blog - Vannes & alentours
A l'appel des collectifs de Pontivy anti loppsi et anti vidéosurveillance, autour de 200 personnes se sont rassemblées Place du Martray, ce samedi 22 janvier, à partir de 11h.
Pancartes, banderole "Pontivy n'est pas loft story" permettaient de ne pas se tromper sur les objectifs visés par les contestataires : abrogation le la loi Loppsi 2 dans son intégralité et refus de l'installation de caméras de vidéosurveillance dans les rues de Pontivy, votée par décision du conseil municipal, classé à "gauche"... qui ne semble pas gêné de gaspiller l'argent public au profit des intérêts privés des entreprises de sécurité.
Une table de presse fort bien pourvue avait été préparée par le collectif Halem (Habitants de logements et éphémères ou mobiles).
Symboles de l'habitat alternatif "hors norme" visé par la loi Loppsi 2, une armature de yourte a été construite sur la place, tandis qu'une roulotte se posait tranquillement. La chorale révolutionnaire a entonné quelques joyeux et subversifs chants. Nos oreilles ont ainsi été gâtées par "la semaine sanglante" (sur la Commune de Paris de 1871), "les enfants de Cayenne", "Rue de Paname" (Les Ogres de Barback), etc...
Du jus de pomme et des gobelets d'une excellente soupe étaient proposés à prix libre.
Ici et là, une guitare était grattée, un air d'accordéon se baladait et l'inévitable djembé était mis en action.
Niveau forces politiques, on retrouvait les organisateurs membres des collectifs de Pontivy : la Cnt, le collectif antilibéral, la FASE... Le Pcf appelait aussi mais certains se sont rappelés que face à la vidéosurveillance de Pontivy, les cocos se sont abstenus... au lieu de voter contre !
Un drapeau d'Europe Ecologie a pu être obervé.
Mais, indéniablement, les drapeaux les + nombreux étaient les "rouges et noirs" de la Cnt et de l'Alternative libertaire et les "noirs" de la fédération anarchiste. Et, comme à l'accoutumée, un bon p'tit paquet d'anarEs "non organiséEs spécifiquement" (comme on dit) étaient de la partie !
La présence d'organisations politiques ou syndicales ne doit pas masquer celles de personnes "sans étiquettes", de fait majoritaires, tout simplement indignées par les lois décidées en leur nom.
Forts de notre nombre, une déambulation s'est improvisée dans les rues de Pontivy.
Le forum social local de Séné et Vannes des 28, 29 et 30 janvier prochains a pu être annoncé. Il appartenait aux membres du groupe libertaire Lochu (FA Vannes), de relayer cette annonce. Mission remplie !
Parmi celles et ceux qui avaient fait le déplacement, il y en avait de Lorient, de Vannes... Aussi est-il question d'un collectif départemental anti Loppsi qui pourrait se monter. A suivre donc !
-----------------------------------------------------------------------------------------
Selon Le Télégramme du 23 janvier 2011 : http://www.letelegramme.com/local/morbihan/pontivy/ville/cameras-a-pontivy-56-la-contestation-s-organise-23-01-2011-1183728.php
Hier, sur la place du Martray, près de 200 personnes ont manifesté contre un projet de loi sécuritaire jugé liberticide, LOPPSI 2. Un mouvement organisé symboliquement à Pontivy, une ville qui va bientôt installer des caméras de vidéosurveillance.
«Lorsqu'un gouvernement viole des droits du peuple, l'insurrection de ce peuple est une nécessité et un devoir». Pour Édouard, cette formule lancée «par nos pères révolutionnaires en 1789, apparaît aujourd'hui encore d'une cruelle actualité». Comme lui, ils étaient près de 200, hier matin, a s'être donné rendez-vous sur la place du Martray, pour s'opposer au projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2). Le texte de cette loi qui comporte 48 articles, traite à la fois de la délinquance routière, de la «cyber-pédopornographie», de l'instauration d'un couvre-feu pour les mineurs, de la vidéosurveillance ou encore de l'expulsion d'habitats illicites. Il donne également de nouveaux pouvoirs aux forces de l'ordre et prévoit d'en déléguer aux polices municipales et aux entreprises de sécurité privée. 
Pontivy un symbole!
Venus de nombreuses villes de Bretagne, les opposants à cette loi n'avaient pas choisi la cité pontivyenne par hasard! Le conseil municipal vient, en effet, de décider d'installer des caméras de vidéosurveillance dans quatre secteurs de la ville. Si ce mouvement de protestation dépasse largement le débat local opposant les «pros» et les «antis» caméras, le lieu avait tout de même valeur de symbole. Discours, distribution de tracts, discussions, défilé dans les rues ou encore montage provisoire d'une yourte... la manifestation s'est déroulée pendant une partie de la journée, dans une ambiance bon enfant et sans le moindre incident. «Nous avons la désagréable impression que dans ce pays, les lois liberticides s'enchaînent à un rythme inquiétant», regrettait Anne-Marie avant de s'interroger «sur le décalage sans cesse croissant entre le discours qu'on nous sert sur les libertés et le rétrécissement très fort de celles-ci!» De son côté, Gaëtan stigmatise «la résignation des citoyens». Pour lui «après le mouvement de contestation sur les retraites, les gens se demandent si cela sert encore à quelque chose de descendre dans la rue?» Mais qu'importe! En décidant de s'opposer à ce projet de loi liberticide, il affirme adopter «une attitude de résistance et de dignité». À Pontivy, c'est ce que devrait continuer à faire le collectif anti-caméras.
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Selon Ouest-France du 23 janvier 2011: http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Pres-de-200-personnes-disent-non-a-la-loi-Loppsi-2-_40875-1664864------56121-aud_actu.Htm
Jeunes
Ils ont 22 et 24 ans et sont étudiants. Aurélien et Pierre considèrent la loi Loppsi 2 (1) très dangereuse. « Les juristes le disent eux-mêmes, dit Aurélien. La possibilité d'expulser des gens de leur habitat mobile, la mise en place d'un couvre-feu pour les moins de 13 ans, la vidéo-protection que se systématisent » effrayent l'étudiant qui considère que la réponse par les caméras à la délinquance est un problème de fond, de société.
Même sentiment chez son copain Pierre. « Loppsi 2 renforce un peu plus le sentiment de peur de l'autre. Ce qui m'effraie, c'est que les gens n'ont pas connaissance de cette loi. »
Et moins jeunes
Ce rassemblement n'a pas concerné que les plus jeunes. À l'image de Gilbert, 77 ans, et Maryline, 51 ans, présents pour montrer leur hostilité « à une société du tout sécuritaire, résume Gilbert. Les caméras ne font que déplacer la délinquance, si elle existe. »
Maryline est choquée par l'attaque que représente la loi concernant les habitats mobiles. « Que vont devenir les gens qui vivent en roulotte, en camion aménagé ou en yourte ? interroge-t-elle. Pour certains, c'est un choix, mais pour d'autres, c'est parce qu'ils n'ont plus les moyens de vivre autrement. Veut-on les obliger à vivre sous les ponts ? »
Yourte et roulotte
Le rassemblement s'est déroulé en plein centre-ville historique sur la place du Martray. À l'appel notamment des communistes, des anarchistes, du collectif anti-libéral. Il y avait également des représentants locaux d'Europe écologie. Entre une yourte et une roulotte, les 200 personnes ont discuté, dénoncé, débattu autour d'un bol de soupe ou un café.
De l'intérieur
Yann, 25 ans, vit dans une yourte dans le Finistère. « J'ai fait le tour de la loi Loppsi 2, explique-t-il comme pour tordre le cou à l'idée qu'il ne sait pas de quoi il s'agit. Je ne conçois pas que même des politiques de droite puissent appliquer ce qu'elle contient. Elle est hors humanité. »
Flagrant délit
De contradiction. C'est en tout cas ce qu'a dénoncé l'un des participants à la mobilisation. « Je m'étonne de voir des représentants de la majorité municipale qui se sont abstenus lors du vote concernant la vidéoprotection à Pontivy, présents à ce rassemblement. »
Réponse de l'intéressée, Marie-Madeleine Doré-Lucas sur le sujet, « nos positions sont claires là dessus, explique-t-elle. Nous n'avons pas voté pour. Et quand on est élu il faut savoir combattre de l'intérieur. »