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blog - Vannes & alentours

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Compte-rendu réunion publique Ronald Creagh à Vannes le mardi 8 juin

 

Compte rendu de la conférence-débat de Ronald Creagh du 8 juin à Vannes, réunion publique du groupe Lochu – Ferrer


I) la conférence


La question que se pose le conférencier Ronald Creagh et qu’il nous pose est la suivante : est-ce que l’anarchie peut apporter quelque chose aujourd’hui ? L’orateur tente d’y répondre en exposant quatre points : le constat du déclin de l’occident, les caractéristiques de l’anarchie comme mythe, la place de l’anarchie dans les rapports entre les discours des dominants et des dominés et enfin les solutions possibles.


1) Nous assistons au déclin de l’occident :

à la disparition des classes moyennes, à la croissance du chômage, à l’augmentation de la différence entre les riches et les pauvres, à la fin du nationalisme en raison du multiculturalisme* de nos sociétés occidentales. Nous assistons aussi à la dislocation des liens sociaux : disparition de la vie de quartier, disparition de la solidarité ouvrière, transformation des villages en cités dortoirs, éclatement de la famille, utilisation d’internet comme moyen de communication et de relation sociale rendant le rapport à l’autre éphémère et flou. Nous sommes des électrons libres constate Ronald. De quoi sera fait demain ?


Cependant toute crise est une opportunité, une ouverture.


2) L’anarchie observe Ronald fonctionne comme un mythe.


L’anarchie est dans l’imaginaire collectif synonyme de pagaille, de désordre. Or, le désordre nous en avons peur. L’anarchie est alors considérée comme un phénomène dangereux. Il n’y qu’à constater l’image véhiculée par les médias : l’anarchiste est un ou une casseur. C’est aussi une personne qui n’en fait qu’à sa tête. Il n’a pas une vie ordonnée, réglée, construite.


L’anarchie défend des causes impopulaires : les sans papiers, les chômeurs, l’anarchosyndicalisme. L’anarchiste est de ce fait considéré comme unE idéaliste, un niais, un idiot. Mais aussi et encore comme une personne dangereuse car il croit et rêve en la révolution.


3) Nous ne devons pas avoir peur des conflits


Il n’existe pas un discours dominant mais quatre :


- celui que les dominants donnent aux dominés

- celui que les dominants se donnent entre eux

- celui que les dominés donnent aux dominants

- celui que les dominés se donnent entre eux


Le discours des anarchistes : un discours décalé :


- ils/elles parlent et se réfèrent le plus souvent à des passés glorieux de l’anarchie tels que la Commune de Paris, l’Espagne de 1936, etc.

- le discours des dominés n’affrontent jamais directement le discours des dominants tandis que celui des anarchistes oui.


4) Que faire ? Construire des réseaux de confiance


Ronald propose d’être créatif à partir du terrain où nous vivons. Il propose d’observer et de développer les solidarités qui existent autour de nous, qu’elles soient cachées ou ouvertes. Il s’agit de s’appuyer sur les coutumes qui peuvent être des bases de l’anarchie.


Les institutions impossible à changer telles que l’Education Nationale, l’Université, fonctionnant comme des dinosaures, ne peuvent être renversées. Il s’agit de faire sans, d’avancer à son idée.


Il y a de l’anarchisme partout. Il faut savoir le voir. Ronald insiste sur la nécessité de construire des réseaux de confiance.


II) les interventions du public


Le public présent a émis un vif intérêt à la problématique soulevée par Ronald. Plusieurs points ont été abordés en lien direct avec le vécu des personnes intervenantes.


1) Remarques concernant l’état des lieux de notre société


Les anarchistes vivent-ils/elles réellement dans le passé : des exemples actuels sont souvent des références (le mouvement zapatiste des années 1990-2000 au Mexique, les récupérations d'entreprises par les travailleurs d'Argentine depuis 2002...) au même titre que la Commune de Paris et que l’Espagne de 1936 ? De plus, les exemples du passé, avec leurs réussites et leurs échecs alimentent nos réflexions d'aujourd'hui. On ne part pas de rien. Le nationalisme est-il vraiment mort ? La notion d’ « électrons libres » est-elle à déplorer ou a prendre comme une base nouvelle vers un état de changement ?



2) Remarques concernant les solutions proposées par Ronald


Utiliser les coutumes qui existent autour de nous telles que les associations, les AMAP ou autres en tant que possibilité de développer l’anarchie et ses idéaux ne serait-ce pas un leurre, une façon de se donner « bonne conscience »? Est-ce avec ces actions relevant plutôt du microcosme et de l’action individuelle que l’anarchie se développera ? Les personnes qui sont actuellement utilisatrices de ces coutumes sont-elles en pleine conscience d’une volonté de changement de la société ou seulement « cliente » d’un fonctionnement qu’elles trouvent pratique à leur bien-être et besoins personnels sans engagement réel de leur part ?


3) rappel des règles de conduites nécessaires lors de toutes réunions


Suite à un incident survenant lors de la réunion nous rappelons au public les points suivants :


- respecter le temps de parole de l’autre c’est :

- ne pas mobiliser l’espace sonore

- ne pas interrompre l’autre lors de son intervention

- savoir attendre que les autres prennent la parole, chaque personne est différente

- savoir écouter les autres

- ne pas intervenir inutilement


- respecter l’autre en cas de conflit, c‘est:

- ne pas en venir ni aux insultes ni à la violence

1 multicuralisme qui est à ne pas confondre avec transculturalisme.

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