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blog - Vannes & alentours

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Contre le racisme et l'état d'urgence, une manifestation réussie à Pontivy !

Selon France 3 :

Alors que le préfet du Morbihan s'était opposé à la tenue de cette manifestation à Pontivy à l'appel du collectif contre le racisme et la xénophobie, quelque 250 personnes ont bravé l'interdiction et défilé dans les rues de la ville ce samedi après-midi.

Les manifestants ont défilé dans les rues de Pontivy, sans pouvoir accéder au centre-ville © S. Izad

Lire la suite ici.

 

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Selon nous :

 

Contre le racisme et l'état d'urgence, une manifestation réussie à Pontivy !

 

Samedi 19 décembre, 250 personnes ont manifesté à Pontivy contre la xénophobie, les violences d'extrême-droite et... l'état d'urgence qui s'apparente par bien des aspects à une politique d'extrême droite justement. Face à leur idéologie et pratique liberticides, nous avons affirmé nos valeurs de résistance, de solidarité, notre volonté de ne pas plier à quelque injonction d'où qu'elle vienne (de l’État, des religieux, des partis de gauche et de droite, des fascistes) mais au contraire de toujours œuvrer à la transformation de la société vers l'autogestion et l'entraide : sans classes, sans État (qui est une forme d'oppression de classe), sans patriarcat, sans racisme.

 

Il nous a plu aussi de nous rassembler et défiler contre l'extrême droite une semaine après les élections. En effet, pour nous, le nationalisme se combat au quotidien, dans la rue, au travail, partout. Déposer un bulletin dans une urne pour des partis dont la politique engraisse ceux de l'extrême droite n'est pas notre combat.

 

Alors qu'en début de semaine, la Préfecture déclarait ne pas avoir assez de moyens pour garantir la sécurité, elle a su bizarrement trouver les forces pour nous encadrer.

 

Notre déambulation fut, comme annoncée, pacifique, joyeuse et déterminée, avec sa batucada rose, ses clowns et ses banderoles aux slogans bien sentis.

 

Nous avons dénoncé bien sûr la duplicité de la Préfecture, de la Mairie (droite), de l'Union des commerçants qui ont tenté et réussi largement à démobiliser (alors que toutes les garanties avaient été données pour que le marché de Noël ne soit pas perturbé et pour le caractère festif et pacifique de notre marche). Mais, pour notre part, groupe libertaire Lochu de Vannes, si nous avons bien perçu le contexte local de pression à la fois par les trois institutions ci-dessus, par les milieux d'extrême-droite qui prétendaient nous empêcher d'être là, nous ne comprenons pas (ou nous comprenons trop) le recul des organisations locales suivantes : Alternative Citoyenne, Attac 56, Confédération Paysanne, CGT, FSU, Ensemble, Parti de Gauche, PCF, RESF.

 

Les député-e-s, sénateurs et sénatrices de ces militants ont voté l'état d'urgence. Pourtant, dans leurs rangs, beaucoup ont dénoncé les dérives liberticides inhérentes à un tel choix politique (sur plus de 2500 perquisitions, de centaines d'assignations à résidence et d'arrestations parfois à caractère politique, seules 2 arrestations donnent lieu à des poursuites dans le cadre des attentats).

 

Le lundi, le collectif local maintenait l'appel à manifestation du samedi, quand bien même elle serait interdite (cf. ce communiqué http://rennes-info.org/Reponse-du-Collectif-Pontivy).

Mais en cours de semaine, une partie du collectif (cf. les organisations citées plus haut), malgré son affirmation de départ, recule, se réunit sans consulter les autres membres ni les soutiens et déclare mensongèrement la démobilisation au nom de TOUT le collectif. Est-ce un acte vraiment démocratique ?

Finalement, sous la pression, les membres de ces organisations ne consultent qu'eux-mêmes, décident pour toutes et tous et s'enfuient en obéissant aux injonctions administratives de l’État. Pourtant, la véritable éthique se jauge dans les moments de tension. Leur incohérence politique et leur fuite des responsabilités devraient les interroger.

 

De fait, ces organisations s'accommodent de cette société de classes, de plus en plus policière, tant elles semblent toujours avoir peur qu'une partie de la population s'organise, revendique en dehors du cadre (carcan) qu'elles définissent.

 

Heureusement, d'autres ont maintenu le cap, gardé leur cohérence, et assumé un appel à rassemblement pour accueillir toutes les personnes et tous les groupes qui ressentaient le besoin d'exprimer leur refus de la xénophobie et qui refusent qu'au nom de l'état d'urgence, on leur interdise de manifester. Ô combien aurions-nous été sans les manœuvres conjuguées de la Préfecture, de la mairie, de l'Union des commerçants et de ces organisations ayant capitulé ?! Dans les jours qui précédaient, de partout en Bretagne, nous entendions que la mobilisation prenait une belle ampleur. Et c'est sans doute cela que redoutaient tous ces gens et leurs organisations s'inscrivant dans le cadre défini par le Pouvoir (qui les méprise et s'en sert). Nous fumes néanmoins 250 à désobéir, à ne pas nous taire. Et c'est ainsi que, collectivement, comme une évidence, le rassemblement s'est transformé en manifestation.

 

Pour notre part, groupe libertaire Lochu, certes avec nos petits bras, mais néanmoins bras dessus bras dessous, nous serons toujours là pour faire face à l'oppression et l'exploitation dont le fascisme est une des expressions. Et nous ne croyons pas travestir ainsi la parole de toutes et tous les anarchistes en affirmant que c'est aussi leur cas.

 

Vous trouverez ci-dessous le texte du tract que nous avions rédigé pour l'occasion. Nous avions volontairement écarté la partie dénonciatrice (que vous trouvez finalement ci-dessus dans le compte-rendu ! ;-)), pour mettre en avant les valeurs qui fondent notre combat et qui étaient présentes dans l'appel à mobilisation.

 

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