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blog - Vannes & alentours

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Squat, la ville est à nous ! Projection-débat à Quimperlé vendredi 4 novembre 2011

squat-lefilm 

Un verrou qui cède, une porte qui s’ouvre, des cris de joie qui retentissent : un logement condamné est redevenu libre. Simple comme bonjour, la réappropriation qui ouvre le film de Christophe Coello est d’abord un moment d’intense vitalité. Jubilation de déjouer les plans de la société immobilière qui a entrepris de vider l’immeuble de ses habitants, jubilation de redonner vie à un bout de ville morte, jubilation de conquérir un toit au nez et à la barbe des promoteurs et au soulagement des derniers voisins.

 

Avec la complicité des associations Cinéphare et Chlorofilm, le cinéma la Bobine  (Quimperlé - 29) accueille vendredi 4 novembre, à 21h, une projection-débat avec le réalisateur Christophe COELLO (Volem rien foutre al païs et Attention danger travail !), qui vient présenter son dernier documentaire "Squat, la ville est à nous !". 

 

Film également projeté à Nantes, jeudi 3 novembre, au cinéma Le Concorde, toujours en présence du réalisateur Christophe C.

 

 

Chronique du film parue dans le Monde libertaire n°1648 (27 octobre-2 novembre 2011)
Quelques coups de pied-de-biche, un verrou qui cède, une porte qui s’ouvre, et c’est un logement condamné à la démolition qui redevient libre.
De 2003 à 2011, Christophe Coello a suivi et filmé les actions de « Miles de iviendas » (« Des milliers de logements »), un groupe de « flibustiers barcelonais » dont les revendications peuvent se résumer à : « Plus de vie, plus de temps, plus d’espace ! » Ce film, qui décrit des luttes actuelles, nous rappelle finalement que depuis de nombreuses années Barcelone subit d’importantes transformations urbanistiques. Ce n’est d’ailleurs pas un phénomène nouveau, l’historien Chris Ealham a développé ce sujet dans son livre : La Lutte pour Barcelone : classes, culture et conflit – 1898-1937 1 où il démontrait la volonté politique de tous les pouvoirs en place, de redessiner l’espace urbain en fonction des intérêts de la classe dominante, et de briser la culture autogestionnaire des quartiers, si caractéristique de Barcelone. Cette ville avait déjà subi des transformations socialo-urbanistiques à la fin du XIXe siècle : les remparts avaient été abattus pour permettre l’extension vers le nord et construire les riches quartiers de la bourgeoisie catalane.
Ces dernières années, c’est au nom de la rénovation que les autorités catalanes redessinent les quartiers populaires. Ainsi, le Haut Raval a déjà subi les assauts des promoteurs qui tentent actuellement de finir leur sale besogne dans le Bas Raval, et surtout dans la Barceloneta. Ah, la Barceloneta ! Ancien quartier de pêcheurs situé sur le front de mer, on n’allait pas laisser ça aux prolos. Vite, vite, enclenchons la boboïsation, repoussons les pauvres loin, en banlieue, et place à un nouveau quartier, propre, lisse et qui rapporte gros. Pour présenter ces projets, tout un vocabulaire est utilisé basé sur le « re » : réhabilitation, rénovation, renouvellement, revitalisation, redynamisation, renaissance… Les urbanistes, les promoteurs immobiliers et les communicants municipaux emploient aussi un autre « re » : reconquête. Reconquête des centres-villes encore occupés par les couches populaires, pour bien sûr, en finir avec « l’insalubrité et l’insécurité », afin de substituer aux logements vétustes, des appartements de grand standing (pas à la portée de n’importe quelles bourses évidemment), de remplacer les bistrots par des bars « lounge », et les épiceries par des boutiques bio, etc.
Mais, face à cette stratégie capitaliste, les Barcelonais s’organisent et c’est ce que nous montre le film Squat, véritable guide de résistance aux rénovations-déportations. Le mouvement des okupas (okupations avec le « k » de la kontre-kulture) s’est considérablement développé à Barcelone depuis les années 1980, à tel point qu’une loi a été votée en 1996 pour réprimer ses actions. Squat nous donne à suivre un de ces groupes d’okupas et nous permet de les voir mener des actions pratiques, symboliques – et sympathiques – pour rendre vie à des quartiers promis à la démolition, et, surtout, recevoir l’appui et la bienveillance de ses habitants.
Cette résistance s’inscrit évidemment, à l’heure actuelle, dans le récent mouvement des indignés et dans le fonctionnement des assemblées de quartiers, où l’on retrouve nombre de nos camarades libertaires. C’est dire si ces luttes sont instructives pour nous, car ici comme ailleurs (Berlin, Londres, etc.) les mêmes problèmes se posent : déportation des populations pauvres dans des banlieues de plus en plus lointaines, flambée des loyers et des prix dans les nouveaux espaces réaménagés.
C’est le sens de Squat : dénoncer cet aménagement du territoire au service de la classe possédante et nous montrer des formes de riposte efficace et joyeuse.
Ce film de Christophe Coello est produit par Annie Gonzalez et C-P Productions en association avec les Films Buenaventura (tout un programme !). Sortie en salles : mercredi 2 novembre. à ne pas louper et en espérant que le bouche à oreilles lui assure une longue vie sur les écrans.

1. Voir Le Monde libertaire hors-série 41 : « En enquêtant sous les pavés ».
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