par le groupe la Sociale (Rennes) de la Fédération anarchiste http://lasocialefederationanarchiste.blogspot.fr/

 

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Samedi 5 et dimanche 6 Décembre - Rochefort en Terre (56), café de la pente. Weekend Zapatiste. Samedi, à partir de 19h - Concert de soutien. Prix Libre. Avec les chorales, Amzerzo et Les Chantales + Surprise. "Les Chantales", ensemble choral de femmes bien élevées, à la découverte de l'injustice dans le monde ! Ce chœur de 10 femmes vous convie à partager leur découverte des injustices dans le monde, de l'existence du capitalisme et ce qui en découle : lutte des classes, immigration, sexisme, mondialisation, surconsommation...etc. Pour la première fois en sortie sans leurs maris, ces femmes aux valeurs ébranlées, chantent leur émancipation et osent témoigner leur nouvel engagement au monde !...
Le dimanche, 15h - Rencontre avec des membres du réseau européen des importateurs de café zapatiste pour discuter de la situation au Chiapas !

http://www.lepotcommun.com/programmation/weekend-zapatiste

 

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Samedi 19 décembre - Pontivy (56) - Le Collectif de Pontivy contre le racisme et la xénophobie organise un événement régional, massif, pacifique, large, familial et festif en opposition aux idées racistes et xénophobes de l'extrême droite et pour la solidarité entre les peuples (suite à la manifestation violente de l'extrême droite Adsav le 14 novembre).

 

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Published by anars56
20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:52

Extrait du Canard enchaîné du 4 novembre 2015

 

Azote alors !

 

" CHERS collègues agricultrices et agriculteurs. Nous vous proposons aujourd'hui d'envoyer un signal fort et de ne pas remplir la déclaration de flux d'azote 2014 - 2015. "

 

La missive a été adressée à toutes les exploitations agricoles de Bretagne. Cet appel à violer la réglementation, en l’occurrence un arrêté préfectoral qui vise à protéger les nappes phréatiques contre les nitrates, est signé par les présidents des quatre chambres d'agriculture bretonnes.

 

Que demande-t-on aux agriculteurs de si insupportable ? Simplement de comptabiliser la quantité de fertilisants, engrais et lisier entrant et sortant de leur ferme, afin de mesurer le degré d'imbibition en azote du sol breton, et de tenter d'améliorer la qualité de l'eau au sortir du robinet.

 

Rappelons qu'avec plus de 7 millions de cochons la flotte bretonne bat des records en taux de nitrate, et que cette pollution continue de s'aggraver à tel point que la France se fait régulièrement taper sur les doigts par Bruxelles. C'est d'ailleurs cette fameuse déclaration obligatoire de flux d'azote que notre ministère de l'Agriculture a mise en avant dans ses négociations avec l'Union européenne pour échapper à une nouvelle condamnation. Une mesure imposée il y a deux ans aux agriculteurs bretons, en contrepartie de reculades au détriment de l'environnement : la suppression des ZES, les zones excédentaires en lisier, dans lesquelles l'extension des gros élevages était interdite et l’épandage du lisier sévèrement plafonné.

 

Pour justifier leur phobie administrative, les patrons des chambres d'agriculture bretonnes ressortent l'argument habituel selon lequel les normes environnementales nuiraient à la rentabilité et entraîneraient pour la Bretagne " une perte nette de plus de 100 millions d'euros ". Un chiffre sorti du chapeau rond, jamais validé par le moindre expert. Les auteurs de l'appel à la jacquerie n'oublient pas de rappeler la sortie de Manuel Valls, qui avait déclaré, en septembre, histoire de faire retomber la pression après la grande manif des éleveurs : " L'urgence, c'est aussi la simplification des normes ". En s'asseyant sur la loi, les barons de l'agriculture bretonne ont tout bonnement pris au mot le Premier ministre. Avec d'autant moins de complexes que l'un des signataires, le président de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor, Olivier Allain, figure en 4ème position sur la liste de notre ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui mènera la campagne des régionales en Bretagne.

 

Nitrates, ni trop peu !

 

Ça fleure bon le retour des algues vertes...

Ça fleure bon le retour des algues vertes...

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Published by anars56
19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 21:27

Revendiquant plus que jamais ni dieu ni maître, le groupe soutient l'appel :

 

"Après les attentats de Paris, après la manifestation raciste à Pontivy, transformons ce rassemblement en "Rassemblement pour la fraternité, contre toutes les haines, toutes les barbaries"

 

auquel nous ajoutons la dénonciation de l'escalade guerrière et le délire ultra-sécuritaire qui ne font qu'aggraver les problèmes.

 

Ce sera l'occasion de se retrouver et de discuter de la situation actuelle.

 

Rdv esplanade du port, 18h30 à Vannes. Ce vendredi 20 novembre.

 

Par ailleurs, nous soutenons toutes les participantes et participants (dont nos 2 camarades) à la tracto vélo "Cap sur la COP (21)". Ce convoi part de la Zad de Notre-dame-des-Landes samedi 21 novembre jusque Paris. http://marchesurlacop.noblogs.org/

Salutations libertaires.

 

Vannes. Rassemblement
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Published by anars56
17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 01:11

Terrorisée par la mobilisation de masse que nous lui réservions à Vannes, Marine Le Pen a annulé son meeting ! ;-)

 

Groupe libertaire Lochu (Vannes)

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Published by anars56

Présentation

  • : Le blog de anars 56
  • Le blog de anars 56
  • : Le blog du groupe libertaire René Lochu (Vannes)
  • Contact

Pour nous contacter, ne pas passer par la page "contact" du blog. Ecrire à : groupe.lochu(a)riseup.net

Vous pouvez aussi vous abonner à la feuille d'infos "Anars 56" (par mail, en texte brut, deux ou trois fois par mois).
Il suffit de nous le demander par mail à l'adresse ci-dessus.

Pour nous rencontrer : le 1er lundi de chaque mois, nous tenons une permanence de 19h15 à 21h00 à la maison des associations, 31 rue Guillaume Le Bartz, à Vannes. Tables de presse, tracts... Attention : pas de permanence durant l'été. Pas de permanence lundi 2 octobre 2017.

 

Depuis quelques temps, des publicités intempestives (et insupportables par définition) apparaissent sur le blog, sans qu'on ait moyen de les empêcher. Nous vous recommandons de télécharger un bloqueur de publicités qui les neutralisera.

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Agenda de la semaine

Une bonne partie de ces infos paraît déjà dans les pages "actus anars 56", mais sont aussi retranscrits ici des rendez-vous arrivés entre deux envois. A noter que le groupe libertaire René Lochu ne se reconnaît pas obligatoirement intégralement dans chacun de ces événements.
 
Notre prochaine soirée publique :
 
 
 

 

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Tout novembre (du 1er au 30 !) - Le mois du documentaire 2017, 17ème édition. 113 séances en Bretagne

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Jeudi 2 novembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "La question démographique et ses implications politiques", avec Jean-Pierre Tertrais, par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Vendredi 10 novembre - Vannes - Soirée débat du groupe Lochu. Nous accueillons Alain Leduc pour son ouvrage "Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur"

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Jeudi 7 décembre - Rennes, local "la Commune" - 20h30 Causerie populaire "Migrants. Témoignage de sympathisants sur leur expérience à Calais en soutien à la lutte des migrants", par le groupe la Sociale de la fédération anarchiste (FA)

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Concerts

Autres événements