Contributions au débat sur l'aéroport de NDDL : les notaires bretons, le ministre délégué au Budget (Jérôme Cahuzac) et les experts du climat à l'ONU ! Rien que ça !
Voici ce qu'énoncent les notaires, acteurs traditionnels du capitalisme. Une contribution involontaire et indirecte des notaires de Bretagne à l'encontre de l'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes ? Extrait du Télégramme du samedi 24 novembre, "Terres agricoles. Le cri d'alarme des notaires bretons" "Chaque année, 5.500 hectares de terres agricoles sont dévorés par la frénésie bâtisseuse des Bretons. (...) Les notaires de Bretagne viennent de publier un ouvrage alarmant (**) consacré à la gestion du foncier. Pourquoi cette démarche ? Il est grand temps d'engager une réflexion sur le rythme de disparition des terres cultivées. Ce rythme est extrêmement soutenu dans notre région, bien plus qu'ailleurs en France. Les JA (Jeunes agriculteurs) mettent en avant un chiffre choc : 20m² perdus à chaque seconde qui passe ! C'est, évidemment, un problème pour l'avenir de la profession agricole alors qu'on sait que les besoins alimentaires vont aller en augmentant. (...) Voici dix ans, le président de Rennes Métropole, Edmond Hervé, annonçait l'interdiction de bâtir sur une parcelle de plus de 400m². Depuis, quelques autres collectivités bretonnes ont suivi. Est-ce efficace ? C'est une bonne chose mais ça ne suffit pas. (...) Note anars 56 : Pas à une contradiction près, Edmond Hervé (PS) est bien évidemment partisan de l'aéroport de NDDL et donc de la disparition de 1600 hectares de terres (dans un premier temps)... Les notaires affichent leur volonté de freiner la consommation de terres agricoles. Quel effet concret cet engagement peut-il avoir ? Les préconisations formulées par le Conseil national du notariat ont souvent une influence sur les évolutions réglementaires. Je pense, par exemple, à la mise en place, voici deux ans, par le préfet de région, des commissions départementales de consommation des espaces agricoles (CDCEA), chargées d'instruire les dossiers d'artificialisation des terres. Ces commissions ne servent pas à grand-chose, puisque leurs avis sont consultatifs. Le notariat plaide pour que leurs décisions puissent s'imposer aux collectivités, ce qui leur conférerait une réelle utilité. ** «L'avenir du foncier en Bretagne», édité par le Conseil régional des notaires, préfacé par la ministre Marylise Lebranchu...
Pour compléter l'opinion des notaires, voici une petite contribution (toujours indirecte et involontaire) de Jérôme Cahuzac, sur un autre aspect du dossier : les PPP ! Selon un article de la revue économique Challenges du 29 octobre 2012 "Le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, s'exprime contre les partenariats public-privé (PPP) qui coûtent selon lui "trop cher sur le long terme", dans un entretien au journal Acteurs Publics publié lundi 29 octobre. "Après avoir eu le vent en poupe, les partenariats public-privé ont le vent dans le nez", affirme le ministre. Les PPP, où l'Etat fait appel au privé pour financer et gérer un équipement de service public, étaient très encouragés par le gouvernement Fillon. Mais, assure Jérôme Cahuzac, "ces contrats qui permettent aux ministères et collectivités de confier un investissement public à un groupe privé en le remboursant pendant quinze ou trente ans coûtent trop cher sur le long terme". Et, couplet final : chacun sait que le transport aérien est le plus dévoreur de pétrole par personne transportée, et donc le plus gros émetteur de gaz à effet de serre... or, nous apprend encore le Télégramme dans son édition du 22 novembre 2012 : "À quelques jours de la conférence climat de l'Onu, un nouveau rapport sonne l'alarme. Les efforts sont encore plus loin du compte qu'on ne le pensait pour contenir le réchauffement et éviter un scénario catastrophe." Sympa, la contribution de la fRrance se concrétise par... la construction d'un gigantesque aéroport international, le rasage de forêts et le bitumage de prairies pour y parvenir ! Remarquons également que les PPP (partenariats privé-public) sont constitués en général pour une durée de 30 ans, mais pour l'AGO (aéroport grand ouest), Vinci bénéficie d'une concession de ... 55 ans ! ... avec une clause de performance qui permet de garantir aux actionnaires de Vinci, un rendement de 12 % ! Si les prévisions de trafic opérées par la commande publique et garantissant l’équilibre économique du contrat ne sont pas au rendez vous, les collectivités publiques compenseront jusqu'à épuisement de l’investissement privé... Merci qui ? l'UMPS !
Outre les 1600 hectares de terres agricoles et bocages actuellement prévus pour l'aéroport, d'autres infrastructures "train, trams et routes" sont envisagées... Sans compter que l'activité économique va être aspirée, dans une forme de centralisme régional, entre Nantes et ND des Landes, entraînant une large artificialisation des presque 30 km qui séparent Nantes du futur aéroport... en créant une terrifiante Nantes Nécropole. Le Télégramme relate même l'inquiétude de la pointe bretonne, relative au futur aéroport (s'il se fait !).
Ces aéroports, comme l'industrie nucléaire, les gaz de schiste, les lignes à grande vitesse, s'inscrivent bien dans le combat contre le capitalisme : arrêt immédiat !