Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

blog - Vannes & alentours

Publicité

À l’assaut du vieux monde

Extrait du Monde libertaire gratuit n°3

 

Voici qu'aujourd'hui le quinquennat se mesure en deux cents jours. Il y a les cent premiers, au cours desquels un ex-avocat d'affaires, que la naïveté populaire a mis sur le trône, gesticule qui mieux mieux, s’agite et court çà et là, les manches retroussées, le menton haut, le geste large.

Et puis les cent derniers, temps du come back qui voit l’agitation reprendre un Président pas encore détrôné, lequel multiplie les annonces fracassantes, les décisions « nouvelles » bientôt caduques et les voeux de bonne année.

Entre ces deux périodes censées nous éblouir, la clique gouvernementale s’est donnée les moyens que lui permettait le chèque en blanc laissé par quelques millions de naïfs. Des milliards distribués aux banques. Des cadeaux mirifiques aux patrons. Le silence autour des entreprises qui jettent les salariés sur le carreau après les avoir pressés comme des oranges. Une philosophie de la compétition assise sur le dieu Fric, qui envoie les pauvres diables se faire pendre ailleurs quand ils ne végètent pas de dépression et dépression.

Un fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres, et une distance qui se réduit entre toi, moi, nous, et les huissiers.

Car nous n’avons pas eu de répit ! Que l’on sue au travail ou que l’on s’épuise au chômage, combien sommes-nous, ici, au XXIe siècle, à envisager la fin du mois avec angoisse, à nous résoudre à cette malbouffe à prix discount qui nous tue à petit feu, à tenir des comptes toujours sur la corde raide ? Combien sommes-nous, devant notre portefeuille, à hésiter pour un livre, une place de cinéma, un spectacle vivant ? Combien à renoncer aux sorties, aux vacances, aux extras qui, autrefois, rendaient notre condition un peu plus supportable ?

La politique menée depuis cinq ans par celui qui a consacré une droite décomplexée, stupide et vulgaire, rendrait hautement progressiste la moindre proposition émise sans conviction par un candidat rosâtre. Ne nous y trompons pas ! L’absence remarquée des forces dites « socialistes » de tous les conflits sociaux de ces dernières années – et ils ne furent pas rares ! –, leur mollesse sur tous les terrains, leurs éternelles luttes intestines et leur absence totale de propositions émancipatrices, doivent nous les faire tenir pour ce qu’ils n'ont jamais cessé d'être : des opportunistes que les sinécures ne satisfont plus, qui furent tenus trop longtemps à l'écart du trône et qui voudraient bien se rapprocher de la caisse !

Il se pourrait bien qu'un « socialiste» attrape le pompon si le pouvoir capitaliste estime qu'il sera plus avantageux de laisser à la gauche le soin d'accomplir le sale boulot, pendant que la droite récupère, à l'ombre d'une opposition bien commode.

Il se pourrait aussi que l'ex-avocat d'affaires rempile, pour peu que ses adversaires soient vraiment trop nuls, ou qu'on nous refasse le coup du fascisme entre les deux tours.

Quelle différence ?

On continuera de te faire les poches, citoyen ! Tu continueras à suer sous le burnous pour des clopinettes, avant de te faire mettre à la porte parce que d'autres, encore plus aux abois, auront accepté de travailler à meilleur marché, plus longtemps, plus docilement.

Méfie-toi : tu travailleras bientôt à crédit. La peine maintenant, la paye à la Saint Glinglin !

L'esclavage va revenir à la mode ! Eh, pourquoi pas ? quand la misère devient une habitude…

On va bientôt nous demander de « faire notre devoir civique ». D'aller voter. D'aller choisir notre futur maître. Celui qui… N'y allons pas ! Faisons passer le mot ! Cette grève du vote est simple, elle est à la portée de n'importe qui et ne réclame aucun effort particulier.

Et, selon le résultat, poussons un peu plus loin. La grève du travail. Faisons passer le mot ! L'arrêt de la machine à produire du désespoir, puisque nos mains fabriquent ce que le cerveau des nantis conçoit pour nous asservir.

Et, selon le résultat, poussons un peu plus loin. Reprenons l'outil de travail pour le faire fonctionner avec la seule chose dont un cerveau de nantis est dénué : l'intelligence. Autogérons les services, les usines, les ateliers et produisons ce qui sera utile et bénéfique à tous, sans nous tuer à la tâche !

Faisons passer les mots !

Et, comme d'autres de nos frères qui étaient privés de tout et qui se sont révoltés, hier et aujourd'hui, partons à l'assaut de ce vieux monde pourri qui ne tient debout que grâce à notre résignation !

 

 

S (Groupe Claaaaaash de la Fédération anarchiste)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article